Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Élu pour ne rien savoir…

Élu pour ne rien savoir…

Tout ce que Yayi sait, c’est qu’il est président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement, chef suprême des armées, locataire de la Marina. Pour le reste ? Les 7 milliards de la réfection du Palais des congrès et du Centre international des conférences ; les surfacturations sur des machines agricoles acquises à prix d’or ; les 100 milliards volés aux ménages par Icc-Services et consorts en quatre ans ; les randonnées publiques des ministres en compagnie des escrocs ; des milliards de primes accordés au personnel de la santé ; la disparition de Pierre Urbain Dagnivo…Le répertoire des sujets d’intérêt national dont le docteur-président dit ne pas être au courant est impressionnant. Les ministres seraient tous des experts en espièglerie qui attendraient souvent que leur chef soit absent pour introduire des dossiers sensibles en conseil des ministres. Phénomène que le prince du Changement, lui-même, résume par sa désormais célèbre formule : « je suis responsable mais pas coupable ».

Inutile de se poser des questions sur ce qui tiendra lieu de ligne de défense à l’heure du bilan. Tout le passif s’évacue de lui-même face aux dénégations tous azimuts du chef de l’Etat. Tous les invités conviés au discours d’investiture du 06 avril 2006 n’ont pas oublié les monumentales bévues contenues dans le texte et que le tout nouveau locataire de la Marina s’est empressé d’attribuer au protocole d’Etat. Puisqu’il ne sait rien, il ne saurait être comptable de quoi que ce soit. A moins qu’il ne s’agisse des réalisations de propagande à l’instar des passages à niveau, des mesures dites de gratuité de l’enseignement maternel et primaire, de l’avion présidentiel, de l’annonce de remboursement des victimes des faux placeurs. Un bien maigre bilan pour un mandat de 5 ans prédit pour être celui des fastes et de l’abondance, jamais vus de mémoire de Béninois. La voie royale pour l’émergence : révolution verte, un Bénin industriel, croissance à deux chiffres à la chinoise, corruption zéro.

Qu’on ne s’attend donc pas à voir Yayi souscrire à la règle de gouvernance qu’il a lui-même édictée pour les membres du gouvernement au sujet du devoir de compte rendu. Il n’a rien à dire sur l’affaire Icc en dehors de ce que ces ouailles ont reçu mission de propager. Les activités mafieuses des faux placeurs sont ignorées du grand chef. Ces sbires qui connaissent jusqu’aux immeubles acquis par des opposants en France dans les années 70 ont manqué de lui dire ce qui se passe sur le territoire béninois entre 2006 et 2010 pendant qu’il détient l’essentiel du pouvoir d’Etat. Rien à dire également sur les surfacturations autour des machines agricoles bien qu’il en soit informé de vives voix par le député Janvier Yahouédéhou en plein meeting à Ouinhi devant des milliers de témoins. Rien également à propos des irrégularités reprochés à un ministre émergent pendant qu’il gérait la Sonapra alors société d’Etat.

Si par extraordinaire le docteur-président pouvait renouveler son bail à la Marina, le bilan est connu par avance : élu pour ne rien savoir. A force de survoler la misère des compatriotes à bord d’hélicoptère durant tout le mandat on fini par en sortir en ignorant tout des réalités. L’hélico présidentiel ne débarque que dans des localités astiquées, nettoyées, décorées de banderoles laudatrices, avec des applaudisseurs joyeux arrosés de jetons de présence grâce à l’appui des escrocs. Et le grand prince repart vers une autre destination suivant le même procédé. Un éventuel deuxième mandat ne saurait déroger à ce manège sur fond d’insouciance, d’arrogance, d’irresponsabilité et de gabegie. Aux Béninois de savoir ce qu’ils souhaitent pour leur pays en 2011.

Un irresponsable ignorant ou un chef de l’Etat informé des affaires de son peuple ???

arimi choubadé

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