Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 5, 2011

BENIN : Allocution de déclaration de candidature d’Abdoulaye Bio Tchané

Honorables Invités,

Mesdames, Messieurs de la Presse,

Chers Compatriotes,

Les mots me manquent pour vous exprimer ma gratitude et ma joie de vous voir venus si nombreux. Permettez-moi alors de vous dire simplement ceci : A mes frères et sœurs venus du Zou et des Collines je dis : Mi Kuabo ;

A mes frères et sœurs du Septentrion, je dis : Wofo nan kayo ; bêkaweru ;

A mes frères et sœurs venus de l’Ouémé et du Plateau, je dis : Ekaabo ;

Enfin, à mes frères et sœurs venus du Mono et du Couffo, je dis : Miozon, Mianwézon. A mon feu père Hadj Moussa Bio Tchané et ma mère Hadja Lamissi Bio Tchané dont les soutiens moraux et matériels m’ont accompagné toute ma vie, je dis merci. Je tiens tout particulièrement à dire le mérite de ma mère et de ma 2ème maman Hadja Modukpè Bio Tchané, deux braves et infatigables dames, qui malgré le décès prématuré de mon père, n’ont ménagé aucun effort pour faire de moi et de mes frères et sœurs ce que nous sommes aujourd’hui. A toute la famille Bio Tchané qui m’a toujours soutenu et dont je suis fier, je dis merci. A mes chers enfants : Salim, Yacine et Cheikh Omar, je veux dire un spécial merci et combien je les aime. Et je salue, la mémoire de leur mère feue Hadja Mariam Adebi. Toujours sur une note personnelle, je veux dire ici mon immense gratitude à feu Guy Pognon qui fut mon patron, mon mentor, mon ami. Enfin, à vous tous ici présents, je redis merci. Croyez-le, c’est avec beaucoup d’émotion que je me tiens devant vous ce soir. La raison de notre présence en ces lieux, vous le savez tous, n’est pas juste pour deviser mis pour arrêter les polémiques et apporter enfin une réponse claire à vos multiples sollicitations parfois de longue date. Chers compatriotes, C’est avec beaucoup d’humilité, que je voudrais vous informer, que j’ai décidé de répondre, Oui, à vos appels. Oui, je serai Candidat aux élections présidentielles de 2011, et j’aimerais saisir cette occasion, pour vous témoigner sur ma foi et mon amour, ma profonde reconnaissance, pour toutes ces marques de confiance et de considération. Vos mots d’encouragement, de bienveillance, de sympathie, d’engagement et de dévouement ont, soyez en convaincus, beaucoup pesé dans ma décision de cette soirée solennelle. Je réponds donc Oui à mes frères et sœurs du Nord et du Sud comme je réponds Oui à mes frères et sœurs de l’Est et de l’Ouest. Beaucoup d’entre vous me connaissent depuis de longues années déjà et peuvent dire sans la moindre hésitation le genre d’homme que je suis. Mais pour ceux d’entre vous, qui ne me connaissent pas véritablement, laissez-moi vous dire simplement ceci : je ne suis pas un homme impulsif mais un homme posé ; je ne suis pas un homme d’hésitations mais un homme de convictions ; je ne suis pas un homme de vaines promesses mais un homme de paroles ; et assurément, je ne suis pas un homme de problèmes mais un homme de réponses, qui assume pleinement ses responsabilités. Aussi, très chers compatriotes, Si je me permets de me tenir devant vous ce soir, c’est parce que des signes précurseurs de division de notre pays s’amoncellent et risquent de compromettre l’avenir de notre jeunesse. Si je suis ici ce soir, c’est parce qu’à l’heure où je vous parle, de nombreuses familles vont au lit sans avoir mangé. Si je suis ici ce soir, c’est parce que le marasme économique qui prévaut est trop criard pour qu’un patriote reste indifférent. Si je suis ici ce soir, c’est parce que des milliers de parents se demandent comment assurer la rentrée scolaire de janvier 2011. Si je suis ici ce soir, c’est parce que plus de la moitié de nos concitoyens, dans de nombreux villages et quartiers des villes, cherchent où trouver de l’eau potable. Si je suis ici ce soir, c’est parce que trop de nos sœurs meurent encore en donnant la vie, faute de soins appropriés. Si je suis ici ce soir, c’est parce que le taux de mortalité infantile, reste encore trop élevé dans notre pays. Si je suis ici ce soir, c’est parce que beaucoup de nos jeunes diplômés se retrouvent sans emplois. Si je suis ici ce soir, c’est parce que plus de 6 millions de nos concitoyens sont dans l’obscurité à cet instant précis, car ils n’ont pas accès à l’électricité. Si je suis ici ce soir, c’est parce que trop de béninois vivent dans la frayeur, paniqués par l’insécurité qui prévaut dans nos villes et nos villages. Si je suis ici ce soir, c’est parce que le système démocratique béninois est fortement mis à mal. Si je suis ici ce soir, c’est parce que nous assistons impuissants à la dégradation de notre environnement. Enfin, Si je suis ici ce soir, c’est pour vous dire, qu’avec votre aide, je peux remédier à tout cela.

Chers compatriotes,

Je vous dis Oui ce soir pour qu’ensemble, nous apportions des réformes dans tous les domaines afin que chaque béninois puisse dire fièrement « Je vis mieux aujourd’hui, ma famille est en sécurité et je sens que demain sera meilleur » ; et que particulièrement chaque béninois de la diaspora puisse se targuer de dire, « j’ai hâte de rentrer dans mon pays où une multitude d’opportunités m’attendent ». Chers compatriotes, il est temps ! Il est temps que le Bénin décolle véritablement ! Alors, battons-nous dès maintenant pour un Bénin meilleur, où il fera bon vivre, un Bénin envié de tous et respecté sur le plan international. Croyez-moi, c’est possible et je m’engage à vos côtés, en homme responsable qui connaît parfaitement son pays. OUI, Je connais notre peuple du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest et je vous dis Bénin, nous pouvons et nous devons faire mieux. Mon expérience gouvernementale de 1998 à 2002, m’enseigne que nous pouvons faire mieux. Mon expérience régionale et internationale, m’enseigne également que nous pouvons faire mieux et largement mieux. Enfin, mon ascendance familiale m’enseigne que nous pouvons faire beaucoup mieux. En effet, de par mon père, j’ai été très tôt bercé dans la chose politique. Député à l’Assemblée Nationale, il fut aussi Ministre des Finances. C’est donc naturellement que j’ai développé une passion pour la politique. Des valeurs que mon père m’a transmises, je veux citer l’humilité, la loyauté, l’honnêteté et surtout l’amour du travail bien fait. Et je vous promets, comme j’ai eu à le faire auparavant, que je servirai le Bénin dans la droite ligne de ces valeurs si précieuses à mon cœur.

Mes très chers compatriotes,

Il y a tellement de choses que j’aimerais partager avec vous ce soir, mais la Campagne n’étant pas encore officiellement ouverte, nous discuterons de mon projet de société ultérieurement. Toutefois, je ne saurais vous quitter sans donner un aperçu, de quelques axes majeurs du Bénin tel que je le rêve. Les actions qui transformeront ce rêve en réalité, portent sur les trois piliers que sont : le politique, le social et l’économie. Permettez-moi avant de vous exposer ma vision politique, de rendre un hommage appuyé aux forces politiques béninoises. Au plan politique, nous renforcerons et rendrons intangibles les acquis de l’historique Conférence Nationale des Forces vives de la nation, tel que scellé dans notre Constitution du 11 décembre 1990. Ensuite, les Institutions de contre pouvoir seront confortées dans leurs prérogatives constitutionnelles, afin de leur permettre d’assurer pleinement leurs missions républicaines. En outre, j’aimerais féliciter mes amis de la presse pour le rôle combien déterminant qu’ils ont joué dans l’éclosion de l’ère démocratique au Bénin et son évolution depuis. Ceci nous oblige à leur restituer, avec de réels attributs et accompagnements, la place de quatrième (4ème) pouvoir qui leur revient de plein droit. Pour ce faire, je m’engage à dépénaliser les délits de presse, libéraliser l’accès aux fréquences radio, démocratiser l’accès à la télévision et enfin, vulgariser l’accès à l’Internet, en particulier dans les universités. C’est seulement ainsi, à mon humble avis, que nous améliorerons substantiellement notre position dans le classement mondial des libertés de la presse, où nous avons considérablement reculé. Par ailleurs, je souhaite que nous fassions de la décentralisation, le véritable outil de participation politique que nos populations réclament. La décentralisation doit aussi et surtout être une opportunité économique que nous devons saisir en donnant aux communes des moyens substantiels de réaliser des investissements et de créer des emplois. Ceci pour permettre aux populations à la base, de bénéficier des retombées économiques afin que s’amorce un développement durable et équilibré entre les régions du Bénin.

