Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: novembre 26, 2010

Bénin : Réaction du Président Lazare Sèhouéto à « Le masque de l’U.N. » du journaliste Sulpice Gbaguidi du groupe de presse Fraternité – Canal 3

Bénin

Cotonou, le 24 Novembre 2010

Sèhouéto Lazare Président de Force Clé,

Vice Président de l’Union fait la Nation Cotonou

A Monsieur le Directeur Général du Groupe de Presse Fraternité

(attention : Canal 3 et Quotidien Fraternité)

           Monsieur le Directeur Général,

J’ai lu avec intérêt la chronique de Sulpice Gbaguidi, intitulé « le masque de l’UN », publié dans Fraternité, présenté et commenté ce mercredi 24 novembre 2010, sur les écrans de Canal 3. Pour l’essentiel, la chronique a informé l’opinion publique que « la messe de Goho aura été celle des loups amnésiques hurlant contre le symbole de Fcbe ». Le chroniqueur s’est demandé sur ce qui a bien pu « pousser l’Un à s’engager dans l’œuvre honteuse de la destruction de symbole ». Puis il a décrété l’incapacité de l’Un à combattre Yayi et à faire le bonheur des Béninois. Habituellement, Sulpice Gbaguidi fait preuve d’honnêteté intellectuelle. Je me demande ce qui a bien pu se passer, pour qu’il se méprenne au point où il l’a fait. Il s’est trompé, avec ses collègues. Je me permets de faire une seule analyse sur un seul point, et de donner une information. L’analyse. Quoi qu’il est ou représente, Lazare Séhouéto peut commettre des fautes, voire des péchés. En supposant qu’il en ait commis, cela ne justifie guère que l’ensemble de l’Union fait la Nation soit crucifié et que Sulpice Gbaguidi, décrète qu’elle « ne fait plus rêver », est décevante, « ne rassure pas » et n’est « pas prête à boucher la jarre trouée … ». C’est injuste. Ce genre de généralisation et d’appréciations excessives, au regard des faits, ne peut pas, ne doit pas provenir de braves personnes suffisamment informées et capables d’accéder à l’information. L’information. J’ai parlé de cauris et des partisans de Cauris au cours de mon intervention en Fongbé. Je me suis adressé à l’assistance, dans cette difficile langue, en leur confiant la tâche d’aller vers les partisans de Cauris et de les inviter à rejoindre notre combat. Car, c’est un combat commun, que « c’est notre père qui est en agonie. Aucun fils ne sera de trop pour le guérir. Chaque enfant doit accourir au chevet de son père malade ». A l’entame de ces propos, en évoquant le symbole de Cauris, j’ai fait remarquer que sur la terre de Houégbadja, on ne doit pas plaisanter avec le symbole du Cauris, puisqu’il est intimement lié au culte des Rois (Zomadonou). C’est pourquoi, nous devons aller vers ces frères et leur expliquer qu’il ne s’agit point du combat d’un camp contre un autre, que l’enjeu, c’est la guérison de « notre père commun, malade, qui est entre vie et trépas ». En quoi, ces propos pourraient être assimilé à du régionalisme ? En quoi, ces propos relèvent-ils d’une « œuvre honteuse de la destruction de symbole » ? Sulpice Gbaguidi est probablement de bonne foi, puisque je ne connais pas son niveau de langue en fongbé. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Sa chronique, fondée sur des méprises graves et un contre-sens évident, dans sa lecture de mes propos, a nui à l’Union fait la Nation. Mais l’essentiel pour moi, c’est qu’enfin, cesse le débat par procuration sur le régionalisme. Faisons le débat public direct, chers amis au pouvoir. Organisez le débat, chers amis de Canal 3. C’est plus sain. Et Sulpice Gbaguidi ne se sentira plus obligé de distribuer bons et mauvais points, selon sa mesure, selon son humeur et dans les limites où il veut bien s’informer.

Recevez mes meilleures salutations.

L. Sèhouéto

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Débat télévisé Gbagbo-Ouattara – Un fait inédit pour relancer la Côte d’Ivoire

Le face à face entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara à la RTI a bel et bien eu lieu hier jeudi 25 Novembre 2010 et s’est déroulé sous haute surveillance militaire.

2 h15 minutes c’est le temps qu’a duré ce débat historique entre les deux hommes qui s’étaient regardés depuis des années en chiens de faïence.

