Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Mensuelles: octobre 2010

Le Livre programme de Gbagbo

L`élection présidentielle à venir est capitale pour la Côte d’Ivoire en ce sens qu’elle est la plus ouverte et elle sanctionne la fin de la crise ivoirienne. Le candidat Laurent Gbagbo s’adresse aux Ivoiriens dans un livre-programme dans lequel il aborde entre autres les origines de la crise ivoirienne.

Voir ci-dessous l`introduction.

Bâtir la paix sur la démocratie

Ce que nous avions cru impensable s’est donc produit. Il y a eu la guerre en Côte d’Ivoire. Il y a eu des morts, des vies brisées, des déplacés de guerre et des réfugiés. Nous avons constaté qu`avec la guerre, nous étions tous menacés dans les mêmes droits élémentaires. Quelles que soient nos appartenances régionales, religieuses ou politiques, quelles que soient nos positions sur la guerre elle-même, nous avons frôlé une catastrophe collective. Notre pays, la Côte d’Ivoire, a failli sombrer dans le chaos.
Mais les peuples entrent en action quand l’histoire l’exige. Les peuples se mobilisent toujours pour sauver les nations du péril. Le peuple ivoirien s’est dressé pour opposer au mauvais destin une même volonté résolue. Il a refusé la régression et nous sommes restés debout.
Aujourd’hui, la guerre est terminée. Il s’agit à présent de gagner la Paix.
Mais pour gagner réellement la Paix, il importe que nous comprenions et la guerre et les enjeux de notre résistance.
Notre pays doit reprendre sa marche vers la prospérité dans la démocratie et, pour cela, il nous faut accéder à la modernité.
La modernité aujourd’hui, c’est la démocratie et le développement, je veux dire les libertés individuelles, la capacité de l`Etat à faire face aux besoins individuels et aux besoins collectifs par l’éducation et l`industrialisation. Nous mettre à l’abri de la guerre, c’est nous donner les moyens de décider ensemble, nous-mêmes, des orientations de notre développement. Le temps est venu de travailler ensemble à l’avènement d’une vie commune meilleure, d’une vie protégée des incertitudes et des angoisses de la guerre.
N’oublions jamais qu’au cours de cette guerre, au-delà de nos vies et de nos biens, les cibles principales des forces qui ont attaqué la Côte d’Ivoire, ce sont la Démocratie, la République et l`Etat de droit. Par-dessus tout, elles ont voulu détruire la nation ivoirienne. Souvenons-nous de ce qu`elles ont voulu faire de notre pays, par les armes d`abord et par la diplomatie ensuite.
Elles ont voulu dénier au peuple ivoirien son droit souverain de désigner démocratiquement ses dirigeants. C’est pourquoi, elles se sont attaquées aux institutions issues des élections: la présidence de la République et l’Assemblée nationale.
Elles ont voulu changer la nature du régime de notre pays. C’est pourquoi elles se sont attaquées à la Constitution.
Elles ont voulu affaiblir l’État, le rendre fragile et vulnérable de façon chronique. C`est pourquoi, elles ont voulu transférer le centre du pouvoir exécutif des mains des personnes élues par le peuple, à des personnes choisies par elles.
Elles ont voulu désintégrer la nation ivoirienne. C`est pourquoi elles ont opposé les ethnies, les régions et les religions les unes aux autres.
Au total, elles ont voulu remettre en cause à la fois l`indépendance de la Côte d`Ivoire, les acquis des luttes démocratiques du peuple ivoirien, et l`unité de la nation. Voilà pourquoi, nous avons résisté. Voilà pourquoi, nous devons continuer à résister pour sauvegarder l`unité de notre nation, sauver la Démocratie, la République et l`Etat de droit. Nous devons résister pour demeurer une nation libre et digne, une nation généreuse et solidaire. Nous devons résister pour poursuivre notre quête de la prospérité. Nous devons résister pour sortir enfin de la culture et de l`esprit du parti unique.
Depuis 1990, la Côte d`Ivoire négocie le passage d`un monde qui finit, l`ère du parti unique, pour entrer dans le monde de la démocratie. Nous vivons les derniers soubresauts caractéristiques de cette fin d`époque. C`est pourquoi nous devons aller à un nouveau pacte social et républicain.
La guerre imposée à notre pays ainsi que la longue période de crise qu`elle a engendrée nous ont beaucoup appris. Elles nous ont appris qu`il ne suffit pas d`invoquer la paix pour l`avoir, ni de la décréter pour la vivre.
La paix est une des denrées à laquelle la raison et les désirs des hommes attachent le plus de prix. Mais elle est sans doute aussi, la plus fragile de ces denrées qui font le ciment des sociétés. S`il suffisait d`un décret pour imposer la paix, quel dirigeant politique sincère ne l`aurait établie pour le bien de son peuple ?
La Paix est toujours le nom d`un ordre donné et repose sur cet ordre. Pendant longtemps notre pays a connu un certain ordre de paix que je me suis gardé d`évoquer ces derniers temps: la Paix du parti unique. Le moment est sans doute venu d`en parler, car beaucoup de nos compatriotes ont choisi de travestir la vérité en rappelant le passé de paix des Ivoiriens. Ils en parlent comme s`il s`agissait d`un passé lointain et mythique de notre vie nationale. Ils en parlent avec nostalgie. Et lorsqu`ils évoquent les moments présents, marqués par de profondes turbulences au sein de notre société, ils refusent de pointer leur doigt accusateur là où il le faut, pour dire la vérité. Or les solutions que nous recherchons pour sortir notre pays de la crise et bâtir l`avenir de notre nation ne se trouvent pas dans ce passé nostalgique.
Le passé pour la Côte d`Ivoire, c`est le parti unique et son ordre. Et le parti unique n`est pas et ne peut être un modèle à revendiquer. Au contraire, nos difficultés actuelles sont le legs de ce régime politique dont nous n`avons pas su tirer les leçons. C`est en effet une constante de l`histoire. Partout où les peuples ont été longtemps soumis à un régime de parti unique, il y a eu tôt ou tard de grandes turbulences: l`ex-Union des Républiques socialistes soviétiques (Urss), après la chute du mur de Berlin.
en 1989, l`ex-Yougoslavie, après la mort du maréchal Tito, l`ex-Zaïre après la chute du maréchal Mobutu en 1997, la Guinée, après la mort de Sékou Touré en 1984, la Côte d`Ivoire, après la mort du président Houphouët-Boigny en 1993, etc.
La paix du parti unique est en effet une paix factice imposée dans la violence, et sous laquelle la violence couve en permanence. En Côte d`Ivoire, le parti unique a engendré la guerre des héritiers qui débute en janvier 1993, le coup d`Etat de décembre 1999 et le régime militaire de 1999 à 2000. Ce sont les contrecoups de .ces rivalités qui conduiront à la tentative de coup d`Etat de janvier 2001, et à la guerre civile déclenchée en septembre 2002.
Le parti unique a prospéré en Afrique, il a été encouragé et soutenu au plan international à cause du contexte international dominé par la Guerre froide. Il a fini par être considéré comme une modalité de la paix internationale.
En Côte d`Ivoire, la Paix du parti unique reposait sur trois piliers :
– un pilier politique, le parti unique;
– un pilier économique, l`exploitation de ressources naturelles abondantes pour une population peu nombreuse et l’endettement extérieur facile;
– un pilier stratégique, le caractère spécifique des accords de coopération avec la France.
Ces trois piliers ont garanti la stabilité relative de l`Etat et la situation de paix que l`on a pu observer.
Mais le système n`a pas résisté aux crises qu`il a lui-même engendrées. Il était miné par un déficit démocratique qui a entraîné la dégradation progressive du contrat de confiance entre les dirigeants et les populations. Dès l`apparition des premières difficultés économiques et sociales véritables, ces piliers se sont effondrés les uns après les autres.

Premier pilier : Le parti unique

Ce que l`on a appelé la « démocratie à l`ivoirienne », reposait sur l`emprise que le président de la République, président d`honneur puis président (à partir de 1980) du parti unique, exerçait sur les hommes et sur les Institutions. Une des conséquences de ce système était assurément l`attrait des cadres pour l`exercice d`une fonction politique, condition de leur promotion personnelle. Mais la pression sur les postes politiques devait très tôt engendrer des fractures à l`intérieur du parti unique et menacer la stabilité même du régime.
La question était alors de savoir comment maîtriser les velléités des cadres en nombre croissant et atténuer la pression qu`ils exerçaient sur les postes politiques forcément limités, tout en maintenant sous contrôle et bien à l`écart, ceux qui refusaient d`être membres du parti unique.
L`une des réponses a été l`augmentation du nombre des circonscriptions électorales et l`introduction des compétions électorales au sein du parti unique à partir de 1980. Désormais, pour être maire ou député, il fallait se soumettre au suffrage des populations. Mais même dans ce système, la compétition électorale épargnait « le fauteuil du chef de l`État », au nom, disait-on, de la stabilité sociale et politique. Cette  » démocratie » à double vitesse a pris fin sous la pression des luttes démocratiques du peuple ivoirien, avec la proclamation du multipartisme en 1990.
Une autre réponse a été le recrutement des cadres au sein ou à la tête des entreprises publiques et de la haute administration publique. Dans l`euphorie d`une économie de plantation et d`endettement en forte croissance, ce que l`on a appelé le « miracle ivoirien », le pays a ouvert de nombreux chantiers. Les grandes entreprises d`Etat et la haute administration servaient à absorber le flux de cadres et donc à résoudre non seulement le problème de leur emploi, mais aussi à soutenir financièrement le parti unique. Car dans bien des cas, les cadres étaient aussi cooptés dans les instances du parti unique. Mais très vite, le système atteignit ses limites. Dès les années 1980, ce fut la crise économique, avec l`apparition des Programmes d`ajustement structurels (Pas) caractérisés par l`obligation de la bonne gouvernance, le désengagement de l`Etat des secteurs productifs, la réduction de l`appui de l`Etat aux secteurs sociaux, les privatisations tous azimuts, le chômage des cadres et la misère des populations.

