Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

BENIN : Allocution de déclaration de candidature d’Abdoulaye Bio Tchané

Honorables Invités,

Mesdames, Messieurs de la Presse,

Chers Compatriotes,

Les mots me manquent pour vous exprimer ma gratitude et ma joie de vous voir venus si nombreux. Permettez-moi alors de vous dire simplement ceci : A mes frères et sœurs venus du Zou et des Collines je dis : Mi Kuabo ;

A mes frères et sœurs du Septentrion, je dis : Wofo nan kayo ; bêkaweru ;

A mes frères et sœurs venus de l’Ouémé et du Plateau, je dis : Ekaabo ;

Enfin, à mes frères et sœurs venus du Mono et du Couffo, je dis : Miozon, Mianwézon. A mon feu père Hadj Moussa Bio Tchané et ma mère Hadja Lamissi Bio Tchané dont les soutiens moraux et matériels m’ont accompagné toute ma vie, je dis merci. Je tiens tout particulièrement à dire le mérite de ma mère et de ma 2ème maman Hadja Modukpè Bio Tchané, deux braves et infatigables dames, qui malgré le décès prématuré de mon père, n’ont ménagé aucun effort pour faire de moi et de mes frères et sœurs ce que nous sommes aujourd’hui. A toute la famille Bio Tchané qui m’a toujours soutenu et dont je suis fier, je dis merci. A mes chers enfants : Salim, Yacine et Cheikh Omar, je veux dire un spécial merci et combien je les aime. Et je salue, la mémoire de leur mère feue Hadja Mariam Adebi. Toujours sur une note personnelle, je veux dire ici mon immense gratitude à feu Guy Pognon qui fut mon patron, mon mentor, mon ami. Enfin, à vous tous ici présents, je redis merci. Croyez-le, c’est avec beaucoup d’émotion que je me tiens devant vous ce soir. La raison de notre présence en ces lieux, vous le savez tous, n’est pas juste pour deviser mis pour arrêter les polémiques et apporter enfin une réponse claire à vos multiples sollicitations parfois de longue date. Chers compatriotes, C’est avec beaucoup d’humilité, que je voudrais vous informer, que j’ai décidé de répondre, Oui, à vos appels. Oui, je serai Candidat aux élections présidentielles de 2011, et j’aimerais saisir cette occasion, pour vous témoigner sur ma foi et mon amour, ma profonde reconnaissance, pour toutes ces marques de confiance et de considération. Vos mots d’encouragement, de bienveillance, de sympathie, d’engagement et de dévouement ont, soyez en convaincus, beaucoup pesé dans ma décision de cette soirée solennelle. Je réponds donc Oui à mes frères et sœurs du Nord et du Sud comme je réponds Oui à mes frères et sœurs de l’Est et de l’Ouest. Beaucoup d’entre vous me connaissent depuis de longues années déjà et peuvent dire sans la moindre hésitation le genre d’homme que je suis. Mais pour ceux d’entre vous, qui ne me connaissent pas véritablement, laissez-moi vous dire simplement ceci : je ne suis pas un homme impulsif mais un homme posé ; je ne suis pas un homme d’hésitations mais un homme de convictions ; je ne suis pas un homme de vaines promesses mais un homme de paroles ; et assurément, je ne suis pas un homme de problèmes mais un homme de réponses, qui assume pleinement ses responsabilités. Aussi, très chers compatriotes, Si je me permets de me tenir devant vous ce soir, c’est parce que des signes précurseurs de division de notre pays s’amoncellent et risquent de compromettre l’avenir de notre jeunesse. Si je suis ici ce soir, c’est parce qu’à l’heure où je vous parle, de nombreuses familles vont au lit sans avoir mangé. Si je suis ici ce soir, c’est parce que le marasme économique qui prévaut est trop criard pour qu’un patriote reste indifférent. Si je suis ici ce soir, c’est parce que des milliers de parents se demandent comment assurer la rentrée scolaire de janvier 2011. Si je suis ici ce soir, c’est parce que plus de la moitié de nos concitoyens, dans de nombreux villages et quartiers des villes, cherchent où trouver de l’eau potable. Si je suis ici ce soir, c’est parce que trop de nos sœurs meurent encore en donnant la vie, faute de soins appropriés. Si je suis ici ce soir, c’est parce que le taux de mortalité infantile, reste encore trop élevé dans notre pays. Si je suis ici ce soir, c’est parce que beaucoup de nos jeunes diplômés se retrouvent sans emplois. Si je suis ici ce soir, c’est parce que plus de 6 millions de nos concitoyens sont dans l’obscurité à cet instant précis, car ils n’ont pas accès à l’électricité. Si je suis ici ce soir, c’est parce que trop de béninois vivent dans la frayeur, paniqués par l’insécurité qui prévaut dans nos villes et nos villages. Si je suis ici ce soir, c’est parce que le système démocratique béninois est fortement mis à mal. Si je suis ici ce soir, c’est parce que nous assistons impuissants à la dégradation de notre environnement. Enfin, Si je suis ici ce soir, c’est pour vous dire, qu’avec votre aide, je peux remédier à tout cela.

