Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: décembre 16, 2010

La France ou la stratégie du chaos en Côte d’Ivoire

Depuis le 2 Décembre 2010, le candidat malheureux à l’élection présidentielle ivoirienne Alassane Dramane Ouattara a décidé de prendre enfin ouvertement la tête de la rébellion contre les institutions de la République de Côte d’Ivoire. Aidé en cela par la France de Nicolas Sarkozy qui a réussi à rallier à la cause de son poulain tout ce que le monde compte d’organisations internationales. Depuis donc le samedi 4 décembre 2010 par la volonté manifeste de la France qui rêve de se débarrasser de Laurent GBAGBO, la Côte d’Ivoire se retrouve avec un chef rebelle proclamé président et reconnu par la communauté internationale et un Président reconnu et proclamé en vertu de la constitution ivoirienne. Laurent GBAGBO qui en réalité détient le pouvoir à Abidjan se retrouve donc encore une fois face à la meute de journalistes occidentaux et certains africains nostalgiques de l’époque coloniale.

De la nécessité pour Ouattara et ses parrains de faire quelque chose…….
Malgré les pressions tout azimuts qui pleuvent de toute parts, GBAGBO tient et consolide son pouvoir d’heure en heure dans la partie du pays sous sa direction. Deux semaines après la validation des résultats par le conseil constitutionnel l’activité économique a repris de plus bel à Abidjan. Les banques sont revenues à des horaires normaux au même titre que l’administration, les élèves et étudiants ont repris le chemin qui de l’école, qui de l’université. En un mot comme en mille, la situation s’est normalisée malgré la psychose scientifiquement entretenue par Ouattara et ses alliés de la communauté internationale. Afin donc de ne pas être oublié peu à peu par l’opinion publique nationale mais surtout internationale friandes d’informations sensationnelles, Alassane Dramane Ouattara aidé par ses parrains projette donc de prendre la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) très prochainement afin de procéder à l’installation de son administration parallèle. Ce projet ne sera pas sans conséquence pour la Côte d’Ivoire car s’il venait à être mis à exécution, il en résulterait nécessairement un bain de sang préjudiciable à l’Afrique de l’ouest entière mais surtout à la zone UEMOA.

Si GBAGBO part, la guerre civile tant redoutée éclatera………………………………
Dans leur tentative de faire partir coûte que coûte GBAGBO, il y a une chose que les occidentaux ne semblent pas avoir compris ou qu’ils feintent d’ignorer. Ce sont les soutiens internes de GBAGBO. Comme l’a démontré cette élection, GBAGBO est le seul candidat capable de faire des scores supérieurs à 60% en dehors de sa région d’origine. Il est celui qui a l’électorat le plus représentatif de la population ivoirienne. Des régions comme celles de l’Agneby et les Lagunes hors district d’Abidjan l’idolâtrent tandis qu’il est tout simplement majoritaire à Abidjan malgré tout le mal que peuvent en penser ceux qui ne connaissent pas vraiment la Côte d’Ivoire. Croire dans ces conditions que la France par l’intermédiaire de l’ONU peut installer Ouattara au pouvoir à Abidjan comme une lettre à la poste c’est soit faire preuve de la plus abjecte ignorance qui puisse exister soit être un pyromane qui aime se délecter du feu qu’il met dans les pays en voie de développement.

Pourquoi le départ de GBAGBO entrainera une somalisation de la Côte d’Ivoire ?
En soutenant ouvertement la rébellion déclenchée en 2002, la communauté internationale aidée en cela par la France a crée un nouveau type de jeune ivoirien, le patriote. Frustrés par cette injustice, les patriotes n’ont eu pour alternative que d’aller se faire enrôler dans les rangs des forces armées nationales de Côte d’Ivoire afin d’en découdre avec les rebelles de Ouattara. Ce sentiment de frustration a atteint son paroxysme les 4 et 5 novembre 2004 quand l’armée française a massacré des jeunes ivoiriens aux mains nues à l’hôtel ivoire. Pendant que des ivoiriens tombaient en Côte d’Ivoire sous les balles françaises et que des africains manifestaient à Paris, Ouaga et Dakar, Alassane Ouattara triomphait sur les chaines de radio et télés Françaises traitant ces jeunes gens de désœuvrés à la solde de GBAGBO. Même si personne n’en parle ouvertement, cet épisode est encore frais dans tous les esprits à Abidjan. Les plaies nées de cet triste épisode sont encore béantes. Aujourd’hui les patriotes constituent l’ossature principale des forces combattantes des fanci. Croire donc qu’ils sont prêts à accepter Ouattara comme président est une grave erreur d’appréciation. Si par extraordinaire Ouattara tentait de s’installer au palais dans les heures qui suivent les régions de l’Agneby, du sud Fromager, du sud Bandama, des Lagunes c’est-à-dire plus de 80% de la zone gouvernementale rentreraient immédiatement en ébullition. Ce sera le début d’une longue guerre civile qui mettra toute l’Afrique de l’ouest à genou car la Côte d’Ivoire est vraiment le seul pays de cette zone qui accepte d’accueillir et de fournir le gîte et le couvert à toutes les populations de la CEDEAO.

