Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: octobre 19, 2010

Elections présidentielles de 2006 au Bénin: le rendez-vous manqué du développement

     L’erreur collective (75%)                   La solution délaissée

Voici les images des deux (02) acteurs du second tour des élections présidentielles de mars 2006.

Le premier, Boni YAYI serait un docteur en économie et le second, tous les béninois le connaissent depuis 20 ans c’est Adrien HOUNGBEDJI, avocat et Président du Parti du renouveau démocratique (PRD).

Les béninois avaient donc le choix entre les deux hommes et ils ont préféré à 75 % Boni YAYI (erreur collective !!!) qui leur a promis le changement avec le slogan « ça peut changer, ça va changer, ça doit changer ».

Cinq après, on se demande quelle mouche a pu piquer les béninois et les acteurs politiques pour qu’ils aient pensé un instant que cet homme qu’ils ne connaissaient point pouvait apporter le mieux-être au peuple.

Cet homme nouveau donc, présenté à la face du monde par des individus peut-être de bonne foi est arrivé au pouvoir.

Sa prestation de serment présageait déjà de l’inauguration de jours sombres pour le Bénin et ses institutions. Ce ne devrait pas être une surprise si Boni YAYI ne respecte pas la représentation nationale.

On se rappelle que Boni YAYI, le jour de son investiture avait  omis de citer les députés dans son discours (c’était déjà un signe) et s’est rapidement déchargé en disant que c’était le protocole qui en était responsable.

Des promesses électorales de 2006 et du projet de société présenté par le candidat Boni YAYI, il n’en reste plus rien ou du moins rien n’a été vu.

Ces promesses et le fameux projet de société qui ferait du Bénin « un pays émergent » se sont noyés dans le flot des scandales politiques (les débauchages, l’achat de députés à coup de milliards), économiques et financiers de tous ordres (dossier CENSAD, des micro crédits aux plus pauvres, des machines agricoles, ICC services,…), faisant du sommet de l’Etat un endroit où la morale et l’éthique ont déserté le forum.

Les béninois, en faisant l’option du changement prôné par Boni YAYI en 2006, nourrissaient l’espoir d’un changement véritable et du développement qui leur procurerait la satisfaction de leurs besoins essentiels et l’espérance en de jours meilleurs.

Première mesure prise par Boni YAYI c’est l’augmentation considérable de son salaire, porté à un niveau hors mesure pour notre petite économie et d’ailleurs sur ce point, les clarifications sur le salaire et les rémunérations à la Présidence demandées par la commission budgétaire de l’assemblée nationale n’ont jamais été apportées.

Au lieu de se consacrer à ce pour quoi il s’est fait élire, le Président Boni YAYI a décidé d’ériger le populisme en mode de communication, faire de l’hyper-communication puis se lancer dans la politique ; il décide alors de balayer la classe politique qu’il a tôt fait de qualifier de « vieille classe politique » et c’est à cela il s’est attelé tout son mandat afin de déblayer le chemin pour sa réelection en 2011.

Les aspirations du peuple ont été mises sous le boisseau par Boni YAYI pour qui seul le pouvoir compte même s’il faut passer par quelques mesures de gratuité et quelques constructions en bambou.

Tout son souci est sa réélection en 2011 et tout se fait à dessein avec la préoccupation permanente de ne pas fâcher l’électorat. Quand il sent l’électorat se fâcher, il revient sur sa décision, ravalant du coup ses propres vomissures.

Son souci n’est donc pas le développement mais le pouvoir.

Quelques exemples de ce mode de gestion sont là très palpables : la lutte déclenchée maladroitement contre le carburant frelaté dit kpayo, le nouveau découpage territorial fait par la commission Adjaho remis en question après les divers soulèvements, le limogeage puis la réintégration dans l’équipe gouvernementale de François Noudégbéssi après les grognes à Avrankou.

L’Etat a perdu de sa force et de son autorité. Le pouvoir d’Etat est bafoué puisqu’il est gangrené jusqu’aux moelles par des religieux en quête d’assistance financière, de politiciens désœuvrées et tout ceci couronné par un Président qui reconnait être « un intrus qui ne connaissait pas la maison ».

Un chroniqueur de la télévision brésilienne disait il y a peu : « Plus un dirigeant est médiocre, plus il méprise l’intelligence et la culture et se transforme en une île entourée de médiocres ».

C’est ce que vit le Bénin depuis 2006, toutes les têtes pensantes se sont retirées de la gestion de Boni YAYI et les quelques unes qui y restent ont sombré ou contraints de faire de la politique, laissant les questions de développement au profit de la réélection de Boni YAYI.

S’il est une chose à laquelle le peuple croyait fort, c’était au moins au développement économique.

