Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 13, 2011

Boni Yayi a piégé les béninois, dixit Pascal Todjinou sur la convocation du corps électoral pour le 27 février et le 17 avril prochains

Avec un effectif de onze membres, la Cena aura combien de jours pour organiser d’abord les élections présidentielles, ensuite les législatives ? L’ancien président de la Cena 2008, Pascal Todjinou aborde les pièges et dangers qui guettent la Cena 2011. Toutes choses qui selon lui, ne seraient pas sans conséquence sur les résultats des élections. Néanmoins, il appelle les Béninois à une veille maximale pour que si un président n’est pas élu, qu’il ne dirige pas notre pays au lendemain des élections.

En attendant son installation, la Cena est à 45 jours de la date de la convocation du corps électoral. Quelle est votre lecture de la situation en tant qu’ancien président d’une Cena ?

Je crois qu’il faut être honnête. La Cena n’aura même pas 45 jours pour organiser les élections. Pour qu’on dise que la Cena a une durée, il faut qu’elle soit installée. Or aujourd’hui, la Cena n’est pas encore installée. Bien sûr que le corps électoral a été convoqué pour le 27 février et nous sommes aujourd’hui le 12 janvier. Il y a donc un danger. En ce sens que la Cena qui sera installée, de quel temps disposera-t-elle pour avoir son règlement intérieur, élire son bureau et procéder à l’adoption de son budget avant de commencer par travailler. L’autre danger est qu’on réduit la Cena à sa plus simple expression. Cela veut dire tout simplement que la Cena ne va plus jouer un grand rôle. Cela transparaît dans le nombre des membres de la Cena. On a réduit la Cena de 17 membres à 11. On était à 25 membres, on est passé à 17 et aujourd’hui on est à 11 membres. Bientôt, ce sera trois membres.

Est-ce que ce n’est pas un piège ?

Ce n’est pas la faute des parlementaires. C’est la faute aux institutions de contre pouvoir que nous avons mises en place. Parce qu’il y a eu un va-et-vient dangereux entre l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle. Et si les parlementaires ne cédaient pas sur l’essentiel, la Cour va conduire inexorablement le parlement à faire le constat qu’il y a un vide juridique. Et peut-être que c’est un des responsables de l’institution qui prendra le pouvoir. Je crois qu’il y a un danger que les députés ont évité à partir de l’adoption de la loi sous cette forme. Sur la base de ça, le chef de l’Etat a convoqué le corps électoral dans une précipitation, sans analyse, comme d’habitude.

Il fallait que le chef de l’Etat convoque le corps électoral

Oui je suis tout à fait d’accord. Il aurait pu le faire sur la base des autres lois. Connaissant bien la période, il aurait pu le faire.

Il faut vérifier la conformité à la Constitution, par conséquent attendre les décisions de la Cour constitutionnelle.

Nous sommes au Bénin et vous suivez les différentes décisions qui sont prises. En tant que pratiquant de la chose, j’estime pour ma part que le temps est très court. Et c’est en cela que je dénonce un certain nombre de choses. Est-ce que la Cps et la Mirena sont chargées de la gestion des élections ? Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui avec la Lépi qu’on peut aller à des élections aussi sensibles ?

C’est implicitement la décision rendue par la Cour constitutionnelle

Moi je pose la question aux sages de la Cour. N’allons-nous pas aboutir à la situation qui se passe non loin de nous ? Mais ceux qui sont à la Cour doivent savoir que le Bénin n’a pas besoin d’affrontement, ni de guerre, ni d’incitation à la guerre. C’est ce que nos dirigeants doivent savoir. C’est pourquoi moi personnellement, j’estime que quand on fait le calcul, il y a de fausses notes. Mais, j’ai confiance au peuple béninois. Le peuple s’est toujours donné la formule qu’il faut pour éviter des dérapages. L’autre chose, on a convoqué le corps électoral pour les élections législatives pour le 17 avril ? Normalement selon ma compréhension, la 5ème législature prend fin le 23 avril et on convoque le corps électoral pour le 17 avril. De quel temps disposera-t-on pour régler tous ces problèmes avant le 17 avril. J’ai l’impression qu’il y a un piège qu’on nous pose. Je peux même dire que Boni Yayi a piégé les Béninois. Le délai de proclamation des résultats est très court. Voilà autant d’appréciations, vu les conditions dans lesquelles on travaille à la Cena. Vous savez que le fait de réduire les membres à onze peut créer beaucoup de problèmes. Il y a cinq membres du bureau avec toutes les précisions données par la loi. Cela nous a manqué au niveau de la Cena 2008 où on destituait régulièrement le président. Mais le vrai problème quand on va sortir les 5 du bureau, est qu’il va rester 6. Or, il y a douze départements dans notre pays.

Comment cela va se passer pour les coordonnateurs ?

Il y aura un coordonnateur pour deux départements. Donc, à l’image des préfets. C’est une violation de la loi. Car, il y a une loi qui dit qu’il y a douze départements. Et c’est sur la base des douze départements qu’on doit tout faire. Si les coordonnateurs sont suffisamment compétents et qu’ils ont les moyens, ils peuvent s’en sortir. Déjà avec les douze, pour que les coordonnateurs arrivent à parcourir les communes relevant de leur juridiction, il y a toujours problème. Maintenant qu’il faut un pour deux départements, ce ne sera pas facile. Je prends le cas du Borgou Alibori et de l’Atacora Donga. Celui qui sera dans le Borgou va se retrouver jusqu’à Karimama, Malanville et l’autre est sur le chemin qui va de Péhounco, Matéri Cobli pour descendre jusqu’à Bassila. Je vois comment ça peut se passer. Les députés ont tôt fait de se libérer.

