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Crise post-électorale en Côte d’Ivoire : La Cedeao invitée à cautionner un complot contre Gbagbo

Pour le retour à la paix dans son pays, le président Laurent Gbagbo a consenti tous les sacrifices, accepté les pires humiliations face aux rebelles et engagé les plus inimaginables efforts pour la normalisation des relations entre la Côte d’Ivoire, la France et le Burkina Faso. Malheureusement, tout cela est en passe d’être annihilé. Par la seule volonté des présidents Nicolas Sarkozy et Blaise Compaoré décidés à faire une OPA sur la Côte d’Ivoire. Notre enquête. A l’instigation du président du Faso, Blaise Compaoré, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se réunit ce mardi 7 décembre à Abuja. Le sommet a été convoqué par le président nigérian Jonathan Goodluck pour un objectif connu d’avance et qui soulève l’indignation dans quelques capitales de l’Afrique de l’Ouest. Il s’agit pour Blaise Compaoré, selon des sources diplomatiques qui ont alerté les autorités d’Abidjan, de faire initier par l’organisation sous-régionale qui l’a mandaté dans la résolution de la crise ivoirienne depuis 2006, une décision en deux volets : la légitimation d’Alassane Ouattara et l’ultimatum au président Laurent Gbagbo que la CEDEAO inviterait alors à quitter le pouvoir. Cette décision, une fois prise, sera transmise à l’Union africaine qui réunira son Conseil de sécurité et de paix, à une date non encore précisée, pour l’entériner. Dernière étape du plan, la même décision parviendra, sous forme de proposition de résolution, au Conseil de sécurité de l’ONU qui va enjoindre au président légalement et légitimement élu en Côte d’Ivoire, de céder le pouvoir à Alassane Ouattara. Malheureusement pour ses concepteurs, ce programme risque d’être bouleversé par l’entrée en jeu de…Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain qui vient de séjourner en Côte d’Ivoire. Tout se décide depuis l’Elysée à Paris De toutes les façons, l’entreprise, faut-il le reconnaitre, s’avérait déjà fastidieuse, épuisante et quelque peu idiote pour ses concepteurs. Et c’est pour donner des chances de succès à cette lourde conspiration que le président français, Nicolas Sarkozy, est sorti de l’ombre. Il a pris, sans retenue, la place de la France des affaires qui parraine Blaise Compaoré, Alassane Ouattara et la rébellion dans la «guerre» contre Gbagbo. Après plusieurs supplications qui ont eu le mérite d’arracher un soutien précipité du président américain Barack Obama, Sarkozy multiplie les déclarations schizophréniques à toutes les petites tribunes européennes. Là, il espère faire admettre l’inadmissible dans ce village planétaire et civilisé qu’est devenu le monde. Parce qu’il le dit, une proclamation provisoire illégale, en catimini, hors cadre et hors délai du résultat de la présidentielle par le président de la Commission électorale indépendante (CEI) fait «autorité de la chose jugée» et s’impose au Conseil constitutionnel, la juridiction compétente en la matière. Bédié et le PDCI-RDA déjà roulés dans la farine Dans la foulée, depuis Paris, Nicolas Sarkozy a ordonné à Ouattara de se déclarer élu, de nommer un Premier ministre et de former un gouvernement. Dans l’ambiance théâtrale du Golf Hôtel, Guillaume Soro Kigbafori, le chef rebelle nommé Premier ministre par Laurent Gbgabo, suite à l’Accord politique de Ouagadougou (4 mars 2005), a été reconduit par Ouattara. En ce début de scénario, le président du Rassemblement des Républicains (RDR) a ainsi déjà floué son allié du PDCI-RDA. Ouattara avait publiquement promis le poste de Premier ministre à Henri Konan Bédié et au vieux parti, lors de la campagne pour le 2nd tour du scrutin, s’il était élu. A l’arrivée, Alassane Ouattara n’a pas été élu mais la guerre des nerfs entreprise pour «chasser Gbagbo coûte que coûte» recommande qu’il commence par respecter sa parole donnée à son plus gros allié du RHDP. Que non ! Selon les sources diplomatiques, Guillaume Soro apparaît, aux yeux de Sarkozy et Compaoré, comme le seul Ivoirien de la coalition anti-Gbagbo capable de garantir les intérêts français et burkinabè en Côte d’Ivoire. Soro a donc été imposé à Ouattara lui-même qui a fini de le «nommer» sans en dire un mot à