Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 10, 2011

BENIN : Boni Yayi débouté à l’Uemoa face à Bio Tchané

L’Uemoa vient de rejeter la requête du Bénin relative à la démission du président de la Banque Ouest Africaine de Développement (Boad), Abdoulaye Bio Tchané. Le dit conseil suggère aux chefs d’Etats de procéder comme il y a 5ans avec Boni Yayi

Le conseil ordinaire des ministres de l’Uemoa s’est bel et bien déroulé ce 7 Janvier à Bamako au Mali. Le ministre beninois des finances a évoqué la requête du gouvernement béninois de demander la démissions de l’actuel président de la Banque Ouest Africaine de Développement (Boad), Abdoulaye Bio Tchané. Les ministres ont alors proposé aux chefs d’Etats de procéder à l’identique comme il y a 5 ans avec Boni Yayi. Celui de demander la démission du président de la Banque Ouest Africaine de Développement (Boad), Abdoulaye Bio Tchané lorsque sa candidature sera validée par la Cour constitutionnelle du Bénin. En effet le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement d’alors, Boni Yayi avait démissionné après la validation de sa candidature par la cour constitutionnelle du Benin.

Ce vendredi matin, le gouvernement béninois avait annoncé le limogeage de l’actuel président de la Banque Ouest africaine de développement (Boad) Abdoulaye Bio Tchané. Ce limogeage ferait suite à l’annonce par ce dernier de sa candidature à l’élection présidentielle béninoise de mars 2011. Il a été remplacé par Christian Adovèlandé qui, jusqu’à ce jour, occupait le poste de directeur de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (Bidc) à Lomé au Togo. Le président Boni Yayi aurait pris cette décision pour éviter au Bénin de perdre ce poste d’honneur qui lui est réservé au sein de cette banque régionale.

Sékodo, correspondant de Koaci.com à Cotonou

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GABON : L’Union Nationale réclame le départ de Ali Bongo

Indignez-vous donc,

Mesdames et Messieurs du PDG !

Dans un communiqué publié dans le journal L’Union du lundi 3 janvier 2011, relatif aux détournements constatés à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le gouvernement « de l’émergence » a franchi un pas supplémentaire dans la désinformation, le ridicule et l’amalgame, en essayant d’établir une connivence imaginaire entre les dirigeants de l’Union Nationale et des médias étrangers, contre de supposés intérêts du Gabon et du peuple gabonais. En réalité, ce gouvernement  ne fait que révéler au grand jour sa fébrilité, sa vacuité, son irresponsabilité et son incompétence proverbiale.

Oui, l’Union Nationale est un parti de gouvernement qui entretient des relations d’amitié et de coopération avec des partenaires étrangers dans la perspective des partenariats utiles à notre pays. Qui peut s’en offusquer ? Ce n’est certainement pas le PDG dont le candidat, convaincu de sa défaite dans les urnes à la présidentielle d’août 2009, s’est précipité à l’étranger pour rechercher une reconnaissance que le peuple gabonais lui a clairement refusée.

Avant de revenir aux arguties d’un gouvernement en mal de légitimité et de résultats, il est important de relever une incongruité contenue dans le communiqué du gouvernement, où les membres de l’Union Nationale sont traités de  «marginaux». N’est-il pas ridicule de vouloir marginaliser une formation politique qui compte parmi ses membres un certain André MBA OBAME, le vainqueur de la dernière présidentielle avec 42% ? Le PDG et ses alliés, qui n’ont obtenu que 37%, sont mal placés en s’exprimant ainsi. L’Union Nationale n’attend qu’une seule chose :  que le pouvoir lui soit restitué, conformément à la volonté du peuple gabonais clairement exprimée le 30 août 2009.

Les vrais marginaux sont plutôt  du côté des tenants d’un pouvoir usurpé, qui bien que minoritaires dans le pays, cherchent à faire main basse sur toutes les institutions de l’Etat, comme le montre malheureusement la dernière révision constitutionnelle, taillée aux seules mensurations d’Ali BONGO ONDIMBA, et en violation flagrante des dispositions de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance du 30 janvier 2007 signée sans aucune réserve par le Gabon.

Quel Gabonais peut prendre au sérieux les élucubrations de gouvernement « de l’Emergence » ?

A qui veut-on faire croire que la déception exprimée par feu le président Omar BONGO ONDIMBA, dans son allocution du 1er décembre 2007, ne s’adressait qu’aux seuls cinq anciens membres du gouvernement aujourd’hui à l’Union Nationale ?   L’usage par le défunt président lui-même du « nous » lorsqu’il affirme que « Dieu ne nous a pas donné le Gabon pour en faire ce que nous en avons fait » n’est-il pas édifiant à cet égard ?