Deuxième pilier : L’exploitation de ressources naturelles abondantes pour une population peu nombreuse et l’endettement extérieur facile

Le niveau de développement économique qui a soutenu la Paix en Côte d`Ivoire reposait à la fois sur la faible densité de la population, des ressources naturelles abondantes et un endettement facile.
A l`indépendance, la Côte d`Ivoire comptait à peine 3 millions d`habitants. Le choix de rester dans l`économie de plantation, héritée de la colonisation, a entraîné d`une part, une politique agricole axée principalement sur les produits agricoles d`exportation au détriment de la production agricole vivrière et, d`autre part, comme conséquence de cette politique, un double mouvement migratoire des populations vers les zones propices à la culture de ces produits d`exportation: un mouvement interne des régions du Centre et du Nord vers la zone forestière d`une part, et d`autre part, la poursuite et l`intensification du mouvement externe, en provenance des pays limitrophes, vers ces mêmes forêts.
Très vite, l`exploitation sans mesure de la forêt et le rythme d`occupation des sols ont eu raison des ressources et de la cohésion sociale. Aujourd`hui, la forêt a disparu. Au moment de l`indépendance nous avions 16 millions d`hectares de forêt. Nous n`en avons maintenant qu`à peine 2,5 millions. La population ivoirienne qui était d`environ trois millions d`habitants en 1960 dépasse aujourd`hui les 20 millions. Les populations étrangères vivant dans le pays, dont 48 % sont nés en Côte d`ivoire, ont dépassé les 26 % de la population totale.
Les terres propices à la culture des produits d`exportation se font rares. L`absence d`une vision politique capable de prévenir les conflits liés au modèle économique adopté par le pays, a fait du monde rural un vaste champ de conflits multiformes liés à l`occupation des terres.
Pendant ce temps, l`endettement prend des proportions insupportables. La dette de la Côte d`Ivoire que nous payons aujourd`hui date, pour l`essentiel, des années 1970, 1980 et 1990. C`est au cours de ces trois décennies qu`elle a connu une évolution fulgurante. De 100 milliards de Fcfa, équivalant à 17,7 % du Pib en 1973, le montant de la dette est passé successivement à 2371 milliards, soit 75,6 % du Pib en 1985 puis à 8 468 milliards, soit 136,2 % du Pib en 1996.
Avec une telle évolution de l`endettement, on comprend bien que la Côte d`Ivoire soit devenu un pays pauvre et très endetté. Bâtir la Paix aujourd`hui, demande la mise en œuvre d`un nouveau modèle économique. La réforme de l`économie est pour moi, un enjeu de la Paix.

Troisième pilier : Les accords de coopération avec la France

Les accords de coopération avec la France, signés en 1961, prolongeaient au-delà de l`indépendance, la « paix française » instaurée en Côte d`Ivoire sous la colonisation. Ces accords, favorisés par le contexte international de la Guerre froide ont, pendant longtemps, accordé à la Côte d`Ivoire une place de choix dans la diplomatie française et permis de réussir un solide attelage entre les deux pays. Mais cette paix liée, fille aînée des retombées de la coopération avec la France s`est, elle aussi, effondrée sous le poids de divers facteurs internes et externes.
Au plan international, la chute du mur de Berlin en 1989, marquant la fin de la division du monde en deux blocs, la création de la monnaie unique européenne et l`élargissement de l`Europe, la mondialisation enfin, remettent en cause, de fait, les principes économiques fondamentaux et les enjeux stratégiques des accords de coopération.
Au plan national, l`évolution du niveau global d`instruction de la population, le regain démocratique qui s`accélère à partir de la fin des années 1980, le développement d`une conscience nationale, la diversification des besoins de l`économie nationale, demandent un horizon de coopération plus large que celui fixé au lendemain de l`indépendance.
Aujourd`hui, la France elle-même ne fait plus mystère de sa volonté de réviser ces accords, y compris les clauses relatives à la défense. La Côte d`Ivoire doit pouvoir assumer totalement la Paix et la sécurité à l`intérieur et à l`extérieur de ses frontières. Je veux, avec le soutien de tous nos amis, y compris la France, doter la Côte d`Ivoire des moyens d`assurer la sécurité de ses frontières, et celle des personnes et des biens sur son territoire.
Les trois piliers du parti unique se sont donc effondrés, et avec eux, la Paix qui est aujourd`hui encore évoquée avec nostalgie. Il n`est pas envisageable de revenir à ce passé. Il est révolu. Définitivement. Voilà pourquoi, il nous faut bâtir la paix sur la démocratie comme base du nouveau pacte social et républicain que je propose aux Ivoiriens et à tous les habitants de ce pays.
Les Ivoiriennes et les Ivoiriens, comme tous ceux qui vivent en Côte d`Ivoire, voient et savent les efforts que je ne cesse de déployer, depuis le 19 septembre 2002, pour ramener la paix dans notre pays.
Mais il ne faut pas se tromper. La Paix que je veux et que j`appelle de toutes mes forces, c`est la Paix que nous aurons tous voulue en tant que peuple et en tant que nation. Une Paix que nous désirons en connaissance des expériences vécues au cours de cette période difficile. Nous voulons une Paix réelle et vraie, issue d`un ordre social et politique que nous nous serons donné. Et ce sera notre Paix à nous, habitants de la Côte d`Ivoire. La Paix que je veux pour la Côte d`Ivoire est celle qui repose sur l`ordre démocratique; une paix pour jouir de nos libertés et vivre notre indépendance.
C`est la raison essentielle pour laquelle nous devons aller aux élections. L`enjeu principal de ces élections, c`est la Paix et la quête de la prospérité. Mais c`est aussi la démocratie.

En Côte d`Ivoire, l`instauration du multipartisme le 30 avril 1990 a marqué une étape historique vers la démocratisation du pays. Elle a suscité un espoir légitime de liberté, de justice et de Paix. Il aurait fallu aussitôt bâtir la Paix sur le socle de la Démocratie. Mais les gouvernants de l`époque et les héritiers du parti unique en ont décidé autrement. N`ayant pas accepté le changement, ils ont voulu maintenir le régime ancien contre le Temps, contre l`Histoire et contre la volonté du peuple, empêchant ainsi la Nation de se former et l`État de se consolider sur la voie de la modernisation politique et économique.

Malgré tout, le peuple ivoirien est resté fidèle à son projet de faire de la Côte d`Ivoire un pays prospère, un pays de paix; un pays où la paix et la prospérité reposent sur le fonctionnement démocratique des institutions. La prochaine élection présidentielle donne aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens l`occasion de renouveler cet engagement.

En 2000, j`ai été élu sur un programme que nous étions en train de réaliser lorsque la guerre est survenue. Dans le programme dont je présente ici les grandes lignes, j`indique les priorités` qui sont aujourd`hui les nôtres mais surtout, je prends l`engagement de poursuivre les réformes dont notre pays a besoin pour assurer le bien-être des populations, avoir une économie prospère et disposer des services d’un État efficace au service de tous dans un monde désormais multipolaire.

Laurent Gbagbo

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Elections présidentielles de 2006 au Bénin: le rendez-vous manqué du développement

     L’erreur collective (75%)                   La solution délaissée

Voici les images des deux (02) acteurs du second tour des élections présidentielles de mars 2006.

Le premier, Boni YAYI serait un docteur en économie et le second, tous les béninois le connaissent depuis 20 ans c’est Adrien HOUNGBEDJI, avocat et Président du Parti du renouveau démocratique (PRD).

Les béninois avaient donc le choix entre les deux hommes et ils ont préféré à 75 % Boni YAYI (erreur collective !!!) qui leur a promis le changement avec le slogan « ça peut changer, ça va changer, ça doit changer ».

Cinq après, on se demande quelle mouche a pu piquer les béninois et les acteurs politiques pour qu’ils aient pensé un instant que cet homme qu’ils ne connaissaient point pouvait apporter le mieux-être au peuple.

Cet homme nouveau donc, présenté à la face du monde par des individus peut-être de bonne foi est arrivé au pouvoir.

Sa prestation de serment présageait déjà de l’inauguration de jours sombres pour le Bénin et ses institutions. Ce ne devrait pas être une surprise si Boni YAYI ne respecte pas la représentation nationale.

