Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: septembre 29, 2010

Quand Al-Qaïda s’invite en Afrique

Quand Al-Qaïda s’invite en Afrique

Fondée en 1987 par le cheik Abdullah Yusuf Azzam et son élève Oussama Ben Laden, Al Qaïda, rendue mondialement et tristement célèbre après le double attentat contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar Es-salaam en août 1998 et le triple attentat du 11 septembre 2001 à New York et à Washington DC est maintenant en agonie.

En fait, elle n’est qu’une organisation virtuelle qui repose sur le réseau informel des combattants  vétérans d’Afghanistan.

Comme une multinationale, Al Qaïda est dirigée par un comité de direction appelé shoura dont Ben laden est en quelque sorte le président. Sous l’autorité de cette direction centrale on trouve des sous comités qui ont un rôle bien précis au sein de l’organisation. Chaque sous comité étant un organe bien indépendant des autres, il n’en travaille pas moins de concert. L’organisation a développé une chaîne relationnelle très importante. Des experts prétendent qu’à son apogée, le réseau Al-Qaïda était présent dans près de 65 pays.

L’organisation qui voilà neuf (09) ans a  inauguré la stratégie du Djihad est maintenant confrontée à une sérieuse et violente répression en Arabie saoudite et en Occident et pour ne pas disparaître, elle décide d’aller à la conquête de nouveaux territoires jadis sous le contrôle d’autres organisations.

Le 25 janvier 2007, L’organisation terroriste nommée Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui sévissait essentiellement en Algérie, a changé de nom en passant sous la coupe d’Oussama Ben Laden. Devenue Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), elle a élargi son champ d’action et sévit aujourd’hui au Maghreb, au Sahara et dans les pays du Sahel : l’Algérie, le Mali, le Niger, la Mauritanie, et dans une moindre mesure le Sénégal et le Burkina Faso. L’AQMI multiplie les enlèvements de ressortissants occidentaux. La France a découvert son existence avec l’enlèvement de Pierre Camatte, libéré après négociations en février 2010, suivi de celui du travailleur humanitaire Michel Germaneau, enlevé en avril et exécuté le 24 juillet dernier. La veille de l’exécution de celui-ci, un raid franco-mauritanien contre une base de l’AQMI dans le nord du Mali avait échoué à le faire libérer.

Les enlèvements revendiqués par AQMI se succèdent ; le dernier en date est celui du 16 septembre 2010 ; 07 personnes ont été enlevées au Niger dont 05 français, 01 togolais et un malgache.

Outre l’Algérie aux premières loges contre la lutte antiterroriste, le Sénégal, le Mali, le Niger, la Mauritanie, et le Maroc  ont bien compris que Al-Qaida plus qu’un problème occidental, devenait un problème international.

Cette forme de terrorisme développée ces dernières années est  en train de prendre de nouvelles formes très inquiétantes.

Aux Etats africains de prendre la mesure de l’enjeu.

aymard

Au Bénin, le corps sans vie de Pierre Urbain Dangnivo retrouvé

Au Bénin, le corps sans vie de Pierre Urbain Dangnivo retrouvé    Les restes du corps de Pierre Urbain Dangnivo, enterré au domicile d’un repris de justice ont été exhumés le 27 septembre 2010.

Les restes du corps de Pierre Urbain Dangnivo, enterré au domicile d’un repris de justice ont été exhumés le 27 septembre 2010.

   Par RFI   

Le corps de Pierre Urbain Dangnivo a été exhumé le 27 septembre 2010 en présence du procureur de la République de Cotonou, des membres du comité de crise mis en place par les autorités et de représentants des syndicats. Son corps reposait dans une fosse creusée dans la maison d’un charlatan. Urbain Dangnivo, membre du Parti social-démocrate, qui appartenait au groupe de l’opposition béninoise L’Union fait la Nation, avait disparu le 17 août dernier. Selon des témoins, il était au volant de sa voiture.