Chers compatriotes,

Les grandes réformes à entreprendre n’occulteront pas je vous le promets, le régime politique de type présidentiel consacré par la Constitution du 11 Décembre 1990. L’expérience des pays de la sous région, notamment de notre grand voisin et même la pratique au Bénin ces 20 dernières années, enseignent qu’il est indispensable que chaque partie du territoire national se sente convié à participer à la gestion du pouvoir politique. Ainsi, tout en préservant le caractère présidentiel du régime, je m’emploierai à l’instauration d’un poste de premier ministre auquel de réels pouvoirs seront décernés pour la conduite efficiente de l’action du gouvernement et de sa coordination. Le but visé par ces réformes politiques est de créer un cadre politique qui libère les initiatives et qui permette l’amélioration des conditions de vies de nos populations. Aussi, nous bâtirons, au plan social, une société plus juste et plus solidaire. C’est dans cette optique que je fais miennes les réflexions de Jean Bodin, un célèbre économiste du XVIe siècle, qui affirma je cite « Il n’est de richesses que d’hommes » fin de citation. En effet, que serait le Bénin sans les béninois ? La véritable richesse d’un pays n’est donc pas constituée par ses ressources pétrolières ou minières, mais en premier lieu par le savoir et la qualité de travail de ses fils et filles, seuls capables d’exploiter les énormes potentialités de ce pays. C’est donc sur vous chers concitoyennes et concitoyens que je voudrais fonder la dynamique du décollage et de l’essor d’un Bénin, où devra s’instaurer une société plus juste et plus solidaire, afin que nous fassions du prochain cinquantenaire, celui du Bénin. Et ce cinquantenaire débutera dès le 6 Avril 2011. Nous pouvons y arriver car il est impensable que les béninois puissent être les meilleurs à l’étranger et qu’ils demeurent incapables de transformer leur pays. Je crois en vous et moi, et c’est à ce défi que je veux nous engager. Vous vous demandez certainement comment pouvons-nous y arriver sans un emploi décent, qui reste une aspiration essentielle et un impératif pour tout Béninois. Il est donc logique que l’emploi soit notre priorité absolue. Je suis convaincu, pour avoir connu les ravages de la montée du chômage, que des avancées dans le domaine de l’emploi seraient décisives pour rétablir l’équilibre et la confiance en elle – même de la société béninoise. Le sentiment d’un échec collectif sur cette épineuse question fonde mon engagement à l’attaquer et à le résoudre quoi qu’il nous en coûtera. Ainsi, la lutte contre le chômage sera le menu principal et j’en ferai l’axe majeur de ma politique pour dire que cette situation où 72 % de nos jeunes sont sans emploi n’est pas une fatalité mais une opportunité à saisir. Mais me direz-vous, Abt avant de travailler, il faut d’abord aller se former afin de pouvoir prétendre plus tard à un emploi décent. C’est la raison pour laquelle, l’éducation et l’égalité devant celle-ci, seront au cœur de mes préoccupations. Au cours de mes nombreux entretiens avec mon ami Gaston, Enseignant à l’Université de Calavi, il m’est apparu que le fait que le système éducatif et le système économique fonctionnent parallèlement, ne favorise pas l’insertion professionnelle rapide des jeunes diplômés dont le nombre va croissant au fil des ans. N’est-ce pas, vous en conviendrez avec moi, une tragédie pour une famille d’avoir un enfant qui durant tout son cursus fut excellent et une fois ses études terminées retourne à la maison, constituant un fardeau de plus pour ses parents qui se sont sacrifiés pendant de longues années pour assurer son éducation ? Oui, cette tragédie est vécue dans nombre de familles aujourd’hui au BENIN et la tendance n’est guère à une amélioration. Il faudra donc face à ce fléau une thérapie de choc dont un des traits est la mise en œuvre du principe de l’adéquation entre la formation et l’emploi. Nous investirons, pour la réhabilitation et la construction d’infrastructures scolaires ; nous investirons dans la création de 2 universités pour décongestionner les 2 universités actuelles, qui elles-mêmes seront réhabilitées. Dans le même temps, nous ferons de la revalorisation de la fonction d’enseignant une priorité, en insistant notamment sur la rémunération et la place de l’enseignant dans la société béninoise. Chers compatriotes, il est certain que la lutte pour l’emploi ne peut être dissociée de l’action pour une formation tout au long de la vie. Il importe alors de bâtir, pour ces publics particuliers, des programmes situés à la charnière du système éducatif et de la formation professionnelle. A Faouzi, étudiante à Calavi, à Marc, chômeur et à Maxime, transitaire d’occasion à Cotonou et plus généralement aux jeunes béninois, je m’engage dans les cinq prochaines années à mettre en œuvre les reformes légales et économiques nécessaires pour créer deux cent cinquante mille (250.000) emplois, soit environ cinquante mille emplois par an dans différents secteurs d’activités de notre pays. J’aurais pu vous donner un nombre plus important, mais je vous dis ce qui est immédiatement réalisable car je prône la transparence et la confiance mutuelle dans nos relations. Je m’attends qu’après ce discours, d’autres viennent vous dire qu’ils produiront davantage d’emplois, vous devrez exiger alors de ces derniers de dire les secteurs qui généreront ces emplois et leur financement. Toujours à nos jeunes, je promets la création d’un fonds national du sport, doté de 50 milliards de francs sur le quinquennat, pour la promotion du sport de masse et d’élite. Nous construirons des stades dans les quatre chefs lieux de départements qui n’en n’ont pas ; nous ferons la promotion du sport d’élite et nous promettons que dans les cinq ans qui viennent, le Bénin sera fièrement représenté par des équipes compétitives pour les coupes africaines et les coupes mondiales. A Fadairo et à mes amis artistes béninois si créatifs, si entreprenants et si optimistes, je m’engage à renforcer le budget de la culture pour faire des services culturels un axe de notre économie au sein de cette économie de services que j’entends promouvoir pour que notre culture reluise sur la scène internationale et que nos artistes puissent enfin vivre de leur art. Je porterai à 2 milliards par an, la subvention à la culture et nous investirons 20 milliards au cours du quinquennat, pour la construction d’une école des arts, d’un grand théâtre national et la rénovation des palais royaux. Et pour associer davantage le secteur privé, je ferai voter une loi ambitieuse sur le mécénat culturel et sportif. Dans le même ordre d’idées, je créerai un fonds de l’artisanat doté de 20 milliards pour relancer l’artisanat béninois et le mettre sur le marché mondial. Président, me direz-vous encore, à quoi nous serviraient tout ceci si nous ne pouvons pas nous soigner. Vous avez raison, le bien-être de tout homme lui permet de se donner à fonds pour les œuvres d’édification de la nation. Cela s’entend et nous impose la prise en compte des préoccupations sanitaires de nos populations. Oui ! La santé est capitale. Comme notre école, notre système sanitaire s’est délabré et compte un personnel démotivé. Le système entier a besoin d’être réformé. En plus de la construction, de la réhabilitation, de l’achat d’équipements, des formations sanitaires surtout dans les régions les plus démunies, nous avons besoin d’améliorer la rémunération de nos infirmières, nos sages femmes, nos médecins et de tous nos agents de santé. Je lancerai dans le quinquennat, la construction d’un nouvel hôpital de référence, de type CNHU aux standards internationaux, afin de mieux adresser les cas de références et d’urgences. Permettez-moi de partager avec vous, une histoire qui me touche profondément. J’ai connu Ben, il y a quelques années, c’est un enfant mal soigné pour une poliomyélite et qui en traîne les séquelles à vie. Sa paralysie fait de lui un handicapé moteur en raison de l’inefficacité du système de prise en charge médicale. Ces genres d’handicap sont légion dans notre pays et nous y apporterons une solution idoine qui passera par le renforcement de la capacité des centres sanitaires à prévenir et à mieux traiter les affections qui occasionnent le plus souvent des handicaps moteurs, visuels, mentaux et autres. Oui, le BENIN, sous mon mandat, mettra les moyens qu’il faut pour lutter contre les handicaps et favoriser la réinsertion des personnes handicapées dans notre société, car c’est aussi le sceau et la caractéristique d’une société plus juste et plus solidaire. Je me plais à échanger fréquemment avec mes sœurs, des conditions de vie des jeunes béninoises. Bien qu’en moyenne plus instruites et plus fortunées que les femmes rurales, ce sont elles, notamment Mémouna, Ismath et Yvette, qui m’ont ouvert les yeux sur les difficultés quotidiennes de la femme béninoise. C’est la raison pour laquelle, elles jouent toutes un rôle dans la gestion de l’ONG Donga Women Microfinance, institution de microfinance que j’ai créée en 2000 pour assister les femmes de la Donga et qui depuis sa création a permis à plus de 60 000 femmes de s’auto suffire et de nourrir leur famille.