Pensez-vous que le nombre de membres et le délai imparti vont influer sur les résultats de la Cena ?

C’est certain. On va précipiter les choses. A la limite, on peut dire qu’ils peuvent faire le travail. Aujourd’hui, on est à 45 jours. On n’a pas encore installé la Cena. Donc, on ne connaît pas encore le délai qui sera même accordé à la Cena. Et puis, quand ils seront installés, la mouvance va dire qu’elle va contrôler la présidence et l’opposition aussi va tirer le drap de son côté. C’est ce qui a joué en faveur de Todjinou. Je n’étais dans aucun groupe. Je refusais même d’assister à leur réunion. Mais si on doit faire ce jeu-là avec cette Cena, on va se retrouver à cinq jours des élections. Je crois que cela aura absolument d’impact négatif sur les résultats. Les choses se feront dans la précipitation et ceux qui ont l’art et l’habitude de contester les résultats, ils sont déjà prêts. Ils sont déjà en train de se préparer pour crier.

Selon l’article 24 de la loi portant règles générales des élections et les décisions rendues par la Cour, la Cena ne va pas proclamer les grandes tendances

La Cour constitutionnelle dit que la Cena ne va pas proclamer les grandes tendances. Quand je vous dis que la Cena est réduite à sa plus simple expression, c’est cela. Si l’organe qui est chargé d’organiser les élections ne peut pas donner les grandes tendances, c’est grave. Ce n’est pas les élections municipales, communales et locales où c’est la Cena qui proclame les résultats. Moi, j’ai proclamé les résultats et tant pis pour les contestataires. C’est ma signature qui a fait que des maires sont là aujourd’hui. Mais ici, dans le cas des élections présidentielles et législatives, c’est la Cour constitutionnelle qui apprécie. Mais si l’organe ne saurait donner les grandes tendances, pourquoi elle existe. Il vaut mieux collecter les résultats et les transmettre à la Cour constitutionnelle.

Vous suspectez une élection non transparente ?

La tendance à la non transparence est une évidence.

Au regard de tout ce que vous venez d’évoquer, quels sont les conseils que vous préconisez en tant qu’ancien président de la Cena ?

La 1ère chose est d’aller rapidement à l’installation de la Cena dans les cinq jours qui viennent et là c’est déjà trop. La 2ème chose est qu’au lieu de passer le temps à étudier le règlement intérieur, il faut rapidement en une demi-journée vider cette question pour élire le bureau afin qu’il se mette au travail. La troisième chose est de laisser la Cena faire son travail. C’est parce qu’on suspectait les exécutifs que la Cena a été mise en place. Je constate aujourd’hui de plus en plus qu’on récupère les prérogatives de la Cena. Ce n’est pas une bonne chose. Il faut qu’on fasse particulièrement attention.

Votre mot de fin

J’appelle le peuple béninois à garder son calme habituel et à ne céder à aucune pression politique qui tendra à mettre à mal la démocratie et la paix chèrement acquises. Je lance aussi un appel aux travailleurs à observer une veille maximale aujourd’hui pour que si un président n’est pas élu, qu’il ne dirige pas notre pays.

13-01-2011, Charles YANSUNNU

Fraternité bénin

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Affaire Dangnivo : La cour d’assises révèle les dessous le 18 janvier prochain

Le dénouement de l’Affaire ‘’Disparition d’Urbain Pierre Dangnivo’’ est proche ou du moins, un coin de voile sera levé, le 18 janvier prochain. Ce sera à l’occasion des assises qui vont se tenir au Palais de Justice. Déjà, la CSTB de Gaston Azoua et ses pairs ont sonné la mobilisation des travailleurs.

Les grèves perlées qui continuent de secouer le Ministère de l’Economie et des Finances et les marches de protestation qui secouent le monde syndical depuis la disparition d’Urbain Pierre Dangnivo, le 17 août 2010, prendront certainement une autre tournure à partir du 18 janvier prochain. Vont-elles cesser ou prendre de l’ampleur ? Chacun sera fixé au cours des assises qui vont se tenir le 18 janvier 2011 au Palais de Justice de Cotonou. Dans cette affaire dite ‘’Disparition d’Urbain Pierre Dangnivo’’, beaucoup d’encre et de salive ont coulé. En effet, la Fédération des syndicats du Ministère de l’Economie et des Finances (Fesyntra-finances) dont le Secrétaire général est Laurent Métongnon, a pris, au lendemain de la disparition d’Urbain Dangnivo, la résolution d’organiser des sit-ins et marches de protestation pour réclamer Urbain Pierre Dangnivo, cadre du Ministère, vivant et sain. Ainsi, le mardi, mercredi et jeudi de chaque semaine, les travailleurs du Ministère réclamaient, à cor et à cri, leur collègue Urbain Pierre Dangnivo.

