Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Boni Yayi et son changement

Boni YAYI, docteur en économie, diplômé de l’université de Paris IX Dauphine, ……. Président de la BOAD de décembre 1994 à février 2006, année pendant laquelle il démissionne pour être candidat à l’élection présidentielle de 2006.

Elu Président au second tour avec 74,51 % des voix, il n’est pas loin d’avoir moins de 20% sinon carrément éliminé dès le premier tour des élections de 2011.

Comment le docteur en économie a-t-il pu gérer ce capital de confiance pour tomber si bas dans les sondages à moins de 06 mois des échéances ?

Le chef de l’Etat béninois fraîchement élu s’est entouré d’individus de très très mauvaise foi qui ont tôt fait de lui inculquer la mentalité selon laquelle les anciens sont les anciens et qu’il fallait les enterrer vivants oubliant eux-mêmes qu’ils sont très anciens et qu’ils sont comptables de tous les régimes de 1990 à 2006 (en l’occurrence Amos ELLEGBE)

Le chef de l’Etat en commençant dès le 07 avril 2006 à penser à sa réélection en 2011 a érigé le populisme et la propagande en mode de communication.

L’analyse même superficielle des principaux engagements du candidat Boni Yayi en 2006 et des réalisations et actes du président Boni Yayi passé du rang de candidat avec le thème douteux de changement révèle pour les moins sceptiques une diagonalité des plus étonnantes.

Nous passerons en revue six (06) des points qui sont essentiels pour tout développement

  • L’élévation du taux de croissance qui passerait d’un chiffre à deux chiffres

Ainsi, les béninois seraient gâtés par leur président qui  leur offrirait un taux de croissance de 2 chiffres donc, au moins 10 % (c’est le premier et le tout petit nombre à deux chiffres).

Au lieu de 2 chiffres, Boni Yayi a toujours gardé notre croissance économique à un  chiffre. Le plus grave étant le fait de passer de 5 % sous kérékou à 2,7 % actuellement sous le régime du changement qui avait dit qu’il ferait du Bénin un pays émergent.

On nous parlera de la crise économique et financière mais, cela n’a pas empêché le Libéria et la Sierra Léone (2 pays sortis de décennies de guerre) d’afficher des taux de croissance plus élevés et tout juste à côté le Burkina Faso qui pourrait réaliser selon le Fonds Monétaire International un taux de croissance de l’ordre de 5,5 % en 2011 contre 5,2 en 2010.

  • L’accroissement de la production cotonnière

Le chef de l’Etat s’est engagé très volontairement et surtout dans sa politique de populisme de porter la production cotonnière à 600.000 tonnes alors qu’elle était de 400.000 et poussière en 2005.

Jusqu’en 2010, on n’a jamais eu les 600.000 tonnes si ce n’est que la production a encore chuté, passant à 150.000 tonnes à ce jour.

  • La lutte contre la corruption

«  La marche verte contre la corruption ».

Quoi de plus ridicule que d’avoir vu un président d’une république en balade de santé médiatisée dans les rues prétextant lutter contre la corruption et que des mois après tant de dossiers de malversations financières puissent l’éclabousser.

Point n’est besoin de rappeler le dossier de la CENSAD avec ces nombreux démembrements jusqu’ici inexplorés, le détournement selon la mission de contrôle sur la gestion de la Société nationale de promotion agricole (SONAPRA) de dizaines de milliards par son Directeur général  Nicaise FAGNON, entretemps promu ministre par le chef du changement, le dossier des machines agricoles mis à nu par le député Janvier YAHOUEDEOU qui dénonce preuve à l’appui des surfacturations de près de 300% sur les machines acquises, machines acquises avant la recherche de terres devant les accueillir (drôle de gouvernance), l’affaire ICC-Services et ainsi de suite.

  • La préservation de l’unité nationale

Point n’est besoin d’être sociologue pour constater que depuis 2006, les Béninois deviennent de plus en plus régionalistes et ça, le gouvernement en porte l’entière responsabilité.

