Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 19, 2011

BENIN : Tenue de la présidentielle à bonne date, le camp Abt accuse le gouvernement d’entretenir l’incertitude

Le régime du Changement serait l’auteur de la confusion qui s’observe autour de l’organisation de la prochaine présidentielle. A tout le moins, l’Honorable Amouda Issifou Razaki lui impute cette responsabilité et l’invite à démissionner.

Au fur et à mesure que le Bénin s’approche de la date fatidique du 27 février 2011, date du 1er tour de la présidentielle, des inquiétudes se précisent par rapport à l’effectivité des échéances électorales. De réels problèmes liés à la réussite du processus électoral se font jour. La Liste électorale permanente informatisée (Lépi) désormais « imposée par la Cour constitutionnelle » pour la présidentielle reste encore à établir, car le respect des délais constitutionnels de sa mise en œuvre relèverait d’une gageur. Selon plusieurs observateurs de la scène politique nationale, de graves menaces planeraient sur le Bénin. Pour d’aucuns, le Chef de l’Etat fort de son influence sur la Cour constitutionnelle « tramerait tout pour entraîner le peuple dans le chaos ». Et même la convocation du corps électoral ne garantirait pas la tenue effective de l’élection présidentielle. L’honorable Amouda Issifou Razaki s’est voulu très incisif en soutenant que « le président Yayi Boni et la Cour constitutionnelle devenue une deuxième chambre de Parlement façonnant et taillant les lois telles que le veut le Prince, ont entrainé le Bénin dans une pente sérieusement glissante avec leur enfermement sur la Lépi ». Il enfonce le clou en affirmant que l’élection présidentielle ne peut se dérouler dans les conditions d’une Lépi rendue incontournable, à la date du 27 février 2011. Et une analyse du processus électoral en cours semble malheureusement confirmer les appréhensions de l’Honorable Razaki. En effet, la Lépi que le peuple réclame de tout vœu, et qui se réalise à pas forcé, voire sans consensus ni véritable dialogue, n’est pas encore prête. Et elle ne le sera peut-être pas au jour du scrutin, car c’est désormais un exercice assez difficile pour les acteurs impliqués dans ledit processus de respecter scrupuleusement les délais d’affichage (15 jours), de réclamation des citoyens (10 jours), de recours à la Cour constitutionnelle (05 jours) et décisions de la Cour (10 jours suivant sa saisine) fixés par les dispositions de la loi n°2009-10 portant organisation du Rena et établissement de la Lépi. Pis, les déclarations de candidature qui devraient être déjà déposées par les candidats ne le sont pas encore. Selon l’article 33 de la loi n° 2010-33 portant règles générales pour les élections en République du Bénin, « la déclaration de candidature est déposée trente (30) jours avant la date fixée pour le démarrage de la campagne électorale à la Céna où à l’un de ses démembrements ». Des faits qui annoncent certainement le climat peu serein fait de précipitations qui devrait caractériser les tout prochains jours. Et face à cet imbroglio perceptible, l’Honorable Razaki préconise la démission du Chef de l’Etat pour un report des élections. « La démission permettra sans violer la Constitution, de reporter les élections pour mieux les organiser, d’améliorer et terminer la Lépi désormais incontournable. Le pays pourra ainsi disposer d’environ deux (02) mois supplémentaires… c’est la seule chose qu’il est possible de faire pour nous éviter le chaos », a-t-il estimé. Très convaincu par l’efficacité de sa proposition, l’Honorable a poursuivi en invitant Yayi Boni qui a toujours proclamé « son amour pour son pays et pour lequel il est d’ailleurs prêt à verser son sang » à démontrer cet amour en démissionnant. « Toutes les forces vives de la Nation doivent s’unir dans ce sens », a insisté le député.