Vu les impacts négatifs de ces mouvements sur les usagers du Ministère, ces grèves perlées ont été allégées. Aujourd’hui, les travailleurs font un sit-in le mardi matin et font le débrayage le jeudi. Les syndicats du Ministère sont soutenus par les centrales syndicales à savoir la CSTB de Gaston Azoua, la CGTB de Pascal Todjinou, la COSI de Georges Glélé Kakaï. Une radicalisation qui a amené le Ministre de l’intérieur, Martial Sounton à prendre une décision d’interdiction des marches de protestation concernant le dossier Dangnivo afin de laisser travailler dans la quiétude la Justice. La non observance de cette décision d’interdiction des syndicats a amené les autorités à barricader la Bourse du travail qui est le siège des centrales syndicales. Lors des assises du 18 janvier prochain au Palais de la Justice, les circonvolutions de l’enquête judiciaire seront connues, les mis en cause écoutés, les médecins légistes livreront les résultats de leur travail sur le macchabée découvert à Womey. Ainsi, un coin de voile sera levé sur le dossier Dangnivo. Parallèlement, la CSTB de Gaston Azoua et ses pairs ont sonné l’alerte pour mobiliser les travailleurs ce 18 janvier 2011. Pour les syndicalistes, il leur faut Urbain Pierre Dangnivo sain et sauf ou rien. Pourvu que chacun sache raison gardée.

L’aube nouvelle

A propos du chômage massif …

(Un conseiller spécial présidentiel lamentable et une ministre pathétique)

Encore faudrait-il qu’ils s’accordent sur le diagnostique. « Les Béninois ne travaillent pas » insulte le conseiller spécial et beauf frère du chef de l’Etat, Marcel de Souza. « Il n’y a pas de chômage au Bénin mais de sous-emploi » cafouille la sulfureuse ministre de la jeunesse et de l’emploi Rékiatou Madougou. Inutile d’aller chercher un quelconque remède au spleen des jeunes et autres marginaux dans un tel cafouillis sur fond de kermesse-bilan de l’action gouvernementale. En clair, rien à faire contre la supposée fainéantise des Béninois et le déni du chômage officiellement proclamé, ni au cours du mandat finissant ni au cours d’un éventuel prochain mandat du docteur-président. Voilà la réponse des émergents à la promesse de 25.000 emplois en 5 ans du candidat Abdoulaye Bio Tchané.

La furie du beauf vis-à-vis de ses compatriotes se justifie amplement. La raréfaction des ressources au niveau des régies financières de l’Etat ne permet plus au prince d’honorer ses promesses démagogiques ou de s’offrir un train de vie disproportionné. La douane, les impôts et les recettes-perceptions sont en agonie. Mais le grand économiste qu’il revendique ne saurait ignorer l’impact de la tragédie Icc-Sercives. Plus de 150 milliards d’épargne frauduleusement prélevés auprès des ménages et dont son parti, le Frap a, d’ailleurs, largement profité. Bien que fainéants, les Béninois ont pu se faire voler suffisamment d’argent par des faux placeurs qui avaient pignon sur rue dans les allées de la Présidence de la République et pouvaient financer ostensiblement la propagande du régime Yayi. Jamais le Président du Frap ne s’est préoccupé de la manière dont son parti pouvait assumer sa part dans les nombreuses activités qu’il a parrainé à l’aide de l’argent des pauvres.

Attardons-nous un peu sur les recettes du Changement visant à mettre les Béninois au travail. A commencer par les cotonculteurs dont les plantations ont été transformées en champs de ruine sous les effets des intrants de mauvaise qualité fournis par des courtisans du régime. Les amis du beauf n’ont rien trouvé de mieux pour faire travailler les Béninois que de persécuter les opérateurs économiques nationaux. Pendant que les amis du régime se faisaient octroyer gracieusement des exonérations fantaisistes sur le dos du contribuable, les autres hommes d’affaires devaient mettre la clé sous le paillasson (Salé, Lawal, Adjovi Tchanvoédo), être embastillé (Fagbohoun), ou sortir du pays (Lagnidé, Rodriguez). C’est toujours de la lutte contre la fainéantise que de faire bloquer des dizaines de conseils municipaux au lendemain des élections municipales par des partisans du pouvoir ou de faire obstacle aux initiatives des maires de l’opposition. On ne parle pas encore de la propension du chef de l’Etat à multiplier les jours fériés ; à distraire les travailleurs en les conviant à des cérémonies de pose de pierre ; à faire envoyer ses ministres en tournées intempestives et couteuses pour des causes futiles.

Et l’autre qui parle de sous-emploi sans qu’on ne sache exactement de quoi cela retourne. Création d’emploi rime forcément avec création d’entreprises privées. Or la croissance à deux chiffres et les industries promises en 2006 se soldent en fin de mandat à 0 usine créée et à une croissance à moins de 3%. Ce que vivent des milliers de Béninois, c’est la précarité ou plutôt la non sécurisation des emplois surtout dans le secteur privé. Cela tient d’abord de la législation en vigueur ; ensuite de l’inefficacité des structures de règlement des conflits du travail. Le travailleur béninois a besoin d’être protégé contre des employeurs esclavagistes et tricheurs. Cela ne se règle pas par des artifices du genre micro-finances ou des recrutements de militants ou de frères de village dans la fonction publique.

A force de confondre bilan et show médiatique…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Crise sociale au Maghreb : Kadhafi baisse les prix, Ben Ali hausse le ton

Alors que le leader libyen Mouammar Kadhafi a procédé à la suppression de toutes les taxes sur les produits alimentaires, le président tunisien a haussé le ton en accusant les émeutiers de terrorisme. 

Devant la détérioration de la situation sociale en Algérie et en Tunisie, due en partie à l’augmentation des prix des produits alimentaires de base, et anticipant une crise en Libye, Tripoli a décidé lundi de supprimer toutes les taxes sur les produits alimentaires, selon une source officielle du gouvernement. Bien que cette source n’ait pas précisé si cette décision était liée aux troubles sociaux en Tunisie et en Algérie voisines, il est clair que le fait qu’elle intervient sur fond de troubles sociaux dans ces deux pays, laisse supposer qu’elle a pour but d’acheter la paix sociale. Ainsi, le gouvernement libyen a décidé de “supprimer les droits de douane et toute autre taxe sur les produits alimentaires, notamment de première nécessité, ainsi que sur le lait pour enfants”.

