Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

A propos du chômage massif …

(Un conseiller spécial présidentiel lamentable et une ministre pathétique)

Encore faudrait-il qu’ils s’accordent sur le diagnostique. « Les Béninois ne travaillent pas » insulte le conseiller spécial et beauf frère du chef de l’Etat, Marcel de Souza. « Il n’y a pas de chômage au Bénin mais de sous-emploi » cafouille la sulfureuse ministre de la jeunesse et de l’emploi Rékiatou Madougou. Inutile d’aller chercher un quelconque remède au spleen des jeunes et autres marginaux dans un tel cafouillis sur fond de kermesse-bilan de l’action gouvernementale. En clair, rien à faire contre la supposée fainéantise des Béninois et le déni du chômage officiellement proclamé, ni au cours du mandat finissant ni au cours d’un éventuel prochain mandat du docteur-président. Voilà la réponse des émergents à la promesse de 25.000 emplois en 5 ans du candidat Abdoulaye Bio Tchané.

La furie du beauf vis-à-vis de ses compatriotes se justifie amplement. La raréfaction des ressources au niveau des régies financières de l’Etat ne permet plus au prince d’honorer ses promesses démagogiques ou de s’offrir un train de vie disproportionné. La douane, les impôts et les recettes-perceptions sont en agonie. Mais le grand économiste qu’il revendique ne saurait ignorer l’impact de la tragédie Icc-Sercives. Plus de 150 milliards d’épargne frauduleusement prélevés auprès des ménages et dont son parti, le Frap a, d’ailleurs, largement profité. Bien que fainéants, les Béninois ont pu se faire voler suffisamment d’argent par des faux placeurs qui avaient pignon sur rue dans les allées de la Présidence de la République et pouvaient financer ostensiblement la propagande du régime Yayi. Jamais le Président du Frap ne s’est préoccupé de la manière dont son parti pouvait assumer sa part dans les nombreuses activités qu’il a parrainé à l’aide de l’argent des pauvres.

Attardons-nous un peu sur les recettes du Changement visant à mettre les Béninois au travail. A commencer par les cotonculteurs dont les plantations ont été transformées en champs de ruine sous les effets des intrants de mauvaise qualité fournis par des courtisans du régime. Les amis du beauf n’ont rien trouvé de mieux pour faire travailler les Béninois que de persécuter les opérateurs économiques nationaux. Pendant que les amis du régime se faisaient octroyer gracieusement des exonérations fantaisistes sur le dos du contribuable, les autres hommes d’affaires devaient mettre la clé sous le paillasson (Salé, Lawal, Adjovi Tchanvoédo), être embastillé (Fagbohoun), ou sortir du pays (Lagnidé, Rodriguez). C’est toujours de la lutte contre la fainéantise que de faire bloquer des dizaines de conseils municipaux au lendemain des élections municipales par des partisans du pouvoir ou de faire obstacle aux initiatives des maires de l’opposition. On ne parle pas encore de la propension du chef de l’Etat à multiplier les jours fériés ; à distraire les travailleurs en les conviant à des cérémonies de pose de pierre ; à faire envoyer ses ministres en tournées intempestives et couteuses pour des causes futiles.

Et l’autre qui parle de sous-emploi sans qu’on ne sache exactement de quoi cela retourne. Création d’emploi rime forcément avec création d’entreprises privées. Or la croissance à deux chiffres et les industries promises en 2006 se soldent en fin de mandat à 0 usine créée et à une croissance à moins de 3%. Ce que vivent des milliers de Béninois, c’est la précarité ou plutôt la non sécurisation des emplois surtout dans le secteur privé. Cela tient d’abord de la législation en vigueur ; ensuite de l’inefficacité des structures de règlement des conflits du travail. Le travailleur béninois a besoin d’être protégé contre des employeurs esclavagistes et tricheurs. Cela ne se règle pas par des artifices du genre micro-finances ou des recrutements de militants ou de frères de village dans la fonction publique.

A force de confondre bilan et show médiatique…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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