Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 14, 2011

BENIN : Réinstauration de la contribution scolaire dès le 1er février 2011

Mesure de gratuité de l’enseignement : Réinstauration de la contribution scolaire dès le 1er février 2011

Contrairement à ce que le gouvernement a fait croire aux populations sur la mesure de gratuité de l’enseignement qu’il a prise, la contribution scolaire sera réinstaurée dès le 1er février prochain. C’est ce qui ressort de la 2e Assemblée générale du Collectif des Directrices et Directeurs des écoles maternelles et primaires publiques des départements de l’Ouémé – Plateau tenue à Porto-Novo le 7 janvier dernier.

La mesure de gratuité de l’enseignement prise par le gouvernement de Boni Yayi a échoué lamentablement. C’est du moins ce qu’il convient de retenir des décisions prises par les chefs des établissements publics du maternel et du primaire des départements de l’Ouémé et du Plateau à l’issue de leur Assemblée générale du vendredi dernier dans la capitale. En effet, selon le Collectif des directrices et des directeurs, cette mesure prise par le gouvernement a du plomb dans l’aile et toutes les tentatives de dialogues avec l’autorité afin de trouver une porte de sortie ont été vaines. C’est pour cela que, ce creuset a décidé de prendre ses responsabilités pour sauver les petits enfants inscrits dans les écoles maternelles et primaires des deux départements des conséquences néfastes de l’improvisation légendaire du pouvoir en place. Ainsi, dès le 1er février 2011, chaque écolier de la maternelle au CM2 doit verser une contribution de 3000fCFA même si elle est forfaitaire et ce, sans distinction de région.

Les enfants sacrifiés sur l’autel de l’improvisation

A l’analyse de la mesure prise par le régime de Boni Yayi, il ressort clairement que la décision de gratuité de l’enseignement n’a pas été bien mûrie avant d’être prise au sommet de l’Etat. Selon les 234 participants issus des 15 circonscriptions scolaires de l’Ouémé – Plateau, la totalité de la subvention de 960.000fFCFA par an n’est pas parvenue à chaque école ayant 06 classes au cours de l’année écoulée. Ce qui fait que normalement le gouvernement doit verser un montant total de 1.080.000fCFA à chacun de ces établissements cette année scolaire 2010 – 2011. Malheureusement cela n’est pas fait. Ce qui fait que les chefs des établissements se retrouvent aujourd’hui en difficulté fasse à la gestion des écoles et par surcroît, des apprenants. Aujourd’hui, ils sont dépassés par les choses. In facto, ils ont pris leurs responsabilités pour ne pas être comptables dans la compromission de l’avenir des enfants. Cela n’étonne pas les avertis de la gestion de ce régime qui est réputé pour son improvisation. En tout cas, il est évident que Boni Yayi a échoué dans cette mesure de gratuité qu’il a prise.

Isabelle AHOUNOU

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Présidentielle de 2011 : Victor Topanou investi candidat le 22 janvier prochain à Cotonou

La candidature de l’ancien ministre du Chef de l’Etat, Victor Prudent Topanou cesse dès le samedi 22 janvier prochain d’être une simple rumeur. Et pour cause, Victor Prudent Topanou sera officiellement investi candidat à la présidentielle du 27 février prochain par la kyrielle de militants, mouvements, partis politiques et jeunes acquis à sa cause.

Intellectuel bon teint, l’homme aura fait ses preuves aux côtés de Boni Yayi en occupant successivement, de hautes fonctions comme Conseiller technique aux affaires juridiques du Chef de l’Etat, Secrétaire général du gouvernement puis promu Ministre de la justice, porte-parole du gouvernement.

Pour avoir géré ses fonctions respectives avec abnégation, tempérance et aussi de façon unanimement reconnue pondérée, Victor Topanou, remercié par le Chef de l’Etat lors du dernier remaniement ministériel à la surprise générale se trouve aujourd’hui suffisamment outillé pour conduire les destinées du pays, si le peuple lui en donne mandat en février prochain.

