Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: décembre 9, 2010

Gbagbo avait prédit en mars dernier : “On est à la fin du film”

Laurent Gbagbo, il y a quelques mois avait annoncé la fin du film. Mais déjà, les présidents Wade, Compaoré et Sarkozy ainsi que Young Jin Choi, le représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire, comme pris de panique, s’agitent un peu trop.

«N’oubliez pas que dans les films westerns, les grandes batailles ne s’engagent qu’à la fin du film. Quand les uns et les autres parlent, crient et se renvoient la balle, c’est qu’on est à la fin du film. On-est-à-la-fin-du-film», avait prédit Laurent Gbagbo. C’était le 23 mars dernier, à la pose de la première pierre de l’Hôtel international Onomo, à l’aéroport international d’Abidjan Port-Bouët.

Le chef de l’Etat ivoirien, commentait ainsi l’actualité politique du moment qui portait sur les questions du désarmement des Forces nouvelles, la réunification du pays et la Commission électorale indépendante. «Il ne faut pas vous émouvoir outre mesure. On va s’asseoir, se parler et régler les problèmes», avait-il promis ce jour-là.

Avec le nouveau développement de cette actualité politique, on est tenté de dire que le président Gbagbo avait vu juste. Les ennemis de la Côte d’Ivoire refont surface. On ne voit plus seulement le dos, mais on voit tout le corps. La France de Sarkozy, la représentation de l’Organisation des Nations unies en Côte d’Ivoire, le Burkina Faso de Blaise Compaoré et le Sénégal de Me Abdoulaye Wade sont inévitablement les parrains d’Alassane Dramane Ouattara, le vrai père de la rébellion. Tous, ils croient dur comme fer qu’ils tiennent tellement bien le bon bout qu’ils ne cachent même plus leur jeu. Wade et Compaoré viennent d’essuyer un échec cuisant à Abuja en cherchant à partager leur dessein lugubre et funeste aux 12 autres chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Seule Mme Helen Sirleaf Johnson du Libéria a répondu à leur appel en effectuant le voyage. Jonathan Goodlock n’était que le président hôte. Alors que le quorum était très loin d’être atteint, ils ont pu produire une résolution demandant la suspension de la Côte d’Ivoire de l’organisation sous-régionale et à Laurent Gbagbo de céder sans délai le fauteuil présidentiel à Alassane Dramane Ouattara. Sans coup férir. Mais voilà aussi Nicolas Sarkozy, pour des intérêts particuliers qui ne sont pas forcément ceux de la France, qui s’excite. Il veut entraîner tout le monde entier dans sa folle aventure qui consiste à faire d’Alassane Dramane Ouattara le président de la Côte d’Ivoire à tout prix. Il y a forcément un deal entre le père de la rébellion ivoirienne et le président français que le monde ne tardera pas à savoir très bientôt. Sinon pourquoi Nicolas Sarkozy inciterait-il les bailleurs de fonds à quitter la Côte d’Ivoire quand devant l’incapacité de la Commission électorale indépendante (Cei), le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs du deuxième tour de l’élection présidentielle qui donnent Laurent Gbagbo vainqueur ? Pourquoi le président de la France menacerait-il d’envoyer son homologue ivoirien devant le Tribunal pénal international parce qu’il a été proclamé élu président de la Côte d’Ivoire ? Où est donc le problème de la France si M. Alassane Dramane Ouattara n’est pas le président de la République de Côte d’Ivoire ? Autant de questions auxquelles Sarkozy devra très bientôt répondre.

Youg Jin Choi, le représentant du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire a décidé de se mettre également au service des gens qui ont choisi la voie des armes et non des urnes pour arriver au pouvoir. Le revoilà qui parcourt monts et vaux pour expliquer à ceux qui veulent l’écouter pourquoi Laurent Gbagbo ne doit être le président des Ivoiriens. Mais heureusement, «nous sommes à la fin du film». On saura bientôt ce qui fait courir ce fonctionnaire des Nations unies qui déclare partout que les lois ivoiriennes n’ont aucune valeur juridique.
Et c’est donc pour tout cela que les Ivoiriens sont convaincus que le président français ne va pas longtemps entraîner son homologue américain dans cette aventure dont il ignore encore les tenants et les aboutissants. Barack Obama, le démocrate, ne tolérerait jamais que l’on piétine les lois d’un petit pays comme la Côte d’Ivoire parce qu’on s’appelle Nicolas Sarkozy et qu’on dirige la grande France. Et que le candidat qui a été proclamé élu président de la République de Côte d’Ivoire par le Conseil constitutionnel de ce pays, n’est pas celui que devait proclamer la Commission électorale indépendante dont les résultats n’ont jamais été rendus publics à ce jour de façon officielle.

