Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 18, 2011

BENIN : Le général Mama Sika bientôt nouveau ministre de l’intérieur

Plus on s’achemine vers les prochaines joutes électorales, plus les intrigues au sommet de l’Etat deviennent croustillantes. Entre autres stratégies pour sa reconquête du pouvoir, Boni Yayi a décidé de limiter les percées de son challenger numéro 1 Abdoulaye Bio Tchané un peu partout sur toute l’étendue du territoire et surtout dans le nord considéré jusqu’ici comme sa chasse gardée. Or tout le monde sait qu’à l’approche des élections il n’y a pas meilleur portefeuille ministériel que celui de l’intérieur pour ratisser le large. Mais dans le contexte actuel des choses, l’actuel ministre de l’intérieur est mal placé pour jouer ce genre de rôle. Alors la toute nouvelle trouvaille de Boni Yayi et qui, si les jours à venir s’avérait, est d’aller dénicher l’ancien homme fort du Général Kérékou, le Général Mama Sika. Car si l’actuel ministre de l’intérieur Martial Sounton devrait sortir ses griffes, cela friserait une opposition du sud contre le nord. D’où il a été conseillé à Boni Yayi de sortir le joker Mama Sika qui est un homme de Kérékou contre Abdoulaye Bio Tchané un autre homme de Kérékou. Et comme il n’est plus un secret que le Général Mathieu Kérékou est un caméléon jusqu’au bout des doigts et que personne n’a jamais pu déceler le fond de sa pensée, même les analystes politiques les plus émérites n’ont pas exclu que ce coup en gestation ait été soumis au Général et qu’il ait donné son approbation. Une chose est sûre, Yayi n’aurait jamais pu prendre une pareille décision sans consulter le ‘’caméléon’’. Tout compte fait, les jours à venir nous édifierons davantage sur les tenants et les aboutissants du coup que prépare Boni Yayi et ses lieutenants.

Romuald TCHOUKPA

source : akkilouy.over-blog

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BENIN : Et s’il n’y avait pas eu Yayi en 2006 ???

Rien n’aurait affecté la construction de l’échangeur du carrefour Godomey et de la route Godomey-Akassato, de la poursuite et de l’amélioration des micro-crédits en place depuis le règne du président Soglo, de l’aménagement des vallées agricoles, de l’assainissement des finances publiques même si le régime dit du Changement n’était survenu. Pas eu une seule glose de la kermesse-bilan n’a pu édifier l’opinion sur les spécificités de la méthode Yayi en dehors des slogans ressassés et remâchés depuis 5 ans. Du Changement, les Béninois n’ont vu que la paupérisation grandissante, les crises sociales et politiques, les scandales, la gouvernance-spectacle et la désinvolture au sommet de l’Etat. Leur cher président adoré a passé son règne à se faire héliporter de foyers de misère en terres de désolation, distillant ici et là des promesses irréalisées et irréalisables. Un mandat quelconque en somme, déroulé sur fond deux gros mensonges au moins : la croissance à deux chiffres et les usines. Des chimères. C’est incontestablement pour la « première fois » qu’un docteur-banquier-président s’en sort avec un bilan économique aussi cataclysmique.

Néanmoins, les prouesses du Changement se dénombrent à l’infini, à commencer par l’extraordinaire butin des faux placeurs. Si Yayi n’avait pas été au pouvoir jamais ces escrocs n’auraient probablement pas pu parvenir à une telle perfection dans l’arnaque des populations. Ils avaient besoin du providentiel coup de pouce capable de faire fondre toutes les réticences qui auraient pu constituer des obstacles à la réalisation de la gigantesque collecte illégale d’épargnes privées. Ils l’ont obtenu en se faisant recevoir en audience officielle à la Présidence de la République et en se faisant assister régulièrement sur le terrain de la présence soit de la première dame, soit d’un ou de plusieurs ministres, soit de députés, soit de parents directs du grand chef, tous acquis à la cause de l’émergence. Les faux placeurs n’avaient qu’à s’abaisser pour ramasser tout l’argent du peuple. Avec une couverture de la trempe de ce pouvoir et de ses ramifications religieuses, familiales, affairistes, institutionnelles et administratives, les escrocs étaient surs d’échapper à toute procédure punitive. Peut-être une couverture semi-carcérale pour faire baisser la tension et conduire le mandat vers sa fin et éventuellement vers un rempilage sans le remboursement des victimes.