On se rappelle que Boni YAYI, le jour de son investiture avait  omis de citer les députés dans son discours (c’était déjà un signe) et s’est rapidement déchargé en disant que c’était le protocole qui en était responsable.

Des promesses électorales de 2006 et du projet de société présenté par le candidat Boni YAYI, il n’en reste plus rien ou du moins rien n’a été vu.

Ces promesses et le fameux projet de société qui ferait du Bénin « un pays émergent » se sont noyés dans le flot des scandales politiques (les débauchages, l’achat de députés à coup de milliards), économiques et financiers de tous ordres (dossier CENSAD, des micro crédits aux plus pauvres, des machines agricoles, ICC services,…), faisant du sommet de l’Etat un endroit où la morale et l’éthique ont déserté le forum.

Les béninois, en faisant l’option du changement prôné par Boni YAYI en 2006, nourrissaient l’espoir d’un changement véritable et du développement qui leur procurerait la satisfaction de leurs besoins essentiels et l’espérance en de jours meilleurs.

Première mesure prise par Boni YAYI c’est l’augmentation considérable de son salaire, porté à un niveau hors mesure pour notre petite économie et d’ailleurs sur ce point, les clarifications sur le salaire et les rémunérations à la Présidence demandées par la commission budgétaire de l’assemblée nationale n’ont jamais été apportées.

Au lieu de se consacrer à ce pour quoi il s’est fait élire, le Président Boni YAYI a décidé d’ériger le populisme en mode de communication, faire de l’hyper-communication puis se lancer dans la politique ; il décide alors de balayer la classe politique qu’il a tôt fait de qualifier de « vieille classe politique » et c’est à cela il s’est attelé tout son mandat afin de déblayer le chemin pour sa réelection en 2011.

Les aspirations du peuple ont été mises sous le boisseau par Boni YAYI pour qui seul le pouvoir compte même s’il faut passer par quelques mesures de gratuité et quelques constructions en bambou.

Tout son souci est sa réélection en 2011 et tout se fait à dessein avec la préoccupation permanente de ne pas fâcher l’électorat. Quand il sent l’électorat se fâcher, il revient sur sa décision, ravalant du coup ses propres vomissures.

Son souci n’est donc pas le développement mais le pouvoir.

Quelques exemples de ce mode de gestion sont là très palpables : la lutte déclenchée maladroitement contre le carburant frelaté dit kpayo, le nouveau découpage territorial fait par la commission Adjaho remis en question après les divers soulèvements, le limogeage puis la réintégration dans l’équipe gouvernementale de François Noudégbéssi après les grognes à Avrankou.

L’Etat a perdu de sa force et de son autorité. Le pouvoir d’Etat est bafoué puisqu’il est gangrené jusqu’aux moelles par des religieux en quête d’assistance financière, de politiciens désœuvrées et tout ceci couronné par un Président qui reconnait être « un intrus qui ne connaissait pas la maison ».

Un chroniqueur de la télévision brésilienne disait il y a peu : « Plus un dirigeant est médiocre, plus il méprise l’intelligence et la culture et se transforme en une île entourée de médiocres ».

C’est ce que vit le Bénin depuis 2006, toutes les têtes pensantes se sont retirées de la gestion de Boni YAYI et les quelques unes qui y restent ont sombré ou contraints de faire de la politique, laissant les questions de développement au profit de la réélection de Boni YAYI.

S’il est une chose à laquelle le peuple croyait fort, c’était au moins au développement économique.

Mais hélas, l’échec est patent.

Le gouvernement après avoir essayé de camoufler sa mauvaise gestion, a été obligé d’avouer au FMI et à la banque mondiale sa difficulté de trésorerie puis reconnaitre que son budget de 1.300 milliards qu’il s’efforçait de nous faire avaler en prenant une ordonnance ne pouvait être atteint.

On se demande quel budget est au juste mis en exécution ? Une chose est sûre, le gouvernement a reçu l’injonction de n’exécuter qu’à 40 % son budget ; budget qualifié de fictif par le ministre des finances togolais sur une chaine de télévision internationale.

Le taux de croissance de deux (02) chiffres promis n’a jamais été atteint. Pis, on a régressé ; de 5,1 sous kérékou qui n’a aucune notion de finance, le taux de croissance est passé à 2,7 sous Boni YAYI, docteur en économie et président pendant plus d’une dizaine d’années d’une banque régionale, entouré d’une pléiade de conseillers en finance.

 La mauvaise gestion est devenue la règle dans le gouvernement de Boni YAYI.

On se rappelle encore la violation flagrante du principe universel et élémentaire de l’unicité de caisse (chose que devrait savoir Boni YAYI) avec les fonds d’escorte.

Pendant plus de deux (02) ans les fonds de l’escorte des véhicules d’occasion n’étaient ni versés au trésor, ni budgétisés. Il a fallu de nombreuses supputations et des interpellations pour que le gouvernement vienne clarifier la destination des fonds. Ces fonds auraient donc été  domiciliés sur un compte hors budget à la BCEAO de Cotonou. (Quelle transparence ?)

Pour rappel, cette institution était dirigée en ce moment par Marcel de SOUZA, beau frère de Boni YAYI. Ce n’est qu’en 2009 et sous la pression constante et insistante des députés que le gouvernement se décide à budgétiser ces fonds.

Le dossier ICC services est aussi un échec de la politique économique de Boni YAYI.

Nous voici dans un pays où des gens s’installent au vu et au su des autorités, se font inviter par elles et les invitent à des séances d’inauguration très médiatisées et après escroquent le peuple et le gouvernement dit ne pas être au courant et cherche à se décharger comme à son habitude sur l’opposition et le peuple qui serait trop gourmand et à la recherche du gain facile.

Comment une telle structure a-t-elle pu s’installer et exercer tout ce temps sans que le gouvernement ne soit informé de ses activités alors qu’il a à sa disposition des organes d’investigation et de répression?

Pourquoi le gouvernement qui en 2008 s’était invité dans la gestion de padme et papme en limogeant les directeurs généraux, en nommant d’autres pour les limoger par la suite et ainsi de suite pendant plus de 16 mois avec comme argument qu’il voulait protéger les épargnants de ces institutions de micro finance ne pouvait-il pas s’interroger sur les activités d’une structure comme ICC qui opérait avec forte publicité et qui plus est dans l’illégalité?

Et pourtant, a t’on dit la banque centrale avait attiré l’attention du gouvernement béninois sur ce genre de structure. Passivité ou complaisance ?

Le gouvernement est passé maître dans l’art de fouiller dans la vie, même privée des acteurs politiques qui ne lui font pas allégeance. Alors que Boni YAYI n’a jamais justifié les édifices érigés à Djougou, Parakou, l’extension de sa demeure de Tchaourou autrefois bien modeste avant 2006 en une superbe résidence, des acquisitions d’appartement en France relayées par notre concitoyen Benoit Illassa, il demande à Maître Adrien HOUNGBEDJI de justifier la provenance des sous ayant servi à l’achat récent d’appartement en France par ce dernier (drôle de charité).

Boni YAYI s’attèle chaque jour que Dieu fait à détruire ce à quoi il n’a pas contribué en jouant sur les polarités nord – sud ; faisant ainsi resurgir les vieux démons de la division.

Le général Mathieu KEREKOU et Nicéphore SOGLO, les deux premiers présidents de l’ère démocratique se sont évertués à respecter le peuple dans ces dimensions multi-culturelles et multi-ethniques même si on pouvait trouver à redire, au moins eux priorisaient la compétence dans la nomination de leurs proches ; chose qui a disparu sous le régime du changement.

Des jeunes sont débarqués de l’intérieur du pays alors même qu’ils n’ont pas demandé, pour être conducteurs de véhicules administratifs (CVA) dans les ministères alors qu’ils n’ont jamais participé à aucun concours de recrutement, ils n’ont jamais conduit de véhicules et n’ont même pas de permis et c’est maintenant qu’ils devront apprendre au moment où d’autres jeunes expérimentés et dévoués sont dans les environs et ne cherchent qu’à travailler.

Depuis 2006, et surtout après les campagnes législatives de 2007 où Boni YAYI menaçait d’abandonner les localités qui ne voteraient pas massivement pour la FCBE, toutes les nominations effectuées par Boni YAYI ont tout l’air d’une mise à exécution de sa menace. Aussi, certaines régions sont priorisées par rapport à d’autres et certains Cadres démis de leurs fonctions parcequ’appartenant à un parti soupçonné d’opposition ou d’opposition.

Même, pour se laver des dossiers sales qui jettent de l’oppobre sur son régime, Boni YAYI fait encore preuve de régionalisme. Sinon, comment comprendre que l’ex ministre de l’intérieur Armand ZINZINDOHOUE soit limogé et son dossier envoyé aux députés pour qu’il soit traduit devant la haute cour de justice parcequ’il aurait signé un permis de port d’armes et aurait fourni de garde corps au sieur Emile TEGBENOU alors que son collège de la défense Kogui N’DOURO qui, a fait pire ou tout au moins autant en allant réceptionner du matériel militaire en compagnie des têtes dirigeantes de ICC-Services et en leur ayant octroyé de garde-corps n’a pas été inquiété?

