Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 4, 2011

BENIN : Abdoulaye Bio Tchané confirme sa candidature aux présidentielles de 2011 ce jour

La nouvelle courait depuis et sera confirmée aujourd’hui. Ce n’est donc plus qu’un secret de polichinelle. Contrairement aux folles rumeurs qui circulent depuis quelques temps, Abdoulaye Bio Tchané annonce sa candidature, ce jour mardi 4 janvier 2011 dans l’après-midi, au Palais des congrès de Cotonou. L’actuel président de la Banque ouest-africaine de développement comble ainsi la longue attente de ses nombreux partisans et sympathisants qui ont ferraillé dur et suscité cette candidature.

 L’ancien argentier national sera donc dans le starting block aux côtés Me Adrien Houngbédji et de Yayi Boni. Abt et son système auront l’occasion de se mesurer aux habitués que sont les deux autres candidats. Cette annonce, même si elle n’est pas vraiment une surprise, est une nouvelle donnée importante qui rend le scrutin de 2011 un peu plus intéressant. Certes, on connaissait les qualités et le talent d’économiste du Banquier central béninois. Par conséquent, beaucoup de Béninois ont hâte d’apprécier ses qualités de politicien. La démocratie béninoise reste ainsi dynamique et ouverte à l’expression plurielle. Les citoyens auront donc l’occasion d’analyser, de comparer et de choisir entre plusieurs projets de société. C’est un plus pour la démocratie.

LM

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Gestion de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, lettre ouverte d’un citoyen à Boni Yayi

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BONI YAYI

Monsieur le Président de la République du Bénin, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement,

