Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: décembre 22, 2010

Côte d’Ivoire : L’intégralité du discours à la Nation du Président Laurent Gbagbo

« Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,

Chers amis de la Côte d’Ivoire.

Le vendredi 3 décembre 2010, le Conseil constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Ces résultats sont connus de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

J’ai remporté le scrutin, avec 51, 45 % des suffrages. Je suis le Président de la République de Côte d’Ivoire

Je remercie les Ivoiriens de m’avoir renouvelé leur confiance.

Conformément à l’article 39 de la Constitution, j’ai prêté serment, devant le Conseil constitutionnel réuni en audience solennelle au Palais de la Présidence de la République, le samedi 4 décembre 2010.

Le lundi 6 décembre, j’ai nommé un premier ministre et le premier conseil des ministres du nouveau mandat s’est tenu au Palais présidentiel le mardi 7 décembre 2010.

Le pays s’est aussitôt remis complètement au travail. Les mesures de sécurité, en vigueur durant le scrutin, sont levées ou allégées, dès le lundi. Les frontières sont rouvertes et les horaires du couvre-feu aménagés. L’Etat fonctionne. L’économie est en route.

Durant tout ce processus, je m’en suis tenu, scrupuleusement, aux règles établies par notre Constitution. Et les Ivoiriens, dans leur immense majorité, ont choisi de suivre la voie de la légalité républicaine qui garantit le fonctionnement démocratique des Institutions.

Je remercie les Ivoiriens pour leur attachement à notre patrie et aux Institutions de la République.
Les troubles que l’on observe aujourd’hui, en Côte d’Ivoire sont nés du refus de mon adversaire de se soumettre aux lois, règlements et procédures en vigueur dans notre pays.

Je tiens donc pour responsables des tueries, des incendies et des pillages, perpétrés au cours de la marche insurrectionnelle du Rhdp le 16 décembre 2010, ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur, ont décidé d’agir contre les lois ivoiriennes. Ils nous font la guerre, non pas parce que nous aurions empêché l’expression démocratique des Ivoiriens, mais parce qu’ils renient au peuple ivoirien son droit souverain de choisir lui-même ses dirigeants, de respecter les Institutions qu’il s’est donné et de vivre dans un pays libre.

Selon les lois ivoiriennes, en effet, la Commission électorale indépendante (Cei), organise les élections et en proclame les résultats provisoires. Il revient au Conseil constitutionnel, et à lui seul, de proclamer les résultats définitifs.

L’article 59 alinéa 2 du code électoral stipule que la Commission électorale indépendante « procède aux opérations de collecte et à la proclamation des résultats provisoires, au niveau national et en présence des représentants des candidats».

Dans une note circulaire en date du 13 novembre 2010, la Cei elle-même, a indiqué que cette «proclamation des résultats globaux par le Président de la Cei se fait en séance publique en présence des Commissaires centraux».

Au lieu de cela, à quoi avons-nous assisté ? Le jeudi 2 décembre 2010, Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Cei, se retrouve, contre toute attente, à l’Hôtel du Golf, Quartier général de campagne de mon adversaire. Là-bas, seul, sans les commissaires centraux ni les représentants des candidats, il a proclamé des résultats de l’élection présidentielle en violation de toutes les dispositions légales et réglementaires régissant la Cei.

Il est évident que ces résultats sont nuls et de nul effet. Et c’est en se fondant sur ces résultats que la communauté internationale déclare la guerre à la Côte d’Ivoire. Cela n’est pas acceptable et cela ne sera pas accepté.

La vérité, c’est qu’à la fin du deuxième tour de l’élection présidentielle, la Cei n’a pas été capable de proclamer les résultats provisoires dans les délais prescrits par la loi, soit 72 heures après la clôture du scrutin. Elle a plutôt donné au monde entier, le spectacle affligeant d’une Institution bloquée par ses contradictions internes, étant composée de représentants des partis politiques et de la rébellion armée.

La Cei a failli. Il revenait au Conseil constitutionnel de se saisir du dossier. Ce qu’il a fait.