Alors que certains thuriféraires, restés au PDG, ont essayé de convaincre Omar BONGO de ne pas prendre cette posture, d’autres, dont certains sont aujourd’hui à l’Union Nationale l’ont plutôt encouragé à prononcer ce discours bilan, pour ouvrir de nouvelles perspectives. Décidément l’amnésie frappe les  PDGistes et le gouvernement illégitime qu’il soutient.

Ali BONGO ONDIMBA lui-même, son Premier ministre, de nombreux ministres encore en exercice et des membres éminents du cabinet présidentiel et du PDG n’ont-ils pas participé aux différentes équipes incriminées par le défunt chef de l’Etat ? Pourquoi s’acharner sur cinq membres dans un gouvernement qui en comptait près d’une cinquantaine ? Faut-il rappeler aux rédacteurs du communiqué que le gouvernement est un organe solidaire et hiérarchisé, et que l’action d’un gouvernement implique tous ses membres, du Premier ministre, au dernier des secrétaires d’Etat.

La tactique consistant à reporter les échecs et les manquements d’une équipe à quelques personnes est bien connue des Gabonais. Elle a souvent été abondamment utilisée par le président Omar BONGO ONDIMBA en son temps. Elle est remise au goût du jour par les tenants actuels du pouvoir. Mais, suffit-il d’être resté au PDG pour s’exempter à si peu de frais d’un héritage qui relève d’une responsabilité collective?

Ainsi donc, selon le gouvernement « de l’Emergence », ce sont les seuls cinq anciens ministres qui sont aujourd’hui à l’Union Nationale qui devaient « apporter la route jusque dans le Gabon profond,  maintenir le système éducatif au niveau où, jadis, il se distinguait admirablement en Afrique ; et  garantir le niveau de modernisation des structures hospitalières dont les Gabonaises et les Gabonais étaient fiers.

Ces affirmations appellent les commentaires suivants:

1-     les fêtes tournantes n’en étaient pas à leur première édition. Elles avaient déjà été organisées dans notre pays, avec le résultat que tous les Gabonais connaissent. Pourquoi avoir reconduit le même mode opératoire, si la première expérience avait échoué ?

2-     Comment expliquer que les résultats aient été les mêmes partout ? Les cinq anciens ministres actuellement à l’Union Nationale ont-ils supervisé les travaux dans toutes les provinces ?

Un fait est clair, nombreux sont, parmi les zélateurs actuels du PDG, ceux qui ont pris part à cette organisation et qui tentent aujourd’hui de se défausser sur les autres en se drapant d’une fausse virginité. Ils seront bientôt confondus.

En un mot,  c’est une affaire de système. Et c’est pour mettre fin à ce système calamiteux que d’anciens membres de ce «  parti des masses » ont eu le courage de sortir de ce PDG sclérosé et profondément tribaliste, pour donner une chance réelle à notre pays.

Peut-on raisonnablement le leur reprocher ?

S’agissant de la transition qui a suivi la disparition du président Omar BONGO ONDIMBA et des conditions dans lesquelles le candidat du PDG a été désigné, le culot du gouvernement n’a d’égal que sa mauvaise foi et sa malhonnêteté intellectuelle. Dans tout parti politique démocratique, la désignation du candidat à l’élection présidentielle  se fait dans le cadre d’un congrès. Or à quoi avons-nous assisté ? A des conciliabules nocturnes pour écarter tous les postulants du fait de leur appartenance ethnique. En quoi Ali BONGO ONDIMBA était-il  plus habilité à diriger le Gabon qu’un Casimir OYE MBA dont on sait par ailleurs qu’il avait remporté les élections primaires devant désigner le candidat du parti, ou un Jean EYEGHE NDONG, tous deux anciens premiers  ministres et membres éminents du PDG ?

Rappelons au gouvernement  de l’émergence que la possibilité de revenir aux affaires ne dépend pas de sa volonté étriquée, mais du peuple gabonais. Est-ce pour contrarier une fois de plus cette volonté souveraine que le gouvernement d’amateurs s’obstine  à rejeter l’usage de la biométrie pour les prochaines élections législatives ?  La raison budgétaire ne tient pas. En une seule année, Ali BONGO ONDIMBA a englouti la somme faramineuse de 300 milliards de francs Cfa pour des voyages d’agrément à l’étranger.

Quant aux révélations du site WikiLeaks, l’Union Nationale ne voit pas en quoi celles-ci  émaneraient d’elle.  A moins de prétendre que ce parti est aussi à l’origine des révélations qui ont concerné les gouvernements américains, français, russes, chinois, italiens etc.

