Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: décembre 7, 2010

Présentation du gouvernement du premier ministre de Gbagbo, Aké N’Gbo

M. Désiré Tagro, porte parole du gouvernement ivoirien, a rendu public, mardi à Abidjan, la composition du nouveau gouvernement du premier ministre Aké N`Gbo.

– Président de la République: Laurent Gbagbo
– Premier ministre : Aké N’Gbo
– Ministre des équipements : Ahoua Don Mello
– Ministre de l’environnement et des eaux et forêts : Lazare Koffi Koffi
– Ministre de l’enseignement technique : Angèle Gnonsoua
– Ministre des NTIC : Etienne Amoikon
– Ministre de la culture : Alphone Voho Sahi
– Ministre de l’Industrie : Phillipe Atté
– Ministre de la jeunesse et de la formation professionnelle : Charles Blé Goudé
– Ministre de l’Agriculture: Issa Malick Coulibaly
– Ministre de la Famille des Femmes et des Affaires Sociales : Danielle Boni Claverie
– Ministre du Budget : Katina Koné
– Ministre du Sport : Franck Guei
– Ministre de la Défense : Alain Dogou
– Ministre du Transport : Blaise Abi
– Ministre chargé de la lutte contre le SIDA: Mme Christine Adjobi
– Secrétaire d’Etat chargé des victimes de guerre : Dosso Charles Rodel
– Secrétaire d’Etat chargé des personnes handicapées : Raphaël Dogbo Ministre de la justice, garde des seaux  et des droits de l’homme : Gnama Yapo
-Ministre de l’Intérieur : Emile Guiriélou
-Ministre des Affaires étrangères : Alcide Djédjé
-Ministre  de l’Economie et des finances : Désiré dallo
-Ministre de la Communication : Ouattara Gnonzié
-Ministre de la Construction : Yapo atsé benjamin
-Ministre du Commerce : Touré Amara

WikiLeaks: Julian Assange se rend à la police britannique

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange s’est présenté mardi matin à la police britannique, qui l’a arrêté, a annoncé Scotland Yard.

Julian Assange, 39 ans, « a été arrêté en vertu d’un mandat européen à 09H30 GMT », alors qu’il se présentait devant la police, a précisé Scotland Yard.

« Il doit comparaître aujourd’hui devant la cour de justice de Westminster », a ajouté le communiqué de la police britannique

Il devra répondre de plusieurs chefs d’accusation dont ceux d’agression sexuelle et viol dont il est accusé par la Suède qui pourrait obtenir son extradition.

Tous contre Gbagbo : Pourquoi cette attitude de la communauté internationale ?

Tous contre Gbagbo : Pourquoi cette attitude de la communauté internationale ?

Les derniers feuilletons des élections présidentielles ivoiriennes viennent de donner du boom au cœur à nous qui avons toujours pensé que la communauté internationale était hypocrite ; elle qui, non contente d’avoir contribué à arriérer le Continent, d’avoir alimenté les conflits sur le Continent, s’évertuent depuis toujours à  choisir à la place des peuples, leurs dirigeants.

Vu tout ce qui se passe et ce zèle de la communauté internationale et des acteurs de la société civile africaine, épris de démocratie ou alors qui montrent qu’ils sont épris de démocratie sans se référer ou connaitre les mécanismes de la politique et de la géostratégie internationale, je me permets moi en tant que démocrate d’analyser les faits, les élections africaines et les hommes.

Il a fallu que le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire, un organisme reconnu par la Constitution et qui dispose des pleins pouvoirs, un organisme à qui la constitution a donné le droit de faire et de défaire les présidents invalide la victoire de Ouattara, annoncé vainqueur par la Commission électorale dans la confusion, dans des conditions très troubles et au siège de l’ONUCI pour que la communauté internationale sorte ses muscles et brandisse le coup de la sanction ; cette communauté qui n’a jamais eu le courage de regarder la Chine dans les yeux pour lui parler de démocratie. Quelle communauté internationale ?

La préoccupation de la communauté internationale n’est en rien la démocratie sur le continent. C’est le cadet de ses soucis ; son souci majeur étant les richesses du continent, comment les piller à travers leurs hommes de main.