Mes sœurs béninoises,

Sans être exhaustif, j’aimerais vous dire que, d’abord et avant tout, je créerai un environnement institutionnel qui promeut la femme dans les domaines politique, économique et social. Les femmes auront au moins 40 % des portefeuilles dans mon gouvernement et je me battrai pour une meilleure participation des femmes à l’Assemblée Nationale et dans les institutions de la République. Je lancerai le programme national générateur de revenus pour les femmes PROGREFEM et dont l’objectif sera d’assurer à chaque femme rurale un revenu décent mensuel grâce à une activité économique durable. PROGREFEM sera doté au terme du quinquennat de 135 milliards de francs cfa. Aux jeunes béninoises, notamment à Ahouéfa que j’ai rencontré à Athiémé, à Lucienne que j’ai vu à Abomey et à Fati de Natitingou je dis oui nous poursuivrons et amplifierons la microfinance. Je porterai de 30 000 FCFA à 100 000 FCFA le plafond du prêt aux individus et j’offrirai aux coopératives de femmes des plafonds de 1 000 000 FCFA. Une nouvelle structure de microfinance dotée de 50 milliards naîtra en remplacement de l’actuel Fonds national de microfinance.

Au plan économique

Oui, nous devons construire une société plus solidaire où chaque béninois est fort de pouvoir compter sur l’autre et sur l’Etat pour donner le meilleur de lui-même. Mais pour reprendre en main le destin de notre pays et pour financer de manière soutenable cette solidarité, nous devons construire une économie plus forte et compter d’abord sur nos propres forces et ressources. Je vous dis que notre économie mieux gérée est potentiellement assez forte pour générer les revenus nécessaires à une croissance plus forte. Et ce sont les fruits de cette croissance qui nous financeront cette solidarité. Les ressources générées par cette croissance et les économies réalisées sur les dépenses produiront les moyens pour financer les programmes sociaux et d’investissement. En effet, nous nous donnerons les moyens d’une croissance économique plus forte de l’ordre de 8 % à l’horizon 2015, sur la base d’une meilleure performance des deux piliers économiques que sont le développement rural et les services. Le point de départ de la mise en ordre de notre économie passe par le retour à une gestion orthodoxe de nos finances publiques. Au niveau des ressources, nous mettrons en œuvre une stratégie plus pertinente et plus objective de mobilisation en rupture avec le harcèlement fiscal actuel. Nous devons tous adhérer à l’ambition de redresser notre économie et cela passe par la création, par le secteur privé, des richesses qui peuvent être taxées. Je dis de la manière la plus solennelle, que nous devons célébrer nos hommes et nos femmes d’affaires au lieu de les réprimer et de freiner leur ardeur et leurs initiatives. Pour ce qui est des dépenses, nous devons réduire substantiellement le train de vie de l’Etat par l’élimination des institutions superflues et sans aucun rapport avec une gouvernance efficace. Il nous faut poursuivre la modernisation de la chaine de dépense et réduire de manière substantielle les ordres de paiement et les marchés de gré à gré. Et pour aider les entreprises à équilibrer leurs comptes, je prends l’engagement ferme que nous rembourserons d’ici 2012 tous les arriérés de paiement qui s’élèvent aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliards de francs cfa.

Sur le plan structurel, un programme massif d’investissement d’un montant total de plus de 2 000 milliards sera entrepris pendant les cinq ans. Indépendamment des programmes spécifiques dont j’ai parlé plus tôt, nous réaliserons les principales routes pour désenclaver nos communes ; nous nous engagerons dans le programme « une commune, une route » destiné à assurer une liaison permanente entre la commune et le chef lieu de département. La construction des écoles, des centres de santé et des maisons de la jeunesse sera désormais la responsabilité des communes, car nous le savons, il est plus efficace et moins couteux de le faire ainsi ; nous allouerons un budget annuel de 65 milliards à la disposition des 77 communes. Les communes de Cotonou, Porto-Novo et de Parakou, bénéficieront de programmes spéciaux qui seront définis en étroite collaboration avec leurs élus locaux. Le chemin de fer Cotonou – Parakou sera réhabilité et nous lancerons la construction du chemin de fer Parakou – Niamey. Un tramway sera également construit à Cotonou pour assurer une meilleure fluidité du transport urbain de cette ville.

Sur le principe d’une politique transversale de développement durable, nous réformerons l’agriculture pour passer dans les 10 ans d’une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale. Je proposerai dès 2011 une loi d’orientation agricole pour que nos agriculteurs aient un cadre d’actions permanent, lisible et stable. A mon ami Gaston GADO, cotonculteur, je dis, nous produirons dans 5 ans plus d’un million de tonnes de coton en améliorant les rendements et nos techniques culturales. A Comlan de Toffo, producteur de céréales, je dis que nous porterons la production de maïs à plus de 2 millions de tonnes en 5 ans. Nous réformerons ensemble notre administration publique pour qu’elle soit plus efficace et efficiente et mieux adaptée au développement. Et nous créerons un environnement plus favorable au secteur privé avec notamment des textes de règlementaires et législatifs plus simples et plus lisibles. Des services de base (eau, électricité, télécommunication, terrain) seront davantage disponibles aux investisseurs. Enfin, nous favoriserons la mise en place des partenariats publics – privés, véritables instruments de mobilisation des financements pour des investissements plus volumineux. Tout ceci ne sera possible que si une véritable lutte est engagée contre toute forme de corruption, grande comme petite. Mais il est clair qu’il est difficile de réduire la corruption sur nos routes et ailleurs, si celle qui porte sur les milliards de francs cfa de marchés publics n’est pas sanctionnée. Anne Cica, je vous promets donc sur ce plan une République irréprochable. Chers Compatriotes, Notre pays est un point de rencontres de plusieurs civilisations ; c’est aussi un carrefour économique et c’est bien là, la base de notre prospérité future. Je veux donc dire à nos frères et sœurs de la sous-région que nous serons des partenaires fiables car je crois, comme KUAME Nkrumah que « Africa must unite » et j’engagerai notre pays résolument dans cette voie. A nos partenaires du monde entier, je veux dire que nous serons ouverts à la mondialisation pour faire en sorte que nos concitoyens soient du côté des gagnants de ce mouvement et nous resterons ouverts et aux idées et aux technologies nouvelles.

Chers Compatriotes, Mesdames, Messieurs,

Laissez-moi conclure en vous disant simplement ceci : nous commencerons le 1er août 2011, le deuxième cinquantenaire de notre indépendance. Notre peuple a toujours célébré les vertus du savoir, de l’intelligence et du travail, et c’est cela notre richesse ; une richesse qui nous a valu la réputation partout dans le monde de quartier Latin de l’Afrique aux temps des indépendances. Au moment où je vous dis aujourd’hui Oui, c’est pour vous engager dans le combat pour la reprise en main de notre destin, celui qui fera de notre pays l’un des plus avancés d’Afrique et l’un de ceux qui inscrira le continent parmi les acteurs majeurs de ce monde. Je propose au peuple béninois un contrat social dont les grandes lignes ont été exposées ici et sont retracées dans le projet de société. Ce projet se base sur l’assertion que les problèmes posés aux béninois sont liés au développement économique et social. Il se base aussi sur le constat que nous devons gouverner notre pays autrement. Je souhaite que nous nous engagions autour de ces questions de gouvernance et de développement. Le béninois du sud comme celui du nord fait face à des difficultés économiques qui sont sans lien avec son ethnie, son appartenance politique ou son religion. Mon projet est de nous unir autour de la résolution de ces questions de manière consensuelle et avec méthode. A l’heure où j’annonce solennellement ma décision de m’engager dans la course à la présidence de la République du Benin, j’appelle la jeunesse béninoise à se joindre à ce contrat.