Deux heures aux cours desquelles les deux candidats ont défendu leurs programmes aux fils des thématiques, avec des débats d’idées et non de mots ou de grossièretés comme certains le craignaient.

Le premier à prendre la parole fut l’ancien premier ministre et candidat du rassemblement des républicains, Alassane Dramane Ouattara qui a une fois précisé l’enjeu de ce scrutin.

Les deux candidats ont montré leur volonté de sortir de cette crise qui n’a que trop duré.

Leurs échanges ont eu lieu dans un esprit de courtoisie donnant ainsi une bonne leçon à ceux qui ont encore des doutes sur la capacité des acteurs à se respecter.

Les programmes des deux candidats se rejoignaient quasiment sur de nombreux points. Le seul sujet majeur de discordance entre les deux hommes est la guerre. Un point sur lequel, ils se sont rejetés mutuellement la faute.

Le couvre feu sera instauré dimanche dès 22 heures a déclaré Laurent Gbagbo, à la grande stupéfaction de Ouattara qui trouve que cette décision « dramatise les choses » alors que les incidents sont « localisées ».

Ce débat a permis à Ouattara de vanter son passé au FMI et de redessiner les contours déjà existant de la cour constitutionnelle tout en remettant en cause l’intégrité des propos des tenants du barreau. Il est pour la séparation des pouvoirs.

« Je suis économiste, faites-moi confiance et je résoudrai les problèmes économiques du pays », a-t-il demandé aux Ivoiriens. « Diriger, c’est avoir le sens de l’État. Les grands chefs d’État n’étaient pas des économistes », a rétorqué Gbagbo, invoquant De Gaulle, Pompidou, Mitterrand… et Houphouët-Boigny, médecin africain de formation qui n’étaient pas des économistes mais ont été de bons dirigeants pour leur pays.

Un état de droit, tel est le projet de Ouattara, la question de la liberté de la presse est aussi abordée et à ce niveau il déplore le peu de liberté dont les journalistes font la preuve.

Pour Laurent Gbagbo, la justice n’est pas en bonne santé, reconnais t’il. Mais un travail est déjà en cours, il faut d’abord accélérer la décentralisation, il faut que dans chaque région il y ait une cours d’appel (il n’y en a que trois 3).

La séparation de tous les pouvoirs est impérative et il propose la décentralisation.

Ouattara n’épouse pas cette idée et affirme « je suis contre la politique de décentralisation, j’estime que cela a été fait à la hâte, ceci étant la décentralisation devra se revoir à travers une loi. Refaire un découpage du pays en région, département, communes ».

Laurent Gbagbo a saisi l’occasion pour rappeler à ses concitoyens qu’il est un véritable homme de paix. « A Pretoria j’ai accepté que la CEI aille en majorité aux opposants, où a-t-on jamais vu ça ? »

« Si nous sommes aujourd’hui face à face, c’est parce que j’ai agi dans le sens de la paix. J’ai engagé le dialogue direct qui a abouti aux accords de Ouagadougou. Nous allons continuer ainsi ».

Gbagbo veut revoir le dispositif militaire de la Côte d’Ivoire afin que l’armée ivoirienne soit à la hauteur et à l’image de la place qu’occupe la Cote d’Ivoire dans la sous région.

Pour lui, les secteurs de la relance vont s’articuler sur l’agriculture.

Son challenger Ouattara a la même vision ; pour lui la pauvreté n’est pas une fatalité. « Je connais les souffrances des uns et des autres » avant de renchérir « mon programme vise à résoudre les problèmes économiques et sociaux, trouver des ressources pour les injecter dans les secteurs de la relance, l’agriculture, l’emploi pour la jeunesse 600Milliards ».

Les deux candidats ont réitéré leur envie de sortir de la crise en reconnaissant les résultats du second tour de dimanche prochain comme ils seront proclamés par la Commission électorale indépendante (Cei).

Je suis heureux que le Premier ministre (Ouattara) et moi, nous ayons accepté chacun d`accepter le résultat” de cette élection historique, a affirmé Gbagbo.

J`espère gagner parce que je veux offrir quelque chose à mon pays (mais) si je perds, ce n`est pas un problème“, a déclaré Ouattara.

Ils se sont par la suite félicités en se donnant une accolade amicale. Grande leçon d’humilité et de responsabilité donnée aux hommes politiques africains.

Pourvu que toutes ces promesses d’appel au calme et de l’acceptation des résultats du vote soient respectées.

aymard