Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: octobre 8, 2010

BENIN: Rogatien Biaou contre-attaque Yayi, Koussé et Ahouékè

 Par La tribune de la capitale

   

(Lire l’intégralité de son « mémorandum » et ses 9 missiles d’auto-défense)

 Le feuilleton des contre-attaques à l’action de poursuite devant la Haute Cour de Justice pour certains anciens ministres continue. Après les mémorandums des ministres Soulémana Lawani, Armand Zinzindohoué, la lettre ouverte de Kamarou Fassassi, Rogatien Biaou embarqué dans la même galère que les ministres sus-cités, vient de sortir de son silence. Dans un mémorandum qu’il a choisi de baptiser  « Droit de réponse », il démonte un à un les arguments avancés par le pouvoir du changement pour sa demande de poursuite devant la Haute Cour de Justice, donne des leçons de droits divers, de bon sens aussi bien au Président Boni Yayi ainsi qu’à ses lieutenants.

 Lire l’intégralité de ce qu’on peut bien appeler le mémorandum de Rogatien Biaou.

 Francis Z. OKOYA

 DROIT DE REPONSE A LA CONFERENCE DE PRESSE OU AU POINT DE PRESSE DE JACQUES ALIDOU KOUSSE ET MAX AHOUEKE, LE 5 AOÛT 2010, A PORTO-NOVO, DANS LE CADRE DE LA DEMANDE DE MISE EN ACCUSATION ADRESSEE PAR LE PRESIDENT BONI YAYI A L’ASSEMBLEE NATIONALE, LE JEUDI 22 JUILLET 2010.

 I- Rappel du déclenchement de la procédure de demande de mise en accusation

 1) Le jeudi 22 juillet 2010, après 21 heures, les chaînes de télévisions privées (Canal 3, Golfe TV, LC 2) et la chaîne de télévision publique (ORTB) ont commencé par défiler par bande passante l’annonce selon laquelle : « Le Chef de l’Etat a saisi l’Assemblée Nationale par lettre pour une demande de mise en accusation de quatre (4) anciens Ministres : Armand ZINZINDOHOUE (Affaire ICC – Services), Soulé Mana LAWANI (Affaire CEN-SAD), Rogatien BIAOU (Dossier de vente de parcelle à New York) et Kamarou FASSASSI (Affaire SBEE).

C’est donc par voie de presse que j’ai été informé comme tous les Béninois et Béninoises ayant un poste téléviseur de la demande par le Président Boni YAYI de ma mise en accusation par l’Assemblée Nationale dans le dossier de vente de parcelle d’une portion du domaine de la résidence de l’Ambassadeur, Représentant Permanent du Bénin auprès des Nations Unies, à New York, aux Etats-Unis d’Amérique. Il est curieux voire symptomatique que jusqu’à ce jour, soit plus de dix (10) semaines après le dépôt de la lettre au secrétariat particulier du Président de l’Assemblée Nationale, et deux (2) mois, aujourd’hui, après la conférence de presse, aucune correspondance du Président de la République ne soit adressée à chaque personne visée pour l’informer de la procédure engagée contre elle pour sa mise en accusation. A moins que la presse soit une instance administrative, judiciaire ou politique de transmission des décisions et/ou actes du Chef de l’Etat concernant, intitu personae, certains citoyens. Nous serons bien heureux que les références de la loi, du décret ou texte règlementaire soient portées à la connaissance du Peuple tout entier pour que désormais chaque citoyen et chaque citoyenne du Bénin sachent à quoi s’en tenir.

 2) Conférence de Presse ou Point de Presse à l’Inspection Générale de l’Etat à Porto-Novo par Jacques Alidou KOUSSE et Max AHOUEKE

Le jeudi 5 août 2010, soit deux semaines, jour pour jour, après que le Président Boni YAYI ait adressé une lettre de demande de mise en accusation par l’Assemblée Nationale de quatre (4) anciens Ministres, dont deux (2) du régime dit du Changement et deux (2) de l’ère du règne du Président Mathieu KEREKOU, les Sieurs Jacques Alidou KOUSSE, Inspecteur Général d’Etat et Max AHOUEKE, Avocat au Barreau de Paris, Conseiller Technique Juridique du Président de la République, ont estimé nécessaire, à leur propre initiative ou à l’instigation de leur commanditaire, la Haute Autorité, de faire, je cite : «un Point de Presse relativement aux Affaires qui défraient la chronique aux fins de vous faire part de notre appréciation. Il s’agit de :

 – Affaire ICC services et consorts

– Affaires SBEE (Kamarou FASSASSI)

– Affaires CIC/Palais des Congrès (LAWANI)

– Affaires BIAOU Rogatien

– Affaires ADIHOU Alain ». Fin de citation.

 Vous constatez avec moi que le nom du Ministre ZINZINDOHOUE n’apparaît plus sur la liste des Affaires, mais qu’en plus des quatre (4) anciens Ministres objet de la lettre du 22 juillet 2010, le nom du Ministre ADIHOU vient s’ajouter à la liste élaborée par les Sieurs KOUSSE et AHOUEKE. C’est étonnant mais pas surprenant. Il faut noter une fois encore que c’est par voie de presse que l’appréciation des Affaires est faite. Il convient aussi de souligner que les deux lettres de mise en accusation, une pour le Ministre ZINZINDOHOUE et une pour les trois autres Ministres, ne sont pas signées par le Président de la République, mais par le Ministre d’Etat Pascal Irénée KOUPAKI. Vous constatez et notez avec moi que certaines personnes ne font pas preuve de courage et de responsabilité pour assumer pleinement, avec hauteur d’esprit, les actes qu’elles posent au nom de la République.

C’est à mon corps défendant que je m’engage à faire ce droit de réponse. Pour moi, la presse n’est ni une instance judiciaire, ni une instance administrative, encore moins une instance politique pour prendre une décision et trancher sur les dossiers et faits exprimés ou exposés. De plus de par ma formation, ma profession et les fonctions que j’ai occupées, je dois observer une obligation de réserve face à certaines situations. Paraphrasant Alfred de VIGNY, je voudrais dire que « à voir ce que l’on est sur terre et ce qu’on laissera un jour, seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse et agitation stérile ».

 Toutefois, je sors de mon mutisme, pas pour faire comme les autres, mais parce que le pouvoir en place s’attaque à ma personne et aux membres de ma famille. Mon droit de réponse est donc axé sur ce que KOUSSE et AHOUEKE ont baptisé : « Affaires BIAOU Rogatien ».

 Nous constatons à ce niveau que de manière délibérée dans la quatrième partie du document remis à la presse, le 5 août 2010, l’intitulée est : « D) BIAOU Rogatien ». Les Conférenciers ne parlent plus de Dossier ou d’Affaire (s), mais de la personne physique, de l’individu, de l’être humain. Pourquoi s’attaquent-ils à la personne ? Pourquoi dire des contrevérités sur le Dossier ou l’Affaire ? Qu’ai-je fait en tant qu’individu, citoyen du Bénin ? Mes protagonistes auront-ils le courage de venir un jour donner les raisons d’une telle option ?

 En ce qui concerne la conférence de presse ou le point de presse du 5 août 2010, nous avons relevé au moins une douzaine de contrevérités.

Maître Max AHOUEKE au début de son exposé a dit, nous citons : «Il y a des dossiers dont je vais parler, mais dont certains sont en instruction devant les cabinets juridiques ou judiciaires. Pour ces dossiers là, il est évident que je ne puisse pas y faire des commentaires ou y aller en profondeur. Je vais les citer au passage en vous demandant, vous de la presse écrite, de la télévision ou autres de se rapprocher soit du Procureur de la République, soit des juges d’instruction, pour avoir plus d’amples informations parce que le Procureur de la République peut dans certaines limites, informer la presse ».

