Le Blog de Aymard

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La mondialisation sans l’Afrique

La mondialisation est un processus d’intégration internationale. C’est selon Simeon Ibi Ayayi, Professeur d’économie à l’Université d’Ibadan au Nigeria et ancien consultant de la Banque Mondiale  « l’interaction croissante entre les activités, notamment économiques des sociétés humaines de part le monde et leur intégration de plus en plus en poussée ».

La principale caractéristique de la mondialisation est « l’intensification des relations par delà les frontières », laquelle intensification est favorisée par une libéralisation économique rapide et les progrès techniques de l’information dans les domaines du commerce des flux financiers et de l’investissement direct étranger.

La mondialisation est donc un nouveau mode économique conçu, entretenu et imposé par les nations riches pour contenir une fois de plus les nations pauvres.

« D’un côté la mondialisation offre des promesses de croissance du commerce et de l’investissement international, de l’autre, elle accroit les risques d’instabilité et de marginalisation » écrivait Mohamed DAOUAS dans Finance et développement : « L’Afrique face au défi de la mondialisation décembre 2001 ».

On a oui dire que la mondialisation entraine la croissance et le développement économique. Mais que constate t’on si ce n’est le grand écart qui existe et se creuse davantage entre pays pauvres et pays riches. Les pays riches s’enrichissent davantage et les pays pauvres continuent majestueusement leur descente aux enfers.

De 1960 à 1969, la part moyenne de l’Afrique aux exportations et importations mondiales était de 5,3% et 5,0% respectivement et de 1990 à 1998 elle n’était que de 2,3% et 2,2%, stagnant à 2% depuis l’an 2000.

Une partie du monde gouverne l’autre partie à travers les institutions telles que l’OTAN, l’ONU (qualifiée de « machin » par De Gaulle) et n’encourage guère l’innovation et le développement.

L’on a oui dire aussi que la mondialisation est une chance inouïe pour l’Afrique, qu’elle profiterait de cette aubaine pour être présente sur le marché international. Présente sur le marché international, elle est devenue la poubelle des puissances occidentales avec les voitures et autres objets d’occasion, les résidus de matières toxiques jetés sournoisement sur le continent.

Avec la mondialisation, les Etats devraient se fusionner puisqu’il ne devrait plus exister de frontière mais c’est tout le contraire qui se constate : c’est que les pays occidentaux ferment plus leurs frontières qu’auparavant. La mondialisation a favorisé la mobilité du travailleur mais l’emploi est précaire, l’embauche définitive est devenue une denrée rare car, le but central de la mondialisation est d’augmenter la concurrence sur le marché du travail afin de minimiser le « coût du travail » et de maximiser le profit des entreprises, des multinationales

Malgré leurs engagements à garantir l’ouverture des marchés, les membres du G20 continuent de prendre des mesures protectionnistes dont pâtissent surtout les pays en développement. Le rapport de Global Trade Alert publié après le dernier sommet en juin des pays du Groupe des Vingt qui réunit les pays industrialisés et les principales puissances émergentes fait état de la mise en œuvre par ces pays de 111 mesures qui nuisent aux échanges internationaux.

Le nombre de mesures de ce type prises durant la crise et dans les mois qui ont suivi dépasse 500, souligne encore le texte publié avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20, en Corée du Sud.

En clair, les analyses économiques pour le continent ont échoué et l’Afrique n’a rien tiré si ce n’est qu’elle se retrouve endettée, forcée de privatiser les services et sociétés publics afin d’avoir de liquidités, revenir sur le marché pour ensuite faire face au protectionnisme de ces mêmes pays riches ; un éternel recommencement. Il faut donc redéfinir la mondialisation et en revoir le mécanisme de fonctionnement.

La préoccupation immédiate avec la mondialisation, c’est de détruire toutes les barrières sous toutes leurs formes pour imposer au monde un ordre économique nouveau et unique qui influencera d’autres domaines de la vie. A un monde unique, correspond une pensée unique. Avec la mondialisation, note serge LATOUCHE, « l’Etat s’efface derrière le marché ».

Bref, la mondialisation vise à briser toutes les particularités pour n’imposer que l’universelle. Les pays développés ont instauré ce nouveau système de pensée unique pour étouffer le monde et le faire marcher selon leur bon vouloir. Il faut le savoir et prendre conscience que la mondialisation telle que dessinée, est un nouveau système mystificateur. Malheureusement, les discours politiques dans les pays Africains ignorent cette réalité.

Face à cette machine mondialisante, les africains ont le devoir de réagir.

« Je veux lui apprendre à vivre », écrivait Rousseau. Il faut apprendre à vivre ou réapprendre à vivre aux africains, leur inculquer le sens de la solidarité, la valeur du travail et du travail bien fait, l’importance de la sagesse.

Il faut nécessairement agir dans le sens de leur maintien sur le marché du commerce international pour ne pas être plus tard objet de curiosité archéologique, agir dans le sens de la préservation de leur particularité et en même temps d’une ouverture attentive et intelligente vers les autres.

Il faut absolument aux Africains, le travail et le travail bien fait et tout ceci passe par des institutions stables, des gouvernements responsables et non qui dilapident les maigres ressources disponibles, le respect du droit de la propriété privée, l’absence de corruption pour un indice de développement humain élevé. Et alors, les Africains devront s’efforcer de mettre en œuvre l’Unité pour affronter le marché culturel et financier vaste et toutefois restreint qu’ouvre la mondialisation.

“l’Afrique doit s’unir ou périr” disait en son temps Kwamé Nkrumah. Ceci, plus qu’une nécessité est un devoir ou alors, elle aurait programmé sa propre disparition.

aymard

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