Avec tous ses postes hautement politiques, l’homme a su s’offrir une bonne carapace politique en s’attirant beaucoup d’admirateurs et de sympathisants aujourd’hui décidés à le soutenir afin qu’il accède au fauteuil présidentiel au soir du 27 février prochain. D’ores et déjà, on annonce une gigantesque mobilisation autour de l’investiture de l’homme qui se fera sans nul doute à Cotonou.

Enseignant de droit et sciences politiques à l’Université d’Abomey-Calavi, Victor Prudent Topanou avec ses 47 ans de vie et natif de la 2ème plus grande agglomération du Bénin (Abomey-Calavi) après Cotonou, compte fortement sur la jeunesse notamment celle estudiantine pour s’offrir une assise politique au plan national.

Né dans cette localité, véritable bétail électoral majoritairement constitué du groupe ethnique des AÏZO, Victor Topanou fera très mal au candidat de l’Union Fait la Nation selon les prédictions des observateurs les plus avertis de la vie politique nationale. Fort de tous ces atouts, on peut alors affirmer sans risque de se tromper que la candidature de Victor Topanou, ancien Ministre de Yayi est aujourd’hui irréversible et paraît bien plus sérieuse qu’on ne l’imaginait.

Donatien GBAGUIDI, L’évenement précis

Présidentielle de 2011 : Des manœuvres pour empêcher Gbèdo de déclarer sa candidature

C’est le temps de toutes les manœuvres politiciennes sous l’ère du Changement. Le régime en place met tout en place pour coincer ses probables adversaires. L’une des victimes des plans machiavéliques du régime du Changement est l’amazone candidate Me Marie-Elise Gbèdo.

C’est désormais la coupe pleine pour le régime du Changement qui marque à la culotte tous ses adversaires. De sources sûres, Me Marie -Elise Gbèdo, présidente de l’Association des femmes juristes du Bénin et candidate aux prochaines élections présidentielles, est dans le viseur du régime du Changement qui semble tout mettre en place pour l’empêcher de déclarer sa candidature. Peine perdue car l’amazone candidate fera bel bien sa déclaration de candidature. Selon les mêmes sources, Me Marie Elise Gbèdo devrait en principe déclarer sa candidature le 21 janvier prochain au palais des sports de Cotonou devant une forte foule de femmes estimées à 8000 environ. Mais aux dernières nouvelles, Marie Elise Gbèdo a dû préférer le palais des Congrès au palais des sports initialement prévu pour les manifestations. Ce changement de cap est dû au fait que le pouvoir a annulé toutes les réservations, dont celle de Marie Elise Gbèdo, du palais des sports pour la période allant du 20 janvier au 30 avril 2011. Et ceci, sans motifs réels. Une manœuvre qui empêche ainsi la tenue de tout regroupement politique en ces lieux outre que celui des Forces Cauris au pouvoir actuellement au cours de la période électorale. N’est-ce pas un plan machiavélique qui entrave l’éclosion de notre jeune démocratie ? Le gouvernement du Dr Thomas Boni Yayi doit revoir sa copie.

Idelphonse POSSET

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Rebondissement dans l’affaire d’escroquerie internationale : Yayi demande la levée de l’immunité de Vodonou

Le gouvernement demande le vote d’une résolution en vue de la levée de l’immunité parlementaire du député Désiré Vodonou. C’est le contenu de la correspondance du Garde des sceaux, ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme lue dans l’Hémicycle hier jeudi 13 janvier 2011.