La seule solution pour être libre de ses mouvements et avoir la latitude de dire tout haut ce qu’on pense et ce qu’on veut c’est bien d’être membre de la FCBE ou alors, il faudra s’attendre à subir des persécutions.

Toutes les manifestations de l’opposition, des acteurs de la société civile, des syndicats et des organisations des droits de l’homme  sont interdites avec des alibis les uns les plus fallacieux que les autres. La dernière en date est celle du 12 octobre passé où l’on a vu une horde de policiers débarquer à la bourse du travail (la maison des travailleurs) bloquant même l’entrée dans le bâtiment aux syndicalistes venus travailler.

Le droit de grève est bafoué. Tous, avons encore en mémoire le communiqué signé du Président Boni YAYI invitant les jeunes sans emploi et sans formation ainsi que les douaniers retraités à s’inscrire pour remplacer les douaniers grévistes qui protestaient contre la nomination de James SAGBO, un colonel retraité, membre de la FCBE à la tête de leur corporation.

Dans tout le pays et dans tous les secteurs, se sont créés des syndicats patriotes pour démobiliser et déstabiliser les mouvements et vilipender les chefs de ces syndicats en grève. Le gouvernement lui-même se contente de mobiliser les ressources pour que tous les ministres, les Directeurs de société d’Etat et les conseillers puissent aller dans les villes et campagnes en séance d’explication et de sensibilisation des populations pour présenter au peuple les apatrides de syndicalistes qui n’aiment pas le pays ; laissant du coup leurs bureaux, leurs activités et ralentissant ainsi l’administration.

Quel changement dans la gestion des affaires publiques et de l’Etat?

Tant de contraste avec ce en quoi les béninois croyaient et pensaient voir.

Ils se sont trompés en posant leur dévolu sur Boni YAYI qui s’est très vite pris pour le messie et l’omnipotent.

L’administration est devenue plus corrompue et plus pourrie plus qu’elle ne l’était en 2006.

Les cadres ne se respectent plus et ne respectent plus la hiérarchie. C’est tout normal puisque des cadres B deviennent chefs et viennent commander des cadres A et tout ceci sur la base du clientélisme et du régionalisme. Des agents se lèvent pour invectiver leurs supérieurs tout juste parcequ’ils ont des attaches au palais et qu’ils se disent intouchables.

L’administration est déstructurée.

La liste des dérives de ce régime est longue, longue et très longue.

Le Bénin vient de perdre cinq (05) ans, le pays est descendu très très bas et il n’y a pas deux solutions.

Il faudra remercier le prophète du changement et ses disciples, les renvoyer au passé ; un bien triste passé.

C’est la solution pour faire redorer au pays son blason d’havre de paix, de laboratoire de la démocratie et amorcer le développement.

aymard

Economie Gabon: Ali BONGO promet une croissance de 7 pc

LIBREVILLE, Gabon – Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a déclaré samedi soir à la télévision nationale, à l’occasion de son premier anniversaire à la tête du pays, que «le Gabon atteindra en 2010 une croissance de 7% contre une croissance négative en 2009, et ce, en dépit de la crise financière mondiale.

« Je déplore toutefois la lenteur dans l’exécution des projets lancés et j’ai décidé de placer les hommes et les femmes à la place qu’il faut », a affirmé le numéro un gabonais qui a déploré le favoritisme et les nominations sur les bases ethniques dans l’administration.

«Le problème ethnique réside dans notre administration, car les dirigeants choisissent d’abord les parents, même s’ils n’ont aucune compétence. J’avais prescrit aux ministres du gouvernement de choisir des collaborateurs compétents, car les choix ethniques brisent le développement », a révélé le chef de l’Etat qui souhaite que « nous renforcions l’unité nationale pour construire une nation plus forte et soudée ».

Il a laissé entrevoir dans ses propos un éventuel réaménagement au niveau du gouvernement et a affirmé : « je me battrai de toutes mes forces pour combattre l’ethnisme ».

Ali Bongo Ondimba avait prêté serment le 16 octobre 2009 à l’issue des élections qui ont suivi une période de transition houleuse due au décès, le 8 juin en Espagne, de son père, Omar Bongo Ondimba, lequel était resté au pouvoir sans discontinuer pendant 40 ans.

Pour Ali Bongo Ondimba, la fin cette première année de mon mandat nécessitait un bilan d’étape de l’action entreprise, ajoutant que ‘le chemin est encore long et il nous faudra surmonter toutes les contraintes pour notre marche vers l’émergence ».

Abordant la dette intérieure de l’Etat, il a insisté sur les efforts réalisés, pour régler celle-ci.

‘L’Etat traîne des impayés depuis plusieurs années. C’est un passif lourd qu’il a fallu gérer à notre arrivée. J’ai donc demandé qu’il soit procédé au paiement de ce passif qui s’est accumulé depuis 2004’, a-t-il dit.

‘Sur un service global de la dette estimé à 911 milliards de FCFA (1,39 milliard d’euros), plus de 880 milliards (1,34 milliard d’euros) ont déjà été payés au 30 septembre 2010’, tandis qu’au niveau du budget de l’Etat, « plus de 600 milliards de FCFA (915 millions d’euros) ont été débloqués pour éponger la dette intérieure », a-t-il rapporté.

Ali Bongo Ondimba a par ailleurs fait observer qu’une politique active de paiement des arriérés de l’Etat a été mise en place, afin de relancer l’activité économique nationale et soutenir un niveau d’emploi porteur de croissance ».

NIGER: Fouilles chez les quatre membres de la junte militaire arrêtés

 

 Le Niger.

Le Niger. L. Mouaoued/RFI

Par RFI

Selon des proches des quatre militaires arrêtés, des perquisitions ont eu lieu dimanche 16 et lundi 18 octobre 2010 à leurs domiciles. Les quatre membres de la junte, arrêtés ce week-end, sont toujours « retenus » à Niamey à la caserne de l’état-major de la gendarmerie. Ils sont accusés de « tentative d’assassinat » et de « coup d’Etat » par la présidence.

Il n’y a toujours aucune explication officielle après l’arrestation, ces trois derniers jours, des quatre officiers supérieurs membres de la junte. Cependant, sous le couvert de l’anonymat, du côté de la présidence de la junte certains commencent à parler et les accusations se précisent. A la présidence, occupée depuis le 18 février par le général Salou Djibo, on ne parle plus d’une « déstabilisation » mais bien d’une « tentative de coup d’Etat ».

Les colonels Abdoulaye Badié, Amadou Diallo, Abdou Sidikou et Sanda Boubacar, tous membres du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), sont toujours aux arrêts à la caserne du commandement de la gendarmerie. Il n’y a pas eu de nouvelles interpellations, mais des perquisitions.

Selon des proches des quatre militaires arrêtés, des perquisitions ont en effet eu lieu depuis dimanche 17 octobre à leur domicile. Il y a eu notamment une fouille vers 19 heures chez le colonel Diallo, puis chez le lieutenant-colonel Sidikou. Et, ce lundi 18 octobre 2010, au matin très tôt, c’est chez le colonel Badié que les gendarmes sont allés perquisitionner, une fouille minutieuse qui aurait, selon la famille, duré plusieurs heures.

Les familles s’inquiètent du sort des quatre hommes. Depuis dimanche midi, plus aucune visite n’est autorisée. Les épouses ne peuvent plus remettre directement le repas à leurs maris détenus.

Par ailleurs, les quatre hauts gradés, tombent sous le coup de la justice militaire, beaucoup plus stricte que la justice civile. Ainsi, la garde à vue est de dix jours renouvelables et n’autorise pas l’intervention d’un avocat.

Du côté de la présidence, on affirme que « l’enquête continue », sans donner beaucoup plus de détails. A propos des accusations, depuis ce week-end, la présidence affirme que les quatre militaires membres de la junte seraient les « cerveaux d’une tentative de putsch avec un projet précis d’assassinat du président Salou Djibo à son retour de New York ». L’alerte aurait été donnée par une puissance occidentale.

Dans l’entourage des quatre militaires, on continue à parler de « machinations montées par des proches du président Djibo contre le colonel Badié et les siens ». Et l’on assure que les accusations d’assassinat sont un « pur montage ».

Les moyens de l’Etat dans la campagne de GBAGBO

3 500 HOMMES ET ENVIRONS 3 MILLIARDS POUR SECURISER LE CANDIDAT GBAGBO EN 36 JOURS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  Tout simplement incroyable et démentiel. 2,6 milliards de Fcfa, c`est la note extrêmement salée que le contribuable ivoirien va devoir payer pour sécuriser la tournée de M. Laurent Gbagbo, candidat à l`élection présidentielle du 31 octobre. 3500 soldats à entretenir durant 36 jours…

C`est un courrier daté du 23 septembre adressé par le chef d`Etat major des armées, le général de corps d`armée Philippe Mangou au ministre de la Défense Michel Amani N`guessan qui met en lumière des fonds colossaux ainsi que les moyens humains et matériels frôlant la démesure qui ont été déployés pour assurer la protection du candidat Gbagbo, en tournée du 24 septembre au 28 octobre dans le cadre de la campagne présidentielle. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le candidat le plus courageux qui se vante d`être le « candidat des Ivoiriens » par opposition à ses rivaux qui seraient   » les candidats de l`étranger  » ne va pas à la rencontre de son peuple les mains nues. Une armée de 3500 hommes en plus des éléments de la Garde républicaine ont été mobilisés pour assurer la sécurité du Woody au cours de cette campagne.