S’il n’y avait pas Yayi, il n’y aurait certainement pas eu le scandale de la Cen-Sad et la démonstration de l’hyperactivité de ce président, totalement ignorant de ce qui se décide en conseil des ministres. Grâce à ce dossier, les Béninois ont pu apprécier la notion de suspension provisoire d’un ministre qui fini pas retrouver son poste après avoir été blanchi par une commission qu’il a plu au docteur-président de nommer. Un ministre nommé par le président de la République, blanchi par une commission, elle aussi, nommée par le président de la République ; au nez et à la barbe de la justice, comme dans le cadre des autres forfaits des courtisans. S’il n’y avait pas eu Yayi, il n’y aurait jamais eu des chars de l’armée sortis dans la rue en parade à une manifestation de rue organisée par une association de défense des droits de l’homme. S’il n’y avait pas eu Yayi, le Bénin n’aurait pas perdu sa première place en Afrique au classement de Rsf sur la liberté de presse. S’il n’y avait pas eu Yayi, le processus démocratique béninois ne se retrouverait pas aussi près de l’implosion. C’est sous son mandat que, pour la première fois, on prévoit la finalisation de la liste électorale après le début de la campagne électorale ; que ses partisans évoquent ouvertement un scénario de report de l’élection présidentielle ; que la ligne de partage entre le nord et le sud soit aussi marquée…

Aux Béninois de songer à tout le contraire de ce lugubre tableau dans l’isoloir…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Elections présidentielles de 2011, Victor Topanou ne votera pas Boni Yayi

L’étau se resserre autour du chef de l’Etat, candidat à sa propre succession à la prochaine élection présidentielle. Après les personnes les plus insoupçonnées, c’est son ancien ministre de la Justice Victor Topanou qui a décidé de le lâcher et de se présenter lui-même à la même élection.

Les indicateurs continuent de prédire un échec cuisant au président Boni Yayi au soir du 27 février prochain. Au moment où on s’approche à grands pas de la date fatidique, l’actuel locataire du Palais de la Marina est de plus en plus esseulé. Si les nombreux scandales qui ont terni son mandat et ont désillusionné nombre de filles et de fils du Bénin, il est aussi vrai que la grande majorité des autorités politico-administratives qui l’avaient soutenues en 2006 lui ont fait dos. C’est d’ailleurs le cas de son ancien collaborateur Victor Prudent Topanou. Même si Boni Yayi l’a repêché en tant que Conseiller technique aux affaires juridiques, ce dernier ne votera pas pour lui le dimanche 27 février prochain. En effet, face à la pression de ses militants et la manière dont Boni Yayi l’a remercié du gouvernement, il a décidé d’être lui-même candidat. Peut-être pour fragiliser son ancien chef dans la commune d’Abomey-Calavi. D’ailleurs, de sources très proches de l’homme, il sera investi candidat samedi prochain dans sa division territoriale. Mieux, il se pourrait qu’il ne soit pas à la cérémonie d’investiture du président de la République au stade Charles de Gaule de Porto-Novo, à moins d’un report prévu pour le 29 Janvier 2011.C’est dire donc que l’électorat de la mouvance présidentielle de la commune d’Abomey-Calavi sera partagé entre Yayi et Topanou. Chose qui va à l’avantage de l’opposition.

Isabelle AHOUNOU

Tunisie : le virage de la France, contrainte par les évènements

La diplomatie française a opéré un virage majeur sur le dossier tunisien, contrainte de s’adapter à un enchaînement d’événements qui l’a dépassée et mise en porte-à-faux. Au lendemain de la fuite du président Ben Ali, la France a employé pour la première fois le mot « démocratie » en décrivant les aspirations des manifestants tunisiens ces dernières semaines.

Dans un communiqué diffusé samedi 15 janvier vers 14 heures, l’Elysée s’est pour la première fois rangé du côté de ceux qui réclament une libéralisation politique : « Depuis plusieurs semaines, le peuple tunisien exprime sa volonté de démocratie. La France, que tant de liens d’amitié unissent à la Tunisie, lui apporte un soutien déterminé. » La veille, la présidence française n’avait fait que « prendre acte de la transition constitutionnelle ». Samedi, avec un jour de retard sur les Etats-Unis, la France a demandé « l’organisation d’élections libres dans les meilleurs délais ».

LE GLAS DE « L’INGÉRENCE »

Fait notable, le communiqué de l’Elysée énonce une doctrine : « La politique de la France est fondée sur deux principes constants : la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, et le soutien à la démocratie et la liberté. » Cette notion de « non-ingérence » – mentionnée à quatre reprises, dimanche, par la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, dans un entretien au Journal du dimanche – fait son apparition dans le vocabulaire officiel français.

Un signal pour d’autres dirigeants du monde arabe ? Les responsables français semblent chercher, à travers ce concept aux contours flous, à justifier leur attentisme pendant les journées d’une répression policière sanglante en Tunisie. L’expression sonne le glas de l’« ingérence » chère à Bernard Kouchner, deux mois à peine après son départ du Quai d’Orsay.

L’Elysée a voulu, par ailleurs, donner des gages aux nouvelles autorités tunisiennes, en annonçant que des « dispositions » avaient été prises « pour que les mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement ». Cette volonté de se montrer à l’écoute du nouveau pouvoir qui se dessine à Tunis avait déjà transpiré dans le refus – préventif – d’accorder l’asile au président Ben Ali.