Si donc au mépris de la constitution ivoirienne,  la France veut imposer Ouattara par la force au peuple ivoirien sous couvert d’une opération de l’ONU, le peuple se battra avec tous les moyens dont il dispose et la déflagration se fera entendre jusqu’à Paris. L’ignorer sciemment c’est faire preuve d’inconscience. Car dès l’instant où les soldats français entreront en action qu’ils s’attendent à tuer au moins 1 million d’Ivoiriens prêts à donner leur vie pour le respect et la dignité de l’Afrique. Certaines personnes penseront que ce que nous écrivons ici est exagéré mais hélas quand ils comprendront enfin ce sera peut être déjà trop tard. La haine que voue la France officielle à GBAGBO sera certainement à la base de la destruction totale de l’Afrique de l’Ouest si l’on n’y prend garde.
Que Sarkozy se ravise donc et oublie GBAGBO car l’état dans lequel les gesticulations de la communauté internationale mettent le peuple à Abidjan et dans le sud de la Côte d’Ivoire n’augure rien de bon…… Et ce ne sont pas les menaces de TPI qui y changeront quelque chose. Plus Ouattara justifie sa position d’homme de main de l’occident plus la volonté d’en découdre des ivoiriens s’en trouve décuplée.

La communauté internationale par sa prise de position partisane, irrévérencieuse et donc irrespectueuse dans le débat politique ivoirien est en train de faire le lit d’un monstrueux chaos en Afrique. En est-elle au moins consciente? Apparemment non hélas!!!!!!!!!!!!
J3A

BENIN : Quand Azannaï prédisait le chaos sous Boni Yayi

« Si le changement et la démocratie sont en conflit, nous devons laisser le Changement et sauver la démocratie » avait dit Candide AZANNAÏ en 2007 au parlement.

En 2010, il est au gouvernement et la situation n’a pas changé pis, la mauvaise gestion, les décisions liberticides, et les privatisations tous azimuts pour cacher la délinquance financière du régime du changement font douter plus d’un sur la capacité de ce régime à apporter réellement l’émergence mais pourtant Azannaï ne s’est pas décidé à quitter le navire du changement.

S’agissait-il alors des charivaris d’un homme politique frustré de ne pas être associé au partage du gâteau caurique ?

Voici ci-dessous l’interview accordé en août 2007 par Azannaï au quotidien L’évènement précis dans lequel il fustigeait la méthode de gestion de Boni Yayi et prévoyait le gouffre dans lequel nous pourrions être conduits.

L’Evénement Précis : Que pensez-vous de la gestion du régime du changement ?

CANDIDE AZANNAÏ. Il faut d’abord repartir de ce concept introduit en politique au Bénin. Ce n’est pas le Président Yayi Boni qui a été le premier à le faire. Me Houngbédji en a parlé dans son livre « Il n’y a de richesse que d’homme ». Ce livre a été imprimé en 2005. Marie Élise Gbèdo en a parlé bien avant. Le mérite du Président Yayi Boni est dans la communication tapageuse autour de ce concept à la veille des présidentielles de 2006. Le changement n’est donc pas une exclusivité politique du Président Yayi Boni. C’est le vœu de tout un peuple lassé par le régime de corruption démesurée qui s’est installé dans le pays sous le Président Mathieu Kérékou. Mais il faut aussi dire que le changement est une nécessité naturelle dans la mesure où tout change et seul Dieu est immuable. L’appréciation politique s’intéresse moins au changement mais doit viser comment il faut le faire. Le changement tel qu’il est fait aujourd’hui est mauvais parce que fondé sur une méthodologie de précipitation, d’à peu près qui annonce beaucoup d’inquiétudes en dépit de la communication orientée que de la réalité. La réalité aujourd’hui est que les Béninois vivent mal mais sont abreuvés de concepts anesthésiants qui rappellent fort malheureusement les slogans de l’ère du PRPB, d’un Bénin où il fera bon vivre pour chacun et pour tous.

Les Béninois ne se plaignent pourtant pas comme vous semblez le faire ?

Il est manifeste que les Béninois vivent mal aujourd’hui. Est-ce qu’on a besoin de le mesurer autrement ? Les travailleurs, les enfants le savent, et cela dans tous les secteurs.

Parlons justement des enfants. Que vous inspirent les récentes mesures prises par le gouvernement.