Ce n’est pas la première fois qu’il y a des élections contestables ou des coups portés à la démocratie mais, cette chère communauté n’a pipé mot, ne s’est même pas émue.

Où était cette communauté internationale quand le président nigérien Mamadou Tandja se donnait les pleins pouvoirs en  dissolvant l’assemblée nationale, en mettant entre parenthèses la constitution de son pays pour se faire homme fort et président à vie du Niger ?

Evidemment, elle n’avait rien dit ni rien fait que de gesticuler à travers quelques déclarations molles et ambigües et à la France de rappeler qu’elle n’avait pas à s’ingérer dans les problèmes internes d’un Etat souverain. Eh bien, la raison est toute simple. Tandja, président à vie, cela donnait de gros contrats à vie à la France via Areva qui va pouvoir exploiter allègrement l’uranium du Niger et sans se soucier que ces mirobolants contrats soient un jour remis en cause par un nouveau président. Cela fait de plus moins de chômeurs en France et de l’oxygène pour le revenu national brut français. Le trésor français pourra mieux faire face à la crise économique. Mieux vaut continuer à travailler avec cet homme qui nous donne gracieusement les richesses de son pays que de voir arriver un autre qu’on ne saurait manier c’était cela sa devise, cette communauté internationale.

Où était la communauté internationale quand Idriss Deby organisait au Tchad en 2006 des élections controversées ?

Des élections dont il est sorti vainqueur avec 77 % des voix alors qu’il dirige le pays de façon clanique depuis 1990.

Soutenu par Paris, il insistait pour faire savoir que « son pays est sous contrôle », et que les élections auront  lieu dans la sérénité alors que l’opposition dénonçait  une mascarade et menaçait de ne pas participer aux élections qu’elle jugeait déjà « pipée » et que « les dés étaient jetés » .

Où était la communauté internationale quand en Août 2009 la France avait imposé Ali Ben Bongo, fils de son père comme président du Gabon.

L’un des candidats, Pierre Mamboundou, a été blessé à la tête pendant les protestations qui ont suivi la proclamation, une proclamation qui a pris 72 heures de plus que prévu, il y a eu des arrestations et des enlèvements de personnalités proches de l’opposition.

Le  principal  adversaire  avait des résultats contraires à ceux proclamés par la commission et a demandé que le décompte soit refait ; qui l’a écouté ? Au contraire, la Communauté internationale s’est empressée de féliciter Ali Bongo et demander aux autres candidats de reconnaître le résultat et  de se calmer.

En pleine campagne électorale, le dernier jour les autorités gabonaises ont fait couper l’antenne de la Chaîne TV + qu’ils disaient trop proche de l’opposition, personne n’a rien trouvé à dire.

Les gabonais, meurtris pas 40 années de France-Afrique et de gestion de Bongo père dans toutes les rues s’écriaient « non, nous ne voulons pas Ali, il a mangé 40 ans avec papa, nous voulons le changement, nous voulons le changement ». Même au sein du PDG, l’unanimité n’est pas faite sur ce candidat héritier téléporté à la tête du pays. Quel changement la communauté internationale les a aidés à avoir. Au contraire, elle a continué sa route, sauvegarder ses acquis pour plus bénéficier des nombreuses richesses du pays.

Où était-elle, cette communauté internationale quand le Rwanda organisait ces élections présidentielles en Août passé ?

Il faut le rappeler, ces élections ont été tout sauf démocratiques et libres et ont permis à Paul Kagame de se faire réélire avec 93% des voix alors que la situation des droits de l’homme et de la liberté d’expression est très préoccupante dans ce pays.

Le 24 juin 2010, le journaliste Jean Léonard Rugambage a été tué par balles devant  son domicile à Kigali.

Mi-juillet, le corps quasi-décapité du vice-président du Parti démocratique vert (un parti d’opposition), André Kagwa Rwisereka, a été retrouvé dans un marais près de Butare (sud) ; tout ceci couronné par l’arrestation et la mise en détention d’opposants comme Ingabire Victoire.