Mais hélas, l’échec est patent.

Le gouvernement après avoir essayé de camoufler sa mauvaise gestion, a été obligé d’avouer au FMI et à la banque mondiale sa difficulté de trésorerie puis reconnaitre que son budget de 1.300 milliards qu’il s’efforçait de nous faire avaler en prenant une ordonnance ne pouvait être atteint.

On se demande quel budget est au juste mis en exécution ? Une chose est sûre, le gouvernement a reçu l’injonction de n’exécuter qu’à 40 % son budget ; budget qualifié de fictif par le ministre des finances togolais sur une chaine de télévision internationale.

Le taux de croissance de deux (02) chiffres promis n’a jamais été atteint. Pis, on a régressé ; de 5,1 sous kérékou qui n’a aucune notion de finance, le taux de croissance est passé à 2,7 sous Boni YAYI, docteur en économie et président pendant plus d’une dizaine d’années d’une banque régionale, entouré d’une pléiade de conseillers en finance.

 La mauvaise gestion est devenue la règle dans le gouvernement de Boni YAYI.

On se rappelle encore la violation flagrante du principe universel et élémentaire de l’unicité de caisse (chose que devrait savoir Boni YAYI) avec les fonds d’escorte.

Pendant plus de deux (02) ans les fonds de l’escorte des véhicules d’occasion n’étaient ni versés au trésor, ni budgétisés. Il a fallu de nombreuses supputations et des interpellations pour que le gouvernement vienne clarifier la destination des fonds. Ces fonds auraient donc été  domiciliés sur un compte hors budget à la BCEAO de Cotonou. (Quelle transparence ?)

Pour rappel, cette institution était dirigée en ce moment par Marcel de SOUZA, beau frère de Boni YAYI. Ce n’est qu’en 2009 et sous la pression constante et insistante des députés que le gouvernement se décide à budgétiser ces fonds.

Le dossier ICC services est aussi un échec de la politique économique de Boni YAYI.

Nous voici dans un pays où des gens s’installent au vu et au su des autorités, se font inviter par elles et les invitent à des séances d’inauguration très médiatisées et après escroquent le peuple et le gouvernement dit ne pas être au courant et cherche à se décharger comme à son habitude sur l’opposition et le peuple qui serait trop gourmand et à la recherche du gain facile.

Comment une telle structure a-t-elle pu s’installer et exercer tout ce temps sans que le gouvernement ne soit informé de ses activités alors qu’il a à sa disposition des organes d’investigation et de répression?

Pourquoi le gouvernement qui en 2008 s’était invité dans la gestion de padme et papme en limogeant les directeurs généraux, en nommant d’autres pour les limoger par la suite et ainsi de suite pendant plus de 16 mois avec comme argument qu’il voulait protéger les épargnants de ces institutions de micro finance ne pouvait-il pas s’interroger sur les activités d’une structure comme ICC qui opérait avec forte publicité et qui plus est dans l’illégalité?

Et pourtant, a t’on dit la banque centrale avait attiré l’attention du gouvernement béninois sur ce genre de structure. Passivité ou complaisance ?

Le gouvernement est passé maître dans l’art de fouiller dans la vie, même privée des acteurs politiques qui ne lui font pas allégeance. Alors que Boni YAYI n’a jamais justifié les édifices érigés à Djougou, Parakou, l’extension de sa demeure de Tchaourou autrefois bien modeste avant 2006 en une superbe résidence, des acquisitions d’appartement en France relayées par notre concitoyen Benoit Illassa, il demande à Maître Adrien HOUNGBEDJI de justifier la provenance des sous ayant servi à l’achat récent d’appartement en France par ce dernier (drôle de charité).

Boni YAYI s’attèle chaque jour que Dieu fait à détruire ce à quoi il n’a pas contribué en jouant sur les polarités nord – sud ; faisant ainsi resurgir les vieux démons de la division.

Le général Mathieu KEREKOU et Nicéphore SOGLO, les deux premiers présidents de l’ère démocratique se sont évertués à respecter le peuple dans ces dimensions multi-culturelles et multi-ethniques même si on pouvait trouver à redire, au moins eux priorisaient la compétence dans la nomination de leurs proches ; chose qui a disparu sous le régime du changement.

Des jeunes sont débarqués de l’intérieur du pays alors même qu’ils n’ont pas demandé, pour être conducteurs de véhicules administratifs (CVA) dans les ministères alors qu’ils n’ont jamais participé à aucun concours de recrutement, ils n’ont jamais conduit de véhicules et n’ont même pas de permis et c’est maintenant qu’ils devront apprendre au moment où d’autres jeunes expérimentés et dévoués sont dans les environs et ne cherchent qu’à travailler.

