Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: novembre 2, 2010

Marche pour la LEPI: 1500f pour marcher

« Nous avons trouvé au moins ce que nous allons manger aujourd’hui « , s’exclamait un groupe de femmes samedi dernier du retour de la marche organisée pour soutenir la réalisation de la Lepi dans la commune d’Abomey-Calavi. C’est cela la réalité des marches et des meetings politiques organisés que ce soit par la mouvance ou par l’opposition. C’est dire qu’il n’y a jamais une volonté populaire pour la chose politique. Pour le cas du samedi, des femmes sollicitées pour la marche ne connaissaient même pas le mobile de leur mobilisation. Les chefs de partis qui se font jouer par des individus le savent eux-mêmes. C’est comme si l’argent du politicien est celui du diable. Le Chef de l’Etat est ces derniers jours la cible de ces individus sans foi ni loi qui lui font croire qu’ils sont populaires. C’est cela leur popularité. Ils mobilisent pour de l’argent. Triste, n’est-ce pas ?

 2-11-2010, Léandre ADOMOU

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Dilma Rousseff se veut le digne successeur de Lula

La dauphine du président sortant, élue au second tour de la présidentielle avec 56% des voix, s’est engagée à poursuivre et amplifier l’œuvre de son prédécesseur.

« La tâche de lui succéder est difficile et représente un défi mais je saurai honorer cet héritage et amplifier son travail », a déclaré Dilma Rousseff. (AFP)

Emue aux larmes, Dilma Rousseff, élue dimanche présidente du Brésil, a remercié son mentor politique Luiz Inacio Lula da Silva et s’est engagée à poursuivre son œuvre en éradiquant la pauvreté du pays, lors de son premier discours après sa victoire.

Cette économiste de 62 ans a été élue au second tour de la présidentielle avec 56% des voix contre 44% à son rival social-démocrate José Serra, 68 ans, et est devenue la première femme à diriger la huitième économie du monde. Au chant de « olé, olé, olé, ola, Dilma, Dilma! », des milliers de sympathisants et de militants enthousiastes ont envahi les rues des principales villes du Brésil pour fêter la victoire de la candidate du Parti des Travailleurs (PT, gauche).

Dénuée de charisme et jamais élue auparavant, Dilma, comme l’appellent familièrement les Brésiliens, a combattu la dictature militaire dans les années 70 et a été emprisonnée pendant trois ans. Au gouvernement, dont elle était une pièce maîtresse, elle a gagné une réputation de « dame de fer ».

Elle doit avant tout son élection au très populaire président Luiz Inacio Lula da Silva qui l’a soutenue pendant toute la campagne. Après huit ans de pouvoir, le président sortant a réussi son dernier pari en faisant élire la femme qu’il avait choisie pour lui succéder le 1er janvier. En dépit d’une popularité record, la Constitution lui interdisait de briguer un troisième mandat consécutif.

 Main tendue à l’opposition

Mais si l’ancien ouvrier métallurgiste de 65 ans quitte le palais présidentiel du Planalto, il devrait garder une grande influence sur le gouvernement. Après avoir remercié « avec beaucoup d’émotion » Lula, la présidente élue a affirmé : « je frapperai souvent à sa porte et je sais quelle sera toujours ouverte ». « La tâche de lui succéder est difficile et représente un défi mais je saurai honorer cet héritage et amplifier son travail », a-t-elle assuré devant ses partisans réunis dans un grand hôtel de Brasilia.

Dilma Roussef a ainsi réitéré son « engagement fondamental : l’éradication de la misère pour tous les Brésiliens et les Brésiliennes ». « Nous ne pourrons avoir de repos tant que des Brésiliens souffriront de la faim », a-t-elle ajouté.

Lula a sorti de la misère 29 millions de pauvres, réduit le chômage et assuré la bonne santé de l’économie, apportant la prospérité à ce pays de 193 millions d’habitants, grand comme deux fois l’Union européenne.

Le ministre des Finances Guido Mantega, en poste depuis 2002, a affirmé que « la population avait voté pour la continuité de ce gouvernement, et nous allons poursuivre le développement, en créant des emplois et en renforçant la consommation interne ».

Au soir de sa victoire et à l’issue d’une campagne électorale riche en attaques personnelles, Dilma Rousseff s’est voulue conciliante avec l’opposition et a déclaré lui « tendre la main » en appelant à « l’union ».

 « Un baiser à sa chère Dilma »

Plus tard dans la soirée, son adversaire José Serra l’a félicitée mais s’est abstenu de saisir la main tendue. « Pour ceux qui nous imaginaient vaincus, nous ne faisons que commencer la lutte véritable », a dit l’ancien gouverneur de Sao Paulo.