Cela n’a gêné personne, elle n’a rien dit notre communauté internationale puisqu’elle a ses doigts dans la bouche de Kagame qui a toujours clamé la responsabilité de la France dans le génocide de 1994 et menacé de la poursuivre devant les instances juridictionnelles internationales.

L’Union Européenne n’a même pas daigné envoyer d’observateurs pour ces élections, prétextant des questions budgétaires alors que l’opposition, la réelle opposition criait aux irrégularités et sollicitait le concours étranger.

Où était la communauté internationale quand Hosni Moubarak organisait ces élections législatives en novembre passé ?

L’Egypte a carrément refusé la présence d’observateurs étrangers sur son sol. Personne n’a rien trouvé à dire, tout le monde s’est plié parce que Hosni Moubarak est un allié stratégique et il ne faudrait pas le froisser.

Les vidéos de bourrage d’urnes circulent sur internet, les frères musulmans ont demandé l’annulation du scrutin, la communauté internationale ne les a pas soutenus. Leurs divers messages n’ont même pas été entendus puisque l’enjeu est autre pour cette communauté internationale. Et ainsi de suite.

Bref, la communauté internationale ne s’est jamais préoccupée des réclamations des opposants, elle ne s’est jamais penchée sur les préoccupations des oppositions africaines.

Que cache alors ce regain d’attention subite à l’opposant de Gbagbo ? Pourquoi elle décide tout un coup de soutenir l’opposant Ouattara pour faire partir Gbagbo alors qu’elle ne s’est jamais souciée de cela dans aucun pays africain ?

Tous les présidents africains en poste ont toujours été soutenus par la communauté internationale qui, leur facilite la tâche pour leur réélection et les aide à truquer les listes, bref à se faire réélire pour perpétuer le massacre intelligent de l’Afrique, le pillage systématique des deniers publics par ces chefs d’Etat, le bradage en règle des richesses naturelles des sous-sols africains.

Alors que la Côte d’Ivoire finissait à peine d’écouter le jeudi 02 décembre après-midi, sur la RTI, la télévision nationale, le président du Conseil constitutionnel, le professeur Paul Yao N’Dré annoncer que la population devra encore patienter avant d’avoir les résultats de l’élection présidentielle et que légalement le Conseil Constitutionnel devient maître du contentieux électoral, sur la chaîne d’information internationale France 24, bientôt relayée par les autres médias français, Alassane Ouattara est déclaré vainqueur du scrutin avec 54, 1% des voix.

Pourquoi un tel télescopage ? Pourquoi la diffusion de deux informations contradictoires sur un média national et un média français ? Pourquoi annoncer les résultats au siège de l’ONUCI devant les chaînes de télévision internationale et sans les chaines nationales alors que la CEI n’a pas pu s’entendre sur l’attitude à adopter face aux fraudes constatées dans les zones CNO.

Le choix délibéré du président de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko, de sortir des locaux de son institution pour aller s’exprimer librement face aux journalistes de la presse internationale, et leur déclarer que le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a gagné, est lourd de sens ; c’est même une première dans le monde et assimilable à de la préméditation. Le scénario a été prévu ainsi.

Que France 24 ait proclamé Alassane Ouattara vainqueur après l’annonce faite par Youssouf Bakayoko, et sans signaler dans un premier temps la position du Conseil constitutionnel constitue une volonté manifeste de cette chaine étrangère de diffuser l’information qui l’arrange elle et sa patrie. Et cela vient confirmer et conforter la position longtemps défendue par Gbagbo depuis 2002 dès l’éclatement de la guerre, à savoir la volonté de la France de l’éliminer du sommet de l’Etat Ivoirien pour y installer Ouattara.

Pourquoi Bamba Yacouba, le porte parole de la CEI s’est précipité pour proclamer les résultats de la diaspora alors qu’ils n’avaient pas été validés en commission pour revenir plus tard présenter des excuses ?

Pourquoi chercher à présenter Gbagbo comme « un vilain dictateur » et Ouattara comme « le gentil démocrate » ?

Il y  a anguilles sous roche. Ça c’est sûr.