A tous les étudiants, à tous les jeunes diplômés, à tous les jeunes cadres, à tous les chômeurs et à tous les jeunes agriculteurs, je vous demande de vous joindre à nous pour définir et mettre en œuvre un agenda favorable à la jeunesse.

J’appelle les femmes béninoises à se joindre à ce contrat pour faire en sorte que demain la société béninoise soit plus ouverte aux préoccupations des femmes. A Assiba productrice d’huile de palme à Covè, à Noura commerçante à Kandi, à Françoise directrice au ministère des finances à Cotonou, je veux dire que nous devons construire une société plus favorable aux femmes. Jeunesse béninoise, femmes béninoises, prenons en main notre destin : en rendant justice à nos anciens et devanciers qui ont conduit notre pays ces dernières années, demandons leur de nous faire bénéficier de leurs conseils qui nous permettront de bâtir nous-mêmes notre destin et notre avenir. Finalement, à l’ensemble du peuple béninois, je veux dire mon optimisme, je veux dire que notre marche en avant sera une marche vers le futur, une marche basée sur notre histoire, notre culture, et nos espoirs ; en définitive cette marche sera une marche vers un Benin prospère et triomphant.

Vive le Bénin,

Vive l’Afrique,

Je vous remercie.

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BENIN : Supposé refus des têtes couronnées de soutenir Abt, les rois de la Donga instrumentalisés

Le dimanche 02 janvier 2011, les souverains de la Donga réunis dans la cour royale du roi de Djougou ont fait une déclaration de soutien à la candidature de Yayi Boni à la présidentielle de 2011. Seulement, à y voir de près, cette décision n’a rien de spontané. Elle a été conditionnée.

« Les rois de la Donga sont instrumentalisés ». L’honorable Affo Djobo l’a confirmé dans son allocution lors de la déclaration de candidature de Abdoulaye Bio Tchané (Abt). C’est la tradition qui est ainsi galvaudée. Et cela, c’est le roi de Djougou, Sa Majesté Pétoni Koda VI qui en est l’auteur. Il a fait ce qu’aucun roi du grand royaume de Djougou n’a jamais fait : prendre fait et cause pour l’un de ses fils contre un autre. Normalement, le roi est au-dessus de tout le monde. Il est une personnalité morale à qui on a recours pour régler les problèmes les plus difficiles de la cité. Il n’est pas à l’origine des problèmes. Malheureusement, c’est ce qui s’est passé le 02 janvier 2011 à Djougou. Le roi Pétoni Koda VI a oublié ses fils Abdoulaye Bio Tchané, Adrien Houngbédji, Marie-Elise Gbèdo etc. C’est un acte condamnable parce que cela va contribuer à la division des fils de la Donga et d’autres départements. En clair, tous les rois qui ont pris position et soutenu cette décision ont démontré qu’ils n’ont pas à cœur le développement de la Nation béninoise.

A.T

GABON : Le Mouvement Civique du Gabon (M.C.G) exige la reconnaissance internationale du Président élu du Gabon, André Mba Obame

Le président élu de la République gabonaise M André Mba Obame reçoit Mme Mengue M'Eyaà, présidente du Conseil exécutif du Mouvement civique du Gabon.Cher(e)s compatriotes, Gabonais, Gabonaises,

Dans un contexte difficile pour la démocratie, nous aimerions vous adresser tous nos vœux pour vous et vos familles à l’occasion de cette nouvelle année 2011. Nos pensées vont également aux populations gabonaises en souffrance au Gabon ou à l’extérieur, en raison de l’abandon total dont ils sont les victimes.

La crise politique en Côte d’Ivoire est le symbole de l’échec des relations entre la France et le continent depuis 50 ans « d’indépendance ». Elle vient en écho à l’élection gabonaise où le suffrage universel a été refusé au peuple dans un silence assourdissant générant l’impunité des meurtriers.
Comme chacun le sait, les mois d’août et de septembre 2009 ont sonné le glas de l’espoir démocratique au Gabon après 42 ans de gestion confisquée du pouvoir par un même clan. Depuis lors, un individu s’est imposé à la tête de l’Etat avec le soutien du pouvoir français au mépris du choix des Gabonais et sans tenir compte du Président élu, André MBA OBAME. Celui-ci ainsi que Pierre MAMBOUNDOU ont été violemment frappés par les milices du régime sans protestation du secrétaire général des Nations unies, des dirigeants internationaux et bien évidemment du chef d’Etat français.

Les différentes médiations proposées ont été réfutées par le putschiste sans que les puissances occidentales ne se scandalisent d’un régime héréditaire, violent, qui a sous-développé le Gabon depuis plus de 40 ans.

La « communauté internationale » n’a rien dit et n’a rien dénoncé au moment des massacres de Port Gentil. L’on a pourtant découvert avec la Côte d’Ivoire qu’il existait une Cour pénale internationale dont on attend qu’elle se saisisse du dossier de Port Gentil !

La Cour constitutionnelle gabonaise n’a pas non plus condamné le putsch consistant en l’inversion des résultats du scrutin.

Pourtant, à l’occasion des évènements actuels en Côte d’ivoire, il est admirable de voir le monde entier se scandaliser du maintien au pouvoir d’un homme battu par les urnes. Pourtant, la cour constitutionnelle de ce pays l’a déclaré vainqueur de l’élection, comme au Gabon.

Oublie t’on les prises de pouvoir sanglantes de Bongo, d’Eyadéma ou de Sassou Nguesso ? Ou bien celles implacables de Blaise Compaoré, présumé assassin de Sankara, ou d’Idriss Déby ? tous étaient mes invités de la France au défilé du 14 juillet 2010.

Nous considérons que la « communauté internationale » si active sur la Côte d’Ivoire peut encore se manifester en exigeant le départ de Bongo, en favorisant la mise en place d’une force de l’ONU afin d’obliger le régime à tenir compte du résultat des urnes et en reconnaissant André Mba OBAME comme seul interlocuteur des Etats. Un des gestes forts pourrait être la nomination d’un nouvel ambassadeur à Paris et aux Nations unies par le Président Mba Obame qui prendrait la place de celui nommé par Bongo. Nous sommes certains que Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations Unies, sera sensible au soutien d’ambassadeurs nommés par un pouvoir démocratique.

Face à d’éventuelles stratégies personnelles, le Mouvement Civique du Gabon rappelle son attachement aux valeurs démocratiques et au progrès social, valeurs ignorées depuis plus de 42 années. Il poursuivra son combat déterminé contre le Parti -Etat afin que les Gabonais-e-s puissent enfin bénéficier des bienfaits d’un développement harmonieux, équilibré et des richesses de leur pays.

La Justice française a récemment apporté une note d’espoir au peuple gabonais en condamnant les « biens mal acquis », c’est à dire ces fortunes acquises sur le dos des peuples africains. Malgré les pressions du pouvoir français, et à travers l’action courageuse de citoyens et d’associations internationales, il est désormais possible d’imaginer un autre destin pour le Gabon.
Nous connaissons les conditions de vie quotidienne difficile de nos concitoyens qui doivent faire face aux effets de la mauvaise gestion, des escroqueries des proches du régime; de la propagande abêtissante et de la censure. Les écoles et les hôpitaux se dégradent tandis que les hommes, les femmes et les enfants s’épuisent et se battent pour survivre au jour le jour.
Pour 2011, nous demandons une commission d’enquête internationale sur les meurtres de Port Gentil menée par la Cour pénale internationale.

Nous demandons que le Président élu, André MBA OBAME, soit installé dans ses fonctions de chef de l’Etat.

Ce sont les premières conditions qui feraient du Gabon un pays dans lequel les hommes et les femmes seraient enfin fiers après plus de 42 années de honte !

Vive le Gabon, vive la République gabonaise libérée!

Mengue M’Eyaà

Présidente du Conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon (M.C.G)

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

Bongo a servi l’intérêt de la France, pas ses citoyens

« La manne pétrolière n’a pas profité » aux Gabonais, a critiqué Mme Joly. « Elle nous a profité. La France a une grande dette envers le Gabon pour avoir maintenu au pouvoir pendant toutes ces années M. Bongo », a ajouté l’ancienne magistrate.

Avant le documentaire de Benquet sur la Françafrique et avant WikiLeaks, il y avait les déclarations d’Eva Joly…

Les révélations récentes de WikiLeaks sur le financement des partis politiques en France par Omar Bongo ainsi que le documentaire de Benquet sur les 50 ans de la Françafrique nous ont confirmé plusieurs choses qu’on soupçonnait déjà de la gestion calamiteuse du Gabon par les Bongo.