Ainsi, après l’échec des tractations pour lever l’immunité parlementaire du député Force Clé sur la base du flagrant délit en vue de faciliter sa poursuite devant les tribunaux, c’est par l’Assemblée nationale que le gouvernement entend atteindre ses objectifs. Et le Garde des sceaux qui affirme s’être inspiré des accusations portées contre l’intéressé par le commissaire central de Cotonou, demande le vote des députés pour livrer leur collègue Désiré Vodonou à la justice, oubliant que l’intéressé est membre du groupe majoritaire de l’Assemblée nationale. Ainsi, si un vote devrait intervenir dans un cas ou un autre, c’est déjà l’échec pour le gouvernement. Mieux, les députés ont appris, sous toutes les législatures, à se soutenir dans les mêmes conditions. Ici, les clivages mouvance-opposition sont rangés au placard et il est réservé une fin de non recevoir au gouvernement. Deuxième preuve de l’échec de la procédure. Et les exemples sont légion dans le cas d’espèce. C’est au début de la présente législature qu’il y a eu le premier cas. Le pouvoir du Changement avait tenté de lever l’immunité parlementaire du député G 13 Issa Salifou. A l’unisson, les députés ont fermé les yeux sur la requête et le dossier classé. Idem pour l’ex-directrice de la Société béninoise de l’énergie électrique (Sbee) Célestine Adjanohoun et son successeur Luc da Matha Sant’anna que le pouvoir tentait aussi d’épingler. Et malgré ses prises de position en faveur du pouvoir et surtout contre ses adversaires politiques, ces derniers l’ont soutenu jusqu’au blocage du dossier. C’est encore vers ce résultat qu’on s’achemine sans doute.

J-C H (Br.Ouémé-Plateau), Le matinal

L’armée ivoirienne en ordre de bataille, s’apprête à accueillir l’ECOMOG

«L’Hôtel du Golf est maintenant devenu un refuge de bandits. Et je crois qu’à la longue, il faut que nous nous préparions à libérer ce lieu de façon brutale.» Ces paroles claires et fermes, qui ont tout d’une promesse, ont été prononcées par le Général Dogbo Blé Brunot, Commandant de la Garde républicaine de Côte d’Ivoire et par ailleurs Commandant du Palais présidentiel.
Lors d’une rencontre avec ses hommes, à trop vouloir imposer un Président illégitime et illégal en la personne d’Alassane Dramane Ouattara, la coalition françafricaine autour de Nicolas Sarkozy ne réussit qu’à radicaliser les positions de l`armée et du peuple ivoirien.

Extraits

[…] «Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, l’une des Institutions, en l’occurrence le Conseil constitutionnel, est attaquée. On dit souvent que les militaires ne doivent pas s’ingérer dans les débats politiques. Mais quand la Nation est attaquée, quand le pays est attaqué par des étrangers, par des gens venus d’ailleurs, tout militaire doit s’engager. Et plus particulièrement les militaires de la Garde républicaine, c’est-à-dire les gardiens de la République, doivent être encore plus engagés. […] Je suis venu ce matin, pour vous dire qu’il semblerait qu’il y ai des gens qui rodent autour des camps, pour recruter des militaires pour les faire basculer dans la « République du Golf », cette république diabolique qui s’est formée sous nos yeux.

Ordre vous est donné ce matin de mettre hors d’état de nuire par tous les moyens celui qui viendrait ici vous contacter. Et gare à celui qui va se rendre complice de ce genre d’individus. Je vous le répète, je vous donne l’ordre de mettre hors d’état de nuire par tous les moyens conventionnels ou non tout individu qui roderait autour de ce camp, pour vous contacter.

En remettant en cause la décision du Conseil constitutionnel, les pays étrangers et Choi démontrent là un mépris à l’égard de la souveraineté de notre Etat. Comme si la Côte d’Ivoire n’avait pas d’enfants. Ils oublient qu’il y a des enfants de la Côte d’Ivoire qui sont là. En Côte d’Ivoire, il y a le peuple et l’armée ivoirienne qui sont là. Je leur dis du haut de cette tribune que la Garde républicaine n’acceptera jamais et se battra de toutes ses forces avec tous ses moyens contre l’application d’une décision autre que celle du Conseil constitutionnel. Ils trouveront sur leur chemin des garçons, des militaires décidés à défendre la souveraineté de leur pays. […] Actuellement, ils sont dans un état d’inconscience totale qui leur permet de rêver. On ne peut pas accepter qu’un pays soit piétiné, que les Institutions d’un pays soient piétinées. La Côte d’Ivoire est la terre de nos pères, de nos ancêtres et ce n’est pas la terre des parents de Choi, ni de présidents des pays membres de la Cedeao. C’est à nous de défendre la terre de nos pères. Et personne d’autre ne le fera à notre place.