Alors que tout le monde s’acharne à se défouler sur Gbagbo, l’une des rares voix dissonantes au sein du parti socialiste français, Henri Emmanuelli a critiqué la diabolisation dont est victime selon lui le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo.

Dans un communiqué, Emmanuelli ainsi qu’un autre député socialiste, François Loncle, ont critiqué « la majorité des médias français, relayés par un certain nombre de responsables politiques », et qui auraient « entrepris une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigé contre les autorités ivoiriennes ».

Et Henri Emmanuelli de rajouter ce qui suit : « Moi, j’ai connu Laurent Gbagbo parce que je l’ai sorti de prison, où l’avait enfermé Monsieur Ouattara. J’étais alors président de l’Assemblée nationale et je suis monté jusqu’à l’Élysée pour m’insurger du fait qu’un soi-disant démocrate emprisonnait le chef de l’opposition. Et je remarque que non seulement M. Gbagbo n’a pas mis M. Ouattara en prison, mais qu’il l’a laissé rentrer en Côte d’Ivoire. »

Et à moi d’ajouter que Laurent Gbagbo lui a encore permis de participer aux élections présidentielles en Côte d’Ivoire alors qu’il avait toujours été exclu du processus électoral pour nationalité douteuse. Les preuves de cette nationalité douteuse ne manquent pas. Et alors !!

On pourrait me taxer de pro-Gbagbo. Qu’importe je suis un anticonformiste. Je suis pour la démocratie mais pas pour une démocratie déséquilibrée et de façade qui donne le droit à une partie du monde de choisir à la place des africains leurs dirigeants soit même d’imposer des hommes aux peuples africains, les hommes que eux souhaitent.

Cette situation ivoirienne est très intéressante car, elle devrait permettre aux institutions africaines de se questionner sur cette communauté internationale, sur ces réelles préoccupations et motivations en Afrique ; évidemment avec les hommes qui sont là, on ne peut s’attendre à quoi que ce soit.

L’angle sous lequel l’Union africaine (un autre fardeau pour l’Afrique, anciennement organisation de l’unité africaine, institution fantoche et inutile créée sous l’égide de la France pour contrecarrer les velléités offensives de Kwame N’Krumah et le bloquer dans son projet, lui qui prônait et insistait sur la réelle unité, les Etats-Unis d’Afrique) prend la question ne permettra pas d’explorer tous les contours de cette crise et évidemment ne donnera rien.

La preuve, la CEDEAO se réunit ce jour à Abudja et elle n’a même pas daigné inviter un seul représentant ivoirien au moins pour les formalités, la Côte d’Ivoire étant membre à part entière de la communauté. Comment régler un problème sans les acteurs ou l’acteur principal ? C’est du folklore, les intérêts sont inavoués comme ils l’ont toujours été et cette communauté internationale a intérêt que Gbagbo parte. Avec à sa tête la France, grand perdant de l’ère Gbagbo qui ne lui donne pas des garanties qu’elle pourra pomper facilement le pétrole ivoirien, la communauté internationale et ses guignols d’institutions africaines (ne comprenant jamais rien ou font mine de ne pas savoir) veulent remettre en cause la décision du Conseil Constitutionnel comme si en Europe cela pourrait se faire. Je m’en tiens simplement aux faits et analyse la chronologie de tous ces évènements.

Je nous invite à la réflexion, réfléchissons pour l’avenir et non pour le présent.

Nous sommes pour la démocratie mais pas qu’on nous impose des hommes. Tous les agissements de la communauté internationale ne sont pas pour le bien être des peuples africains ; aucunement pas. Leur souci est la préservation de leurs intérêts acquis ou des intérêts à venir avec des hommes qu’ils pourraient manipuler.