Permettez-moi, comme il est de bon ton, de commencer par vous présenter mes meilleurs vœux pour 2011 et vous souhaiter du courage et du succès dans toutes vos entreprises. Aussi, voudrais-je particulièrement vous remercier pour votre participation active, aux côtés de vos pairs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans le cadre de la recherche d’une solution diplomatique à la crise ivoirienne née des résultats du second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. J’espère qu’ils sont légion les Béninois, toutes tendances confondues, à être fier de votre participation à la recherche de la paix en Côte d’Ivoire. Monsieur le Président de la République, en votre sommet extraordinaire du ….décembre 2011 à Abuja au Nigeria, notre organisation commune, en l’occurrence la CEDEAO a cru nécessaire de menacer le Président Laurent Gbagbo d’une intervention militaire au cas où il refuserait de céder à l’injonction qu’elle lui a intimé de céder son fauteuil présidentiel à son rival Alassane Dramane Ouattara prétendument élu, selon ce qu’on appelle la Communauté internationale. Je voudrais bien croire qu’elle a pris toute la mesure d’une telle initiative, du reste, surprenante à mon avis, quand on imagine les conséquences imprévisibles qui pourraient en découler. VAUVENARGUES a dit qu’ »on ne peut être Juste si l’on est Humain ». Mais pour ma part, je pense qu’ »on peut être Humain si l’on n’est pas Juste ». Je ne soutiens pas le Président Laurent Gbagbo parce que je connais personnellement l’homme politique, mais parce qu’il y a des choses qui relèvent du bon sens, de la justice, de la dignité, de la souveraineté et de tout ce que l’on peut imaginer. La soi-disant Communauté internationale qui n’est qu’un cartel d’anciennes puissances coloniales et leurs alliés aux ambitions non moins colonialistes (soit dit en passant) nous dit que c’est Alassane Dramane Ouattara qui a gagné les élections présidentielles en COTE D’IVOIRE. Sans nous apporter les preuves formelles et irréfutables, c’est-à-dire les faits, rien que les faits comme on le fait en Journalisme, et qui font la vérité de La Palice. Ce n’est pas la peine de marteler a cor et a cri « Ouattara a gagné » et de menacer le Président Laurent Gbagbo en gonflant des muscles. La FRANCE tout comme les ETATS-UNIS D’AMERIQUE ne doivent pas perdre de vue, comme l’a dit JEAN-JACQUES ROUSSEAU, que « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir ». Les conflits israélo- palestinien, irakien, afghan… sont là pour nous le rappeler si éloquemment. Le pire, c’est qu’en AFRIQUE NOIRE, ces grandes puissances qui prétendent défendre la démocratie, la justice internationale et les droits de l’homme dans le monde, ne le font en réalité qu’en fonction de leurs intérêts et se comportent comme si on était encore au temps de nos Pères et Mères. Comme des Gardes- Chiourmes. Cela est inadmissible à tout point de vue aujourd’hui. Et la COTE D’IVOIRE ne fait que commencer en AFRIQUE FRANCOPHONE avec le Président Laurent Gbagbo. Je m’en voudrais de terminer sans citer encore une fois un extrait du chef- d’oeuvre de JEAN-JACQUES ROUSSEAU, « DU CONTRAT SOCIAL », pour dire que : « le plus fort à un moment de l’Histoire n’est en aucun cas assuré de garder le pouvoir. C’est en soumettant la force à l’usage du droit que la paix civile peut être garantie. Mais il faut que la loi se soumette au devoir qu’édicté la raison pour assurer la continuité du pouvoir. Autrement dit, la loi préserve la stabilité à toute vie civile en soumettant la force au droit et l’action au devoir ». Or, le droit international dont l’ONU et les grandes puissances se gargarisent à longueur de journée pour s’ingérer dans les affaires intérieures de la COTE D’IVOIRE et de l’AFRIQUE NOIRE en général est un concept creux. Et s’il existe, il n’existe que pour les Nations faibles, les Nations fortes ayant été les premières à le saborder. A cause de leurs intérêts inavoués. J’ai cité à profusion des auteurs français, c’est pour dire que les citoyens des anciennes colonies françaises aiment bien la FRANCE et les FRANCAIS, mais avec les dirigeants français il y a un problème avec lequel il faudra bel et bien en finir un jour ou l’autre. Ce n’est pas à la soi-disant Communauté internationale de choisir les Présidents des Pays Africains. Qu’elle nous apporte les preuves que Laurent Gbagbo n’a pas été élu. Si les Africains se taisent (comme des chiens…encore que les chiens savent aboyer quand ça ne va pas) sur ce précédent gravissime, ce serait la porte ouverte à un nouveau colonialisme. Pire que celui que nos Pères et Mères ont subi hier. C’est dommage que certains Africains ne comprennent pas ou feignent de ne pas comprendre les grands enjeux que cache la situation de la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Mais heureusement qu’il existe encore sur ce continent des Hommes comme Dos Santos, Pedro Pires, Jerry Rawlings pour ne citer que ceux-là. Car, si la Honte pouvait tuer, elle tuerait la grande majorité des Africains. Et je suis même tenté de dire que Nicolas Sarkozy avait raison de déclarer à Dakar au Sénégal, de façon on ne peut plus péremptoire, que : « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire… » Les événements de la Côte d’Ivoire n’en sont que la parfaite illustration du fond de sa pensée. Dont acte ! En tout état de cause, si la CEDEAO devait être amenée à mettre à exécution ses menaces, je crains fort que la Côte d’Ivoire soit transformée en un terrain de bataille digne de ce que furent les luttes pour la décolonisation de certains pays africains frères, avec les troupes de la CEDEAO dans le rôle des Tirailleurs Sénégalais et les forces loyales du Président Laurent Gbagbo celui des insurgés qui pourraient bénéficier de partout en Afrique de l’appui de mercenaires engagés non pas pour défendre Laurent Gbagbo en tant que tel, mais pour défendre une certaine idée de l’Afrique qui veut se libérer de toutes sortes de dominations. Monsieur le Président de la République, je crois personnellement que la levée de boucliers des puissances occidentales en faveur d’Alassane Dramane Ouattara soit au nom des principes démocratiques et des droits de l’homme, loin s’en faut. Encore moins pour le bien des Ivoiriens et de la Côte d’Ivoire. Et vous le savez certainement mieux que moi. Ce qui intéresse l’Occident en côte d’Ivoire et partout ailleurs en Afrique, ce sont ses innombrables ressources naturelles. Le reste n’est que diplomatie. Dois-je vous rappeler que notre chère et beau pays, la République du Bénin, s’apprête à vivre aussi des élections présidentielles notamment en mars 2011. Aussi, je me suis permis d’imaginer le Conseil constitutionnel vous proclamant réélu après la proclamation des résultats par la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) ayant déclaré vainqueur l’un de vos adversaires. Et dans ce scénario pourtant plausible, sur fond de contestations et d’interpellation de la soi-disant Communauté internationale par vos adversaires, elle vous demande de céder votre fauteuil présidentiel à celui qu’elle estime avoir remporté les élections. Avec à la clé, une incitation de la CEDEAO de venir vous déloger de votre palais. Que vous ayez été réélu ou pas, je serais votre premier soutien. Car, il n’appartient aux puissances occidentales de choisir le Président de la République du Bénin. Certes, il n’y a rien là que de la pure fiction, mais le cas échéant, il appartiendra aux Béninois et seulement aux Béninois de défendre la vérité des urnes et de faire installer le Président réellement élu. Et là encore, je ne me ferais faute d’exercer mon droit de citoyen de la République du Bénin. Monsieur le Président de la République, permettez-moi une fois encore, avec tout le respect que j’accorde à votre fonction, de formuler une doléance au cas où la CEDEAO maintiendrait sa position de faire usage de la force contre le Président Laurent Gbagbo. Ma doléance serait de ne pas engager des troupes béninoises sur le terrain en Côte d’Ivoire. Et pour cause, avec tout le respect que je vous dois, je ne voudrais pas être obligé d’organiser des marches contre l’envoi des troupes béninoises en Côte d’Ivoire. Que Dieu garde le Bénin !