Cette mesure a été justifiée par la flambée des prix des produits alimentaires dans le monde, tout en minimisant les recettes tirées par la Libye, un riche pays pétrolier, des taxes douanières sur les produits alimentaires. Effectivement, les recettes fiscales tirées des produits alimentaires ne doivent représenter qu’un taux insignifiants des revenus de Tripoli, qui doit se suffire de la rente des hydrocarbures, d’autant plus que les besoins de la population libyenne, un peu plus de six millions d’habitants, ne sont pas aussi importants que ceux des pays beaucoup plus peuplés.

La même source a révélé que la Libye avait dépensé 6 milliards de dollars en 2010 sous forme de subventions pour les produits de première nécessité, ainsi que pour le carburant et les médicaments. Il est évident que les dépenses pour s’approvisionner en matières premières destinées à la consommation ne sont pas de nature à grever le budget de l’Etat libyen, qui a les moyens de sa politique. Contrairement à ses voisins, Mouammar Kadhafi peut tout se permettre sur ce plan.

Par ailleurs, le président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, a adressé lundi des remerciements au leader libyen, Mouammar Kadhafi, pour le remercier son soutien dans le contexte des troubles sociaux qui secouent le pays sur fond de chômage et de précarité des conditions de vie.
En effet, dans un message à la nation, il a réitéré ses remerciements et sa considération au leader Mouammar Kadhafi, chef de la révolution libyenne, pour son “honorable initiative que notre peuple a accueillie avec une grande satisfaction et consistant à faciliter la circulation et les activités des Tunisiens en Libye sœur et à les traiter au même titre que les Libyens”.
“Ceci confirme toute la fraternité sincère et le fort soutien que nous avons toujours perçus auprès de lui et auprès du peuple libyen frère”, a notamment écrit le président tunisien.
Ben Ali ne cède pas.

Il n’en demeure pas moins qu’en Tunisie, le président Zine El Abidine Ben Ali, qui est intervenu lundi à la télévision, a élevé le ton en qualifiant les violences de “terroristes” tout en promettant des centaines de milliers d’emplois nouveaux. Au pouvoir depuis 23 ans, il a dénoncé des “actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés”. “À ceux qui veulent porter atteinte aux intérêts du pays, ou manipuler notre jeunesse, nous disons que la loi sera appliquée”, a-t-il averti. Il y a lieu de signaler que les écoles et universités ont été fermées à partir d’hier jusqu’à nouvel ordre dans tout le pays. Le président tunisien a attribué les troubles à des “éléments hostiles à la solde de l’étranger”, ajoutant que “certaines parties qui veulent porter atteinte aux intérêts du pays, ou manipuler notre jeunesse”. Pour juguler le chômage et désamorcer la crise, il s’est engagé à créer plus d’emplois, notamment pour les jeunes diplômés d’ici 2012, en affirmant : “Nous avons décidé de multiplier les capacités d’emploi et la création de sources de revenus (…) dans tous les secteurs durant les années 2011 et 2012”, annonçant 300 000 emplois en plus de 50 000 autres promis par le patronat. Quant à l’évolution de la situation sur le terrain, il faut noter que le bilan des violences en Tunisie s’est alourdi à au moins 35 morts identifiés après un week-end de manifestations sanglant, selon des défenseurs des droits de l’homme, alors que le régime cherche à désamorcer près d’un mois de contestation en maniant la carotte et le bâton. “Le chiffre de 35 morts s’appuie sur une liste nominative”, a indiqué à l’AFP à Paris la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH), Souhayr Belhassen. Mais un responsable syndical a déclaré que la situation est chaotique à Kasserine, chef-lieu du centre-ouest de la Tunisie, région où les émeutes ont fait plus de 50 tués ces trois derniers jours. “C’est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de snipers, pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés”, a indiqué Sadok Mahmoudi, membre de l’union régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale).

Cette version des faits a été corroborée par d’autres témoins interrogés par l’AFP. “Le nombre de tués a dépassé la cinquante”, a-t-il indiqué, citant un bilan recueilli auprès du personnel médical de l’hôpital régional de Kasserine où ont été transportés les corps. Après l’Europe et les États-Unis, qui se sont déjà dit préoccupés, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon s’est à son tour, lundi, “inquiété de l’escalade des affrontements violents” entre forces de l’ordre et manifestants. Il a appelé à la retenue, au dialogue et au respect de la liberté d’expression.
À Washington, le département d’État a reconnu que l’ambassadeur des États-Unis à Tunis avait été convoqué par le gouvernement tunisien lundi, après des commentaires de Washington sur la crise sociale.

Principal partenaire et bailleur de fonds de la Tunisie, l’Union européenne a haussé le ton conditionnant lundi les négociations sur des relations renforcées au respect des droits de l’homme. La France s’est limitée à déplorer hier les “violences”, tout en appelant à “l’apaisement”. 

Merzak Tigrine

Côte Ivoire : Rififi à l’hôtel du Golf, Ouattara jette Brou Aka Pascal en prison

Brou Aka Pascal a reçu son cadeau de nouvel an à l’Hôtel du Golf : un séjour dans une chambre froide, juste après la Saint-Sylvestre. Avec à la clef, un charnier en préparation.

