Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: janvier 12, 2011

Insécurité au Bénin: La Dg/Cncb, Bernadette Agbossou Sohoundji tuée

Braquage à Pahou : La Dg/Cncb, Bernadette Agbossou Sohoundji tuée

 

Feue Bernadette Agbossou Sohoundji

Les malfrats reviennent à la charge. Ils ont tué l’ex ministre de l’enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, Bernadette Sohoundji Agbossi, directrice générale du Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb). Les hommes sans foi, ni loi ont abattu cette brave dame tombée dans leur embuscade à la hauteur de Pahou. De source policière, c’est le lundi dernier aux environs de 23 heures que les malfrats ont arrosé de balles le véhicule de la directrice générale du Cncb immatriculé AR 0308 RB tout comme un autre véhicule qui circulait également sur la voie à l’heure là. Ces vils individus ont brisé le pare-brise arrière du véhicule de marque Dodge à bord duquel se trouvent Bernadette Sohoundji Agbossou et son chauffeur. De source proche de la brigade territoriale de Ouidah, le chauffeur a dû foncer pour échapper aux balles des malfrats quand sa patronne a poussé son dernier cri. Il s’est directement rendu à l’hôpital de Zone de Ouidah où l’ex ministre Bernadette Sohoundji Agbossou a tiré sa révérence. Alertées, les forces de l’ordre n’ont pu appréhender les auteurs du crime. Pire, pendant toute la nuit et jusqu’à huit heures du matin, aucun responsable de la police ou de la gendarmerie de Ouidah n’a averti les agents de sécurité d’Abomey-Calavi et de Cotonou pour le quadrillage de la zone afin d’arrêter les malfrats. Une défaillance totale observée dans la coordination des actions sécuritaires et qui devrait donner matière à réflexion tant au directeur général de la gendarmerie, le colonel Cocou Lègba Sèmègan qu’au directeur général de la police nationale, le contrôleur général de police Abou Maïga Anki Dosso. Car, jusqu’à ce jour, les malfrats sont toujours en cavale et la panique gagne les populations de Pahou qui ont réclamé en vain un poste avancé de police. Selon les recoupements, Bernadette Sohoundji Agbossou se rendait à Grand-Popo où elle devrait présider hier la cérémonie d’ouverture d’un atelier sur « Les aspects juridiques du commerce de transit, cas du Bénin et des pays limitrophes ». Un atelier qui a été reporté sine die à cause de ce braquage mortel.

La version officielle sur le braquage

Dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 janvier 2011, un groupe de malfrats a orchestré un braquage qui a couté la vie à la Directrice Générale du Conseil National des Chargeurs du Bénin et ancienne Ministre des Enseignements secondaires et de la Formation Professionnelle, Madame Bernadette SOHOUNDJI AGBOSSOU. Selon les premières informations, le véhicule de Madame Bernadette SOHOUNDJI AGBOSSOU est tombé dans le braquage en cours d’un Nigérian que les malfrats ont suivi depuis la frontière bénino-togolaise.

Dès que compte rendu lui a été fait sur ces événements regrettables, le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique a donné des instructions fermes aux Forces de sécurité publique (Police et Gendarmerie) pour que les auteurs de ce crime ignoble soient identifiés et punis avec la dernière rigueur.

Dans la matinée du mardi 11 janvier 2011, le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Monsieur Martial SOUNTON a eu une séance de travail avec le haut commandement de la Police nationale pour lui réitérer ses instructions et faire un premier point du déroulement des enquêtes.

De cette séance, il ressort que les enquêtes évoluent à un rythme accéléré et que les Forces de sécurité publique (Police et Gendarmerie) disposent de pistes fiables et d’indices concordants pour élucider très rapidement cet acte criminel.

Dans les jours à venir, un compte rendu exhaustif des investigations sera fait à la population par la Gendarmerie Nationale et la Police Nationale. En tout état de cause, les hors-la-loi qui arrivent à échapper au dispositif de prévention des actes de criminalité, dispositif qui a fait ses preuves ces derniers mois, n’échapperont aux enquêtes des Forces de sécurité publique (Police et Gendarmerie) ouvertes consécutivement à leur forfait.

