Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: novembre 18, 2010

Les grèves selon le locataire du saint siège de la marina

Palais de la Marina, présidence de la République du Bénin

Les chiens aboient, la caravane passe. C’est un peu le mot d’ordre du gouvernement face à la recrudescence de la gronde des syndicalistes. Boni Yayi joue l’homme pressé par sa réelection mais il ne semble pas comprendre qu’on ne badine pas avec les acquis sociaux, surtout ceux des béninois.

Ces émergents ne comprennent rien à rien, ils sont sourds et aveugles à ce flux vital de protestation d’abord, puis de rébellion plus vaste encore qui monte des entrailles du pays.

Il n’y a rien à faire, rien à entendre, pas de négociations avec les syndicalistes. C’est l’option faite par Boni Yayi depuis le saint siège de la marina.

C’est exaspérant à la fin d’entendre répéter par toutes les belles personnes du gouvernement que le mode de gouvernance de Yayi est la gouvernance concertée.

Sur tout le territoire et dans tous les secteurs d’activité, il a semé l’injustice.

Et voilà les hommes en blouses qui jettent les blouses sans service minimum, ces derniers savent bien qu’il y va de la vie de tant d’hommes, et de femmes et qu’on ne saurait les renvoyer à une équation budgétaire ni à un impératif comptable alors que Boni Yayi ne cesse de partager des milliards et des milliards….

Par sa faute, la scène sociale est devenue un champ de bataille où l’ardeur et le zèle ne manquent pas pour revendiquer tant les frustrations se sont exacerbées.

Boni Yayi n’a cessé lui de mesurer l’importance de son action et sa popularité à travers les nombreuses marches de soutien organisées à coup de centaines de millions, popularité avec laquelle il pourrait se faire réélire.

Cette fixation sur ce seul objectif l’a empêché de distinguer, et pourtant ça crevait les yeux depuis longtemps, la montée exponentielle du sentiment d’injustice sociale ; d’une part les émergents qui font de grosses coupures dans les finances publiques et d’autre part les travailleurs qui produisent la richesse sans en bénéficier.

Les travailleurs du ministère des finances sont en grève, ceux de la santé ont jeté la blouse, le personnel non magistrat du secteur de la justice menace de paralyser les tribunaux. A cette allure, l’administration publique béninoise va à la paralysie et comme toujours, le gouvernement de Boni Yayi ne voit rien, n’est au courant de rien et fait semblant de minimiser l’ampleur de la situation.

Dès qu’il sera au courant il pourrait à sa guise et comme par le passé décider du remplacement des grévistes par des agents retraités ou des jeunes sans formation aucune ou alors dire aux grévistes de fermer les hôpitaux et les centres de santé, ce ne serait pas une première. C’est l’éloquence radicale d’un pouvoir en bout de crédibilité. Boni Yayi reste le Président, visiblement plus soucieux de son avenir politique que de la situation sociopolitique du pays.

Pour preuve, cette rencontre avec les zémidjans à qui Boni Yayi comme à son habitude a réitéré son ambition de faire du Bénin un pays émergent, de paix laissant de côté les réels acteurs du développement et de paix que sont les acteurs politiques et les syndicalistes. Drôle de gouvernance.

Ne pourrait-on pas mieux gérer le pays ?

aymard

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Et le père Noël arriva tôt !

On l’attendait pour le 24 décembre pour nous offrir ses jolis cadeaux, mais il arriva tôt cette année. Le père Noël a choisi la date du 16 novembre pour nous gâter de son précieux cadeau. Tout le monde en a bénéficié. La journée du 17 novembre nous a été donnée gracieusement par papa noël pour bien fêter la Tabaski. Du jamais vu au Bénin. Le Chef de l’Etat nous a tant aimés qu’il nous a offert le jour après la fête de tabaski afin que quiconque l’aime l’adore. Oui Papa, nous allons t’adorer et te donner un mandat en plus car tu as permis aux musulmans de digérer la viande de mouton qu’Allah leur a offerte pour la fête. Que le président Boni Yayi soit loué. On ne peut que le féliciter et le remercier en ces temps de crise où les syndicalistes battent le pavé et abandonnent le travail. En tout cas, ils ont eux-aussi bénéficié du cadeau de papa noël. Ils feraient mieux de demander au père noël qu’en revenant le 24 décembre prochain, qu’il vienne les bras chargés des solutions à leurs revendications. Merci papa Boni Yayi ; les travailleurs t’espèrent le 24 décembre prochain.

18-11-2010, Léandre ADOMOU

La Françafrique veut muter mais elle reste le grand diable de l’Afrique

La Françafrique veut muter mais elle reste le grand diable de l’Afrique

Sarko n’a jamais rien compris à l’Afrique et il n’y comprendra jamais rien.

L’homme de la rupture avec la Françafrique est devenu l’homme de la nouvelle stratégie qui régénère la Françafrique. Comme en politique intérieure, le nouveau riche de Neuilly avait sous-estimé l’état des lieux. Criant aux quatre vents son état de grand réformateur, il se rend compte aujourd’hui qu’il n’est qu’un président comme les autres, privilégiant la sauvegarde des intérêts français et donc la protection des dictateurs au développement des pays africains.

Les théoriciens de la science politique ont parlé de la “dépendance au sentier”. Ils n’ont pas eu tort, Sarkozy ne suit que le sentier tracé par ses prédécesseurs qu’il a pourtant tant critiqués. Lors du discours au palais des sports de Cotonou en 2006, certaines personnes qui se disent libérales en Afrique nous ont servi le chant du nouveau “super président” qui allait être différent. Ils en sont pour leur frais.

Sarko revient avec une nouvelle formule, l’économie avant le politique qui s’est traduit au dernier sommet de Nice. Face à l’offensive des nouveaux pays émergents (Chine, Inde, Brésil), il ne pouvait pas faire autrement. La France est menacée en Afrique, politiquement, économiquement et même culturellement. Et ça, ses conseillers ont vite fait de lui dire car ce Monsieur ignore tout des réalités africaines. N’est-ce pas le même qui disait en 2006 à Cotonou: “La France n’a pas besoin de l’Afrique?” Chirac doit en ce moment même rire dans sa retraite.

Pour attirer les grands pays anglophones ne faisant pas partie du pré carré, Sarko leur a servi l’argument économique. Toutefois, ceci est en partie une fumisterie car la France veut avant tout protéger ses fidèles françafricains. Elle sait que pour exister, elle devra toujours s’appuyer sur le noyau dur. Pour donner l’impression de faire quelque chose de nouveau, le président français apporte cette trouvaille de la présence des acteurs économiques et de la société civile.

La France en Afrique est une bête qui veut muter mais seulement en apparence, car au fond d’elle même, elle reste le grand diable traînant derrière elle ses disciples, les dirigeants corrompus africains. Tout ce beau monde continuera sous cette nouvelle couverture à happer nos espoirs et à saper l’avenir de notre continent.

SOIRESSE NJALL KALVIN

http://soiressecalvin.wordpress.com