Une petite preuve, avec tout le désordre orchestré, la mauvaise gestion des ressources humaines, des finances publiques et des sociétés d’Etat par le régime galeux et mafieux en place au Bénin, régime dit du changement et de l’émergence, la communauté internationale l’aide, elle aide Boni Yayi à fabriquer une liste électorale truquée et bâclée pour qu’il puisse se faire réélire afin que leurs intérêts soient préservés puisque l’opposition a déjà annoncé sa volonté de faire rentrer dans le patrimoine de l’Etat toutes les sociétés d’Etat et les entreprises bradées par Boni Yayi, vendues sans mise en œuvre d’aucune règle en la matière à la métropole par le truchement des multinationales françaises. Donc, la France et ses alliés voient d’un mauvais oeil l’avancée de l’opposition qu’ils risquent de ne pas pouvoir contrôler à leur guise. Alors, alors !! Il est à craindre que Ouattara ait accepté de faire leur jeu comme il l’a fait en tant que premier ministre pour qu’elle le soutienne. Le problème n’est pas de combattre un homme mais un système.

La démocratie en Afrique sera construite par les Africains eux-mêmes autour de leurs idéaux et non imposée par des gens qui sont incapables de pratiquer cette démocratie dans leurs institutions. Un tout petit exemple, la pratique de la démocratie à l’OMC est très difficile et ça tout le monde le sait alors que les vrais dépendants du commerce international sont les africains qui, sont obligés de subir.

aymard

Je vous invite aussi à relire mon article du 27/10/2010 intitulé « la France, un pays qui retarde le développement de l’Afrique »

La France, un pays qui retarde le développement de l’Afrique

Bénin : Manoeuvres de Boni Yayi pour déstabiliser l’UN : son émissaire Galiou Soglo prêche dans le désert

Appel à une candidature du Zou à la prochaine élection présidentielle pour destabiliser l’UN : Galiou Soglo prêche dans le désert

Le ministre de la Culture, Galiou Soglo, a organisé un meeting à Abomey pour appeler les fils du Zou à avoir leur candidat à la prochaine élection présidentielle. C’était le samedi dernier. A voir les réalités politiques actuelles, il y ressort qu’il a prêché dans le désert, surtout que les populations n’ont pas répondu à son appel comme il l’aurait souhaité.

Il faut que le Zou ait son candidat à la prochaine élection présidentielle. C’est le message que le ministre de la Culture, Galiou Soglo, est allé délivrer aux populations d’Abomey, ce week-end dans le Zou sans savoir qu’il prêchait dans le désert pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le Zou, la Renaissance du Bénin et Force Clé ont déjà tout verrouillé pour le candidat unique de l’Union fait la Nation, Me Adrien Houngbédji. Sur ce terrain, il n’y a plus de places pour les plaisantins. Si sa logique était d’aller saboter la vision de cette coalition, il devrait revoir sa copie dès son retour à Cotonou. De même, en faisant une telle propagande en tant que ministre de la Culture, Galiou Soglo commet des erreurs graves indignes de son rang. Dans le monde entier, on fait l’apologie des grands ensembles, parce que c’est l’union qui fait la force.

Dans les grandes démocraties, on forme des blocs autour d’un candidat. Aux Etats-Unis, les Républicains et les démocraties présentent un candidat à l’élection présidentielle. En France, c’est le même scénario entre la Gauche et la Droite. Au Nigéria et au Ghana à côté, il y a deux candidats sérieux dans la course à la Magistrature suprême. Galiou Soglo devrait encourager une telle option de l’Union fait la Nation ou, à la limite, se taire s’il n’a rien de sérieux à proposer. A Abomey et environs, la voix du ministre de la Culture du président Boni Yayi ne porte plus loin. La seule et unique solution qui s’offre à lui est de retourner au bercail, car il y a de la place pour tout le monde à l’Union fait la Nation.

Cécile AGOSSA

Crise dans le secteur de la santé au Bénin : Syndicats et gouvernement toujours dos à dos

Difficile d’envisager de si tôt une fin du bras de fer qui oppose les paramédicaux au gouvernement. Et pour cause, de la rencontre intervenue le vendredi dernier entre l’Exécutif représenté par trois ministres, les responsables des Centrales et Confédérations syndicales et ceux du Front uni des organisations syndicales de la santé (Fuoss), il ressort que la possibilité d’envisager des pistes pouvant conduire à un éventuel compromis s’éloigne de plus en plus.