12-01-2011, Adrien TCHOMAKOU

Fraternité

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Commune d’Adjarra : les religions endogènes saluent la participation de Houngbédji à la fête de vodoun

Me Adrien HOUNBEDJI accompagnée d’une forte délégation composée d’Honorables députés et de membres de son cabinet étaient le 10 janvier, journée nationale de vodoun, aux côtés des religions endogènes. C’est la commune d’Adjarra qui a accueilli le candidat de l’Union fait la Nation dans la liesse.

Tout en réaffirmant la laïcité de l’Etat, Me Adrien Houngbédji a exprimé la nécessité de respecter les religions béninoises tout autant que les autres religions.

C’est donc en citoyen béninois soucieux du dialogue des religions et de la paix que l’homme a présenté aux dignitaires et adeptes de vodoun réunis à Malawi dans la commune d’Adjarra, ses vœux de paix et de prospérité à la communauté des vodounsis.

Accueilli dans l’effervescence et enthousiasme populaire, Me Adrien Houngbédji a pu apprécier à travers les discours, la propension à la Paix dans les discours et les vœux des adeptes des religions endogènes.

Pour le président départemental Ouémé-Plateau du culte vodoun des religions endogènes, « nous nous devons de renforcer nos collaborations pour le développement des départements de l’Ouémé Plateau ; lequel développement ne saurait s’opérer sans la culture de la paix, de la tolérance et de l’acceptation de l’autre dans ses différences ».

Cet appel des religions endogènes à la culture de certaines valeurs est partagé par le maire de la ville de Porto Novo Moukaram Osseni. Pour celui-ci, « la force d’une Nation réside dans la foi que l’on a en ses valeurs endogènes. Valeurs dont la culture et la promotion incombent aux garants de la tradition prêts à positiver les pratiques ».

L’occasion était aussi propice pour le premier citoyen de Porto-Novo de lancer un vibrant appel aux populations de l’Ouémé-Plateau à se faire enrôler sur les listes électorales permanentes informatisées lors des dernières opérations de ratissage.

Outre les discours officiels, plusieurs manifestations ont ponctué la cérémonie de célébration de la 17ème édition de la fête nationale de vodoun. Chants, danses, libations, sacrifices et paroles incantatoires ont marqué la journée.

Et avec cette présence à la fête nationale de vodoun tout en affirmant la laïcité de l’Etat, Adrien Houngbédji a fait montre, aux yeux des populations, de son attachement aux valeurs culturelles endogènes, seules capables de soutenir un développement durable.

Médard Gandonou

L’évenement précis

Satisfaction pour fiction ?

On aurait tout vu avec le gouvernement du changement et de l’émergence. Nous en avions vu puisqu’on a cherché. Les poulains de Boni Yayi ont défendu pendant deux jours leurs réalisations, celles de leur boss en lice pour les élections présidentielles du 27 février prochain. Mais, est-ce que tout ce qui a été dit a été fait ? Surtout dans le cadre des constructions de routes, la chaîne d’arpenteur a doublé les distances, ce qui a conduit à  » un bilan satisfaisant pour Boni Yayi  » qui pourra toujours  » tenir tête à ses challengers  » selon la presse béninoise qui a été éblouie par ces exposés miroités. Mais déjà, les populations menacent de reprendre elles-mêmes ces mesures avec les moyens dont elles disposent, leurs pas. C’est vrai, les élections sont proches et il faut user de tout pour gagner la confiance des populations. C’est ce que fait le gouvernement du changement en cette période. Gonfler les réalisations et bomber le torse mais on oublie que les Béninois sont aujourd’hui matures et intelligents. Qu’on ne leur parle plus de fiction pour s’attribuer une bonne note en vue d’un bon bilan.

12-01-2011, Léandre ADOMOU

Houngbédji avait raison !

En toute sincérité

Houngbédji avait raison !