Je rappelle que la Commission électorale indépendante (Cei) est une autorité administrative tandis que le Conseil constitutionnel est la plus haute juridiction de la Côte d’Ivoire. Les deux Institutions ne sont pas comparables et il est illégitime de les comparer. Leurs décisions sont de natures différentes. Elles n’ont pas les mêmes fondements, ni la même portée.

Aux termes de l’article 2 du code électoral, les missions de la Cei sont d’assurer notamment :
La garantie sur toute l’étendue du territoire national et à tous les électeurs, du droit et de la liberté de vote;

Le contrôle de la régularité du déroulement des opérations de vote, de dépouillement des bulletins de vote et de recensement des suffrages;

La collecte des Procès-verbaux des opérations de vote et la centralisation des résultats ;

La proclamation provisoire ou définitive des résultats de toutes les élections à l’exception de l’élection présidentielle et du referendum pour lesquels la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel.

Mes chers compatriotes,

Chers amis de la Côte d’Ivoire.

L’élection du 28 novembre 2010 est bien une élection présidentielle. Il fallait attendre la décision du Conseil constitutionnel pour connaître les résultats définitifs et le nom du vainqueur. J’ai attendu que le droit soit dit.

Les troubles qui endeuillent aujourd’hui mon pays font suite aux déclarations tendant à faire croire que la qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire peut échoir à une personne autre que celle qui est proclamée élue par le conseil constitutionnel.

Le bilan de ces troubles est lourd: Pour la seule journée du jeudi 16 décembre 2010, nous avons enregistré 20 morts dont 10 membres des forces de l’ordre, tués par balles.

Je salue la mémoire de nos hommes, nos Forces de Défense et de Sécurité, tombés au champ d’honneur. Je salue la mémoire de toutes les personnes mortes au cours de ces journées de folie. Elles sont nos martyrs, les martyrs de la République. Elles sont mortes pour défendre la Constitution ivoirienne et les institutions qui l’incarnent.

Je souhaite prompt rétablissement à tous ceux et à toutes celles qui sont blessés. Je souhaite du courage à ceux, et ils sont nombreux, qui ont vu leurs maisons pillées et incendiées. 

On veut nous terroriser mais il ne faut pas croire que les légalistes vont le céder à ceux qui ont pris la voie de l’illégalité. Ceux qui respectent la constitution et donnent leur vie pour la défendre ne vont pas le céder à ceux qui veulent saper les fondements de la République et de la démocratie.

Mes positions sur la conquête et l’exercice du pouvoir sont connues. Pour moi, il ne faut pas vouloir le pouvoir pour le pouvoir. On veut le pouvoir pour servir le peuple. Le pouvoir ne peut pas servir de moyen pour faire souffrir le peuple. Je ne veux plus que le sang soit versé. Je ne veux plus de guerre. Je ne veux pas que le sang d’un seul ivoirien soit versé. Je ne veux pas d’une guerre en Côte d’Ivoire qui peut s’étendre aux pays voisins ou les affaiblir. 

Je suis donc prêt, dans le respect de la constitution, des lois ivoiriennes et des procédures que nous nous sommes librement données, à accueillir un comité d’évaluation sur la crise post- électorale en Côte d’ivoire. Ce Comité, dirigé par un représentant de l’Union Africaine, et comprenant des représentants de la Cedeao, de l’Uemoa, de la Ligue Arabe, des Nations Unies, des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de la Russie et de la Chine, aura pour mission d‘analyser objectivement les faits et le processus électoral, pour un règlement pacifique de la crise.

Ce Comité devra également comprendre des Ivoiriens de bonne volonté.

Je lance un appel à toutes les personnalités qui se trouvent encore à l’hôtel du Golf de regagner leurs domiciles. Personne ne les a contraints à se réfugier dans cet hôtel. Personne ne les empêchera d’en sortir. Elles sont libres de leurs mouvements.

J’appelle les Ivoiriens à la retenue. Nous avons demandé le départ de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et des forces françaises qui la soutiennent. Notre démarche s’est faite par la voie diplomatique. C’est par la voie diplomatique que nous entendons obtenir satisfaction sur cette exigence capitale, pour notre souveraineté.

Je demande aux jeunes de rester calmes. L’Onuci et les Forces françaises partiront de Côte d’Ivoire mais nous ne voulons pas de morts inutiles. Nous avons encore tous en mémoire les douloureux souvenirs des événements de novembre 2004.