Ne vous laissez pas intimider ni impressionner par qui que ce soit, par une communauté dite internationale qui n’est qu’un ramassis de comploteurs qui veulent s’accaparer la Côte d’Ivoire et ses biens. En tant que dignes fils de ce pays, vous ne devrez pas accepter cela. C’est pourquoi, je vous invite au rassemblement, à la mobilisation pour faire barrage à ces imposteurs et qu’ils trouvent sur leur chemin des enfants de la Côte d’Ivoire prêts à défendre leur pays. […] Que tous ceux qui sont en train de faire ce complot contre la Côte d’Ivoire, en passant par l’Hôtel Sebroko (siège de l’Onuci), Hôtel du Golf, Abuja et l’Onu sachent que nous les attendons. Qu’ils se rendent compte qu’ils ne rendent même pas service à ceux qu’ils veulent mettre au pouvoir de force, au mépris des lois de notre pays. Si la bataille doit avoir lieu, il faut qu’elle fasse rage ! Et il faut que vous vous montriez à la hauteur de cet ultime combat de libération. Nous attendons les comploteurs au coin de la rue. Nous les attendons sur le terrain.

[…] L’Hôtel du Golf est maintenant devenu un refuge de bandits. Et je crois qu’à la longue, il faut que nous nous préparions à libérer ce lieu de façon brutale. Parce que c’est un peu trop facile. Il faut qu’on leur montre le contraire.

Officiers, sous-officiers, militaires de rang de la Garde républicaine, cette réunion d’aujourd’hui n’est pas une réunion comme on en a l’habitude, mais c’est un message que je voulais porter à votre connaissance. Face à la situation de mépris révoltante à laquelle nous faisons face, je vous demande de vous conditionner pour le combat ultime de la Côte d’Ivoire.»

Général Dogbo, Commandant de la Garde républicaine de Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire : Usage de la force légitime contre Gbagbo Laurent – Alertés par l’Angola, Gbagbo et Simone ne dorment plus chez eux

Malgré les dénégations de Gbagbo, d’Emile Guiriélou et du gouvernement angolais, plusieurs mercenaires angolais ont été recrutés et sont à Abidjan pour faire la guerre pour le compte de Gbagbo. Ils ont déjà pris part à la répression sauvage contre les militants du Rhdp lors des manifestations des 16 et 17 décembre dernier. Dans son édition à paraître aujourd`hui, « La lettre du continent » donne les détails de ce que l`Angola se prépare à faire en Côte d`Ivoire, en cas d`intervention de l`Ecomog.

« Alors que le Ghana a ouvertement déclaré son hostilité à une intervention de l`Ecomog en Côte d`Ivoire, la force d`intervention de la Communauté économique et monétaire d`Afrique de l`Ouest (Cedeao), pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir, ce dernier continue à solliciter Luanda, son principal allié sur le continent africain, pour renforcer sa capacité militaire. En plus de soldats angolais déployés dans Abidjan (LC N°602), deux Sukhoï 27 et un Mig 25 angolais ont décollé d`Accra, au Ghana, dans la matinée du 27 décembre, pour effectuer des manœuvres au-dessus du domaine maritime ivoirien, ainsi que d`Abidjan. Ces appareils étaient pilotés par des Angolais et des Cubains. Cette opération de repérage visait à identifier les sites devant être défendus en cas d`intervention de l`Ecomog, notamment le siège de la Radio télévision ivoirienne (Rti), désormais l’épicentre de la propagande pro-Gbagbo. L’autre objectif était de repérer les bases logistiques de l`Onuci et de la force Licorne. Selon nos informations, un cargo dénommé Kouango et affrété par une société publique angolaise serait par ailleurs en partance de Luanda pour le Port autonome d`Abidjan (Paa), avec à son bord du matériel de guerre et des pièces d`artillerie. Plusieurs tireurs d`élite des renseignements généraux se sont également infiltrés dans Abidjan. Ce service secret angolais a été le premier à alerter Gbagbo sur la préparation d`opérations d`enlèvement. Depuis, le couple présidentiel quitte chaque soir le palais, à partir de 19 heures, pour rejoindre des lieux sécurisés dans la capitale économique « .