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BENIN : L’honorable Amouda Razack propose la démission de Boni Yayi pour éviter le chaos

Par rapport à la présidentielle de 2011, le magistrat Amouda Issifou Razack ne trouve pas, à l’étape actuelle, autre solution au risque du non respect des délais légaux. Il propose tout simplement au Chef de l’Etat de démissionner pour permettre au président de l’Assemblée nationale de conduire les élections qui seront prorogées de deux mois, le temps de réaliser une bonne Lépi.

Les lois électorales sont enfin disponibles et le corps électoral est convoqué pour les élections de 2011. Quels sont vos sentiments ?

Je suis déçu qu’une fois encore mais de façon plus grande et plus menaçante pour la démocratie et la paix sociale, on en soit encore à se demander à moins de deux mois du scrutin s’il aura lieu. La convocation du corps électoral n’est pas une preuve de ce que le scrutin aura lieu à bonne date.

Vous semblez inquiet probablement à cause de la LEPI. Quelles sont vos inquiétudes ?

Le Président de la République avec la Cour Constitutionnelle, qui est devenue une deuxième chambre de Parlement façonnant et taillant les lois tel que le veut le Prince, nous ont entrainés dans une pente sérieusement glissante  avec leur enfermement sur la LEPI. Ils seront tenus responsables de toutes les déconvenues de leurs comportements car ils étaient conscients de ce que la LEPI ne pourrait être disponible à bonne date. Tout le monde savait en effet que  pour valider la LEPI même à pas forcé, il fallait beaucoup plus de temps. Ils ont tout tramé pour nous entrainer dans le chaos  et profiter du clair sombre. Boni Yayi est conscient de ce que, face à un bilan aussi piteux sur tous les plans (gouvernance, économie, finance, liberté et droit de l’homme, etc.),il est difficile de se faire réélire à la tête de notre pays et recherche une situation à l’ivoirienne.

Il y a donc un risque que la présidentielle n’ait pas lieu à la date fixée avec cet enfermement de la Cour sur la LEPI !

Sans être un oiseau de mauvais augure, je peux dire sans risque de me tromper, que l’élection présidentielle ne peut se dérouler dans les conditions d’une LEPI rendue incontournable,  à la date du 27 février 2011. Nous sommes à moins d’un mois du démarrage de la campagne et pas de LEPI. Les déclarations de candidature devraient être déjà déposées par les candidats puisque l’article 33 de la loi n° 2010-330 portant règles générales pour les élections en République du Bénin précise que « la déclaration de candidature est déposée, trente (30) jours avant la date fixée pour le démarrage de la campagne électorale à la CENA où à l’un de ses démembrements……. » Alors quelle loi applique- t- on ?

Où se trouve la Cour Constitutionnelle, organe régulateur du fonctionnement des institutions  et de l’activité des pouvoirs publics (article 114 de la Constitution) ?

Aucun délai légal ne peut plus être respecté  et par leur responsabilité partagée avec Boni Yayi, nous nous acheminons vers le chaos.

Pour revenir à la Lépi, en dehors du fait qu’elle se réalise de façon unilatérale, sans consensus, et même sans dialogue, toujours prôné et jamais mis en œuvre par Boni Yayi, elle n’est pas prête à ce jour et elle ne le sera pas au jour du scrutin même si l’on ne devait tenir compte que des délais d’affichage (15 jours), de réclamations des citoyens (10 jours) de recours à la Cour Constitutionnelle (5 jours) et  décisions de la Cour Constitutionnelle (10 jours suivant sa saisine) : cf articles 5 et 30 de la loi n° 2009-10 portant organisation du RENA et établissement de la LEPI.

A cette allure, le chef de l’Etat peut –il encore rester au poste après le 06 avril si les élections n’étaient pas organisées ?

La Constitution  n’a pas prévu une prorogation de mandat du Président de la République.

N’y a-t’il pas là un boulevard  tracé pour  que le Président de la Cour Constitutionnelle devienne Chef de l’Etat pour quelques semaines ?