Chers compatriotes,

Je vous dis Oui ce soir pour qu’ensemble, nous apportions des réformes dans tous les domaines afin que chaque béninois puisse dire fièrement « Je vis mieux aujourd’hui, ma famille est en sécurité et je sens que demain sera meilleur » ; et que particulièrement chaque béninois de la diaspora puisse se targuer de dire, « j’ai hâte de rentrer dans mon pays où une multitude d’opportunités m’attendent ». Chers compatriotes, il est temps ! Il est temps que le Bénin décolle véritablement ! Alors, battons-nous dès maintenant pour un Bénin meilleur, où il fera bon vivre, un Bénin envié de tous et respecté sur le plan international. Croyez-moi, c’est possible et je m’engage à vos côtés, en homme responsable qui connaît parfaitement son pays. OUI, Je connais notre peuple du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest et je vous dis Bénin, nous pouvons et nous devons faire mieux. Mon expérience gouvernementale de 1998 à 2002, m’enseigne que nous pouvons faire mieux. Mon expérience régionale et internationale, m’enseigne également que nous pouvons faire mieux et largement mieux. Enfin, mon ascendance familiale m’enseigne que nous pouvons faire beaucoup mieux. En effet, de par mon père, j’ai été très tôt bercé dans la chose politique. Député à l’Assemblée Nationale, il fut aussi Ministre des Finances. C’est donc naturellement que j’ai développé une passion pour la politique. Des valeurs que mon père m’a transmises, je veux citer l’humilité, la loyauté, l’honnêteté et surtout l’amour du travail bien fait. Et je vous promets, comme j’ai eu à le faire auparavant, que je servirai le Bénin dans la droite ligne de ces valeurs si précieuses à mon cœur.

Mes très chers compatriotes,

Il y a tellement de choses que j’aimerais partager avec vous ce soir, mais la Campagne n’étant pas encore officiellement ouverte, nous discuterons de mon projet de société ultérieurement. Toutefois, je ne saurais vous quitter sans donner un aperçu, de quelques axes majeurs du Bénin tel que je le rêve. Les actions qui transformeront ce rêve en réalité, portent sur les trois piliers que sont : le politique, le social et l’économie. Permettez-moi avant de vous exposer ma vision politique, de rendre un hommage appuyé aux forces politiques béninoises. Au plan politique, nous renforcerons et rendrons intangibles les acquis de l’historique Conférence Nationale des Forces vives de la nation, tel que scellé dans notre Constitution du 11 décembre 1990. Ensuite, les Institutions de contre pouvoir seront confortées dans leurs prérogatives constitutionnelles, afin de leur permettre d’assurer pleinement leurs missions républicaines. En outre, j’aimerais féliciter mes amis de la presse pour le rôle combien déterminant qu’ils ont joué dans l’éclosion de l’ère démocratique au Bénin et son évolution depuis. Ceci nous oblige à leur restituer, avec de réels attributs et accompagnements, la place de quatrième (4ème) pouvoir qui leur revient de plein droit. Pour ce faire, je m’engage à dépénaliser les délits de presse, libéraliser l’accès aux fréquences radio, démocratiser l’accès à la télévision et enfin, vulgariser l’accès à l’Internet, en particulier dans les universités. C’est seulement ainsi, à mon humble avis, que nous améliorerons substantiellement notre position dans le classement mondial des libertés de la presse, où nous avons considérablement reculé. Par ailleurs, je souhaite que nous fassions de la décentralisation, le véritable outil de participation politique que nos populations réclament. La décentralisation doit aussi et surtout être une opportunité économique que nous devons saisir en donnant aux communes des moyens substantiels de réaliser des investissements et de créer des emplois. Ceci pour permettre aux populations à la base, de bénéficier des retombées économiques afin que s’amorce un développement durable et équilibré entre les régions du Bénin.