Bédié, avant de présenter ses “excuses” à l’ancien président qu’il a renversé en décembre 1999. Pour parvenir à calmer la colère de Bédié, Ouattara a laissé faussement entendre que le petit chef rebelle est un «Premier ministre provisoire». Ce qui est archi-faux. Sarkozy et Compaoré sont dans une option qui, en vérité, fait planer sur Ouattara lui-même une grande suspicion à cause de ses légendaires accointances avec les milieux d’affaires américains. Pour l’instant, sur le terrain, en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, décidé à devenir président, à tout prix, est en train d’installer la chienlit dans toutes les provinces du pays. Retranché au Golf Hôtel de Cocody Riviera depuis la fin du 2nd tour de la présidentielle, il continue, sous la dictée de ses parrains, de poser des actes susceptibles d’entraîner des affrontements intercommunautaires en vue d’obtenir des tueries massives. L’objectif recherché est de comptabiliser les morts en vue d’une plainte à la Cour pénale internationale (CPI) contre Laurent Gbagbo et son régime. Les présidents Sarkozy et Compaoré et leurs experts dans la recherche du chaos en Côte d’Ivoire espèrent faire ainsi d’une pierre deux coups : Vaincre le président ivoirien au bout de la chaîne et réunir en même temps les preuves suffisantes pour le faire condamner. Un complot cousu de fil blanc Dans ses journaux radiodiffusés du dimanche 5 décembre, la radio britannique BBC Afrique, par la voix de son correspondant en Afrique du Sud, Sahid Penda, a abondamment vendu la mèche au monde entier. En annonçant l’arrivée du président Thabo Mbeki en Côte d’Ivoire, BBC Afrique a révélé que l’Union africaine venait imposer à Laurent Gbagbo «le schéma appliqué à l’ancien chef rebelle et président du Libéria, Charles Gankay Taylor» emprisonné de nos jours à la CPI à la Haye. Bien entendu, à l’arrivée, il s’est avéré que le mandat donné par le président de la Commission de l’Union africaine, le gabonais Jean Ping, était tout autre. Il s’agissait de permettre à Thabo Mbeki de recueillir les informations exactes sur la crise post-électorale en Côte d’Ivoire pour instruire, à son tour, l’UA. De toute évidence, les agitations de Sarkozy, Compaoré et des médias inféodés ont fini par mettre la puce à l’oreille des responsables de l’organisation panafricaine qui, à présent, ne veut plus accepter de produire des communiqués à la hâte et forcément déséquilibrés comme cela a été constaté dans les premiers moments du blocage des résultats de l’élection présidentielle ivoirienne. En vérité, toutes ces excitations autour de la Côte d’Ivoire ont révélé au grand jour le plan de déstabilisation et de partage de la Côte d’Ivoire sur lequel les milieux diplomatiques africains amis (heureusement nombreux) ont alerté les autorités d’Abidjan. Abidjan en pleine contre-offensive diplomatique Sur les bords de la lagune Ebrié, dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, la réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Dès dimanche, alors même que l’avion de l’ancien président sud-africain atterrissait à l’aéroport international de Port-Bouët, ceux de plusieurs délégations envoyés vers plusieurs pays africains amis de la Côte d’Ivoire s’envolaient. Toutes ces délégations ivoiriennes ont emporté, dans leurs valises respectives, le même kit : Procès verbaux de scrutin truqués, raturés et falsifiés par les hommes de Ouattara ; scores électoraux grossièrement majorés pour Ouattara ; photos et témoignages de représentants du président Gbagbo sauvagement battus, sévèrement blessés et expulsés des bureaux de vote, etc. Autant de preuves de la barbarie perpétrée dans le Nord du pays toujours sous contrôle de Ouattara et ses rebelles, le dimanche 28 novembre, en lieu et place du scrutin transparent et apaisé que le monde entier attendait, au 2nd tour de la présidentielle, dans toutes nos régions. Enfin, sous la pression de nombreux chefs traditionnels et coutumiers, le président élu, Laurent Gbagbo, a sûrement fini par accepter de recevoir les populations des différentes régions qui vont affluer massivement au Palais présidentiel pour signifier leur soutien à la légalité en Côte d’Ivoire.

César Etou

cesaretou2002@yahoo.fr

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