Aux termes de l’article 50 alinéa 3 de la Constitution, le Président de la Cour Constitutionnelle n’assure l’intérim du Président de la République qu’en cas de mise en accusation de celui–ci devant la Haute Cour de Justice .Nous ne sommes pas encore dans ce cas, même s’il n’est pas à exclure du tout.

Quelles  solutions proposez-vous alors pour qu’on puisse organiser les élections en toute quiétude, à la satisfaction de tous et en respectant la Constitution ?

La  solution que je perçois et que je propose est la démission de Boni Yayi. Je propose la démission de Boni Yayi qui permettra,  sans violer la Constitution, de reporter les élections pour mieux les organiser et d’améliorer et terminer la LEPI désormais incontournable. Le pays pourra ainsi disposer d’environ deux (2) mois supplémentaires :

En effet, l’article 50 alinéa 20 et 30 de la Constitution dit qu’« en cas de vacance de la Présidence de la République, par décès, démission, ou empêchement définitif, l’Assemblée Nationale se réunit pour statuer sur le cas à la majorité absolue de ses membres. Le Président de l’Assemblée Nationale saisit la Cour Constitutionnelle qui constate et déclare la vacance de la Présidence  de la République. Les fonctions de Président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 54 alinéas 3, 58, 60, 101 et 154 sont provisoirement exercés par le Président de l’Assemblée Nationale.

L’élection du nouveau Président de la République a lieu trente (30) jours au moins et quarante jours au plus après la déclaration du caractère définitif de la vacance ».

Boni Yayi, qui a toujours proclamé son amour pour son pays  et pour ses compatriotes pour lesquels il est d’ailleurs « prêt à verser son sang », (dixit) doit démontrer cet amour en démissionnant pour que les élections puissent être mieux organisées.

Nous lui demandons de faire la seule chose qu’il est possible de faire pour nous sortir du chaos vers lequel il nous conduit. Mais s’il décide de ne pas répondre à cet appel pour une issue pacifique, l’Assemblée nationale devra, dès que le délai  constitutionnel pour organiser les élections serait en  passe de ne pas être respecté, prendre les dispositions pour le poursuivre devant la Haute Cour de justice. L’Assemblée n’a pas besoin pour ce faire d’attendre le 06 avril 2011, pour ne pas dresser le lit à un coup de force qui mettrait la démocratie entre parenthèses.

Ce n’est pas facile de demander à quelqu’un de démissionner. Qui devrait alors amener de Chef de l’Etat à prendre cette décision salutaire pour le Bénin ?

Toutes les forces vives de la Nations, toutes les forces politiques de la mouvance et de l’opposition qui veulent éviter au Bénin le chaos doivent s’unir dans ce sens. Boni Yayi lui-même doit comprendre qu’il n’y a pas d’autres issues pour la paix et ne pas se le laisser compter.

Un appel à tous les Béninois ?

J’en appelle au bon sens et au patriotisme du Chef de l’Etat pour nous apporter la preuve de son amour pour le pays.

J’en appelle à toutes les forces vives des nations, pour qu’elles demandent, pour qu’elles exigent même du Chef de l’Etat sa démission pour l’intérêt supérieur de la Nation.

Interview réalisée par Guy-Constant Ehoumi (La presse du jour)

BENIN : Non assistance à citoyens privés de droit de vote…

Impressionnante, la moisson de la paire Yayi-Bako ; plus d’un million de Béninois en âge de voter, voués à jouer les spectateurs résignés lors des scrutins présidentiel et législatif de 2011. Pire, il ne se trouve aucun organe d’Etat, aucune institution républicaine pour les défendre. Cause entendue depuis que la Cour constitutionnelle a placé la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) au dessus de la constitution. Tant pis si les agents recenseurs n’ont pu couvrir des zones interdites d’accès par les inondations ; aucune commisération non plus à l’endroit de tous ceux dont les empreintes sont brouillées sur les écrans des kits d’enregistrement biométrique du fait de l’harmattan. A eux, s’ajoutent tous les oubliés suite à la pagaille artistique mise en œuvre par les organiseurs, à chacune des étapes.

