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Comment réaliser une LEPI consensuelle

Comment réaliser une LEPI consensuelle

 Par El Cura

 Depuis la nuit des temps, en matière de gestion des affaires publiques, les acteurs politiques ne se sont jamais fait confiance. Les acteurs de l’exécutif (les mouvances présidentielles comme on le dit au Bénin) ont toujours voulu profiter de la mise en place des données administratives des populations pour se donner une marge d’électeurs fictifs.

 Ceci n’est pas seulement le cas du Bénin. Partout dans le monde, l’établissement des fichiers électoraux a toujours fait le chou gras des politiques. L’un des cas les plus médiatisés ces dernières années est celui de la Mairie de Paris de  Jacques CHIRAC avec son lot d’électeurs fictifs.

 La Liste Electorale Permanente Informatisée LEPI est un outil qui devrait permettre d’avoir des élections transparentes. Il est quand même important de rappeler que si les élections ne devraient pas souffrir de contestation c’est-à-dire que si elles devraient être transparentes, cet outil devra être réalisé dans les règles de l’art. Dans certains pays la réalisation de la Liste Electorale a déjà permis au pouvoir en place de tronquer gravement le processus électoral. On peut citer le cas du Sénégal où le Président WADE, un présumé démocrate a truqué à son profit les élections en partant avec un fichier de 500 000 électeurs fictifs qui lui ont assuré une réélection dès le premier tour. Plus proche de nous, au Togo, lors des élections de Février passé, le Pouvoir a utilisé une technique de fraude plus sophistiquée pour gagner les élections alors que la réalité paraissait tout autre. On comprend en lisant ces cas que les listes électorales informatisées considérées comme un précieux sésame pour avoir des élections transparentes sont souvent un outil de duperie au service des pouvoirs en place : c’est  souvent du leurre. On en déduit alors que la Mouvance Présidentielle au Bénin, accrochée à la réalisation de la LEPI ne compte peut-être que sur ce super-électeur pour gagner les élections.

 Il faudrait donc prévenir ces cas d’abus de la confiance du Peuple. Les suspicions sur cette LEPI sont donc légitimes. La Mouvance Présidentielle composée des FCBE ou l’opposition composée de l’UN et du G13 sont en droit de douter de la sincérité du camp adverse puisque chacun sait à son niveau que s’il lui était permis de patronner la réalisation de ce projet, il l’utiliserait à son profit. Douter de cette réalité serait faire preuve soit de naïveté ou de malhonnêteté. Naïveté  parce qu’il faut être un enfant pour faire confiance à son adversaire pour ne pas utiliser à son profit un outil pareil ; la charité bien ordonnée commence par soi-même dit-on. Malhonnêteté parce qu’il faut être de mauvaise foi pour faire croire à son adversaire que si on a à charge la réalisation d’un outil pareil, on ne l’utiliserait pas à son profit.

 Il apparaît donc que pour une LEPI juste, il faut que les deux parties, la Mouvance Présidentielle et l’Opposition soient représentées de façon paritaire dans la structure de supervision des travaux. Pour ce qui concerne les travaux techniques, il suffirait de procéder comme suit :

             – avoir des ressources suffisantes

            – créer une structure paritaire pour superviser les travaux et allouer les ressources aux deux structures techniques appartenant aux deux camps,

            – donner la possibilité aux opposants de créer une structure technique qui aura pour objectif de faire toutes les étapes depuis la cartographie censitaire jusqu’aux divers recensements,

            – donner la même possibilité à la Mouvance Présidentielle de faire les mêmes travaux,

            – à la fin des travaux ; échanger les fichiers de la Mouvance et de l’Opposition pour un contrôle par chaque camp : les irrégularités constatées chez chacun devraient être publiées et expliquées par ce dernier. S’il y a lieu de les retenir ou de les supprimer, on le fera. En cas de mésentente on pourra toujours recourir au tribunal pour trancher.

 Convenez avec moi que travaillant sur les mêmes échantillons de populations, il est difficile d’avoir des résultats divergents. Pour moi ce travail est mathématique ; compter le nombre de maisons et les individus d’un âge déterminé ; c’est du 1 + 1, on ne peut qu’avoir les mêmes résultats. En utilisant deux structures opposées pour faire séparément les travaux, chaque camp sait que le fichier final est l’intersection des deux fichiers. Les ajouts d’éléments trouvés par un camp et ne se trouvant pas chez l’autre camp ne se feront que par preuve formelle. D’où la nécessité d’une structure paritaire de supervision. Le rôle de la justice est aussi primordial. D’ailleurs peut-on construire un Etat démocratique sans une justice efficace ?

 Procédez de cette façon et vous verrez que plus personne ne voudra de la LEPI car cette dernière deviendrait à coup sûr transparente.

 Voilà ma contribution pour une LEPI consensuelle.

 Je crois à mon humble avis que pour les élections de mars 2011, il serait imprudent de vouloir utiliser à tout prix la LEPI. Je rappelle l’attention du Président YAYI Boni sur le fait qu’il a été élu sans la LEPI et personne n’avait contesté son élection. Pour se faire réélire, il ne devrait pas penser d’avance que sans LEPI les élections seraient contestées.

 Participer à la réflexion.

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