La  vérité est que le pouvoir de l’émergence  est aux abois. L’Union Nationale est certes un grand parti politique respecté à l’extérieur. Mais cela lui donne t-il, comme essaie de le faire croire le gouvernement, le pouvoir de manipuler des médias étrangers et la justice d’un pays comme la France, où d’anciens présidents de la République et d’anciens Premiers  ministres sont régulièrement mis en examen ?

A ce rythme, il y a de sérieuses craintes pour notre démocratie balbutiante et l’on peut s’interroger sur la nature réelle de nos contradicteurs d’aujourd’hui. Disposent-ils encore de toutes leurs facultés mentales ?

Le combat politique n’est pas un combat physique. C’est un débat d’idées qui met aux prises des acteurs politiques civilisés chargés de défendre, dans le respect mutuel, leurs points de vue, leurs projets. Il n’y a donc aucun « rôle de diable » à jouer et encore moins celui de quelques « anges » que ce soit, mais des Gabonais déterminés à construire leur pays qui, chaque jour, recule un peu plus.

L’image que renvoie le gouvernement «de l’émergence » est celle d’une équipe de légionnaires au front, armés de kalachnikovs et prêts à brûler la cervelle à tout ce qui ose s’opposer aux thèses officielles. De telles pratiques relèvent de la barbarie et sont l’œuvre d’hommes à l’épiderme frustre, de prédateurs incapables de mobiliser les Gabonais autour d’un projet politique sérieux, des comédiens de foire en mal de talent, rivalisant de flagornerie pour être, comme toujours, agréables au prince, qu’ils se permettent d’assimiler à Dieu lui-même.

Dans tout système démocratique, le rôle d’une opposition  responsable est de dénoncer les travers de ceux qui gouvernent et de leur demander des comptes. C’est également la fonction première de la presse, fût-elle française ou internationale. Le « logiciel mental » d’Ali Bongo Ondimba doit donc intégrer cette donnée fondamentale.

L’Union Nationale ne se laissera pas distraire par les gesticulations de ces politicards en mal de légitimité, dont le seul souci est de prendre définitivement en otage la République. Ce n’est ni le terrorisme d’Etat, ni les injures, ni les contre vérités distillées dans la presse aux ordres, ni les quolibets, ni les menaces proférées par le pouvoir PDG qui arrêteront la volonté de notre parti à conduire le Gabon vers  l’alternance politique !

Afrique : Que nous réservent les élections de 2011?

Alors que la Côte d’Ivoire est toujours plombée par un conflit postélectoral qui dure depuis le lendemain du second tour du 28 novembre 2010, l’Afrique sera encore mise à l’épreuve d’élections présidentielles au cours de cette année 2011. Et déjà, la polémique enfle.

Au Tchad, l’opposition veut la tête du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Les législatives y sont prévues pour le 6 février prochain. Mais la classe politique est encore loin de les préparer dans la sérénité.

En République démocratique du Congo (RDC), c’est le président sortant, Joseph Désiré Kabila, qui veut couper l’herbe sous les pieds de son opposition en tentant d’imposer une élection présidentielle à un tour au lieu de deux comme cela était consacré jusque-là.

La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. La tension est montée d’un cran et on ne saurait quand elle va baisser pour laisser place à une préparation sereine de l’élection.

Dans le pays le plus peuplé du continent, les sempiternels problèmes de violence au Sud du Nigéria sont le principal enjeu des élections législatives et présidentielle, respectivement fixées pour le 2 et le 9 Avril prochains.

Plus ces échéances approchent, plus il faut craindre pour la recrudescence des violences. Au Niger voisin, la junte militaire qui s’est emparée du pouvoir en février 2010 doit passer la main à l’issue d’un cycle d’élections qui sera bientôt lancé. Mais les soubresauts de dernière minute ne sont pas à exclure.

Même dans le très tranquille Bénin où la présidentielle est prévue pour mars prochain, les empoignades peuvent toujours produire des étincelles, surtout que, selon certaines sources, contrairement à son opposition, le pouvoir en place voudrait bien reporter cette élection à une date ultérieure.

Vivement qu’on tire des leçons de l’impasse institutionnelle dans laquelle s’est encore embourbée l’éléphant d’Afrique. Tous les pays ne s’en porteront que mieux.

Fasozine

Congo-Kinshasa : Vers un recul de la démocratie

Analyse

Au nombre de la dizaine de pays africains qui connaîtront des élections en 2011, il y a la République Démocratique du Congo (RDC). Dans ce pays, il est prévu une élection présidentielle en novembre. A 10 mois de ce rendez-vous crucial, les grandes manœuvres ont déjà commencé. Dans le dernier trimestre de 2010, c’est l’opposition qui a donné le ton en commençant à fourbir ses armes.