Depuis 2006, et surtout après les campagnes législatives de 2007 où Boni YAYI menaçait d’abandonner les localités qui ne voteraient pas massivement pour la FCBE, toutes les nominations effectuées par Boni YAYI ont tout l’air d’une mise à exécution de sa menace. Aussi, certaines régions sont priorisées par rapport à d’autres et certains Cadres démis de leurs fonctions parcequ’appartenant à un parti soupçonné d’opposition ou d’opposition.

Même, pour se laver des dossiers sales qui jettent de l’oppobre sur son régime, Boni YAYI fait encore preuve de régionalisme. Sinon, comment comprendre que l’ex ministre de l’intérieur Armand ZINZINDOHOUE soit limogé et son dossier envoyé aux députés pour qu’il soit traduit devant la haute cour de justice parcequ’il aurait signé un permis de port d’armes et aurait fourni de garde corps au sieur Emile TEGBENOU alors que son collège de la défense Kogui N’DOURO qui, a fait pire ou tout au moins autant en allant réceptionner du matériel militaire en compagnie des têtes dirigeantes de ICC-Services et en leur ayant octroyé de garde-corps n’a pas été inquiété?

La seule solution pour être libre de ses mouvements et avoir la latitude de dire tout haut ce qu’on pense et ce qu’on veut c’est bien d’être membre de la FCBE ou alors, il faudra s’attendre à subir des persécutions.

Toutes les manifestations de l’opposition, des acteurs de la société civile, des syndicats et des organisations des droits de l’homme  sont interdites avec des alibis les uns les plus fallacieux que les autres. La dernière en date est celle du 12 octobre passé où l’on a vu une horde de policiers débarquer à la bourse du travail (la maison des travailleurs) bloquant même l’entrée dans le bâtiment aux syndicalistes venus travailler.

Le droit de grève est bafoué. Tous, avons encore en mémoire le communiqué signé du Président Boni YAYI invitant les jeunes sans emploi et sans formation ainsi que les douaniers retraités à s’inscrire pour remplacer les douaniers grévistes qui protestaient contre la nomination de James SAGBO, un colonel retraité, membre de la FCBE à la tête de leur corporation.

Dans tout le pays et dans tous les secteurs, se sont créés des syndicats patriotes pour démobiliser et déstabiliser les mouvements et vilipender les chefs de ces syndicats en grève. Le gouvernement lui-même se contente de mobiliser les ressources pour que tous les ministres, les Directeurs de société d’Etat et les conseillers puissent aller dans les villes et campagnes en séance d’explication et de sensibilisation des populations pour présenter au peuple les apatrides de syndicalistes qui n’aiment pas le pays ; laissant du coup leurs bureaux, leurs activités et ralentissant ainsi l’administration.

Quel changement dans la gestion des affaires publiques et de l’Etat?

Tant de contraste avec ce en quoi les béninois croyaient et pensaient voir.

Ils se sont trompés en posant leur dévolu sur Boni YAYI qui s’est très vite pris pour le messie et l’omnipotent.

L’administration est devenue plus corrompue et plus pourrie plus qu’elle ne l’était en 2006.

Les cadres ne se respectent plus et ne respectent plus la hiérarchie. C’est tout normal puisque des cadres B deviennent chefs et viennent commander des cadres A et tout ceci sur la base du clientélisme et du régionalisme. Des agents se lèvent pour invectiver leurs supérieurs tout juste parcequ’ils ont des attaches au palais et qu’ils se disent intouchables.

L’administration est déstructurée.

La liste des dérives de ce régime est longue, longue et très longue.

Le Bénin vient de perdre cinq (05) ans, le pays est descendu très très bas et il n’y a pas deux solutions.

Il faudra remercier le prophète du changement et ses disciples, les renvoyer au passé ; un bien triste passé.

C’est la solution pour faire redorer au pays son blason d’havre de paix, de laboratoire de la démocratie et amorcer le développement.

aymard

Economie Gabon: Ali BONGO promet une croissance de 7 pc

LIBREVILLE, Gabon – Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a déclaré samedi soir à la télévision nationale, à l’occasion de son premier anniversaire à la tête du pays, que «le Gabon atteindra en 2010 une croissance de 7% contre une croissance négative en 2009, et ce, en dépit de la crise financière mondiale.

« Je déplore toutefois la lenteur dans l’exécution des projets lancés et j’ai décidé de placer les hommes et les femmes à la place qu’il faut », a affirmé le numéro un gabonais qui a déploré le favoritisme et les nominations sur les bases ethniques dans l’administration.

«Le problème ethnique réside dans notre administration, car les dirigeants choisissent d’abord les parents, même s’ils n’ont aucune compétence. J’avais prescrit aux ministres du gouvernement de choisir des collaborateurs compétents, car les choix ethniques brisent le développement », a révélé le chef de l’Etat qui souhaite que « nous renforcions l’unité nationale pour construire une nation plus forte et soudée ».