Source : LC du 13 janvier 2011

Mission d’Alassane Ouattara en Angola pour négocier sa reconnaissance – Luanda dit ne reconnaître que le Président Gbagbo

Sentant la courbe de ses soutiens internationaux descendre, Alassane Dramane Ouattara va quémander celui de l’Angola. Mais Luanda a renvoyé ses émissaires après leur avoir signifié qu’il ne reconnaît comme Président de Côte d’Ivoire que Laurent Gbagbo. Alassane Dramane Ouattara, candidat malheureux de la présidentielle du 28 novembre 2010, fait tout pour rallier des pays dignes de l’Afrique à sa cause illégale. Le mardi 11 janvier 2011, il a envoyé à Luanda, auprès du Président angolais José Eduardo Dos Santos, une mission de deux personnes. Il s’agit de l’ancien ministre des Affaires étrangères Jean-Marie Kacou Gervais et Hamed Bakayoko, ancien ministre des Ntic. Dans le gouvernement de la République du Golf, ces deux hommes d’Alassane sont respectivement ministre des Affaires étrangères et ministre de l’Intérieur. Mais la mission en Angola a été un échec. Le Président Dos Santos ne les a pas reçus. Par politesse, il les a fait recevoir par le vice-Président Nado et le ministre des Affaires étrangères George Chikoti. L’objet de leur mission est la présentation de la situation en Côte d’Ivoire et la demande de reconnaissance de Alassane Dramane Ouattara par Luanda comme le Président élu, à la suite de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Mais la réponse des autorités angolaises a été tout nette : « le régime reconnu par l’Angola est celui du Président Laurent Gbagbo, Président élu et proclamé par le Conseil constitutionnel ». Le Vice-Présdent Nado et le ministre George Chikoti ont alors invité les envoyés de la République du Golf à se référer à la déclaration du 24 décembre 2010. Dans cette déclaration, relativement à la résolution de la crise ivoirienne, le Gouvernement angolais avait clairement préconisé un règlement pacifique et négocié dans le cadre d’un dialogue constructif. Et lorsqu’il a été demandé aux émissaires d’Alassane ce qu’ils pensaient de cette option négociée, selon nos sources, ils ont posé leurs conditions déjà connues. A savoir que Laurent Gbagbo reconnaisse les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (Cei), qu’il
reconnaisse également Alassane Ouattara comme Président élu et que le Président Laurent Gbagbo lui remette le pouvoir avant toute négociation. Naturellement, cette rébellion contre la Côte d’Ivoire ne peut être soutenue par l’Angola. C’est donc sur cet échec que Jean-Marie Kacou Gervais et Hamed Bakayoko ont quitté Luanda.

Germain Séhoué

Le Temps – 13/01/2011

Crise post électorale en Côte d’Ivoire : Un agent secret français parle

Bon nombre d’Ivoiriens, qui admettent que la crise ivoirienne est fomentée par la France, continuent de s’interroger sur l’intérêt « subit » éprouvé par les Etats-Unis d’Amérique de s’associer à la France pour accomplir le coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Un ancien agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) affirme que les Ivoiriens se trompent. L’homme au fait des micmacs des services secrets américains ne supporte plus de voir son pays, la France, et ses dirigeants jouer aux « boys » des Américains en Côte d’Ivoire. Par des canaux complexes, il nous a permis de prendre son témoignage.