Faisant sien l’adage selon lequel « qui veut voyager loin ménage sa monture », l’opposant historique Etienne Tshisekedi est rentré de son long séjour bruxellois pour se faire investir candidat de son parti, malgré son âge jugé avancé (77 ans) à l’élection de novembre 2011. A sa suite, c’est Vital Kamerhe, ancien allié du président actuellement au pouvoir, Joseph Kabila, qui est sorti du bois pour annoncer sa candidature.

En ce début d’année, c’est au tour du parti au pouvoir et de ses satellites de s’agiter autrement pour cette même présidentielle. En effet, au lieu d’annoncer une ou des candidatures, la mouvance présidentielle propose plutôt un changement des règles du jeu.

Elle propose une révision du mode de scrutin pour ramener l’élection présidentielle de deux tours à un. Principaux arguments avancés par les révisionnistes : le coût élevé de l’élection à deux tours et l’exacerbation des tensions sociales consécutives au second tour en Afrique.

Tout cela est bien beau mais cache en réalité une peur bleue du pouvoir actuel face à la mise en ballotage, dans le meilleur des cas, de son candidat non encore déclaré, Joseph Kabila, par un certain Vital Kamerhe.

Pour éviter ce scénario catastrophe, rien qu’une élection à un tour au cours de laquelle tout sera mis en œuvre pour que le candidat sortant passe haut la main, quel que soit son score, étant donné que, de plus en plus, il n’est pas donné à tous les présidents sortants de réaliser, dans leur pays, des scores « à hauteur d’homme » c’est-à-dire à la soviétique.

Il s’en trouve même dont les nuits sont hantées par le syndrome ivoirien avec un président sortant qui ne s’imaginait pas un seul instant qu’il ne raflerait pas la mise au premier tour et, à plus forte raison, mordre la poussière face à un adversaire qu’il ne veut même pas voir en peinture. Quitte à opérer un recul démocratique, ils sont nombreux les chefs d’Etat africains qui ne voudront pas vivre une telle situation.

Et c’est ce qui va se passer en RD Congo avec ce projet de révision du mode de scrutin soumis au pouvoir législatif qui, à moins d’un coup de théâtre, n’osera jamais aller à l’encontre de la volonté des puissants du jour.

Malgré les protestations de l’opposition, cette révision sera adoptée tant par l’Assemblée nationale que par le Sénat où le pouvoir est majoritaire. Certes, cette modification pourrait amener les opposants à s’unir pour présenter, de ce fait, un candidat unique. Mais rien ne garantit qu’ils remporteraient le scrutin face au challenger du pouvoir qui usera de tous les moyens pour y rester.

En dehors de ces considérations, il faut dire que c’est une gifle que l’on s’apprête à administrer à la démocratie en RD Congo à partir du moment où l’on ne pensait pas que plus de 20 ans après le discours de La Baule, on en serait encore à remettre en cause les scrutins à deux tours.

Ce mode de scrutin fait tellement le charme des joutes électorales que son instauration est réclamée à cor et à cri dans des pays qui ont très tôt opté pour des élections présidentielles à un tour.

Tout se passe comme si après la limitation des mandats présidentiels dont le verrou a sauté (ou est en train de l’être) dans beaucoup de pays africains, c’est le tour des scrutins présidentiels à deux tours qui est dans le collimateur de ceux qui détestent l’alternance au pouvoir.

Pour faire passer la pilule comme dans le cas de la non-limitation des mandats présidentiels, les intellectuels ou prétendus tels qui sont au service des princes n’hésitent pas à embrouiller les citoyens avec des arguments fallacieux.

Dans le cas de la RD Congo, l’évocation du coût exorbitant de l’élection à deux tours prête à sourire pour deux raisons. La première raison est que l’Etat congolais, sauf omission de notre part, n’a jamais supporté entièrement le coût des différents scrutins organisés jusque-là.

Ceux-ci ont été financés en grande partie par la communauté internationale comme c’est d’ailleurs le cas dans bien des pays africains. Pourtant, si la gouvernance était irréprochable, s’il n’y avait pas l’instabilité chronique, le pays pourrait bien financer tout seul ses élections à partir des revenus issus de l’exploitation des richesses naturelles.

Hélas, ce n’est pas le cas et la RD Congo est bien obligée de compter sur la générosité internationale pour que le peuple puisse se donner librement ses dirigeants.

La deuxième est que la démocratie a un coût qu’il faut absolument supporter. C’est vouloir une chose et son contraire que de prétexter le coût des élections pour ramener la présidentielle à un seul tour.