Les résultats brandis et défendus par Wade, Compaoré, Youg Jin Choi, le représentant du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire et Sarkozy n’ont, en effet, jamais été proclamés, conformément à la loi électorale, au siège de la Commission électorale. Ils ne trouvent pas normal que l’Etat de Côte d’Ivoire ne se contente pas des résultats provisoires proclamés par Youssouf Bakayoko, arme à la tempe, au QG du candidat Alassane Ouattara, au Golf Hôtel, à Abidjan. Or, la loi de Côte d’Ivoire interdit cela.

Mais même si ces résultats avaient été dits au siège de la Commission électorale, ils seraient toujours des résultats bruts, acquis au plan provisoire parce que la Cei est une structure administrative. Les résultats définitifs sont proclamés par le Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction de la Côte d’Ivoire. Il juge les résultats provisoires à partir des réclamations qui lui sont adressées par les différents candidats. Les résultats obtenus du Conseil constitutionnel sont sans appel parce qu’ils revêtent l’autorité de la chose jugée. Ce sont les résultats définitifs.

La Russie l’a compris. Bientôt, elle ne sera plus seule à défendre la position de la Côte d’Ivoire au Conseil de sécurité des Nations unis. Parce qu’elle est une position légitime et légale.

Robert Krassault

Notre voie

Côte d’Ivoire : la stratégie de Ouattara pour asphyxier le pays

Gbagbo – Ouattara : l’argent est le nerf de la guerre

Alors que l’imbroglio se poursuit au sommet l’Etat ivoirien, une bataille économique fait rage. Soutenu par les institutions financières mondiales, Alassane Ouattara cherche maintenant à contrôler les finances publiques, pour mieux resserrer l’étau autour de Laurent Gbagbo.

En Côte d’Ivoire, l’économie pourrait être l’arbitre du bras de fer qui oppose Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo. Et permettre ainsi d’éviter le bain de sang tant redouté.

Après avoir obtenu le soutien des institutions financières mondiales, Alassane Ouattara cherche maintenant à contrôler les finances publiques. « C’est nous qui avons le pouvoir, il s’agit de le rendre effectif », résume son Premier ministre Guillaume Soro. Avec son aide, Ouattara espère prendre le contrôle des régies financières, trésor, douanes ou impôts. Il a nommé dans son gouvernement Charles Koffi Diby ministre de l’Economie, qui occupait cette fonction dans le gouvernement Soro en place de 2007 à 2010. Une nomination qui sonne comme un signe fort à l’encontre de Laurent Gbagbo.

Pour rendre son pouvoir « effectif », Alassane Ouattara a notamment demandé au gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qu’il « soumette à l’approbation préalable de Guillaume Soro tout mouvement interne de fonds aussi bien dans les comptes publics ouverts au nom de l’Etat ivoirien à la Bceao que dans les comptes du Trésor public ou ceux des entreprises à participation financières publiques ». Requête que la Bceao aurait accepté selon certains journaux ivoiriens, lui permettant ainsi de prendre le contrôle des comptes de la Côte d’Ivoire dans cette institution. Une information que la banque n’a pour l’instant pas confirmée. Le candidat donné vainqueur par la Commission électorale indépendante (Cei) a aussi écrit à l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire afin que les mêmes dispositions soient prises à leur niveau.

Les institutions financières internationales jouent la carte Ouattara

Alassane Ouattara, titulaire d’un doctorat de sciences économiques de l’Université de Pennsylvanie, entré en 1968 au Fonds monétaire international (FMI) et vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest, est depuis le début de la campagne électorale dans les petits papiers des investisseurs et bailleurs de fonds internationaux. Sans avoir toutes prises position, les institutions financières ont néanmoins exprimé leurs inquiétudes et mis en garde la Côte d’Ivoire.

Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, a rappelé samedi que son institution excluait de travailler avec un gouvernement non reconnu par l’ONU, et l’UE a brandi un temps la menace de « sanctions ». La Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) ont indiqué dès dimanche dans un communiqué commun qu’elles s’interrogeaient sur l’opportunité de continuer à aider la Côte d’Ivoire. « Nous souhaitons poursuivre le travail avec les Ivoiriens en matière de lutte contre la pauvreté, mais il est difficile de le faire avec efficacité dans un contexte d’incertitude et de tension prolongées », ont-elles déclaré.

