Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Bongo a servi l’intérêt de la France, pas ses citoyens

« La manne pétrolière n’a pas profité » aux Gabonais, a critiqué Mme Joly. « Elle nous a profité. La France a une grande dette envers le Gabon pour avoir maintenu au pouvoir pendant toutes ces années M. Bongo », a ajouté l’ancienne magistrate.

Avant le documentaire de Benquet sur la Françafrique et avant WikiLeaks, il y avait les déclarations d’Eva Joly…

Les révélations récentes de WikiLeaks sur le financement des partis politiques en France par Omar Bongo ainsi que le documentaire de Benquet sur les 50 ans de la Françafrique nous ont confirmé plusieurs choses qu’on soupçonnait déjà de la gestion calamiteuse du Gabon par les Bongo.

Nous sommes à l’ere de l’information rapide et boulimique, notamment avec Internet et les réseaux d’information en continue ou 24/24, 7/7. Partant, il est facile d’être noyé d’information et finir par oublier certaines choses. De fait, l’opposition gabonaise devrait s’allier à une personnalité issue du monde de la justice française en la personne d’Eva Joly. En fait, d’aucuns ont oublié ce qu’elle disait déjà depuis 2007 (peut-être même plus tôt) sur les relations des Bongo avec la France. Le titre de cet article est d’ailleurs une citation d’Éva Joly (voir texté partagé ci-dessous).

Ancienne juge en France et maintenant député d’Europe Écologie, Eva Joly fut aux premières loges de l’Affaire ELF dont parle le documentaire sur la Françafrique de Benquet, et par ricochet de celle des biens mal acquis. Elle connaît bien les ramifications de l’argent sale qui circule entre le pétrole africain (particulièrement gabonais) et la France, notamment ses partis politiques (sous l’égide du défunt Omar Bongo notamment). Eva Joly a fait des révélations qui sont toutes aussi d’actualité que WikiLeaks et le documentaire sur les 50 ans de la Françafrique.
Certains d’entre-vous n’ont peut-être pas eu l’occasion d’écouter une interview de Eva Joly réalisée en 2007. La vidéo ci-dessous (voir lien) vous donne l’occasion de le faire. Écoutez bien ces paroles. Vous vous demanderez peut-être pourquoi cela n’a pas fait scandale à l’époque? Espérons que certains membres de l’opposition actuelle sont suffisamment matures dans leur changement de camp pour s’approcher d’Eva Joly et demander qu’elle aide les Gabonais à éclaircir tous ces comptes occultes qui ruinent le développement du pays. L’opposition doit utiliser tous les moyens possibles pour démontrer au peuple gabonais que Ali Bongo ne peut plus continuer à diriger le Gabon; un pays que sa famille a pris trop longtemps pour sa propriété personnelle!

La famille Bongo n’a jamais servi l’intérêt des Gabonais. Combien de fois il faut le dire pour que ce soit compris; pour que les Bongo décident enfin de quitter le pouvoir et accepter le changement dont le Gabon a besoin. Il semble clairement que ce n’est pas Ali Bongo qui laissera le pouvoir de lui-même. Alors, il faut que les leaders de l’opposition agissent en conséquence pour libérer le Gabon pour bonne fois pour toute.
(vidéo interview Eva Joly sur les relations entre le Gabon et la France)

Bongo a « servi l’intérêt de la France » pas ses « citoyens » pour Eva Joly
(AFP) – 8 juin 2009

PARIS (AFP) — L’ancienne juge française anti-corruption Eva Joly a brisé lundi soir le concert de louanges entourant la mort du président gabonais Omar Bongo, estimant que s’il « avait bien servi les intérêts de la France » notamment par « la manne pétrolière », il n’avait pas « le souci de ses citoyens ».

« C’était un président qui n’avait pas le souci de ses citoyens. Il a bien servi les intérêts de la France et des hommes politiques français », a dit sur Canal+ la nouvelle élue du parlement européen sous les couleurs d’Europe Ecologie.

Le Gabon, a-t-elle dénoncé, « c’est un PIB (produit intèrieur brut) égal au Portugal » qui « construit cinq kilomètres de routes par an » et qui a « le taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde ».

« La manne pétrolière n’a pas profité » aux Gabonais, a critiqué Mme Joly. « Elle nous a profité. La France a une grande dette envers le Gabon pour avoir maintenu au pouvoir pendant toutes ces années M. Bongo », a ajouté l’ancienne magistrate, qui a instruit l’affaire Elf qui avait des ramifications au Gabon.


Amen.

Déhètane

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