Du surplace, pis, un échec total. C’est ce qu’il convient de conclure à l’issue des négociations organisées par le gouvernement dans le cadre du différend qui l’oppose aux paramédicaux au sujet des primes de risques et autres revendications. Le dernier acte de cette crise qui se joue entre ces deux parties en dit d’ailleurs assez long. En effet, reçus le vendredi dernier par le ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki entouré, pour la circonstance de ses collègues de la santé, le professeur Issifou Takpara et celui du travail et de la fonction publique, Gérard Kouassi, les membres du Fuoss sont repartis déçus. Du coup, ils maintiennent leur mot d’ordre de grève qui est de à 96 heures par semaine sans service minimum. Soulignons qu’après plusieurs heures de conciliabule, les deux parties ont pu accorder leur violon sur le point relatif à la rétrocession aux agents concernés des sommes défalquées en 2010 pour fait de grève. Cependant, c’est l’impasse en ce qui concerne les primes de risque à attribuer aux administratifs et aux paramédicaux, pourtant reconnues dans cette crise à multiples variantes, comme la véritable pomme de discorde. Rappelons que l’espoir des membres du Fuoss s’est davantage amenuisé lors de l’analyse du second volet du point concernant les défalcations sur salaires opérées en 2008 pour les mêmes motifs. Ceci parce que, les représentants du gouvernement n’ont pas pu justifier l’acte et n’en font d’ailleurs pas une priorité. Le comble, selon certains responsables du Fuoss, l’artillerie argumentaire mise en branle par le camp gouvernemental laisse présager qu’il est dans la logique de reporter l’étude de ce dossier à 2012. Enfin le gouvernement renvoie jusqu’en 2011, le règlement des primes de motivation. Ce qui n’est pas du goût de ses interlocuteurs. Dans la foulée, ils pointent un doigt accusateur sur l’autorité de tutelle et menacent à nouveau de radicaliser leur position si la situation en restait là.

Takpara pour ou contre le dégel ?

S’il n’est pas exagéré de condamner le caractère intempestif des mouvements de débrayage dans ce secteur, la maladresse du premier responsable en charge de ce département ministériel est à déplorer. Le dialogue semble être en panne à son niveau. Au surplus, sa marge de manœuvre est réduite faute de stratégie managériale appropriée. Dans ses nombreuses sorties médiatiques, il tente de prouver à la face du monde que trois des quatre revendications majeures du Fuoss sont satisfaites et que le règlement du dernier point relatif aux primes de motivation est imminent. Ces révélations sont pourtant loin de faire l’unanimité au sein des membres du Fuoss. Ils considèrent désormais la lecture des « versets bibliques » faite par le ministre Takpara comme une fuite de responsabilité. Selon les grévistes les propos du ministre dans le cas d’espèce sont sans fondement et ne sont pas de nature à faire avancer les pourparlers qui ont déjà du plomb dans l’aile. Ils en veulent pour preuve leur dernière rencontre avec une délégation ministérielle composée de leur ministre de tutelle et de deux de ses collègues du gouvernement. Sur les lieux, grande a été la surprise de tous de constater qu’il s’est embrouillé dans son intervention pour faire le point des différentes négociations. Sa manière d’annoncer les nouvelles mesures du gouvernement visant à remplacer les grévistes par des appelés au service militaire d’intérêt public et les défalcations sur salaire pour fait de grève montrent qu’il n’est pas prêt à dégeler la crise. Autant de faits qui ne peuvent que raviver cette tension déjà préjudiciable à plusieurs malades en souffrance dans des hôpitaux publics pour défaut de soins adéquats.