Aujourd’hui en 2010, comme hier en 2002, 2003, 2004, 2007, je tends la main du dialogue. Je tends la main à l’opposition, à Monsieur Ouattara, comme à la rébellion armée qui le soutient.

J’ai confiance en notre capacité à construire une nation dans la paix, la démocratie et la prospérité. Quittons le chemin de la guerre. Reprenons notre marche vers le progrès dans la paix.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire!

Que Dieu bénisse les Ivoiriens !

Que Dieu bénisse l’Afrique !

Je vous remercie ».

Il était une fois Marcoussis 3 !

Il était une fois Marcoussis 3 !

UN MATCH DE RUGBY !

Nous devons-nous demander pourquoi l’Elysée à choisi la ville de Marcoussis pour le règlement de la crise ivoirienne ?

Le choix de Marcoussis n’est pas le fait du hasard. Il isole d’abord les protagonistes et surtout le camp patriotique. Au départ la ville de Paris avait été retenue. On parlait alors de la Conférence de Paix de Paris.

Mais à cause de la très forte concentration de la communauté ivoirienne qui s’y trouve et qui soutient dans sa grande majorité les Institutions et ceux qui l’incarnent, l’Elysée a été obligé de changer de stratégie. En effet, il s’est avéré, après une enquête de routine, que Gbagbo est majoritairement soutenu par son peuple en Côte d’ivoire comme à l’étranger notamment en France même si l’Elysée pensait le contraire parce que ce dernier fut mal élu.  Bush fut lui aussi mal élu, Chirac lui-même par défaut, pourtant ni l’un, ni l’autre n’ait été empêché d’exercer ses fonctions de Président de la République. Il fallait donc trouver une stratégie d’empêchement et d’exclusion, d’éviction et de destruction.

Ainsi Marcoussis marque-t-il un isolement du pouvoir ivoirien. Mais pourquoi choisir un centre de Rugby pour une crise aussi sérieuse, profonde que la crise ivoirienne.

Le metteur en scène de la tragédie ivoirienne c’est-à-dire l’Elysée a demandé à ses éléments de planter le décor en mettant en arrière-plan,, une arène du temps de César.

Devant le caractère trop choquant de ce choix car montrant la réalité du pouvoir élyséen, il fut décider de choisir à la place une corrida ou le torero sera Mazeaud. Mais cela ne plut pas non plus à la majorité car trop choquant, déshabillant, condamnant la politique élyséenne en Afrique Khadhor’.

Le choix d’un centre de Rugby fut retenu. On garda le torero qui reçu pour mission, de la part de Chirac, de régler le problème ivoirien, à savoir mettre à mort le taureau Gbagbo. 

Un centre de Rugby pour signifier donc qu’ici à Marcoussis les règles avaient complètement changées. Les difficultés étaient multiples et insurmontables : connaître ce sport, ses règles, son environnement, savoir le jouer, s’entraîner à cela et surtout l’aimer. Les patriotes devaient aussi compter avec ce torero reconverti en arbitre pour la circonstance qui faisait le seizième joueur.

Les défenseurs de la République furent plaqués au sol, acculés dans leur derniers retranchements, malmenés, ignorant les chandelles, charnières, ascenseurs, botteurs, christéra, drop, essai, transformation de l’essai, maul, le K.O…

Ils furent donc humiliés et la Côte d’Ivoire avec, à la grande satisfaction des esclaves et de leur maître Chirac, foncièrement ennemis de la République.

Mais Marcoussis ne fut pas seulement un médicament, le poison de la vérité, un chantage ou un match de Rugby.

Pour le parti du peuple ivoirien

Son Président

GNADOU Dano Zady

La France oublie que la Côte d’Ivoire a une mémoire

La France oublie que la Côte d’Ivoire a une mémoire

Concluant une analyse dont le titre était : ’’ LES DYNASTIES AFRICAINES EN MARCHE…Mais attention !’’, j’osais cette affirmation : ’’Les relations franco-africaines prendront à n’en pas douter, une autre tournure avec les prochaines élections présidentielles qui pointent à l’horizon. ’’. Une analyse qui faisait suite à la diarrhée des révisions constitutionnelles qui s’est saisie des présidents africains et dont l’objectif inavoué mais pourtant clair est : soit le maintien au pouvoir ou la mise sur orbite de leur progéniture.