Nous sommes à l’ere de l’information rapide et boulimique, notamment avec Internet et les réseaux d’information en continue ou 24/24, 7/7. Partant, il est facile d’être noyé d’information et finir par oublier certaines choses. De fait, l’opposition gabonaise devrait s’allier à une personnalité issue du monde de la justice française en la personne d’Eva Joly. En fait, d’aucuns ont oublié ce qu’elle disait déjà depuis 2007 (peut-être même plus tôt) sur les relations des Bongo avec la France. Le titre de cet article est d’ailleurs une citation d’Éva Joly (voir texté partagé ci-dessous).

Ancienne juge en France et maintenant député d’Europe Écologie, Eva Joly fut aux premières loges de l’Affaire ELF dont parle le documentaire sur la Françafrique de Benquet, et par ricochet de celle des biens mal acquis. Elle connaît bien les ramifications de l’argent sale qui circule entre le pétrole africain (particulièrement gabonais) et la France, notamment ses partis politiques (sous l’égide du défunt Omar Bongo notamment). Eva Joly a fait des révélations qui sont toutes aussi d’actualité que WikiLeaks et le documentaire sur les 50 ans de la Françafrique.
Certains d’entre-vous n’ont peut-être pas eu l’occasion d’écouter une interview de Eva Joly réalisée en 2007. La vidéo ci-dessous (voir lien) vous donne l’occasion de le faire. Écoutez bien ces paroles. Vous vous demanderez peut-être pourquoi cela n’a pas fait scandale à l’époque? Espérons que certains membres de l’opposition actuelle sont suffisamment matures dans leur changement de camp pour s’approcher d’Eva Joly et demander qu’elle aide les Gabonais à éclaircir tous ces comptes occultes qui ruinent le développement du pays. L’opposition doit utiliser tous les moyens possibles pour démontrer au peuple gabonais que Ali Bongo ne peut plus continuer à diriger le Gabon; un pays que sa famille a pris trop longtemps pour sa propriété personnelle!

La famille Bongo n’a jamais servi l’intérêt des Gabonais. Combien de fois il faut le dire pour que ce soit compris; pour que les Bongo décident enfin de quitter le pouvoir et accepter le changement dont le Gabon a besoin. Il semble clairement que ce n’est pas Ali Bongo qui laissera le pouvoir de lui-même. Alors, il faut que les leaders de l’opposition agissent en conséquence pour libérer le Gabon pour bonne fois pour toute.
(vidéo interview Eva Joly sur les relations entre le Gabon et la France)

Bongo a « servi l’intérêt de la France » pas ses « citoyens » pour Eva Joly
(AFP) – 8 juin 2009

PARIS (AFP) — L’ancienne juge française anti-corruption Eva Joly a brisé lundi soir le concert de louanges entourant la mort du président gabonais Omar Bongo, estimant que s’il « avait bien servi les intérêts de la France » notamment par « la manne pétrolière », il n’avait pas « le souci de ses citoyens ».

« C’était un président qui n’avait pas le souci de ses citoyens. Il a bien servi les intérêts de la France et des hommes politiques français », a dit sur Canal+ la nouvelle élue du parlement européen sous les couleurs d’Europe Ecologie.

Le Gabon, a-t-elle dénoncé, « c’est un PIB (produit intèrieur brut) égal au Portugal » qui « construit cinq kilomètres de routes par an » et qui a « le taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde ».

« La manne pétrolière n’a pas profité » aux Gabonais, a critiqué Mme Joly. « Elle nous a profité. La France a une grande dette envers le Gabon pour avoir maintenu au pouvoir pendant toutes ces années M. Bongo », a ajouté l’ancienne magistrate, qui a instruit l’affaire Elf qui avait des ramifications au Gabon.


Amen.

Déhètane

Bernard B. Dadié se révolte contre la France : Vive Paris ??

Ah ! Paris qui nous fait penser à la nuit du 4 août 1789, à nos ancêtres les Gaulois. Et voilà Paris à la recherche d’esclaves en 2010. Nous parlons de commission internationale pour contrôle d’élection et le vieux coq parisien, de colère, sur ses ergots dressés appelle des tireurs d’élite pour abattre des rois nègres insoumis, des rois nègres qui veulent que la vérité éclate, que la civilisation importée chez nous ait un autre visage. Tireur d’élite. Paris et New York habitués à tirer sur les cibles noires que nous sommes. Une commission internationale pour contrôler des élections contestées par Paris et ce sont des tireurs d’élites qu’on envoie pour que l’Afrique reste mine et marché. « Je veux la misère abolie» avait dit Victor Hugo. Les vieilles barques pour charrier les bois d’ébène seraient-elles remplacées par des avions de traite? « Le système colonial français, c’est vrai vit encore sous la griffe de Richelieu, de grandes compagnies de commerce et de navigation, souvent suscitées par le pouvoir ayant reçu le monopole d’exploitation des territoires plus ou moins vastes ». En quel siècle Paris veut-il vivre? Car nous refusons tout président que Paris veut nous imposer selon ses caprices de colon invétéré. Tireurs d’élite à nos portes accourus de New York et de ses environs. Faut-il pensé à Benjamin Franklin, à Thomas Jefferson? Et à ce nègre qui entre dans l’histoire américaine. «Esclave affranchi, natif du Sénégal, Bellay a servi les troupes coloniales, fait la guerre d’Indépendance américaine et se trouve comme beaucoup de révolutionnaires, affilié à la franc-maçonnerie et qui véhicule volontiers des idées d’émancipation» (Biondié). Nous attendons la bouée de sauvetage, la constitution de la commission de contrôle qui nous fera comprendre que le droit n’est pas encore mort. Paris croit-il que les Noirs, pour l’éternité, doivent être ses biens? Paris qu’on nous disait « Fille aînée de l’église ». Dieu sauve tes enfants que l’aîné par caprice a mis au four. Ils sont des millions pour attendre une commission de contrôle d’élection. Salut à tous les résistants nègres. Ce que voulait Paris n’est-ce pas ce que nous vivons bientôt depuis plus de 10 ans, avec la destruction programmée de notre aviation? Et toujours des nègres dans ses armées; en exercice en Afrique, des nègres fiers de détruire leur pays pour des soldes de misère. Vols, pillage, assassinats jours et nuit au nom d’une certaine civilisation. Fann, Thiaroye, RCA, Cameroun, Guinée, Dahomey? Côte d’Ivoire; dans ces pays, des soldats de jour et des soldats de nuit pour veiller sur « les intérêts permanents de Paris».

Salut à ces Français qui gardent la tête froide; pour eux la devise du pays a un sens qu’il faut respecter, liberté, égalité, fraternité, même hors de la Seine.
«On ne peut laisser sans danger se creuser le fossé entre l’élément Blanc et l’élément Noir; ce fossé ne pourra être comblé que par des actes tenant compte des aspirations légitimes de la masse africaine et en tournant le dos aux habitudes coloniales, de «brutalités», d’exactions et sévices». « Si on ne me suivait pas dans mes conclusions, on devrait faire appel à un autre ». (Gr André Latrille) Pour avoir aidé à expédier des jeunes ivoiriens étudier en France, il fut renvoyé du pays. Il en fut de même pour les gouverneurs Bourgine et Brunot au sujet des travailleurs forcés. Des esclaves aux nouvelles Antilles.

A Paris, à l’Arc de Triomphe, le Soldat inconnu observe tout, et parcourant J’histoire, ayant appris le voyage des tireurs d’élite, murmure la phrase de Robespierre «Je demande s’il est politique de se déterminer par les menaces d’un parti pour trafiquer des morts de l’homme, de la justice et de l’humanité». Que craint-on de la constitution d’une commission internationale pour le contrôle de nos élections pour le contrôle de nos élections? Oh le beau le langage, le voisinage de l’ambassade des USA à moitié fermée, l’hôtel du golf et le séjour des tireurs d’élite?

La nouvelle compagnie de traite qui enfin se dévoile ne rejoint-elle pas la compagnie des Indes crée en 1644 ?

Fille aînée de l’église, France, abbé Raynal, abbé Grégoire, abbé Maury, Amis des Noirs, dans cette grande injustice que le jour se fasse. Robespierre redit à ces conquérants de nos jours «Périssent les colonies plutôt qu’un principe».