Aziz Fondo

Crise post-électorale en Côte d’Ivoire : La Cedeao invitée à cautionner un complot contre Gbagbo

Pour le retour à la paix dans son pays, le président Laurent Gbagbo a consenti tous les sacrifices, accepté les pires humiliations face aux rebelles et engagé les plus inimaginables efforts pour la normalisation des relations entre la Côte d’Ivoire, la France et le Burkina Faso. Malheureusement, tout cela est en passe d’être annihilé. Par la seule volonté des présidents Nicolas Sarkozy et Blaise Compaoré décidés à faire une OPA sur la Côte d’Ivoire. Notre enquête. A l’instigation du président du Faso, Blaise Compaoré, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se réunit ce mardi 7 décembre à Abuja. Le sommet a été convoqué par le président nigérian Jonathan Goodluck pour un objectif connu d’avance et qui soulève l’indignation dans quelques capitales de l’Afrique de l’Ouest. Il s’agit pour Blaise Compaoré, selon des sources diplomatiques qui ont alerté les autorités d’Abidjan, de faire initier par l’organisation sous-régionale qui l’a mandaté dans la résolution de la crise ivoirienne depuis 2006, une décision en deux volets : la légitimation d’Alassane Ouattara et l’ultimatum au président Laurent Gbagbo que la CEDEAO inviterait alors à quitter le pouvoir. Cette décision, une fois prise, sera transmise à l’Union africaine qui réunira son Conseil de sécurité et de paix, à une date non encore précisée, pour l’entériner. Dernière étape du plan, la même décision parviendra, sous forme de proposition de résolution, au Conseil de sécurité de l’ONU qui va enjoindre au président légalement et légitimement élu en Côte d’Ivoire, de céder le pouvoir à Alassane Ouattara. Malheureusement pour ses concepteurs, ce programme risque d’être bouleversé par l’entrée en jeu de…Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain qui vient de séjourner en Côte d’Ivoire. Tout se décide depuis l’Elysée à Paris De toutes les façons, l’entreprise, faut-il le reconnaitre, s’avérait déjà fastidieuse, épuisante et quelque peu idiote pour ses concepteurs. Et c’est pour donner des chances de succès à cette lourde conspiration que le président français, Nicolas Sarkozy, est sorti de l’ombre. Il a pris, sans retenue, la place de la France des affaires qui parraine Blaise Compaoré, Alassane Ouattara et la rébellion dans la «guerre» contre Gbagbo. Après plusieurs supplications qui ont eu le mérite d’arracher un soutien précipité du président américain Barack Obama, Sarkozy multiplie les déclarations schizophréniques à toutes les petites tribunes européennes. Là, il espère faire admettre l’inadmissible dans ce village planétaire et civilisé qu’est devenu le monde. Parce qu’il le dit, une proclamation provisoire illégale, en catimini, hors cadre et hors délai du résultat de la présidentielle par le président de la Commission électorale indépendante (CEI) fait «autorité de la chose jugée» et s’impose au Conseil constitutionnel, la juridiction compétente en la matière. Bédié et le PDCI-RDA déjà roulés dans la farine Dans la foulée, depuis Paris, Nicolas Sarkozy a ordonné à Ouattara de se déclarer élu, de nommer un Premier ministre et de former un gouvernement. Dans l’ambiance théâtrale du Golf Hôtel, Guillaume Soro Kigbafori, le chef rebelle nommé Premier ministre par Laurent Gbgabo, suite à l’Accord politique de Ouagadougou (4 mars 2005), a été reconduit par Ouattara. En ce début de scénario, le président du Rassemblement des Républicains (RDR) a ainsi déjà floué son allié du PDCI-RDA. Ouattara avait publiquement promis le poste de Premier ministre à Henri Konan Bédié et au vieux parti, lors de la campagne pour le 2nd tour du scrutin, s’il était élu. A l’arrivée, Alassane Ouattara n’a pas été élu mais la guerre des nerfs entreprise pour «chasser Gbagbo coûte que coûte» recommande qu’il commence par respecter sa parole donnée à son plus gros allié du RHDP. Que non ! Selon les sources diplomatiques, Guillaume Soro apparaît, aux yeux de Sarkozy et Compaoré, comme le seul Ivoirien de la coalition anti-Gbagbo capable de garantir les intérêts français et burkinabè en Côte d’Ivoire. Soro a donc été imposé à Ouattara lui-même qui a fini de le «nommer» sans en dire un mot à