Le président du Prd, futur candidat unique de l’Union fait la nation (UN), avait suscité un tollé domestique et le choc des épidermes dans la maison Cauri en qualifiant l’Exécutif du changement de « gouvernement ventilateur« . Une certaine opinion s’est fait Ponce Pilate en condamnant Me Adrien Houngbédji à l’autodafé. Il fut d’abord envoyé à Golgotha sur la croix des préjugés. Son seul péché est d’avoir anticipé sur une vérité comme Galilée défendant avec opiniâtreté sa conception copernicienne de l’Univers.

Houngbédji eut l’inspiration géniale de donner à l’équipe Yayi un nom de baptême insolite que les faits ont, durant tout le mandat justifié. En évoquant le gouvernement ventilateur, il avait clos le débat sur la nature du pouvoir dit du changement. Sa parole portait les livrées de la vérité. Maintenant que l’intense ventilation a provoqué la glaciation et que nos espérances sont congelées, on peut s’exclamer comme Danton  » la vérité, l’âpre vérité ! ». Yayi n’a point besoin de s’enfermer dans un tonneau comme Diogène pour se connaître. L’inscription au fronton du temple de Delphes du « connais-toi toi-même  » socratique résiste au temps. La comparaison servie à la méthode Houngbédji plonge dans l’efficacité et soigne le réalisme. Le gouvernement du changement a en effet ventilé du début jusqu’à la fin. Ventilateur jusqu’à la moelle des os.

Dernière illustration de l’oscillation catastrophique du gouvernement Yayi : le revirement émouvant dans l’affaire de mise à la consommation systématique des produits en transit sur le Niger. Comme prévu, le Chef de l’Etat est revenu sur sa décision balayant du coup les sciures du sérieux. La gouvernance sous ce qu’on appelle changement a accouché de beaucoup de mesures mort-nées. L’interdiction des marches de soutien dans l’affaire Dangnivo s’est effritée elle-même. Cette décision n’a été prise que pour être annulée. Celle de défalcation sur salaire pour fait de grève dans le secteur de la santé a connu le même sort en raison de ses infirmités évidentes. La décision de remplacement des enseignants grévistes a subi la rouille du recul de Yayi mis sous pression. Sur la sellette, le gouvernement fraîchement élu du changement a baissé pavillon devant sa décision plutôt malsaine de l’interdiction insondable de l’exécution des décisions de justice concernant les affaires domaniales. L’interdiction spectaculaire de la vente de l’essence frelatée relève de l’anecdote. Le pouvoir ventilateur tourne en rond devant ses propres mesures. Il produit du vent et brasse les flatulences de l’improductif.

Houngbédji a le mérite d’avoir vite décelé l’anomalie et diagnostiqué le mal. A César ce qui est à César. La jugeote du candidat de l’UN a triomphé du réflexe de la troupe yayiste. L’improvisation aura sans répit fait le lit de la ventilation. Le miracle du changement est d’avoir transformé le cauri en ventilateur. Yayi a rendu hommage à Houngbédji, en acte, avec ce retour inévitable sur sa décision absurde de mise à la consommation systématique des produits en transit sur le Niger. La ventilation a atteint son pic en fin de mandat avec cette inimaginable pirouette sous l’effet de la vitesse du vent. Il ne manque que l’échelle de Beaufort pour en mesurer l’ampleur.

La gymnastique sclérosée dans le cirque souillé offre un va-et-vient dégoûtant dans un flot de décisions prises puis livrées à la gouverne du ridicule. Le pouvoir n’a pas échappé à la sentence proclamée par le finaliste malheureux de 2006. Le gouvernement ventilateur dont parle Houngbédji a manqué de vocation à la métamorphose et à la rédemption et s’est investi à brasser le mandat jusqu’à tomber dans le discrédit.

Le roi autoproclamé du changement a encore quelques semaines pour arrêter sa danse agaçante et enfin confondre Houngbédji. Dans le camp Abt, on lui attribue des superlatifs effrayants : impulsif, émotif et réactif. En cinq ans, Boni Yayi a omis de régler ses détails. Avant le 27 Février, il doit tout au moins démentir cette montagne d’accusations acides. Le pari semble désormais compliqué voire utopique.