L’enjeu est de taille pour la Côte d’Ivoire. La Banque mondiale a ainsi engagé 155 millions d’euros dans divers projets de soutien à l’économie ivoirienne pour 2010, après des financements de 156 millions d’euros en 2009 et un montant record de 239,5 millions d’euros en 2008. L’institution financière internationale avait lié l’effacement de trois milliards de dollars de dette extérieure du pays (évaluée au total à 12,5 milliards de dollars) à la tenue de ces élections présidentielles, qui étaient reportées depuis des années.

Les menaces et sanctions économiques, qui pénalisent le pays et ses habitants, font indéniablement le jeu d’Alassane Ouattara. Conscient de cette équation, le candidat du RHDP a dit regretter la suspension mardi soir de la Côte d’Ivoire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), tout en incriminant Laurent Gbagbo. Il espère sans soute rendre tout exercice du pouvoir impossible pour ce dernier.

Laurent Gbagbo dispose d’une force politique indéniable dans le pays, et l’armée semble jusqu’à ce jour lui être restée fidèle. Cependant, ostracisé par la communauté internationale, sa marge de manœuvre sur le plan économique s’est considérablement réduite. Et au palais présidentiel, la réflexion doit déjà être à la stratégie capable de contrer celle de l’adversaire. Recettes des douanes, des impôts, payement des salaires de la fonction publique et de l’armée, fonctionnement des ports, c’est toute l’activité économique de la Côte d’Ivoire qui est plongée dans l’incertitude.

Vincent DUHEM

BENIN : Croyant au charlatanisme pour retrouver Pierre Urbain : La famille Dangnivo escroquée

Croyant au charlatanisme pour retrouver Pierre Urbain : La famille Dangnivo escroquée, 02 suspects arrêtés

La disparition de Pierre Urbain Dangnivo donne des idées aux escrocs. Deux individus se faisant passer pour des charlatans ont proposé leur service à la famille Dangnivo pour retrouver le disparu. Mais pas à n’importe quel prix. Ils ont empoché la somme de 400.000 Fcfa contre promesse non tenue. Ayant pris le maquis, Léon Ouéyidjo et son acolyte Alain Boko ont été retrouvés et présentés au Procureur de la République qui les a écroués le 08 novembre 2010.

Alors que l’instruction se poursuit du côté de la Justice pour faire la lumière sur la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, sa famille fait plutôt recours aux pratiques occultes pour retrouver le disparu. L’expérience qu’elle vient de vivre à ce sujet est révélatrice. Selon les informations glanées ici et là, deux individus nommés Léon Ouéyidjo et Alain Boko, ont été conduits au Commissariat central de Cotonou au début du mois de novembre 2010 par un responsable syndical. Comment en est-on arrivé là ? Quelques semaines plus tôt, Léon Ouéyidjo a contacté le responsable syndical, son frère de village en lui demandant de le mettre en contact avec la famille Dangnivo qu’il compte aider à retrouver Pierre Urbain. Il se fait passer pour un féticheur et l’a convaincu de ce que l’homme est toujours en vie et ses parents peuvent le voir. Connaissant l’ampleur du dossier, le syndicaliste ne doute pas de la sincérité de la démarche. Après plusieurs échanges, il aurait rassuré le supposé féticheur de mettre ses relations en jeu pour établir le pont entre la famille Dangivo et lui. Selon les mêmes sources, il informe un autre responsable des travailleurs, qui à son tour s’adresse à un autre leader syndical plus proche du cadre du ministère de l’Economie et des finances. A trois ils estiment que c’est sérieux et auraient décidé de se tourner vers le principal avocat de la famille Dangnivo pour avoir sa position. Et, lui non plus n’a pas d’objection à propos.