Bédié, avant de présenter ses “excuses” à l’ancien président qu’il a renversé en décembre 1999. Pour parvenir à calmer la colère de Bédié, Ouattara a laissé faussement entendre que le petit chef rebelle est un «Premier ministre provisoire». Ce qui est archi-faux. Sarkozy et Compaoré sont dans une option qui, en vérité, fait planer sur Ouattara lui-même une grande suspicion à cause de ses légendaires accointances avec les milieux d’affaires américains. Pour l’instant, sur le terrain, en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, décidé à devenir président, à tout prix, est en train d’installer la chienlit dans toutes les provinces du pays. Retranché au Golf Hôtel de Cocody Riviera depuis la fin du 2nd tour de la présidentielle, il continue, sous la dictée de ses parrains, de poser des actes susceptibles d’entraîner des affrontements intercommunautaires en vue d’obtenir des tueries massives. L’objectif recherché est de comptabiliser les morts en vue d’une plainte à la Cour pénale internationale (CPI) contre Laurent Gbagbo et son régime. Les présidents Sarkozy et Compaoré et leurs experts dans la recherche du chaos en Côte d’Ivoire espèrent faire ainsi d’une pierre deux coups : Vaincre le président ivoirien au bout de la chaîne et réunir en même temps les preuves suffisantes pour le faire condamner. Un complot cousu de fil blanc Dans ses journaux radiodiffusés du dimanche 5 décembre, la radio britannique BBC Afrique, par la voix de son correspondant en Afrique du Sud, Sahid Penda, a abondamment vendu la mèche au monde entier. En annonçant l’arrivée du président Thabo Mbeki en Côte d’Ivoire, BBC Afrique a révélé que l’Union africaine venait imposer à Laurent Gbagbo «le schéma appliqué à l’ancien chef rebelle et président du Libéria, Charles Gankay Taylor» emprisonné de nos jours à la CPI à la Haye. Bien entendu, à l’arrivée, il s’est avéré que le mandat donné par le président de la Commission de l’Union africaine, le gabonais Jean Ping, était tout autre. Il s’agissait de permettre à Thabo Mbeki de recueillir les informations exactes sur la crise post-électorale en Côte d’Ivoire pour instruire, à son tour, l’UA. De toute évidence, les agitations de Sarkozy, Compaoré et des médias inféodés ont fini par mettre la puce à l’oreille des responsables de l’organisation panafricaine qui, à présent, ne veut plus accepter de produire des communiqués à la hâte et forcément déséquilibrés comme cela a été constaté dans les premiers moments du blocage des résultats de l’élection présidentielle ivoirienne. En vérité, toutes ces excitations autour de la Côte d’Ivoire ont révélé au grand jour le plan de déstabilisation et de partage de la Côte d’Ivoire sur lequel les milieux diplomatiques africains amis (heureusement nombreux) ont alerté les autorités d’Abidjan. Abidjan en pleine contre-offensive diplomatique Sur les bords de la lagune Ebrié, dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, la réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Dès dimanche, alors même que l’avion de l’ancien président sud-africain atterrissait à l’aéroport international de Port-Bouët, ceux de plusieurs délégations envoyés vers plusieurs pays africains amis de la Côte d’Ivoire s’envolaient. Toutes ces délégations ivoiriennes ont emporté, dans leurs valises respectives, le même kit : Procès verbaux de scrutin truqués, raturés et falsifiés par les hommes de Ouattara ; scores électoraux grossièrement majorés pour Ouattara ; photos et témoignages de représentants du président Gbagbo sauvagement battus, sévèrement blessés et expulsés des bureaux de vote, etc. Autant de preuves de la barbarie perpétrée dans le Nord du pays toujours sous contrôle de Ouattara et ses rebelles, le dimanche 28 novembre, en lieu et place du scrutin transparent et apaisé que le monde entier attendait, au 2nd tour de la présidentielle, dans toutes nos régions. Enfin, sous la pression de nombreux chefs traditionnels et coutumiers, le président élu, Laurent Gbagbo, a sûrement fini par accepter de recevoir les populations des différentes régions qui vont affluer massivement au Palais présidentiel pour signifier leur soutien à la légalité en Côte d’Ivoire.

César Etou

cesaretou2002@yahoo.fr

Notre voie