    Selon le ministre de la Justice, c’est un charlatan, un repris de justice, voire un récidiviste, qui aurait mis la police sur cette piste. L’intéressé aurait déclaré de façon constante, ces dernières heures, avoir tué Urbain Dangnivo, contre une forte somme d’argent, avant de l’enterrer à son domicile. C’est là, dans la banlieue nord de Cotonou, que se sont rendus le 27 septembre, les forces de l’ordre, des responsables syndicaux, des journalistes et des parents du disparu.

  Le cadavre exhumé, loin des regards trop curieux de la presse, est difficilement identifiable aux dires des proches et du médecin légiste. L’aide de Paris est sollicitée, pour qu’une autopsie puisse être réalisée. Le président Boni Yayi en a fait part à l’ambassadeur de France, reçu en urgence au soir de ce même jour au palais de la République.

 Ce nouvel épisode dans l’affaire Dangnivo, a suscité quelques frayeurs dans l’opinion publique. Ses collègues, réunis au sein du syndicat des finances, se retrouvent une nouvelle fois ce mardi 28 septembre, pour leur sit-in hebdomadaire instauré depuis la disparition.

Sois cauris ou tais toi

  Les Béninois depuis 2006 ont fait l’option du changement. Ce changement qui, de jour en jour montre des facettes inconnues à tout commun béninois ou alors facettes relevant d’un passé tristement célèbre que les béninois ont jeté aux oubliettes un soir du 28 février 1990.

 Point n’est besoin de rappeler les nombreuses descentes du chef de l’Etat fraichement élu dans les campagnes, les hameaux et les habitations des paisibles populations en 2007 pour leur rappeler le devoir de voter massivement pour sa liste FCBE afin de lui permettre de contrôler tout le pays pour installer la machine qui leur amènerait la croissance à deux chiffres et l’émergence.  Les députés cauris peuvent remercier l’illuminé président, le docteur qui a eu la grandeur d’esprit de descendre lui –même sur le terrain pour appeler ses compatriotes à voter pour eux. En cela, le député Benoit DEGLA fait bien son travail, lui qui n’aurait jamais imaginé siéger au palais des gouverneurs sans la volonté de Yayi. Pourtant les années où ils avaient la majorité, ils n’ont pensé à aucune loi de développement.

 Même le grand Ioannis Metaxas n’aurait pas fait mieux  dirait l’autre ; chose qui a amené bon nombre de ces émergents à qualifier le pouvoir exercé par Boni yayi d’essence divine et que Boni Yayi était plus que Dieu. On pourrait tomber des nues en pensant que ce sont des chrétiens qui prononcent de telles affabulations mais vu la déchéance morale dans laquelle le pays est tombé depuis 2006, on ne peut qu’en rire à moins d’avoir encore assez de force pour faire couler des larmes en attendant, que la colère divine s’abatte sur de tels individus.

 Le grand penchant du pouvoir à tout contrôler, la domestication des institutions même de contre pouvoir et le bâillonnement de toutes formes de commentaires et d’appréciation non conforme à celles établies par les cauris émergents sont des faits qui doivent interpeller plus d’un. Il est des choses qu’on ne se hasarde pas à faire ou à dire lorsqu’on est élu chef d’Etat.

 Boni Yayi n’a pas compris, ses conseillers n’ont plus. En attendant, soyons FCBE ou taisons-nous à jamais, en tout cas le temps qu’il faudra au docteur président pour nous amener l’émergence et la croissance à deux chiffres.

 C’est le changement…

 aymard

Comment réaliser une LEPI consensuelle

Comment réaliser une LEPI consensuelle

 Par El Cura

 Depuis la nuit des temps, en matière de gestion des affaires publiques, les acteurs politiques ne se sont jamais fait confiance. Les acteurs de l’exécutif (les mouvances présidentielles comme on le dit au Bénin) ont toujours voulu profiter de la mise en place des données administratives des populations pour se donner une marge d’électeurs fictifs.

 Ceci n’est pas seulement le cas du Bénin. Partout dans le monde, l’établissement des fichiers électoraux a toujours fait le chou gras des politiques. L’un des cas les plus médiatisés ces dernières années est celui de la Mairie de Paris de  Jacques CHIRAC avec son lot d’électeurs fictifs.

