Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: octobre 14, 2010

Lettre des agents de l’ORTB à leur Directeur Général

Séïsme à l’Office des Radio et Télévision du Bénin (ORTB)

Après la démission de Annick BALLEY de son poste de rédacteur en chef, ces collègues de l’office sortent de leur mutisme et écrivent à leur Directeur Général

Lettre

A Monsieur Le Directeur Général de l’ORTB.

Objet : Equilibre de l’Information et Respect des Libertés.

Monsieur le Directeur Général,

Depuis quelques mois, l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin traverse une crise sans précédent. Une crise qui perdure, qui s’aggrave et qui pourrait nuire dangereusement à notre pays et à notre démocratie déjà mise à mal par une atmosphère politique et sociale de plus en plus tendue.

Monsieur le Directeur Général,

Aujourd’hui, les populations du Bénin, qui ont le choix entre plusieurs chaînes, détournent leurs regards de la Télévision Nationale perçue comme la caisse de résonnance d’un seul courant politique. Nous, Journalistes, Techniciens et Agents de l’Administration de la Télévision et de la Radiodiffusion en particulier, de l’ORTB en général, nous sommes déçus face aux nombreuses violations des libertés que nous observons et qui se traduisent par la censure sous toutes ses formes, notamment :

• L’absence de débats contradictoires sur nos écrans ;

• Les débats programmés et déprogrammés au dernier moment pour des raisons inavouées.

Citons entre autres :

l’émission Entre-Nous sur le placement illicite d’argent au Bénin, bloquée par la Direction depuis plus d’un mois,

l’interdiction de la participation de Monsieur Michel MAKPENON à un débat sur la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI),

plus récemment, le débat du dimanche 3 octobre 2010 devant réunir les Députés Eric HOUNDETE de l’Union Fait la Nation (UN) et Karim CHABI SIKA des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) sur les Nouvelles Lois Electorales ;

• La prépondérance des débats commandités, ficelés dans la précipitation et animés par le Directeur de la Télévision en personne, en marge des services habituellement commis à cette tâche. Pour preuves :

le débat animé au cours du mois de septembre 2010 par Monsieur Stéphane TODOME, Directeur de la télévision avec comme unique invité, le Conseiller Spécial aux Affaires Politiques du Chef de l’Etat, Monsieur Alexandre HOUNTONDJI,

le débat animé toujours par le même Directeur avec le même Conseiller secondé par le Ministre chargé des Relations avec les Institutions Monsieur Zachari BABA BODY au sujet des nouvelles lois électorales et de la situation politique nationale ;

• Les manœuvres du Directeur Général Monsieur Julien Pierre AKPAKI visant à empêcher une partie de la classe politique de s’exprimer sur la Chaîne de Service Public. A titre d’exemples :

le refus manifeste de la Direction Générale et de la Direction de la Télévision de programmer un entretien avec le Président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD), Maître Adrien HOUNGBEDJI en dépit de l’injonction faite par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à l’ORTB, depuis octobre 2009,

le refus de donner suite à l’exercice du droit de réponse réclamé par l’Honorable Janvier YAHOUEDEHOU, sur l’affaire des machines agricoles,

le refus d’accéder à la requête de Monsieur Bruno AMOUSSOU Président du Parti Social Démocrate (PSD) de s’exprimer sur nos écrans au lendemain de l’investiture d’un membre de l’International Socialiste John ATTA MILS ;

• Le harcèlement et l’humiliation au quotidien des agents en charge de l’information et des magazines d’actualité, notamment :

Les pressions exercées sur l’équipe de l’émission « Bonjour Citoyen » en vue de supprimer la rubrique « Au Peigne Fin » qui propose des débats contradictoires, et les menaces de mise à l’index des animateurs jugés trop indépendants ;

• L’irruption, de jour comme de nuit, du Directeur de la Télévision à la Rédaction du Journal Télévisé, aux services de Reportage, de Montage et de Diffusion en vue de soustraire ou d’introduire des cassettes, des émissions, des images ou des bouts de phrases, au mépris des procédures en cours et de la déontologie ;

• Les reportages programmés et annulés, montés et non diffusés ou interrompus en pleine diffusion. Citons notamment :

l’interdiction de diffuser le compte rendu de la passation de service entre les Directeurs Généraux entrant et sortant des Douanes et Droits Indirects, Messieurs James SAGBO et Gilles HOUNKPATIN,

l’intervention inopinée du Directeur de la Télévision en direct sur le plateau du Journal Télévisé pour empêcher la diffusion du compte-rendu de la conférence de presse organisée par la Coalition ABT,

l’interdiction de diffuser sur la Télévision nationale l’enquête réalisée sur l’état d’avancement des chantiers du cinquantenaire de l’Indépendance à Porto-Novo ;

• Les éléments du Journal annoncés en titre et sucrés en cours d’édition au grand dam du Présentateur et des téléspectateurs ;

• Les ordres et les contre ordres donnés par des responsables empêtrés dans des conflits de compétence, de leadership et d’intérêts notamment :

Les relations tendues et les altercations fréquentes entre le Directeur de la Télévision et le Chef du Service de l’Information et les responsables du Service de la Production. Les exemples foisonnent hélas pour prouver la véracité de tous ces faits qui se multiplient et qui ont fini par plonger notre Maison dans une culture de bâillonnement, de découragement et de désœuvrement.