Que Dieu garde la Côte d’Ivoire !

Que Dieu garde l’Afrique !

D’avance, je vous remercie, Monsieur le Président.

Marcus Boni TEIGA Journaliste-écrivain

SENEGAL : Le Jet privé du ministre Karim Wade

Leral

Karim Wade, 42 ans, fils de Me Abdoulaye Wade président de la République du Sénégal, est un homme mystère. Le ministre d’Etat sénégalais disposerait d’un épatant trésor caché : un jet-privé Falcon 50 avec à sa disposition un équipage de trois personnes, Robert Burckel de Tell et ses deux enfants.

Le Sénégal doit retirer son contingent militaire de la Cote d’Ivoire

Si le dessein de la nouvelle reconquête de l’Afrique par les Occidentaux suit son cours, c’est parce que les Africains sont demeurés des spectateurs plutôt que des combattants. Or, ce qui se dessine progressivement est une reconfiguration des espaces géopolitiques pour amener à la création de petites nouvelles nations à partir des conflagrations de plus grandes nations parce que ces dernières sont considérés trop influentes et des obstacles à ces plans. Tout les ingrédients pour perpétuer le chaos sont réunis parce que de tout les peuples de ce monde, seuls les Africains refusent de reconnaitre leur ennemis commun.

Ce que les Ivoiriens n’ont pas imaginés c’est qu’ils étaient le faible maillon après une série de crises sociopolitiques qui feront d’eux les premières victimes. Il manquait une vision stratégique aux dirigeants Africains qui plutôt de se prémunir (en tant que Bloc contre les agressions extérieures) dans leurs intérêts communs se pavanent toujours dans des camps d’idéologies stériles.

Dans la région de l’Afrique de l’ouest où se serait crée une intégration fantoche nommée la CDEAO, l’axe Abidjan-Dakar nous démontre ces divisions idéologiques depuis les sanglants affrontements Nord/Sud et depuis la reprise de cette crise électorale en Cote d’Ivoire affrontant pro-Gbagbo et pro-Ouattara. A cela, il y a toujours eu un profond clivage entre pays Africains d’expression française et ceux d’expression anglaise car en observant le Nigeria qui dans son histoire récente se souvient de la participation de la Cote d’Ivoire dans la guerre du Biafra, one ne saurait sous-estimer les relents des ressentiments nationaux qui font que certains Nigérians préfèrent une Cote d’Ivoire affaiblie.