 La Liste Electorale Permanente Informatisée LEPI est un outil qui devrait permettre d’avoir des élections transparentes. Il est quand même important de rappeler que si les élections ne devraient pas souffrir de contestation c’est-à-dire que si elles devraient être transparentes, cet outil devra être réalisé dans les règles de l’art. Dans certains pays la réalisation de la Liste Electorale a déjà permis au pouvoir en place de tronquer gravement le processus électoral. On peut citer le cas du Sénégal où le Président WADE, un présumé démocrate a truqué à son profit les élections en partant avec un fichier de 500 000 électeurs fictifs qui lui ont assuré une réélection dès le premier tour. Plus proche de nous, au Togo, lors des élections de Février passé, le Pouvoir a utilisé une technique de fraude plus sophistiquée pour gagner les élections alors que la réalité paraissait tout autre. On comprend en lisant ces cas que les listes électorales informatisées considérées comme un précieux sésame pour avoir des élections transparentes sont souvent un outil de duperie au service des pouvoirs en place : c’est  souvent du leurre. On en déduit alors que la Mouvance Présidentielle au Bénin, accrochée à la réalisation de la LEPI ne compte peut-être que sur ce super-électeur pour gagner les élections.

 Il faudrait donc prévenir ces cas d’abus de la confiance du Peuple. Les suspicions sur cette LEPI sont donc légitimes. La Mouvance Présidentielle composée des FCBE ou l’opposition composée de l’UN et du G13 sont en droit de douter de la sincérité du camp adverse puisque chacun sait à son niveau que s’il lui était permis de patronner la réalisation de ce projet, il l’utiliserait à son profit. Douter de cette réalité serait faire preuve soit de naïveté ou de malhonnêteté. Naïveté  parce qu’il faut être un enfant pour faire confiance à son adversaire pour ne pas utiliser à son profit un outil pareil ; la charité bien ordonnée commence par soi-même dit-on. Malhonnêteté parce qu’il faut être de mauvaise foi pour faire croire à son adversaire que si on a à charge la réalisation d’un outil pareil, on ne l’utiliserait pas à son profit.

 Il apparaît donc que pour une LEPI juste, il faut que les deux parties, la Mouvance Présidentielle et l’Opposition soient représentées de façon paritaire dans la structure de supervision des travaux. Pour ce qui concerne les travaux techniques, il suffirait de procéder comme suit :

             – avoir des ressources suffisantes

            – créer une structure paritaire pour superviser les travaux et allouer les ressources aux deux structures techniques appartenant aux deux camps,

            – donner la possibilité aux opposants de créer une structure technique qui aura pour objectif de faire toutes les étapes depuis la cartographie censitaire jusqu’aux divers recensements,

            – donner la même possibilité à la Mouvance Présidentielle de faire les mêmes travaux,

            – à la fin des travaux ; échanger les fichiers de la Mouvance et de l’Opposition pour un contrôle par chaque camp : les irrégularités constatées chez chacun devraient être publiées et expliquées par ce dernier. S’il y a lieu de les retenir ou de les supprimer, on le fera. En cas de mésentente on pourra toujours recourir au tribunal pour trancher.

 Convenez avec moi que travaillant sur les mêmes échantillons de populations, il est difficile d’avoir des résultats divergents. Pour moi ce travail est mathématique ; compter le nombre de maisons et les individus d’un âge déterminé ; c’est du 1 + 1, on ne peut qu’avoir les mêmes résultats. En utilisant deux structures opposées pour faire séparément les travaux, chaque camp sait que le fichier final est l’intersection des deux fichiers. Les ajouts d’éléments trouvés par un camp et ne se trouvant pas chez l’autre camp ne se feront que par preuve formelle. D’où la nécessité d’une structure paritaire de supervision. Le rôle de la justice est aussi primordial. D’ailleurs peut-on construire un Etat démocratique sans une justice efficace ?