DOUBLE REFUS DE L’ARMÉE

Dimanche 16 janvier, les responsables français continuaient d’analyser les ressorts d’une crise qui les a pris de court. Une certitude était avancée par une source proche du dossier : l’armée tunisienne a joué un rôle décisif le vendredi 14 janvier, le jour où tout a basculé.

Une délégation d’officiers de haut rang, selon cette version, est allée voir le président Ben Ali dans la matinée, alors que des manifestants se massaient sur l’avenue Bourguiba, pour lui signifier un double refus : le refus de l’armée d’être utilisée dans le maintien de l’ordre et son rejet d’une politique jusqu’au-boutiste marquée par la violence.

De source autorisée à Paris, on s’interrogeait aussi, dimanche, sur le rôle joué par les Etats-Unis dans le départ du président Ben Ali. Washington aurait fait passer le message au dirigeant tunisien – via l’Arabie saoudite, pays où il a trouvé refuge – que le moment était venu de quitter le pouvoir.

QUELLE CONCERTATION ENTRE PARIS ET WASHINGTON ?

Pareil scénario, s’il se confirme, soulève la question du degré de concertation entre Paris et Washington. Car la fuite du président tunisien a pris les responsables français par surprise. Paris faisait, au contraire, l’analyse que les promesses de réformes annoncées par Ben Ali le 13 janvier l’avaient remis en selle politiquement – au moins, pour un temps.

En hâtant le départ du chef de l’Etat, les Etats-Unis ont pu chercher à éviter un chaos susceptible de profiter à terme au courant islamiste, avance-t-on à Paris. Mieux valait ainsi, du point de vue américain, favoriser une transition ordonnée. La France était sur une autre ligne : elle ne jugeait pas la menace islamiste d’une ampleur telle qu’il faille précipiter un changement de régime.

Natalie Nougayrède

Source : lemonde.fr

SENEGAL : Le « cas Ben Ali » sème-t-il la panique au Palais ?

C’est peu de dire que les événements en cours en Tunisie sont suivis de très près ; disons le, très pris au sérieux par les autorités sénégalaises. Depuis jeudi dernier, tenez en plein conseil des ministres, la situation au pays de Bourguiba avait été évoquée.

Le « cas Ben Ali » sème-t-il la panique au Palais ?

Et la chute de Ben Ali, intervenue le vendredi, a installé la panique au palais. La « révolution des jasmins » que personne n’avait vu venir, inquiète les autorités à plus d’un titre. Les autorités n’en reviennent pas encore qu’un des régimes réputés être l’un des plus stables d’Afrique se soient effondré aussi rapidement comme un château de cartes.

De même le fait qu’un des appareils sécuritaires les plus perfectionnés au monde ne soit pas parvenu à réprimer des émeutes, n’est pas pour rassurer le Président Wade qui a donné des instructions fermes pour la baisse des prix des denrées de première nécessité et le règlement dans les meilleurs délais le problème de l’électricité, source potentielle d’émeutes. La furie populaire devenue incontrôlable du fait de la forte pression des contestations dans la rue, le mécontentement généralisé a eu raison du rais devenu subitement encombrant.

Bakary NDIAYE

LERAL.NET

Côte d’Ivoire : L’option de la guerre contre le régime GBAGBO aura-t’elle été finalement contre-performante ?

Quand on examine rétrospectivement les choses, on a des raisons de se demander si la « communauté internationale », emmenée par Sarkozy et Obama, a eu raison d’appuyer à mort sur le champignon de la guerre contre la Côte d’Ivoire pour débarquer Laurent Gbagbo.

En effet, plus d’un mois après cette saillie, on en est toujours au point de départ : Laurent Gbagbo, « pas moyen bouger » !


Susan Rice

Alassane Ouattara

Pire, son autre Dieu,c’est-à-dire le temps, a fini par émousser un peu les ardeurs des va-t-en-guerre en laissant émerger certaines données qui confortent la position du président élu Gbagbo. Ce dernier vaque à ses obligations dechef de l’Etat sans tambours ni trompettes. On vient d’annoncer un budget de près de 3.000 milliards de FCFA (2.907 milliards de FCFA précisément), donc  plus élevé que l’an passé et d’affirmer que les salaires seront payés rubis sur l’ongle tout comme une partie de la dette intérieure du pays. Qui dit mieux ?

Si on fait le point, de deux choses l’une.