Le petit peuple économiquement, culturellement et physiquement asphyxié devrait encore perdre sa seule illusion de se sentir citoyen à travers le droit de vote. Il ne reste de facto que les « unionistes » et autres « Abtistes » comme ultimes remparts à cette dérive autocratique. Le déploiement de faste sur le terrain par les émergents en faveur de la Lépi (ou rien) est trop grotesque pour n’être guidé que par le seul prétexte de modernisation du processus électoral. Surtout lorsque cela prend des allures de remodelage de la démographie électorale. Les officines « cauris » revendiquent officiellement que d’autres citoyens soient exclus du processus électoral par manifestations de rue interposées. Comme si la Lépi n’avait pour unique objectif que d’instaurer un climat délétère autour du processus électoral et de faire annuler des voix sans passer par le contentieux électoral. De quoi éviter à la Cour constitutionnelle de procéder elle-même à des coupes sombres à l’ivoirienne ; c’est moins risqué d’annuler, par avance, des suffrages potentiels dès la confession de la liste électorale que de le faire après scrutin comme Paul Yao NDré l’a fait à Abidjan. Des annulations après coup qui a valu à Laurent Gbagbo un concert de réprobations internationales.

Si le camp émergent devrait perdre la bataille de l’exclusion massive d’électeurs c’est tout l’échafaud originel autour de la Lépi qui s’écroule. Une Lépi qui fait pschitt depuis qu’il est admis que le comptage se ferait manuellement. Adieu donc les belles résolutions sur les sirènes de modernisation et de progrès démocratiques chantées par les partisans de ce fameux fichier. Pas grand-chose ne changerait lors des scrutins de 2011 puisque les résultats ne seraient pas traités par des appareils électroniques sophistiqués ; les électeurs ne se soumettraient visiblement pas à des contrôles biométriques stricts ; toutes velléités de trucage lors des traitements des chiffres à travers des logiciels pipés écartées. La Lépi se résume finalement à une opération de saisie informatique sans aucune autre application technique de traitement de données directement liées au vote. Comme au bon vieux temps, les populations pourraient se charger elles mêmes de compter un à un, à la main, les suffrages exprimés et les mettre à la disposition du grand public, dès la fin des opérations.

En définitive, la bataille électorale imposée par le régime réside dans l’ampleur des exclus. Or ces derniers n’ont pas le sentiment que leurs portes-espoirs de choix, c’est-à-dire, les anti-émergents font suffisamment pour leur éviter le bannissement annoncé. L’échec des exclus équivaut à la victoire de leurs bourreaux. Les séries de marche précocement étouffées, les coalitions de défense de la démocratie mortes-nées et autres agitations locales d’élus isolés paraissent trop décalées par rapport à la situation de détresse des dizaines de milliers de citoyens visés par les manœuvres de la Marina. Les amis de Yayi savent pourquoi ils ne souhaitent pas voir le plus grand nombre de Béninois dans les isoloirs en 2011.

L’enjeu est d’inverser la tendance en assurant à tous le droit à une carte d’électeur…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Procès ce jour des syndicats du FUOSS – la mauvaise option du gouvernement

Le procès du Front uni des organisations des syndicats de la santé démarre ce jour. Ainsi en a décidé le gouvernement qui estime que ces syndicats qui ont violé leur serment doivent être jugés. Mais cette démarche qui ferme la porte au dialogue risque de faire perdurer la crise

Quelle que soit l’issue du procès les syndicalistes ne chercheront plus à négocier ou à discuter avec le gouvernement et radicaliseront leur position. Les grèves se poursuivront avec des malades abandonnés et des pertes en vies humaines.