 Procédez de cette façon et vous verrez que plus personne ne voudra de la LEPI car cette dernière deviendrait à coup sûr transparente.

 Voilà ma contribution pour une LEPI consensuelle.

 Je crois à mon humble avis que pour les élections de mars 2011, il serait imprudent de vouloir utiliser à tout prix la LEPI. Je rappelle l’attention du Président YAYI Boni sur le fait qu’il a été élu sans la LEPI et personne n’avait contesté son élection. Pour se faire réélire, il ne devrait pas penser d’avance que sans LEPI les élections seraient contestées.

 Participer à la réflexion.

Disparition DANGNIVO : lire le commentaire d’un Internaute illuminé

Par la Réplique sur LNT

 Jamais, je n’aurais cru qu’un Intellectuel, encore moins un « Chrétien » à la tête d’une nation puisse instaurer un régime de criminels -un régime qui ne recrute (pour défendre le Chef de l’Etat) que des criminels ou des repris de justice notoirement connus pour divers crimes, sans que cela gêne les partisans de bonne éducation. Quelle triste image ! C’est tout de même bizarre que ce soit ce régime (dit du changement) qui n’attire que des gens de ce profil, cette race de voyous ou de personnes peu recommandables qui apportent tout, sauf la crédibilité à ce régime. Que vaut un pouvoir qui ne joue pas sa crédibilité et qui confie la communication politique publique autour du régime et de son Chef à des « voyous »? Qui peut accorder crédit aux propos et gesticulations ridicules voire ces histoires montées (d’une extrême grossièreté et bassesse) de ces « voyous » de la République? C’est tellement bas, ces montages grossiers qui ne peuvent provenir que des têtes mal structurées qu’on se demande si le pouvoir ne peut-il pas trouver mieux (dans ce grand pays ou niveau de la diaspora) pour assurer sa communication politique ? Au regard de la situation actuelle d’insécurité qui prévaut dans le pays, on comprend aisément que ces repris de justice ont été recrutés pour perpétrer de sales besognes.

 Depuis ce matin, en lisant le journal Le matinal, ma conviction est établie; je n’ai plus aucun doute qu’au-delà de la communication politique puérile autour du régime, ces repris de justice ont commencé par faire réellement ce qu’ils savent le mieux dans le pays, faire profiter de leur « science ». Et là, la République est en danger… Chers amis, allez lire l’article sus-indiqué par @Rob par exemple dans ce journal: à travers cette plate discussion qu’on aura enregistrée et filmée qui a été transcrite par une « source externe », vous serez heurté et choqué par les « aveux » qui transparaissent en filigrane. Pour toute personne sensée, la conclusion est vite tirée : c’est une histoire (dépourvue de sens et d’intelligence) de quelqu’un apparemment très compromis (par exemple dans l’affaire Dangnivo) qui cherche à détourner les soupçons et les regards. Il faut vraiment avoir un esprit dérangé pour monter une telle histoire, surtout dans cette forme, avec un prétendu « enregistrement » où un député PRD se présentait comme un Criminel et avouait solennellement être un « Criminel connu de tous », et que ce fut l’opposition à laquelle il appartient qui a fait disparaître le sieur Dangnivo…Tcha hoho!!! 

C’est grave, un « élu » qui a des preuves, disons des confessions sur la disparition de Dangnivo et qui ne les met pas à la disposition de la justice et qui cherche à faire de la diversion….c’est malheureux. On a tout compris !!! Quel régime!!!

 Je demande instamment à la famille Dangnivo, dans sa plainte contre X au niveau de la justice, de citer expressément comme témoin l’honorable Gbadamassi, quitte à lui de citer son « ami député PRD », pour aider à retrouver ce monsieur, plutôt enlevé. Les choses sont de plus en plus claires : tout le monde comprend désormais le durcissement des mouvements des syndicats, de la société civile, de la classe politique (et surtout le coup de gueule de Rosine Soglo)…Apparemment leurs soupçons se vérifient et se confirment, à la simple lecture des comportements et autres montages. Nous avons là la preuve que ce pouvoir est très dangereux ; il célèbre la voyoucratie et protège la criminalité…de ses repris de justice recrutés pour défendre le régime.