 Que veut-il insinuer ? Veut-il apprendre aux journalistes à faire leur travail ou à mener des investigations ? Pourquoi cherche-t-il à instrumentaliser le corps judiciaire au lieu de les laisser faire tranquillement et sereinement leur tâche dans le cadre bien compris de la séparation des pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire ? Comme vous le savez, il ne s’est pas contenté de citer au passage les affaires en instruction, il a donné des détails qu’il ne maîtrise pas, pour ce qui me concerne. Je me dois de vous révéler les douze (12) contrevérités de Maître AHOUEKE qui se présentent comme ci-après :

 Première contrevérité :

 Maître Max AHOUEKE a déclaré et écrit : « BIAOU Rogatien, ancien Ministre des Affaires Etrangères du Bénin qui a été relevé de ses fonctions en 2005 ».

Faux. Je vais vous rafraîchir la mémoire. Nommé le 12 juin 2003, Rogatien BIAOU a été confirmé deux fois dans ses fonctions de Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine : le 4 février 2005 et le 27 janvier 2006. Il a été relevé de ses fonctions, le 15 février 2006. Donc avant l’investiture de Boni YAYI, le 6 avril 2006. De quel relèvement en 2005 parle Max AHOUEKE ? De qui parle-t-il ?

 Deuxième contrevérité :

 Maître Max AHOUEKE a dit et écrit que : « Je commence par le Dossier BIAOU Rogatien. Ce dossier concerne la vente illicite à New York d’une parcelle de terrain qui abrite la résidence de l’Ambassadeur du Bénin auprès des Nations Unies à New York. Il faut rappeler que le terrain qui abrite la Résidence de notre Ambassadeur est la propriété de l’Etat Béninois pour avoir été acheté dans les années 1962 ».

Sans le dire mais en l’insinuant, Maître AHOUEKE laisse croire à l’opinion publique que c’est BIAOU Rogatien qui a procédé à la vente illicite à New York d’une parcelle de terrain qui abrite la résidence de l’Ambassadeur du Bénin auprès des Nations Unies. Insinuation fausse et archifausse. Rogatien BIAOU n’a jamais vendu et ne vendra jamais un terrain appartenant à l’Etat. Je défie quiconque pour venir prouver le contraire. Que Maître AHOUEKE vienne dire publiquement avec preuve à l’appui qui a procédé à la vente illicite de la parcelle. Je l’invite à ne plus faire des insinuations. Que lui et ses acolytes cessent de tromper le Peuple en cherchant un coupable en la personne de Rogatien BIAOU.

 Troisième contrevérité :

 Maître Max AHOUEKE a écrit et souligné que : «C’est grâce à la vigilance des époux IDOHOU, notamment de Madame Chantal IDOHOU que le Gouvernement du Président KEREKOU a été informé de la vente d’une portion du terrain sur lequel est construite la Résidence privée de notre Ambassadeur auprès des Nations Unies ».

Je m’inscris en faux contre cette déclaration. J’invite Maître AHOUEKE et Dame Chantal IDOHOU à venir montrer publiquement les preuves que Rogatien BIAOU est l’auteur de la vente illicite puisque « c’est grâce à sa vigilance que le Gouvernement du Président KEREKOU a été informé ».

En outre, il n’existe pas de Résidence privée d’Ambassadeur, Représentant Permanent du Bénin auprès des Nations Unies à New York. L’Ambassadeur est logé avec sa famille dans une résidence officielle. Telle est la réalité. J’invite, une fois encore, Maître AHOUEKE et la nommée Madame Chantal IDOHOU, de son vrai nom Chantal de SOUZA, homonyme de la Première Dame Chantal de SOUZA, épouse YAYI, viennent démontrer le contraire par voie de presse.

 Quatrième contrevérité :

 Maître Max AHOUEKE a écrit : «Je me dois de faire quelques points sur les conclusions du rapport d’étape que la Commission d’Enquête créée par le Gouvernement du Président KEREKOU a déposé le 15 décembre 2005.

Après une enquête minutieuse, où la plupart des protagonistes ont été entendus, la Commission a retenu les responsabilités des personnes dont certaines ont été appréhendées et mises en liberté provisoire ».

Je dénie qu’une enquête minutieuse ait été menée entre le 21 novembre 2005, date de la création de la Commission par Décret n°2005-714, et le 15 décembre 2005, date de remise du Rapport d’étape. Quelle enquête minutieuse une Commission peut-elle faire et conclure en 48 heures, pour décider de conduire un individu à la Police pour le mettre en garde à vue dès, le 23 novembre 2005, le transférer au Tribunal et le faire mettre sous mandat de dépôt depuis le 25 novembre 2005 jusqu’à ce jour ? Le mandat de dépôt a-t-il une durée illimitée ?

Entre le 21 novembre 2005 et le 15 décembre 2005, j’ai été entendu une seule fois par la Commission, le 6 décembre 2005. Si l’enquête était minutieuse, Pourquoi, après le dépôt du rapport d’étape, nous avons fait l’objet de trois autres auditions par la Commission d’Enquête, à savoir : le 19 janvier 2006, le 22 janvier 2006 et le 20 février 2006 ?

Doit-on croire et accepter que la célérité de mettre un citoyen sous mandat de dépôt en 48 heures d’interrogatoire constitue un exploit de minutie de l’enquête ou bien c’est la remise du rapport d’étape, trois semaines après la création de la Commission, qui vaut la mention d’enquête minutieuse ? Vous pouvez répondre et tirer les conclusions.

 Cinquième contrevérité :

 Maître Max AHOUEKE, Conseiller Technique Juridique du Président YAYI a écrit que : « Celle (la responsabilité) de Monsieur Rogatien BIAOU, alors Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine dont le cas relève de la Haute Cour de Justice qui n’est pas encore saisie officiellement. C’est d’ailleurs en raison de son privilège de juridiction qu’il est encore en liberté, alors que la Commission a retenue sa responsabilité directe ».

Il ajoute verbalement en plus de ce qu’il a écrit, que : «le cas de Rogatien BIAOU n’a pas été encore déféré devant la Haute Cour de Justice parce que la nomination des membres de la Haute Cour de Justice n’était pas faite, puisque les Députés devraient désigner six (6) parmi les leurs ».

KOUSSE dit quelques instants après : « Monsieur BIAOU ose se pavaner dans les rues alors qu’il est un justiciable de la Haute Cour de Justice ».

C’est le comble. Nous n’en revenons pas encore de telles dérives dans les écrits et les déclarations de personnes sensées faire la morale et donner des leçons.

En effet, tout le monde sait que les Députés de la quatrième législature ont bel et bien désignés leurs six (6) représentants qui ont siégé à la Haute Cour de Justice pour la période de 2003 à 2007.

De même tout le monde sait que cela fait déjà des mois que les Députés, de la cinquième législature, ont fini par désigner leurs pairs pour être membres de la Haute Cour de Justice pour la période 2007-2011.

En outre, nous savons tous que la désignation ou non des Députés devant siéger à la Haute Cour de Justice n’est pas suspensive de la saisine de l’Assemblée Nationale pour une demande de mise en accusation d’un Ministre ou du Chef de l’Etat. Pourquoi alors Max AHOUEKE fait avaler des couleuvres vivantes au Peuple Béninois ? Pourquoi cherche-t-il à justifier la procédure déclenchée par son Président par des contrevérités ?

Quant au Sieur KOUSSE, qu’il nous dise qu’elle est la loi ou la décision de justice qui interdit à un justiciable de la Haute Cour de Justice de sortir de son domicile ou qui lui fait obligation d’être en résidence surveillée avec interdiction de recevoir des visites. Les anciens Ministres doivent-ils rester entre les quatre murs de leur domicile à se ronger les ongles et tourner les pouces ? Que me veut-on au juste ? Quel péché ou crime ai-je commis pour que sans jugement, sans interrogatoire certains cherchent et veulent contre vents et marées me jeter en prison et me reléguer aux oubliettes ? Monsieur KOUSSE n’est-il pas un ancien Ministre de ce pays ? Sa crédibilité et son honorabilité ne sont-elles pas mises en cause dans l’Affaire SBEE en sa qualité de Commissaire aux Comptes de cette Société d’Etat ? Ne circule-t-il pas librement, jusqu’à preuve du contraire, dans les rues du Bénin ? En toute circonstance, il faut savoir raison gardée, pour ne pas tomber dans le ridicule et son propre piège.