Mai 1945, les armes se taisent en Europe. Paris envoie les siennes en Afrique pour éviter le chômage et d’éventuels coups militaires. L’Afrique ne dort pas dans le quartier parisien. Ainsi des flibustiers pavillons déployés, à des peuples pacifiques livrent une guerre atroce.
Morts de Zarabahon, de Séguéla, de Bouaflé, d’Afféry, de Zuenoula, de Dimbokro, des régions entières encerclées, morts des quatre routes, des sentiers des venelles, des villages et des hameaux parcourues par des troupes d’apatrides, de mercenaires flanqués de traitres, morts tombés à l’aube, à midi, au crépuscule, victimes des bourreaux galonnés, tuant liberté et amour à coups de fusils et de bombes. Des héros dont la presse parisienne nuit et jour chante les prouesses.

En 1948, 1945, 1950, à l’heure où les prisons pleines avaient des Imans de 79 ans et de femmes qui par une marche de protestation, provoquaient Paris à son heure de digestion et de rêve. Dans notre groupe de résistance, il y avait des Français à nos côtés, on les disait des communistes; Raymond Barbé, Dutemby, Casanova, Morlet, Francheschi, Tibergen, Rigaud, Tremouille, Escar, Robert Léon; des Français en lutte contre le mépris, les injustices; parce que des Français étaient à nos côtés, on nous accusait de recevoir des armes de l’URSS. Ils furent nombreux les avocats de ce parti à nous défendre.

Niet à l’injustice et au mépris. Niet !

Le 18 octobre 1946 naissait le parti politique, le parti de la lutte pour la dignité et le Parti de l’homme noir; Le RDA dont Paris n’acceptait pas l’existence. Une lutte contre la division, arme principale de Paris pour la domination des sujets. Sujets français. Sujet, un statut qui permettait tout au maître, des injustices, des plus flagrantes à l’heure des tireurs d’élite.
Au Président Pleven, le Président Félix Houphouët en 1947 disait « Je me suis apparenté au parti communiste parce qu’il me laisse une très grande liberté, c’est un parti qui est au gouvernement de la République et d’autre part il défend les thèses au sujet des peuples coloniaux que je trouve intéressantes et proches de ceux que nous défendons au RDA». Cela conduira à la collaboration avec « UDSR.

La Française Marthe Arnaud, après avoir parcouru notre histoire dit: “Mais il faut aussi que toi, frère noir meurtri dans ta sensibilité par tout le mal qu’on t’a fait et bien malgré cela, il faudra t’élever à une hauteur digne de toi, et savoir pardonner, oublier, pour aller avec vous vers l’avenir la main dans la main”. Oui, Marthe mais Paris ne doit-il pas baisser les armes? Rappeler ses tireurs d’élite, et aider à former la commission de contrôle des élections? Les Grands Blancs et leurs hommes de service dressés pour tuer avec toujours le sourire opposés à la liberté des Noirs depuis St Domingue sont à l’ceuvre. “On suscita des candidats farfelus, on suspendit officiellement Ii! vente des carburants et ingrédients… Cet acharnement contre notre candidat ne fit que confirmer les électeurs dans leur conviction que c’était Félix Houphouët qui serait leur meilleur défenseur au Palais Bourbon”. C’était en 1945. Et les voilà en 2010, toujours avec des élections contestant le choix du peuple. Une position fignolée depuis septembre 2002. L’installation ici et là des gouverneurs généraux pour exécuter les ordres des Grands Blancs; des monarques, régime combattu par Paris. Africains quel avenir voulons-nous? Cessons d’être des acolytes, des compagnons de route.

En 1947 naissait Présence Africaine pour un vrai dialogue. A nos côtés des Français de renommée mondiale: J.P Sartres, Th. Monod, A. Camus, Leiris, R.P Maidieu, E Mounier, Pierre Neville, Paul Rivet, G. Ballandier, J.Howlett et d’autres encore, ceux qui honnêtement disent : «Saint-Domingue est alliée et non sujette de la France» L’Indépendance survient. Une Indépendence dans laquelle nous entrons avec joie et nos nombreuses plaies coloniales. La guerre pour nous avait débuté le 3 septembre avec l’entrée en guerre de la France, la mère patrie. La chaîne de la colonisation se brisait au premier coup de canon. Des frères au front face aux nazis. Illusion. La guerre de reconquête allait se poursuivre. Dans Moussa et Gigla, nous lisions au moment où soldats et tirailleurs le poursuivaient: ilo! ilo! Samory. Maintenant nous hurlons “Arrête! arrête! Paris. Cesse Paris. Paris qui n’entend plus rien, Paris affamé de possessions coloniales. Paris.”

De l’Afrique du Nord à l’Indochine, fusils et avions sèment la désolation. Et le 19 Septembre c’est la guerre contre nos pays parce que le Président parle en homme libre et a des propos qu’un maître ne veut entendre. La Russie à cette guerre dit Niet, non et les “non» à cette guerre se suivent. Mais Paris a-t-il les oreilles ouvertes? Non! 10 ans d’occupation avec des chefs rebelles aux postes délicats. Guerre préparée de longue date; changer le Président normalement élu. AH Paris, le sang des enfants, des femmes et des vieillards que tu veux verser ne portera bonheur à personne. Guerre préparée de longue date: au retour de Linas Marcoussis ne recommandait-on pas à des amis d’éviter la Côte d’Ivoire? Qui déjà en 1944 connut «la guerre» des colons lors de la création du Syndicat agricole Africain dont la présidence fut offerte à Gabriel Dadié qui la passa à Felix Houphouët dont Ii avait épousé la grande sceur Faitai. Notre lutte de libération commença par la création d’un syndicat de planteurs, nous eûmes ensuite le PDCI et le RDA.

Et voilà que Paris veut faire de la Côte d’Ivoire une vaste prison avec des geôliers venus de partout et logés à l’hôtel du golf à côté d’Ivoiriens.

Patriotes Ivoiriennes, l’histoire retiendra que dans cette guerre de libération et de résurrection vous avez toujours été en première ligne avec vos époux et vos enfants; tout comme les Françaises à l’invasion Nazie.

Merci et salut à tous ceux qui ont été avec vous et sont encore avec nous. Que Dieu nous aide toujours dans notre lutte contre l’invasion de notre pays. La photo de Houphouët-Boigny dans la salle de réunion se décrocha en signe de protestation.

– Vous allez là-bas pour supprimer le RDA, fut-il ordonné au Gouverneur Orseli. «Montrez plus d’énergie sinon partez» Et il fut rappelé en 1948. Le RDA, c’est toute la Côte d’Ivoire en lutte pour notre liberté.

Compter des voix pour départager des hommes, est-ce vraiment de l’Océan à boire? Justice, Paris, New York Justice! Tu as peut-être d’anciennes colonies. Comment les traites-tu? New York? Tireurs d’élites. La gomme, les cuirs, l’homme, l’ambre, la poudre d’or et aujourd’hui le pétrole, et pour ce pétrole, “hommes, femmes, enfants, vieillards abattus à la kalachnikov à bout portant… Personnes brulées vives, blessés achevés à l’arme blanche, civils et militaires enfermés dans des cases auxquelles on met le feu, corps brulés puis exposés dans les rues… Un pays à feu et à sang. Ce que je veux, c’est faire éclater la vérité” dit Jacques Vergès dans Crime contre l’humanité.

Dans un article “Sartre et le monde noir” Francis Jeanson écrivait. “La crise est ouverte. Le regard noir ose affronter le regard blanc. Aujourd’hui ils regardent notre monde et l’éclairent à leur façon, ils font que ce monde n’est pas le nôtre. Ce n’est plus un monde blanc. Ce n’est pas encore un monde humain. Il nous appartient pour tout mettre en œuvre pour éviter que le désespoir ou la haine ne le brisent cette fois en deux mondes irréductible ment distincts. Nous ne pourrons nous joindre à cette totalité d’où ces yeux nous exilent qu’en arrachant nos maillots blancs pour tenter simplement d’être des hommes”g

Bonne et Heureuse Année et que Dieu bénisse notre combat.

Bernard B. Dadié

Les africains vendent l’Afrique

L’émissaire kenyan, et premier ministre de son pays, ingénieur technicien de formation est celui que l’UA vient de dépêcher à Abidjan afin de mener une action commune avec L’équipe de Jonathan Goodluk dans le règlement du conflit post-électoral survenu en Côte D’Ivoire. L’UA dont certains fonctionnaires forment des vrais pions des Occidentaux, sinon de vaillants activistes pour le compte des Occidentaux, sont à ce jour considérés comme de très bons vendeurs de l’Afrique pour bénéficier des avantages personnels après que leur mission ait réussi.

