Le Blog de Aymard

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Progrès économique, recul des droits en Afrique

 

Un pas en avant, deux pas en arrière! Voila l’evolution à deux vitesses du continent africain en matière de developpement et de droits de l’Homme. Nos dirigeants politiques sacrifient-ils les droits fondamentaux sur l’autel du progres economique? De nombreux Africains bénéficient aujourd’hui d’un meilleur accès au développement économique mais cela se fait souvent au détriment du respect des droits politiques fondamentaux, selon l’indice de gouvernance que publie lundi la Fondation Ibrahim. Cette fondation, dont le but est de soutenir la bonne gouvernance sur le continent, est censée décerner chaque année un prix à un ancien chef d’Etat ou de gouvernement africain, mais cela n’a pas été le cas ces deux dernières années. Elle s’inquiète aujourd’hui du risque de voir les avancées économiques accompagnées d’une dégradation dans le domaine des droits civiques. « Nous avons constaté (…) à travers le monde qu’un décalage entre gouvernance politique et gestion économique n’est pas viable à long terme », a déclaré Salim Ahmed Salim, membre du conseil d’administration de la fondation. L’indice 2010 est basé sur 88 indicateurs et n’évolue guère par rapport à celui de l’an dernier, avec des progrès dans les domaines économiques et sanitaires mais un recul pour ce qui est des droits politiques, de la sécurité personnelle et de la justice. L’île Maurice, les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud arrivent en tête de ce palmarès, comme en 2009, et la Somalie, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe, l’Erythrée et le Soudan sont encore en queue de classement. L’Angola, le Liberia et le Togo ont globalement fait des progrès dans la plupart des secteurs mais l’Erythrée et Madagascar sont en recul. Les détails de l’indice sont publiés sur le site internet de la fondation, http://www.moibrahimfoundation.org. Les indicateurs retenus couvrent une grande variété de domaines comme la criminalité, la corruption, les droits syndicaux, l’éducation des filles, l’inflation et la mortalité infantile. La fondation a été créée en 2006 par Mo Ibrahim, un entrepreneur de télécommunications d’origine soudanaise.

Bill Emile Davolk (avec Reuters)

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