Tout le monde est d’avis pour introduire Léon Ouéyidjo auprès des parents du disparu. Informés, ils se déclarent également favorables, ont indiqué nos sources. Le jour de la rencontre a été décidé de commun accord. Le supposé féticheur était au rendez-vous accompagné de Alain Boko. En présence de la famille Dangnivo, de l’avocat et des leaders syndicaux, les deux acolytes se font plus clairs en ajoutant qu’ils sont en contact avec un esprit qui vit dans l’eau sans le concours duquel rien n’est possible. Après avoir expliqué faussement comment, Pierre Urbain Dangnivo a été enlevé, ils affirment qu’il est toujours aux mains de ses ravisseurs, sain et sauf, précisent nos sources. Mais avant de bénéficier de leurs services pour le retrouver, ils exigent la somme de 400.000 Fcfa et promettent d’honorer leur promesse dans les quatre jours suivants. La famille rassemble 300.000 Fcfa et le reste a été débloqué par un tiers. Quatre jours sont passés, et les deux escrocs sont devenus introuvables et injoignables. Si l’interrogation était visible sur tous les visages, l’inquiétude pesait lourd sur le premier responsable syndical qui a été contacté. Etant donné que c’est de file en aiguille, que les deux escrocs ont réussi à se faire introduire dans la famille, la responsabilité devenait collective. L’on commence par évoquer l’hypothèse d’une escroquerie. Le seul moyen pour la personne contactée de se tirer d’affaire, c’est de retrouver son frère de village et l’autre complice. Cette option a porté ses fruits. Après plusieurs semaines de recherches infructueuses, de grands moyens ont été déployés. Ce qui a permis de retrouver Léon Ouéyidjo et Alain Boko. Conduits au Commissariat central de Cotonou, la police les auditionne et les défère devant le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou. Ecroués, pour association de malfaiteurs, complicité d’assassinat et trafic de charlatanisme, ils risquent gros. Si personne n’a pu déjouer leur plan, c’est du fait des responsables syndicaux. Très engagés dans la bataille pour retrouver le disparu, les escrocs les ont utilisés comme caution morale. A commencer par le premier qui a été contacté.

FN

Côte d’Ivoire : Faustin AÏSSI écrit à Martine AUBRY, premier secrétaire du Parti Socialiste français

Le professeur Faustin AÏSSI par une lettre adressée au parti socialiste français, rejoint complètement les points de vue exprimés par aymard à travers l’article « Tous contre Gbagbo : Pourquoi cette attitute de la communauté internationale », article pour lequel j’ai reçu des injures frontales de la part d’individus qui ne connaissent visiblement pas grand chose de la politique de la France en Afrique.

Nous avons le devoir de nous indigner face à ce genre de choses, le devoir de sonner le glas de ce système d’aliénation et d’arriération qui a vécu 50 ans et qui doit prendre fin ou alors l’Afrique aura programmé sa propre disparition. Ensemble, nous africains trouverons solutions à nos problèmes.

Après avoir observé les divers agissements de la France et le soutien du Parti socialiste français à Ouattara alors que les résultats proclamés par la CEI sont des résultats provisoires, le Professeur Faustin AÏSSI décide d’écrire à Martine AUBRY, premier secrétaire du Parti Socialiste français. 

Lire ci-dessous la lettre qu’il a envoyée à Martine AUBRY

Faustin AÏSSI

 A

 Martine AUBRY

Parti Socialiste

 Villeneuve d’Ascq le, 8 décembre 2010

 Chère Martine,

J’ai lu avec intérêt ta déclaration dans le journal du dimanche et écouté ton interview à France Inter sur le second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. « … La commission électorale indépendante et l’ONU ont annoncé les résultats et la victoire d’Alassane Ouattara. Le président sortant se doit de respecter le choix de son peuple et de tout faire pour garantir la paix civile …» déclarais-tu. Ainsi, la plus haute autorité des institutions ivoiriennes, le conseil constitutionnel à qui il revenait de recevoir, d’arbitrer et de prononcer les résultats d’un pays souverain serait partisan aux yeux de la communauté internationale.

Comparaison n’est pas raison, mais qui en France ose remettre en cause la décision du conseil constitutionnel dont les 9 membres ont été aujourd’hui nommés par la droite. Est-ce parce que «l’Africain n’est pas encore rentrer dans l’histoire …» comme dirait l’avocat d’affaire devenu président en France que la communauté internationale peut s’autoriser comme au bon vieux temps de l’esclavage puis de la colonisation à s’asseoir sur les institutions de la Côte d’Ivoire pour préférer un bon cadre du FMI parce que plus apte à défendre ses intérêt de classe?

Ma chère Martine, ce qui m’attriste le plus c’est que le parti socialiste encore une fois dans la question ivoirienne a préféré se ranger derrière les tenants du libéralisme international, français en particulier et comme en 2001 sous Jospin 1er ministre, a abandonné un des siens, ancien socialiste qui a beaucoup fréquenté la rue Solférino et les congrès du parti socialiste français où je l’y ai vu pour la dernière fois en 1992 au congrès de l’Arche-la-Défense avant de quitter le PS avec J-P Chevènement.