Obama et Sarkozy

Laurent Gbagbo

D’abord, la  France et les USA ont pu agiter la menace de la guerre rien que pour faire peur à Laurent Gbagbo afin qu’il décampe de son pays. Si telle était l’intention, il faut reconnaître qu’il y a eu méprise sur l’homme. Le temps passépar ce dernier dans l’Opposition, comme depuis 2000 où il a accédé au pouvoir, montrant sa capacité de résistance à la coalition internationale liguée contre lui, n’aura pas suffi à convaincre qu’on avaitaffaire à un être exceptionnel dont les convictions ne pouvaient être ébranlées ni par les menaces ni par l’usage de la force. On a donc fait chou blanc car ni ces jurements de l’écarter par la force, ni les offres financières pour qu’il accepte un exil doré, n’auront eu pour effet de le faire bouger d’un iota de ses positions.

Ensuite, peut-être que cette menace a été brandie parce qu’on entendait effectivement convaincre les Etats africains d’aller vite fait-bien fait, corriger cette forte tête et l’extraire du pays pour l’envoyer moisir dans une cellule de La Haye. Mais là aussi, on se retrouve le bec dans l’eau  puisque malgré les harangues de la CEDEAO et de bien d’autres,  et en dépit de  l’appel à la curée, on n’a pas vu un commencement de mise en route de l’expédition punitive contre l’homme de Mama.

Dans  un cas comme dans l’autre, c’est l’échec au jour d’aujourd’hui, de cette option de la guerre, ce qui explique que Ouattara Alassane semble de plus en plus désarçonné. Après avoir compris que le choix de la guerre ne pouvait pas prospérer, il avait tendu la main pour que les médias s’en saisissent mais le naturel reprenant ses droits, il  vient à nouveau de lancer le Djihad le 14 janvier, contre le président légal et légitime du pays d’Houphouët.  Mais manifestement, pendant que quelques-uns continuent à agiter des épouvantails, l’opinion africaine réalise qu’on a voulu amener les Etats africains à commettre un fratricide et se rétractent de plus en plus de la solution par la guerre. Du coup, ceux qui n’ont de cesse d’en appeler à la négociation, à l’arbre à palabres, gagnent en crédit à la plus grande satisfaction de Laurent Gbagbo qui n’a pas arrêté, depuis le déclenchement de cette énième crise, de convier ses «frères ennemis » à s’asseoir autour d’une table pour discuter.  Non pas tant pour partager le butin, quoi qu’il ne soit pas contre l’ouverture, mais surtout pour procéder aux vérifications, au recomptage des voix afin que celui qui a véritablement gagné soit déclaré aux yeux de tous vainqueur et que le perdant reconnaisse sa défaite dans les mêmes conditions.

Voilà,  au train où vont les choses, une affaire qui risque de tourner à la pantalonnade pour ceux qui l’ont montée en neige, c’est-à-dire la « communauté internationale », la France, les USA en tête et quelques pays africains qui ont mordu à l’hameçon. Au point où nous  sommes rendus, la question se pose de savoir qu’est-ce qu’il faut faire pour sortir de cette sale panade.
 
Alors qu’Obama doit se couper les cheveux en quatre, se demandant qui l’a poussé à embrayer aussi vite sur la position anti-Gbagbo, peut-être Susan Rice (ambassadrice américaine auprès des Nations-Unis -et ex lobbyiste de Ouattara à ce qu’on dit et lit-), Sarkozy, lui, doit se dire qu’il a encore « merdé » !

Ce n’est pas en effet joli-joli, surtout que les évènements en Tunisie viennent encore plus éclairer cette politique de « deux poids, deux mesures » des grandes démocraties à l’égard des pays africains. Et comble de déveine, voilà que la Russie et la Chine, qui jusque-là s’étaient montrées plutôt discrètes, embrayent sur le registre du refus de valider l’ingérence extérieure dans les affaires des pays souverains et disent Niet à l’envoi de 2.000 Casques bleus supplémentaires en Côte d’Ivoire et à des sanctions supplémentaires contre le régime Gbagbo.

C’est la quadrature du cercle !

Mais pour s’en sortir, il y a la bonne vieille formule du bouc émissaire chère à Machiavel. On n’en serait pas là si Ban ki-moon n’avait pas commis la gaffe monumentale d’envoyer son « frangin » Choi foutre  cette sainte pagaille en RCI, n’est-ce pas ! Alors, le mal vient de ces deux-là, et principalement du dernier. Cette conviction, la politologue Ivoiro-camerounaise Evelyne Adhéspeau,  l’a exprimée en ces termes dans L’Intelligent d’Abidjan  11 01 2011  « c’est par la reconnaissance empressée par Mr Choi de l’élection de Ouattara que tout ce désordre est arrivé. Pourquoi n’a-t-il pas attendu comme au premier tour la fin du processus c`est-à-dire la validation par le Conseil constitutionnel des élections du second tour. C’est vraiment là, la question. C’est un peu comme les enfants qui jouent aux cartes et celui qui s’aperçoit qu’il est en train de perdre mélange tout. N’eut été les morts que cela engendre cela prêterait à sourire. Et on attend toujours qu’il vienne nous enrichir de sa science et nous expliquer quelle est sa méthode de comptage ». Voilà tout simplement exprimée la cause de tout ce bataclan qui fait dire au président angolais Eduardo Dos Santos qu’ « il ya un président constitutionnel, qui est l’actuel président de la République, Laurent Gbagbo, qui doit être maintenu jusqu’à la réalisation de nouvelles élections, comme l’établit la loi électorale de ce pays ». Et ce pays demande bien sûr qu’avant de reprendre éventuellement tout scrutin, les conditions en soient réunies ; désarmement, réunification du pays…

Alors, pour garder l’honneur sauf à la communauté internationale, à la France et aux USA, Diable, pourquoi ne pas sacrifier ces deux bougres et circuler ?