A l’aune de ce qui se passe actuellement en Côte d’Ivoire, tout porte à confirmer cette conclusion avec une nuance de taille, les prémisses diffèrent selon qu’il s’agisse de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Sénégal ou d’un autre pays africain dit francophone. Si d’un côté l’exigence au respect de la souveraineté des Etats fonde et justifie le changement de ces relations franco-africaines, saurait-on dire la même chose de l’autre ? Restons donc sur le cas de la Côte d’Ivoire qui nous intéresse.

« La France oublie que la Côte d’Ivoire a une mémoire, à l’image de celle de toutes les jeunesses africaines qui ne supportent plus son arrogance. », écrivait Mamadou Coulibaly : « (…) Mais la France doit également avoir à l’esprit qu’avec la prise de conscience du peuple de Côte d’Ivoire, et sa maturité politique de 2005, débarrassée des complexes du colonisé des années 60, aucune démarche de passage en force, même par voie diplomatique, ne peut constituer une solution durable à la complexe situation qui est le résultat de la volonté de Paris de mettre au pas la Côte d’Ivoire. La jeunesse de Côte d’Ivoire est à l’image de celle du Togo, du Bénin, du Mali, du Burkina, du Sénégal, du Gabon, du Cameroun, du Congo et de tous les pays colonisés en Afrique par la France. Les aspirations de ces jeunes sont les mêmes, et le grondement est identique d’un bout à l’autre de l’Afrique. Jouer à la sourde oreille, ou vivre dans la chimère de la certitude de pouvoir tout contrôler comme dans les années 60, est pour la France et pour nos dirigeants africains actuels, un risque considérable dont les conséquences sont aujourd’hui difficiles à mesurer. »

Quelques années après cette mise en garde du professeur Mamadou Coulibaly qui devrait normalement d’un côté, éveiller la conscience des africains francophones en particulier des réelles intentions de la France dans ce pays ou un autre d’expression francophone ; et de l’autre, alerter la France dont la couche d’influence en Afrique se fragilise et se dégrade à la même vitesse qu’elle dévoile sa laideur et sa duplicité sur la question du respect des droits de l’homme noir et de son inattirance économique au profit des états asiatiques dont la Chine ; on constate hélas toujours avec un certain pincement au cœur que, quelques âmes africaines continuent à entretenir l’esprit de domination et de soumission qui s’inspire des aspirations qui leurs sont étrangères, loin de l’avertissement que prônait Frantz Fanon :  » Ne payons pas de tribut à l’adversaire en créant des polémiques qui s’inspirent de leurs aspirations. ». Et que la France, dans un ultime sursaut (signe de son affaiblissement) continue son activité de déstabilisation et de déséquilibre de l’espace africain dit francophone en ignorant, en méprisant les aspirations des africains.

Parlant de la Martinique lors des obsèques de Aimé Césaire, Pierre Aliker utilisait cette formule : « Il faudrait se persuader que les experts des questions martiniquaises, ce sont les martiniquais ». Une formule royalement bafouée par la France dès qu’il s’agit de l’Afrique et à l’aune de la Martinique, de la Guadeloupe ou de la Guyane, nous autorise à conclure donc, qu’une formule bafouée par la France dès lors qu’il s’agit des populations noires très particulièrement. Faut-il pour autant s’en étonner dans le cas de l’Afrique ? Malheureusement non ! Puisque les africains sont les premiers convaincus de la non véracité de cette formule en accordant un blanc seing à toutes les manœuvres déstabilisatrices de la France sur le continent, ainsi l’attestent les événements qui se déroulent actuellement en Côte d’Ivoire. Steve Biko annonçait déjà cette attitude par sa formule : ’’L’arme la plus puissante entre les mains de l’oppresseur, est la mentalité du colonisé’’. Une mentalité qui ravive l’arrogance du président français Nicolas Sarkozy et accentue les tendances impérialistes de la France sur un terrain qu’elle sait entrain de perdre à cause de son manque d’attrait à tous les égards.