En effet, pour ceux qui suivent la politique africaine, ils savent que les problèmes de Laurent Gbagbo ont commencé quand en ce début d’été 2001 le président ivoirien a osé ouvrir les appels d’offre des marchés publics de la Côte d’Ivoire à d’autres entreprises que le Bouygue, Bolloré et autre grand groupe comme Orange, France télécom ou de cacao. Un groupe de rebelles ayant à leur tête un jeune de 35 ans Sorros, armé jusqu’aux dents par le réseau ex-Foccart, a envahi le nord du territoire ivoirien à partir du Burkina Faso avec la bienveillance du président de ce pays et de la Licorne basée en Côte d’Ivoire.

C’est précisément dans les quatre départements du Nord du pays qu’ont sévi les forces armées nouvelles actrices de la première partition de la Côte d’Ivoire qui ont empêché les partisans de Gbagbo de tout contrôle et de toute possibilité de vote.

Sais-tu Martine que la quasi-totalité des Chefs d’Etats d’Afrique francophone sont cartés hier au RPR et aujourd’hui à l’UMP et que Ouattara en fait partie ? C’est dire que la droite sait défendre les siens comme au Togo où au décès de Eyadéma-père (Gnassimbé), un obscur ancien doyen de fac de droit M. Debbache, en délicatesse son pays, a organisé en une nuit, avec la bienveillance de l’ambassade de France à Lomé, la prestation de serment de Eyadéma-fils (Faure) devant les militaires togolais avant de rentrer, sous la menace d’invasion du Togo par le président du Nigéria, dans une pseudo-légalité en faisant détourner sur Cotonou l’avion Air France qui ramenait le président togolais de l’assemblée nationale pour l’y bloquer quelques jours, le temps de faire démissionner le fils Eyadéma de son poste de ministre, lui octroyer son manteau de député, réunir en pleine nuit l’assemblée nationale togolaise pour le faire élire président de cette institution alors que le Président titulaire intérimaire toujours à Cotonou n’a pas démissionné. La communauté internationale n’a rien trouvé à dire et cela lui a suffi pour adouber le nouveau président du Togo Faure Eyadéma parce que sa nomination a revêtu la légalité de la constitution du Togo qui veut que le président provisoire de la Nation suite au décès du titulaire soit le président de l’assemblée nationale.

Un scénario différent a fait venir au pouvoir Bongo-fils pour succéder à son père qui a régné sur le Gabon d’une main de fer pendant 35 ans. On peut citer Paul Biya au Cameroun, Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville, Abdoulaye Wade au Sénégal, Blaise Compaoré au Burkina Faso (le bourreau et tombeur de Thomas Sankara), etc. tous au pouvoir depuis des décennies en manipulant la constitution pour y rester avec l’agrément de la communauté internationale. Pendant ce temps, tous ces pays émargent aux dernières places des Etats les plus pauvres de la planète malgré l’uranium du Niger, le pétrole et les minerais du Congo et du Gabon etc.

Pauvre Afrique francophone. Tous ceux qui ont voulu développer leur pays en dehors des grandes sociétés prédatrices occidentales et de la finance internationale ont été écartés du pouvoir comme Kwame Nkrumah du Ghana ou liquidés depuis les années 50 comme Um Nyombe du Cameroun, Sylvanus Olympio du Togo, Patrice Lumumba au Congo Kinshasa, plus récemment Thomas Sankara etc. Ce sera peut-être le sort de Laurent Gbagbo demain. Heureusement que quelques socialistes, pour avoir été sur place, lui sont restés fidèles comme Henri Emmanuelli ou Guy Labertit qui a été bien inspiré d’avoir écrit son bouquin «Abidjan-sur-Seine».

L’histoire, quand elle sera écrite par les africains, montrera combien tous ces évènements de Côte d’Ivoire auront été une très grande manipulation comme en Irak. Qu’est-ce que l’ONU peut avoir bon dos pour s’autoriser à s’asseoir sur les institutions d’un pays, piétiner sa souveraineté, organiser un gouvernement-bis sous la protection de ses chars et tout le monde applaudit même la gauche française !

La morale de cette histoire est que la droite de Sarkozy connaît bien le PS et réussit toujours à faire gober aux socialistes ce qu’elle veut et ils y croient. Il y a quatre ans, toute la presse écrite et audiovisuelle a fait passer pendant des mois Ségolène Royal pour la meilleure des socialistes candidats aux présidentielles pour la flinguer dès que les militants l’ont désignée. Elle recommence aujourd’hui avec Dominique Strauss-Kahn et visiblement la mayonnaise prend. J’espère que tu ne vas pas retomber dans le panneau et que tu sauras prendre toutes tes responsabilités.

Bien amicalement.

Faustin AÏSSI

faissi@lillemetropole.fr