Le courrier du Cema au ministre de la Défense est sans équivoque.  » La sécurisation des localités concernées nécessite le déploiement de 3500 hommes du jeudi 23 septembre au jeudi 28 octobre 2010, soit pendant trente-six (36) jours « . Le budget de cette opération de sécurisation du candidat Gbagbo se décline en trois étapes. La première concerne la période allant du 23 septembre au 5 octobre, soit 12 jours, évaluée à 1,042 milliard de Fcfa. C`est donc dire que le contribuable ivoirien a déjà déboursé plus d`un milliard rien que pour assurer la sécurité de Gbagbo. La deuxième étape couvre la période allant du 5 au 16 octobre et elle est évaluée à 717 640 000 Fcfa. Enfin, la troisième étape concerne la période allant du 17 au 28 octobre et elle coûtera 840 275 500 Fcfa. Au total ce sont 2,6 milliards de Fcfa qui vont être tirés des caisses du Trésor public rien que pour la sécurité d`un candidat. Cette somme faramineuse va servir à assurer, pour les 3500 hommes, les frais de nourriture, les perdiems, de santé, de télécommunication, de mobilité, de carburant et logistique, comme déclinés dans les tableaux annexes. Ainsi donc, c`est aux frais du contribuable ivoirien que Gbagbo Laurent le démocrate, celui qui voue un culte aux deniers publics a décidé d`aller en campagne.

En réalité les 2,6 milliards dégagés pour la sécurité ne sont que la partie visible de l`iceberg. Parce que quand Gbagbo est en tournée, il n`y a pas que l`aspect sécuritaire à gérer. Les véhicules de l`Etat et les moyens financiers de l`Etat sont mis à contribution pour assurer le déplacement, l`alimentation, l`hébergement et les perdiems de tous ceux qui traînent derrière le « candidat du peuple ».

Telle est la triste réalité et les Ivoiriens ont le droit de le savoir. Car quel péril plane-t-il sur Gbagbo pour nécessiter la mobilisation de 3500 hommes lorsque le candidat de LMP se rend à Adzopé, Bondoukou, Agboville ou Tiassalé où il existe déjà des éléments des Fds sur place ? Une autre facette de bonne gouvernance version Gbagbo. Si donc le chef se comporte de la sorte, doit-on vraiment s`étonner quand ses collaborateurs volent des milliards de francs à tour de bras ?

Akwaba Saint Clair

Src: africaciel.com

Affaire DANGNIVO: Halte à la torture des parents!

 

HALTE A LA DIVERSION ET AUX MENSONGES A L’ENDROIT DU PEUPLE !

La presse (radio et télévision) rend compte de la rencontre organisée par Boni YAYI le vendredi 15 octobre 2010 avec les responsables syndicaux encore au sujet de l’affaire DANGNIVO. Selon le point fait à travers la presse par Mgr GANYE, archevêque de Cotonou, il est dit que les responsables syndicaux auraient accepté de collaborer pour amener les parents à accepter le test ADN (sur le cadavre exhumé à Womey) pour « qu’éclate la vérité », que Boni YAYI aurait accepté de « lever l’interdiction des manifestations », et qu’enfin il devrait être mis fin aux débrayages et aux grèves.

Ce compte rendu ne peut que surprendre et révolter tout démocrate et tout travailleur conscient devant tant de contre vérités, de volonté de torture des parents de la victime déjà éplorés, de diversion et de mensonges d’un Président complètement empêtré jusqu’au cou dans cette affaire DANGNIVO. De toutes les sources honnêtes de personnes qui ont assisté à cette rencontre du vendredi 15 octobre 2010, on peut retenir qu’il s’agit d’un complot concocté par YAYI Boni en connivence active avec Nicolas ADAGBE, le président du CES transformé en organe de médiation au profit du pouvoir en place. L’objectif principal de Boni YAYI était d’obtenir des participants leur complicité pour faire pression sur les parents afin que ces derniers acceptent de se faire prélever pour accomplir le test de l’ADN. Boni YAYI y est allé avec toutes les menaces, allant jusqu’à citer les articles de la constitution qui font de lui le garant de l’application des décisions de justice et donc qu’il saura obliger les parents à se plier à cette décision de la justice qui ordonne le test sur le cadavre exhumé à WOMEY dans les conditions douteuses et exécrables que tout le monde connaît. Boni YAYI soumet donc à la torture des parents déjà frappés et éplorés !

Si Boni YAYI était si attaché à l’application des décisions de justice, qu’en est-il du jugement de ceux-là qui ont été abattus par sa garde au carrefour Gbéna à Ouidah ? Où en est-on des paysans abattus à Agonvy ? Où en est-on des dossiers de pillage des ressources de l’Université par son Ministre, repris de justice, TAKPARA et du dossier des 340 forages de son ministre Prudencio ? Dans l’affaire DANGNIVO, tous les spécialistes médecins légistes ont montré que le test de l’ADN, effectué sans autopsie et rapports préalables, sera nécessairement biaisé et ne prouvera rien.

Tous les légistes et juristes de bonne foi affirment que les conditions de conservation du cadavre exhumé à Womey n’apportent aucune garantie que le cadavre sur lequel auront été faits les prélèvements pour l’ADN sont bien celui-là. Alors pourquoi Boni YAYI s’acharne-t-il à torturer les parents, à faire la diversion et à propager des mensonges ? En effet, il est faux et pour le moins tendancieux de dire que les travailleurs ont accepté de collaborer pour qu’éclate la vérité, comme si les travailleurs avaient jamais fait obstruction et n’ont jusqu’ici fait et recherché autre chose que la vérité. Qui a donné l’alerte sur la disparition de DANGNIVO ? Les travailleurs. Qui a lancé les premiers avis de recherche ? Qui a proposé la mise en place d’une cellule de crise et s’est rapproché des autorités pour le faire ? Qui a exigé l’ouverture de numéros de téléphone verts ? Les travailleurs. Pendant ce temps, 15 jours après la disparition, Boni YAYI disait qu’il n’était pas au courant. Ses collaborateurs proches, HOUEDJISSIN, HOUNTONDJI, GBADAMASSI diffusaient des mensonges, des propos de diversion sans que la justice, dont Boni YAYI se proclame le chef ne se saisisse d’eux pour les écouter. Qui a encore démenti par des preuves concrètes leurs propos mensongers ? Encore les travailleurs. Qui a dénoncé la mise en scène odieuse de l’exhumation d’un corps à Womey et les propos du Procureur de la République, du Ministre de la justice et de l’Ambassadeur de France au Bénin qui disaient déjà qu’il s’agissait du corps de DANGNIVO et présentaient déjà les condoléances à la famille du disparu ? Encore et toujours les travailleurs. NON, Messieurs les oppresseurs du peuple, cessez vos mensonges et diversions. Dans cette triste et écœurante affaire DANGNIVO, c’est Boni YAYI et son pouvoir qui ont dressé à chaque pas des obstacles à l’éclatement de la vérité contre la volonté des travailleurs et du peuple, obstacles qui sont allés jusqu’aux attaques frontales et inadmissibles contre les libertés, jusqu’à l’envoi de chars contre des manifestants pacifiques. Alors qu’on ne vienne pas nous présenter une promesse de levée de l’interdiction de manifester comme un trophée d’un dialogue et un cadeau d’un quelconque dictateur magnanime et éclairé par les discours de sages. NON ! ce sera une insulte au peuple.

Les libertés de conscience, d’expression, de presse, d’association, de manifestation, de grève ne sont pas un cadeau octroyé par un dirigeant à notre peuple, ni le fruit d’une quelconque rencontre au sommet. Les libertés n’ont pas été acquises par exemple à la Conférence nationale des forces vives comme tendent à le faire croire les hauts bourgeois. C’est faux. Les libertés (de conscience, d’expression, de presse, d’association, de manifestation, de grève) ont été conquises (contre leurs interdictions et répressions par le pouvoir tyrannique du PRPB-KEREKOU) dans les combats, dans les rues, aux prix de privations et de sacrifices, dans la douleur, la sueur, les larmes et le sang par les travailleurs, la jeunesse et le peuple. Elles sont par conséquent sacrées et non négociables. Dans ces conditions, la justice aurait consisté à blâmer et punir celui qui a envoyé des chars contre des manifestants pacifiques. En parlant de levée d’une interdiction de manifestation publique, BONI YAYI démontre à contrario qu’il est un tyran. Au total, la rencontre du vendredi 15 octobre démontre une fois de plus et encore que BONI YAYI est empêtré jusqu’au cou dans la disparition de Pierre Urbain DANGNIVO, et tel un homme enfoncé dans des sables mouvants, chaque geste pour essayer de s’en sortir l’enfonce davantage. Chercher à torturer les parents pour un test d’ADN ne le dédouane aucunement sur les commanditaires de ce crime odieux qu’on veut attribuer à des charlatans dans la criminalisation du disparu ! L’opinion publique est confortée et unanime aujourd’hui qu’avec les nombreux mensonges et montages de son gouvernement dans cette affaire, toute solution qui sera apportée par Boni YAYI est nécessairement douteuse, quels que soient les juristes et scientifiques utilisés. L’opinion publique est unanime pour dire que YAYI Boni en assiégeant et en occupant la Bourse du Travail avec des militaires armés et des chars, en pénétrant même dans les bureaux pour évacuer le personnel administratif, a élargi le fossé créé par ses scandales à répétitions et supprimé toute chance de dialogue crédible avec lui. Il sera désormais difficile à tous responsables d’organisations religieuses, sociales, syndicales de convaincre de croire en la bonne foi de Boni YAYI. Quiconque s’y essaie apparaitra comme complice de ce tyran ou ridicule. Les leçons tirées de cette nouvelle mascarade et torture de Boni YAYI permettront à tous les hommes et femmes de bonne volonté de se convaincre qu’il faut poursuivre les combats pour le pouvoir aux travailleurs et aux peuples pour le triomphe de la vérité sur le mensonge.