Celui qui n’entend rien au cœur et à l’appel de la République, la République n’entend rien à l’honneur de ce dernier. C’est une maxime que le confrère Brou Aka Pascal -qui a reçu sa lettre de nomination par le président du Rdr, comme Directeur général de sa Rti (?)-, apprendra à ses dépens. De fait, l’homme a perdu sa langue de critique journalistique depuis qu’il partage l’ambiance du Golf avec ceux qui se montreront ses bourreaux. Il subit le diktat des hommes en armes de son nouveau patron, Alassane Dramane Ouattara.

L’ancien collaborateur de Brou Amessan Pierre est très pressé de retrouver un bureau feutré de la maison bleue, pour y travailler, comme cela lui a été promis. Mais cela fait bientôt deux mois qu’il attend. Plus le temps passe, plus Aka Pascal n’a pas de lisibilité. C’est alors que juste après le réveillon de la St-Sylvestre, Brou Aka Pascal qui n’arrivait donc plus à contenir son envie de bosser et se croyant dans un studio libre, a commencé à grogner autour de lui. Oubliant qu’il a changé d’univers. Impatient, l’homme s’en est pris vertement à ceux qui l’ont invité à leur Qg, pour lui faire miroiter le bonheur.

Tel un rongeur qui ne tient plus dans le terrier surchauffé par cette atmosphère plus chaude qu’une ampoule allumée. « On ne voit rien venir. On a pris des risques pour venir ici, laissant nos familles dehors. Vous nous avez promis prendre le pouvoir dans quelques jours et depuis rien ne se dessine à l’horizon », nous a rapporté de Brou Aka, un militant Pdci qui s’est échappé de l’enclave de l’Hôtel du Golf. Dans le hall de l’hôtel, le grognon est vite repéré par un chef rebelle.

Qui n’apprécie pas ses agitations. « Pourquoi vous-vous plaignez autant ? Vous vous croyez le seul à être dans cette affaire ? Nous avons aussi nos familles qui sont en ville. Vous ne voyez pas que tout le monde est bloqué ici ? » Lui a rétorqué le soldat. Mais s’étant rendu compte que son intervention n’a pas satisfait son interlocuteur, l’élément Fafn a fait appel à deux autres éléments. A qui il ordonne d’enfermer le journaliste. Aussitôt dit, aussitôt fait.
L’ex-rédacteur en chef de la 1ère chaîne de la Rti, Brou Aka Pascal est conduit droit au sous-sol glacé de l’Hôtel du Golf, manu-militari dans une chambre très froide. Loin des bruits et autres regards. Il y a passé deux bons jours, avant de revoir le ciel et la lagune Ebrié. Au bord de laquelle, les militants-locataires devenus indésirables dans les chambres et salles d’eau de l’hôtel, se disputent une place à coucher, la nuit tombée. Et d’autres endroits en bordure de la même lagune pour les besoins naturels.

Le charnier qu’il faut craindre

Les odeurs nauséabondes à couper le souffle qui proviennent des excréments humains sont préférées aux bruits de kalachnikovs qui font taire à jamais. A la moindre tentative d’évasion.
Toutefois, des militants du Rdr et du Pdci qui ne peuvent plus supporter la nouvelle vie au Golf s’évadent en masse, comme ils peuvent. Fuyant la chambre froide et la mort. A ce propos, une militante de la famille politique de Konan Bédié (Pdci) qui a pu regagner les siens, tout récemment, ne s’empêche pas d’attirer l’attention des autorités ivoiriennes sur ce qui s’y prépare.

Selon cette dame, les morts par balle ou par maladie, sont conservés dans une autre chambre froide de l’Hôtel du Golf. Ces corps sont destinés à la constitution d’un charnier qui sera présenté à la presse internationale comme étant celui occasionné par le Président Laurent Gbagbo. Un schéma qui n’est pas nouveau et ne surprend personne. Puisque dans leur plan, selon toujours l’évadée, les hommes de M. Choï (soldats de l’Onuci) seront chargés de sortir lesdits corps et les amasser à un endroit tenu encore secret par les autorités du Rhdp.
Voici donc le spectacle désolant et déplorable qui s’offre à ceux qui ont décidé de soutenir -malgré eux pour certains-, une cause perdue. Pendant que celui pour qui ils s’exposent aux maladies et à la mort, s’est mis au frais. Et les portes de l’univers carcéral dans lequel ils se sont retranchés de gré ou de force, leur sont fermées par les rebelles de Ouattara. Malgré les appels de la République à regagner leurs domiciles respectifs.

Salyff Guélasséhanda

LVDPG

Côte Ivoire : Après le départ de Soro : 81 milliards découverts à la Primature

L’information émane d’une source proche de la Primature ivoirienne. Et elle fait état de la découverte dans le coffre-fort de l’ancien Premier ministre ivoirien, Soro Kigbafori Guillaume, d’un immense trésor de guerre constitué de diamant, d’or, de chèques et une très importante somme d’argent.

Que le chef de la rébellion ivoirienne aurait sécurisé en ces lieux, pour, certainement assurer ses vieux jours.

Les experts commis aux fins d’évaluer la valeur marchande de cet important «gisement minier» avancent selon la source, la somme de 81 milliards de FCFA, y compris les numéraires et les nombreux chèques non encore encaissés de Soro Guillaume.

Une autre source proche du dossier révèle que c’est en vue de prendre possession de cette forteresse laissée dans la précipitation que l’ancien Premier ministre a récemment projeté une marche du Rhdp sur la Primature.

