Le Blog de Aymard

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Gbagbo le dictateur contre le démocrate de la communauté internationale

Côte d'Ivoire : Championnat  du monde de boxe!!!

Depuis la décision du Conseil constitutionnel qui donne le président Laurent Gbagbo, vainqueur des élections ivoiriennes, le bal des gérémiades s’est ouvert, l’ONU a pris officiellement la tête de la rébellion et tout le monde s’accorde à dire que Gbagbo est un dictateur alors qu’il n’a pas encore fait arrêter d’opposants comme Ouattara lui s’était précipité pour le faire arrêter quand il était premier ministre. Il faudrait donc à Gbagbo qu’il donne le pouvoir à Ouattara, son contraire, le gentil démocrate.

En observant le déroulement des différents évènements qui nous ont conduits là, on se rend bien compte que la communauté internationale avait déja son président avant les élections. Il est difficilement compréhensible qu’après trois jours de délibérations à la commission électorale, qu’aucun consensus n’ait pu être trouvé entre les membres ; élément sine qua non sans lequel le résultat ne peut être validé. Cela déchargeait bien évidemment le Président de la CEI qui, se voit ainsi libéré d’un véritable imbroglio électorale sans issu en passant (au nom du droit Ivoirien) ce dossier au conseil constitutionnel à qui il revient de statuer en dernier recours pour mettre fin à cette longue attente.

Et là, COUP DE THEATRE digne d’une symphonie inachevée ; comme appelé par le chant du cygne, on ne sait pas quel tourniqué, M. Youssouf Bakayoko (Président de la CEI) se retrouve dans l’antre du Golf Hotel, lieu de Résidence de la délégation des rebelles du MPCI depuis des années et accessoirement Quartier Général de campagne du RDR. (Il convient d’ajouter que la Résidence personnelle de Mr Ouattara est située à moins d’un Km de là). Ainsi dans la soirée du jeudi 02 décembre, les chaines d’informations Françaises que sont France 24, TV5, I Télé, Euronews et BFM TV passent sur leurs antennes une déclaration du Président de la CEI qui proclame des résultats qui seraient ceux des élections Présidentielles en Côte d’Ivoire avec une majorité de 54% des suffrages exprimés pour Alassane Ouattara ; alors qu’il avait été dessaisi du dossier par le conseil constitutionnel au nom de la législation. Aussitôt, on aperçoit Alassane Ouattara qui fait une déclaration POUR les chaines de Télés Françaises, se présentant comme le nouveau Chef de l’Etat de Côte-d’Ivoire, enjambant ainsi l’autorité du conseil constitutionnel qui ne l’a jamais investi dans une telle fonction.

Le conseil constitutionnel visiblement surpris par ces évènements successifs qui piétinent son autorité monte alors au créneau par la voie de son Président Paul Yao N’Dré pour rétablir la vérité : « Depuis le 28 Novembre la CEI avait trois jours pour prononcer les résultats provisoires. Le délai qui lui a été imparti est un délai constitutionnel et impératif. Ce délai a expiré le mercredi à minuit et la CEI n’a pu se prononcer pour donner les résultats provisoires. Une fois expiré, LA CEI N’EST PLUS COMPETENTE POUR SE PRONONCER SUR LES RESULTATS. Dès cet instant, la CEI est forclose pour pouvoir annoncer des résultats […] Il y a certains médias qui jouent à un jeu dangereux. Dans les différents pays au monde il y a des organes chargés des élections. Et ce sont ces organes là qui sont compétents à donner des résultats. Il y a des chaines de télés qui s’amusent à donner des résultats : ces résultats sont nuls et non avenus. C’EST LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL SEUL, QUI EST HABILITE A DONNER LES RESULTATS DEFINITIFS DES ELECTIONS APRES QUE LA CEI AIT ETE BLOQUEE PAR MANQUE DE CONSENSUS. […] Nous sommes dans un ETAT DE DROIT. Aucune organisation internationale comme l’ONU, aucune organisation continentale comme l’union Européenne ou l’union Africaine, aucune organisation sous régionale comme la CEDEAO n’est habilitée à donner les résultats des élections Présidentielles en Côte d’Ivoire. EN DERNIER RECOURS, C’EST SEUL LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL QUI PEUT LE FAIRE ». Le championnat de boxe entre les deux finalistes est farouche et tous les moyens sont utiles, seule la victoire compte.