Le problème de l’éducation fait partie des bombes auxquelles nous aurons à faire face. En réalité les engagements pris ne sont pas respectés. Nous savons tous que pour atteindre l’éducation pour tous, il faut mettre l’accent sur la formation de qualité des formateurs, mais aussi sur les infrastructures et sur le contenu des programmes à enseigner. Ce qui appelle globalement une grande réforme de l’éducation. L’idéal dans le monde est le droit à l’éducation pour tous. Je dois louer l’initiative qui consiste à alléger les frais de l’éducation maternelle et primaire. Mais je dénonce la précipitation avec laquelle cet ambitieux programme a été annoncé et mis en œuvre dans un contexte d’impréparation et de précipitation populistes. Les charges d’un tel programme sont nécessairement récurrentes et doivent s’accroître d’année en année. Et il est hasardeux de vouloir compter seulement sur les partenaires au développement pour faire face ‘à un tel programme. Lorsque sans savoir où la gestion planifiée d’une telle gratuité doit nous amener, on nous annonce la gratuité des soins de santé pour les enfants de zéro à cinq ans on est en droit de poser la question de savoir s’il est bon de mettre tous les doigts dans une seule narine et en même temps. Les solutions actuelles ne sont plus dans les séminaires. La solution immédiate est dans la revalorisation de la fonction enseignante et la satisfaction des revendications des enseignants. La solution n’est pas non plus dans le déversement de jeunes bacheliers sous le couvert du service militaire dans l’encadrement des enfants, mais dans la conception intelligente d’un plan de recrutement et de formation dans la mesure où les moyens financiers existent actuellement pour le faire. Le programme du service militaire est un complot pour désorienter et divertir la jeunesse et pour assassiner la formation des enfants.

Notre pays se prépare à faire face aux consultations municipale et communale. Avez-vous le sentiment que le changement a touché nos communes ?

Il faut avouer que le président Yayi Boni n’a rien fait qui puisse le démarquer de l’attitude du régime défunt vis-à-vis de la décentralisation. Au contraire il tente de mordre à chaque fois sur les domaines réservés aux collectivités locales. Il est manifeste que dans le domaine de la décentralisation les chefs-lieux ne sont pas encore fixés, le transfert de compétence n’est pas effectif. Les préfets continuent de cumuler deux départements. Le Chef de l’Etat continue de faire des poses de première pierre dans les marchés et d’usurper ainsi le rôle des maires dans la décentralisation, tout en affichant un grand retard dans l’organisation des prochaines élections municipales. Le changement a contribué à arriérer la décentralisation, à la rendre inopérationnelle.

Un lourd contentieux oppose aujourd’hui l’Etat aux opérateurs GSM. Avez-vous le sentiment que ce dossier est bien géré par le gouvernement ?

Il faut dire que le dossier GSM a été très flou dès le départ. Mais il est très mal géré actuellement par le gouvernement. Il y a absence de réflexion stratégique et de solution de substitution. «Gouverner c’est prévoir », dit-on. Et gouverner c’est aussi chercher le bien de la population. Même l’opération qui a consisté à admettre GobalCom dans le système des Gsm au Bénin va coûter plus cher aux Béninois que ce que nous voyons aujourd’hui. Prenez un bic et écrivez cela quelque part et vous verrez. Un proverbe dit que si vous présentez des signes de faiblesse, vous serez absorbés par les plus forts. Ce n’est pas dans ce contexte où on n’a pas encore réglé le problème créé par les deux autres sociétés qu’on admet une autre société. Et cette société a le courage de venir sans avoir su l’issue qui sera réservée aux deux autres sociétés. En réalité le gouvernement n’a pas cerné tous les contours de ce dossier extrêmement nébuleux. Ce qui doit retenir notre attention, c’est que certains qui criaient très fort dans ce dossier au début commencent par ne plus donner de la voix. Et ces mutations brusques du bruit en silence doivent inquiéter si elles ne disent pas long sur ce qui nous attend. Lisez simplement le contrat avec Global Com. Au départ on disait qu’il faut que les opérateurs paient les 30 milliards.

Mais GlobalCom n’a payé ni 30 ni 33 milliards. Il va payer d’abord la moitié et le reste sur trois ans et on lui offre des conditions de facilité que les autres n’ont pas eues. On met des phrases farfelues, on rattache GlobalCom au schéma de coprospérité, et on donne 60 jours à cette société. Tous les abonnés qui subissent les affres de la mauvaise gestion de la situation vont attendre encore 60 jours !

L’Etat n’a-t-il pas raison dans ce dossier ?

Le débat envisagé de cette manière est faussé. C’est le même Etat qui a signé antérieurement avec eux. Ce n’est pas parce que le Général Mathieu Kérékou n’est plus là que le même Etat se métamorphose. Le débat n’est pas là. Le problème est de savoir quel type de relation l’Etat doit avoir avec les hommes d’affaires. Est-ce que lorsqu’un conflit intervient entre l’Etat et les hommes d’affaires, on doit les livrer à la vindicte de la population ? L’Etat doit respecter les lois, les règles-et les procédures. Tout Etat qui ne le fait pas ne peut lutter contre quoi que ce soit. Je ne trouve pas de raison qui puisse permettre à un Etat d’être hors-la-loi. Le problème se résume à ceci. C’est le même Etat avec ses cadres qui a signé quelque chose. C’est le même Etat qui trouve que ce qu’on a fait en son nom n’est pas bien. Cela nécessite alors une négociation, une vue stratégique et une solution de rechange pour protéger les milliers d’abonnés béninoise. On peut régler un problème mais il ne faut pas en créer de plus graves encore. Ce qui manque autour du Chef de l’Etat c’est des gens capables d’avoir une vue stratégique, la sérénité politique et des solutions de substitution. Je dirai donc que le dossier GSM est géré d’une manière immature et grotesque.

C’est la même chose que vous diriez de l’ouverture du capital de certaines sociétés publiques ?