Chers compatriotes,

Les grandes réformes à entreprendre n’occulteront pas je vous le promets, le régime politique de type présidentiel consacré par la Constitution du 11 Décembre 1990. L’expérience des pays de la sous région, notamment de notre grand voisin et même la pratique au Bénin ces 20 dernières années, enseignent qu’il est indispensable que chaque partie du territoire national se sente convié à participer à la gestion du pouvoir politique. Ainsi, tout en préservant le caractère présidentiel du régime, je m’emploierai à l’instauration d’un poste de premier ministre auquel de réels pouvoirs seront décernés pour la conduite efficiente de l’action du gouvernement et de sa coordination. Le but visé par ces réformes politiques est de créer un cadre politique qui libère les initiatives et qui permette l’amélioration des conditions de vies de nos populations. Aussi, nous bâtirons, au plan social, une société plus juste et plus solidaire. C’est dans cette optique que je fais miennes les réflexions de Jean Bodin, un célèbre économiste du XVIe siècle, qui affirma je cite « Il n’est de richesses que d’hommes » fin de citation. En effet, que serait le Bénin sans les béninois ? La véritable richesse d’un pays n’est donc pas constituée par ses ressources pétrolières ou minières, mais en premier lieu par le savoir et la qualité de travail de ses fils et filles, seuls capables d’exploiter les énormes potentialités de ce pays. C’est donc sur vous chers concitoyennes et concitoyens que je voudrais fonder la dynamique du décollage et de l’essor d’un Bénin, où devra s’instaurer une société plus juste et plus solidaire, afin que nous fassions du prochain cinquantenaire, celui du Bénin. Et ce cinquantenaire débutera dès le 6 Avril 2011. Nous pouvons y arriver car il est impensable que les béninois puissent être les meilleurs à l’étranger et qu’ils demeurent incapables de transformer leur pays. Je crois en vous et moi, et c’est à ce défi que je veux nous engager. Vous vous demandez certainement comment pouvons-nous y arriver sans un emploi décent, qui reste une aspiration essentielle et un impératif pour tout Béninois. Il est donc logique que l’emploi soit notre priorité absolue. Je suis convaincu, pour avoir connu les ravages de la montée du chômage, que des avancées dans le domaine de l’emploi seraient décisives pour rétablir l’équilibre et la confiance en elle – même de la société béninoise. Le sentiment d’un échec collectif sur cette épineuse question fonde mon engagement à l’attaquer et à le résoudre quoi qu’il nous en coûtera. Ainsi, la lutte contre le chômage sera le menu principal et j’en ferai l’axe majeur de ma politique pour dire que cette situation où 72 % de nos jeunes sont sans emploi n’est pas une fatalité mais une opportunité à saisir. Mais me direz-vous, Abt avant de travailler, il faut d’abord aller se former afin de pouvoir prétendre plus tard à un emploi décent. C’est la raison pour laquelle, l’éducation et l’égalité devant celle-ci, seront au cœur de mes préoccupations. Au cours de mes nombreux entretiens avec mon ami Gaston, Enseignant à l’Université de Calavi, il m’est apparu que le fait que le système éducatif et le système économique fonctionnent parallèlement, ne favorise pas l’insertion professionnelle rapide des jeunes diplômés dont le nombre va croissant au fil des ans. N’est-ce pas, vous en conviendrez avec moi, une tragédie pour une famille d’avoir un enfant qui durant tout son cursus fut excellent et une fois ses études terminées retourne à la maison, constituant un fardeau de plus pour ses parents qui se sont sacrifiés pendant de longues années pour assurer son éducation ? Oui, cette tragédie est vécue dans nombre de familles aujourd’hui au BENIN et la tendance n’est guère à une amélioration. Il faudra donc face à ce fléau une thérapie de choc dont un des traits est la mise en œuvre du principe de l’adéquation entre la formation et l’emploi. Nous investirons, pour la réhabilitation et la construction d’infrastructures scolaires ; nous investirons dans la création de 2 universités pour décongestionner les 2 universités actuelles, qui elles-mêmes seront réhabilitées. Dans le même temps, nous ferons de la revalorisation de la fonction d’enseignant une priorité, en insistant notamment sur la rémunération et la place de l’enseignant dans la société béninoise. Chers compatriotes, il est certain que la lutte pour l’emploi ne peut être dissociée de l’action pour une formation tout au long de la vie. Il importe alors de bâtir, pour ces publics particuliers, des programmes situés à la charnière du système