Une entreprise criminelle qui, heureusement, a été vite étouffée dans l’œuf par les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire.

Ceci expliquant cela, on comprend mieux aujourd’hui les raisons profondes de la colère inextricable de Soro Guillaume, ce jeune homme de 39 ans qui a bâti toute sa fortune dans le sang des Ivoiriens. On comprend mieux aussi pourquoi le «petit gros» de Bouaké a perdu de l’embonpoint ces derniers temps pour afficher au Golf Hôtel où il est retranché, la posture d’un homme sérieusement affecté par la tournure des évènements qu’ils ont eux-mêmes créés en complicité avec la nébuleuse communauté internationale dont la mission macabre consiste à attenter à la vie du chef de l’Etat ivoirien, le président Laurent Gbagbo. D’où le récurrent appel de Soro Guillaume à une option militaire pour résoudre la crise postélectorale.

Mais là encore, le projet risque de faire flop, tant les Ivoiriens sont déterminés à protéger leur pays contre une invasion étrangère. Comme quoi, pour de l’argent perdu ou non, Soro Guillaume est prêt à tout.

Robert Krassault (ciurbaine@yahoo.fr)

notrevoie

Laurent Gbagbo teste la « monnaie nationale ivoirienne » à Bamako

Alors que les esprits sont tournés vers l’opportunité d’une intervention militaire de la Cedeao pour faire partir Laurent Gbagbo de la présidence ivoirienne après sa « défaite » lors du scrutin du 28 novembre 2010 face à Alassane Ouattara, le feu monétaire qui couvait, conséquence logique de la crise politique qui frappe la principale économie de la zone franc ouest-africaine, est en train de s’embraser. Ce week-end, à Bamako, des billets « Gbagbo » ont ainsi circulé…

A l’instar de la communauté internationale, notamment des pays de la sous-région et des puissances américaines et européennes, l’Uuemoa, qui regroupe huit Etats de la sous région ouest- africaine -dont la Côte d’Ivoire- avec une monnaie commune le franc Cfa et la Bceao comme institut d’émission, a déclaré ne reconnaître que Alassane Ouattara.

La convertibilité du franc Cfa, dont la parité avec l’euro est fixe, est garantie par le trésor français. Or, Paris, qui a d’importants intérêts économiques en Côte d’Ivoire, et près de 1800 soldats présents dans la cadre de l’opération Licorne, ne reconnaît comme président qu’Alassane Ouattara.

Naturellement, cette situation ne pouvait laisser sans réaction le camp du président déchu par les urnes. A plusieurs reprises, il a dit son intention de battre une monnaie nationale pour la Côte d’Ivoire. Une photocopie présentée comme le prototype de billet de banque que voudraient émettre les partisans du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo, a ainsi circulé sous le manteau en marge d’un conseil des ministres de l’UEMOA à Bamako.

Plusieurs sources ont confirmé la circulation à Bamako, en marge de la rencontre des ministres des Finances de l’Uemoa, d’un billet de banque de 100 francs frappé de l’effigie de l’éléphant avec des inscriptions comme « Banque centrale de Côte d’Ivoire » et « Monnaie de la résistance ».

La session ordinaire du Conseil des ministres de l’Uemoa qui prévoyait initialement de se prononcer sur la crise ivoirienne, a finalement été annulée en attendant que ne se réunissent les chefs d’Etat de l’organisation, le 22 janvier prochain à Bamako. Le gouverneur de la Bceao, Philippe Henry Dacoury-Tabley, réputé proche de Laurent Gbagbo, a annulé une conférence de presse prévue le même jour.

Côte d’Ivoire : le sang a encore coulé à Abobo

Une fois de plus, les populations de la commune d`Abobo ont passé une nuit d`enfer. Après les affrontements entre Fds et habitants du quartier Pk 18, dans la nuit du lundi dernier 10 au mardi 11 janvier, où chaque camp a enregistré des morts, l’on a encore assisté à de violents heurts. Mais cette fois, les combats ont opposé les Forces de défense et de sécurité à des hommes armés, qui semblaient bien organisés, dans la nuit du 11 au 12 janvier 2011. Au rond point de la gare routière d`Abobo, en face de la mairie de la commune où les affrontements ont eu lieu à l`arme lourde, nous a-t-on appris. Bilan : 6 policiers et plusieurs dizaines « d`ennemies » tués. 3 cargos des Fds ont été incendiés. Une situation qui a plongé la commune d’Abobo dans une paralysie totale. Des informations reçues de témoins (des habitants d’Abobo) et de sources aussi bien policières que militaires, il ressort que tout a commencé aux environs de 24 h quand des hommes armés, difficilement identifiables, ont lancé une expédition contre les Forces de défense et de sécurité. Celles-ci ont été surprises, elles qui avaient investi la commune d’Abobo, en raison de la situation précaire qui y prévalait. Le rond point de la gare routière d`Abobo, transformé ainsi en champs de bataille, a été le théâtre des affrontements. Toujours selon nos sources, les hostilités ont duré quatre heures. « J`ai vu les corps de 4 policiers dans un de leurs véhicules incendié », a affirmé un habitant du quartier « derrière mairie ». « Les agents tués au nombre de 6 et blessés, 4, sont issus des unités d`intervention de la brigade anti-émeute (Bae), de la compagnie républicaine de sécurité (Crs) et de la compagnie d`intervention de la préfecture de police d`Abidjan (Cippa) » nous a confié une source policière. Du côté des assaillants, on explique, sans toutefois avancer un
chiffre, qu’il y a eu plusieurs morts. Par ailleurs, a indiqué nos sources, des véhicules et chars des Fds qui ont été épargnés lors des affrontements, mis en lieu sûr, dans la cour du commissariat du 14ème arrondissement de police d`Abobo et les policiers blessés conduits à l`hôpital militaire d`Abidjan. Notons que depuis la confusion liée à la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010, une crise post-électorale, ponctuée de violences, secoue la Côte d’Ivoire. A chaque jour suffit sa dose de violences et son lot de morts. Au décompte, on parle de 18 morts, dans la rangs de la police nationale.

