Le Blog de Aymard

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L’impasse Dangnivo ?

L’impasse Dangnivo ?

L’inoxydable affaire Dangnivo bouge inlassablement la République et soulève les cendres de nos espoirs. Le feuilleton macabre du porté disparu enchaîne ses épisodes et provoque une vague d’incertitudes. La succession des jours et celle des nuits semblent impuissantes à ouvrir le dossier au chapitre de nos espérances. Et l’affaire de porté disparu répand sans répit son impact dans un Bénin toujours en état de choc.

La disparition mystérieuse du cadre du ministère des finances a naturellement semé la révolte de la Fédération des syndicats des travailleurs des finances (Fésyntra-finances). Le recours à l’arme de la grève s’est révélé dévastateur. Le venin de la paralysie sécrété par le débrayage laisse une saignée économique. Des milliards sont partis en fumée. Le trésor est grippé, la douane enrhumée et du coup, les recettes fiscales chutent et plongent dans les rigoles de la catastrophe. Les sociétés ploient sous le poids de la grève. Le blocage tend insidieusement les filets de l’impasse. La nation exposée à la déprime subit les effets de l’enlisement. Le renouvellement hebdomadaire de la grève jette le coup de froid social et glace les efforts collectifs dans la marche vers le progrès. Ainsi, la légitime colère enfantée par l’enlèvement du cadre émérite tourne progressivement au chaos.

Politiquement, l’affaire du porté disparu amplifie ses propres effets. Marches et contre marches font hurler la rue. On s’accuse mutuellement. Mouvance et opposition se mettent en action pour exhiber les élans politiciens dans la galère Dangnivo. La crise politique a trouvé de l’huile pour s’enflammer et brûler les tissus du dégel. On n’a concrètement pas progressé dans la gestion du dossier depuis plus de deux mois. L’exhumation du vrai-faux macchabée, les condoléances précoces de la justice, le refus de prélèvement de sang…l’hypothétique test d’Adn, ont juste accentué le scepticisme et pollué le climat déjà empoisonné.

A quand l’épilogue Dangnivo ? Sans doute que la fin de cette sinistre affaire libèrera le peuple des affres de la psychose. Le piétinement doublé d’atermoiement au sommet et le bafouillage encombrant assèchent la confiance et les bonnes certitudes. « La fatalité, disait Oscar Wilde, veut que l’on prenne toujours les bonnes résolutions trop tard ». Le chef de l’Etat est à l’extérieur alors que brûle la maison Bénin. Il faut régler l’équation du porté disparu et ne pas opter pour le pourrissement. Car beaucoup ne sont pas prêts à consommer ce malheur auquel, on semble emprunter la résignation.

Le gouvernement Yayi a l’obligation de trouver la bonne solution dans l’affaire de porté disparu. Les fantasmes, rêveries contingentes enfouies dans ses fibres les plus secrètes de choses non exprimées ne peuvent ramener la sérénité. La grève au ministère des finances, forme de pression sur le pouvoir, en appelle à une concentration sur Dangnivo. La passion pour la victime cherche le support d’une sublime volonté de décanter la situation par l’exploitation des canaux de la transparence. Boni Yayi a les clés en mains et peut par une présence remarquée dans les épisodes de la gestion du feuilleton du porté disparu se laver à l’eau de javel de cette saleté à l’ère du changement. Le chef de l’Etat ne doit pas se lasser d’entretenir le pont de dialogue avec les syndicalistes. L’enquête pour rechercher aussi bien Dangnivo que les possibles assassins du porté disparu nécessite des soins pour guérir les anomalies porteuses des germes de suspicion et du doute. La bonne foi est ici précieuse.

Il est temps de gérer à la perfection l’affaire Dangnivo pour qu’elle ne se condamne pas à être une affaire d’Etat avec pour conséquence, la rouille de la crédibilité du pouvoir du changement. Ça fera bientôt trois mois que le compatriote est contraint au silence infini. Le spectacle de Womè et le développement vicieux de la situation brisent la patience nationale et nous conduisent dans les tuyaux minés.

Le porté disparu s’affiche désormais comme l’os dans la gorge du pouvoir cauri. Reste à Yayi de jouer pour que ne soit définitivement affectée la santé du changement.

26-10-2010, Sulpice O. GBAGUIDI

Fraternité

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