 Sixième contrevérité :

 Revenons à Maître AHOUEKE, qui après avoir écrit, déclare ce qui suit : «Après une enquête minutieuse où la plupart des protagonistes ont été entendus, la Commission d’enquête présidée à l’époque par le Colonel MASSOU a retenu les responsabilités des personnes dont certaines ont été appréhendées, qui ont fait la prison et d’autres mises en liberté provisoire ».

Voilà encore une pure intoxication et manipulation de l’information. Max AHOUEKE peut-il nous dire avec précision le nombre de personnes qui ont été appréhendées, qui ont fait la prison et qui sont mises en liberté provisoire ? Qu’il nous donne leur identité complète (noms, prénoms, professions, etc.).

Je sais qu’il ne pourra pas venir démentir ce que je dis. Le Colonel MASSOU est encore vivant. Il ne pourra pas non plus venir dire le contraire. Il y a une seule personne qui est mise sous mandat de dépôt depuis le 25 novembre 2005. Malgré le verdict de non lieu rendu par le Tribunal, en 2009, donc depuis plus d’un (1) an, Monsieur Thomas GUEDEGBE, puisque c’est de lui qu’il est question, est toujours en détention parce que le pouvoir en place, à travers le Procureur de la République a décidé d’interjeter appel et de le maintenir en prison.

Et comme le ridicule ne tue pas, les chantres du régime dit du changement ont fait répandre par Dame rumeur que c’est le Ministre BIAOU qui a demandé de maintenir son collaborateur en prison pour étouffer la vérité. Ironie du sort. Qui suis-je pour maintenir dans les liens de la prison un détenu. En tant que Ministre, je n’avais pas un tel pouvoir. Est-ce le simple citoyen que je suis depuis plus de quatre ans qui pourra faire une telle prouesse sur le plan judiciaire ? Je vous laisse juger.

 Septième contrevérité :

 Je voudrais vous faire remarquer et noter que les six premières contrevérités étaient dirigées nommément contre ma personne, Rogatien BIAOU. Qu’à cela ne tienne. Ont-ils le droit (AHOUEKE et KOUSSE) de laisser de côté le dossier et de s’attaquer à ma personne de cette manière éhontée et mesquine ?

A partir de cette septième contrevérité, c’est le Ministre Rogatien BIAOU qui est visé. Maître AHOUEKE y va de sa plume et de sa verve.

De sa plume, il souligne : « L’intention frauduleuse dans laquelle le Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine (MAEIA) sollicite l’autorisation du Conseil des Ministres en sa séance du 12 mai 2004 en vue de la relocalisation de la Mission Permanente du Bénin à New York alors que l’immeuble de la Chancellerie avait été vendu depuis le 11 novembre 2003 sans se conformer aux dispositions légales et administratives en la matière ».

De sa verve, il ajoute : « Que reproche t-on à Rogatien BIAOU ? Première chose : l’intention frauduleuse par laquelle le Ministre a sollicité l’autorisation du Conseil des Ministre en sa séance du 12 mai 2004 en vue de la relocalisation de l’Ambassade du Bénin à New York, l’achat du nouvel immeuble pour l’Ambassade alors que l’immeuble de la Chancellerie avait été déjà vendu le 11 novembre 2003. Il voulait tromper tout le monde y compris le Conseil des Ministres ».

Il s’agit là d’accusation grave dénuée de tout fondement avec l’intention délibérée de peindre en noir le Ministre BIAOU et le charger de tous les péchés du monde : intention frauduleuse, vente sans se conformer aux dispositions légales et administratives, tromperie de tout le monde, y compris le Conseil des Ministres. Pourquoi tant de rage et de grogne ? Qu’en est-il exactement ?

La Communication conjointe n°584/04 datée du 23 avril 2004 et relative à la relocalisation de la chancellerie de la Mission Permanente du Bénin auprès des Nations Unies à New York a été introduite en Conseil des Ministres conjointement par le Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine et le Ministre des Finances et de l’Economie. Cette Communication dont la première mouture a été rédigée en octobre 2003, donc avant la date du 11 novembre 2003, n’a finalement été signée par le Ministre des Finances et de l’Economie que le 22 avril 2004. Elle m’a été transmise, le même jour, par la lettre n°713-C/MFE/CAB/DGML/DM du 22 avril 2004. S’il y avait intention frauduleuse, est-ce que la Communication aurait été conjointement présentée par le Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine et le Ministre de des Finances et de l’Economie ? A moins qu’on insinue qu’il y a complicité entre les deux Ministres ? Si tel est le cas pourquoi le second Ministre n’est pas interpellé ?

L’écart, entre la date de la rédaction du premier projet de la Communication Conjointe, le 31 octobre 2003, et l’approbation par le Conseil des Ministres, le 12 mai 2004, est relatif aux allers et retours qu’a connus cette Communication Conjointe. En effet, le Ministre des Finances et de l’Economie m’a retourné trois (3) fois le projet de Communication Conjointe. Une première fois, le 05 décembre 2003, après que le premier projet de cette Communication Conjointe ait séjourné un (1) mois dans ses services. Le projet lui avait été transmis au début du mois de novembre 2003. Le projet a été retourné en raison de certaines précisions qui manquaient et qui étaient considérées comme essentielles par les services compétents du Ministère des Finances et de l’Economie.

Il convient de faire remarquer que les précisions sollicitées n’étant pas disponibles au niveau de mes services à Cotonou, il fallait me référer à la Mission Permanente du Bénin auprès des Nations Unies à New York qui détenait tous les éléments de ce dossier. Ce qui a été fait, le 06 décembre 2003, par fax manuscrit, vu l’urgence, en transmettant le projet de Communication Conjointe et la lettre du Ministre des Finances et de l’Economie. Il a été demandé à Monsieur l’Ambassadeur de « fournir, de toute urgence, les différents éléments de réponse sollicités par le Ministre des Finances et de l’Economie », étant donné que le Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine allait partir en mission dans la nuit du 11 décembre 2003.

Malgré les instructions données et l’urgence de l’introduction de la Communication Conjointe en Conseil des Ministres, ce n’est qu’en février 2004, deux (2) longs mois après que la lettre-réponse de la Mission Permanente du Bénin auprès des Nations Unies est parvenue à Cotonou. Est-ce qu’une personne animée d’une intention frauduleuse va se soumettre à une telle procédure ? Est-ce que quelqu’un qui ne veut pas se conformer aux dispositions administratives et techniques va exiger que la Communication soit conjointe? La présentation de la Communication Conjointe est une preuve de la conformité au respect des dispositions légales et administratives dans la mesure où le Ministre des Finances et de l’Economie est de part ses attributions responsables des domaines et patrimoine immobiliers de l’Etat.

La deuxième mouture a été rédigée sur la base des éléments de réponse reçus de New York en février 2004 et transmise au Ministre des Finances et de l’Economie, le 19 mars 2004. Cette nouvelle mouture m’a été retournée une deuxième fois, le 7 avril 2004. Le Ministre des Finances et de l’Economie tout en reconnaissant que ‘’le projet a pris en compte ses observations’’, a exigé que j’y appose d’abord ma signature, avant qu’il ne fasse de même. Ce que je fis dès réception.

Le projet de Communication Conjointe lui a été adressé une troisième fois par ma lettre en date du 13 avril 2004. Le Ministre des Finances et de l’Economie a enfin signé la Communication Conjointe, le 22 avril 2004. La version définitive comportant la signature des deux Ministres (MAEIA et MFE) a été enregistrée par mon secrétariat particulier, le 23 avril 2004 et déposée le même jour au Secrétariat Général du Gouvernement.

La Communication Conjointe a été finalement inscrite, par le Secrétariat Général du Gouvernement, à l’ordre du jour du Conseil de Ministres du mercredi 12 mai 2004. Après examen, elle fut approuvée le même jour avec la mention « Vu ».

Au regard de tout ce qui précède, Comment peut-on imaginer et dire que le Ministre « voulait tromper tout le monde, y compris le Conseil des Ministres ? ».