Il a laissé entrevoir dans ses propos un éventuel réaménagement au niveau du gouvernement et a affirmé : « je me battrai de toutes mes forces pour combattre l’ethnisme ».

Ali Bongo Ondimba avait prêté serment le 16 octobre 2009 à l’issue des élections qui ont suivi une période de transition houleuse due au décès, le 8 juin en Espagne, de son père, Omar Bongo Ondimba, lequel était resté au pouvoir sans discontinuer pendant 40 ans.

Pour Ali Bongo Ondimba, la fin cette première année de mon mandat nécessitait un bilan d’étape de l’action entreprise, ajoutant que ‘le chemin est encore long et il nous faudra surmonter toutes les contraintes pour notre marche vers l’émergence ».

Abordant la dette intérieure de l’Etat, il a insisté sur les efforts réalisés, pour régler celle-ci.

‘L’Etat traîne des impayés depuis plusieurs années. C’est un passif lourd qu’il a fallu gérer à notre arrivée. J’ai donc demandé qu’il soit procédé au paiement de ce passif qui s’est accumulé depuis 2004’, a-t-il dit.

‘Sur un service global de la dette estimé à 911 milliards de FCFA (1,39 milliard d’euros), plus de 880 milliards (1,34 milliard d’euros) ont déjà été payés au 30 septembre 2010’, tandis qu’au niveau du budget de l’Etat, « plus de 600 milliards de FCFA (915 millions d’euros) ont été débloqués pour éponger la dette intérieure », a-t-il rapporté.

Ali Bongo Ondimba a par ailleurs fait observer qu’une politique active de paiement des arriérés de l’Etat a été mise en place, afin de relancer l’activité économique nationale et soutenir un niveau d’emploi porteur de croissance ».

NIGER: Fouilles chez les quatre membres de la junte militaire arrêtés

 

 Le Niger.

Le Niger. L. Mouaoued/RFI

Par RFI

Selon des proches des quatre militaires arrêtés, des perquisitions ont eu lieu dimanche 16 et lundi 18 octobre 2010 à leurs domiciles. Les quatre membres de la junte, arrêtés ce week-end, sont toujours « retenus » à Niamey à la caserne de l’état-major de la gendarmerie. Ils sont accusés de « tentative d’assassinat » et de « coup d’Etat » par la présidence.

Il n’y a toujours aucune explication officielle après l’arrestation, ces trois derniers jours, des quatre officiers supérieurs membres de la junte. Cependant, sous le couvert de l’anonymat, du côté de la présidence de la junte certains commencent à parler et les accusations se précisent. A la présidence, occupée depuis le 18 février par le général Salou Djibo, on ne parle plus d’une « déstabilisation » mais bien d’une « tentative de coup d’Etat ».

Les colonels Abdoulaye Badié, Amadou Diallo, Abdou Sidikou et Sanda Boubacar, tous membres du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), sont toujours aux arrêts à la caserne du commandement de la gendarmerie. Il n’y a pas eu de nouvelles interpellations, mais des perquisitions.

Selon des proches des quatre militaires arrêtés, des perquisitions ont en effet eu lieu depuis dimanche 17 octobre à leur domicile. Il y a eu notamment une fouille vers 19 heures chez le colonel Diallo, puis chez le lieutenant-colonel Sidikou. Et, ce lundi 18 octobre 2010, au matin très tôt, c’est chez le colonel Badié que les gendarmes sont allés perquisitionner, une fouille minutieuse qui aurait, selon la famille, duré plusieurs heures.

Les familles s’inquiètent du sort des quatre hommes. Depuis dimanche midi, plus aucune visite n’est autorisée. Les épouses ne peuvent plus remettre directement le repas à leurs maris détenus.

Par ailleurs, les quatre hauts gradés, tombent sous le coup de la justice militaire, beaucoup plus stricte que la justice civile. Ainsi, la garde à vue est de dix jours renouvelables et n’autorise pas l’intervention d’un avocat.

Du côté de la présidence, on affirme que « l’enquête continue », sans donner beaucoup plus de détails. A propos des accusations, depuis ce week-end, la présidence affirme que les quatre militaires membres de la junte seraient les « cerveaux d’une tentative de putsch avec un projet précis d’assassinat du président Salou Djibo à son retour de New York ». L’alerte aurait été donnée par une puissance occidentale.

Dans l’entourage des quatre militaires, on continue à parler de « machinations montées par des proches du président Djibo contre le colonel Badié et les siens ». Et l’on assure que les accusations d’assassinat sont un « pur montage ».