Regardez bien…Alassane Ouattara et Youssouf Bakayoko ont fait leurs déclarations dans la même pièce, sur la même table, devant le même mûr granulé…et devant les mêmes médias qu’ils ont bien sélectionné sans inviter la Télévision nationale…

Depuis quand la CEI proclame les résultats au QG électorale d’un candidat ? C’est une innovation apportée à ce gala de boxe.

Depuis quand la CEI proclame les résultats en Présence d’un candidat ? Il n’en a jamais été ainsi et cela montre bien que soit M. Youssouf Bakayoko n’a pas agi de son propre gré soit, il est animé d’une mauvaise volonté.

Ici Youssouf Bakayoko lors de la proclamation des résultats provisoires du Premier tour :  Quel contraste saisissant !!!

Après tout ceci, le Conseil Constitutionnel parla. Et toute la communauté internationale commenca à s’agiter. Elle avait déjà élu à la place des ivoiriens leur président et ne s’était aucunement préparé à entendre que Gbagbo soit réélu.

Sur ce point précis, les juristes africains sont tous devenus myopes et ignorants. Ce flagrant déni d’autorité de ces pseudos démocrates à un organe juridique ne leur dit pas grand chose . On se rappelle encore comme si c’était hier qu’en pleine campagne électorale, Sarkozy l’ancien ministre de l’Intérieur (devenu président) n’a pas hésité à affirmer son admiration pour le coup d’État de 1992 en Algérie. Jeudi 12 avril, au micro d’Europe 1, il félicitait les putchistes algériens : « l’Algérie avait été très courageuse au début des années 90 en interrompant le processus démocratique », affirmait-il.

Le voilà aujourd’hui défenseur de la démocrate, lui qui n’a pas hésité à contourner cyniquement le vote des Français contre la constitution européenne pour finalement l’imposer par le vote dans les deux chambres : assemblée nationale et le sénat.

Les diverses pressions pour faire tomber le gouvernement de Gbagbo n’ayant pas l’air de marcher, alors les médias européens (je n’ai rien contre eux) font de la désinformation et de la manipulation.

Regardez ceci : une preuve de la méconnaissance des dossiers de certains journalistes qui traitent de la crise ivoirienne ou alors une désinformation tout court. L’image en dessous est une capture d’écran du site du Figaro qui évoque « des membres armés des Forces nouvelles favorables à Laurent Gbagbo »… Alors que tout le monde sait que les membres armés des Forces nouvelles sont les ex-rebelles et sont favorables à Monsieur Ouattara; d’ailleurs ce dernier ne manque pas d’éloges à leur égard.

Nous sommes là et c’est une première, face à une situation d’ingérence grave de la France et des Etats-Unis dans les questions de souveraineté d’un pays africain, ce n’est pas une première pour les Américains, c’est même un sport favori depuis la fin de la Société des Nations et la création de l’ONU entièrement contrôlée de façon anti-démocratique par les Américains.

Les plus récentes sont les expéditions militaires de la famille Bush en Irak et en Afghanistan en passant par l’humiliation et la défaite à laquelle ils ont fait face en Somalie en 1993, pays qu’ils ont dû quitter avec leurs morts, déception à la clé. Georges Bush père s’était invité militairement dans le Golf en 91 pour combattre l’Irak et son fils a récidivé en 2003, lui cherchant des armes nucléaires qu’il n’a pourtant pas trouvé depuis 2003. Obama, plus africain veut se distraire en Afrique sur invitation de son serviteur Sarkozy. Et, ils menacent déjà.