 VT

San Finna N°599 du 17 au 23 Janvier 2011

Alassane Ouattara, un assassin économique mandaté par le FMI

En Côte d’Ivoire, Mr Ouattara, l’ancien directeur général-adjoint du FMI – en fait, l’un des principaux agents de renseignements utilisés pour l’Afrique par cette institution financière prétendument internationale dont l’action a toujours consisté à généraliser la misère à travers la planète, et notamment, à faciliter aux pays industrialisés de faire main basse sur les patrimoines des pays sous-développés – est demeuré fidèle à lui-même.La perspective qu’il proposait au peuple ivoirien au cours de sa campagne électorale, et qui reflète grandement sa vision du développement de la Côte d’Ivoire, repose sur le renforcement des relations avec le FMI et la Banque mondiale, ces deux institutions financières dites internationales.

L’objectif visé serait d’ «alléger la dette extérieure de la Côte d’Ivoire, et partant, de lui permettre à retrouver la capacité d’emprunter à l’étranger.» Soit en définitive, d’agir pour permettre à la Côte d’Ivoire d’atteindre le dernier des points d’achèvement pour accéder au statut privilégié de PPTE (pays pauvre très endetté). Ceci est la condition pour l’allègement de la dette dans les pays africains. Nul n’ignore cependant l’évolution économique actuelle des pays qui ont déjà «été élus PPTE» : aucun n’est devenu «un pays émergeant» «que deviendrait rapidement la Côte d’Ivoire, sous ma direction». Comme aimait clamer le sieur Ouattara au cours de sa campagne électorale.

Cependant, au cours de cette campagne, Mr Ouattara n’avait jamais expliqué au peuple ivoirien la raison pour laquelle la capacité d’emprunter détenue jadis par la Côte d’Ivoire, avait abouti à une dette extérieure de leur pays, une dette dont on voudrait implorer l’annulation puisqu’on n’arrive plus à la rembourser, ni pourquoi elle n’avait pu générer de développement.

Cette position de Mr Ouattara de faire de la Côte d’Ivoire un PPTE ne pourrait surprendre. Il était à la direction du FMI au moment où cette institution imposait les PAS (Programmes d’Ajustement Structurel) aux pays du Tiers-Monde pour pouvoir bénéficier d’un emprunt à l’extérieur. Soit en définitive, à créer le chômage, à instaurer la précarité pour des millions de gens, et la flexibilité (concrètement, la réduction du salaire), pour ceux qui avaient encore la chance de détenir un emploi.

Les PAS préconisaient le dégraissage des administrations publiques et des services publics par la réduction drastique de leurs effectifs, et l’exigence faite aux gouvernements de sous-traiter certains services auprès des entreprises privées, de réduire considérablement les subventions de l’Etat à la santé publique, à l’enseignement, à l’alimentation, etc.

Les ravages des PAS ont été tels qu’ils ont provoqué des révoltes populaires dans de nombreux pays du Tiers-Monde dominé où existent des syndicats consciencieux. Toutefois, devant le tollé général, ces deux institutions ont fini par battre en retraite. Par une fausse autocritique, pour la diversion, elles ont eu le temps, par des subterfuges, de cogiter de nouvelles formules de pillage des richesses des pays, notamment ceux des pays sous-développés. Ainsi prirent corps les «initiatives PPTE» où a été repris l’essentiel des dispositions préconisés dans des PAS.

Il est vrai que le pauvre est cette personne physique ou morale qui n’est plus capable de rembourser ses dettes. Mais, pour s’en convaincre, il ne doit rien posséder. Aussi, le failli est-il toujours dépouillé de la plupart de ses biens. Et comme les Etats peuvent détenir un patrimoine quelconque, il conviendrait que les Etats en faillite soient subtilement dépouillés – par des mesures de désengagement de l’Etat des activités économiques, pour indiquer pudiquement les privatisations – de leurs patrimoines sur lesquels feraient main basse les multinationales et transnationales appartenant aux puissances esclavagistes.

C’est dans cette optique qu’on encourage les pays du Tiers-Monde à devenir «PPTE» sous la fallacieuse promesse d’allégement de la dette extérieure alors que celle-ci a déjà été entièrement remboursée, à plusieurs reprises au cours des décennies.