Comme dans toute les tragédies Africaines, les commissaires des ces crimes sont intouchables et absous puisqu’ils ont comme agences l’Union Européenne et l’ONU. On se demande comment malgré les blocus, tout cet arsenal d’armes de guerre prolifère sur notre continent.
Est-ce un hasard qu’on aurait appris à Dakar ces derniers jours que le Nigeria a saisit une cargaison d’armes alors que ces sources « d’amis » d’où nous proviennent ces informations n’ont rien fait pendant plus de 25 années que dure cette guerre en Casamance ?

Les Africains, et particulièrement les Sénégalais doivent être suspicieux de tous les coups qu’on assène l’Afrique car ces temps sont pleins d’intrigues. Pourquoi ceux des hautes sphères du gouvernement s’alignent-ils à l’hypnose collective que les médias occidentaux créent pour de prétendue élection démocratique en Cote d’Ivoire alors que tous savent que ce cirque n’est que pour protéger les intérêts des occidentaux ? Comment est-ce que les autorités Sénégalaises peuvent en toute logique accepté qu’un parti auquel serait greffé une armée de rebelles (donc de criminelles) soit légitimer au détriment d’un autre en exercice avec les institutions républicaines ? Cependant, il est douteux que ces mêmes Sénégalais accepteront avec cette ivresse d’émotions que l’APR (à plus forte raison le parti socialiste) prenne le pouvoir avec les forces MDFC de la Casamance.

Sans vouloir citer chaque maladresse de nos dirigeants dans toutes les étapes qui nous mènent a cette situation en Cote d’Ivoire, nous ne doutons pas que quelque soit le gouvernement en place, la conséquence de notre position résultera avec la déportation massive des Sénégalais et autres Africains.

Monsieur le président Abdoulaye Wade et ses confrères des pays de la sous-région n’ont qu’à se démarquer des positions de l’Union Européenne et de l’ONU car on se souvient de cette dernière comme actrice de l’assassinat du président Patrice Lumumba et du précipice chaotique d’ou se trouve la république du Congo jusqu’à ce jour. Cette une farce de croire qu’elle sert à la création d’une démocratie.

Les intérêts nationaux du Sénégal ne sont pas ceux de la France, et dans tout les cas, ceux de l’Afrique ne sont pas ceux de l’Union Européen ou des Etats-Unis d’Amérique. Autant souligner une fois de plus, que les Blancs ne sont pas plus de la communauté internationale que le sont les Africains, et que les complexés parmi ces derniers cessent de projeter les visées hégémonistes des premiers comme les solutions pour l’épanouissement où le développement de l’Afrique.

Quand au haut commandement des forces armées du Sénégal, il lui reste à prouver son professionnalisme par l’éradication de la rébellion en Casamance car on aurait souhaité que son corps d’officiers supérieurs, de part son avis où conseils, fasse comprendre aux civiles la vulnérabilité du Sénégal d’aujourd’hui dans l’entrejeu des puissances pour la reconquête de l’Afrique. Etre mercenaire, civile ou militaire, n’est pas un métier honorable.

Que Monsieur Abdoulaye Wade retire le contingent Sénégalais de la Cote d’Ivoire. Ce sera son premier geste panafricain et libérateur.

J S A Beye

Côte d’Ivoire : Pour l’unité nationale et contre l’ingérence impérialiste, il faut annuler les élections

Les impérialistes et leurs réseaux Françafricains ont parrainé l’organisation des élections Ivoiriennes pour soi-disant départager les bourgeois nationaux protagonistes de la guerre civile réactionnaire qui a divisé la Côte d’Ivoire en « nord et sud ».

Ces élections dans les conditions d’une contestation du fichier électoral qui continue d’exclure des ivoiriens et d’un pays n’ayant pas une administration, une justice, une armée et une police unifiée a débouché sur 2 résultats, 2 présidents, 2 gouvernements auto-proclamés.