Si on pousse loin le raisonnement, on ne devrait pas être étonné qu’un pays africain renonce totalement aux élections pour leur coût exorbitant. De réforme en réforme, cela pourrait bien arriver un jour si l’on n’y prend garde. Dans leur volonté d’adaptation, de tropicalisation de la démocratie, bien des chefs d’Etat ou leur entourage ne manquent pas d’imagination.

Séni Dabo

lepays.bf

La troisième grande manipulation mondiale de l’ONU !

par kernews

Un document en PDF qui explique tout à télécharger..!

Cliquez ici : ONU manipulations

Guy Labertit assène : « Sarkozy agit comme un petit caporal »

Guy Labertit, ancien Monsieur Afrique du PS, répond aux questions de Philippe Corbé sur RTL Vous remarquerez l’offuscation du journaliste lorsque Guy Labertit affirme, ce qui est vrai, que Sarkozy agit comme un petit caporal, alors que lui-même n’a pas cessé de manquer de respect au Président Gbagbo, le traitant de dictateur. Injustice et indécence quand tu les tient!

La France fait du piratage : Des caisses suspectes héli portées au BIMA

Des hélicoptères français font la navette depuis deux jours entre les eaux maritimes internationales et l’ex-43è BIMA. Selon des sources militaires, ces hélicos transportent des caisses dont on ignore le contenu. Ces caisses sont prises sur un des plus grands bateaux de guerre français, le Mistral, stationné à une centaine de kilomètres de la frontière maritime ivoirienne. C’est entre cette zone et le BIMA que les hélicos de l’armée française font leur va-et-vient. Le bateau étant hors de la zone ivoirienne, les autorités ivoiriennes n’ont aucun moyen de contrôle sur lui. On ne sait depuis quand il est stationné là mas on sait que c’est depuis 48 heures qu’il a été repéré.

Que contiennent ces caisses qui sont descendues au BIMA ? Contiennent-elles des munitions, des explosifs ou de la drogue ? Les populations de Port-Bouët dont la commune est traversé par ces hélicos ont peur pour leur sécurité. Car si ce sont des explosifs et qu’ils explosent au moment de leur transport, leur vie sera dangereusement menacée. Ce trafic est si clandestin que pour échapper au contrôle de la marine nationale, les hélicos utilisent la ligne directe qui les mène des eaux au BIMA.

Est-ce le coup de main que Ouattara attend depuis de la France pour attaquer la Côte d’Ivoire qui se met petit à petit en place ? On connaît les pratiques du président du RDR. Quand il menace, c’est que son pied est posé sur des cailloux dont il se servira pour attaquer.
Heureusement que cet autre complot est encore éventé rapidement et que les populations et les FDS sont informées. Elles sauront apporter la réplique le moment venu.

AVS

La France et sa diplomatie sélective

2008-2010 : Dérives dictatoriales en Françafrique…

In Independance Day – Centerblog – 03/01/2011 (extraits)

Si pendant plusieurs dizaines d’années, la France a placé des dictateurs affidés à la tête de ses anciennes colonies africaines, procédant selon les cas par l’assassinat des dirigeants élus ou par l’organisation de coups d’États militaires, la situation a nettement évolué ces dernières années.

Au cours des années 90, le nouveau contexte international (chute du mur de Berlin, discours de La Baule, développement du multipartisme) a poussé les dictateurs africains à faire quelques efforts de démocratisation de façade. Mais à l’exception de certains pays qui sont parvenus à instaurer une véritable démocratie, aidés en cela par le faible intérêt qu’ils présentaient pour l’ancienne puissance coloniale en termes de ressources naturelles (comme le Mali, ou encore le Bénin), la plupart sont restés sous la coupe de dirigeants autoritaires et corrompus que la France continue à soutenir bon gré mal gré, mais de manière moins grossière.

Pour ce faire, les validations, voire les soutiens logistiques à l’organisation d’élections truquées ont peu à peu remplacé les coups de force et les escouades de mercenaires. Sur ce plan, les premières années du mandat du président Nicolas Sarkozy ont été marquées par un silence complaisant, voire parfois par un soutien affiché à l’égard d’un certain nombre de graves reculs de la démocratie en Afrique.

Le soutien systématique de la France aux réélections frauduleuses des dictateurs historiques du continent

En terres africaines, la France se distingue par son soutien à des processus électoraux pour le moins douteux, notamment dans des régimes autoritaires où les scrutins visent non pas l’exercice de la souveraineté populaire, mais le maintien en place et la légitimation de l’oligarchie au pouvoir.