Il se dégage clairement que Max AHOUEKE et consorts ont des intentions et visées malveillantes. Ils cherchent à nuire et à détruire par méchanceté.

En effet, le projet de Communication Conjointe a été rédigé et transmis au Ministre des Finances et de l’Economie, en vue de sa soumission au Conseil des Ministres pour examen et approbation, bien avant la signature de la Convention de vente de l’ancienne chancellerie et du contrat d’achat de la nouvelle. La soumission de la Communication Conjointe n’était pas une condition sine qua non pour la vente de l’ancienne chancellerie et l’acquisition de la nouvelle.

Le retard de l’examen de la Communication Conjointe par le Conseil des Ministres est-il imputable au Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine ? La réponse est non. Ce retard est imputable à la bureaucratie et à la lenteur administrative, deux plaies ou tares de l’Administration Publique Béninoise. Nous n’arrivons donc pas à comprendre, encore moins à expliquer après le « parcours du combattant » avec preuves à l’appui, que le Ministre des Finances et de l’Economie et ses collaborateurs ont fait subir au projet de Communication Conjointe jusqu’à sa signature, que Messieurs KOUSSE et AHOUEKE puissent écrire et dire : « il (le Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine) voulait tromper tout le monde y compris le Conseil des Ministres ».

Je constate avec beaucoup d’amertume et de tristesse que c’est eux qui trompent tout le monde, y compris le Chef de l’Etat qu’ils sont sensés conseiller en attirant son attention sur la réalité des faits et non confondre torchon et serviette. Il faut être doué d’une perfidie hors pair pour agir de cette manière ignominieuse.

 Huitième contrevérité

 Le Conseiller Technique Juridique du Chef de l’Etat, Max AHOUEKE, par écrit, nous accuse « d’avoir perçu indûment des produits de la vente d’une parcelle du terrain qui abrite la Résidence de l’Ambassadeur près de l’ONU : 200.000 dollars (100.000.000 F CFA) par virement du compte d’un certain KOLLES, avocat au compte du Ministre BIAOU Rogatien ».

Pure invention de l’esprit embrouillé de Monsieur AHOUEKE. Allégation mensongère de première classe. Je ne connais ni d’Adam, ni d’Eve un certain KOLLES pour qu’il me fasse un virement de son compte. Aucun avocat KOLLES n’est au compte du Ministre BIAOU Rogatien. C’est un personnage ou une personne qui sort de l’imagination de Maître Max AHOUEKE, devenu expert des pirouettes et contrevérités pour faire admettre le faux et le mensonge en lieu et place de la réalité et de la vérité. Je n’ai jamais eu d’avocat en tant que Ministre. Lorsque j’ai été mis en examen et gardé à vue, du 20 au 22 février 2006, Maître Saïdou AGBANTOU, avocat au Barreau de Cotonou, s’est constitué pour m’assister contre zéro franc. Voilà toute la vérité et rien d’autre.

D’où vient alors le nommé KOLLES ? Pourquoi imaginer et dire des choses pour salir un homme ? Pourquoi Maître Max AHOUEKE qui a fait mettre à sa disposition, sur instruction du Président de la République, la somme de 200.000 US$ soit 100.000.000 de F CFA pour s’occuper soit disant du dossier de la vente illicite de parcelle à New York ne s’est jamais rapproché de moi pour entendre ma version des faits ? Qu’il vienne rendre compte au Peuple Béninois de ce qu’il a fait des cent millions (100.000.000) F CFA des contribuables Béninois ? Faut-il mentir et tromper le Peuple par des contrevérités en guise de justification de votre allocation de 100.000.000 de franc CFA ?

Je laisse la réponse à la conscience et à l’appréciation de chacun.

 Neuvième contrevérité

 Maître AHOUEKE a écrit qu’ « une somme de 175.000 dollars us en un chèque N° 01092 de CHEMICAL BANK 87.500.000 F CFA du 11/10/2004, destinée à l’achat d’un appartement dans le MARYLAND ».

Je reconnais être propriétaire d’un appartement de deux (02) chambres un (01) salon où vivent mes enfants qui sont étudiants dans des Universités Américaines de Washington D.C. L’appartement est situé à l’intérieur d’un building dans l’Etat du Maryland, proche de la capitale fédérale américaine. L’appartement n’a pas été acquis par des produits de la vente d’une parcelle du terrain qui abrite la Résidence de l’Ambassadeur du Bénin auprès de l’ONU.

Je n’ai participé à aucune vente de parcelle. Je défie quiconque de me prouver le contraire. Le Ministre actuel des Affaires Etrangères, Monsieur Jean Marie EHOUZOU ne l’a-t-il pas reconnu implicitement en disant, plus ou moins, au cours de l’interview de la semaine dernière, ce qui suit : « le Ministre BIAOU n’a signé aucun document pour vendre une portion du domaine de la résidence. Il a été relevé de ses fonctions parce que le Gouvernement du Général KEREKOU a estimé qu’une telle affaire ne peut se dérouler dans le Ministère dont il est en charge sans qu’il ne soit informé ». Il est temps que les gens malintentionnés cessent de traîner mon nom dans la boue et les eaux sordides de l’imagination et des suppositions. L’acquisition de l’appartement où vivent mes enfants a été faite sur la base de mes économies et d’un prêt obtenu par un « Gentlemen Agreement » qui ne fait pas l’objet d’écrit formel. Je n’ai pas encore pu, malheureusement jusqu’à ce jour, rembourser Monsieur Thomas GUEDEGBE qui reconnaît dans son Mémorandum de 2007que, je cite : « Mr Rogatien BIAOU a bénéficié d’un emprunt de Deux cent dix sept mille dollars (217.000 $) » fin de citation. Le montant exact est 200.000$. L’essentiel est qu’il confirme mes dires et mes écrits de mars 2006 qu’il s’agit d’un emprunt. C’est à la lecture de son Mémorandum que j’ai découvert que l’argent provenait d’un certain M. KOLLER Alfred qui, sur indication de Monsieur GUEDEGBE, a fait un virement de 200.000$ sur mon compte. Tout est donc clair et s’explique.

Pourquoi KOUSSE et AHOUEKE n’ont-ils pas exhibé les preuves écrites et les documents qui attestent leurs dires ? La raison est simple. Il n’y a aucun document ou contrat portant ma signature pour une quelconque vente ou pour autoriser une vente. Je souhaite vivement que Messieurs AHOUEKE et KOUSSE reviennent devant les micros et cameras nous dire à qui appartient le Chèque dont le numéro a été cité ? Vous comprendrez alors aisément qu’ils sont entrain de vous tromper pour vous faire croire que plusieurs virements ont été faits à mon profit. Je les invite à cesser de duper le Peuple et de faire des affabulations en inventant ce qui n’existe pas. Pourquoi, s’acharne-t-on sur ma personne au lieu de chercher à lire correctement les différents éléments du dossier ?

 Dixième contrevérité

 Maître Max AHOUEKE n’a pas limité ses attaques à ma personne. Il s’est attaqué également à ma famille, notamment à ma fille qu’il ne connaît pas et qui ne lui à rien fait. Il a écrit et dit : « une somme de 17.000 dollars (8.500.000 FCFA) par virement au compte de sa fille Angela BIAOU, étudiante en médecine dans le MaryLand ».

Oui, j’ai une fille qui a pour prénom et nom : Angela BIAOU. Mais ma fille n’est pas étudiante en Médecine dans le MARYLAND. Elle est étudiante en Biologie à UNIVERSITY OF DISTRICT OF COLUMBIA (UDC) à Washington D.C. la capitale fédérale américaine. Aucun de mes enfants n’est étudiant à l’Université du MARYLAND. Parle-t-il d’une autre personne ? En outre, est-ce un crime d’avoir des enfants qui étudient à l’étranger ? N’ai-je pas le droit d’envoyer de l’argent à mes enfants ? Ai-je besoin des produits d’une vente illicite pour subvenir à leurs besoins ? Messieurs KOUSSE et AHOUEKE n’ont-ils pas des enfants qui ont étudié à l’étranger et continuent de vivre et travailler à l’étranger ? Que visez-vous en livrant ma fille à la vindicte populaire et à une haine gratuite ?