Ni la Commission Electorale Indépendante (CEI) chargée des résultats provisoires, organe administratif, ni le conseil Constitutionnel chargé des résultats définitifs, organe juridique, ni l’ONU chargée de la certification n’ont dit le droit. La CEI puis le Conseil Constitutionnel ont annulé certains votes, pas d’autres alors que l’annulation de l’élection dans sa totalité est permis par l’article 64 du code électoral Ivoirien.

Ces élections ramènent la Côte d’ivoire de fait à la situation que les prétendus accords de Marcoussis 1 et 2, puis de Ouagadougou, puis de Pretoria prétendaient résoudre à savoir le maintien de fait de la partition de la Côte d’Ivoire et du racisme ethniciste qu’est « l’ivoirité ».
Pourtant les Ivoiriens se sont mobilisés en masse pour participer au vote dans l’espoir de pouvoir enfin sortir de la crise nationale née de « l’ivoirité » raciste inventée par le bourgeois Bédié pour se débarrasser du bourgeois Ouattara et qui avait finalement profité au bourgeois Gbagbo pour devenir président.

La Commission Electorale Indépendante et l’ONU qui ont proclamé la « victoire » de Ouattara et le Conseil Constitutionnel celle de Gbagbo se sont révélés des machins au service de l’ingérence impérialiste et de la partition du pays en lieu et place de la démocratie, de la souveraineté nationale et de l’unité nationale.

Quels sont les intérêts impérialistes pour lesquels la bourgeoisie servile Ivoirienne sacrifie–telle la vie des Ivoiriens et l’unité nationale de toutes les nationalités Ivoiriennes ? Il suffit pour cela de jeter un coup d’œil sur ces chiffres évocateurs : « (…) Comme dans le cacao, la concurrence des géants étrangers du secteur y est très vive. Les intérêts français et américains s’entrechoquent. La société Total garde une longueur d’avance, comptant pour un gros tiers du raffinage et de la distribution totale de pétrole ivoirien. Bouygues, via sa filiale Saur, et EDF interviennent en amont, du côté de la production. Cependant, plusieurs firmes américaines importantes (Pioneer Oil Company et Africa Petroleum dans l’extraction; Exxon Mobil dans la distribution) disputent l’influence française dans ce secteur. La France apparaît comme le premier investisseur direct étranger en Côte d’Ivoire, si on s’en tient aux statistiques du Cepici. En tout, ce sont 147 filiales d’entreprises françaises qui, selon le ministère des Finances, sont présentes dans le pays, employant 36.000 salariés ivoiriens. D’après les Échos, environ 51% des recettes fiscales de l’État ivoirien en sont issus. Parmi les sociétés françaises, on note avant tout : Bouygues dans le BTP, via sa filiale Saur qui détient 47% de la Sodeci (eau) et 25% de la CIE (électricité); les aéroports, dont les concessions ont été confiées à la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille et la Sofreavia. Le groupe Pinault dans la distribution de produits; la BNP, le Crédit lyonnais, Axa et la Société générale dans le secteur financier; France Télécom dans les télécommunications; Castel dans le sucre et les boissons; Accor dans l’hôtellerie. Air France, qui détient 51% d’Air Ivoire; le groupe de négoce Touton (deuxième exportateur de fèves de cacao, avec 150.000 tonnes en 2003). D’autre part, plus de 1000 sociétés locales appartiennent à des ressortissants français. Pour les hydrocarbures: les intérêts américains sont représentés par les sociétés Foxtrot, Ranger Oil, Ocean Energy, et ceux des Canadiens par CNR International. Deux unités de blending (mélanges) opèrent en Côte d’Ivoire: la Sifal (détenue à 33% par Shell, 20% par Mobil) et la Texaco » (Sériba Koné, mondialisation.ca du 17/12/09).

