Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Les grèves selon le locataire du saint siège de la marina

Palais de la Marina, présidence de la République du Bénin

Les chiens aboient, la caravane passe. C’est un peu le mot d’ordre du gouvernement face à la recrudescence de la gronde des syndicalistes. Boni Yayi joue l’homme pressé par sa réelection mais il ne semble pas comprendre qu’on ne badine pas avec les acquis sociaux, surtout ceux des béninois.

Ces émergents ne comprennent rien à rien, ils sont sourds et aveugles à ce flux vital de protestation d’abord, puis de rébellion plus vaste encore qui monte des entrailles du pays.

Il n’y a rien à faire, rien à entendre, pas de négociations avec les syndicalistes. C’est l’option faite par Boni Yayi depuis le saint siège de la marina.

C’est exaspérant à la fin d’entendre répéter par toutes les belles personnes du gouvernement que le mode de gouvernance de Yayi est la gouvernance concertée.

Sur tout le territoire et dans tous les secteurs d’activité, il a semé l’injustice.

Et voilà les hommes en blouses qui jettent les blouses sans service minimum, ces derniers savent bien qu’il y va de la vie de tant d’hommes, et de femmes et qu’on ne saurait les renvoyer à une équation budgétaire ni à un impératif comptable alors que Boni Yayi ne cesse de partager des milliards et des milliards….

Par sa faute, la scène sociale est devenue un champ de bataille où l’ardeur et le zèle ne manquent pas pour revendiquer tant les frustrations se sont exacerbées.

Boni Yayi n’a cessé lui de mesurer l’importance de son action et sa popularité à travers les nombreuses marches de soutien organisées à coup de centaines de millions, popularité avec laquelle il pourrait se faire réélire.

Cette fixation sur ce seul objectif l’a empêché de distinguer, et pourtant ça crevait les yeux depuis longtemps, la montée exponentielle du sentiment d’injustice sociale ; d’une part les émergents qui font de grosses coupures dans les finances publiques et d’autre part les travailleurs qui produisent la richesse sans en bénéficier.

Les travailleurs du ministère des finances sont en grève, ceux de la santé ont jeté la blouse, le personnel non magistrat du secteur de la justice menace de paralyser les tribunaux. A cette allure, l’administration publique béninoise va à la paralysie et comme toujours, le gouvernement de Boni Yayi ne voit rien, n’est au courant de rien et fait semblant de minimiser l’ampleur de la situation.

Dès qu’il sera au courant il pourrait à sa guise et comme par le passé décider du remplacement des grévistes par des agents retraités ou des jeunes sans formation aucune ou alors dire aux grévistes de fermer les hôpitaux et les centres de santé, ce ne serait pas une première. C’est l’éloquence radicale d’un pouvoir en bout de crédibilité. Boni Yayi reste le Président, visiblement plus soucieux de son avenir politique que de la situation sociopolitique du pays.

Pour preuve, cette rencontre avec les zémidjans à qui Boni Yayi comme à son habitude a réitéré son ambition de faire du Bénin un pays émergent, de paix laissant de côté les réels acteurs du développement et de paix que sont les acteurs politiques et les syndicalistes. Drôle de gouvernance.

Ne pourrait-on pas mieux gérer le pays ?

aymard

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