Railla Odinga pour ce dernier, après que ses militants aient massacré leurs compatriotes au Kenya en 2008 dont le nombre de tués à la machette, a été évalué à plus de 1300 personnes, eh bien, ce monsieur n’a jamais été interpellé. Bien au contraire, avec l’arrivée d’Obama comme président des États-Unis dont le père est Kenyan, Raila Odinga, certes grand politicien semble être en renfort et en confiance dans son pays.

La cour pénale internationale n’a pas encore bougé dans son projet d’enquêtes à propos de ce génocide contre lui. Sûrement qu’il continue à bénéficier d’une protection de ses protecteurs du ciel pas.

Au fait, quel message apportent tous ces gens qui viennent en Côte d’Ivoire?
Ils viennent pour la crise en Côte d’Ivoire. C’est bien, c’est ce que l’on veut, au lieu d’allumer du feu.

Cependant, ce qui ne marche pas, c’est la même pression qu’exercent les grandes puissances, en tête : Sarkozy et Obama qui ont décidé le départ de Laurent Gbagbo.

Dans cette situation, les fonctionnaires de l’UA, et de la CEDEAO, y compris les chefs d’État des mêmes pays de la CEDEAO, continuent à se mettre à genoux devant leurs maîtres qui leur font de menaces. Ou ils acceptent les ordres, ou ils courent le risque d’être débarqué du pouvoir. Voilà ce que l’on ne dit pas.

De Wade à Compaoré en passant par Yayi Boni jusqu’à Gnassigmé Faure, le sommeil de ces chefs d’État est troublé plus que celui de Laurent Gbagbo. Le président de la Sierra Leone, quant à lui par exemple, plus agité que d’autres, ce dernier confesse sans gêne en disant clairement qu’il n’y a rien à négocier,« ils viennent parler à Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara». Point barre.

Et si Laurent Gbagbo leur dit qu’il n’en est pas question : qu’adviendra-t-il?

Pour des individus déterminés à faire mal à l’Afrique et en Côte d’Ivoire, cela suppose qu’ils ne vont pas tarder à lancer l’assaut sur Laurent Gbagbo, surtout que les 9000 mercenaires de l’ONUCI et les 900 mercenaires français de Licorne sont déjà sur le territoire ivoirien, sans compter les rebelles de Ouattara et Guillaume Soro.

Comme vous pouvez le constater par vous-même, la colonisation occidentale en Afrique est toujours là avec la complicité d’autres Africains. Cette colonisation n’a changé que de tactique. Les complices des colonisateurs, comme les Jean Ping, les Goodluck ou Compaoré et consorts, seront toujours là. Par ailleurs des faux intellectuels africains, ces petits jaloux qu’on y trouve un peu partout, n’ont rien à y voir puisque c’est bien les intellectuels africains qui complotent avec les occidentaux pour embraser l’Afrique. On ne saurait en tout cas, incriminer nos parents dans les villages qui n’ont aucun contact avec les colonisateurs.

Ce sont nos petits intellectuels ayant étudié en France, en Angleterre, aux USA, qui continuent à vendre l’Afrique. Pour que le continent africain soit respecté, c’est aux intellectuels africains qu’incombe le rôle de défense et de protection de l’indépendance de l’Afrique, en parlant ouvertement aux Occidentaux et en leur montrant ce que veulent les Africains.

Mais dès lors que ces intellectuels jaloux rentrent en collusion avec les colonisateurs : par quel miracle peut-on parvenir à créer une bonne image de l’Afrique lorsque de Libreville à Brazzaville, en passant pas Yaoundé, Bangui, Kinshasa, Abidjan, Lomé, Bamako, Ouagadougou jusqu’à Dakar, les prétendus intellectuels diplômés la tête en bas, les pieds en l’air, font honte à l’Afrique.

Voilà qu’on vient démarrer avec la deuxième décennie du 21e siècle que le continent est secoué aux premières heures de la fin de la première décennie, faisant que les Africains soient toujours des gens pleins de médiocrité.

Tout le monde doit sûrement se rappeler qu’à 3 années seulement de la fin du 20e siècle, un pays pas de moindre par rapport à la richesse de son histoire, parce que regorgeant des gisements pétroliers, le Congo Brazzaville n’a pas été épargné en lui imposant une guerre dans les mêmes conditions que la Côte d’Ivoire aujourd’hui. C’est Elf qui décide de faire partir par la force un président démocratiquement élu pour faire revenir au pouvoir un assassin, appelé Sassou Nguesso. Et, qui dit Elf, on voit directement la France.

Curieusement, pendant qu’au Congo Brazzaville, Sassou menaçait d’embraser toute l’Afrique centrale, les gens ne mesuraient pas la gravité de ses propos pour penser sans calcul qu’il s’agissait bien la France qui parlait sous le couvert d’une marionnette.

ET ce qui devrait arriver arriva. On a bien vu ce que certains n’ont pas encore vu de leur vie.
Aujourd’hui, avec la Côte d’Ivoire, nous sommes en train d’assister à un bis repetita.

L’UA et la CEDEAO ne sont que des marionnettes. C’est bien des colonisateurs qui frappent et qui vont effectivement frapper en Côte d’Ivoire parce que les Africains sont toujours dans la logique du béni-oui-oui. Cette attitude est grave. Sans compter notre jalousie à l’égard de l’autre.

Gervais Mboumba

Militant des droits de l’homme

Nicolas Sarkozy et le futur « bourbier ivoirien » !

Ce qui se passe en Côte d’Ivoire, cinquante ans après les « Indépendances Africaines » résulte sans doute de l’incapacité des autorités françaises à favoriser un nouveau modèle de coopération avec les anciennes colonies africaines, en modifiant en premier lieu une politique d’influence obsolète et en n’ostracisant pas de nouveaux acteurs politiques africains.

Le Président Sarkozy, ses conseillers et son gouvernement peinent visiblement à analyser le discrédit de la « Françafrique » (acteurs locaux africains et internationaux confondus), la politique migratoire inutilement vexatoire et la séduction exercée par de nouvelles puissances qui minent lentement mais surement les positions de Paris.

Le Président Senghor avait pourtant appelé à une vision de ce que l’Afrique devrait être pour la France et de ce que la France pourrait faire pour l’Afrique. L’ombre des oiseaux de mauvais augure qui virevoltent au-dessus de l’Élysée, empêchent peut-être le Numéro 1 français de voir comment depuis la fin de la Guerre Froide, la France a plus ou moins perdu une place dite de choix en Afrique francophone, même en « sauvant » quelques bastions politiques, militaires et économiques de premier plan à l’exemple du Gabon.

Il n’en demeure pas moins que les entreprises françaises sont désormais en concurrence directe avec des multinationales chinoises et américaines pour ne citer que ces puissances.

1. DU PRINCIPE DE RÉALITÉ

L’autorité politique de la France en Afrique francophone sera de plus en plus contestée quelque soit le futur immédiat de la Côte d’Ivoire ou du Président Laurent Gbagbo. Ce dernier, bien que n’étant pas au fond, le modèle de leader (à la Nelson Mandela) attendu au XXIe par tous les Africains francophones a réussi à apparaitre tout de même dans l’inconscient collectif de millions d’âmes sur le continent noir comme le porte-parole de nouvelles générations souhaitant remettre en cause un certain « diktat ».

Et ce ne sont pas les menaces françaises contre M. Gbagbo de ces derniers jours qui vont améliorer les choses ! Bien au contraire, au Togo, au Gabon, au Tchad, au Congo-Brazzaville et ailleurs, malgré la dénonciation des oppositions (souvent difficilement crédibles parce que composées d’anciens potentats) du soutien de la France aux régimes autoritaires, il n’ ya pas eu d’inflexion significative de la politique africaine de l’Élysée.

En juillet 2007, le discours du Président Sarkozy à Dakar a traumatisé l’Afrique francophone et il n’y a pas eu l’alternance qu’on exige au pouvoir d’Abidjan, à Libreville, à Ndjamena, à Lomé, à Ouagadougou, à Brazzaville … et même à Conakry, on a trouvé que d’anciens collaborateurs du dictateur défunt Sékou Touré pour les premières élections jamais organisées par la Guinée. C’est dire le désert politique qui caractérise souvent l’Afrique francophone ! Et pourtant, nous sommes loin de l’autocritique sur les bords de la Seine.