Seulement, le président Sarkozy et les tenants de cette France impérialiste qui veulent continuer à voir et à faire de l’Afrique leur terrain d’exploitation en tous genres, doivent se souvenir que les ivoiriens n’ont pas oublié les massacres perpétrés par l’armée française en 2004 sur leur sol en toute impunité ; que de plus en plus, une certaine jeunesse africaine a pris conscience de l’effet néfaste des rapports qui existent entre leur pays et l’ancienne puissance impérialo-colonisatrice et qu’elle est fin prête à affronter sur tous les terrains ces démons qui les empêchent de vivre en paix et de jouir des richesses de leur continent. S’entêter dans cet exercice du mépris aura des répercussions très graves.

 Jean-Jacques Dikongué

afrik.com

BENIN : L’argent ne fait pas le sage…

Les seuls à ne pas avoir participé à des marches de soutien ou des meetings en l’honneur du chef de l’Etat ; à ne pas avoir animé des concerts de louanges à l’endroit du régime du Changement sur le perron de la Marina ; à ne pas avoir insulté publiquement les opposants pour leur prétendue ingratitude vis-à-vis du docteur-président ; à avoir refusé les nombreux milliards déversés sur les lieux de culte. Il n’y a que les prêtres catholiques pour faire asseoir tous les protagonistes de la crise politique. Bien qu’aucun passage de la constitution ne leur ait été consacré. Sans gardes du corps, sans véhicules de fonction, sans escorte et autres avantages mirobolants au frais de la princesse. Les seuls pratiquement à échapper aux diatribes des parlementaires. Les véritables intouchables de la République, hors d’atteinte de la vague de déstructuration des valeurs communes. Même les prétendus « sages » consacrés par la constitution et siégeant à la Cour constitutionnelle ne sauraient affichés pareille sérénité.

Le clergé catholique visiblement en ultime rempart contre la paupérisation grandissante des repères moraux en 5 années d’émergence. Le dernier bastion à avoir résisté à l’argent facile, massif sorti des caisses de l’Etat. Ce qui est loin d’être le cas de ces nombreux Imams qui se font offrir des friandises et des victuailles par des ministres de la République durant le jeûne musulman, et des dizaines de fidèles mahométans acceptant, chaque année, des billets d’avion pour le pèlerinage à la Mecque. Comble de l’avilissement pour tous ces pasteurs regroupés dans des mouvements politiques acquis au gouvernement, et qui ne rechignent pas à s’allier à des trafiquants de toute sorte voire des faux placeurs d’argent, sponsors des activités de propagande du régime. Il y a pire avec l’instrumentalisation des chefs traditionnels invités à renier leurs propres sujets devant les caméras de télévision contre l’obole des princes du Changement. On ne compte plus les atteintes à la sacralité des couvents livrés aux porteurs de valise, au pays du vaudou.

Une opération de sape en profondeur des bases de la nation dont on pouvait s’interroger sur la finalité. L’absence de réactivité du pays réel face aux menaces qui pèsent sur la paix sociale n’est surtout pas étrangère à cette situation. Pour la première fois, en 20 ans de renouveau démocratique, de hauts responsables de l’Etat évoquent publiquement le report des élections dans une indescriptible insouciance. En échos à une promesse ferme du chef de l’Etat en personne de ne pas faire organiser des élections présidentielles et législatives sans le fichier électoral de son choix. Parce qu’il sait qu’aucun des relais moraux du peuple ne s’offusquerait. Ces rentiers en apparats traditionnels ou religieux quotidiennement en génuflexion à la Marina n’oseraient contredire leur bienfaiteur. Le docteur-président croit avoir déjà payé le droit de disposer de la République comme il l’entend en arrosant les gardiens du temple de libéralités diverses. C’est donc tout naturellement qu’en voyant le docteur-président submerger les institutions, la religion et la tradition, un émergent par le ruse, le dol et l’argent, un exalté a cru le voir au dessus de Dieu.