La Fesyntra finances, syndicat des agents du ministère des finances s’est amusée (ça c’est déjà inquiétant) à publier une liste des nominations aux postes de la haute fonction publique. Ceci, afin de faire découvrir la dominante régionaliste qui caractérise ces nominations.

Le député Gbadamassi s’est même illustré après son renversant retournement de veste en annonçant que les députés du G13 manigançaient pour faire perdre le pouvoir au Nord pour que le Sud puisse le conquérir ; raison pour laquelle lui quitte le G13 pour venir aux cauris.

Les discours secrets du chef de l’Etat repris par des gens de bonne volonté viennent en rajouter à ces faits déjà visibles et dignes d’une autre époque.

  • La sauvegarde de la liberté et la promotion des opérateurs économiques

Pour faire prospérer ces affaires, il vaut mieux être cauris ; c’est la solution pour ne pas recevoir des redressements fiscaux les uns plus irraisonnables que les autres.

Le cas Séfou FAGBOHOUN est encore en mémoire, Sévérin ADJOVI harcelé jusque dans sa commune et ceci couronné par une cérémonie de remise de clé avec des têtes couronnées qui insultent la mémoire de leurs aïeux, Issa salifou qui aurait perdu son immunité et écroué n’eut été la solidarité de ses collègues,…et tout récemment Sasif qui après le feuilleton de tous ces camions bloqués sur le territoire national vient d’être interdit de paiement au trésor.

Pour le bas peuple, il est même carrément interdit de chanter autre chose que FCBE sinon les forces de l’ordre leur seront envoyées pour les passer au tabacs, leurs manifestations interdites ou si elles ne sont pas interdites, seront embrouillées par des bardeaux envoyés pour la circonstance et qui se réclament tout de go des FCBE.

  • La liberté de presse

Es-ce que la presse est indépendante et libre de choisir sa ligne éditoriale sans souci au Bénin ?

Cette question ne vaut pas la peine d’être posée. Il suffit juste de se référer au classement de reporter sans frontières.

« Pour la troisième fois consécutives depuis 2007, le Bénin, vient de faire un pas en arrière dans les classements africain et mondial de Reporters Sans Frontière de la Liberté de presse », s’offusquait Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général du syndicat national des professionnels des médias du Bénin.

Pour rappel et pour le compte du classement 2009 le Bénin est passé de la 12ème à la 13ème place en Afrique et de la 70 ème à la 72ème au plan mondial alors que le pays détenait la première place en Afrique en 2005, tout juste avant l’avènement du régime du changement.

Le gouvernement s’est offert le luxe de signer des contrats mirobolants avec les organes de presse et confisqué la presse publique pour être sûr de bien passer son message d’endormissement du peuple.

La chaine de télévision nationale ORTB en est la parfaire illustration. Pour une chaîne financée par le peuple béninois, il est difficilement compréhensible que seule la FCBE a droit d’y intervenir quand elle veut et pour dire ce qu’elle veut même si c’est pour insulter les populations et les familles.

Tout ceci ne saurait faire avancer un pays.

Un pays ne peut être émergent par décret présidentiel.

Le changement a failli.

Puisse les béninois le révoquer à temps pour qu’il ne devienne une gangrène.

aymard

2 réponses à “Boni Yayi et son changement

  1. Madame Paraïso octobre 10, 2010 à 11:12

    Bonjour Monsieur aymard
    J’ai découvert votre blog depuis google et j’ai beaucoup apprécié cet article et j’ai voulu vous le dire.
    Cet article est vraiment informateur, je ne savais pas qu’il y avait tant de râtés dans la gouvernance actuelle dans le pays.
    Es-ce que je peux reprendre cet article sur un de mes blog politique?
    Merci

    • aymard octobre 10, 2010 à 5:41

      Bonjour Madame Paraïso
      Très touché que vous ayez apprécié cet billet.
      C’est juste ce que nous pensons et notre lecture très superficielle de la gouvernance sous Yayi.
      Vous pouvez le reprendre, cela ne me gêne aucunement.
      aymard

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