Devant la gravité de cette situation, la CNUCED, (Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement), une des institutions spécialisées de l’ONU, s’en est fort inquiétée. En 2003, elle a présenté un rapport annuel dénonçant les «acquisitions-recolonisation» perpétrées par ces puissances, notamment à travers le FMI et la Banque mondiale. Et cela, du fait de la mondialisation néolibérale.

Toutefois, on ne peut objectivement le contester, l’Afrique ne fait plus partie, depuis le 16ème siècle, de l’évolution historique normale de l’humanité. On ne saurait nier le fait que, de tous les continents, l’Afrique est celui qui demeure toujours, globalement, au même point de développement humain qu’à cette époque. Elle n’est toujours pas développée, sinon pas suffisamment.

Dans la plupart des cas, les moyens de production qu’on y trouve sont d’un autre âge, et ne peuvent pas, évidemment, générer le progrès. On devrait entendre par ceci, non seulement la maîtrise de la nature et de l’espace, mais aussi et surtout, la réduction de l’effort et le gain de temps dans la production et l’acquisition des biens et des services dont a besoin l’être humain pour vivre en toute dignité.

Pour les puissances esclavagistes, l’Afrique doit être maintenue à ce niveau pour continuer à répondre aux objectifs de l’impérialisme, cette doctrine qui, depuis le 16ème siècle, préconise la mise en place d’un système de domination des pays étrangers et d’assujettissement de leurs peuples pour y pérenniser le statut de réservoirs de matières premières, de déversoirs pour les rossignols provenant des pays développés (des fripes en tous genres : habits usagés, pièces de rechange ou véhicules d’occasion, etc.), et la possibilité d’exploiter des bêtes de somme, une main d’œuvre corvéable à merci, par des entreprises appartenant aux puissances esclavagistes, et installées dans ces pays dominés.

L’impérialisme organise les rapports entre pays comme dans le système des vases communicants, mais à sens unique. Il se caractérise fondamentalement par le transfert dans les métropoles esclavagistes de tous les profits tirés de l’exploitation éhontée des peuples et du pillage systématique des richesses des pays dominés. La mondialisation permet aujourd’hui de perpétuer, et d’accentuer, ce système.

Aussi, pour ces puissances, dont le FMI et la Banque mondiale constituent les fers de lance des actions prédatrices, la Côte d’Ivoire, devenu également, depuis quelques années, pays producteur du pétrole, de l’or noir, doit «être élu PPTE», comme la grande majorité des pays africains.

Par le Front de libération nationale congolais in Investig’Action, michelcollon.com, le 12 janvier 2011

Il y a 50 ans, l’assassinat de Lumumba

C’était le 17 janvier 1961

Lumumba symbolise dans l’histoire congolaise l’éveil de la conscience anticoloniale. Sa mort a signifié le début de 36 ans de dictature et de destruction.

Isabelle Minnon, Danny Claes et Tony Busselen

Lumumba est parvenu à déjouer un par un tous les mensonges, intrigues et manœuvres des colonisateurs. Pour cela, le peuple congolais a vu en lui un porte-parole et est devenu le premier ministre de l’indépendance du Congo. Mais pas pour longtemps. Le chef de l’armée Mobutu a fait arrêter Lumumba et l’a transféré vers le Katanga où il a été tué par l’armée de Tshombe soutenue par la Belgique.

Patrice Lumumba est né en 1925, employé puis journaliste, il fait partie de ceux que le colonisateur appellera les « évolués ». En 1956, dans son livre : « Congo, Terre d’avenir, est-il menacé ? », il écrivait : « Certains Blancs, des moins recommandables, abusant de la crédulité des Noirs encore peu cultivés, instiguent ceux-ci à réclamer immédiatement l’indépendance ! »

Mais quatre années plus tard, Lumumba est métamorphosé par l’expérience de la lutte anticoloniale.

Après une révolte populaire en janvier 1959, les autorités coloniales belges avaient promis une indépendance rapide. En tenant des élections dès mai 1960, la Belgique pensait pouvoir faire élire des politiciens congolais loyaux au colonisateur. Or l’alliance des partis nationalistes autour de Lumumba obtient malgré tous les efforts des autorités coloniales la majorité à la Chambre (71 sièges sur les 137). Au Sénat, par contre, l’alliance lumumbiste manque la majorité de 2 sièges. En effet, 23 des 84 sièges sont, selon la loi électorale fabriquée par les Belges, destinés aux chefs coutumiers, dont la majorité collabore depuis toujours avec le colonisateur. Lumumba est donc obligé d’accepter un gouvernement de coalition. Son rival Kasavubu, sous influence des Belges, devient président. Lumumba devient premier ministre.