Le Bénin doit au clergé catholique d’avoir su préserver un radeau de sauvetage en plein naufrage collectif. Peut-être un fardeau trop lourd à porter pour l’église de Pierre dans un pays multiconfessionnel. Demeure néanmoins le mérite du modèle. A espérer un sursaut d’orgueil de tous les autres qui ont connu des moments d’égarement face au diktat de l’argent. La tradition, la religion et même la constitution existaient bien avant l’avènement des sirènes de l’émergence et lui survivront très certainement.

Tenez bon, messieurs de la soutane !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Rencontre de vérité et de réconciliation, les représentants de la mouvance se montrent rebelles au dialogue devant le clergé

Les Béninois attendaient beaucoup de la rencontre initiée par l’Archevêché de Cotonou pour échanger avec le gouvernement, la société civile et la classe politique. Le but était de trouver un terrain d’entente pour sauver l’essentiel à la veille des prochaines consultations électorales qui déchaînent actuellement toutes les passions. Pour la réussite de cette rencontre annoncée  comme celle du sauvetage de la démocratie, le Clergé catholique a pris le soin d’informer à temps, toutes les parties concernées de l’heure et du lieu. Mais curieusement, le gouvernement qui, à travers son Chef, Docteur Boni Yayi a toujours exprimé sa disponibilité à dialoguer avec ses adversaires politiques pour apaiser les tensions, a brillé par son absence. Aucun représentant du gouvernement n’a donc répondu à l’appel de l’Archevêque de Cotonou, Monseigneur Antoine Ganyé. Pire encore, les représentants des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe), la formation politique du Chef de l’Etat, à savoir le coordonnateur national, Eugène Azatassou et Sodokin se sont catégoriquement opposés à la tenue de la rencontre. Et pour quelle raison ? Les représentants de la Fcbe ont clairement signifié au Clergé qu’ils ne se sont pas préparés pour discuter des sujets inscrits à l’ordre du jour. Et pourtant, prévenus de la séance des jours avant sa  tenue, ils ont eu plusieurs rencontres avec les hommes d’Eglise et les responsables de Fors-élections.  Ils ont également clairement signifié au Clergé qu’ils émettent des réserves quant à la participation des représentants de Fors-élection à cette rencontre. Car, selon eux, ce sont eux qui préparent l’insurrection dans le pays. Face au diktat des  Fcbe alors, l’Archevêque, Monseigneur Antoine Ganyé s’est vu contraint de reporter la séance, invitant  toutes les parties à honorer de leur présence à la rencontre  la semaine prochaine afin que l’entente soit retrouvée pour le bonheur des populations. Il faut rappeler  que les représentants de l’opposition ont fortement marqué de leur présence à cette rencontre. La délégation de l’Union fait la nation a été conduite par le Président de la coalition, Bruno Amoussou, Kolawolé Idji, Epiphane Quenum, Jude Lodjou et Jean-Baptiste Edayé. Du côté des représentants de la coalition ABT, on peut citer l’ancien ministre Alain Adihou, Méré Touré et M. Laogni.

BENIN : Après l’épopée de la présidentielle 2006, les soutiens de Boni Yayi pour 2011

(La mouvance se vide au profit de l’Un et d’ABT)

Le président Boni Yayi est annoncé par de partisans très proches à lui sur la ligne de départ pour la présidentielle de mars 2011. Seulement, on se demande avec quels appuis et ténors politiques. D’autant plus que ses militants sont pour la plupart des caméléons cachés. Que reste-t-il de ceux qui ont porté Boni Yayi à la magistrature suprême en 2006 ? Et qui sont ceux qui seront ses appuis afin qu’il puisse rempiler en 2011 ?

Ces questions surgissent aujourd’hui à trois mois de l’élection présidentielle. Mais aussi à un moment où les chapelles et les états-majors des potentiels candidats déclarés ou non se mettent en place. Aussi enregistre-t-on tous les jours des déclarations de soutien à tel ou tel candidat. Mais quel est le poids politique de ceux-là qui vont vers l’un ou l’autre camp politique en présence ?

 Quid des premiers soutiens de Yayi ?