Dans ce cas de figure, les conditions minimales nécessaires à l’organisation d’un scrutin régulier et transparent sont rarement réunies, ce qui pousse l’opposition à refuser de prendre part à ces mascarades, quant elle n’est pas arbitrairement exclue du processus électoral (arrestations massives, refus de validation des candidatures pour des motifs fallacieux etc.). Mais la France ne semble pas s’embarrasser de ce genre de « détails ».

Ainsi, en Algérie ou en Tunisie, les scores staliniens respectivement obtenus par Abdelaziz Bouteflika en avril 2009 et Zine El Abidine Ben Ali en août de la même année, tous deux réélus à la tête de leur pays avec près de 90% des voix alors que les principaux opposants avaient été empêchés de se présenter ou avaient boycotté le scrutin, les autorités françaises n’ont rien trouvé à redire à ces élections et se sont empressées d’en reconnaître les vainqueurs.

Au Congo-Brazzaville, les nombreuses critiques émanant de l’opposition (dont une partie a également préféré boycotter le scrutin) mais aussi de l’Union Européenne, dénonçant le manque de fiabilité des listes électorales, la partialité de l’appareil administratif, ou encore l’absence de contrôle des urnes, n’ont pas non plus chiffonné la France. Le résultat de la présidentielle de juillet 2009 fut d’ailleurs révélateur de ces conditions d’organisation désastreuses. Car si Denis Sassou Nguesso a eu le triomphe plus modeste que ses collègues maghrébins, il a tout de même obtenu un score douteux de 78 % des voix dès le premier tour.

La France, championne de la légitimation de putschs et de la normalisation de situations d’exceptions

Outre les récurrentes réélections frauduleuses de ces dictateurs inamovibles, la France s’accommode également régulièrement du renversement d’un président légitime et de l’organisation d’une mascarade électorale visant à prendre sa place en toute impunité et en violation flagrante de la Constitution du pays.

Ainsi, au Gabon, l’ensemble des journalistes, opposants, société civile, universitaires, politiques et même responsables du régime de feu Omar Bongo (38 ans de règne à la tête du Gabon), s’accordaient à dire qu’on ne pouvait envisager un scrutin transparent sans, au moins, une révision des listes électorales. Malgré tout, la France a soutenu sans conditions le fils Bongo dans sa course contre la montre pour organiser un scrutin le plus rapidement possible, privant les opposants du temps nécessaire à l’organisation de leur campagne. Le scrutin fut donc organisé dès le mois de septembre 2009, soit à peine trois mois après le décès du dictateur paternel. En outre, ni le choix d’un scrutin à un seul tour, ni les innombrables irrégularités qui ont entaché le vote (bourrages d’urnes, usage de fausses cartes d’électeurs, falsification des procès-verbaux des bureaux de votes), ni le fait que, pour finir, la CENI puis la Cour Constitutionnelle aient validé l’élection d’Ali Bongo (qui serait en réalité arrivé en 3e position) n’ont dérangé outre mesure les autorités françaises…

En Mauritanie, la France n’a rien trouvé à redire non plus au fait que le général putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz (auteur du coup d’État contre le président légitime Sidi Ould Cheick Abdallahi en août 2008) se présente à l’élection présidentielle de juillet 2009, élection pourtant organisée par une administration qu’il a lui-même mise à sa botte via des nominations à de nombreux postes-clés. Ce clan putschiste aux commandes de l’État a ainsi pu truquer massivement les listes électorales et gêner considérablement le gouvernement d’union nationale chargé d’organiser le scrutin. En outre, la diplomatie française a exercé une pression non négligeable pour pousser l’opposition mauritanienne à participer à un scrutin ne remplissant pourtant aucun des critères élémentaires d’équité et de transparence. La France s’est en effet arrogé le rôle de leader au sein du Groupe International de Contact sur la Mauritanie, amenant ses partenaires à soutenir son souhait d’organiser très rapidement une élection présidentielle (dans des délais inférieurs aux minimums prévus par la Constitution mauritanienne) malgré les mauvaises conditions du scrutin évoquées plus haut.

A Madagascar, les autorités françaises jouent à peu après le même jeu en soutenant le putschiste Andry Rajoelina (auteur en janvier 2009 d’un coup d’État contre le président démocratiquement élu Marc Ravalomanana), y compris lorsque celui-ci sabote les accords qu’il a lui-même signés après avoir négocié avec le président renversé et deux autres parties, sous l’égide de la communauté internationale. Or ce revirement du gouvernement de transition vise vraisemblablement à préparer l’organisation unilatérale d’une présidentielle en 2010. Là encore, la France ne voit visiblement pas d’incohérence à soutenir la candidature d’un putschiste, ce qui entérinerait le coup d’État qu’elle continue pourtant par ailleurs à condamner officiellement.