Monsieur le Directeur Général,

La Constitution du Bénin prescrit en son article 24 : « La liberté de la presse est reconnue et garantie par l’Etat. Elle est protégée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication. » L’article 142 de la même constitution dispose entre autre que : « La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication… veille au respect de la déontologie en matière d’information et à l’accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d’information et de communication. »

Le Code de Déontologie de la Presse Béninoise stipule en son article 1 :

« le journaliste est tenu de respecter les faits quoi que cela puisse lui coûter personnellement et ce en raison du droit que le public a de connaître la vérité ». En son Article 2, on peut lire : « Le journaliste publie uniquement les informations dont l’origine la véracité et l’exactitude sont établies. Le moindre doute l’oblige à s’abstenir ou à émettre les réserves nécessaires dans les formes professionnelles requises. Le traitement des informations susceptibles de mettre en péril la société, requiert du journaliste, une grande rigueur professionnelle et, au besoin, une certaine circonspection ».

Monsieur le Directeur Général,

Comme vous le constatez, notre métier est régi par une déontologie fondée sur l’équilibre de l’information et le respect du droit du citoyen à l’information. Notre Office étant un organe de service public, il nous incombe de faire de toutes ces dispositions notre bréviaire. Malheureusement, au lendemain de la Conférence Nationale nous avons acquis des droits et des libertés que votre équipe dirigeante composée essentiellement de professionnels, viole sans cesse. Aujourd’hui, la Télévision nationale et sa Direction sont devenues l’enfant malade de la presse et la risée de quelques uns. Nos équipes de reportages sont régulièrement victimes d’agressions verbales et parfois menacées d’expulsion des lieux de reportages.

A quelques mois des élections, nous vous demandons de changer de méthodes de gestion de l’information si vous ne voulez pas que demain les Béninoises et les Béninois nous fassent porter la responsabilité de l’échec de notre démocratie.

Ce changement exige de votre part :

Le respect des principes et des mécanismes mis en place pour assurer l’équilibre dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information ;

Le respect des recommandations de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ;

Le respect des décisions prises par les Journalistes réunis en Conférence de Rédaction en ce qui concerne la programmation des reportages, l’élaboration du contenu des Journaux, le choix des thèmes à débattre et des personnes ressources à inviter ;

Le respect des attributions, des personnes et des structures en place ;

La promotion d’une bonne entente entre les responsables des Directions et des Services ;

La promotion d’une large participation de toutes les compétences à la vie de l’ORTB.

Votre engagement à ne plus fouler aux pieds les règles et principes régissant notre profession.

Monsieur le Directeur Général, En vous adressant cette lettre, nous nous sommes efforcés de nous élever au-dessus de nos ambitions personnelles, de nos intérêts, de nos partis pris et de toute autre considération politique. Tout en vous invitant à en faire de même, nous attendons de vous-même et de votre équipe de Direction, une prompte réaction qui, nous l’espérons, permettra d’éviter le pire.

Veuillez croire, Monsieur le Directeur Général, à notre engagement professionnel et citoyen pour que triomphe la liberté de presse au Bénin en général et à l’ORTB en particulier.

Cotonou, le 13 octobre 2010.

Ont signé :

Francis ZOSSOU

Philippes N’SECK

Nicaise MIGUEL

André Marie JOHNSON

Marc TCHANOU

Etc…

Ampliations :

• Président de la HAAC

• Ministre de la Communication

• Président de l’UPMB

• Président du CNPA

• Président de l’ODEM

• Secrétaire Général du SYNTRAB

• SG du CSA

• SYNAPROMEB

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BENIN: Naissance du front de défense de la démocratie (FDD)

Le Bénin va mal. La situation est catastrophique à tous points de vue. Le pays est au bord du gouffre.