Il y a à redire là-dessus. D’emblée je ne suis pas contre les privatisations. Le monde évolue aujourd’hui et à l’étape actuelle, nous n’avons pas toutes les compétences requises pour être compétitifs. Il faut être honnête. Mais on ne privatise pas tout et n’importe comment. Une bonne politique de privatisation aujourd’hui pour les petits pays à économie fragile comme le nôtre, doit être conduite en se référant aux concepts de la préférence nationale, de l’actionnariat populaire national dans le respect d’un plan social et d’une perspective économique qui permette d’avoir un regard en ce qui concerne les secteurs stratégiques. Ma divergence avec l’annonce faite par le Chef de l’Etat est là. Comment dire qu’il faut privatiser le Port ? C’est comme si on disait à un chef de famille d’aller privatiser son portail. Si donc aujourd’hui on dit qu’il faut privatiser le port, c’est un scandale, parce que le port est une frontière. On ne vend pas une frontière. Deuxièmement, pour des questions stratégiques, relations commerciales et de diplomatie. Vous savez, Oryx a fait des investissements énormes au Port. Est-ce que la privation du port concerne la privatisation d’Oryx ? Est-ce qu’on a déjà défini le type de relation que peut avoir Oryx avec cette privatisation ? Vous prenez même Maersk Lines qui amène de nouveaux équipements maintenant. Cela pose problème. Prenez même le Millenium Challenge Account; qui a un grand volet concernant la réforme portuaire. On est en pleine réforme, en plein investissement et on dit qu’on va privatiser. C’est stupide, c’est irréfléchi. Cela ne peut pas se faire. On peut privatiser des infrastructures. On peut ouvrir l’actionnariat de certaines infrastructures du port. Mais on ne peut pas dire qu’on privatise le Port ni l’aéroport.

Aujourd’hui l’action du Chef de l’Etat dans le domaine économique vise l’émergence à la manière sud-est asiatique. Comment appréhendez-vous tout ce qui est fait dans ce cadre ?

Ce qui peut retenir l’attention, c’est le discours du Chef de l’Etat devant la commission du MAEP (Mécanisme africain d’évaluation par les pairs). On note le déphasage manifeste entre la conceptualisation théorique d’une économie émergente et la réalité d’une gestion contre performante de l’héritage économique de notre pays. Car en parlant de la pré-émergence de l’économie béninoise, le Chef de l’Etat n’a indiqué aucun paramètre qui puisse justifier que nous sommes dans la pré émergence économique. Dans la mesure où en réalité nous vivons une désorganisation dans la plupart des secteurs stratégiques de l’économie nationale. Prenons par exemple le coton. Les objectifs de 600 milles tonnes sont loin d’être atteints. Ce n’est pas avec les pleurs qu’on développe une économie. Le délestage continue et vous savez toute la littérature qui a cours actuellement sur le dossier des turbines, encore que des bandeaux noirs sont en train d’être tirés sur les soupçons de mauvaise gestion dénoncée par le FONAC sur certains dossiers de la SBEE. En ce qui concerne la filière des véhicules d’occasion, c’est l’opacité totale. J’ai demandé à plusieurs reprises qu’on nous explique ce qui se passe dans cette filière. On n’a jamais donné une explication. En Juin 2006, l’Etat a pris la décision de reverser dans le giron des Douanes, l’activité d’escorte, notamment en suspendant Défi Emplois Jeunes qui en avait presque le monopole. Mais en le faisant, l’Etat n’a pas budgétisé ces ressources et on ne sait pas où sont logées ces ressources aujourd’hui. Tantôt on nous dit que c’est à la BCEAO, tantôt on nous dit que c’est au Trésor. Est-ce que c’est normal ? Combien a-t-on placé ? Quel intérêt cela génère et au profit de qui ? Que s’est-il passé ? Il faut que tous les agents des Douanes qui ont eu à gérer cette filière parlent. Je suis heureux de la question posée par un groupe de députés, notamment les députés PRD. Un grand flou persiste en ce qui concerne le secteur des hydrocarbures et les contre-performances du Port autonome de Cotonou doivent inquiéter. Globalement, seule la pression fiscale sur le monde des affaires et sur le contribuable béninois continue d’être l’espoir sur lequel comptent certains pour faire le Bénin émergent. Je ne pense pas que cela soit possible.

Par contre la lutte pour l’assainissement de l’économie nationale semble faire de grands pas notamment avec la lutte contre la corruption. Qu’en dites-vous ?

Les réformes en matière économique sont nécessaires aujourd’hui. C’est à partir de réformes sérieuses et efficaces qu’on bâtit les bases une économie moderne. Cela passe par certains fondamentaux qui doivent toucher nécessairement la qualité de l’administration, une maîtrise des sources de recettes de l’Etat, une justice totalement réformée et forte, la rigueur et la discipline au travail qui ne doivent laisser de place ni à la propagande, ni à du folklore. Mais aujourd’hui, on note plus de folklore que de sérieux. Et là où les inquiétudes sont grandes, c’est le folklore dans la lutte contre la corruption et la légèreté dans la conduite de certains audits.

Certains comportements doivent laisser perplexe et certaines rumeurs doivent être clarifiées pour que la lutte contre la corruption ne soit pas une pure distraction et une occasion de règlement de compte échappant à tout contrôle de la justice, des règles et procédures en vigueur.