 Onzième contrevérité

 Max AHOUEKE a fait croire à l’opinion nationale et internationale que j’ai indûment perçu : 200.000 US$ + 175.000 US$ + 17.000 US$ = 392.000 US$ soit : 100.000.000 F CFA + 87.500.000 F CFA + 8.500.000 F CFA = 196.000.000 F CFA.

Je n’ai perçu, ni reçu un tel montant de qui que ce soit ni en chèque, ni en espèce, encore moins en nature. Pourquoi un tel acharnement contre ma personne ? Mérite-t-on d’être traité de cette manière pour avoir servi avec talent, compétence et loyauté l’Etat Béninois au haut niveau de l’Exécutif qu’est le Gouvernement ? Pourquoi cette persécution orchestrée contre ma personne ?

 Douzième contrevérité

 Maître Max AHOUEKE a écrit : « Il résulte de ces éléments que la responsabilité pénale de l’ancien Ministre BIAOU est gravement engagée, et qu’il doit en répondre devant la Haute Cour de Justice, au même titre que les autres coauteurs ou complices, qui eux ont déjà fait un séjour dans les prisons de Cotonou, sur mandat de dépôt du Procureur de la République ».

Il a ajouté verbalement devant micros, cameras et objectifs : « Maintenant que la Haute Cour de Justice est au complet, le Gouvernement a envoyé le dossier de Monsieur BIAOU à l’Assemblée Nationale pour que les Députés statuent sur son cas en tenant compte du fait que ceux qui étaient avec lui, qui étaient ses collaborateurs de l’époque ont fait la prison ».

De prime abord, je voudrais souligner que ma responsabilité pénale n’est nullement gravement engagée. Maître Max AHOUEKE, Conseiller Technique Juridique du Président Boni YAYI n’a ni la qualité, ni les prérogatives de déterminer ma responsabilité pénale ou civile dans l’examen de ce Dossier. Je ne suis ni auteur, ni complice, encore moins promoteur, initiateur ou coupable. Que Maître AHOUEKE ne prenne pas ses désirs pour des réalités. Qu’il sache raison gardée et éviter d’aller vite en besogne en invoquant des faits qui ne se sont jamais déroulés.

En effet, sur quel fait se fonde le Sieur AHOUEKE pour écrire « qu’il (Monsieur BIAOU) doit en répondre devant la Haute Cour de Justice, au même titre que les autres coauteurs ou complices, qui eux ont déjà fait un séjour dans les prisons de Cotonou, sur mandat de dépôt du Procureur de la République ». Je voudrais humblement dire à Monsieur l’avocat du Barreau de Paris que la Haute Cour de Justice du Bénin n’a encore entendu, jugé ou inculpé un citoyen Béninois. Elle n’a pas compétence pour juger des personnes n’ayant pas la nationalité Béninoise ou des extraterrestres.

Vous qui savez tout et connaissez tout, donnez-nous alors, dans la mesure où vous l’avez écrit et dit, les noms et prénoms des autres coauteurs ou complices qui sont déjà passés devant la Haute Cour de Justice et qui ont déjà fait un séjour dans les prisons de Cotonou ? Quelle est la durée du séjour de chacun d’eux ? Quels sont les noms des prisons de Cotonou auxquelles vous faites allusion Monsieur l’Avocat ? Est-ce que quelqu’un qui est jugé et condamné à une peine de prison ferme doit purger sa peine sur mandat de dépôt du Procureur de la République ? Même en France, où vous avez passé toute votre carrière d’avocat et la majeure partie de votre vie au détriment de votre pays natal, après l’équivalent de la Haute Cour de Justice du Bénin, le Procureur de la République ne délivre plus un mandat de dépôt ? Si non, quel est l’article de la Loi Organique de la Haute Cour de Justice du Bénin qui sert de référence en la matière ?

Maître AHOUEKE a-t-il le DROIT, le DEVOIR, la RESPONSABILITE ou l’OBLIGATION de dicter ou d’indiquer aux Honorables Députés et aux Distingués Membres de la Haute Cour de Justice la conduite à tenir ou la sentence à prononcer pour dire que « les Députés statuent sur son cas en tenant compte du fait que ceux qui étaient avec lui, qui étaient ses collaborateurs de l’époque ont fait la prison »? Les Députés, les Membres de la Haute Cour de Justice et les Juges de la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel sont-ils des enfants sous tutelle de votre Président et mentor ? Ne sont-ils pas responsables pour décider en toute souveraineté d’infliger à chaque cas traité la peine qui convient ? Que pense et fait Maître AHOUEKE de la séparation des trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire ? Etes-vous Conseiller Juridique des trois pouvoirs ? Je suis désolé. Ne prenez pas vos vils desseins au service d’un pouvoir en perdition pour des réalités.

 III- Les raisons profondes de la demande de mise en accusation du Ministre Rogatien BIAOU par le Président Boni YAYI

 Après mûre réflexion sur la situation politique de notre pays, le Bénin, et tenant compte de l’expérience accumulée au fil des ans depuis les bancs du Lycée, j’ai décidé, au regard des sollicitations d’un grand nombre de personnes, surtout des jeunes, de m’engager, de commun accord avec mes partisans, dès janvier 2007, dans le processus de création d’un Parti Politique. J’ai alors entamé une tournée dans tous les Départements du Bénin, avec un accent particulier dans le Département des Collines, surtout dans la dixième circonscription électorale regroupant les Communes de Glazoué, Ouèssè et Savè.

 Au terme de trois années de sensibilisation, de concertation, d’entretien, d’échange et de mobilisation, le Parti fut porté sur les fonts baptismaux, lors du Congrès Constitutif, tenu à Savè, le 27 février 2010, avec pour dénomination :

« PARTI DEMOCRATIQUE DES PEUPLES D’AFRIQUE »

(PDPA)

 Il convient de souligner que dès le lancement du processus, j’ai commencé à avoir des pressions, des injonctions, et des menaces à peine voilées. Je ne les citerai pas tous car la liste est longue. Je donne quatre (4) cas précis.

 * Premier cas : Convocation à la Présidence, le 15 novembre 2009

 J’ai été reçu par le Commandant de la Garde Rapprochée du Chef de l’Etat, le Colonel Emmanuel AKPONA. Il m’a notifié que des informations qui sont parvenues au Président de la République par les services compétents et par certaines personnalités du pouvoir en place, je suis entrain de faire campagne dans les Communes de Ouèssè et de Savè pour la candidature de Abdoulaye BIO TCHANE à l’élection présidentielle de mars 2011. Il me conseille, a-t-il dit, de stopper cette campagne, de rallier le camp du Président Boni YAYI et de cesser de me rendre à Lomé pour rencontrer BIO TCHANE. Dans le cas contraire, a-t-il ajouté, le Président de la République, sur la base des conseils des thuriféraires et faucons du régime, ouvrira à nouveau le dossier de vente illicite de parcelle aux Etats-Unis. Mais, je vous souffle, pour terminer, que si vous restez tranquille, le Chef de l’Etat vous nommera à un poste de responsabilité.

En réponse, je lui ai dit : Je suis en campagne pour la création d’un Parti Politique et pour ma candidature aux élections législatives de mars 2011. En ma connaissance, il n’est pas interdit de créer un Parti Politique et d’annoncer aux populations que pour les législatives prochaines, je vais solliciter leur suffrage.

En outre, il n’y a encore aucun candidat officiel pour l’élection présidentielle de mars 2011. Nous sommes encore en 2009 et être candidat ne signifie pas que l’on est déjà élu. Il revient au Peuple de choisir son Président par la voie des urnes en mars 2011.

En ce qui concerne BIO TCHANE, oui, je le soutiens. Mais, dans la période du 15 février 2006 au 15 novembre 2009, je ne suis pas allé à Lomé pour rencontrer BIO TCHANE. Vous avez la possibilité d’aller vérifier à la Police des frontières à Hillacondji. Il n’est pas interdit, à ce que je sache, que les Béninois et Béninoises se rendent dans la capitale Togolaise pour visiter ou rencontrer qui ils veulent.