C’est pourquoi le gouvernement devrait normalement poursuivre la recherche du dialogue quelle que soit la position des syndicats du secteur de la santé. L’option de l’assignation est une mauvaise solution même si on reconnaît que les syndicalistes ont le devoir de respecter leur serment. On devrait continuer de leur rappeler cela et faire toujours appel à leur bon sens et leur humanisme. Car s’il est vrai que leurs revendications sont légitimes et que le droit de grève est prescrit dans la loi, on ne peut pas les encourager à ne pas apporter un minimum d’assistance aux malades et de les regarder mourir dans la souffrance. C’est en cela que par moment les citoyens leurs demandent de mettre de l’eau dans leur vin et d’accepter pour l’amour du prochain de faire un service minimum. Nous sommes tous d’accord que les syndicats révisent leur position pour permettre de sauver des vies humaines. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut les diaboliser et exiger d’eux d’abandonner la lutte pour la satisfaction de leurs droits. Ils ont aussi raison les syndicats de faire la pression pour obliger le gouvernement à les écouter. C’est une question de responsabilité et le gouvernement à défaut d’avoir tous les moyens pour satisfaire les revendications syndicales, devrait songer à faire un minimum ou l’essentiel en passant par les négociations ou le dialogue. Ce n’est pas souvent le cas. Le gouvernement met parfois trop de temps pour réagir et les propositions faites ne sont pas toujours de nature à calmer la crise. Et lorsque dans ces conditions on choisit pratiquement la voie de l’affrontement en refusant de recevoir les syndicats ou en les assignant, l’Etat aura démissionné car il semble dire en ce moment que le dialogue n’est plus possible et il faut trouver un moyen pour les faire taire et les obliger à travailler. Cette option est mauvaise et le gouvernement à intérêt à renoncer à cette démarche car un mauvais règlement vaut mieux qu’un bon procès, dit-on. Mais si le pouvoir persiste dans sa logique, il en tirera les conséquences qui s’imposent.

Euloge R.GANDAHO, Le matin

Les leçons de la révolution tunisienne

Grâce à leurs sacrifices, leur courage et leur abnégation, les tunisiens ont réussi à renverser une dictature répressive et humiliante. Quels enseignements pourraient tirer les autres pays arabes et africains de cet événement historique ?

Le 14 janvier 2011 restera un jour historique non seulement pour les tunisiens, mais également pour les arabes et les africains, puisque c’est la première fois depuis les indépendances qu’un peuple arabe et africain renverse pacifiquement un dictateur qui s’accroche au pouvoir depuis 23 ans. Un exploit, mais surtout un cas d’école plein d’enseignements pour tous les peuples aspirant à plus de liberté et de démocratie.

Des révolutions de velours sont possibles dans les pays arabes

L’éviction de M. Ben Ali vient réfuter la thèse de l’exception afro-arabo-musulmane selon laquelle la démocratie est un vœu pieu au regard de l’extrême concentration du pouvoir, la kleptocratie, le maillage policier, et l’étouffement systématique de toute forme d’opposition. La révolution tunisienne est la preuve que dans les pays arabes il existe des démocrates sans démocraties car les citoyens arabes et africains sont non seulement étouffés par leurs propres dirigeants, mais également enfoncés par les calculs géostratégiques des pouvoirs occidentaux. En effet, en soutenant des dictateurs au nom de la lutte contre l’islamisme politique, les régimes occidentaux sont responsables d’étouffer la démocratie dans les pays arabes au profit de leurs intérêts politiques et économiques du moment. En dépit de cela, à l’image de l’effondrement des dictatures d’Europe centrale ou d’Amérique du sud, des révolutions de velours sont désormais possibles dans les pays arabes.

Nécessité d’un nouveau contrat social

Lors de son arrivée au pouvoir, le contrat conclu entre l’ex-Président Ben Ali et le peuple tunisien était : prospérité économique contre libertés civiles. Toutefois, et malgré des rangs plus qu’honorables dans les différents classements internationaux, force est de constater que seule le clan de l’ancien président profitait des fruits de la croissance tunisienne. La « Famille » comme l’appelle les tunisiens s’est accaparée la part du Lion. Dans le contexte de cette concentration de la richesse, la récente flambée des prix des denrées de base a été la goute qui a fait déborder le vase. Morale de l’histoire : le modèle conjuguant ouverture économique et verrouillage politique n’est pas aussi viable qu’on le croit. Si à court terme, il peut constituer un certain compromis ; à long terme par contre, handicapé par sa rigidité, il ne peut garantir la paix sociale, surtout en période de crise ou de choc exogène.