11-01-2011, Sulpice O. GBAGUIDI

Pressés de ne plus payer les impôts : Les chefs d’entreprises français disent non à Sarkozy

Les patrons ou les représentants des multinationales françaises exerçant en Côte d’Ivoire étaient hier, à Paris, face à Christine Lagarde, ministre française de l’Economie et des Finances et sa collègue des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. Les deux collaborateurs de Nicolas Sarkozy les ont invités pour leur demander de ne plus payer les impôts au régime du président Gbagbo.

La réponse des hommes d’affaires français est des plus cinglantes. «Nous n’entrons pas, ont-ils dit, dans ce genre de considération. Nous travaillons pour nous-mêmes mais aussi pour le bien de la France, notre pays d’origine, et celui de la Côte d’Ivoire, notre pays d’adoption. Pour nous, c’est clair, les conséquences de certaines amitiés ne sauraient influencer notre présence dans ce pays».

Les hommes d’affaires français présents à cette rencontre ont néanmoins expliqué à leurs interlocuteurs que s’ils ne paient pas les impôts, ils auront tous les problèmes du monde pour faire fonctionner leurs entreprises dont les produits peuvent ne plus rentrer dans le pays ce qui pourrait entrainer à terme la fermeture de leurs entreprises du reste juteuses. Ils ont ajouté qu’ils n’ont aucun problème, ni avec le président Laurent Gbagbo, ni avec son régime. La nature ayant horreur du vide, ces entreprises pourraient échoir entre les mains d’autres entrepreneurs qui n’attendent que cette belle opportunité.

En Côte d’Ivoire, les Français ont toutes les grosses entreprises du pays : télécommunications (fixe et mobile), eau, électricité, pétrole, infrastructures économiques sans compter les autres secteurs d’activités, tous aussi rentables les uns que les autres.

Abdoulaye Villard Sanogo

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Polémique : La torture sous Georges BUSH

Voici, dans l’ordre donné par Marcy Wheeler sur Salon.com, ces douze hommes et une femme qui portent cette lourde responsabilité, et qui échappent, pour l’instant, à toute action en justice.

·      Dick Cheney, vice-président de George W. Bush

Vice-Président des Etats-Unis pendant les deux mandats de George W. Bush (2001-2009). Avec son conseiller David Addington (lire ci-dessous), il a déterminé au lendemain du 11-Septembre que les lois internationales ne pouvaient pas empêcher les Etats-Unis de pratiquer la torture dans le cadre de leur guerre contre le terrorisme. Cheney est soupçonné d’avoir ordonné lui-même des actes de torture sur des prisonniers.

·      David Addington, conseiller de Dick Cheney

Conseiller (2001-2005), puis chef de cabinet (2005-2009) du vice-président Dick Cheney. Addington a pris la tête de la croisade pour justifier le fait que le président des Etats-Unis ne pouvait pas être limité par la loi, pas même celle qui interdit la torture.  Il a créé un « Conseil de guerre » avec Jim Haynes, John Yoo, John Rizzo et Alberto Gonzales (lire ci-dessous), chargé de faire le travail légal pour permettre la torture.

·      Alberto Gonzales, conseiller juridique puis ministre de la Justice

Conseiller juridique de la Maison-Blanche (2001-2005) puis Attorney General (l’équivalent du ministre de la Justice) des Etats-Unis (2005-2008), Gonzales a incarné l’« opinion légale » du Président. A ce titre, en 2002, il a exempté des prisonniers membres d’Al Qaeda du cadre légal des Conventions de Genève, estimant que la guerre contre le terrorisme était « une autre forme de guerre ».

·      James Mitchell, psychologue militaire

Psychologue militaire à la retraite, un des artisans du programme Sere (acronyme pour « Survival, Evasion, Resistance and Escape ») de l’armée américaine qui a servi de base à certaines méthodes d’interrogatoire musclé.