Yayi Boni donne pourtant l’impression d’une grande détermination à lutter contre la corruption, détermination qu’il a traduite dans sa marche du 16 juillet dernier…

Le Chef de l’Etat veut prendre le même chemin que Gandhi qui dans l’Histoire est une personne qui a marché, qui a fait une marche noble. Mais la marche du Chef de l’Etat n’est pas noble. Il a marché avec des gens qui sont désavoués chaque jour pour corruption. C’est pour la plupart des corrompus qui ont marché avec à leur tête le Chef de l’Etat. Je veux être sûr que ce ne sont pas des corrompus qui ont marché avec à leur tête le chef de l’Etat. Je veux être rassuré. Parce que cette manière de faire n’est pas bonne.

Quelle est la philosophie qui sous-tend normalement une marche ?

On marche généralement lorsqu’’on n’a pas les moyens pour corriger quelque chose. Gandhi a marché parce qu’il voulait l’indépendance de l’Inde. Et il était propre, il n’était pas corrompu. Il n’avait pas des accointances avec des milieux suspects. Il n’était pas non plus avec des suspects. Les syndicalistes marchent généralement pour revendiquer. Le peuple marche pour revendiquer. Or le Chef de l’Etat a déjà le pouvoir suprême et il marche en ayant à ses côtés des corrompus. Il n’a plus besoin de marcher pour lutter contre la corruption. Soit il fait du folklore, soit il a été mal conseillé et il fait de la dissimulation. J’ai été formé et averti contre le marketing et la publicité. J’ai une formation qui me dit que tout ce qui est publicitaire n’est pas la vérité. Et le plus souvent ceux qui font de la publicité ne font rien.

C’est quand même une marche pour la vertu…

C’est une marche verte, mais d’abord elle n’est pas verte. Elle est souillée, c’est une marche noire parce qu’elle est animée par des corrompus ou des gens sur qui pèsent des soupçons de corruption.

Le Chef de l’Etat ne peut pas lutter contre la corruption. Sa marche est une distraction contre la corruption. Si on devait conseiller le Chef de l’Etat, c’est à lui de rester au Palais, et un ministre dont le département est proche de la moralisation de la vie publique devrait déclencher l’opération. Les gens marchent et le Chef de l’Etat réceptionne la marche. Il est alors au-dessus de la mêlée et donne les orientations en tant que père de la nation.

Et pourtant le gouvernement procède à l’assainissement en limogeant des fonctionnaires impliqués dans des actes de corruption.

On ne lutte pas contre la corruption comme sur un ring de catch ou sur un ring de boxe où on fait de la violence à l’état pur, où on fait de la grimace et le One man show. Puisque la corruption est un système qui a pris du temps pour s’installer. Pour lutter contre ce système il faut prendre appui sur la justice. Un pays démocratique qui veut lutter contre la corruption doit avoir pour premier réflexe une réforme de l’appareil judiciaire. Car un pays où les juges sont matériellement ou moralement faibles, un gouvernement qui rend chaque jour davantage plus faibles les juges et plus faible l’appareil judiciaire, ne lutte pas contre la corruption. Tel que le système est, c’est comme si on voulait terroriser tous les fonctionnaires. Il suffit de continuer dans ce système et vous aurez du mal à démêler les règlements de compte des vrais actes de corruption. Nous sommes dans un système qu’on a vu au début de la Révolution. On était déjà grand et on a vu. Tout cela a mené où ? En résumé, je vais vous dire que la lutte contre la corruption ne peut se faire que lorsqu’il y a une réforme véritable de l’appareil judiciaire, lorsque nous avons des juges indépendants et forts, lorsqu’ils sont moralement et matériellement forts et lorsque l’exécutif fait le choix de laisser la justice indépendante et libre. En ce moment nous aurons des lueurs pour lutter contre la corruption.

Vous semblez dire que le Chef de l’Etat fait une gestion de terreur.

C’est le constat que je fais malheureusement. Et c’est l’une des facettes les plus décevantes du changement tel que conduit par le Chef de l’Etat. Je note trois types opérationnels différents. Premièrement, lorsque le Chef de l’Etat parle de l’affirmation de l’autorité de l’Etat, deuxièmement lorsque sa garde rapprochée est directement impliquée dans des blessures et autres pertes de vies humaines des citoyens dans des conditions effroyables. Troisièmement, lorsque lui-même inflige des sanctions précipitées, rapides, presque expéditives. Par exemple, le Chef de l’Etat est allé au Palais des Congrès où il devait présenter un discours et il y a eu coupure de courant. Sur le coup, sans aucune enquête, dans la même journée, il a limogé quatre personnes et a pris le soin de laisser ceux qu’il fallait sanctionner : les services de renseignement. Ce sont les services de renseignement qui n’ont pas fait leur travail. Si ces services avaient bien fait leur travail, ils auraient procédé à l’inspection des lieux, contrôlé les choses, et pris la précaution d’avoir des groupes mobiles pour pallier instantanément à toute coupure d’électricité. Ces cadres suspendus se retrouvent dans la terreur, la psychose. Et cette terreur se répand partout dans l’administration. Je pense que le Chef de l’Etat fait une gestion de terreur.