 Sur le plan politique

La démocratie chèrement acquise subit de graves revers. Les libertés sont constamment menacées ou muselées. Les manifestations de protestation de militants d’organisations sociales, syndicales ou politiques pour exprimer leur désapprobation de la gestion du pouvoir d’Etat sont interdites du Sud au Nord. Les manifestants sont parfois sauvagement maltraités. Les derniers exemples sont celui des Elèves-instituteurs des Ecoles normales et celui auquel nous avons assisté hier mardi 12 Octobre 2010, organisé par les Organisations de Défense des Droits Humains. En revanche, de colossaux moyens logistiques et financiers sont mis en œuvre pour orchestrer de folkloriques marches de soutien au régime, des sorties médiatiques de mauvais goût, des meetings à la gloire et à la réélection de celui-là même, qui nous a promis le «changement».

  La liberté de la presse est bafouée. Même la presse étrangère est victime de la politique de tyrannie et d’exclusion du régime. Tant la volonté de caporalisation totale des médias par le pouvoir est manifeste. Le droit de grève est sous le coup de la confiscation. Mais cela se heurte à la résistance opiniâtre des travailleurs. Le fonctionnement des institutions de l’Etat laisse à désirer. La justice ne sait même plus, où elle en est. Le pays est mal gouverné.

 Sur le plan économique

La gestion hasardeuse du régime du changement a conduit tous les secteurs d’activités à la ruine. Les voyants économiques sont au rouge vif. Les marchandises ont du mal à se réaliser et la mévente se généralise. La désorientation n’a jamais autant frappé les activités portuaires. Les sociétés d’Etat et autres propriétés publiques meubles ou immeubles sont systématiquement bradées au profit d’étrangers, de dignitaires, de proches ou amis du régime. Les opérateurs économiques ne savent plus quel Dieu implorer pour le remboursement des dettes publiques intérieures. Dans le même temps, ils sont traqués d’un côté par le fisc, de l’autre par les créanciers et les unités économiques se ferment par dizaines. La tendance générale au niveau des investisseurs étrangers est à la méfiance vis-à-vis de notre économie. Pourtant, le pays mérite un meilleur sort et en a les ressources.

 Sur le plan social

Du fait de la situation brossée plus haut, la misère s’aggrave. La mendicité prend des proportions inquiétantes. Le trafic des enfants s’accentue. Le banditisme est rampant. L’insécurité s’accroît et menace dangereusement la stabilité politique. Les soi-disant réalisations socio-économiques du régime ne sont en réalité que des occasions pour Boni YAYI et ses complices de s’en mettre plein les poches pendant que le pays s’enfonce dans un endettement sans précédent. De larges couches sociales tombent dans la déchéance totale. Pire, le dialogue social avec le monde du travail a été abandonné au profit d’une succession de ruses manœuvrières contre-productives. L’heure est grave.

Le doute et l’incertitude du lendemain hantent les populations. Personne n’en croit ses yeux pour le niveau de corruption atteint par ce régime. Nul n’a mémoire d’un tel hit parade de scandales politico-financiers à répétition dans notre pays: affaire recettes d’escorte de véhicules d’occasion, avion présidentiel, CEN-SAD, SONAPRA, machines agricoles, ICC-Services et consorts, etc. La distribution prodigale sans précédent d’argent dans nos villes et campagnes par Boni YAYI à des fins corruptrices et électoralistes entretient la morale perverse du gain facile, opposée au juste précepte selon lequel le travail est la source durable de richesse.

  Jamais la gestion de ressources humaines n’a été aussi calamiteuse. Le régime est rompu dans l’art d’opposer cadres et frères de mêmes localités du nord au sud, pour semer la discorde et la division en leur sein pour ses intérêts propres. Cela sape la paix sociale et la cohésion nationale, bases fondamentales du développement économique et social. Le recours incessant à l’achat de conscience et le débauchage effréné font partie des traits caractéristiques du régime de Boni YAYI.

  On aura tout vu: tout change, c’est vrai, mais hélas, de mal en pis.

 La solution que le régime du changement a trouvé à cette situation, c’est la propagande et la manipulation tous azimuts, le renforcement de la répression, les menaces d’arrestations, les plus grossiers montages pour tromper le Peuple, la savante instillation de la peur, le refus de s’occuper des problèmes réels du pays.

 L’un des problèmes réel du pays aujourd’hui, c’est la confection d’une Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI), fiable et non la poursuite à pas forcée d’une honteuse mascarade, que seuls ceux qui en profitent au plan pécuniaire comprennent. Personne ne comprend en effet, qu’en dépit des inondations et de la détresse de l’immense majorité des populations de l’Ouémé et du Plateau, malgré le fait que les populations de ces départements doivent vaquer en cette période-ci, à leurs activités agricoles de la petite saison, malgré la défection des équipements mis en place, contre l’avis de la plupart des autorités locales (Maires, Conseillers, etc.), Yayi Boni et ses sbires forcent le processus, au risque de spolier les citoyens de leurs légitimes droits à se faire enregistrer.