Avant même le feu vert légal, Mitchell a personnellement supervisé l’interrogatoire d’un membre d’Al Qaeda avec des méthodes « borderline torture » (à la limite de la torture), et a pratiqué la méthode de la simulation de noyade au-delà de ce qui était légalement prescrit.

·      George Tenet, directeur de la CIA

Dirceteur de la CIA (1997 à 2004), Tenet a eu la responsabilité suprême pour le programme de capture, de détention et d’interrogatoire des membres présumés d’Al Qaeda, et devait en rendre compte personnellement au sommet de l’Exécutif. C’est sous sa responsabilité que le programme Sere a été inversé pour servir de technique d’interrogatoire.

·      Condoleeza Rice, conseillère à la Sécurité nationale puis secrétaire d’Etat

Conseillère à la Sécurité nationale (2001-2005), puis secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) de 2005 à 2009, Rice a approuvé (elle dit aujourd’hui qu’elle a « transmis l’approbation ») le premier recours à la torture contre le membre présumé d’Al Qaeda, le Saoudien d’origine palestinienne Abu Zubaydah en 2002. Ce feu vert a conduit à un usage accru de la torture contre ce prisonnier.

·      John Yoo (justice)

Vice-Attorney General adjoint (2001-2003), Yoo a rédigé les premiers mémorandums établissant les règles de la torture, et déterminant les pouvoirs illimités du Président en temps de guerre. Il a aussi rédigé les textes garantissant l’impunité pour les auteurs de ces actes.

·      Jay Bybee (justice)

Attorney General adjoint (2001-2003), ByBee a donné son nom à deux mémorandums sur la torture préparés par son adjoint John Yoo (voir ci-dessus). A été promu juge après avoir signé les deux documents désirés ardemment par la Maison Blanche.

·      William « Jim » Haynes (Pentagone)

Conseiller juridique du département de la Défense (2001-2008), il a supervisé les bases légales des techniques d’interrogatoire des prisonniers détenus par l’armée. Il a en particulier servi d’intermédiaire entre les spécialistes du programme Sere et la CIA, qui, dès la fin 2001, s’est posé la question des interrogatoires de prisonniers d’Al Qaeda. Haynes a délibérément ignoré les avis provenant de l’intérieur de l’institution militaire, estimant que ces techniques violaient les règles sur la torture et du traitement « humain ».

·      Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense

Secrétaire à la défense (2001-2006), Rumsfeld a approuvé les méthodes d’interrogatoire des militaires dans les prisons d’Abu Ghraib (Irak), de Bagram (Afghanistan), et de Guantanamo (Cuba). Son feu vert a déplacé le recours à la torture de la CIA à l’armée. Un récent rapport bipartisan du Sénat américain lui attribue la responsabilité directe de l’usage de ces méthodes d’interrogatoire à Guantanamo, y compris le recours à des chiens ou à la nudité.

·      John Rizzo (CIA)

Vice-Conseiller juridique de la CIA (2002-2004), puis conseiller juridique encore en poste (2004 à aujourd’hui), son nom apparait sur bon nombre de documents controversés relatifs à la torture, et même s’il a qualifié certaines méthodes d’inefficaces, il les a approuvées et a recommandé à la CIA de demander l’autorisation de les utiliser.

·      Steven Bradbury (justice)

Premier Vice Attorney General adjoint (2004), puis Attorney General Adjoint (2005-2009), il a été chargé en 2005 de contrer un rapport de l’inspecteur général de la CIA estimant que les méthodes d’interrogatoire pourraient violer la Convention internationale contre la torture. Dans ses mémorandums, il pèse le pour et le contre, mais considère ces méthodes comme « nécessaires dans les cas de grave menace ».

·      George W. Bush, président des Etats-Unis

Last but not least… The President of the United States himself!