Enfin, pour ce qui est du poste de responsabilité, je ne suis pas intéressé parce que je ne veux pas être comptable du régime du Changement qui a déjà fait plus de trois ans de règne. De plus, je ne me vois pas candidat aux législatives sur la liste des FCBE.

« Monsieur le Ministre, vous êtes un grand frère, je vous prie, pour votre bien, de prendre en compte tout ce que je viens de vous dire. Merci d’être venu pour l’entretien ». Telle fut la conclusion de la rencontre.

 * Deuxième cas : Convocation à la Présidence, le 18 février 2010

 J’ai été reçu par le Conseiller Spécial aux Affaires Politiques, Amos ELEGBE, et par l’Ambassadeur, Chef du Protocole à la Présidence, Jean Pierre EDON. L’entretien a duré environ deux (2) heures d’horloge. Sans aller dans les détails, les points suivants ont été abordé : ma participation aux réunions ABT, mes fréquentes visites à Lomé chez Abdoulaye BIO TCHANE, mes rencontres avec les populations de la Dixième Circonscription Electorale, la réouverture de l’Affaire de vente illicite de parcelle à New York, la nécessité de soutenir Boni YAYI pour sa réélection en 2011, le Président vous a-t-il offensé ou fait du mal pour être contre lui et ma nomination à un poste de responsabilité.

En résumé, j’ai confirmé ma participation effective aux réunions des partisans du Candidat ABT. J’ai précisé qu’entre le 15 décembre 2009 et le 18 février 2010, j’ai été une seule fois à Lomé. Je défie quiconque de me prouver le contraire. Mes rencontres avec les populations portent sur : la tenue du Congrès Constitutif du Parti Démocratique des Peuples d’Afrique prévue pour le 27 février 2010 à Savè, ma candidature aux législatives de mars 2011 et le soutien à la candidature de ABT. La réouverture de l’Affaire de la vente illicite d’une parcelle à New York ne me fait pas peur car je sais que je suis innocent et je suis prêt à aller me défendre devant n’importe quelle juridiction. Je vous informe si vous ne le savez pas que le Tribunal de Première Instance de Cotonou a classé définitivement le dossier sans suite depuis le 22 février 2006, pour ce qui me concerne.

La nécessité que tous les ressortissants de l’aire culturelle Nago soutiennent la réélection du Président Boni YAYI est contraire à la démocratie. Nous avons fini avec le Parti unique et la pensée unique. Par conséquent, on ne peut pas nous imposer la logique de l’unanimisme politique derrière un homme, fusse un frère jumeau. Je pense que si le Président YAYI est un vrai démocrate, il devait laisser d’autres sons de cloche résonner au niveau de son aire culturelle. Mon opposition au Président n’est pas une Affaire de personne ou de mécontentement suite à une offense. La politique qu’il mène depuis son arrivée au pouvoir est contre ma vision, ma ligne politique et surtout sa gestion des affaires de l’Etat. Je ne cherche pas et je ne veux pas qu’il me nomme après quatre ans de pouvoir. Il est trop tard pour que j’accepte faire partie de l’équipe des partisans du régime. Mais, je reste ouvert au dialogue et aux échanges d’idées dans un cadre approprié.

Pour lever la séance mes deux interlocuteurs ont promis m’inviter après le Congrès de mon Parti pour de plus amples analyses afin que je puisse rejoindre la mouvance présidentielle qui compte déjà 80 Partis Politiques et 282 Mouvements et Associations Politiques. A nous revoir bientôt. Je voudrais signaler que depuis la fin du Congrès, le 27 février 2010, j’attends toujours l’invitation cordiale de mes deux interlocuteurs pour poursuivre les échanges du 18 février 2010, organisés dans le Bureau du Conseiller Spécial aux Affaires Politiques, Monsieur Amos ELEGBE.

 Troisième cas : Incendie de ma Plantation d’Anacardiers de 10 hectares

 Le jeudi 4 mars 2010, soit moins d’une semaine après la tenue du Congrès Constitutif du PDPA dont je suis devenu le Président, ma plantation d’anacardiers, qui existe depuis douze (12) ans, a été pour la première fois victime d’incendie. La quasi-totalité de la plantation, 8 hectares et demi sur 10, est partie en fumée. Aucun champ, aucune autre plantation limitrophe n’a été victime. L’incendie s’est déclenché dans la nuit du 4 au 5 mars 2010. Le groupe de cinq (5) personnes recrutées pour faire la cueillette et le ramassage des fruits tombés, arrivé à 7 heures, n’avait que leurs yeux pour constater l’ampleur des dégâts et se fondre en larmes.

Cet incendie est le premier acte de la déclaration faite par le Député FCBE, OBA CHABI Denis, le 27 février 2010, entre 20h30mn et 21 heures, à son domicile, devant une trentaine de jeunes femmes et hommes invités par lui. En résumé, selon le rapport fait par les jeunes, il a dit : « Le Ministre BIAOU a créé son Parti pour amener un Pila – Pila gouverner le pays en remplacement notre frère YAYI Boni. Par conséquent, nous allons lui créer tous les problèmes du monde. Je vous invite à lui mettre les bâtons dans les roues dans tout ce qu’il fait ou entreprendra dans la Commune de Savè. Il n’obtiendra aucun soutien à sa candidature pour les prochaines élections législatives. Il en sera de même pour le candidat qu’il soutient pour les élections présidentielles. Je vous invite maintenant à boire et à manger pour le bonheur du Bénin. Le buffet est ouvert ».

Vous constatez avec moi qu’il s’agit d’un incendie intentionnel voire criminel et non l’acte d’un pyromane joyeux de voir les flammes dévorer tout sur son passage. Les pyromanes n’agissent pas la nuit. La plantation n’est pas située dans une zone de chasse. A vous de tirer les conclusions.

 Quatrième cas : Envoi de deux (2) Emissaires par le Président YAYI

 Le 9 mai 2010, j’ai reçu à mon domicile, à Abomey-Calavi, vers 21 heures, deux émissaires du Président YAYI. Ils ont été dépêchés pour me rencontrer à la suite d’une réunion tenue à la Présidence de la République, le 7 mai 2010, présidée par le Chef de l’Etat en personne. Y assistaient certains cadres et notables de la ville de Savè et quelques membres du Conseil Communal de Savè.

Entre autres sujets abordés au cours de la rencontre figuraient la création du Parti Démocratique des Peuples d’Afrique (PDPA) et le soutien du Ministre Rogatien BIAOU à la candidature de Abdoulaye BIO TCHANE. Les deux émissaires, dont je voudrais pour le moment taire les noms, avaient pour mission de venir me poser des questions, recueillir les réponses, aller rendre compte au Chef de l’Etat et revenir me dire la réaction du Président YAYI.

Les questions posées étaient les suivantes : le Président veut savoir : Qu’est-ce qu’il vous a fait de mal depuis son accession au pouvoir ? Quels sont les griefs que vous avez contre lui ? Pourquoi vous avez créé un Parti pour le chasser du pouvoir 2011? Pourquoi vous soutenez BIO TCHANE contre YAYI Boni pour les élections présidentielles de 2011 ? Ignorez-vous que vous avez un Dossier qui peut être remis sur le tapis à tout moment ?

Mes réponses, comme ce fut le cas le 15 novembre 2009 et le 18 février 2010, ont été claires et sans ambiguïté.

Réponse à la première question : En tant qu’individu, ayant pour nom Rogatien BIAOU, il ne m’a fait aucun mal. Je ne comprends pas qu’un Chef d’Etat puisse me poser une pareille question.

