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Boni Yayi: Le bon, la brute et le truand

Derrière ce sourire angélique se cachent trois personnages.

Le bon, la brute et le truand

Les amateurs de film doivent avoir encore en mémoire ce film western réalisé en 1966 par Sergio Leone; film qui ne cesse de déchainer les passions chez les cinéphiles.

Le parcours de Boni Yayi de 2006 à ce jour a une exemplaire similarité avec ce film. Boni YAYI sans être acteur de cinéma a su incarner et jouer les trois rôles sans pour autant rester dans le scénario de Sergio Leone.

Dès son investiture le 06 avril 2006, il s’envole ; destination : les champs de coton pour discuter avec les cotonculteurs et savoir leur réelle préoccupation et comment redresser le secteur afin de rehausser la production à 600.000 tonnes.

Le 08 avril 2006, il forme son gouvernement, de vingt trois (23) membres dit gouvernement de technocrate pour redresser l’économie du pays mise en difficulté par le défunt régime qui au passage n’aurait laissé que 200 millions dans les caisses.

Son objectif ultime est l’émergence du Bénin et pour cela, il fonde ses actions sur quatre (04) engagements que sont :

  • la qualité des ressources humaines ;
  • la gouvernance concertée ;
  • le développement de l’esprit d’entreprise et ;
  • la construction de nouvelles infrastructures.

Pour y arriver, la lutte contre la corruption est primordiale et Boni YAYI décide de marcher contre la corruption pour sonner le glas de ce mal qui gangrène toutes les sociétés du monde. Il décide d’apurer les dettes de l’Etat, chose qui a ravi les fournisseurs de l’Etat qui pouvaient rentrer en possession de leurs fonds. Puis, les décisions viennent et pèle mêle nous pouvons retenir :

  • les arriérés estimés selon le ministre Koukpaki à 65 milliards qui ont été soldés ;
  • la revalorisation du point indiciaire des enseignants a été décidée ;
  • la gratuité de l’enseignement maternel et primaire ;
  • la gratuité de la césarienne ;
  • la prise en charge du salaire de 11.000 agents communautaires ;
  • la construction de salles de classes un peu partout dans le pays ;
  • l’instauration du programme de micro-crédits aux plus pauvres.

Mention honorable pour Boni YAYI et ces mesures sociales, il a le soutien du peuple et sa cote de popularité a même grandi. Il est perçu comme le messie et lui-même semble bien s’y plaire, nageant dans un flot de louanges et de cultes ; il était selon certains l’incarnation du christ revenu sauver le Bénin de ses déboires. C’est le bon président, le meilleur depuis les indépendances ; celui que le pays attendait depuis 50 ans pour son émergence.

Pris de zèle et par excès de confiance, Boni Yayi commence à montrer une nouvelle face et les faits qui ont suivi ses premiers mois de « bonne gestion » cachent l’ambiguité et l’ambivalence du personnage qui, se révèle cette fois comme la brute.

Ne voulant pas se contenter du fauteuil présidentiel, il veut encore celui de députés, de maires, de conseillers, de délégués dans tout le pays. Pour les élections municipale, communale et locale de 2007-2008, Chaque cadre travaillant dans la sphère du régime est appelé à aller sur le terrain pour expliquer les décisions prises par son gouvernement, et les actions de Boni Yayi pour l’émergence afin qu’il puisse balayer de toutes les administrations décentralisées et de la scène politique ceux qu’ils qualifient de pilleurs et de vieille classe politique pour y installer les « hommes nouveaux » qui l’aideraient à amener cette émergence. Dans l’Alibori, les Collines, l’Ouémé, le Zou etc., tous ceux qui bénéficient d’une parcelle du pouvoir sont invités à descendre dans leurs terroirs respectifs. Boni Yayi aussi s’y est mis en parcourant le pays pour demander aux béninois de voter massivement pour sa liste tout en menaçant les localités qui ne voteraient pas pour sa liste de les oublier dans son programme de développement. Pour connaitre l’émergence, les populations doivent impérativement voter pour ses listes sinon elles seront délaissées par Boni Yayi qui, se dit être le Président de toute une nation ; on aurait cru entendre le président gambien Yaya Jammeh en campagne pour sa réélection. La même attitude a été adoptée pour la rentrée scolaire 2007-2008 lorsque les enseignants menaçaient de boycotter la rentrée, au lieu que Boni Yayi discute avec eux, ils envoient ses ministres, ses conseillers, les directeurs de sociétés d’Etat, aller dans tout le pays pour parler de la mauvaise foi des syndicalistes qui veulent le bloquer pour empêcher l’émergence, les jetant ainsi à la vindicte populaire. Il commence à s’approprier petit à petit la chaine de télévision nationale jusqu’à en faire sa chose privée alors que c’est le contribuable béninois qui paie les frais de fonctionnement de cet organe.