George W. Bush a initialement gardé ses distances avec les questions liées à la torture, et, selon Cheney, s’est contenté de les autoriser… Mais il en est devenu le premier défenseur et avocat, défendant, notamment en 2006 à propos du cas d’Abu Zubaydah, leur efficacité et leur nécessité. Et, selon la logique de ses principaux partisans, s’il ne s’y est pas opposé, c’est que ce n’était pas de la torture. CQFD. On comprend mieux pourquoi Dick Cheney, cette semaine, est monté au créneau pour s’opposer à Barack Obama, dans un échange de discours assez extraordinaire et assez exemplaires de valeurs opposées : celles de la sécurité nationale par dessus tout pour l’ancien Vice-Président, contre celles d’Obama qui défend l’idée que la sécurité des Etats-Unis n’est pas incompatible avec le maintien de ses valeurs, et en particulier celles des droits de l’homme. Là où ça se complique, c’est lorsque les démocrates cèdent aux sirènes sécuritaires, et ne trouvent pas grand intérêt à aider Obama à tenir sa première promesse de son mandat : fermer Guantanamo. Ou quand on apprend que Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des Représentant, avait été informée dès 2002-2003 des techniques d’interrogatoire de la CIA, et n’avait rien dit…

Ce débat est passionnant pour le monde entier, car il est évident qu’aucune démocratie n’est à l’abri d’un tel dérapage, surtout après un événement aussi traumatisant que les attentats du 11 septembre.

On lira également avec intérêt, pour alimenter ce débat, la traduction française des mémorandums sur la torture rendus publics en avril par l’administration Obama. Ils viennent d’être publiés sous le titre « Techniques d’interrogatoire à l’usage de la CIA », aux éditions des Equateurs, avec une préface de Jean-Pierre Perrin dont on extraira la phrase suivante : « Le combat pour découvrir l’étendue de ce continent de l’ombre ne fait d’ailleurs que commencer. Il ne sera pas facile. La publication des quatre mémorandums a d’ores et déjà suscité une violente polémique au sein de l’administration américaine. De hauts responsables de la CIA craignaient que cette décision ne suscite un dangereux précédent.

Si Obama est passé outre, il est à craindre que la poursuite de l’enquête, au fur et à mesure qu’elle approchera les hauts responsables ayant permis à cette part d’ombre de prospérer au sein du pouvoir, se heurte à des obstacles de plus en plus élevés. (…). Que celle-ci puisse aboutir est une nécessité absolue. Pour la démocratie bien sûr. Mais aussi, si l’on opte pour la version cynique des choses, parce que l’exigence de vérité fait partie de la guerre contre les forces obscures. »

Déstabilisation des pays africains par la France : La face cachée de l’ambassadeur Jean-Marc Simon

Après avoir activement contribué à la déstabilisation de la Centrafrique à partir de 2001, Jean-Marc Simon repart à la charge. Cette fois-ci en Côte d’Ivoire, neuf ans plus tard.
«Cet homme fait partie des ambassadeurs-barbouzes dont disposent l’Elysée et le Quai d’Orsay pour déstabiliser les pays africains dont les dirigeants affichent une indépendance vis-à-vis de Paris». C’est en ces termes qu’une source diplomatique en poste dans la sous-région ouest-africaine nous a présenté Jean-Marc Simon, actuel ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Mais surtout un des acteurs-clé avec l’ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter 3 et le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Young J. Choi, de la fraude massive dans le nord du pays puis du hold-up électoral visant à installer illégalement Alassane Dramane Ouattara, candidat de l’étranger, à la tête de la Côte d’Ivoire. Précédemment ambassadeur au Gabon, M. Jean-Marc Simon a atterri en Côte d’Ivoire en mission commandée par l’Elysée. Le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, qui a visiblement juré de réussir là où son prédécesseur, Jacques Chirac, a échoué (c’est-à-dire renverser par tous les moyens, le Président ivoirien souverainiste, Laurent Gbagbo), a confié à Jean-Marc Simon, les rênes du complot interne contre Gbagbo. Pour avoir réussi une telle mission de 2001 à 2003 en Centrafrique face au chef d’Etat centrafricain d’alors, Ange-Félix Patassé, M. Jean-Marc Simon avait le profil de l’emploi.