A ce niveau, le constat est désolant. Le tableau est totalement dégarni. La méthode de gestion du président de la République en qui ils avaient mis tout leur espoir, a réussi à faire fuir ceux-là qui ont cru en lui très tôt. La preuve, des gens comme Késsilé Tchalla sont hors circuit. Les députés Edgar Alia, Janvier Yahouédéou, André Dassoundo, Amissétou Affo Djobo, Samou Adambi, Wallis Zoumarou et bien d’autres ont quitté les rangs très déçus. Abdoulaye Bio Tchané qui a dû mettre son dossier de candidature dans le sac, se retrouve aujourd’hui face à lui. Les barons de la scène politique béninoise qui lui ont apporté 40% au second tour, font actuellement la courte échelle à Adrien Houngbédji. Certains ont carrément disparu de la circulation. Malgré le poste de directrice de l’institut dédié aux femmes, Vicentia Boco, ancienne directrice de campagne du candidat Boni Yayi est dissoute par la horde de zélateurs ayant pris les premiers autour de Boni Yayi. Le très zélé Edgar Guidibi dont les prouesses irrévérencieuses envers les syndicalistes pour défendre Boni Yayi sont encore dans les mémoires, est aussi abonné absent à l’appel. Ses bras financiers aussi sont aujourd’hui peu en vue.

Cependant, il y a encore des gens comme Alexandre Hountondji qui, tombé entre temps en disgrâce, a finalement trouvé grâce aux yeux de Boni Yayi.

Quel état-major pour les différentes chapelles politiques ?

Les élections législatives et présidentielle sont dans trois mois. Et chaque parti ou alliance de partis politiques se met en ordre de bataille. Dès lors, les déclarations de soutien et d’adhésion sont à l’ordre du jour.

Dans cette guerre de recrutement, l’Union fait la Nation (Un) est en pôle position. A l’instar du club de football de Real de Madrid qui arrive à mettre tous les grands joueurs de la planète dans son escarcelle, Adrien Houngbédji et ses amis phagocytent peu à peu tous les grands partis du landerneau politique béninois. Au sein de l’Union fait la Nation, on retrouve le Prd de Me Adrien Houngbédji, 2ème à la présidentielle de 2006 avec 9 députés à l’Assemblée nationale, la Rb de Léhady Soglo, arrivé 4ème avec 7 députés, le Psd de Bruno Amoussou, 3ème en 2006 et 7 députés, le Madep de Séfou Fagbohoun, l’homme qui bien qu’en prison a pu se faire élire député avec trois autres de ses partisans. On y trouve également l’Undp avec deux députés à l’Assemblée nationale. Bien d’autres partis et mouvements politiques ont aussi adhéré de manière franche à l’Union. Mais il faut surtout faire remarquer que l’Un compte parmi ses rangs, deux anciens présidents : Emile Derlin Zinsou et Nicéphore Dieudonné Soglo. C’est indéniablement les poids lourds de la vie politique béninoise qui sont dans cette union.

L’autre chapelle qui fait aujourd’hui des adeptes, est celle d’Abdoulaye Bio Tchané (Abt). Elle est composée pour la plupart des déçus du camp présidentiel. André Dassoundo, Samou Adambi, Wallis Zoumarou, Amissétou Affo Djobo. Autant de personnalités qui ont une certaine assise politique et qui aujourd’hui ont tourné dos à Yayi.

Par contre au niveau du camp présidentiel, c’est le contraire qui s’observe. Non seulement ceux qui ont amené Boni Yayi au pouvoir s’en vont, mais ce sont les ouvriers de la 25ème heure qui ont désormais droit cité. Des personnes qualifiées par un observateur de la vie politique béninoise de « généraux sans troupes ». Le plus ridicule dans cette histoire, c’est le folklore de tous les week-ends qui est orchestré par les zélateurs du chef de l’Etat. C’est pratiquement une insulte à l’intelligence des Béninois. En effet, tous les week-ends, des mouvements déclarent leur soutien au chef de l’Etat. Mais à y voir de près, ce sont les mêmes personnages qui changent de nom à leur regroupement pour à nouveau faire allégeance à Boni Yayi. Ce sont les mêmes mouvements qui existent depuis son arrivée au pouvoir qui se transforment en d’autres creusets pour lui faire croire qu’il a une troupe en ordre de bataille. Et les auteurs d’une pareille injure sont ses plus proches collaborateurs en panne d’initiatives capables de faire venir d’autres partis politiques à la mouvance. Le président Boni Yayi vit aujourd’hui dans une illusion totale qui risque de lui être fatale en 2011. Car, ce sont les mêmes qui se rassemblent à Godomey aujourd’hui, qui iront demain dans leur village monter un autre mouvement. Alors même qu’ils ne peuvent finalement opérer qu’un seul vote. Voilà les zélateurs caméléons qui entourent le chef de l’Etat.