Cotonou, le 17 octobre 2010

Le Parti Communiste du Bénin

Quel développement pour l’Afrique?

A la conquête du développement

Les défis à relever

Le premier défi à relever et le plus difficile est pour le sous développé de réviser son schéma mental.

C’est donc à une révolution mentale qu’il faut appeler. Il faudra cultiver la curiosité et l’agressivité nécessaire face à la nature.

Ce n’est pas une agressivité qui compromet la nature mais une agressivité qui permet de disposer des moyens techniques nécessaires pour sympathiser avec la nature, pour négocier avec elle tant il est vrai qu’ « on ne commande à la nature qu’en lui obéissant » Francis BACON

Contre les méthodes hasardeuses de gestion du temps, des énergies et des ressources disponibles, il faudra cultiver la rationalité, rationalité dans la pensée, dans les comportements, rationalité à tout point de vue.

Les pays pauvres doivent comprendre que « le développement est un processus de long terme ».

Ceci voudrait que ce soit au bout d’un travail acharné, assidu et persévérant qu’arrive le développement. Les nations développées l’ont très vite su et nous ont exploités pour atteindre le niveau que la plupart d’eux ont maintenant.

Un schéma mental nouveau permettra alors l’avènement d’une nouvelle structure sociale, laquelle structure sociale devra valoriser l’homme. Elle fera du pauvre un homme conscient responsable méthodique entrepreneur. Il convient de savoir que le développement d’une nation est le résultat de la motivation de tous ses fils.

Il faut donc aux pays sous développés entrer dans la voie de la science et sortir des sentiers battus qui les ont très peu avantagés jusque là. Plus de fatalité. La curiosité, l’intelligence et l’imagination doivent être désormais la levure qui réveille et accroît notre énergie. C’est à ce prix que les pays pauvres seront respectés.

Quel développement pour l’Afrique ?

Quel type de développement souhaitons-nous ? Cette question se pose parce que l’Afrique n’a pas à recopier aveuglément les modèles de développement qui se présentent à elle. Il faut avant tout aux Africains réfléchir à un modèle de développement qui maintienne l’équilibre entre le matériel, le financier, le social et le spirituel. Il faut avant tout un développement à visage humain qui sache préserver les valeurs morales essentielles avec le développement.

C’est une grosse erreur de penser qu’on devrait connaître la même histoire que les pays développés. C’est aussi une inertie que de penser que les autres penseront notre développement à notre place.

Le vrai développement est avant tout endogène : « En fait, chaque pays doit, pour passer du sous développement au développement, élaborer son propre modèle, qui tienne compte de ses contraintes et de ses atouts propres, mais aussi du contexte international » Sylvie BRUNEL

Ceci devra se faire à la lumière des expériences des nations riches.

Impliqué dans un mouvement, dans une dynamique qu’ils n’ont pas choisi, les pays pauvres doivent s’offrir l’intelligence nécessaire pour sortir de la pauvreté.

Il est déshonorant et davantage plus humiliant pour tout un continent de s’abonner à la pauvreté. Au nom de la dignité et de l’humanité, les pays pauvres doivent redoubler d’effort et d’imagination pour sortir de cette pauvreté qui est jusqu’ici  la chose la mieux partagée. La pauvreté ne peut pas être un héritage et tous les Africains doivent se mobiliser pour l’éradiquer. Dans ce sillage, le travail doit retrouver toute sa valeur car, la tricherie et tout système malhonnête sont aussi le témoignage de la pauvreté.

aymard

Lettre des agents de l’ORTB à leur Directeur Général

Séïsme à l’Office des Radio et Télévision du Bénin (ORTB)

Après la démission de Annick BALLEY de son poste de rédacteur en chef, ces collègues de l’office sortent de leur mutisme et écrivent à leur Directeur Général

Lettre

A Monsieur Le Directeur Général de l’ORTB.

Objet : Equilibre de l’Information et Respect des Libertés.

Monsieur le Directeur Général,

Depuis quelques mois, l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin traverse une crise sans précédent. Une crise qui perdure, qui s’aggrave et qui pourrait nuire dangereusement à notre pays et à notre démocratie déjà mise à mal par une atmosphère politique et sociale de plus en plus tendue.

Monsieur le Directeur Général,

Aujourd’hui, les populations du Bénin, qui ont le choix entre plusieurs chaînes, détournent leurs regards de la Télévision Nationale perçue comme la caisse de résonnance d’un seul courant politique. Nous, Journalistes, Techniciens et Agents de l’Administration de la Télévision et de la Radiodiffusion en particulier, de l’ORTB en général, nous sommes déçus face aux nombreuses violations des libertés que nous observons et qui se traduisent par la censure sous toutes ses formes, notamment :

• L’absence de débats contradictoires sur nos écrans ;

• Les débats programmés et déprogrammés au dernier moment pour des raisons inavouées.

Citons entre autres :

l’émission Entre-Nous sur le placement illicite d’argent au Bénin, bloquée par la Direction depuis plus d’un mois,

l’interdiction de la participation de Monsieur Michel MAKPENON à un débat sur la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI),

plus récemment, le débat du dimanche 3 octobre 2010 devant réunir les Députés Eric HOUNDETE de l’Union Fait la Nation (UN) et Karim CHABI SIKA des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) sur les Nouvelles Lois Electorales ;

• La prépondérance des débats commandités, ficelés dans la précipitation et animés par le Directeur de la Télévision en personne, en marge des services habituellement commis à cette tâche. Pour preuves :

le débat animé au cours du mois de septembre 2010 par Monsieur Stéphane TODOME, Directeur de la télévision avec comme unique invité, le Conseiller Spécial aux Affaires Politiques du Chef de l’Etat, Monsieur Alexandre HOUNTONDJI,

le débat animé toujours par le même Directeur avec le même Conseiller secondé par le Ministre chargé des Relations avec les Institutions Monsieur Zachari BABA BODY au sujet des nouvelles lois électorales et de la situation politique nationale ;

• Les manœuvres du Directeur Général Monsieur Julien Pierre AKPAKI visant à empêcher une partie de la classe politique de s’exprimer sur la Chaîne de Service Public. A titre d’exemples :

le refus manifeste de la Direction Générale et de la Direction de la Télévision de programmer un entretien avec le Président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD), Maître Adrien HOUNGBEDJI en dépit de l’injonction faite par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à l’ORTB, depuis octobre 2009,

le refus de donner suite à l’exercice du droit de réponse réclamé par l’Honorable Janvier YAHOUEDEHOU, sur l’affaire des machines agricoles,

le refus d’accéder à la requête de Monsieur Bruno AMOUSSOU Président du Parti Social Démocrate (PSD) de s’exprimer sur nos écrans au lendemain de l’investiture d’un membre de l’International Socialiste John ATTA MILS ;

• Le harcèlement et l’humiliation au quotidien des agents en charge de l’information et des magazines d’actualité, notamment :

Les pressions exercées sur l’équipe de l’émission « Bonjour Citoyen » en vue de supprimer la rubrique « Au Peigne Fin » qui propose des débats contradictoires, et les menaces de mise à l’index des animateurs jugés trop indépendants ;

• L’irruption, de jour comme de nuit, du Directeur de la Télévision à la Rédaction du Journal Télévisé, aux services de Reportage, de Montage et de Diffusion en vue de soustraire ou d’introduire des cassettes, des émissions, des images ou des bouts de phrases, au mépris des procédures en cours et de la déontologie ;

• Les reportages programmés et annulés, montés et non diffusés ou interrompus en pleine diffusion. Citons notamment :

l’interdiction de diffuser le compte rendu de la passation de service entre les Directeurs Généraux entrant et sortant des Douanes et Droits Indirects, Messieurs James SAGBO et Gilles HOUNKPATIN,

l’intervention inopinée du Directeur de la Télévision en direct sur le plateau du Journal Télévisé pour empêcher la diffusion du compte-rendu de la conférence de presse organisée par la Coalition ABT,

l’interdiction de diffuser sur la Télévision nationale l’enquête réalisée sur l’état d’avancement des chantiers du cinquantenaire de l’Indépendance à Porto-Novo ;

• Les éléments du Journal annoncés en titre et sucrés en cours d’édition au grand dam du Présentateur et des téléspectateurs ;

• Les ordres et les contre ordres donnés par des responsables empêtrés dans des conflits de compétence, de leadership et d’intérêts notamment :

Les relations tendues et les altercations fréquentes entre le Directeur de la Télévision et le Chef du Service de l’Information et les responsables du Service de la Production. Les exemples foisonnent hélas pour prouver la véracité de tous ces faits qui se multiplient et qui ont fini par plonger notre Maison dans une culture de bâillonnement, de découragement et de désœuvrement.