Tous les chemins du yayisme mènent à Houngbédji…

Vaste escroquerie des faux placements, tension sociale autour de la disparition de Urbain Dagnivo, insécurité, déclin diplomatique, évasion fiscale ? Les fers de lance de la propagande émergente n’en voient qu’un seul et unique dénominateur commun : le candidat unique de l’Union fait la nation, l’opposant avide de pouvoir, machiavélique et diabolique. Face à l’angélique docteur-président qui a procuré du bonheur et de l’abondance à son peuple au cours d’un premier mandat et voudrait poursuivre son œuvre de salut divin. Le nouveau filon de la propagande est toute trouvée et consiste en cette diabolisation tous azimuts et sans répit du porte-flambeau unioniste. Une carte de l’opposant avide de pouvoir à nuire par tous les moyens qui passionne tous les courtisans de service à commencer par les deux plus emblématiques de cette fin mandat : le jeune calomniateur, manipulateur, profession escroc politique et le député transhumant. Pour avoir la garantie de battre tous les records de diffusion et d’audience dans les médias sous contrat, il suffit de couvrir Houngbédji de tous les péchés de la République avec les yeux fixés tout droit sur les caméras.

Tous les Béninois ont vu le tour de force du petit calomniateur qui a fait fort en s’offrant un auditoire de prestige composé d’une impressionnante délégation ministérielle conduite par un des deux ministres d’Etat, des députés, des conseillers à la présidence de la République. Son invention sur le délit de propriété à l’étranger exposé avec ferveur et brio a été très applaudie par une assistance en délire. Le régime croyait avoir définitivement fait le deuil de l’éclipse prématurée des adolescents politiques qui en début de mandat alliaient l’effronterie, la provocation, la délation, l’injure publique au mensonge d’Etat. La pitrerie digne d’une bande de guignols au cours de l’émission Pour ou Contre sur Golfe Tv le jeudi 24 septembre 2010 a fini par édifier les Béninois encore sceptiques de la décadence du régime. On sait désormais que quelqu’un qui n’a jamais exercé une profession dans sa vie se voit octroyer une escorte de militaires de l’armée nationale ; que des rois se font démarcher à 10 mille francs ; que des jeunes désœuvrés parviennent à s’offrir des retraites de princes dans des hôtels 5 étoiles ; et que le chef de la bande est un faussaire reconnu pour ses multiples signatures, ses chèques sans provision, ses usurpations de titres, son autoritarisme et sa déchéance morale. Il ne s’agit-là que du nouveau visage qui porte dorénavant la parole et la défense du régime.

Dans un registre quasi identique, c’est le très officiel député de la nation, Rachidi Gbadamassi qui s’ingénue à démontrer que Lucifer habite Houngbédji. Que lui qui a séjourné à la prison civile de Natitingou pour une procédure criminelle est un enfant de cœur à côté de l’ancien président de l’Assemblée nationale, ancien premier ministre, député de toutes les législatures de l’ère du renouveau démocratique, candidat unique d’un regroupement politique crédité de près de 60% des suffrages exprimés par les Béninois au premier tour de la présidentielle de 2006. Mais, l’ancien bagnard fait plus que s’acharner contre la personne de sa proie. Il inaugure une nouvelle dimension de ses turpitudes par sa surprenante lettre au président de l’Assemblée nationale. Gbadamassi menacé physiquement par la paire Ahouanvoébla-Houngbédji ? À l’époque où il vitriolait tout l’appareil d’Etat (sa force publique, son armée, ses énormes prérogatives régaliennes), la peur ne l’avait jamais habité. Ce sont deux députés qui ne disposent en tout et pour tout que de deux agents légèrement armés pour leur propre sécurité qui en viendraient à lui foutre la trouille. On se demande si la psychose sécuritaire du transhumant n’est pas plus morale que physique ; d’un esprit agité par un passé sulfureux, une proximité permanente avec le danger, un esprit hanté à la limite de la paranoïa.

