Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Tous les chemins du yayisme mènent à Houngbédji…

Vaste escroquerie des faux placements, tension sociale autour de la disparition de Urbain Dagnivo, insécurité, déclin diplomatique, évasion fiscale ? Les fers de lance de la propagande émergente n’en voient qu’un seul et unique dénominateur commun : le candidat unique de l’Union fait la nation, l’opposant avide de pouvoir, machiavélique et diabolique. Face à l’angélique docteur-président qui a procuré du bonheur et de l’abondance à son peuple au cours d’un premier mandat et voudrait poursuivre son œuvre de salut divin. Le nouveau filon de la propagande est toute trouvée et consiste en cette diabolisation tous azimuts et sans répit du porte-flambeau unioniste. Une carte de l’opposant avide de pouvoir à nuire par tous les moyens qui passionne tous les courtisans de service à commencer par les deux plus emblématiques de cette fin mandat : le jeune calomniateur, manipulateur, profession escroc politique et le député transhumant. Pour avoir la garantie de battre tous les records de diffusion et d’audience dans les médias sous contrat, il suffit de couvrir Houngbédji de tous les péchés de la République avec les yeux fixés tout droit sur les caméras.

Tous les Béninois ont vu le tour de force du petit calomniateur qui a fait fort en s’offrant un auditoire de prestige composé d’une impressionnante délégation ministérielle conduite par un des deux ministres d’Etat, des députés, des conseillers à la présidence de la République. Son invention sur le délit de propriété à l’étranger exposé avec ferveur et brio a été très applaudie par une assistance en délire. Le régime croyait avoir définitivement fait le deuil de l’éclipse prématurée des adolescents politiques qui en début de mandat alliaient l’effronterie, la provocation, la délation, l’injure publique au mensonge d’Etat. La pitrerie digne d’une bande de guignols au cours de l’émission Pour ou Contre sur Golfe Tv le jeudi 24 septembre 2010 a fini par édifier les Béninois encore sceptiques de la décadence du régime. On sait désormais que quelqu’un qui n’a jamais exercé une profession dans sa vie se voit octroyer une escorte de militaires de l’armée nationale ; que des rois se font démarcher à 10 mille francs ; que des jeunes désœuvrés parviennent à s’offrir des retraites de princes dans des hôtels 5 étoiles ; et que le chef de la bande est un faussaire reconnu pour ses multiples signatures, ses chèques sans provision, ses usurpations de titres, son autoritarisme et sa déchéance morale. Il ne s’agit-là que du nouveau visage qui porte dorénavant la parole et la défense du régime.

Dans un registre quasi identique, c’est le très officiel député de la nation, Rachidi Gbadamassi qui s’ingénue à démontrer que Lucifer habite Houngbédji. Que lui qui a séjourné à la prison civile de Natitingou pour une procédure criminelle est un enfant de cœur à côté de l’ancien président de l’Assemblée nationale, ancien premier ministre, député de toutes les législatures de l’ère du renouveau démocratique, candidat unique d’un regroupement politique crédité de près de 60% des suffrages exprimés par les Béninois au premier tour de la présidentielle de 2006. Mais, l’ancien bagnard fait plus que s’acharner contre la personne de sa proie. Il inaugure une nouvelle dimension de ses turpitudes par sa surprenante lettre au président de l’Assemblée nationale. Gbadamassi menacé physiquement par la paire Ahouanvoébla-Houngbédji ? À l’époque où il vitriolait tout l’appareil d’Etat (sa force publique, son armée, ses énormes prérogatives régaliennes), la peur ne l’avait jamais habité. Ce sont deux députés qui ne disposent en tout et pour tout que de deux agents légèrement armés pour leur propre sécurité qui en viendraient à lui foutre la trouille. On se demande si la psychose sécuritaire du transhumant n’est pas plus morale que physique ; d’un esprit agité par un passé sulfureux, une proximité permanente avec le danger, un esprit hanté à la limite de la paranoïa.

La crise de stratégie et de crédibilité de l’émergence…

arimi choubadé

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