Malheureusement, cette leçon ne semble pas être comprise, en témoigne la précipitation des autorités algériennes ou jordaniennes à répondre par des mesures budgétaires aux tensions conjoncturelles créées par la nouvelle hausse mondiale des produits alimentaires de base. Ne pouvant apporter des réponses aux lacunes structurelles de ces économies, les subventions et le contrôle des prix n’apporteront pas une paix sociale durable. Serrer les boulons sécuritaires, fera retarder peut-être l’échéance, mais amplifiera la chute du pouvoir plus tard. L’Egypte, la Jordanie, la Syrie et les voisins maghrébins sont susceptibles de subir l’effet de contagion, à moins que leurs dirigeants comprennent qu’il est impératif de redéfinir un nouveau contrat social où toutes les libertés seront respectées.

Jeunesse, réseaux sociaux et les nouvelles formes d’expression politique

Baptisée « révolution du jasmin » par les jeunes tunisiens, ces derniers ont joué un rôle déterminant en enclenchant et en développant le mouvement de soulèvement populaire. La jeunesse qu’on disait souvent insouciante et peu intéressée par le fait politique, vient par un mouvement spontané, sans leader, ni encadrement de parti politique, en 27 jours de mettre un terme à 23 ans de dictature policière. C’est à la fois la force et la faiblesse de cette révolte. Mais une chose est sûre, en l’absence d’une opposition réduite au silence ou à l’exil, de verrouillage politique, de complaisance étrangère, c’est la rue, plus particulièrement la jeunesse qui vient de renverser la dictature. Cette jeunesse ne serait-elle pas une force politique en émergence ? La question est légitime et l’exemple des jeunes tunisiens pourrait inspirer la jeunesse arabe et africaine pour croire davantage en elle-même, au lieu de se victimiser, et assumer son rôle dans le changement car elle représente l’avenir. La jeunesse a été particulièrement active, notamment pour mobiliser et organiser la révolte via les réseaux sociaux (facebook, twitter), des canaux d’information plus difficiles à contrôler pour les dictateurs que les médias conventionnels. La possibilité de s’exprimer, de diffuser de l’information a été décisive dans la réussite de la révolte tunisienne. Les nouvelles technologies de l’information seraient-elles le bourreau des totalitarismes ?

Certes, l’immolation par le feu du jeune tunisien est triste et extrême comme moyen d’expression politique. Au lieu de fuir dans les barques de la mort en direction de l’éldorado européen, les jeunes tunisiens et algériens se suicident désormais dans l’espace public en face des symboles de pouvoir (préfecture, direction de sécurité…) pour protester contre l’oppression et la mal vie. D’ailleurs, cela est en train de faire des émules puisqu’on a enregistré en Algérie cinq immolations de citoyens algériens depuis vendredi dernier en protestation contre la dégradation de la situation sociale. Malheureusement, le suicide est en train de devenir la réponse de citoyens opprimés qui semblent dire : vous pouvez m’enlever toutes les libertés que vous voulez, mais nous disposons encore de la liberté de nos corps pour échapper à votre répression.

Plusieurs pays arabes et africains présentent une situation sociale explosive similaire à celle qui a donné lieu à la révolte tunisienne avec des facteurs encore plus aggravants, mais assistera-t-on pour autant à un effet domino dans ces pays ? Certes, en dépit des ressemblances, chaque pays présente des spécificités, mais le risque d’avoir un effet boule de neige est plus grand dans les pays riches en ressources et dont la majorité des citoyens croupit dans la misère. Mais, cela dépendra de la position de l’armée. Si en Tunisie, l’armée s’est montrée républicaine en lâchant Ben Ali, il faudrait une armée au moins neutre dans les autres pays pour espérer qu’un soulèvement populaire aille jusqu’au bout…

Hicham El Moussaoui est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

Alassane Dramane Ouattara, bandit à col blanc ?!