La nouvelle tribune

BENIN : L’ancien ministre Dossouhoui salue la vision prospective de Me Adrien Houngbedji

L’ancien Ministre de l’agriculture de Boni Yayi, Dossouhoui à travers une prompte déclaration apprécie en spécialiste, les propositions de Adrien Houngbédji, contenues dans son programme de gouvernance et rendues publiques le samedi 18 décembre 2010 lors de son investiture officielle entant que candidat de l’Union fait la Nation. Pour le ministre, la vision de Houngbédji pour le secteur agricole  constitue des mesures révolutionnaires.

 Déclaration

Le Benin surprend et surprendra toujours. Un homme d’Etat de l’opposition dans les perspectives des échéances électorales à venir dévoile une vision prospective de la chose connue des spécialistes depuis toujours mais que les politiques n’osent pas affronter. Qui peut douter que les inondations ont détruit nos champs, notre cheptel en partie? La disponibilité alimentaire apparente d’aujourd’hui sera de courte durée. Parce que premièrement, les stocks nationaux de sécurité alimentaire constitués par l’ONASA et la SONAPRA ont permis d’apporter un appui aux pays du sahel éprouvés.  Deuxièmement, ces pays ont besoin de reconstituer leur stock stratégique de sécurité alimentaire par des ponctions sur la disponibilité des produits vivriers des pays côtiers

Troisièmement, les inondations ont également frappé les grands pays producteurs de riz, ce qui fait que les exportations vers l’Afrique pourraient être affectées. Quatrièmement, les pays d’Asie centrale et d’Europe de l’Est ont connu une grave sécheresse qui va affecter la production de blé. Il s’ensuit alors que les produits à base de blé comme le pain, les pattes alimentaires connaîtront absolument un renchérissement de prix. Déjà à partir du mois d’avril, une tension sur les prix des produits vivriers sera observée. Gouverner c’est prévoir. C’est pourquoi dans une logique d’anticipation, le candidat de l’UN a bien raison, premièrement, d’avertir nos populations afin qu’elles prennent des mesures internes à chaque ménage, à chaque localité, de sécurisation et de gestion des biens alimentaires. Deuxièmement, de prévoir des mesures d’urgence pour garantir à nos populations surtout les plus vulnérables, un accès à l’alimentation. Dans cet ordre, en plus de tout ce qui pourrait être fait pour une assistance alimentaire directe, il urge de prendre les dispositions idoines  pour développer des spéculations à cycles courts pour permettre de réduire la période de soudure.

Troisièmement, l’Etat doit s’attaquer aux mesures visant à accroître la productivité en jouant sur l’accès physique et économique aux facteurs de production. Et c’est cela le caractère révolutionnaire de l’initiative du candidat de l’UN. Il ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il a soutenu la nécessité de son gouvernement de promouvoir les transformations agroalimentaires par le développement des chaînes de valeurs.

Enfin il met un point d’honneur sur son approche pragmatique de la modernisation de l’agriculture à travers la maîtrise d’eau, la mécanisation raisonnée, le développement des infrastructures de stockage, la promotion de l’information sur le marché et le développement du commerce agricole régional.

Le candidat de l’UN a le mérite de développer à travers l’agriculture urbaine et périurbaine des stratégies novatrices de sécurité alimentaire et nutritionnelle (Aides directes aux maraîchers et aux petits éleveurs).

Il n’a pas manqué en bon juriste de prévoir un cadre institutionnel et des lois qui codifient l’activité agricole dans le court, moyen et long terme qui va rassurer le secteur privé productif.

Au regard de tout, la moindre exclamation que le spécialiste de l’agriculture que je suis peut avoir est que Me Adrien HOUNGBEDJI a le mérite de l’anticipation. Il propose des mesures révolutionnaires pour lutter contre la faim. Nos populations doivent le savoir …

L’évènement précis