éducatif et de la formation professionnelle. A Faouzi, étudiante à Calavi, à Marc, chômeur et à Maxime, transitaire d’occasion à Cotonou et plus généralement aux jeunes béninois, je m’engage dans les cinq prochaines années à mettre en œuvre les reformes légales et économiques nécessaires pour créer deux cent cinquante mille (250.000) emplois, soit environ cinquante mille emplois par an dans différents secteurs d’activités de notre pays. J’aurais pu vous donner un nombre plus important, mais je vous dis ce qui est immédiatement réalisable car je prône la transparence et la confiance mutuelle dans nos relations. Je m’attends qu’après ce discours, d’autres viennent vous dire qu’ils produiront davantage d’emplois, vous devrez exiger alors de ces derniers de dire les secteurs qui généreront ces emplois et leur financement. Toujours à nos jeunes, je promets la création d’un fonds national du sport, doté de 50 milliards de francs sur le quinquennat, pour la promotion du sport de masse et d’élite. Nous construirons des stades dans les quatre chefs lieux de départements qui n’en n’ont pas ; nous ferons la promotion du sport d’élite et nous promettons que dans les cinq ans qui viennent, le Bénin sera fièrement représenté par des équipes compétitives pour les coupes africaines et les coupes mondiales. A Fadairo et à mes amis artistes béninois si créatifs, si entreprenants et si optimistes, je m’engage à renforcer le budget de la culture pour faire des services culturels un axe de notre économie au sein de cette économie de services que j’entends promouvoir pour que notre culture reluise sur la scène internationale et que nos artistes puissent enfin vivre de leur art. Je porterai à 2 milliards par an, la subvention à la culture et nous investirons 20 milliards au cours du quinquennat, pour la construction d’une école des arts, d’un grand théâtre national et la rénovation des palais royaux. Et pour associer davantage le secteur privé, je ferai voter une loi ambitieuse sur le mécénat culturel et sportif. Dans le même ordre d’idées, je créerai un fonds de l’artisanat doté de 20 milliards pour relancer l’artisanat béninois et le mettre sur le marché mondial. Président, me direz-vous encore, à quoi nous serviraient tout ceci si nous ne pouvons pas nous soigner. Vous avez raison, le bien-être de tout homme lui permet de se donner à fonds pour les œuvres d’édification de la nation. Cela s’entend et nous impose la prise en compte des préoccupations sanitaires de nos populations. Oui ! La santé est capitale. Comme notre école, notre système sanitaire s’est délabré et compte un personnel démotivé. Le système entier a besoin d’être réformé. En plus de la construction, de la réhabilitation, de l’achat d’équipements, des formations sanitaires surtout dans les régions les plus démunies, nous avons besoin d’améliorer la rémunération de nos infirmières, nos sages femmes, nos médecins et de tous nos agents de santé. Je lancerai dans le quinquennat, la construction d’un nouvel hôpital de référence, de type CNHU aux standards internationaux, afin de mieux adresser les cas de références et d’urgences. Permettez-moi de partager avec vous, une histoire qui me touche profondément. J’ai connu Ben, il y a quelques années, c’est un enfant mal soigné pour une poliomyélite et qui en traîne les séquelles à vie. Sa paralysie fait de lui un handicapé moteur en raison de l’inefficacité du système de prise en charge médicale. Ces genres d’handicap sont légion dans notre pays et nous y apporterons une solution idoine qui passera par le renforcement de la capacité des centres sanitaires à prévenir et à mieux traiter les affections qui occasionnent le plus souvent des handicaps moteurs, visuels, mentaux et autres. Oui, le BENIN, sous mon mandat, mettra les moyens qu’il faut pour lutter contre les handicaps et favoriser la réinsertion des personnes handicapées dans notre société, car c’est aussi le sceau et la caractéristique d’une société plus juste et plus solidaire. Je me plais à échanger fréquemment avec mes sœurs, des conditions de vie des jeunes béninoises. Bien qu’en moyenne plus instruites et plus fortunées que les femmes rurales, ce sont elles, notamment Mémouna, Ismath et Yvette, qui m’ont ouvert les yeux sur les difficultés quotidiennes de la femme béninoise. C’est la raison pour laquelle, elles jouent toutes un rôle dans la gestion de l’ONG Donga Women Microfinance, institution de microfinance que j’ai créée en 2000 pour assister les femmes de la Donga et qui depuis sa création a permis à plus de 60 000 femmes de s’auto suffire et de nourrir leur famille.