Depuis l’année dernière, Boni Yayi semble avoir fait de l’octroi de micro crédits un socle de son programme de lutte contre la pauvreté. Qu’en pensez-vous ?

Les microcrédits n’ont jamais fait sortir qui que ce soit de la pauvreté. C’est une expérience qui ne sortira pas la majorité des Béninois de la pauvreté. Car le concept de micro crédit sans être accompagné, soutenu par une opérationnalisation du concept de microprojet ne peut faire qu’accroître la situation de dépendance des pauvres et des plus vulnérables. Et cette dépendance est pernicieuse pour le développement dans la mesure où la politique de micro crédit telle que pratiquée actuellement laisse beaucoup plus de places au clientélisme politique. Je crains que l’argent du pays ne soit utilisé par un seul homme pour préparer sa campagne pour 2011.

On note cependant une véritable débauche d’énergie sur le plan diplomatique.

L’intérêt du Bénin ne se situe pas dans combien de fois le Président Boni Yayi a serré la main aux grands de ce monde. Je me réfère un peu au discours du Président Sarkozy devant les jeunes sénégalais à l’université Cheikh Anta Diop. Nous devons prendre nos responsabilités et ne jamais oublier que seul le travail, la discipline et la rigueur peuvent faire le Bénin émergent. Nous devons aussi rompre avec des sorties diplomatiques improvisées ou ratées. Il n’y a pas de diplomatie qui puisse servir le Bénin si nous ne savons pas ce que nous allons donner aux autres. Aujourd’hui qu’est-ce que notre pays donne aux autres quand notre président va à l’étranger ? C’est là que nous pouvons savoir si notre diplomatie est dans l’errance parce que ressemblant beaucoup plus à une diplomatie touristique et beaucoup moins à une diplomatie qui peut servir le développement.

Etes-vous en définitive de l’opposition ou de la mouvance présidentielle ?

Je suis contre le changement tel que cela se fait en ce moment. Quel que soit ce que le Chef de l’Etat dit, il nous amènera au gouffre. Le Bénin ne sera pas émergent sous lui. Lui-même sait qu’il est en train de faire des slogans et qu’à l’heure où nous parlons, il ne fait rien qui puisse préparer les bases d’une émergence. Prenons l’exemple du Singapour que le Chef de l’Etat cite souvent, c’est depuis 1972 que les premières réformes qui ont abouti au Singapour d’aujourd’hui ont commencé. J’ai entendu le Chef de l’Etat dans le discours qu’il a présenté devant la Commission du MAEP, dire que nous sommes déjà dans la pré-émergence. C’est faux. En 1990, la croissance était en dessous de 2% et malgré la dévaluation on a atteint un pic de 6% avant le départ du président Soglo. L’erreur en ce moment c’était l’incapacité à maîtriser l’inflation et le discours politique n’était pas axé sur la maîtrise politique du social. Mais juste après, il y a eu un délabrement total. La croissance, le produit national brut et l’inflation ainsi que le ratio de la masse salariale n’étaient pas maîtrisés. L’homme qui est venu et qui a fait un travail extraordinaire entre 1998 et 2002, c’est Bio Tchané. C’est lui qui a fait que le Bénin soit éligible au programme IPPTE (Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés). En 2002, nous étions à 6%, l’inflation était autour de 3,9, la maîtrise de la masse salariale environ 4 à 5% du PNB. C’était le moment le plus favorable, alors qu’on n’était même pas dans la pré-émergence. Or aujourd’hui nous avons une croissance qui oscille autour de 3% et qui ne dépassera pas 4,5% selon les renseignements que nous avons eus tout récemment. Et il y a de sérieux problèmes au niveau des revendications salariales et des réformes à faire. Le changement est dans une phase de gaspillage des ressources du pays.

Vous êtes très sévère…

Lorsqu’un gouvernement gère en regardant les élections, il gère mal. C’est ce qui fait qu’il mord dans tout : gratuité de la santé, de l’enseignement…C’est ce qui fait que le ministre Ganiou Soglo a manqué totalement de scrupule en déclenchant la campagne électorale de 2011. La Cour Constitutionnelle devrait rappeler ce ministre à l’ordre pour lui dire que la campagne n’a pas encore commencé puisqu’au terme des lois de la République, nul ne peut faire campagne en dehors des périodes de campagne électorale. Dire aux jeunes de voter pour Yayi Boni en 2011 en utilisant l’argent de l’Etat, en leur donnant des ballons, c’est de l’achat de conscience. C’est grave. Nous devons tout faire pour chasser ce système de précipitation et d’immaturité en 2011. Puisqu’un ministre dit qu’il faut le maintenir en 2011, je dis qu’il faut chasser Yayi Boni du pouvoir en 2011 s’il continue tel qu’il est en train de faire.

Honorable, à la lumière des débats à l’Assemblée, sentez-vous que l’actuelle législature est proche de la population afin de parer au désastre que vous semblez prédire ?