Et comme si cela ne suffisait, Ouattara fait appel à la CPI et Luis Moreno Ocampo entre dans la bataile pour intimider Gbagbo afin qu’il puisse se laisser conduire sagement comme un agneau à l’abattoir en se laissant attaquer.

Très marrant cet argentin, professeur de droit à l’Université de Havard devenu par la force des choses procureur de la Cour Pénale Internationale depuis un triste mois de Juin 2003. Un homme fourbe dans sa profondeur et vicelard dans le comportement. On ne peut pas se lever pour commencer à donner des leçons de morale aux uns et aux autres si on ne peut pas faire une rétrospection sur sa propre vie. Lui qui, délivre des mandats d’arrêt tous azimuts pour crime de viol n’est jamais parvenu à élucider celui dont on l’a accusé en Décembre 2006, procès terminé dans un imbroglio ou se sont mêlés et entremêlés le pouvoir et l’argent.

« S’ils commencent à tuer des gens, alors c’est un crime et nous engagerons des poursuites contre eux », a t’il déclaré sur France 24 concernant la crise ivoirienne alors qu’il sait bien que la Côte d’Ivoire n’est pas signataire du Statut de Rome, fondement juridique de sa Cour. La CPI ne peut inculper un individu que si ces crimes ont été commis sur le territoire d’un Etat partie ou s’il est ressortissant d’un Etat partie. Il compte peut-être sur le Conseil de sécurité de l’ONU qui peut étendre sa juridiction à un Etat non partie au statut de Rome et le charger d’enquêter en Côte d’Ivoire ; ce serait une deuxième ingérence.

Depuis tout le temps qu’il est à la tête de cette affaire de cour pénale, il ne fait que torturer les familles africaines à travers l’arrestation en solitaire et sur coup de tête de leurs fils afin de remplir à bien sa mission d’aliénation. Il n’a pas vu Georges Walker Bush tuer des enfants en Irak pour du pétrole, détruire tout un peuple à la recherche d’un présumé terroriste. Il n’a vraiment pas vu, c’est vrai il n’a pas vu. Mais, il a vu Jean Paul Bemba et l’a fait arrêter suivant une procédure au dessus de toutes normes avant de complèter deux autres charges pour bien l’assomer, celui qu’il appelle « son gros poisson ». Deux ans après, les principaux témoins présentés par ce tout puissant procureur se mélangent les pédales et oublient même leurs témoignages mettant à nu le cirque qu’ils avaient organisé.

De Bahar Idriss à Omar El Béchir (devenu depuis peu un client potentiel de la CPI), le tribunal de Moreno tourne à plein régime avec dans sa nasse les menues fretins et quelques malheureux puisque les gros bonnets comme Georges Bush se la coulent douce dans leurs beaux ranchs où il est d’ailleurs invité de temps en temps. Flagornerie mondiale !

Pauvres africains ! Et voilà des nègres qui sont allés se prosterner en France pour avoir la nationalité française nous parlent aujourd’hui de démocratie et demandent le départ de Gbagbo. Comme des valets, ils gémissent aux trousses de leurs maîtres, criant aux abois, ne sachant pas ce qu’est la démocratie, l’Etat de droit, le respect de son peuple et des intérêts de son peuple et du continent que ce que leur a appris la France. Ils l’apprendront de nouveau.

aymard

Une réponse à “Gbagbo le dictateur contre le démocrate de la communauté internationale

  1. Justin S. décembre 26, 2010 à 1:26

    Ha ha ha c’est un combat déloyal tu vois pas que Gbagbo est plus musclé que Ouattara donc Ouattara est allé chercher du soutien. c’est ça et puis après tout c’est du deux poids deux mesures qu’elle fait la communauté internationale. C’est bien dommage que nous ne puissions avoir une position unanime sur nos propres problèmes et que d’autres en viennent à nous guider, nous manipuler au grè de leurs intérêts.

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