De la même manière, en Guinée, les autorités françaises furent les premières à légitimer le coup d’État perpétré par le capitaine Moussa Dadis Camara à la mort du dictateur Lansana Conté en décembre 2008. Alors que les militaires avaient annoncé la constitution d’un gouvernement de transition chargé d’organiser des élections dont ses membres seraient exclus, la France ne souffla mot lorsque le militaire putschiste revint sur ses engagements et annonça son intention de se présenter finalement à l’élection… Jusqu’à ce que cette junte irresponsable et criminelle perde toute crédibilité lors des massacres du 28 septembre 2009 qui firent plusieurs centaines de morts dans un rassemblement organisé par l’opposition et la société civile pour protester contre cette candidature, et que le capitaine Dadis soit à son tour victime d’une tentative d’assassinat qui l’écarta du pouvoir, sans doute définitivement.

Enfin, le cas du Niger est également révélateur de l’attitude de la France qui fait bien peu de cas des processus démocratiques en Afrique, tant que ses intérêts économiques et stratégiques y sont préservés. Le Niger abrite en effet d’immenses réserves d’uranium, qui en font le deuxième producteur mondial. Le président français s’y est d’ailleurs rendu en mars 2009, en compagnie de la présidente du directoire d’Areva, Anne Lauvergeon.

Or ce pays qui comptait parmi les rares « laboratoires de la démocratie » en Afrique de l’Ouest a finalement été rattrapé par les dérives autocratiques qui menacent les pays africains détenteurs de ressources stratégiques abondantes (uranium, pétrole…). Ces ressources représentent en effet une gigantesque manne financière qui a tendance à aiguiser les appétits personnels des autorités politiques. Ainsi, à l’approche de la fin de son deuxième et dernier mandat autorisé par la Constitution, le président Mamadou Tandja enclenche au début de l’été 2009 un processus visant à se maintenir au pouvoir. Pour ce faire, il tente de faire passer en force une réforme constitutionnelle, finalement adoptée grâce à un référendum considéré comme nul et illégal par l’ensemble des forces d’opposition et de la société civile nigérienne.

Pourtant, la France n’a pas semblé perturbée outre mesure par ce coup d’État constitutionnel, tant que les intérêts stratégiques d’Areva était garantis dans ce pays. Elle n’a pris aucune sanction économique à son encontre.

L’Élysée, ses émissaires officieux et ses conseillers Afrique

Le président français s’appuie également largement sur « des émissaires officieux » qu’il dénonçait pourtant comme étant « d’un autre temps » lors de sa campagne électorale. Ces individus dont il regrettait alors qu’ils n’aient « d’autres mandats que ceux qu’ils s’inventent » n’ont toujours aucun mandat officiel, mais ne cessent de faire-valoir leur proximité avec Nicolas Sarkozy pour légitimer leur activisme affairiste et diplomatique sur le continent africain.

On se doit de citer ici l’inusable Patrick Balkany, maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et très proche du président français. Outre son rôle trouble d’intermédiaire pour le géant français du nucléaire Areva en Centrafrique et en RDC, Balkany s’est distingué par de fracassantes déclarations en faveur des putschistes mauritaniens ou encore guinéens. A propos de l’élection présidentielle en Guinée qui devait mettre fin au gouvernement militaire de transition, celui-ci a ainsi déclaré que « la candidature de Moussa Dadis Camara ne [posait] pas de problème. C’est un citoyen guinéen comme les autres.» Peu après ces propos, des centaines de Guinéens se faisaient massacrer pour s’être rendus à un rassemblement visant à protester contre cette candidature…

Mais le plus emblématique des conseillers occultes du président en matière d’affaires africaines est sans conteste l’avocat Robert Bourgi. Celui-ci se présente lui-même comme l’intermédiaire entre l’Élysée et les dictateurs françafricains. Nicolas Sarkozy le décore d’ailleurs de la Légion d’honneur dès son arrivée au pouvoir en 2007, affirmant « pouvoir continuer à compter sur [sa] participation à la politique étrangère de la France, avec efficacité et discrétion ». Parmi les méfaits dont il s’honore, Bourgi s’est notamment vanté d’avoir obtenu, à la demande d’Omar Bongo, la destitution du secrétaire d’État à la Coopération Jean-Marie Bockel, coupable d’avoir voulu « signer l’acte de décès de la Françafrique ».

En Mauritanie, on l’a également vu participer dans la capitale à la campagne électorale du putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz, après avoir introduit les représentants de la junte auprès l’Élysée. A Madagascar enfin, il a dépêché un de ses proches, Patrick Leloup, comme conseiller auprès du putschiste Andry Rajoelina.