La gestion de Nicaise Fagnon au cours de la période 2006-2007 à la Société nationale pour la promotion de l’agriculture (Sonapra) a été décriée et malgré la non certification des états financiers de la Sonapra exercice clos au 31/12 /2007 par les commissaires aux comptes de la société, ce dernier fut promu Ministre par Boni YAYI.

Sous Boni Yayi, on relève quelqu’un de son poste pour malversation financière en conseil des ministres et la personne continue de travailler à ce même poste et se permet même d’organiser des marches de soutien au Chef de l’Etat, pour son engagement contre la corruption ; on retrouve à des postes ministériels des gens qui ont encore des démêlées avec la justice pour actes de mauvaise gestion des fonds publics. C’est sous Boni Yayi que des imperméables ont été achetés à 400.000 FCFA. C’est sous Boni Yayi encore qu’on attribue des marchés publics de plusieurs milliards de FCFA à des entreprises sans avis d’appel d’offres, qu’on limoge un ministre pour malversation et mauvaise gestion pour le réintégrer plus tard suite aux mouvements des populations, que les anciens ministres deviennent systématiquement conseillers à la présidence. C’est sous Boni Yayi que des préfets tortionnaires, passibles de la cour internationale de justice interdissent de façon délibérée et répétée des marches et font tabasser des normaliens qui réclamaient juste de meilleures conditions de travail que, des individus sont venus appauvrir davantage le peuple béninois en lui soutirant une centaine de milliards.

Et encore sous lui, la paix est menacée à cause des intrigues politiques semées par cet homme et tous ses conseillers et autres repris de justice qui pullulent dans son entourage. L’unité nationale est sur béquilles. Il a érigé le régionalisme et l’ethnocentrisme en mode de gestion et à cela, s’ajoute la laïcité de l’Etat remise complètement en cause par l’immixtion des religieux évangéliques dans l’appareil d’Etat. Dans toutes les administrations, il y a des pasteurs qui parlent en son nom et qui se prévalent même de leur proche collaboration avec Boni Yayi pour intimider.

Et comme tout ceci est loin de plaire au peuple qu’il a fait rêver des années et des années avec son concept d’endormissement de masse, sans contenu précis et sans ligne directrice de « changement », se voyant en difficulté certaine car homme neuf et vierge qu’il était se retrouve maintenant éclaboussé par des scandales financiers de tous ordres, il décide de truander la liste électorale et de ce fait, organiser des élections belliqueuses et frauduleuses afin de pouvoir se faire réélire : c’est le truand.

Malgré les nombreuses récriminations et griefs qu’on retient contre les étapes déjà réalisées dans la précipitation par la CPS, Boni Yayi, ses partenaires financiers et la troupe d’Arifari s’activent à réaliser coute que coute cet instrument qui pourtant avait été dit garantir la fiabilité de la liste électorale et prévenir la fraude.

aymard

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Une réponse à “Boni Yayi: Le bon, la brute et le truand

  1. Ber2hoss novembre 7, 2010 à 8:57

    Comment vous avez fait pour lire son parcours comme ça ? Vous en avez des idées hein mais c’est bien vu je vous en félicite. Ce monsieur c’ést une erreur le fait de l’avoir fait président. ça nous apprendra.

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