Monsieur le Directeur Général,

La Constitution du Bénin prescrit en son article 24 : « La liberté de la presse est reconnue et garantie par l’Etat. Elle est protégée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication. » L’article 142 de la même constitution dispose entre autre que : « La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication… veille au respect de la déontologie en matière d’information et à l’accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d’information et de communication. »

Le Code de Déontologie de la Presse Béninoise stipule en son article 1 :

« le journaliste est tenu de respecter les faits quoi que cela puisse lui coûter personnellement et ce en raison du droit que le public a de connaître la vérité ». En son Article 2, on peut lire : « Le journaliste publie uniquement les informations dont l’origine la véracité et l’exactitude sont établies. Le moindre doute l’oblige à s’abstenir ou à émettre les réserves nécessaires dans les formes professionnelles requises. Le traitement des informations susceptibles de mettre en péril la société, requiert du journaliste, une grande rigueur professionnelle et, au besoin, une certaine circonspection ».

Monsieur le Directeur Général,

Comme vous le constatez, notre métier est régi par une déontologie fondée sur l’équilibre de l’information et le respect du droit du citoyen à l’information. Notre Office étant un organe de service public, il nous incombe de faire de toutes ces dispositions notre bréviaire. Malheureusement, au lendemain de la Conférence Nationale nous avons acquis des droits et des libertés que votre équipe dirigeante composée essentiellement de professionnels, viole sans cesse. Aujourd’hui, la Télévision nationale et sa Direction sont devenues l’enfant malade de la presse et la risée de quelques uns. Nos équipes de reportages sont régulièrement victimes d’agressions verbales et parfois menacées d’expulsion des lieux de reportages.

A quelques mois des élections, nous vous demandons de changer de méthodes de gestion de l’information si vous ne voulez pas que demain les Béninoises et les Béninois nous fassent porter la responsabilité de l’échec de notre démocratie.

Ce changement exige de votre part :

Le respect des principes et des mécanismes mis en place pour assurer l’équilibre dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information ;

Le respect des recommandations de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ;

Le respect des décisions prises par les Journalistes réunis en Conférence de Rédaction en ce qui concerne la programmation des reportages, l’élaboration du contenu des Journaux, le choix des thèmes à débattre et des personnes ressources à inviter ;

Le respect des attributions, des personnes et des structures en place ;

La promotion d’une bonne entente entre les responsables des Directions et des Services ;

La promotion d’une large participation de toutes les compétences à la vie de l’ORTB.

Votre engagement à ne plus fouler aux pieds les règles et principes régissant notre profession.

Monsieur le Directeur Général, En vous adressant cette lettre, nous nous sommes efforcés de nous élever au-dessus de nos ambitions personnelles, de nos intérêts, de nos partis pris et de toute autre considération politique. Tout en vous invitant à en faire de même, nous attendons de vous-même et de votre équipe de Direction, une prompte réaction qui, nous l’espérons, permettra d’éviter le pire.

Veuillez croire, Monsieur le Directeur Général, à notre engagement professionnel et citoyen pour que triomphe la liberté de presse au Bénin en général et à l’ORTB en particulier.

Cotonou, le 13 octobre 2010.

Ont signé :

Francis ZOSSOU

Philippes N’SECK

Nicaise MIGUEL

André Marie JOHNSON

Marc TCHANOU

Etc…

Ampliations :

• Président de la HAAC

• Ministre de la Communication

• Président de l’UPMB

• Président du CNPA

• Président de l’ODEM

• Secrétaire Général du SYNTRAB

• SG du CSA

• SYNAPROMEB

BENIN: Naissance du front de défense de la démocratie (FDD)

Le Bénin va mal. La situation est catastrophique à tous points de vue. Le pays est au bord du gouffre.

 Sur le plan politique

La démocratie chèrement acquise subit de graves revers. Les libertés sont constamment menacées ou muselées. Les manifestations de protestation de militants d’organisations sociales, syndicales ou politiques pour exprimer leur désapprobation de la gestion du pouvoir d’Etat sont interdites du Sud au Nord. Les manifestants sont parfois sauvagement maltraités. Les derniers exemples sont celui des Elèves-instituteurs des Ecoles normales et celui auquel nous avons assisté hier mardi 12 Octobre 2010, organisé par les Organisations de Défense des Droits Humains. En revanche, de colossaux moyens logistiques et financiers sont mis en œuvre pour orchestrer de folkloriques marches de soutien au régime, des sorties médiatiques de mauvais goût, des meetings à la gloire et à la réélection de celui-là même, qui nous a promis le «changement».

  La liberté de la presse est bafouée. Même la presse étrangère est victime de la politique de tyrannie et d’exclusion du régime. Tant la volonté de caporalisation totale des médias par le pouvoir est manifeste. Le droit de grève est sous le coup de la confiscation. Mais cela se heurte à la résistance opiniâtre des travailleurs. Le fonctionnement des institutions de l’Etat laisse à désirer. La justice ne sait même plus, où elle en est. Le pays est mal gouverné.

 Sur le plan économique

La gestion hasardeuse du régime du changement a conduit tous les secteurs d’activités à la ruine. Les voyants économiques sont au rouge vif. Les marchandises ont du mal à se réaliser et la mévente se généralise. La désorientation n’a jamais autant frappé les activités portuaires. Les sociétés d’Etat et autres propriétés publiques meubles ou immeubles sont systématiquement bradées au profit d’étrangers, de dignitaires, de proches ou amis du régime. Les opérateurs économiques ne savent plus quel Dieu implorer pour le remboursement des dettes publiques intérieures. Dans le même temps, ils sont traqués d’un côté par le fisc, de l’autre par les créanciers et les unités économiques se ferment par dizaines. La tendance générale au niveau des investisseurs étrangers est à la méfiance vis-à-vis de notre économie. Pourtant, le pays mérite un meilleur sort et en a les ressources.

 Sur le plan social

Du fait de la situation brossée plus haut, la misère s’aggrave. La mendicité prend des proportions inquiétantes. Le trafic des enfants s’accentue. Le banditisme est rampant. L’insécurité s’accroît et menace dangereusement la stabilité politique. Les soi-disant réalisations socio-économiques du régime ne sont en réalité que des occasions pour Boni YAYI et ses complices de s’en mettre plein les poches pendant que le pays s’enfonce dans un endettement sans précédent. De larges couches sociales tombent dans la déchéance totale. Pire, le dialogue social avec le monde du travail a été abandonné au profit d’une succession de ruses manœuvrières contre-productives. L’heure est grave.

Le doute et l’incertitude du lendemain hantent les populations. Personne n’en croit ses yeux pour le niveau de corruption atteint par ce régime. Nul n’a mémoire d’un tel hit parade de scandales politico-financiers à répétition dans notre pays: affaire recettes d’escorte de véhicules d’occasion, avion présidentiel, CEN-SAD, SONAPRA, machines agricoles, ICC-Services et consorts, etc. La distribution prodigale sans précédent d’argent dans nos villes et campagnes par Boni YAYI à des fins corruptrices et électoralistes entretient la morale perverse du gain facile, opposée au juste précepte selon lequel le travail est la source durable de richesse.

  Jamais la gestion de ressources humaines n’a été aussi calamiteuse. Le régime est rompu dans l’art d’opposer cadres et frères de mêmes localités du nord au sud, pour semer la discorde et la division en leur sein pour ses intérêts propres. Cela sape la paix sociale et la cohésion nationale, bases fondamentales du développement économique et social. Le recours incessant à l’achat de conscience et le débauchage effréné font partie des traits caractéristiques du régime de Boni YAYI.

  On aura tout vu: tout change, c’est vrai, mais hélas, de mal en pis.

 La solution que le régime du changement a trouvé à cette situation, c’est la propagande et la manipulation tous azimuts, le renforcement de la répression, les menaces d’arrestations, les plus grossiers montages pour tromper le Peuple, la savante instillation de la peur, le refus de s’occuper des problèmes réels du pays.

 L’un des problèmes réel du pays aujourd’hui, c’est la confection d’une Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI), fiable et non la poursuite à pas forcée d’une honteuse mascarade, que seuls ceux qui en profitent au plan pécuniaire comprennent. Personne ne comprend en effet, qu’en dépit des inondations et de la détresse de l’immense majorité des populations de l’Ouémé et du Plateau, malgré le fait que les populations de ces départements doivent vaquer en cette période-ci, à leurs activités agricoles de la petite saison, malgré la défection des équipements mis en place, contre l’avis de la plupart des autorités locales (Maires, Conseillers, etc.), Yayi Boni et ses sbires forcent le processus, au risque de spolier les citoyens de leurs légitimes droits à se faire enregistrer.