Mais Bourgi n’est qu’un avatar de l’éminence grise sarkozienne Claude Guéant. Le secrétaire général de la présidence est en effet le véritable successeur de Jacques Foccart : Guéant a la haute main sur les affaires africaines, et sa politique est claire : « On ne va pas se brouiller avec ceux qui nous rendent de grands services ».

Mais les signaux les plus forts de ce soutien français furent évidemment apportés par le personnage incarnant la plus haute autorité de la République, Nicolas Sarkozy. Celui-ci s’est ainsi rendu à Brazzaville où sa rencontre avec Sassou Nguesso, alors en pleine campagne électorale, fut perçue comme un soutien sans faille, ce que ce dernier ne s’est d’ailleurs pas privé de souligner. Lors d’un déplacement en Tunisie en 2008, le président Sarkozy assura également le président Ben Ali de sa « confiance totale », saluant d’hypothétiques progrès en matière de droits de l’Homme dans ce pays qui abrite pourtant l’un des régimes les plus policiers du continent. Nicolas Sarkozy fut d’ailleurs l’un des premiers chefs d’État occidentaux à féliciter Ben Ali pour sa réélection, comme il le fit pour l’Algérien Abdelaziz Bouteflika, pourtant tout aussi peu respectueux de la démocratie que son voisin tunisien.

Le président Sarkozy a d’ailleurs reconnu l’élection d’Ali Bongo avant même que les recours devant le Conseil Constitutionnel gabonais n’aient été examinés… Depuis, l’heureux « élu » enchaîne les voyages à Paris. Il fut ainsi officiellement reçu deux fois à l’Élysée en moins de trois mois (novembre 2009 et janvier 2010), un record !

A propos du coup d’État à Madagascar, le président Sarkozy, tout en le déplorant, précisait qu’« il y a beaucoup de choses à dire sur l’ancien président [Marc Ravalomanana]. » Il est tout de même significatif d’enterrer le président renversé en l’appelant « ancien président », surtout en appuyant sur des griefs dont on ne sait pas de qui ils émanent, sauf peut-être des « intérêts français ». De même, pour sortir d’un coup d’État et résoudre le problème de l’illégalité du gouvernement (selon l’UA) et donc revenir à l’ordre constitutionnel, Nicolas Sarkozy « [a appelé] à des élections le plus rapidement possible » considérant qu’il s’agissait de « la seule façon de sortir de l’imbroglio ». Ou comment entériner le renversement d’un président avec lequel les relations étaient difficiles.

En voyage au Niger en mars 2009, le président français donnait là encore son opinion sur le président nigérien Mamadou Tandja : « C’est lui qui a redonné à la démocratie ses lettres de noblesse dans le pays »… au moment où ce dernier préparait son coup d’État constitutionnel dont les services français, très présents dans le pays, n’ignoraient sans doute rien.

Suite au putsch en Guinée, le président français s’est simplement dit « préoccupé », sans condamner pour autant cette prise de pouvoir par la force. Enfin concernant la Mauritanie, N. Sarkozy enchaîne les mensonges les plus éhontés. En mars dernier, il affirmait ainsi que la France avait été la seule à protester face au putsch, « lorsque le président démocratiquement désigné a été retenu, moi-même je l’ai appelé, moi-même j’ai exigé qu’il soit libéré, mais enfin, force est de constater qu’il n’y a pas eu un député ou un parlementaire qui a protesté et qu’il n’y a pas eu de manifestations ». Outre le fait que Nicolas Sarkozy n’a jamais appelé le président renversé après le coup d’État, la France s’est contentée de faire part de ses préoccupations et d’affirmer suivre avec attention l’évolution de la situation. Le président français sera finalement un des premiers chefs d’État à féliciter Mohamed Ould Abdel Aziz après son élection frauduleuse, alors même que l’UE insistait sur le fait que « les allégations de fraude électorale devraient faire l’objet d’enquêtes appropriées ». N. Sarkozy ne semble donc pas perturbé le moins du monde d’avoir contribué à l’élection d’un nouveau chef d’État illégitime.

Au contraire, lors de ses vœux aux corps diplomatiques, le chef de l’État se vante d’avoir « soutenu sans réserve [un processus] qui a conduit au rétablissement de la légalité, puis à l’élection du président Aziz ».

On a beau être habitué au style décomplexé qui est devenu la marque de fabrique de l’expression présidentielle, on reste tout de même coi face à l’aplomb avec lequel Nicolas Sarkozy assène les contrevérités les plus flagrantes !

voir l’article original de l’association survie sur http://survie.org/francafrique/article/2008-2010-derives-dictatoriales-en