En 1993 quand le président Félix Houphouët Boigny mourrait, la constitution ivoirienne indiquait que c’était le président de l’Assemblée Nationale qui devrait assurer les responsabilités de la magistrature suprême en terminant le mandat en cours ; Alassane Ouattara alors premier ministre avait alors tenté un coup d’état constitutionnel en voulant faire amender en force ladite disposition par l’Assemblée Nationale ; Gbagbo Laurent avait alors dit qu’il fallait respecter la constitution et Konan Bédié Henri devint président grâce à l’article 11.

ADO, bandit à col blanc

En 2000 quand le général Guéi voulait confisquer le pouvoir alors qu’il avait été battu par les urnes par Gbagbo, sans oublier la résistance héroïque de honoré Guié alors président du collège électoral, lui Alassane Ouattara encore, dont la candidature avait été jugé irrecevable par la cour suprême et qui n’avait plus rien à faire ni avoir dans ce débat, s’y invite en lançant à ses militants d’aller chercher le pouvoir, qui serait dans la rue alors que Gbagbo Laurent s’apprêtait à prêter serment comme président de la II ème république.

En 2010, c’est le comble et cette fois ci, c’est avec la communauté internationale et leurs canaux de communication qu’il entend se positionner coute que coute comme président des ivoiriens au mépris de la constitution ivoirienne, de ses institutions et plus précisément le conseil constitutionnel qui a déclaré in fine, la victoire du candidat de LMP, le président sortant Laurent GBAGBO ; un pays pourtant qu’il veut diriger et dont il n’hésite pas à jeter en pâture sur le terreau des intérêts égoïstes de ces commanditaires. Le président Gbagbo avait donc raison quand il disait que Ouattara est le candidat de l’étranger, des personnes aux langues bien fourchues et aux esprits malins comme des vipères, inoculant partout leur venin de la désinformation, de l’intox, de menaces gratuites car les faits parlent d’eux-mêmes.

Ouattara serait il un non conformiste ?

Je crois plutôt qu’il est animé d’un complexe de supériorité, je dirais du complexe du blanc parce que selon lui, il aurait mangé à leurs tables mais en fait, il est devenu leur pion, ce béni oui oui, cet otage de ces réseaux qui l’ont fait et qui vont le défaire. C’est une question de temps, je vous l’assure car les exemples sont légions. Le complexe du sachant parce qu’ayant obtenu un PHD ou bien, pour avoir été au FMI ? Brillant parcours pour cet économiste, je le lui concède et en principe, sa grande ouverture sur le monde, nous laisse pourtant perplexe quant à sa façon de se conduire qui se résume à IRRESPONSABILITÉ. Suivez mon raisonnement et vous allez vraiment comprendre dans ma conclusion.

Pour revenir à cette crise que nous vivons encore, après les élections présidentielles, c’est bien une situation de mauvaise foi politique, diplomatique et communicationnelle que font montre ces commanditaires pour légitimer Ouattara. Mais de quelle légitimité parlent-ils d’ailleurs et revendiquent-ils à cor et à cri ? Est-ce en faisant allusion à l’allure de leur association, le RHDP, je veux parler du PDCI, du RDR, de l’UDPCI, du MFA qui lui donnerait une légitimité arithmétique, sans oublier les voix officielles de la France, des états unis, sans oublier celles de l’ONU ? Est-ce aussi le renfort de la rébellion qui occupe le nord géographique de la côte d’ivoire, cette gangrène dont il a vite fait de confirmer sa collusion, son parrainage ? Ou est ce enfin ces organisations africaines régionales dont il tient sa légitimité à cause de leurs déclarations impulsées par les commanditaires comme maitres à penser ?

Pauvre Afrique !