Le jour de l’indépendance, le 30 juin 1960, Lumumba prononce un discours célèbre, traduisant le sentiment populaire : « Cette indépendance du Congo, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier que c’est par la lutte qu’elle a été conquise… Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable, pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des «nègres». »

Lumumba a réussi à dénoncer, l’un après l’autre, tous les mensonges, intrigues et manœuvres des colonisateurs. C’est ainsi que le peuple congolais voyait en lui son porte-parole.

Aussi, dans les semaines qui ont suivi l’indépendance, Lumumba est confronté à l’agression de l’armée belge, dés le 10 juillet, sous le prétexte d’émeutes pourtant provoquées par le général belge Janssens (qui commence la sécession de la province de Katanga). Devant l’insistance de ses conseillers belges, Tshombé s’autoproclame Président de l’État autonome du Katanga. Le 13 juillet, le commandant en chef de l’armée belge, Cumont, déclare que « les troupes belges sont à la disposition de Tshombe ».

Le 20 juillet 1960, Lumumba lance un appel à la radio : « Nous préférons mourir pour notre liberté plutôt que de vivre encore dans l’esclavage. (…) Au Katanga, quelques colons disent : “(le Congo) devient indépendant et toutes ses richesses vont servir à la nation des Nègres. Non, il faut que le Katanga devienne un État indépendant ”. Ainsi, demain, c’est le grand capitalisme qui va économiquement dominer les Africains. »

La population surtout au nord du Katanga se révolte et appuie les soldats restés loyaux à Lumumba. Lumumba dénonce aussi l’agression économique du capitalisme belge : « La Banque centrale belge s’est accaparée non seulement notre argent, mais également nos réserves d’or. Le gouvernement congolais vient d’annoncer que, si dans un délai de 15 jours, le gouvernement belge ne les restituait pas, nous confisquerions tous les biens appartenant aux Belges. Le peuple attend l’amélioration de ses conditions de vie. Pour nous, il n’y a pas d’indépendance tant que nous n’aurons pas une économie nationale prospère pour relever les conditions de vie de nos frères. »

La contre-attaque coloniale

Soutenu aussi bien par les États-Unis que par la Belgique et la France, le président Kasavubu déclare le 5 septembre : « Le Premier ministre est en train de jeter le pays dans une guerre civile atroce. J’ai jugé nécessaire de révoquer immédiatement le gouvernement. »

Une heure et demie plus tard, Lumumba réagit sur les ondes de la radio nationale : « Kasavubu a publiquement trahi la nation. (…) C’est une manœuvre des Belges. » Le lendemain, le gouvernement réuni en conseil extraordinaire démet le président Kasavubu.

Le 14 septembre, désespéré, Kasavubu réagit en désignant Mobutu comme commandant en chef de l’armée. À peine quelques heures plus tard, Mobutu exécute son premier coup d’État. Il déclare la « neutralisation » des politiciens. Il affirme : « Il ne s’agit pas d’un coup d’État, mais plutôt d’une simple révolution pacifique. » En réalité, complice de Kasavubu, Mobutu neutralisera uniquement Patrice Lumumba qui est en « résidence surveillée ».

Le 27 novembre 1960, Lumumba quitta en secret sa maison. Il prend la route pour Kisangani (autre ville du Congo) en voiture. Il est arrêté par les soldats de Mobutu et amené au camp militaire de Thysville. Le commandant des troupes de l’ONU, le général Karl von Horn, homme des Américains, dit : « À parler franchement, tout le pays aurait été mis à feu et à sang, si Lumumba était parvenu à Stanleyville (Kisangani aujourd’hui, NdlR). »

En effet, sous Lumumba, plus de la moitié de l’armée nationale congolaise était restée fidèle au gouvernement central. Lumumba vivant, il n’y a aucun doute qu’à partir de Kisangani, il aurait pu développer la résistance contre les troupes belges et celles de Mobutu.

Le néocolonialisme congolais ne pouvait connaître la paix, si Lumumba restait en vie.

C’est ainsi que Mobutu, bien conseillé par les agents des gouvernements belge et américain, a décidé d’envoyer Lumumba à la mort chez Tshombe, au Katanga Ainsi ont commencé 37 années de dictature et de destruction.

(Cet article est basé sur le livre de Ludo Martens, Pierre Mulele, la seconde vie de Patrice Lumumba, EPO. Ce livre n’est plus disponible en librairie, mais il est en ligne sur le site www.marx.be )

L’Afrique et ses dirigeants

 L’Afrique a besoin des dirigeants d’exception

Il est une donnée qui échappe souvent aux Africains lorsqu’ils se penchent sur les anomalies fonctionnelles de leurs Etats. Certains pensent que les principes fondateurs d’un Etat digne de ce nom, et qui sont d’essence occidentale, ne sont pas suffisamment maîtrisés. Ce serait alors la raison majeure pour laquelle les structures étatiques ne sont point cohérentes, ce qui aurait pour conséquence le dysfonctionnement que l’on constate. S’il y a probablement du vrai dans cette manière de percevoir les choses, cette anomalie constatée est en réalité de moindre importance par rapport au fait que la qualité des hommes qui nous dirigent est la véritable raison de bien de difficultés dans la gestion des Etats africains. En effet, au-delà de la valeur et de la qualité intellectuelle qui souvent manquent aux principaux dirigeants des Etats, à cause de raisons diverses ou des conditions particulières de leur accession au pouvoir, de même qu’au copinage dans le choix de leur entourage, il reste que la moralité et la dignité restent incontestablement ce qui leur manque le plus.