«Plus que les Français, les Américains, à travers la CIA, ont décidé de s’emparer de la Côte d’Ivoire à partir d’un plan machiavélique conçu avant les années 1988. C’est, de nos jours, ce plan qui a été réactivé. La construction de la grande ambassade des Etats- Unis en Côte d’Ivoire fait partie de ce plan tout comme l’installation d’un ivoiro-burkinabé, en la personne d’Alassane Ouattara, à la tête du pays. L’objectif est la naturalisation des quatre millions de Burkinabé vivant en Côte d’Ivoire afin de garantir la production du cacao et du café dans ce pays. C’est une affaire de survie pour les puissants chocolatiers américains. L’ambassade a été construite pour coordonner ces opérations en Côte d’Ivoire et pour d’autres objectifs en Afrique. Pour tout cela, il faut une mainmise sur le pouvoir ivoirien pour le compte du lobi des chocolatiers Américains.

Donc, les Américains veulent garantir la production du cacao. Le seul moyen, c’est de pouvoir compter sur la communauté burkinabé en Côte d’ivoire dont dépend, selon eux, une grande partie de la production du pays. Les Américains entendent fidéliser cette communauté par la naturalisation des quatre millions de burkinabé dont la plupart travaillent dans les plantations, croient les Américains, «dans une situation de précarité qui n’est pas à leur convenance». Il faut donc réussir à faire prendre le pouvoir par Alassane Ouattara. Et, depuis octobre 2000, la CIA utilise une arme fatale : la fragilisation du régime Gbagbo pour arriver à le faire vomir par tout le peuple ivoirien afin de l’écarter facilement du pouvoir. Souvenez vous, plusieurs opérations ont été menées par la CIA en Côte d’Ivoire ou exploitées à cet effet, mais avec des succès mitigés : le charnier de Yopougon, l’assassinat de Jean Hélène, l’enlèvement de Guy André Kieffer, le déversement de déchets toxiques à Abidjan, l’empêchement du Président du FPI de se rendre aux USA ; la CIA a aussi fabriqué des mensonges graves tels que : «la Côte d’Ivoire exploite les enfants dans les plantations de cacao». Elle a manipulé l’information avec son sous-agent, l’Alassaniste Hamed Bakayoyoko, à Abidjan : «Les refondateurs offrent des voitures Rav 4 aux jeunes filles ; Madame Gbagbo engage des frais de séjour inconsidérés aux USA», etc.

Toutes ces actions qui font partie d’un vaste complot ont un seul but, discréditer le régime de Laurent Gbagbo et favoriser l’élection d’Alassane Ouattara. Ces actions néfastes contre Gbagbo ont pris des allures de crimes commis par la CIA, mais dont personne ne veut en parler : c’est le cas de la mort jusque-là non élucidée, dans une clinique française, de Madame Sarata Ottro Zirignon, ancien directeur adjoint de cabinet du président Gbagbo, qui gênait les chocolatiers américains par sa diplomatie agressive à travers des réseaux qu’elle maitrisait parfaitement aux Etats-Unis. Ces actions néfastes sont passées inaperçues aux yeux des Ivoiriens pour la simple raison que les Américains ont toujours agi en se cachant derrière les Français, eux-mêmes manipulés à souhait et croyant régler leur propre problème avec ce Laurent Gbagbo qui ne veut pas se faire domestiquer.