C’est d’ailleurs cette rivalité entre les prédateurs impérialistes qui a vu les socialistes Français appuyer Gbagbo dont le parti est membre de l’Internationale Socialiste pour qu’il arrive au pouvoir.
Maintenant le FMI dirigé par le socialiste D. Strauss Kahn et la droite Française avec Sarkozy suivi de Obama ont décidé de se débarrasser par tous les moyens de Gbagbo.
C’est d’ailleurs ces maîtres impérialistes là qui ont donné l’ordre à Bédié l’inventeur de « l’ivoirité » ethnofasciste et raciste de s’allier à leur valet Ouattara, ex-adjoint de Candessus au FMI et ex-premier Ministre de Houphouêt, contre le conciliateur Gbagbo de « l’ivoirité ».

Les deux grandes questions posées et à résoudre en Côte d’ivoire sont la division nationale et la domination impérialiste. La seconde a engendré la première comme métastase de la défaite de la première phase de la lutte pour la décolonisation de l’Afrique.
La tâche des patriotes, des démocrates et des révolutionnaires ivoiriens, celle de la solidarité panafricaine et internationale est d’agir pour que le combat pour l’unité nationale soit liée indissolublement à celle contre les ingérences et la domination impérialiste.
Dans l’immédiat cette action passe par la mobilisation pour exiger :

– l’annulation des élections,

– la non ingérence impérialiste,

– d’en revenir à un gouvernement d’union nationale qui confie à l’Assemblée nationale élargie aux syndicats et aux organisations de la société civile l’organisation de nouvelles élections présidentielles et législatives,

– l’inscription sans discrimination de tous les Ivoiriens sur les listes électorales,
– la remise en place d’une administration unique, d’une armée unique, d’une police unique, d’une justice unique sur des bases dé-ethnicisées, démocratiques et de compétences sur tout le territoire nationale,

– la réorganisation d’élections dans des conditions acceptées de tous après avoir réglé par consensus les questions de compositions de la CEI et du Conseil constitutionnel,
– l’abolition définitive de « l’ivoirité » et la judiciarisation de toute infraction aux droits égaux de toutes les nationalités formant le peuple de Côte d’ivoire.

Ferñent / M.T.P-S dénonce avec vigueur les ingérences irresponsables des pro-consuls Africains de la Françafric dans le conflit électoral que subit le peuple frère Ivoirien, en particulier celles du président de notre pays le Sénégal : A. WADE.

Crise ivoirienne : La médiation africaine va se poursuivre

Les médiateurs africains ont quitté Abidjan lundi soir sans faire état de progrès vers une solution à la crise en Côte d`Ivoire. Le Premier ministre kényan Raila Odinga et les présidents Boni Yayi (Bénin), Ernest Koroma (Sierra Leone) et Pedro Pires (Cap-Vert) ont durant la journée tenté de trouver une issue à la crise née du scrutin du 28 novembre. Mais selon les informations et à l’issue du dernier entretien qu’ils ont eus avec le Président Laurent Gbagbo, les discussions vont continuer.

Les médiateurs mandatés par la Cédéao et l’union africaine ont rencontré le président sortant Laurent Gbagbo à deux reprises, et se sont entretenus avec Alassane Ouattara. Les discussions continuent, a déclaré l’un d’entre-eux, le président de la Sierra Leone.

« A ce stade, nous pouvons seulement dire que les discussions continuent », a déclaré M. Koroma dans la soirée, après le dernier rendez-vous avec M. Gbagbo. Les émissaires devaient faire leur « compte-rendu » ce mardi 4 janvier à Abuja au président en exercice de la Cédéao, le chef de l’Etat nigérian Goodluck Jonathan.

La rencontre a été « utile », a par ailleurs affirmé, le Premier ministre kényan Raila Odinga, envoyé par l’Union africaine. « Nous allons revenir », a déclaré le président béninois Yayi Boni. Si pour Alassane Ouattara les discussions sont « terminées », Laurent Gbagbo continue de soutenir la nécessité de la mise en place d`un « comité d’évaluation », l’une des clés de sortie certaine de la crise.

Ouattara Lacinan

L’ONU recolonise l’Afrique

Pauvre Afrique, hier, on lui imposait ses dictateurs, aujourd’hui, on lui choisit ses « démocrates ». Les rappeurs, ces Prévert des nouveaux temps, viennent d’inventer un néologisme qui fait fureur d’un bout à l’autre du continent : la démocrature. Entendez, ce système hybride (le visage de la démocratie, le corps diabolique de la dictature) qui a le don de déchaîner les passions et d’ajouter à la confusion.

Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire, qui les a perdues en Guinée ? Cette question qui a l’air d’embraser l’univers n’a aucun sens dans les faubourgs de Conakry et d’Abidjan où, bon an, mal an, la vie politique n’aura jamais qu’un seul régime, la disette, et une seule loi : « tout ce qui n’est pas obligatoire est interdit », pour reprendre le fameux mot de Léon Campo. Là-bas, on préfère d’expérience les mauvaises élections aux guerres civiles bien réussies. Mieux vaut encore Bokassa et Mobutu que les drames du Liberia ou de la Sierra Leone ! La bête humaine s’habitue à l’enfer du despotisme, certainement pas aux massacres à la rwandaise !

Or, les démons de la violence et de la haine hantent à nouveau la Côte d’Ivoire. Comme en 2000, le pays va se couper en deux, il va brûler comme une paille, plus rien ne peut l’empêcher. La faute à qui ? Au monde entier et d’abord et avant tout à cette fameuse communauté internationale qui n’est jamais mieux dans son rôle que quand elle rallume les incendies qu’elle est censée éteindre.

Formellement, ce « machin » derrière lequel se cachent les grosses griffes des Etats-Unis et de l’Union européenne ne pèse pas plus que le poids d’un arbitre. Son rôle se limite à prévenir les conflits et à proposer une solution négociée lorsque ceux-ci s’avèrent inévitables. Aucune circonstance exceptionnelle ne lui permet de déborder de ce cadre-là. C’est du moins ce que croyaient les néophytes, les sorciers de la diplomatie, eux ne manquant jamais d’arguments pour justifier l’injustifiable.

Disons-le clairement : l’ONU n’a pas à décider qui est élu et qui ne l’est pas à la tête d’un pays (le cas ivoirien compte peu en l’occurrence). Le faisant, elle outrepasse ses droits, ce qui lui arrive de plus en plus. Au point que derrière le langage feutré de ses diplomates, on distingue des bruits de bottes coloniales. A la manière dontBarack Obama, Nicolas Sarkozy ou Ban Ki-moon, traite ce pauvre Laurent Gbagbo, on croit revoir Gosier-d’Oiseau (célèbre personnage du Vieux nègre et la médaille, roman du Camerounais Ferdinand Oyono) transpirer sous son casque en engueulant ses nègres dans une plantation d’Oubangui-Chari.

Nous ne soutenons pas Laurent Gbagbo, nous nous contentons de rappeler un principe. D’ailleurs, le pestiféré d’Abidjan n’a pas besoin de notre soutien : l’arrogance des chancelleries et l’hystérie des médias travaillent pour lui. La diabolisation dont il est l’objet a fini par le rendre sympathique aux yeux de ses pires détracteurs. « A force de jeter une grenouille de plus en plus loin, on finit par la jeter dans une mare », dit un proverbe peul…

Nous ne contestons pas non plus l’élection d’Alassane Ouattara (nous sommes même convaincus que psychologiquement et techniquement, il est mieux outillé que n’importe lequel de ses concurrents pour gouverner). Nous disons simplement que le rôle de la communauté internationale ne revient pas à prendre des positions partisanes et à se répandre en déclarations intempestives encore moins dans une situation aussi explosive que celle de la Côte d’Ivoire. Pourquoi le défi et la menace du canon là où la discrétion, la ruse, la prudence et le tact bref, l’art de la diplomatie, auraient suffi ?

Nous n’allons pas apprendre à des géopoliticiens de métier que la Côte d’Ivoire est la pierre angulaire de la sous-région et que, si elle sombre, elle risque d’entraîner ses voisins, alors que la Guinée tente une périlleuse expérience démocratique et que Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a déjà ses sanctuaires au Burkina Fasoet au Mali. La situation paraît d’autant inquiétante qu’il plane sur la région un « non-dit » tribal lourd de menaces pour l’avenir : tout sauf un Dioula au pouvoir à Abidjan ; tout sauf un Peul au pouvoir à Conakry.

