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Burkina Faso – Présidentielle 2010 : Le concept de l’émergence pour la réélection de Blaise Compaoré

Meeting de campagne du président burkinabè Blaise Compaoré à Ouagadougou, le 19 novembre 2010. 

Meeting de campagne du président burkinabè Blaise Compaoré à Ouagadougou

Décidément, le concept de l’émergence commence à prendre de l’ampleur sur le continent. Le président Blaise Compaoré, candidat à sa propre réélection a battu sa campagne sur ce fabuleux slogan de l’émergence.

Blaise pour un Burkina émergent. Lui qui est au pouvoir depuis 23 ans et qui n’a rien apporté de mieux au pays qu’une classe politique disséquée, faisant de lui le seul homme fort du pays dans un système qualifiable de figurant démocratique.

Lui qui avait promis en 2005 le « progrès continu pour une société d’espérance » à l’horizon 2010 et avait donné six axes principaux pour la réalisation de cette promesse : la valorisation du capital humain, l’élargissement des opportunités de création de richesses, la modernisation des infrastructures économiques et des services, le raffermissement de la gouvernance, la promotion de la culture, des arts et du sport et le rayonnement international du Burkina Faso.

En quatre (04) mandats bien comptés (en oubliant bien sûr le coup d’Etat du 15 octobre 1987 qui l’amena au pouvoir) depuis l’accession du Burkina à l’ordre constitutionnel en 1991, il n’a pas pu apporter le «progrès continu pour une société d’espérance»  et subitement il passe à l’émergence, l’émergence au « Pays des hommes intègres » passe donc par un cinquième mandat de Compaoré.

Et pour sa réélection, il s’est appuyé sur une coalition de partis politiques et d’associations. Parmi eux, son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), majoritaire, l’ADF-RDA, la deuxième force politique à l’Assemblée et la Fédération des associations pour Blaise Compaoré (FEDAP-BC) ; des formations politiques qui n’ont que pour seul projet de société Blaise Compaoré et ne se préoccupent même pas un instant du bilan des réalisations faites au cours du mandat finissant par le candidat à sa propre réélection.

Lui qui, affirmait lors de la campagne électorale de 2005, avoir tous les atouts pour conduire le peuple burkinabè vers son bonheur. « Construire une nation, ce n’est ni bâtir une case, ni cultiver un champ, c’est coordonner les intelligences de millions d’hommes et de femmes vers un objectif commun (…) C’est un combat patriotique pour le bonheur de chacun. Ne vous laissez pas distraire par des marchands d’illusions », affirmait-il à presque tous ses meetings.

Les populations qui ont eu foi en lui et cru en l’exécution de ces différentes promesses faites lors de la campagne électorale de 2005 résumées en la reconstruction du marché central de Ouagadougou (Rood Woko), la construction d’un second hôpital national plus performant à Ouagadougou, d’un aéroport international, des échangeurs pour rendre fluide le trafic routier à Ouagadougou et d’une autoroute reliant Ouaga à Bobo-Dioulasso, l’accord de crédits aux femmes, l’ouverture de centres de formation pour les jeunes, la construction du plus grand barrage hydroagricole à Samandeni (Bobo-Dioulasso) capable d’accueillir de 150 mille à 200 mille employés, la construction de l’Usine de Tambao à Dori en 2007, la construction du chemin de fer Ouaga – Accra, capitale du Ghana, n’ont pas été satisfaites.

Finalement qui était le marchand d’illusion ? A chacun d’en juger ! Le voilà qui parle maintenant d’émergence ; trop fort pour être vrai. Les Béninois en savent quelque chose. Et, il va du coup se faire réélire parce qu’ayant en face une opposition déstructurée, en panne d’imagination et plus préoccupée par les questions de leadership.

Avec ça le développement est assuré et le Continent ira de l’avant, c’est sûr.

aymard

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