D’abord le rôle d’un parlement n’est pas d’être la cinquième colonne d’un gouvernement. Je pense que le rôle essentiel du Parlement est d’être le représentant du peuple. Cela pose la question même de ce qu’est le politique dans la conduite d’une nation. Dans notre système démocratique, nous avons une constitution qui a consacré le régime présidentiel, et l’exécutif est la structure de l’Etat qui agit. Le Parlement est la structure de l’Etat qui contrôle, qui accepte ou qui refuse. Donc, si nous avons un Parlement nous devons souhaiter que ce Parlement accepte ou refuse, c’est-à-dire qu’il apprécie conformément à la volonté du peuple.

Et maintenant que se passe-t-il au Parlement béninois selon vous ?

Si nous voyons dans quelle condition la structure dirigeante du parlement a été mise en place, nous pouvons avoir des réserves sur la capacité même de certains acteurs majoritaires au Parlement à aller dans le sens de ce que souhaite le peuple. C’est pour cela que je dis que le rôle d’un Parlement n’est pas d’être dans la colonne supplétive du gouvernement. Cela doit être une colonne qui pousse dans le sens de la vérité, de la critique constructive, qui amène à plus de développement à plus de clarté dans l’action. -Je pense que ce Parlement, au regard des conditions politiques de mise en place de sa majorité peut avoir des difficultés à jouer ce rôle. Mais il faut être fier, il faut être heureux que dans ce parlement, il existe des pôles sur lesquels nous pouvons avoir confiance pour atteindre cet idéal. Il y a donc un ferment qui est là et sur lequel on peut compter pour corriger le tir.

Lorsqu’un Président de l’Assemblée nationale, dans la conduite d’un débat, passe outre une question préjudicielle, et fait voter la loi en s’appuyant sur la majorité mécanique, ce n’est pas bon. Dans le cas par exemple de la loi sur le service militaire, on a vu la nature et les limites du président Nago Mathurin ainsi que les limites de la majorité parlementaire qui est là. A la question préjudicielle brillamment posée par Me Houngbédji, il ne devait pas bouger, il devait reculer. Mais il a foncé tête baissée comme dans un cirque de tauromachie. Lorsque le Président de l’Assemblée dit qu’ils ont voté seize lois dont douze autorisations de ratification, je dis que le dynamisme législatif n’est pas dans le vote expéditif des lois d’autorisation de ratification. Mais plutôt dans sa capacité à faire preuve d’initiative et d’adoption de lois qui poussent vers plus de bien-être social. Le Parlement ne peut pas être qu’un Parlement d’autorisation de ratification.

Le Chef de l’Etat a demandé par lettre au Président de l’Assemblée de faire mettre deux de ses collègues à la disposition de l’IGE et de l’IGF. Qu’en dites-vous ?

Le changement est dans une phase de gaspillage des ressources du pays… C’est du copinage, c’est des négociations. Le Président de l’Assemblée pense que le Chef de l’Etat demande aux députés d’accepter d’aller se faire écouter par les structures de contrôle de l’Etat, l’IGF et l’IGE. Comment peut-on négocier pour amener ces députés ? Quelles en sont les clauses ?

Pensez-vous que Boni Yayi pouvait faire autre chose ?

Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Lorsque vous entrez dans un couvent, il ne faut pas en sortir pour dénoncer ce qui s’y passe. Le Chef de l’Etat ne peut pas dire qu’il ne connaissait pas Célestine Adjanohoun, ni da Matha. Avant d’être Président de la République, il a été Président d’une grande institution bancaire. En ce moment-là, il y a eu des contrats entre l’Etat béninois et la BOAD sur par exemple les groupes dits de Takoradi. Donc il connaît parfaitement les Béninois. D’autant plus qu’il a révoqué Adjanohoun de la tête de la SBEE. Pour quelles raisons ? Et pourquoi l’ayant enlevée, il cautionne son maintien sur une liste parrainée par lui-même ? Est-ce qu’il ne paraît pas insolite et extraordinaire de voir la DG limogée, remplacée par son adjoint, sur la même liste que ce successeur, liste qui est celle du Chef de l’Etat. Et après, il dit qu’ils sont soupçonnés de corruption. Cela pose un problème. Est-ce que le Chef de l’Etat est la personne la mieux indiquée pour parler de ces personnes ? Cela n’ira nulle part. C’est du pipeau.

Comment vous préparez-vous pour les municipales ?

Nous irons aux municipales et aux communales. Mon parti sera présent. Mais la question de ma candidature personnelle sera discutée plus tard. J’apprends que les prochaines élections auront lieu en janvier. Pourquoi ? Normalement c’est en Décembre qu’on devrait avoir les élections. La loi actuelle est encore là. Si nous avons fait les autres élections les 15 et 29 Décembre et qu’on programme les prochaines élections en Janvier, nous constatons qu’on devrait faire ces élections en Décembre. En ne le faisant pas, est-ce qu’il n’y a pas des risques sur la suite. Une démocratie n’est mesurée que par l’organisation régulière et à bonne date des élections.