La politique de l’autruche ne saurait durer plus longtemps. Nous ne pouvons laisser quelques aventuriers conduire la Terre de nos aïeux et notre Peuple dans le gouffre. C’est pourquoi, les organisations signataires du présent appel, exigent

 1- Que le Président BONI YAYI et son Gouvernement arrêtent immédiatement leur propension à provoquer inutilement le peuple travailleur, les forces sociales et politiques, créant, ce faisant, des tensions inutiles et préjudiciables à la paix et à l’Unité Nationale. Nous voulons que chacun sache que les tensions actuelles sont directement créées à des fins inavouées, par le Président BONI YAYI lui même et ses sbires, afin de terroriser notre peuple et lui imposer un type de gouvernance que nous avons récusé depuis l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990.

 2- Que le Président BONI YAYI et son Gouvernement cessent dès maintenant de poser des entraves aux libertés publiques et à leur pleine et entière jouissance par tous les citoyens. Il s’agit ici que le Président BONI YAYI garantisse conformément à la Constitution et à son serment, la liberté de chacun et de tous, de se réunir, de manifester, d’adopter la religion de son choix. Il s’agit aussi de manière spécifique que le libre et équitable accès à la Télévision Nationale de service public, devienne un impératif.

 3- Que le Président BONI YAYI abandonne définitivement son rêve de pouvoir caporaliser toutes les Institutions de la République, de bâillonner toutes les forces sociales et politiques, d’instrumentaliser des dispositions telles que la réalisation du RENA et de la LEPI dans le seul et unique but d’être réélu en 2011, y compris contre la volonté populaire.

4- Que le Président BONI YAYI et son Gouvernement mettent désormais un point d’honneur à rendre compte de la gestion des finances publiques conformément aux textes de la République.

  • Nous voulons savoir lequel des budgets est en cours d’exécution pour l’exercice 2010 ;
  • Nous voulons savoir le montant et l’utilisation faites des recettes relatives à l’activité d’importation des véhicules d’occasion;
  • Nous voulons enfin un audit exhaustif du trésor public.

 Pour faire aboutir toutes ces exigences, qui relèvent d’une œuvre de salubrité publique, et de salut national, les forces politiques, les syndicats, les organisations de la société civile, ont décidé de se constituer ce jour mercredi 13 Octobre 2010 en un Front de Défense de la Démocratie (FDD). Il s’agit donc du plus large rassemblement de toutes les forces sociales et politiques que notre pays ait jamais connu en vue de restaurer un Bénin debout, libre, fier, riche de sa diversité et ancré dans la démocratie, l’Etat de droit et le pluralisme politique.

 Le développement de notre pays, la satisfaction des besoins de notre peuple travailleur et la restauration de l’espoir pour la jeunesse en dépendent.

 Voilà pourquoi, le FDD lance un vibrant appel:

  1. à notre peuple, afin qu’il soit constitué partout des Comités Locaux de Défense de la Démocratie (CLDD) qui, puisant dans notre longue et riche tradition de luttes héroïques, devront travailler quotidiennement, à barrer la route à l’arbitraire, à la confiscation et à l’exercice personnel du pouvoir, au pillage et aux bradages de nos ressources nationales.

 2. à la jeunesse afin qu’elle prenne la mesure de la gravité de la situation actuelle et se batte, de toutes ses forces, pour conserver les libertés démocratiques qu’elle a héritées de ses ainés

 3. à l’Armée, aux forces de sécurités publiques et à tous les agents de l’État qu’ils doivent tenir comme bréviaire les dispositions de l’Article 19 de notre Constitution qui stipule que:

<< Tout individu, tout agent de l’Etat qui se rendrait coupable d’acte de torture, de sévices ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi.

 Tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte grave et manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques. >>

  Notre Peuple ne capitulera pas !

 Non, à la confiscation des libertés !

 Libérez Dangnivo !

 Vive le Bénin debout, libre et fier !

 Vive la Démocratie !

 Fait à Cotonou, le 13 Octobre 201O

 Ont signé: 

CSTB: Gaston K. AZOUA

CSA Bénin: Dieudonné LOKOSSOU

CGTB: Pascal D. TODJINOU

COSI: Léandre SAGBO 

FESYNTRA-Finances: Laurent METONGNON

ODHP: Gustave ANATO

L’Union fait la Nation: Antoine IDJI KOLAWOLE

Coalition ABT 2011: Dr J. A. ODJO 

G13: Saka FIKARA

FORS LEPI: Joël ATAYI GUEDEGBE 

NEP MIXALODO: Bouraïma MALEHOSSOU 

PCB: Fidèle QUENUM