En effet, alors qu’il était ambassadeur de France en Centrafrique, Jean-Marc Simon, a chapeauté sous le contrôle de l’Elysée de Jacques Chirac, le renversement d’Ange-Félix Patassé par un coup d’Etat. La France reprochait au Président Patassé, soutient une source proche du dossier, son attachement à la souveraineté de la Centrafrique et son engagement pour le contrôle du pétrole centrafricain par le pays. Paris qui avait «toléré», quelques années auparavant, la tenue d’élections transparentes aux termes desquelles Patassé avait battu André Kolingba, le Président sortant, a pris la décision dès 2001 de remettre en selle Kolingba parce qu’Ange-Félix Patassé affichait un souverainisme qu’abhorrait la France dans sa volonté de faire une main basse totale sur les richesses de la Centrafrique. Patassé dénonçait, par exemple, l’exploitation sauvage et illégale des mines d’or menée par des entreprises françaises sur tout le territoire centrafricain. Coaché par les services français et l’ambassade de France à Bangui (capitale centrafricaine), André Kolingba tente en 2001 un coup d’Etat contre Ange-Félix Patassé. La tentative échoue au grand désarroi de Paris. Les armes découvertes au domicile de Kolingba contigu à celui de l’ambassadeur Jean-Marc Simon à Bangui sont toutes estampillées «Ambassade de France en Centrafrique». La télévision nationale centrafricaine les présente à l’opinion publique en guise de témoignage de l’implication de Paris dans le coup.

Avant la tentative du coup d’Etat, la France via ses médias dont RFI soutient activement l’idée d’une guerre civile entre les ethnies Baya et Yakoma. Chose souhaitée, chose obtenue. L’échec du coup d’Etat donne lieu à des affrontements sanglants entre les Baya (ethnie de Patassé) et les Yakoma (ethnie de Kolingba) qui font plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés. Bangui est à feu et à sang. André Kolingba est exfiltré avec l’aide de Jean-Marc Simon vers le domicile de l’ambassadeur de France d’où il lance un appel via RFI à l’endroit de Patassé.

De 2001 à 2003, la Centrafrique vit une instabilité profonde orchestrée par Paris. L’Elysée met à profit cette période pour rechercher un nouvel adversaire à Patassé. Chirac le trouve en la personne du général François Bozizé, ex-chef d’état-major de l’armée, limogé par Patassé pour diverses raisons. François Bozizé lance une rébellion armée avec la bénédiction de Paris. Le Tchad en devient la base arrière.

Le 15 mars 2003, alors qu’Ange-Félix Patassé est en visite officielle à l’extérieur du pays, la rébellion gagne Bangui. L’avion du Président Patassé est interdit d’atterrir à l’aéroport de la capitale. C’est le coup d’Etat réussi. Une situation dans laquelle, précisent les sources, l’ambassadeur Jean-Marc Simon a joué un rôle déterminant. Paris évacue ses ressortissants vers le Gabon et abandonne les Centrafricains à leur sort. Après avoir réussi sa «mission» en Centrafrique, Jean-Marc Simon est muté au Gabon pour un «repos». Avant d’être ré-envoyé en «mission» en Côte d’Ivoire par l’Elysée.

Comme à Bangui, le schéma est le même : une rébellion armée parrainée par l’hexagone, un pion (Alassane Dramane Ouattara), une base arrière (le Burkina Faso), un Président (Laurent Gbagbo) gênant à cause de son attachement à la souveraineté de son pays et un enjeu (le contrôle du pétrole et de toutes les matières premières). Mais contrairement en Centrafrique, Jean-Marc Simon rencontre des difficultés sur le terrain en Côte d’Ivoire. A cause d’une population ivoirienne déterminée et aussi souverainiste que son Président, Laurent Gbagbo. Ainsi que l’interpénétration des ethnies qui rend quasi impossible l’éclatement d’une guerre interethnique voulue en vain par l’Elysée.

Autre obstacle majeur, l’homme de la France, Alassane Ouattara, n’est pas accepté par la majorité de la population ivoirienne à cause de son passé et sa propension à la violence. En dépit de tout, Jean-Marc Simon et l’Elysée ne baissent les bras…

Didier Depry (ddepry@hotmail.com)

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