Réponse à la deuxième question : Je n’ai aucun grief contre la personne nommée Boni YAYI. Mais, je n’approuve pas la pratique du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Docteur Boni YAYI. Sa vision du changement et la façon dont il gère le pays depuis son investiture, le 6 avril 2006 ne sont pas en adéquation avec ma vision et façon de faire. Les exemples sont légion, vous les connaissez. Je n’ai pas besoin de donner des exemples. Sans lui en vouloir, ni lui en tenir grief, je voudrais savoir : Pourquoi il m’a retourné la lettre de félicitations que je lui ai adressée après sa victoire au second tour de l’élection présidentielle de mars 2006 ? Pourquoi m’a-t-il retourné la lettre de condoléances que je lui ai envoyée suite au décès tragique de son Directeur de Cabinet Civil, Ahmed AKOBI ? Pourquoi ne m’a-t-il pas accordé l’audience sollicitée depuis le 24 juillet 2006 ? Pourquoi a-t-il refusé de présenter et soutenir ma candidature au poste de Secrétaire Exécutif de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification ? J’estime donc que c’est lui qui a des griefs contre moi et non le contraire. J’espère qu’il aura un jour l’amabilité et l’opportunité de me les révéler.

Réponse à la troisième question : Vous avez été à l’école comme moi et vous faites la politique comme moi. Vous connaissez très bien les trois objectifs essentiels de la création d’un Parti Politique : la conquête et la gestion du Pouvoir d’Etat ; la participation à la gestion du Pouvoir d’Etat au sein d’une Coalition, Alliance, Union ou Front ; l’animation de la vie politique. Les objectifs principaux et secondaires de mon Parti Politique, le PDPA, sont : réaliser le développement durable en commençant par le développement à la base, c’est-à-dire le développement local ; sortir notre pays, le Bénin, de la catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA) ; lutter contre la pauvreté et les maladies endémiques, pandémiques et épidémiques ; contribuer à l’édification des Etats-Unis d’Afrique afin que dans cinquante ans nos enfants et petits enfants ne souffrent plus des mêmes maux que nous leurs parents et qu’ils ne connaissent pas les mêmes difficultés que nous. Avec de pareils objectifs, est-ce qu’on peut, honnêtement me taxer de vouloir le chasser du pouvoir ?

Réponse à la quatrième question : Nous avons fini au Bénin, depuis février 1990, avec le Parti unique et la pensée unique. Dans le cadre de la démocratie pluraliste et le multipartisme intégral choisis par la Conférence Nationale de février 1990 et confirmés par la Constitution du 11 décembre 1990, il n’est plus possible de faire de l’unanimisme politique derrière un homme quel qu’il soit. C’est donc dans le cadre de la libre expression de mon choix politique, de ma liberté d’expression et d’association que j’ai opté pour ABT. Pour montrer et démontrer qu’il est un vrai démocrate, le Président YAYI devrait laisser les uns et les autres faire librement leur choix et les urnes décideront en mars 2011. De plus, il n’avait pas eu besoin de faire des pressions et des menaces pour se faire élire en 2006. Pourquoi fait-il de l’intimidation politique pour amener les citoyens que nous sommes à voter pour sa réélection ? Être candidat ne veut pas dire qu’on est déjà élu. En ma connaissance, il n’y a encore aucun candidat officiel pour mars 2011, y compris le Président YAYI qui n’a pas encore annoncé qu’il est candidat pour sa réélection. Que le meilleur gagne au soir de mars 2011.

Réponse à la cinquième question : En ma connaissance, la justice à travers le Tribunal de première instance de Cotonou a, le 22 février 2006, avant son élection, classé définitivement le dossier sans suite à leur niveau. Il est libre de décider sur le plan politique de procéder à la réouverture du Dossier. Je suis prêt à répondre devant n’importe quelle juridiction et prouver mon innocence. Je suis calme et serein et attends de voir ce qu’il veut faire de ma personne. Je ne suis pas comme certains qui ont quelque chose à se reprocher et qui sont obligés de faire allégeance pour échapper à une poursuite judiciaire. Advienne que pourra. Je voudrais rappeler que le Président KWAME N’KRUMAH a été jeté en prison pour ses convictions politiques. C’est de la prison qu’on est allé le chercher pour prononcer son discours de Premier Ministre après la victoire de son Parti Politique aux élections de 1956. De même, c’est des bagnes de l’apartheid que Nelson MANDELA, pendant 27 ans, a préparé son accession au poste de Premier Président Noir de l’Afrique du Sud après la chute, en 1994, du régime ségrégationniste et de discrimination raciale qui a gouverné le pays et dominé les noirs pendant des décennies. Dans notre propre pays, le Bénin, c’est de la prison que Séfou FAGBOHOUN a été élu Député de la cinquième législature de l’Assemblée Nationale du Bénin (2007-2011). Quant à ce qui me concerne l’histoire et le temps diront qui de nous deux a raison.

Les deux émissaires ont été reçus en audience deux semaines après l’accomplissement de leur mission. Ils ne sont plus revenus me dire la réaction du Président. La suite, vous la connaissez, depuis le 22 juillet 2010.

 Au regard de tout ce qui précède, la demande de ma mise en accusation est purement et simplement un règlement de compte politique programmé et en cours d’exécution par le Président Boni YAYI et ses collaborateurs. Je voudrais rappeler à toutes fins utiles et pour les besoins de la cause que dans un Etat démocratique ceux qui détiennent le pouvoir ne peuvent pas se livrer à des abus de pouvoir ou à des actes de dictature ou de tyrannie. Au nom de la raison d’Etat ou du désir de conserver le pouvoir, coûte que coûte, des hommes et des femmes ne peuvent pas être persécutés, torturés, martyrisés, traumatisés, dépouillés de leurs biens, calomniés, dénigrés, diffamés, emprisonnés, exilés ou exécutés sans aucune justification légale et sans même que des accusations précises aient été formulées contre eux. Aucun Etat démocratique ne peut tolérer de tels actes et abus.

 Le Chef de l’Etat a le pouvoir de maintenir l’ordre et de punir les agissements répréhensibles des gouvernants dont les fautes sont avérées. Mais, les règles et les procédures par lesquelles l’Etat applique les lois doivent être publiques, explicites et non secrètes, arbitraires ou sujettes à des manipulations politiques de la part de l’Etat, à commencer par le Premier Magistrat qu’est le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement.

 En conclusion, Maître Max AHOUEKE ne sait pas réellement de quoi et de qui il parle. Il n’est pas différent de l’homme de la rue qui se contente des dires de Dame Rumeur pour vilipender et jeter l’opprobre sur tout individu sans chercher à vérifier la véracité des faits qui lui sont rapportés. Ce n’est pas étonnant que le pays depuis avril 2006 soit mal gouverné et mal géré. Quand on s’entoure de personnes qui portent des titres pompeux sans être à la hauteur des tâches qui leurs sont confiées.

Il est temps que le Peuple Béninois se réveille et se lève comme un seul homme pour mettre fin dans six (6) mois à une parenthèse qui durera cinq (5) ans, c’est-à-dire, le temps d’une lune blafarde qui disparaîtra définitivement dans la nuit du 5 avril 2011.

Un soleil nouveau se lèvera pour le Peuple Béninois le matin du 6 avril 2011.

Je vous remercie.

 Cotonou, le 4 octobre 2010.

 Rogatien BIAOU

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Boni Yayi et son changement

Boni YAYI, docteur en économie, diplômé de l’université de Paris IX Dauphine, ……. Président de la BOAD de décembre 1994 à février 2006, année pendant laquelle il démissionne pour être candidat à l’élection présidentielle de 2006.

Elu Président au second tour avec 74,51 % des voix, il n’est pas loin d’avoir moins de 20% sinon carrément éliminé dès le premier tour des élections de 2011.

Comment le docteur en économie a-t-il pu gérer ce capital de confiance pour tomber si bas dans les sondages à moins de 06 mois des échéances ?

Le chef de l’Etat béninois fraîchement élu s’est entouré d’individus de très très mauvaise foi qui ont tôt fait de lui inculquer la mentalité selon laquelle les anciens sont les anciens et qu’il fallait les enterrer vivants oubliant eux-mêmes qu’ils sont très anciens et qu’ils sont comptables de tous les régimes de 1990 à 2006 (en l’occurrence Amos ELLEGBE)

Le chef de l’Etat en commençant dès le 07 avril 2006 à penser à sa réélection en 2011 a érigé le populisme et la propagande en mode de communication.