Mais le Chef de l’Etat est proche de son peuple. Il mange avec les Zémidjans, rentre dans les eaux d’inondation pour compatir à la douleur des sinistrés…

C’est du déjà vu. Je suis contre l’humilité hypocrite. Puisque c’est de cela qu’il s’agit. Je suis rentré dans l’eau avec le président Soglo ici au moment où Dassigli était Préfet. Boni Yayi était à la BOAD et a vu cela puisqu’il rentrait tous les week-ends. Est-ce que c’est lui qui doit nécessairement rentrer dans l’eau ? Est-ce qu’il doit nécessairement pousser les motoculteurs ? C’est de la publicité, du marketing. C’est de l’illusion. Je suis contre un Chef d’Etat qui dit qu’il est pressé que tout change mais qui fait du cafouillage politique sur plus de la moitié de ses actions. Je suis contre un Chef d’Etat dont les conseillers insultent les hommes politiques.

Votre mot de fin

Le changement est naturel, tout change. Comment changer ? C’est le problème sur lequel je ne suis pas d’accord avec le Chef de l’Etat et son entourage. Dans le dossier de la lutte contre la corruption, je pense qu’il y a plus de corrompus cachés que de dénoncés. S’il faut conduire à terme le changement, il faut plus de retenue, plus de sérénité dans la gestion des dossiers, surtout les dossiers économiques.

Réalisé par L’événement Précis, Le Béninois Libéré, Le Matin, Fraternité en Août 2007

BENIN: Le SG des FCBE à propos de sa démission

Écrit par La Nouvelle Tribune du 16/12/2010

Nous annoncions dans une précédente parution le départ du secrétaire national des Fcbe Codjo Sodokin pour rejoindre le camp adverse l’Union fait la Nation. N’ayant pu recueillir la part de vérité de l’intéressé en son temps, nous nous sommes rapprochés de lui afin qu’il confirme ou infirme l’information. Si l’ancien maire d’Athiémé réaffirme son appartenance à la mouvance présidentielle, il reconnaît cependant que « Rien ne vient du néant ». (Lire l’intégralité de l’interview qu’il nous a accordée…
Lnt : Confirmez-vous M. Sodokin l’information selon laquelle vous êtes sur le point de rejoindre la coalition « Union fait la Nation » au détriment des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) dont vous êtes le secrétaire national ?

Codjo Sodokin : Je vous remercie d’abord pour votre démarche à mon endroit afin de comprendre cet imbroglio qui touche ma personne. Rien ne vient du néant. Il y a certainement un feu quelque part que les gens ont voulu attisé. Tout a commencé samedi dernier lorsque mon fils a effectué une visite éclaire dans notre commune. Il a rendu visite à certains de ses amis qui l’ont pris à partie en relevant son absence à mes côtés lors des réunions des Fcbe. C’est là qu’il leur apprend qu’il n’était pas au pays. Mais depuis qu’il est revenu, sa léthargie vient du fait que la situation faite à son père ne l’incite guère à un engagement actif et qu’il préférait rester en marge de la politique. Il a fait à peine trois heures d’horloge à Athiémé. Il ne pouvait donc réunir cinq arrondissements pour leur expliquer quoique ce soit. C’est de cette manière que tout est parti.  Je tiens à préciser que mon arrivée aux Fcbe est le fruit d’un processus engagé par le parti Upd-Gamesu dont je suis membre fondateur et présidé par le professeur Mathurin Coffi Nago. Je n’ai pas encore démissionné de l’Upd-Gamesu pour pouvoir le faire aux Fcbe. Nous sommes dans un mouvement d’ensemble. Donc j’y suis et j’y reste jusqu’à nouvel ordre.

Lnt : Pour autant, les propos de votre fils sont-ils dénués de sens ? Surtout que depuis votre adhésion à cette famille politique, vous n’avez apparemment rien gagné. Ou alors la politique n’est-elle pas un jeu d’intérêt ?

CS : A un certain âge, on a le souffle long. Cependant, quelques soient les arrières qu’on a, assurer la permanence pendant deux ans, c’est des plumes qui tombent. Je ne peux pas vous dire que je suis content de mon sort. Mais, la politique c’est des débats, c’est la fidélité. Nous continuons le débat. Mais honnêtement, je ne peux pas vous dire que suis satisfait de mon sort.

Lnt : Au vu de cette situation, comment pourrez-vous vous impliquez dans les mouvements pour la réélection de Boni Yayi que votre parti soutient ?
CS : C’est vrai que c’est l’Upd-Gamèsu qui nous a amené aux Fcbe. Il est aussi vrai que  pour exercer la vertu, il faut un minimum. Il faut donc avoir les moyens pour animer les débats et rencontres avec les militants. Sans moyen, on devient un général sans troupe. Or, très tôt, nous avons constaté que le président Boni Yayi a des tendances de travailleur pour sortir notre pays de l’ornière.  Nous nous sommes donc mis ensemble pour le soutenir. Au-delà de ce que le collectif peut faire, si vous n’avez pas les moyens d’entretenir votre  électorat, cela se ressent.  Donc à l’impossible nul n’est tenu. Mais nous espérons que les débats qui sont encore en cours permettront à chacun de prendre la mesure de la situation.

Mais au-delà de tout, quelque soit la position de chacun, il faut qu’il puisse travailler pour le développement du pays de sorte que la paix puisse régner.

Benoit METONOU