La France a la réputation depuis toujours de soutenir envers et contre tout les dictateurs de l’espace francophone : Jean Bédel Bokassa (Centrafrique), Joseph Mobutu République Démocratique du Congo [RDC], ex-Zaïre), Gnassingbé Eyadema & Fils (Togo), Sassou Nguésso (Congo), Idriss Déby (Tchad) ou Omar Bongo & Fils (Gabon). Paris s’est opposé notamment aux sanctions décidées par l’Union Européenne contre le Togo en 1993.

L’Élysée est dans une position qui tient de la schizophrénie politique : d’un coté, elle ne veut pas s’ingérer dans les affaires internes africaines sans toutefois rester indifférente ; d’un autre côté, elle préconise la stabilité des relations internationales, ce qui l’incite à négliger la nature des régimes en place. Et c’est quelque chose d’incompréhensible !

M. Sakozy voulait mettre un terme en 2007 à la « Françafrique » mais il a fini par limoger son « Ministre » de la coopération, M. Jean-Marie Bockel sur pression du Gabon en 2008. Sans compter les intérêts de ses grandes entreprises qui l’incitent à certaines complaisances. En résumé, le malaise y compris dans le bourbier ivoirien qui vient est la résultante de l’incapacité de la France à se conformer à ses grands discours sur les droits humains. Cette attitude explique en partie seulement la relation d’amour –haine que les Africains entretiennent avec elle.

2. RIEN N’EST JAMAIS PERDU

Plutôt que d’allumer un nouveau brasier en Côte d’ivoire, il appartient à la France de montrer à ses partenaires africains qu’ils peuvent « sortir gagnants » d’une relation transparente avec elle. Des Pays d’Afrique francophone renouvelés avec des acteurs désintéressés donneraient quitus à la France des errements du passé et en feraient leur porte-parole privilégié au sein du G8 et le médiateur incontournable de l’Union européenne dans les relations Nord-Sud …

La clarification de la politique de la France sur le continent noir lui permettrait déjà de mettre en valeur ce qu’elle fait au coup par coup. Paris ne sait pas – contrairement aux USA – bien « vendre » ses actions positives : premier contributeur du Fonds Européen de Développement (FED), principal contributeur du programme Facilité pour la Paix de l’Union Européenne (250 millions d’euros) …etc. De nouvelles aspirations populaires émergent et nous vivons comme la fin d’un monde en Afrique francophone. Ceux qui sont en train de vivre la fin d’un temps ne s’en rendent pas toujours compte. Cela a été le cas des Soviétiques en 1989 avec la chute du Mur de Berlin et ce sera toujours ainsi jusqu’à la fin de tout.

Nicolas Sarkozy doit comprendre que l’urgence des urgences est que la France intègre dans ses logiciels une évidence fondamentale : l’enrichissement à venir des Peuples Africains n’est pas contraire à l’économie mondiale ni au Pouvoir Global. Il est impératif qu’arrivent à la tête des pays africains des décideurs qui permettront de faire baisser une misère sans fin.

Avec internet, le téléphone portable et tant d’autres moyens de communication captés dans les zones les plus reculés du continent, chaque jeune africain sait désormais que sa vie pourrait être différente si la France ne soutenait pas des Présidents dont le bonheur de leurs compatriotes est bien la dernière des préoccupations.

Nos parents et nos ancêtres ont toujours souffert … Ils n’avaient pas à leur disposition les moyens de communication de cette génération. Ils souffraient physiquement et moralement mais en qui nous concerne, nous souffrons de souffrir : c’est une douleur métaphysique car nous avons pris la dimension de l’injustice qui frappe l’Afrique francophone.

Devant la volonté de sortir de l’ornière, la puissance française ne suffira pas à faire reculer les plus déterminés (non pas les négociateurs nocturnes), ceux qui veulent vivre une vie normale sur une terre enfin normalisée ! Cette masse de jeunes (des millions et des millions) sera un des défis majeurs de l’Occident dans les trente prochaines années.

La Côte d’Ivoire est la syndrome d’un certain échec français en Afrique mais il n’est jamais trop tard pour réparer les pots cassés et la France trouvera toujours une oreille pour l’écouter. Mais, l’époque actuelle ne peut se passer d’un changement en profondeur et il faudrait un miracle pour que les choses se passent désormais dans la sérénité. A moins de trouver en France des politiques ayant une densité exceptionnelle. Nous attendons de voir ! Pour l’instant, à gauche comme à droite, il n’ y a pas lieu d’être optimiste.

Voilà pourquoi, je crois malheureusement que la Côte d’Ivoire est un bourbier à venir (à cause de l’ONU principalement) qui pourrait enflammer l’Afrique de l’ouest et en faire le théâtre d’une nouvelle « Guerre Mondiale » ne disant pas son nom comme celle qui n’est pas encore terminée en RDC ou dans les Grands Lacs.

Que Dieu sauve l’Afrique et le monde de nouveaux périls insensés !

Bruno Ben MOUBAMBA

bruno@moubamba.com

Côte d’Ivoire : La défaite de Ouattara bientôt reconnue de tous… même des émissaires de la CEDEAO

Les choses ne se passent plus comme l’aurait souhaité Alassane Dramane Ouattara, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 28 novembre dernier.

Côte d'Ivoire : La défaite de Ouattara bientôt reconnue de tous... même des émissaires de la CEDEAO.

Alors que lui et ses soutiens internationaux ont voulu étouffer la vérité en organisant très rapidement un coup d’état électoral, la résistance du président Laurent Gbagbo et du peuple ivoirien dans toutes ses composantes a mis en échec la machination.

Or, plus le temps passe, plus la vérité s’impose à tous. C’est pourquoi, le camp Ouattara rêve d’une hypothétique action militaire pour renverser Gbagbo. Qui ne viendra certainement pas. Appeler à une action militaire contre le pays qu’il prétend le sien. C’est la trouvaille de Ouattara Alassane, père et financier de la rébellion armée qui endeuille la Côte d’Ivoire depuis bientôt 9 ans. Démontrant ainsi qu’il est en train d’épuiser tous les recours illégaux qu’il a choisis d’emprunter pour accéder au pouvoir d’état afin de jouer le rôle qui lui sied le mieux : celui de simple sous-préfet au service de la France.

On comprend donc la précipitation avec laquelle ses commanditaires et lui avaient voulu tordre le cou à la loi ivoirienne pour évincer du pouvoir le vainqueur légitime et légal de la présidentielle 2010, Laurent Gbagbo. Le faisant, ils ont voulu brouiller les pistes pour ensuite les effacer une fois leur forfait accompli. Mais comme le dit souvent le Président Gbagbo : « Le temps, c’est l’autre nom de Dieu ». Car, grâce au temps, toute la mise en scène tendant à faire asseoir Ouattara au palais présidentiel ivoirien est en train d’être dévoilée. On comprend que l’adversaire du Président Gbagbo soit dépité par la tournure des évènements et qu’il ne veuille pas d’une action politique ou autre hormis la voie militaire.

La vérité triomphe déjà et les émissaires de la CEDEAO commencent à percevoir ce que l’on pourrait qualifier de déstabilisation de la Côte d’Ivoire par la France et les Etats Unis. Seulement, les gens ne sont pas fous. Ils peuvent être sous influence mais, on ne peut les forcer indéfiniment à dénier la vérité. La Vérité. Voilà une chose dont le camp Ouattara ne veut pas. Au demeurant qui use de violence démontre qu’il n’a plus d’argument.

Rébellion armée, fraude électorale, violence, non-respect des lois, désobéissance civile, intervention militaire… Pour l’Ivoirien lambda, la propension de Ouattara à jouer du fusil ou du muscle à la moindre contrariété, est plus qu’agaçante pour ce pseudo-démocrate de la Françafrique. On voit bien que le néo-ivoirien ne connaît rien de la Côte d’Ivoire et on peut sans risque de se tromper avancer que ses soutiens ont été très mal inspirés en portant leur choix sur lui.

A chaque fois qu’une mission se rend en Côte d’Ivoire dans le cadre de la résolution de la crise ivoirienne, elle se rend compte de la supercherie qui consiste à présenter Ouattara comme le président élu telle que relayée par une certaine presse étrangère aux ordres et révise sa position de départ.

La vérité commence à triompher, oui elle triomphera pour une Afrique libre et digne !

Source : Ivorian.Net