La politique de l’autruche ne saurait durer plus longtemps. Nous ne pouvons laisser quelques aventuriers conduire la Terre de nos aïeux et notre Peuple dans le gouffre. C’est pourquoi, les organisations signataires du présent appel, exigent

 1- Que le Président BONI YAYI et son Gouvernement arrêtent immédiatement leur propension à provoquer inutilement le peuple travailleur, les forces sociales et politiques, créant, ce faisant, des tensions inutiles et préjudiciables à la paix et à l’Unité Nationale. Nous voulons que chacun sache que les tensions actuelles sont directement créées à des fins inavouées, par le Président BONI YAYI lui même et ses sbires, afin de terroriser notre peuple et lui imposer un type de gouvernance que nous avons récusé depuis l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990.

 2- Que le Président BONI YAYI et son Gouvernement cessent dès maintenant de poser des entraves aux libertés publiques et à leur pleine et entière jouissance par tous les citoyens. Il s’agit ici que le Président BONI YAYI garantisse conformément à la Constitution et à son serment, la liberté de chacun et de tous, de se réunir, de manifester, d’adopter la religion de son choix. Il s’agit aussi de manière spécifique que le libre et équitable accès à la Télévision Nationale de service public, devienne un impératif.

 3- Que le Président BONI YAYI abandonne définitivement son rêve de pouvoir caporaliser toutes les Institutions de la République, de bâillonner toutes les forces sociales et politiques, d’instrumentaliser des dispositions telles que la réalisation du RENA et de la LEPI dans le seul et unique but d’être réélu en 2011, y compris contre la volonté populaire.

4- Que le Président BONI YAYI et son Gouvernement mettent désormais un point d’honneur à rendre compte de la gestion des finances publiques conformément aux textes de la République.

  • Nous voulons savoir lequel des budgets est en cours d’exécution pour l’exercice 2010 ;
  • Nous voulons savoir le montant et l’utilisation faites des recettes relatives à l’activité d’importation des véhicules d’occasion;
  • Nous voulons enfin un audit exhaustif du trésor public.

 Pour faire aboutir toutes ces exigences, qui relèvent d’une œuvre de salubrité publique, et de salut national, les forces politiques, les syndicats, les organisations de la société civile, ont décidé de se constituer ce jour mercredi 13 Octobre 2010 en un Front de Défense de la Démocratie (FDD). Il s’agit donc du plus large rassemblement de toutes les forces sociales et politiques que notre pays ait jamais connu en vue de restaurer un Bénin debout, libre, fier, riche de sa diversité et ancré dans la démocratie, l’Etat de droit et le pluralisme politique.

 Le développement de notre pays, la satisfaction des besoins de notre peuple travailleur et la restauration de l’espoir pour la jeunesse en dépendent.

 Voilà pourquoi, le FDD lance un vibrant appel:

  1. à notre peuple, afin qu’il soit constitué partout des Comités Locaux de Défense de la Démocratie (CLDD) qui, puisant dans notre longue et riche tradition de luttes héroïques, devront travailler quotidiennement, à barrer la route à l’arbitraire, à la confiscation et à l’exercice personnel du pouvoir, au pillage et aux bradages de nos ressources nationales.

 2. à la jeunesse afin qu’elle prenne la mesure de la gravité de la situation actuelle et se batte, de toutes ses forces, pour conserver les libertés démocratiques qu’elle a héritées de ses ainés

 3. à l’Armée, aux forces de sécurités publiques et à tous les agents de l’État qu’ils doivent tenir comme bréviaire les dispositions de l’Article 19 de notre Constitution qui stipule que:

<< Tout individu, tout agent de l’Etat qui se rendrait coupable d’acte de torture, de sévices ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi.

 Tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte grave et manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques. >>

  Notre Peuple ne capitulera pas !

 Non, à la confiscation des libertés !

 Libérez Dangnivo !

 Vive le Bénin debout, libre et fier !

 Vive la Démocratie !

 Fait à Cotonou, le 13 Octobre 201O

 Ont signé: 

CSTB: Gaston K. AZOUA

CSA Bénin: Dieudonné LOKOSSOU

CGTB: Pascal D. TODJINOU

COSI: Léandre SAGBO 

FESYNTRA-Finances: Laurent METONGNON

ODHP: Gustave ANATO

L’Union fait la Nation: Antoine IDJI KOLAWOLE

Coalition ABT 2011: Dr J. A. ODJO 

G13: Saka FIKARA

FORS LEPI: Joël ATAYI GUEDEGBE 

NEP MIXALODO: Bouraïma MALEHOSSOU 

PCB: Fidèle QUENUM

Militarisation de la bourse du travail par le gouvernement Yayi: L’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples se prononce

Communiqué de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (ODHP) suite à l’opposition du gouvernement à la marche pacifique qu’elle a décidée d’organiser le mardi 12 Octobre à Cotonou.

ORGANISATION POUR LA DEFENSE DES DROITS 

DE L’HOMME ET DES PEUPLES (ODHP)

2005 / 0061 / DEP – ATL -LITT / SG / SAG – Assoc-JORB N°4 du 15 février 2005

08 BP 1114 Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél : (229) 21 03 23 98 /97 88 84 18 /97 98 82 18

Sur l’initiative de l’ODHP, les travailleurs, la jeunesse, les femmes et de nombreux citoyens avec leurs organisations diverses ont décidé d’une marche de protestation contre l’interdiction des manifestations par le gouvernement de YAYI Boni : une marche contre l’interdiction des marches. A cet effet, une lettre d’information au Maire de Cotonou a été régulièrement déposée et son avis favorable a été communiqué à l’ODHP suivant lettre N° 0542/MCOT/SG/DSAP/DSAS du 11 octobre 2010. Suite à cet avis favorable, l’ODHP a fait les formalités de déclaration d’itinéraire à la police. Toute la procédure requise en la matière était ainsi épuisée.

Juste après ces formalités, vers 17 h 35 le 11 octobre 2010, le pouvoir de YAYI a entrepris de distraire les organisateurs en les faisant convoquer chez le Préfet de l’Atlantique-Littoral. La réponse à lui faite a été de lui demander de formaliser une invitation régulière. Mais grande a été notre surprise de constater qu’avant 06 heures du matin de ce 12 octobre 2010  le lieu de rassemblement (la Bourse du Travail) et ses environs étaient bouclés, transformés en camps de retranchement avec un large déploiement de forces de répression, avec des hommes en armes de la police, de la gendarmerie et même de l’armée avec des chars positionnés d’abord vers la clôture du Camp Ghézo en face de la Bourse du Travail et ensuite repliés au Camp des Mariés de la Gendarmerie. Ce déploiement verra ses effectifs grossir au fil du temps.

Les participants faisaient leur arrivée mais étaient empêchés de rejoindre la Bourse du Travail. Pendant que les forces de répression s’offraient en spectacle dans l’indignation manifeste des passants et des citoyens attroupés aux abords du carrefour de la Bourse du Travail, des groupes de manifestants organisaient des meetings de dénonciation de ce forfait et scandaient : «  YAYI Héloué ! YAYI démission ! YAYI le peuple aura ta peau ! » et se trouvaient forcés à se disperser. De nouveaux regroupements se formaient pour de nouveaux meetings. Des femmes fortement irritées par cette horde d’hommes en armes contre une marche n’hésitaient pas à crier leur ras-le-bol et à dire « Honte à YAYI ! Halte à la tyrannie ! » L’une d’entre elles a lancé « Que Jésus descende pour nous débarrasser de ce diable habillé ! » Plusieurs heures durant, des groupes de manifestants continuaient d’arriver en provenance des quartiers de Cotonou, de Sè, d’Abomey, de Comé, de Lokossa, du Couffo, etc. Et à chaque arrivée, un nouveau meeting. Un peu plus tôt déjà un meeting avec les premiers participants par Monsieur Gustave ANATO, Président de l’ODHP et les SG des Centrales Syndicales. Ces derniers étaient également pris en interview par la presse présente sur les lieux. Plus tard, l’on verra sortir de leur repaire du Camp des Mariés de la Gendarmerie les Chefs au plus haut niveau de la police, de la gendarmerie, du Service des Renseignements. L’on aura pu surprendre une communication avec leur autorité supérieure, le ministre SOUNTON pour dire leur contentement d’avoir exécuté son ordre liberticide. Vers midi, alors que les manifestants avaient quitté les lieux des détachements d’hommes en armes ont pénétré la Bourse du Travail chassant les syndicalistes qui s’y trouvaient et fermant leurs bureaux. Certains d’entre eux avec des menottes sur eux insistaient pour retrouver Paul Essè IKO qu’il croyait être à l’intérieur de la Bourse du Travail.

YAYI vient de faire une nouvelle escalade dans la tyrannie en s’opposant frontalement avec un déploiement injustifié de forces armées contre les masses inermes venues pour participer à une marche républicaine de protestation contre la décision arbitraire et anticonstitutionnelle du Ministre de l’Intérieur d’interdire les marches. Le peuple est à bonne école ; les grèves se poursuivent et d’autres sont déjà appelées par les travailleurs avec la promesse, ensemble avec les autre couches, de manifester encore très prochainement.

Cotonou le 12 octobre 2010

Le Bureau Exécutif de L’ODHP