L’analyse même superficielle des principaux engagements du candidat Boni Yayi en 2006 et des réalisations et actes du président Boni Yayi passé du rang de candidat avec le thème douteux de changement révèle pour les moins sceptiques une diagonalité des plus étonnantes.

Nous passerons en revue six (06) des points qui sont essentiels pour tout développement

  • L’élévation du taux de croissance qui passerait d’un chiffre à deux chiffres

Ainsi, les béninois seraient gâtés par leur président qui  leur offrirait un taux de croissance de 2 chiffres donc, au moins 10 % (c’est le premier et le tout petit nombre à deux chiffres).

Au lieu de 2 chiffres, Boni Yayi a toujours gardé notre croissance économique à un  chiffre. Le plus grave étant le fait de passer de 5 % sous kérékou à 2,7 % actuellement sous le régime du changement qui avait dit qu’il ferait du Bénin un pays émergent.

On nous parlera de la crise économique et financière mais, cela n’a pas empêché le Libéria et la Sierra Léone (2 pays sortis de décennies de guerre) d’afficher des taux de croissance plus élevés et tout juste à côté le Burkina Faso qui pourrait réaliser selon le Fonds Monétaire International un taux de croissance de l’ordre de 5,5 % en 2011 contre 5,2 en 2010.

  • L’accroissement de la production cotonnière

Le chef de l’Etat s’est engagé très volontairement et surtout dans sa politique de populisme de porter la production cotonnière à 600.000 tonnes alors qu’elle était de 400.000 et poussière en 2005.

Jusqu’en 2010, on n’a jamais eu les 600.000 tonnes si ce n’est que la production a encore chuté, passant à 150.000 tonnes à ce jour.

  • La lutte contre la corruption

«  La marche verte contre la corruption ».

Quoi de plus ridicule que d’avoir vu un président d’une république en balade de santé médiatisée dans les rues prétextant lutter contre la corruption et que des mois après tant de dossiers de malversations financières puissent l’éclabousser.

Point n’est besoin de rappeler le dossier de la CENSAD avec ces nombreux démembrements jusqu’ici inexplorés, le détournement selon la mission de contrôle sur la gestion de la Société nationale de promotion agricole (SONAPRA) de dizaines de milliards par son Directeur général  Nicaise FAGNON, entretemps promu ministre par le chef du changement, le dossier des machines agricoles mis à nu par le député Janvier YAHOUEDEOU qui dénonce preuve à l’appui des surfacturations de près de 300% sur les machines acquises, machines acquises avant la recherche de terres devant les accueillir (drôle de gouvernance), l’affaire ICC-Services et ainsi de suite.

  • La préservation de l’unité nationale

Point n’est besoin d’être sociologue pour constater que depuis 2006, les Béninois deviennent de plus en plus régionalistes et ça, le gouvernement en porte l’entière responsabilité.

La Fesyntra finances, syndicat des agents du ministère des finances s’est amusée (ça c’est déjà inquiétant) à publier une liste des nominations aux postes de la haute fonction publique. Ceci, afin de faire découvrir la dominante régionaliste qui caractérise ces nominations.

Le député Gbadamassi s’est même illustré après son renversant retournement de veste en annonçant que les députés du G13 manigançaient pour faire perdre le pouvoir au Nord pour que le Sud puisse le conquérir ; raison pour laquelle lui quitte le G13 pour venir aux cauris.

Les discours secrets du chef de l’Etat repris par des gens de bonne volonté viennent en rajouter à ces faits déjà visibles et dignes d’une autre époque.

  • La sauvegarde de la liberté et la promotion des opérateurs économiques

Pour faire prospérer ces affaires, il vaut mieux être cauris ; c’est la solution pour ne pas recevoir des redressements fiscaux les uns plus irraisonnables que les autres.

Le cas Séfou FAGBOHOUN est encore en mémoire, Sévérin ADJOVI harcelé jusque dans sa commune et ceci couronné par une cérémonie de remise de clé avec des têtes couronnées qui insultent la mémoire de leurs aïeux, Issa salifou qui aurait perdu son immunité et écroué n’eut été la solidarité de ses collègues,…et tout récemment Sasif qui après le feuilleton de tous ces camions bloqués sur le territoire national vient d’être interdit de paiement au trésor.

Pour le bas peuple, il est même carrément interdit de chanter autre chose que FCBE sinon les forces de l’ordre leur seront envoyées pour les passer au tabacs, leurs manifestations interdites ou si elles ne sont pas interdites, seront embrouillées par des bardeaux envoyés pour la circonstance et qui se réclament tout de go des FCBE.

  • La liberté de presse

Es-ce que la presse est indépendante et libre de choisir sa ligne éditoriale sans souci au Bénin ?

Cette question ne vaut pas la peine d’être posée. Il suffit juste de se référer au classement de reporter sans frontières.

« Pour la troisième fois consécutives depuis 2007, le Bénin, vient de faire un pas en arrière dans les classements africain et mondial de Reporters Sans Frontière de la Liberté de presse », s’offusquait Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général du syndicat national des professionnels des médias du Bénin.

Pour rappel et pour le compte du classement 2009 le Bénin est passé de la 12ème à la 13ème place en Afrique et de la 70 ème à la 72ème au plan mondial alors que le pays détenait la première place en Afrique en 2005, tout juste avant l’avènement du régime du changement.

Le gouvernement s’est offert le luxe de signer des contrats mirobolants avec les organes de presse et confisqué la presse publique pour être sûr de bien passer son message d’endormissement du peuple.

La chaine de télévision nationale ORTB en est la parfaire illustration. Pour une chaîne financée par le peuple béninois, il est difficilement compréhensible que seule la FCBE a droit d’y intervenir quand elle veut et pour dire ce qu’elle veut même si c’est pour insulter les populations et les familles.

Tout ceci ne saurait faire avancer un pays.

Un pays ne peut être émergent par décret présidentiel.

Le changement a failli.

Puisse les béninois le révoquer à temps pour qu’il ne devienne une gangrène.

aymard

Progrès économique, recul des droits en Afrique

 

Un pas en avant, deux pas en arrière! Voila l’evolution à deux vitesses du continent africain en matière de developpement et de droits de l’Homme. Nos dirigeants politiques sacrifient-ils les droits fondamentaux sur l’autel du progres economique? De nombreux Africains bénéficient aujourd’hui d’un meilleur accès au développement économique mais cela se fait souvent au détriment du respect des droits politiques fondamentaux, selon l’indice de gouvernance que publie lundi la Fondation Ibrahim. Cette fondation, dont le but est de soutenir la bonne gouvernance sur le continent, est censée décerner chaque année un prix à un ancien chef d’Etat ou de gouvernement africain, mais cela n’a pas été le cas ces deux dernières années. Elle s’inquiète aujourd’hui du risque de voir les avancées économiques accompagnées d’une dégradation dans le domaine des droits civiques. « Nous avons constaté (…) à travers le monde qu’un décalage entre gouvernance politique et gestion économique n’est pas viable à long terme », a déclaré Salim Ahmed Salim, membre du conseil d’administration de la fondation. L’indice 2010 est basé sur 88 indicateurs et n’évolue guère par rapport à celui de l’an dernier, avec des progrès dans les domaines économiques et sanitaires mais un recul pour ce qui est des droits politiques, de la sécurité personnelle et de la justice. L’île Maurice, les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud arrivent en tête de ce palmarès, comme en 2009, et la Somalie, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe, l’Erythrée et le Soudan sont encore en queue de classement. L’Angola, le Liberia et le Togo ont globalement fait des progrès dans la plupart des secteurs mais l’Erythrée et Madagascar sont en recul. Les détails de l’indice sont publiés sur le site internet de la fondation, http://www.moibrahimfoundation.org. Les indicateurs retenus couvrent une grande variété de domaines comme la criminalité, la corruption, les droits syndicaux, l’éducation des filles, l’inflation et la mortalité infantile. La fondation a été créée en 2006 par Mo Ibrahim, un entrepreneur de télécommunications d’origine soudanaise.

Bill Emile Davolk (avec Reuters)