La Côte d’Ivoire mérite-t-elle de brûler pour les besoins des statistiques ou pour les beaux yeux de Laurent Gbagbo ou d’Alassane Ouattara ? Non, assurément non !

Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, où est la différence ? Ils forment le trio maléfique qui a ruiné le pays d’Houphouët-Boigny. A Bédié, le poison de l’ivoirité, à Ouattara, celui de la sécession, à Gbagbo celui de la confiscation du pouvoir. Chacun de ces caïds a montré combien il était prêt à sacrifier sa patrie au profit de son pouvoir personnel. De ce point de vue, ils n’ont rien d’exceptionnel.

La quasi-totalité des chefs d’Etat africains sont au pouvoir à la suite d’un putsch sanglant ou d’une élection truquée. Une loi non écrite permet à chacun de tuer, de voler et de tricher pour arriver au pouvoir. La nouveauté, ce sont les « scrupules » avec lesquels les grands de ce monde regardent cela. Congo, Rwanda, Somalie, jusqu’ici ils ont encouragé les trucages électoraux et les putschs et fermé les yeux sur les pires atrocités au gré de leurs intérêts. Et voilà que ces messieurs sont soudain pris d’un excès d’états d’âme !

Eh bien, s’ils sont devenus aussi vertueux qu’ils le prétendent, pourquoi ne vont-ils pas fouiller dans les cuisines électorales du Burkina, de la Tunisie ou de l’Egypte ? Sont-ils sûrs que les dynasties présidentielles du Gabon et du Togo sont sorties de la vérité des urnes ? Se seraient-ils comportés ainsi s’il s’était agi de l’Iran, de la Birmanie ou de la Chine ?

Ce raffut fait autour de Ouattara est tel qu’il en devient suspect. Que veut sauver la communauté internationale, à la fin : la Côte d’Ivoire ou un de ses protégés ? Ouattara et Gbagbo sont les loups-jumeaux de la politique ivoirienne : même teint, même sourire carnassier, même poids électoral (l’un contrôlant la Commission électorale et l’autre la Cour suprême). Il y a cependant entre eux une différence de taille : le carnet d’adresses. Dans le monde mesquin et corrompu qui est le nôtre, plus besoin de formule magique, ce joujou-là suffit à ouvrir les plus secrets des sésames.

Ancien directeur adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Ouattara se trouve au coeur du complexe réseau qui gouverne ce monde alors que, modeste professeur d’histoire, Gbagbo, hormis un bref exil à Paris, n’est jamais sorti de chez lui. Ce petit détail-là explique mieux que tout (les longs couplets sur la démocratie par exemple) pourquoi une simple élection africaine a pris une dimension mondiale. Le village global est bel et bien là : la planète des copains et des coquins ! Et ses lois s’appliquent partout aussi bien en Côte d’Ivoire que dans la Guinée voisine où,Alpha Condé, le président « élu » est un ami des présidents africains et un vieil habitué des ministères parisiens.

« Je ne me vois pas échouer cette élection », affirma le nouveau président guinéen au lendemain du premier tour alors qu’il accusait un retard de près de 25 points sur son concurrent. Il ne croyait pas si bien dire : l’élection fut prolongée de cinq mois, le temps sans doute que le « bon » candidat soit prêt avec à la clé, l’incendie de la Commission nationale électorale indépendante, les vols du fichier informatique, le tout suivi d’un véritable nettoyage ethnique. Il n’y eut aucune enquête et ces sourcilleux jurés de la communauté internationale n’y trouvèrent rien à redire. Comme pour confirmer ce que tout le monde savait déjà : pour être élu en Afrique, pas besoin de mouiller la chemise. Avec un peu de chance et quelques copains bien placés à l’ONU, à la Maison Blanche, à l’Elysée ou au Quai d’Orsay, vous êtes sûr de passer même à 18 %.

Tierno Monénembo (écrivain guinéen)