Listes des agents tués dont un non identifié

Goly Zirignon Franck

Abassoin Say Augustin

N`guessan Sonan Bi Habib

Togoré Laba

Fally Youan Bi Faustin

Liste des agents blessés

Akaffou Eric

Tebily Dominique

Seka Magloire Roméo

Bandama Yao Ekra

FOFANA Mambé_SOIRINFO

Coup d’Etat de la France et des Usa en Côte d’Ivoire : La vérité éclate au Canada

La désinformation et la crise en Côte d’Ivoire : l’inversion de la réalité». C’est sous ce titre que M. Bernard Desgagné, animateur d’un blog au Canada, a publié, sur son site, le premier article d’une série de quatre productions qu’il compte consacrer à la crise ivoirienne. En quelques heures, le premier article qu’il a écrit a pulvérisé les records de visite des internautes canadiens sur son site. Au Canada, l’opinion commence à s’apercevoir qu’elle a été dupée sur toute la ligne et commence à se poser des questions sur le bien-fondé de la décision du gouvernement canadien de renvoyer l’ambassadeur ivoirien sur son sol. Nous vous proposons le texte par lequel Bernard Desgagné a fait éclore la vérité au Canada.

L’année 2010 s’est terminée comme elle a commencé à Radio-Canada et à d’autres antennes : dans le mensonge et l’occultation. Le cartel médiatique occidental participe actuellement à une opération psychologique masquant une tentative de coup d’État en Côte d’Ivoire orchestrée depuis Paris et Washington. Comme cela s’est produit au Rwanda, en 1994, le cartel a procédé à une inversion des rôles : les agresseurs sont devenus les bons et les agressés des méchants.

Aidés par l’Agence France-Presse (AFP), plaque tournante du dispositif de désinformation en langue française de la ploutocratie, Radio-Canada et quelques autres journalistes aveugles, le nez collé à leur fil de presse, essaient de mettre dans la tête des Québécois que le président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, se maintient au pouvoir illégitimement. Selon eux, le chef de l’État ivoirien refuserait le verdict du deuxième tour de l’élection présidentielle, tenu le 28 novembre 2010.

En fait, ce qu’essaie de nous faire croire le cartel médiatique est exactement à l’opposé de la vérité. M. Gbagbo a remporté l’élection et préconise la négociation pour régler le conflit. Son rival, Alassane Ouattara, qui a perdu après avoir triché, se montre intransigeant et préconise la violence.
Contrairement aux affirmations hypocrites de l’Élysée, qui se pare d’une objectivité feinte depuis l’envoi en Côte d’Ivoire des troupes françaises de l’opération Licorne, en 2002, M. Ouattara a toujours été le candidat favori de l’ancienne puissance coloniale et de ses maîtres étasuniens. Le club des ploutocrates occidentaux basé aux États-Unis essaie d’endiguer la marée chinoise en Côte d’Ivoire, où la grande entreprise française est néanmoins encore très présente, voire favorisée. Loin de faire office d’arbitre, les bons clients de l’Empire qui se font appeler la «communauté internationale» sont en train de priver le peuple ivoirien de son droit de choisir librement son chef d’État.

La primauté du droit bafouée

Le gouvernement de la Côte d’Ivoire s’efforce, malgré la guerre civile, de respecter la primauté du droit. Selon la Constitution de la Côte d’Ivoire, qui a été approuvée par 86 % des électeurs lors de la consultation populaire de 2000 et que les défenseurs occidentaux de la démocratie devraient être les premiers à respecter, l’autorité suprême de l’Etat ivoirien est le Conseil constitutionnel. Or, Radio-Canada et les autres acteurs du cartel se gardent bien de donner les détails de la décision prise le 3 décembre 2010 par le Conseil constitutionnel à la suite du deuxième tour de l’élection présidentielle, et pour cause.

Le Conseil constitutionnel a constaté que des violations flagrantes des règles électorales, allant du bourrage d’urnes à l’empêchement de voter, en passant par l’intimidation et la violence contre les électeurs, ont été commises dans les régions sous l’emprise des Forces nouvelles, la rébellion armée à laquelle est associé M. Ouattara. C’est à l’issue de ce constat dument étayé que le Conseil constitutionnel a déclaré M. Gbagbo vainqueur du deuxième tour de l’élection.

Fidèle à ses méthodes insurrectionnelles, M. Ouattara s’est retranché dans un hôtel d’Abidjan, et ses alliés étrangers l’ont proclamé vainqueur avant même que ne soit connue la décision du Conseil constitutionnel, en s’appuyant uniquement sur les résultats provisoires annoncés hors délai dans le même hôtel par Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante, un organisme en réalité largement favorable à M. Ouattara. M. Bakayoko aurait été emmené à l’hôtel par l’ambassadeur de France et l’ambassadeur des Etats-Unis, selon Laurent Gbagbo.