D’abord, du fait que la quasi-totalité de nos dirigeants sortent des grandes écoles et les instituts supérieurs dits modernes, leur moralité et cette notion d’honneur et de dignité qui faisaient que l’Africain traditionnel préférait la mort à la honte, leur manquent totalement. Beaucoup de ces dirigeants ont un idéal de vie tel que ce qui leur importe le plus, c’est leur propre profit dans toute action qu’ils entreprennent : « Qu’est-ce que je gagne ? », « Quel intérêt ai-je dans telle entreprise ? », tels sont leurs arguments massues. Certains, par vantardise ou plus exactement par bêtise, affirment : « J’ai tel diplôme, il me faut tel salaire ! », oubliant que les salaires ne doivent pas être liés à des diplômes autant qu’aux possibilités de chaque pays ! N’est-ce pas qu’il faut d’abord produire les biens, avant d’espérer les consommer ? Pour nos grands hommes, cette évidence n’est pas aussi claire. L’un des problèmes qui doit par conséquent recevoir un traitement adéquat, c’est le genre de dirigeants qui seront les plus aptes à diriger les Etats africains à l’heure actuelle. Nous avons besoin d’hommes d’exception pour ce faire, et ce sont des quidams qui prétendre le réussir ! Pourquoi faut-il croire que nous ayons un tel besoin de ce genre d’hommes de très grande particularité ?

Cela se comprend aisément puisque l’Etat africain, du fait de son histoire récente et même actuelle, a des contraintes particulières qu’il faut absolument vaincre :

L’avidité des ex-colons n’est pas encore terminée. Ces derniers font semblant d’être partis alors que ce sont eux qui veulent tirer toutes les ficelles de nos Etats soi-disant indépendants. Par conséquent, vouloir être dirigeant dans nos pays, c’est accepter d’aller contre leurs intérêts qui sont le contraire de ceux de nos populations. Et comme chez eux, « La fin justifie les moyens », ils sont prêts au pire pour sauvegarder leurs avantages. Cela signifie que quelqu’un qui n’est pas prêt à accepter des risques pour contrer leurs manipulations ne pourra jamais être un bon dirigeant dans nos contrées. Mais ces risques vont précisément contre la façon de voir de nos élites, surtout prêtes à vouloir le beurre et l’argent du beurre. A la moindre difficulté, ils préfèrent s’allier aux ex-dominateurs pour opprimer leurs propres peuples. C’est le contraire de ces dirigeants veules et poltrons, apatrides et stupides, qu’il faudra à l’Afrique. Nous avons besoin d’hommes courageux, à la limite téméraire à la Thomas Sankara pour ce continent, à l’heure actuelle.

Il faudra de même des dirigeants imaginatifs, inventifs, créatifs. Pourquoi ? Parce que dans nos pays en train de vouloir se dresser, tout doit être inventé. Les copistes, les singes sont de peu d’utilité dans un tel cas de figure. Ce qui est le cas de la quasi-totalité de nos dirigeants. Le plus grand danger qui menace l’Afrique depuis son indépendance, c’est de vouloir faire entrer nos populations, nos sociétés dans des moules qui ne sont pas faits pour elles. Et, malheureusement, c’est là les défauts essentiels de nos dirigeants, éduqués pour adopter au lieu d’adapter la modernité à nos aspirations les plus profondes ! Si les premiers responsables n’ont pas ces qualités de créativité et d’inventivité, il sera difficile de pouvoir seulement compter sur d’autres pour ce faire. L’adage africain affirme bien que : « Seuls les tortues savent par où passer, pour se mordre ! », entendant par là qu’il est impossible à celui qui n’a pas une qualité donnée, de pouvoir réellement l’apprécier chez les autres. Le fait de l’entourage n’est donc pas entièrement suffisant pour gérer la question de l’inventivité, de la créativité à outrance. Il faut donc que les premiers responsables eux-mêmes disposent de ces qualités.
Comme on le voit, il ne sera pas facile pour nous, d’avoir des dirigeants de cette stature, mais en même temps, c’est la condition à remplir pour avoir le moindre espoir, la moindre chance de réussir à bâtir nos nouveaux Etats sur du roc.

Anne-Cécile ROBERT : L’Afrique au secours de l’Occident.

Editions de l’Atelier/ les Editions Ouvrières, Paris 2006