La crise de stratégie et de crédibilité de l’émergence…

arimi choubadé

Élu pour ne rien savoir…

Élu pour ne rien savoir…

Tout ce que Yayi sait, c’est qu’il est président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement, chef suprême des armées, locataire de la Marina. Pour le reste ? Les 7 milliards de la réfection du Palais des congrès et du Centre international des conférences ; les surfacturations sur des machines agricoles acquises à prix d’or ; les 100 milliards volés aux ménages par Icc-Services et consorts en quatre ans ; les randonnées publiques des ministres en compagnie des escrocs ; des milliards de primes accordés au personnel de la santé ; la disparition de Pierre Urbain Dagnivo…Le répertoire des sujets d’intérêt national dont le docteur-président dit ne pas être au courant est impressionnant. Les ministres seraient tous des experts en espièglerie qui attendraient souvent que leur chef soit absent pour introduire des dossiers sensibles en conseil des ministres. Phénomène que le prince du Changement, lui-même, résume par sa désormais célèbre formule : « je suis responsable mais pas coupable ».

Inutile de se poser des questions sur ce qui tiendra lieu de ligne de défense à l’heure du bilan. Tout le passif s’évacue de lui-même face aux dénégations tous azimuts du chef de l’Etat. Tous les invités conviés au discours d’investiture du 06 avril 2006 n’ont pas oublié les monumentales bévues contenues dans le texte et que le tout nouveau locataire de la Marina s’est empressé d’attribuer au protocole d’Etat. Puisqu’il ne sait rien, il ne saurait être comptable de quoi que ce soit. A moins qu’il ne s’agisse des réalisations de propagande à l’instar des passages à niveau, des mesures dites de gratuité de l’enseignement maternel et primaire, de l’avion présidentiel, de l’annonce de remboursement des victimes des faux placeurs. Un bien maigre bilan pour un mandat de 5 ans prédit pour être celui des fastes et de l’abondance, jamais vus de mémoire de Béninois. La voie royale pour l’émergence : révolution verte, un Bénin industriel, croissance à deux chiffres à la chinoise, corruption zéro.

Qu’on ne s’attend donc pas à voir Yayi souscrire à la règle de gouvernance qu’il a lui-même édictée pour les membres du gouvernement au sujet du devoir de compte rendu. Il n’a rien à dire sur l’affaire Icc en dehors de ce que ces ouailles ont reçu mission de propager. Les activités mafieuses des faux placeurs sont ignorées du grand chef. Ces sbires qui connaissent jusqu’aux immeubles acquis par des opposants en France dans les années 70 ont manqué de lui dire ce qui se passe sur le territoire béninois entre 2006 et 2010 pendant qu’il détient l’essentiel du pouvoir d’Etat. Rien à dire également sur les surfacturations autour des machines agricoles bien qu’il en soit informé de vives voix par le député Janvier Yahouédéhou en plein meeting à Ouinhi devant des milliers de témoins. Rien également à propos des irrégularités reprochés à un ministre émergent pendant qu’il gérait la Sonapra alors société d’Etat.

Si par extraordinaire le docteur-président pouvait renouveler son bail à la Marina, le bilan est connu par avance : élu pour ne rien savoir. A force de survoler la misère des compatriotes à bord d’hélicoptère durant tout le mandat on fini par en sortir en ignorant tout des réalités. L’hélico présidentiel ne débarque que dans des localités astiquées, nettoyées, décorées de banderoles laudatrices, avec des applaudisseurs joyeux arrosés de jetons de présence grâce à l’appui des escrocs. Et le grand prince repart vers une autre destination suivant le même procédé. Un éventuel deuxième mandat ne saurait déroger à ce manège sur fond d’insouciance, d’arrogance, d’irresponsabilité et de gabegie. Aux Béninois de savoir ce qu’ils souhaitent pour leur pays en 2011.

Un irresponsable ignorant ou un chef de l’Etat informé des affaires de son peuple ???

arimi choubadé