Au premier tour, pourtant, M. Ouattara et ses alliés avaient attendu que le Conseil constitutionnel se prononce. Au deuxième tour, ils n’ont pas attendu, car ils se savaient coupables de fraudes électorales massives dans le nord du pays. M. Ouattara et son Premier ministre fantoche, Guillaume Soro, sont devenus les chouchous de l’AFP, dont les journalistes ont, eux aussi, élu domicile dans le fameux hôtel.

Le président Gbagbo a proposé que la crise soit dénouée pacifiquement en formant un Comité d’évaluation international pour vérifier la validité des résultats proclamés par le Conseil constitutionnel. Ce comité serait dirigé par un représentant de l’Union africaine, comprendrait des représentants de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, des Nations unies, des Etats-Unis, de l’Union européenne, de la Russie et de la Chine. Or, cette proposition, dont le cartel médiatique ne nous dit mot, a trouvé comme seule réponse les appels à la guerre lancés par le camp Ouattara et certains de ses complices, en particulier le Nigéria.

Les deux poids, deux mesures de la communauté internationale

Lorsque la soi-disant communauté internationale parle vaguement du Conseil constitutionnel, c’est pour semer le doute sur son impartialité en prétextant que ses membres ont été nommés par Laurent Gbagbo. Or, au Canada, par exemple, les juges de la Cour suprême sont nommés par le tout puissant Premier ministre, qui choisit aussi d’autres juges ainsi que les sénateurs, les ministres, les sous-ministres, les présidents des sociétés d’Etat et le commissaire de la GRC.
Et pourtant, la communauté internationale n’a pas envoyé des Casques bleus s’interposer lorsque le cabinet de Pierre Elliott Trudeau, composé de ministres nommés par lui, a proclamé la loi sur les mesures de guerre, en 1970, pour intimider et emprisonner sans motif valable près de 500 Québécois. L’ONU n’a pas proclamé l’indépendance du Québec après les fraudes massives du camp fédéraliste lors du référendum de 1995.

Le cartel médiatique n’a pas jeté l’opprobre sur l’inique Loi de clarification de Stéphane Dion et son patron Jean Chrétien. Ni Paris, ni Washington n’ont mis en doute l’objectivité de la Cour suprême lorsqu’elle s’est prononcée en réponse au renvoi sur la sécession du Québec. Personne n’est venu de l’étranger pour protéger avec des blindés le millier de Canadiens intimidés, arrêtés arbitrairement, jetés en prison et maltraités, parfois jusqu’à la torture, au sommet du G20 de Toronto.

Les pays occidentaux ont le droit de combattre les mouvements pacifiques de contestation ou de libération nationale par la supercherie, les menaces et la violence. Ils ont le droit de se draper dans une fausse démocratie, alors que leurs dirigeants agissent en véritables dictateurs. Mais les pays africains, eux, n’ont pas le droit de se défendre contre les agresseurs lourdement armés qui déclenchent des guerres civiles, qui sont financés par de puissants intérêts étrangers et qui n’ont aucun respect pour la démocratie, les lois et la vie humaine.

Bernard Desgagné

(in chronique du jeudi 6 Janvier 2011)

Guinée : Toumba Diakité demande la grâce de Condé

Après un long moment de silence, le lieutenant colonel Aboubacar Diakité alias Toumba ex-aide du l’ex-chef de la junte au pouvoir en Guinée s’est exprimé ce mercredi sur les antennes des medias d’Etat français. Dans un entretien court l’ex-aide de camps du capitaine Moussa Dadis Camara toujours en exil a demandé au président de la République de Guinée le professeur Alpha Condé de l’accorder sa grâce présidentielle pour qu’il puisse enfin rentrée au pays.

Pour Toumba, le président de la république est le père de la nation guinéenne et le droit de grâce est un pouvoir que lui confère la loi. A la question de savoir s’il ambitionne de se rendre à la justice guinéenne une fois au pays, Toumba est clair : « je n’ai pas confiance à la justice guinéenne et tout le monde est courant du rapport de la commission nationale d’enquête rendu public après les évènements tragiques du 28 septembre 2009 ( Ce jour la garde de Dadis Camara a tiré sur les manifestants au stade du même nom et a tué plus 150 personnes lors d’une manifestation de l’opposition ndlr), cette commission n’incrimine que Toumba Diakité alors que ce n’est pas vraie donc la justice guinéenne n’est crédible ».

Répondant à la question relative au capitaine Moussa Dadis Camara qui ambitionne de revenir au pays, s’il ne le craint pas ? La réponse du lieutenant colonel Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba est sans ambiguïté « je ne suis sur le chemin de personne et celui qui sera sur mon chemin me trouvera ».

Après cette intervention une fois encore du lieutenant colonel Aboubacar Toumba Diakité sur les antennes des medias d’Etat français après avoir tiré sur Dadis Camara , le 3 décembre 2009, aux yeux de l’opinion nationale, il apparaît clairement que la France sait où se trouve Toumba dont la destination est toujours inconnu du public. Selon certains citoyens guinéens interrogés ce mercredi dans les rues de Conakry, la France sait où se cache Toumba Diakité et la demande de Toumba n’est que formelle car le coup monté contre Dadis Camara n’est pas étrange du professeur Alpha Condé actuel président de la République de Guinée. Alors que pour les autres, Toumba Diakité n’a pas sa place en Guinée mais plutôt à la Cour pénale internationale (CPI) avec son mentor Dadis Camara pour qu’ils répondent de leurs actes dans le massacre du 28 septembre 2009 au stade du même nom. Il reste maintenant de savoir si le professeur Alpha Condé va accorder sa grâce à Toumba ou nom, les jours à venir, nous édifieront.
Ibrahima