Nicolas Sarkozy, un président manipulé

Oui, je vous le dis : Nicolas Sarkozy, agent français de la CIA, participe volontairement de cette manipulation des Américains. Ce sont ces derniers qui l’ont fait président de la France. Souvenez-vous de l’affaire Clearstream montée par les Américains pour lui permettre de devancer son adversaire du même camp : Dominique De Villepin. Devenu président, Sarkozy applique à la lettre les consignes de la CIA, y compris laver un vieil affront que le Général De Gaulle leur a infligé : Sarkozy a fait adhérer à nouveau la France à l’OTAN. Pour la Côte d’Ivoire, «le coup de pousse» à Alassane Ouattara est un plan conçu par la CIA américaine et inspiré par le lobby des chocolatiers américains avec son réseau mondial. La raison : les Ivoiriens se détournent du cacao pour l’hévéa. Il leur faut une population acquise pour produire essentiellement le cacao. Pour mieux vous le faire comprendre, revisitons l’histoire et ses faits.

Nous sommes en 1988. Face à la baisse des prix sur le marché mondial, le Président Houphouët-Boigny refuse de vendre le cacao. Il fait brûler la production pour montrer son ras-le-bol. Le stock de sécurité américain prend un coup. Le lobby des chocolatiers américains prend cela comme une trahison de la Côte d’Ivoire et un grand risque à ne plus revivre. « Après avoir aidé ce pays à devenir premier producteur de cacao, voilà qu’il nous paie en monnaie de singe ! ». Mais ces puissants chocolatiers américains ont éprouvé de la pudeur à attaquer Houphouët-Boigny qui, en son temps, avait proposé la double nationalité sur recommandation des chocolatiers américains. Cependant, les Américains ont conçu un plan pour précipiter sa mort comme ils l’ont fait plus tard avec Eyadéma, Bongo, etc.
En 1989, la CIA organise l’asphyxie de la Côte d’Ivoire à travers le FMI et présente Alassane Ouattara comme le sauveur. Houphouët se voit obligé de l’accepter. Ouattara est bombardé Premier ministre d’Houphouët. Ce poste n’avait jamais existé en Côte d’Ivoire. La présidence n’est plus loin pour l’Ivoiro-burkinabé. Dans la foulée, la CIA organise le mariage de ses deux agents désormais réunis en Côte d’Ivoire : Monsieur Ouattara épouse Dominique Nouvian à Neuilly chez le maire Nicolas Sarkozy, un autre agent de la CIA en France. Houphouët-Boigny «peut» désormais mourir. Les Américains se débarrassent de lui en 1993. En ce moment-là, ils pensent avoir réussi leur coup quand surgit Henri Konan Bédié, avec l’appui des Français, grâce à l’article 11 de la Constitution. Sur ce point, Houphouët les a doublés, Ouattara et ses maîtres chocolatiers, au chapitre de la succession. Ouattara s’agite pour rien. Il n’aura pas le pouvoir. Pendant la petite guerre de succession ouverte par Ouattara à la mort d’Houphouët, Gbagbo déclare qu’il n’aime pas la transmission monarchique du pouvoir, mais il démontre qu’il est légaliste et opte pour l’installation de Bédié au pouvoir.

Bédié vaincu, place à l’opération «Tout sauf Gbagbo»

Les Américains échouent, mais ne renoncent pas. Ils reprennent leur agent au FMI pour avoir le temps d’organiser son retour. Bédié est poussé à la faute dans la gestion des affaires publiques avec les innombrables détournements et affaires sales notamment les DENOS (Dépenses engagées non ordonnancées). Il prononce un mot dont les Américains ont horreur, l’Ivoirité. Parce qu’il faut savoir que, pour les Américains, la garantie de la production du cacao va avec la naturalisation massive des Burkinabé. Une main-d’œuvre moins chère et formée pour la production du cacao. Parler d’ivoirité, c’est empêcher cette main-d’œuvre bon marché de se déverser en toute sécurité en Côte d’Ivoire. L’occasion était bonne pour faire un coup d’état. Car, il faut savoir que nos autorités (françaises) n’ont jamais envisagé un coup d’Etat contre Bédié qui est considéré comme leur homme, en tant que digne successeur d’Houphouët-Boigny. Là encore, le plan des Américains d’installer leur homme échoue avec le général Robert Guéi qui organise une élection qui donne le pouvoir à Laurent Gbagbo, un socialiste de surcroît. Cela met les chocolatiers américains en colère. C’est pourquoi, une fois encore, sans même attendre de voir agir le nouveau président pour le juger sur pièces, la CIA met en marche, par une succession de coups d’Etat qui échouent les uns à la suite des autres, durant toute l’année 2001, un autre plan. De guerre lasse, elle monte une rébellion financée par le lobby américain et d’autres entreprises financières à raison de plus de 25 millions par mois pendant plus de deux années. La mission des militaires français ayant montré ses limites en Côte d’Ivoire, les Américains réussissent à «suggérer» l’envoi des Casques bleus de l’ONU. Le décor est planté pour le départ de Laurent Gbagbo…

