Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: octobre 13, 2010

Militarisation de la bourse du travail par le gouvernement Yayi: L’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples se prononce

Communiqué de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (ODHP) suite à l’opposition du gouvernement à la marche pacifique qu’elle a décidée d’organiser le mardi 12 Octobre à Cotonou.

ORGANISATION POUR LA DEFENSE DES DROITS 

DE L’HOMME ET DES PEUPLES (ODHP)

2005 / 0061 / DEP – ATL -LITT / SG / SAG – Assoc-JORB N°4 du 15 février 2005

08 BP 1114 Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél : (229) 21 03 23 98 /97 88 84 18 /97 98 82 18

Sur l’initiative de l’ODHP, les travailleurs, la jeunesse, les femmes et de nombreux citoyens avec leurs organisations diverses ont décidé d’une marche de protestation contre l’interdiction des manifestations par le gouvernement de YAYI Boni : une marche contre l’interdiction des marches. A cet effet, une lettre d’information au Maire de Cotonou a été régulièrement déposée et son avis favorable a été communiqué à l’ODHP suivant lettre N° 0542/MCOT/SG/DSAP/DSAS du 11 octobre 2010. Suite à cet avis favorable, l’ODHP a fait les formalités de déclaration d’itinéraire à la police. Toute la procédure requise en la matière était ainsi épuisée.

Juste après ces formalités, vers 17 h 35 le 11 octobre 2010, le pouvoir de YAYI a entrepris de distraire les organisateurs en les faisant convoquer chez le Préfet de l’Atlantique-Littoral. La réponse à lui faite a été de lui demander de formaliser une invitation régulière. Mais grande a été notre surprise de constater qu’avant 06 heures du matin de ce 12 octobre 2010  le lieu de rassemblement (la Bourse du Travail) et ses environs étaient bouclés, transformés en camps de retranchement avec un large déploiement de forces de répression, avec des hommes en armes de la police, de la gendarmerie et même de l’armée avec des chars positionnés d’abord vers la clôture du Camp Ghézo en face de la Bourse du Travail et ensuite repliés au Camp des Mariés de la Gendarmerie. Ce déploiement verra ses effectifs grossir au fil du temps.

Les participants faisaient leur arrivée mais étaient empêchés de rejoindre la Bourse du Travail. Pendant que les forces de répression s’offraient en spectacle dans l’indignation manifeste des passants et des citoyens attroupés aux abords du carrefour de la Bourse du Travail, des groupes de manifestants organisaient des meetings de dénonciation de ce forfait et scandaient : «  YAYI Héloué ! YAYI démission ! YAYI le peuple aura ta peau ! » et se trouvaient forcés à se disperser. De nouveaux regroupements se formaient pour de nouveaux meetings. Des femmes fortement irritées par cette horde d’hommes en armes contre une marche n’hésitaient pas à crier leur ras-le-bol et à dire « Honte à YAYI ! Halte à la tyrannie ! » L’une d’entre elles a lancé « Que Jésus descende pour nous débarrasser de ce diable habillé ! » Plusieurs heures durant, des groupes de manifestants continuaient d’arriver en provenance des quartiers de Cotonou, de Sè, d’Abomey, de Comé, de Lokossa, du Couffo, etc. Et à chaque arrivée, un nouveau meeting. Un peu plus tôt déjà un meeting avec les premiers participants par Monsieur Gustave ANATO, Président de l’ODHP et les SG des Centrales Syndicales. Ces derniers étaient également pris en interview par la presse présente sur les lieux. Plus tard, l’on verra sortir de leur repaire du Camp des Mariés de la Gendarmerie les Chefs au plus haut niveau de la police, de la gendarmerie, du Service des Renseignements. L’on aura pu surprendre une communication avec leur autorité supérieure, le ministre SOUNTON pour dire leur contentement d’avoir exécuté son ordre liberticide. Vers midi, alors que les manifestants avaient quitté les lieux des détachements d’hommes en armes ont pénétré la Bourse du Travail chassant les syndicalistes qui s’y trouvaient et fermant leurs bureaux. Certains d’entre eux avec des menottes sur eux insistaient pour retrouver Paul Essè IKO qu’il croyait être à l’intérieur de la Bourse du Travail.

YAYI vient de faire une nouvelle escalade dans la tyrannie en s’opposant frontalement avec un déploiement injustifié de forces armées contre les masses inermes venues pour participer à une marche républicaine de protestation contre la décision arbitraire et anticonstitutionnelle du Ministre de l’Intérieur d’interdire les marches. Le peuple est à bonne école ; les grèves se poursuivent et d’autres sont déjà appelées par les travailleurs avec la promesse, ensemble avec les autre couches, de manifester encore très prochainement.

Cotonou le 12 octobre 2010

Le Bureau Exécutif de L’ODHP

La problématique du développement : Quel développement pour l’Afrique ?