Dilma Rousseff, dans un discours aux allures de programme loin des improvisations de Lula, a aussi critiqué le protectionnisme des pays riches et a demandé des « règles beaucoup plus claires » contre la spéculation qui augmente la volatilité des monnaies.

Elle devait ensuite célébrer sa victoire sur l’esplanade des ministères, au cœur de la capitale fédérale, envahie par ses partisans.

A l’étranger, le président français Nicolas Sarkozy a été le premier à la féliciter, soulignant que sa victoire « témoigne de la reconnaissance du peuple brésilien pour le travail considérable qu’elle a accompli avec le président Lula pour faire du Brésil un pays moderne et plus juste ». Le chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, le président vénézuélien Hugo Chavez, a lui aussi salué la victoire de la candidate du PT, disant qu’il allait « envoyer un baiser à sa chère Dilma ».

(Nouvelobs.com)

Le recensement russe tourne à la farce

Entre les habitants qui refusent de se faire recenser et les agents qui recensent des citoyens imaginaires, pas sûr que l’on sache un jour à quoi ressemble la population russe de 2010.

Le recensement de 2010, le second organisé en Russie depuis la chute de l’empire soviétique, a eu lieu entre le 14 et le 25 octobre, mais non sans mal. Dans plusieurs villes et villages, des gens auraient refusé d’ouvrir leur porte aux agents du recensement. Et parmi ceux disposés à répondre, beaucoup auraient donné de fausses informations. Un blogueur rapporte par exemple que son voisin, un Russe prénommé Dimitri, aurait dit appartenir à l’ethnie Kirghiz et s’appeler Sommerset Moem. 

Un manque de coopération qui s’explique par le peu de confiance que les Russes accordent aux autorités en matière de protection des données personnelles. Et on les comprend : des DVD piratés contenant des données accumulées par la police (noms des habitants, adresse, plaques d’immatriculation et numéros de pièces d’identité) sont en vente sur tous les marchés de Russie. Ensuite, il n’est pas rare que les autorités aient une utilisation abusive des données personnelles, ainsi que de la procédure de recensement : cette année, dans la ville de Sourgout, la police aurait utilisé les informations glanées lors du recensement pour organiser un raid contre un repaire de trafiquants de drogue.

De leur côté, les autorités locales ont tout à gagner en gonflant le nombre d’habitants puisque plus ils sont nombreux, plus les subventions du gouvernement central seront importantes. Résultat : certains agents du recensement sont accompagnés par des policiers qui, quand l’occasion se présente, menacent les habitants qui refusent d’ouvrir leur porte. Un procédé évidemment illégal. D’autres agents du recensement auraient même été priés de remplir eux-mêmes les fiches de personnes imaginaires.

« On n’avait pas d’autres choix, on devait remplir nous-mêmes les questionnaires de personnes imaginaires »

Marri est étudiante à l’université de Moscou. Elle souhaite témoigner anonymement.

Je suis étudiante et comme la plupart des étudiants de troisième année, j’ai été commise d’office agent de recensement. Je pensais que le travail serait sérieux, mais, après avoir travaillé du 14 au 17 octobre, j’ai déchanté.

Avant de commencer, on nous a donné des quotas de personnes à interroger et à comptabiliser. Dans mon cas, je devais recenser deux fois plus de personnes qu’il n’y en avait réellement sur ma zone. On n’avait pas d’autres choix, on devait remplir nous-mêmes les questionnaires de personnes imaginaires. Je suis encore jeune et c’est la première fois que je vois les autorités et les médias mentir aussi ouvertement. Tout est faux ! Je dirais qu’au maximum 30 % des informations de ce recensement sont fiables.

On nous a demandé d’interroger chaque personne de chaque foyer, mais seulement 40 % des gens nous ont ouvert leur porte. Certains n’étaient pas là, d’autres ont simplement refusé de nous laisser entrer. Les supérieurs nous ont alors dit que ce n’était pas grave, en ajoutant « Faites appel à votre imagination ! »

Nous, les agents recenseurs, avons travaillé de 9 h à 21 h tous les jours. La seule chose qu’on nous ait donnée à manger c’était des biscuits secs. On nous a envoyés super loin, parfois à trois heures de trajet. Après ça, il fallait aller au bureau de recensement central et inventer des données, de faux noms, de fausses familles etc… La chef des opérations nous a même dit, de façon éhontée, que personne n’avait vraiment besoin de nos résultats. »

srce: france24.com