Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Y aurait-il des remous dans la « communauté internationale » ?

La Cédéao, réunie au grand complet de quatre de ses membres sur quinze, a fait bloc comme un seul homme pour adopter la position de la « communauté internationale » élyséenne, désormais obamaniaque : y compris concernant l’Afrique, on est dans l’ère sarkozienne, posant rejonction de l’Otan. La parenthèse post 1989 est refermée, la Françafrique gendarme du « monde libre » – sauf pour les (ex-)sujets – est à nouveau à l’ordre du jour, pour l’heure Françafrique obamaniaque…

 

Donc, comme un seul homme, disais-je, la Cédéao, à l’unanimité des quatre membres présents sur quinze, a apporté son appui enthousiaste à la « communauté internationale » ; les dix autres membres (Gbagbo n’étant – forcément – pas invité) ayant eu chacun un simple problème d’agenda, mais n’en pensant pas moins : unanimes et enthousiastes derrière leurs quatre représentants, dont le pays accueillant (forcément là !)…

Unanimité à peine écornée par la déclaration de la Gambie, dénonçant après cette réunion enthousiaste et unanime (malgré quelques problèmes d’agenda) l’ingérence en Côte d’Ivoire.

Sauf que les chefs de la Cédéao (avec leurs problèmes d’agenda) sont conscients du fait que leurs peuples ont les yeux ouverts. Il n’y a guère qu’à Paris où, sous le poids de la propagande assénée depuis huit ans (ça laisse toujours quelques traces) certains font la fine bouche en disant, le doigt en l’air en prenant le thé, « Gbagbo n’est pas ma tasse de thé ».

La population de la Cédéao sait où est la légitimité et la souveraineté de l’Etat ivoirien, et où, à travers lui, elle est elle-même bafouée. Et on peut aller au-delà et noter la même chose pour l’UA, dont le président unanime a court-circuité la médiation Mbeki, envoyé par la même UA en Côte d’Ivoire rencontrer le Président Gbagbo (selon ses termes, à l’instar du nonce apostolique) et les acteurs de la crise.

Aussi, derrière les problèmes d’agenda, il y a une réalité autrement sérieuse, un embarras autrement complexe pour les absents de la Cédéao : comment ne pas s’opposer de front à la forte volonté de la « communauté internationale » élyséenne et obamaniaque tout en ne se mettant pas en total porte-à-faux avec son peuple. Alors les problèmes d’agenda permettent de résoudre en apparence le problème. À la suite des représentants de la « communauté internationale » en Afrique de l’Ouest, Compaoré et Wade, chargés de faire passer le message, on donne le service minimum : Paris est content, ses médias peuvent clamer que la Cédéao unanime l’appuie avec enthousiasme, et on évite de confronter les peuples d’Afrique qui ne l’entendent plus de cette oreille depuis beau temps. Y compris les peuples de Blaise et de Wade… Comme ailleurs en Afrique

Avec un tel appui enthousiaste de la Cédéao, le ministre élyséen de la coopération de la « communauté internationale », peut donc jurer, la main sur le cœur, comme l’an dernier le Président himself concernant le Gabon, que jamais au grand jamais, il n’y a là ingérence.

Et les peuples d’Afrique pouffent d’un rire amer…

Mais les temps ont changé. La Côte d’Ivoire républicaine veille contre l’ingérence.

une bourriche

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