Le développement c’est selon Marc PENOUIL ce qui rend l’homme plus homme et qui lui permet de surmonter le déterminisme de la maladie et de la mort précoce. C’est-à-dire ce qui permet l’amélioration de ces conditions de vie pour lui-même et pour sa famille et la maîtrise de son environnement et de son destin.
En s’en tenant juste à cette définition peut-on se demander si l’Afrique s’est t’elle développée depuis 50 ans qu’elle a décidé de prendre son destin en mains ?

Les manifestations du développement
Aspect économique
Le développement est un processus de croissance de la richesse et de diversification des activités économiques, engendrant une maîtrise accrue par les hommes de leur propre destin.
Seule la production entraîne la croissance. Pour donc arriver au développement il faut forcément produire, produire suffisamment et davantage.
Aspect technique
L’homme dans la nature est confronté à un certain nombre de difficultés car il faut bien le reconnaitre, la nature ne lui est pas toujours favorable. L’homme en est à subir non seulement les caprices des phénomènes de la nature mais aussi les maladies et la mort.
Pour surmonter toutes ces difficultés, il a besoin d’un ensemble de procédés d’outillage et de méthode de production et d’organisation sociale de la production.
Aspect social et humain
La croissance économique est un signe de développement. Mais, il ne suffit pas d’avoir cette croissance économique pour penser qu’on est développé.
Il peut bel et bien avoir une croissance économique dans un pays sans un réel développement.
Une croissance économique doit permettre l’amélioration des conditions de vie des populations.
Il est inadmissible que les richesses d’une nation ne profitent qu’’à une minorité comme c’est souvent le cas dans les pays sous développés.
La formation des hommes doit donc être privilégiée pour penser atteindre le développement car, une formation qui ennoblit l’homme, lui donne une certaine valeur et le rend compétitif.

Les obstacles au développement
Il existe des bases logiques pour le développement. Ces bases ne sont pas encore présentes en Afrique ; en témoigne la structure économique qui est elle-même le reflet d’une structure mentale et sociale qui la commande. Les vraies causes du sous développement résident dans la tête de l’homme.
Les mentalités
Le sous développé est l’homme totalement soumis à la nature. Il est compris dans la nature. Il ne se tient pas devant la nature, il ne cherche pas à s’adapter à ces goûts. Le sous développé a mis sous le boisseau toutes ces potentialités. La curiosité, l’intelligence et l’imagination nécessaires ne sont toujours pas au rendez vous.
Certains auteurs comme René GENDARME parlent d’absence chez le sous développé d’une « attitude agressive » vis-à-vis de la nature.
Le sous développé est trop fataliste et n’aime pas bien gérer son temps. Une séance de travail prévue pour 08 heures peut bien commencer à 09 heures même 10 tout simplement parceque chacun a pris son temps et est venu à l’heure où il veut.
La structure sociale du sous développé
La structure mentale gouverne aussi la structure sociale.
Le sous développé cherche toujours à rester sous la sainte protection de ces parents sans faire l’effort de leur ressembler en plongeant dans une passivité et une irresponsabilité vis-à-vis de certaines situations.
Aussi, la situation sociale dans les pays sous développés n’autorise aucune compétition, aucune ascension sociale. Qui veut émerger ou émerge est vu par les autres comme un élément dangereux et traité en conséquence. « Toute innovation est vue comme une impureté » selon CAZENEUVE.
Cette situation malsaine ne permet pas l’éclosion, l’épanouissement de l’être. La peur de se démarquer des autres, la peur d’innover et de se faire tuer par la suite par un éventuel « sorcier » plane sur la tête de chacun comme une épée de Damoclès.
Réussir alors est dangereux et suscite un sentiment de culpabilité et d’anxiété et les individus cherchent à se protéger.
Le résultat est que la majorité baigne dans la médiocrité puisque « être vertueux » dans ces conditions c’est rester sur la même échelle que tous les autres.
Aucune attitude provocatrice, aucun esprit d’entreprise ne peuvent naître dans un tel environnement.
Aussi, le sous développé met l’embargo sur le savoir. Ce qu’il sait il ne veut pas le partager avec les autres. Un tel comportement ne peut jamais favoriser l’émergence de la science.
La politique
Encore un facteur réel de sous développement.
Les politiciens africains n’aiment pas pour la plupart leurs pays. Tout leur souci est d’arriver au pouvoir et de le conserver pendant toute leur vie. Sans aucun plan de développement, aucune boussole, aucune ligne directrice, ils viennent à la tête de nos Etats pour satisfaire leur égo et mettre leurs familles à l’abri du besoin pour des siècles en volant et en pillant les deniers publics.
Pendant que leurs enfants vont en promenade à Paris, Genève et autres, dépensant sans compter, leurs peuples vivent dans la misère et sans lendemain.
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