Mes sœurs béninoises,

Sans être exhaustif, j’aimerais vous dire que, d’abord et avant tout, je créerai un environnement institutionnel qui promeut la femme dans les domaines politique, économique et social. Les femmes auront au moins 40 % des portefeuilles dans mon gouvernement et je me battrai pour une meilleure participation des femmes à l’Assemblée Nationale et dans les institutions de la République. Je lancerai le programme national générateur de revenus pour les femmes PROGREFEM et dont l’objectif sera d’assurer à chaque femme rurale un revenu décent mensuel grâce à une activité économique durable. PROGREFEM sera doté au terme du quinquennat de 135 milliards de francs cfa. Aux jeunes béninoises, notamment à Ahouéfa que j’ai rencontré à Athiémé, à Lucienne que j’ai vu à Abomey et à Fati de Natitingou je dis oui nous poursuivrons et amplifierons la microfinance. Je porterai de 30 000 FCFA à 100 000 FCFA le plafond du prêt aux individus et j’offrirai aux coopératives de femmes des plafonds de 1 000 000 FCFA. Une nouvelle structure de microfinance dotée de 50 milliards naîtra en remplacement de l’actuel Fonds national de microfinance.

Au plan économique

Oui, nous devons construire une société plus solidaire où chaque béninois est fort de pouvoir compter sur l’autre et sur l’Etat pour donner le meilleur de lui-même. Mais pour reprendre en main le destin de notre pays et pour financer de manière soutenable cette solidarité, nous devons construire une économie plus forte et compter d’abord sur nos propres forces et ressources. Je vous dis que notre économie mieux gérée est potentiellement assez forte pour générer les revenus nécessaires à une croissance plus forte. Et ce sont les fruits de cette croissance qui nous financeront cette solidarité. Les ressources générées par cette croissance et les économies réalisées sur les dépenses produiront les moyens pour financer les programmes sociaux et d’investissement. En effet, nous nous donnerons les moyens d’une croissance économique plus forte de l’ordre de 8 % à l’horizon 2015, sur la base d’une meilleure performance des deux piliers économiques que sont le développement rural et les services. Le point de départ de la mise en ordre de notre économie passe par le retour à une gestion orthodoxe de nos finances publiques. Au niveau des ressources, nous mettrons en œuvre une stratégie plus pertinente et plus objective de mobilisation en rupture avec le harcèlement fiscal actuel. Nous devons tous adhérer à l’ambition de redresser notre économie et cela passe par la création, par le secteur privé, des richesses qui peuvent être taxées. Je dis de la manière la plus solennelle, que nous devons célébrer nos hommes et nos femmes d’affaires au lieu de les réprimer et de freiner leur ardeur et leurs initiatives. Pour ce qui est des dépenses, nous devons réduire substantiellement le train de vie de l’Etat par l’élimination des institutions superflues et sans aucun rapport avec une gouvernance efficace. Il nous faut poursuivre la modernisation de la chaine de dépense et réduire de manière substantielle les ordres de paiement et les marchés de gré à gré. Et pour aider les entreprises à équilibrer leurs comptes, je prends l’engagement ferme que nous rembourserons d’ici 2012 tous les arriérés de paiement qui s’élèvent aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliards de francs cfa.

Sur le plan structurel, un programme massif d’investissement d’un montant total de plus de 2 000 milliards sera entrepris pendant les cinq ans. Indépendamment des programmes spécifiques dont j’ai parlé plus tôt, nous réaliserons les principales routes pour désenclaver nos communes ; nous nous engagerons dans le programme « une commune, une route » destiné à assurer une liaison permanente entre la commune et le chef lieu de département. La construction des écoles, des centres de santé et des maisons de la jeunesse sera désormais la responsabilité des communes, car nous le savons, il est plus efficace et moins couteux de le faire ainsi ; nous allouerons un budget annuel de 65 milliards à la disposition des 77 communes. Les communes de Cotonou, Porto-Novo et de Parakou, bénéficieront de programmes spéciaux qui seront définis en étroite collaboration avec leurs élus locaux. Le chemin de fer Cotonou – Parakou sera réhabilité et nous lancerons la construction du chemin de fer Parakou – Niamey. Un tramway sera également construit à Cotonou pour assurer une meilleure fluidité du transport urbain de cette ville.

