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Crise dans le secteur de la santé au Bénin : Syndicats et gouvernement toujours dos à dos

Difficile d’envisager de si tôt une fin du bras de fer qui oppose les paramédicaux au gouvernement. Et pour cause, de la rencontre intervenue le vendredi dernier entre l’Exécutif représenté par trois ministres, les responsables des Centrales et Confédérations syndicales et ceux du Front uni des organisations syndicales de la santé (Fuoss), il ressort que la possibilité d’envisager des pistes pouvant conduire à un éventuel compromis s’éloigne de plus en plus.

Du surplace, pis, un échec total. C’est ce qu’il convient de conclure à l’issue des négociations organisées par le gouvernement dans le cadre du différend qui l’oppose aux paramédicaux au sujet des primes de risques et autres revendications. Le dernier acte de cette crise qui se joue entre ces deux parties en dit d’ailleurs assez long. En effet, reçus le vendredi dernier par le ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki entouré, pour la circonstance de ses collègues de la santé, le professeur Issifou Takpara et celui du travail et de la fonction publique, Gérard Kouassi, les membres du Fuoss sont repartis déçus. Du coup, ils maintiennent leur mot d’ordre de grève qui est de à 96 heures par semaine sans service minimum. Soulignons qu’après plusieurs heures de conciliabule, les deux parties ont pu accorder leur violon sur le point relatif à la rétrocession aux agents concernés des sommes défalquées en 2010 pour fait de grève. Cependant, c’est l’impasse en ce qui concerne les primes de risque à attribuer aux administratifs et aux paramédicaux, pourtant reconnues dans cette crise à multiples variantes, comme la véritable pomme de discorde. Rappelons que l’espoir des membres du Fuoss s’est davantage amenuisé lors de l’analyse du second volet du point concernant les défalcations sur salaires opérées en 2008 pour les mêmes motifs. Ceci parce que, les représentants du gouvernement n’ont pas pu justifier l’acte et n’en font d’ailleurs pas une priorité. Le comble, selon certains responsables du Fuoss, l’artillerie argumentaire mise en branle par le camp gouvernemental laisse présager qu’il est dans la logique de reporter l’étude de ce dossier à 2012. Enfin le gouvernement renvoie jusqu’en 2011, le règlement des primes de motivation. Ce qui n’est pas du goût de ses interlocuteurs. Dans la foulée, ils pointent un doigt accusateur sur l’autorité de tutelle et menacent à nouveau de radicaliser leur position si la situation en restait là.

Takpara pour ou contre le dégel ?

S’il n’est pas exagéré de condamner le caractère intempestif des mouvements de débrayage dans ce secteur, la maladresse du premier responsable en charge de ce département ministériel est à déplorer. Le dialogue semble être en panne à son niveau. Au surplus, sa marge de manœuvre est réduite faute de stratégie managériale appropriée. Dans ses nombreuses sorties médiatiques, il tente de prouver à la face du monde que trois des quatre revendications majeures du Fuoss sont satisfaites et que le règlement du dernier point relatif aux primes de motivation est imminent. Ces révélations sont pourtant loin de faire l’unanimité au sein des membres du Fuoss. Ils considèrent désormais la lecture des « versets bibliques » faite par le ministre Takpara comme une fuite de responsabilité. Selon les grévistes les propos du ministre dans le cas d’espèce sont sans fondement et ne sont pas de nature à faire avancer les pourparlers qui ont déjà du plomb dans l’aile. Ils en veulent pour preuve leur dernière rencontre avec une délégation ministérielle composée de leur ministre de tutelle et de deux de ses collègues du gouvernement. Sur les lieux, grande a été la surprise de tous de constater qu’il s’est embrouillé dans son intervention pour faire le point des différentes négociations. Sa manière d’annoncer les nouvelles mesures du gouvernement visant à remplacer les grévistes par des appelés au service militaire d’intérêt public et les défalcations sur salaire pour fait de grève montrent qu’il n’est pas prêt à dégeler la crise. Autant de faits qui ne peuvent que raviver cette tension déjà préjudiciable à plusieurs malades en souffrance dans des hôpitaux publics pour défaut de soins adéquats.

Aziz Fondo

Une réponse à “Crise dans le secteur de la santé au Bénin : Syndicats et gouvernement toujours dos à dos

  1. ren décembre 7, 2010 à 12:19

    oui, il est aujourd’hui impossible de conseiller un peu de modération à ces crétins de syndicalistes. Politique et syndicalisme sont deux mots indissociables actuellement au Bénin, et ceci pour le plus grand malheur des pauvres populations. De toutes les façons et manipulés et manipulateurs ne manqueront de trouver leur compte parce que la mort tragique de ces pauvres béninois ne restera pas impayé. Les agents de santé refusent de soigner l’indigent pour raison de prime de motivation, mais où sommes nous? où allons nous? Quelle est cette société où tout le monde déraisonne?
    Et en face, un gouvernement bouché, des cadres atypiques. Un ministre de pays se permet de répondre à des revendications de ses concitoyens avec des versets bibliques. Quoi de plus énervant? Ce monsieur est la représentation d’un groupe de cadres atypiques, véritables ignars des notions les plus de leadership et de gestions humaines. Vraiment c’est le genre de monsieur qui fait honte à la république.

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