Gbagbo comme Houphouët en 1993 !

La résolution de la crise ivoirienne passe par des accords qui stipulent la nécessité d’organiser des élections «ouvertes à tous». Alassane Ouattara est autorisé par exception à poser sa candidature. Laurent Gbagbo croit pouvoir obtenir, en retour, le désarmement prescrit dans tous les accords. Votre président s’est leurré. Au contraire, c’est lui qui a été plutôt acculé à faire les élections. Tout le monde s’est gardé de désarmer les rebelles. Le désarmement a été malicieusement élevé au rang de tabou. Laurent Gbagbo a été ainsi piégé, soucieux de ne plus s’entendre dire qu’il refuse d’organiser des élections parce qu’il est sûr de les perdre. Enfin il a donné l’impression qu’il s’est laissé piéger !

Oui, Laurent Gbagbo a été piégé mais il n’était pas fini. Il a même quelque chose d’Houphouët-Boigny qu’il a pourtant combattu tout le temps. Très futé et sachant la supercherie, le président ivoirien a piégé à son tour, et là pour de vrai, les chocolatiers américains et leur poulain, Alassane Ouattara. Il l’a fait avec l’arme fatale que la Constitution ivoirienne lui offre, à savoir le Conseil constitutionnel. Suite aux tricheries inélégantes au nord, dans son fief, Alassane Ouattara a été sanctionné en dernier ressor et sans appel par l’institution judiciaire suprême. Les chocolatiers américains n’avaient pas bien prévu ce scénario. Ils se débattent à présent et veulent absolument réussir leur coup à travers deux de leurs agents en Afrique : Blaise Compaoré qui a été utilisé pour supprimer Thomas Sankara, et Abdoulaye Wade qu’ils ont aidé à gagner au Sénégal. Cela explique les agitations de ces deux présidents au sein de la CEDEAO.

Ce que je souhaite que le peuple ivoirien retienne est simple : c’est son unité et sa détermination qui feront sa force. Il faut dénoncer haut et fort les actes criminels des Américains sur le sol Ivoirien. Les Américains sont prêts à tout pour assurer leur approvisionnement en cacao. Ils voient la Côte d’Ivoire comme un champ de cacao entretenu par des esclaves. Ils se moquent de la volonté du peuple de Côte d’Ivoire. L’achat d’une usine de chocolat aux Etat-Unis était un crime de lèse-majesté pour le régime Gbagbo. Ce sont eux qui ont suscité tous les scandales fondés ou non contre les gestionnaires de la filière café-cacao. Il fallait les punir pour leur audace de vouloir organiser la filière qui pourrait échapper à ces chocolatiers étatsuniens. Entre autres scandales, le journaliste franco-canadien Guy André Kieffer s’apprêtait à révéler le complot des chocolatiers, voilà pourquoi la CIA l’a fait disparaître. Pour des raisons diverses, certains hommes d’affaires français et des agents de la DGSE à leur solde veulent la tête de Gbagbo. Mais il faut savoir, avant tout, que la Côte d’Ivoire doit ses malheurs à la CIA américaine et au lobby des chocolatiers américains. Nicolas Sarkozy n’est qu’un valet de service dans cette affaire. Il est temps de le savoir».
Propos recueillis par César Etou (cesaretou2002@yahoo.fr

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