Sur le principe d’une politique transversale de développement durable, nous réformerons l’agriculture pour passer dans les 10 ans d’une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale. Je proposerai dès 2011 une loi d’orientation agricole pour que nos agriculteurs aient un cadre d’actions permanent, lisible et stable. A mon ami Gaston GADO, cotonculteur, je dis, nous produirons dans 5 ans plus d’un million de tonnes de coton en améliorant les rendements et nos techniques culturales. A Comlan de Toffo, producteur de céréales, je dis que nous porterons la production de maïs à plus de 2 millions de tonnes en 5 ans. Nous réformerons ensemble notre administration publique pour qu’elle soit plus efficace et efficiente et mieux adaptée au développement. Et nous créerons un environnement plus favorable au secteur privé avec notamment des textes de règlementaires et législatifs plus simples et plus lisibles. Des services de base (eau, électricité, télécommunication, terrain) seront davantage disponibles aux investisseurs. Enfin, nous favoriserons la mise en place des partenariats publics – privés, véritables instruments de mobilisation des financements pour des investissements plus volumineux. Tout ceci ne sera possible que si une véritable lutte est engagée contre toute forme de corruption, grande comme petite. Mais il est clair qu’il est difficile de réduire la corruption sur nos routes et ailleurs, si celle qui porte sur les milliards de francs cfa de marchés publics n’est pas sanctionnée. Anne Cica, je vous promets donc sur ce plan une République irréprochable. Chers Compatriotes, Notre pays est un point de rencontres de plusieurs civilisations ; c’est aussi un carrefour économique et c’est bien là, la base de notre prospérité future. Je veux donc dire à nos frères et sœurs de la sous-région que nous serons des partenaires fiables car je crois, comme KUAME Nkrumah que « Africa must unite » et j’engagerai notre pays résolument dans cette voie. A nos partenaires du monde entier, je veux dire que nous serons ouverts à la mondialisation pour faire en sorte que nos concitoyens soient du côté des gagnants de ce mouvement et nous resterons ouverts et aux idées et aux technologies nouvelles.

Chers Compatriotes, Mesdames, Messieurs,

Laissez-moi conclure en vous disant simplement ceci : nous commencerons le 1er août 2011, le deuxième cinquantenaire de notre indépendance. Notre peuple a toujours célébré les vertus du savoir, de l’intelligence et du travail, et c’est cela notre richesse ; une richesse qui nous a valu la réputation partout dans le monde de quartier Latin de l’Afrique aux temps des indépendances. Au moment où je vous dis aujourd’hui Oui, c’est pour vous engager dans le combat pour la reprise en main de notre destin, celui qui fera de notre pays l’un des plus avancés d’Afrique et l’un de ceux qui inscrira le continent parmi les acteurs majeurs de ce monde. Je propose au peuple béninois un contrat social dont les grandes lignes ont été exposées ici et sont retracées dans le projet de société. Ce projet se base sur l’assertion que les problèmes posés aux béninois sont liés au développement économique et social. Il se base aussi sur le constat que nous devons gouverner notre pays autrement. Je souhaite que nous nous engagions autour de ces questions de gouvernance et de développement. Le béninois du sud comme celui du nord fait face à des difficultés économiques qui sont sans lien avec son ethnie, son appartenance politique ou son religion. Mon projet est de nous unir autour de la résolution de ces questions de manière consensuelle et avec méthode. A l’heure où j’annonce solennellement ma décision de m’engager dans la course à la présidence de la République du Benin, j’appelle la jeunesse béninoise à se joindre à ce contrat.

A tous les étudiants, à tous les jeunes diplômés, à tous les jeunes cadres, à tous les chômeurs et à tous les jeunes agriculteurs, je vous demande de vous joindre à nous pour définir et mettre en œuvre un agenda favorable à la jeunesse.

J’appelle les femmes béninoises à se joindre à ce contrat pour faire en sorte que demain la société béninoise soit plus ouverte aux préoccupations des femmes. A Assiba productrice d’huile de palme à Covè, à Noura commerçante à Kandi, à Françoise directrice au ministère des finances à Cotonou, je veux dire que nous devons construire une société plus favorable aux femmes. Jeunesse béninoise, femmes béninoises, prenons en main notre destin : en rendant justice à nos anciens et devanciers qui ont conduit notre pays ces dernières années, demandons leur de nous faire bénéficier de leurs conseils qui nous permettront de bâtir nous-mêmes notre destin et notre avenir. Finalement, à l’ensemble du peuple béninois, je veux dire mon optimisme, je veux dire que notre marche en avant sera une marche vers le futur, une marche basée sur notre histoire, notre culture, et nos espoirs ; en définitive cette marche sera une marche vers un Benin prospère et triomphant.

Vive le Bénin,

Vive l’Afrique,

Je vous remercie.

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