Seulement notre loi ne dit pas la même chose car Ouattara n’est ni le président légitime ni le légataire constitutionnel du pouvoir d’état pour la simple raison que la constitution par notre conseil constitutionnel ne le reconnait pas comme tel. Je ne voudrais pas revenir sur les conditions de la proclamation des résultats provisoires de la CEI puisqu’elle était forclose car elle n’a pu annoncer les résultats dans le délai imparti par la loi électorale. A partir de ce moment, elle n’avait plus la capacité juridique pour prononcer quelques résultats, furent ils au brouillon.
Donc la CEI s’est comportée comme un hors la loi à l’image de son président et c’est ce qui arrive quand on confie une administration aussi importante à des opposants mais qui sont en fait des bandits à cols blancs et à des rebelles, d’autres bandits armés. Ils ne respectent rien, ils gâtent tout comme on le dit chez nous et cela s’est encore vérifié quand ils se sont rendus compte que ni le report des voix de PDCI n’avait pas été aussi effectif, ni le bourrage des urnes et autres irrégularités ne pouvaient pas faire gagner leur champion tout simplement parce qu’ils ont confondus vitesse et précipitation, trainant sans le savoir les preuves bien visibles de leurs tricheries dans les zones sous leur contrôle ; oui ils se sont trompés dans leurs calculs.
Mais comme ils sont majoritaires à la CEI, ils feront passer cette couleuvre et malgré la forclusion de ladite commission, ils ont eu la géniale idée d’aller prononcer ces résultats dans le QG de leur champion, je veux parler du candidat du RDR, à l’hôtel du golf avec bien sûr la victoire sans surprise de leur champion au risque de me répéter, sur une chaine de télévision étrangère, en l’occurrence France 24. Ensuite, il y’a eu tout ce show à l’américaine, cette mise en scène de mauvais goût, la preuve de cette machination, qui croyant nous desservir, a plutôt montré à la face du monde que ce monsieur est un plaisantin, un pantin, une marionnette dont on tire les ficelles pour l’actionner.

Flagrant délit de délation !

Le plan consistant en fait à proclamer leurs résultats pour que les commanditaires embouchent leur trompette pour aller claironner partout, avec l’aide de leurs médias, que Ouattara est le président avec des résultats pourtant provisoires. Il s’agissait d’opérer un passage en force en conférant à l’ONU les pouvoirs du Conseil Constitutionnel. Si le ridicule tuait, tous tomberaient comme des mouches et Dieu merci, cette mascarade n’est pas passée et aujourd’hui leurs opinions commencent à ouvrir leurs oreilles, leurs yeux pour comprendre et voir mais surtout apprécier la réalité des faits. Mais la merde étant faite, excusez moi du terme, il faut la ramasser et c’est bien ceux qui ont « chiés » qui vont la nettoyer…

Ils ne veulent pas que nous parlions du Conseil Constitutionnel car ils ne veulent pas le reconnaitre aujourd’hui son existence mais je vais en parler pour tout juste leur rappeler que la côte d’ivoire comme toute démocratie que si respecte, a son conseil constitutionnel de même que la France avec son conseil constitutionnel, aujourd’hui conseil d’état ou les Etats-Unis avec la cour suprême, dont l’une des prérogatives communes est de proclamer officiellement les résultats d’une élection et d’assurer l’installation du président élu ; notre conseil constitutionnel n’est pas une invention du président de Gbagbo, elle enregistre tous les recours en annulation pour une élection, elle rend sa décision après examen et sa décision est imprescriptible.
En clair ni Ouattara ni Gbagbo n’ont ce pouvoir de se prononcer ou se proclamer président, c’est au Conseil Constitutionnel de le faire. Le débat étant clos et au vu donc des faits, je puis affirmer, sans risque de me tromper, que Ouattara se comporte comme un hors-la-loi, la France et les états unis y compris toutes ces organisations qui l’accompagnent, sont de fait des hors-la-loi car ce n’est pas encourager la bonne gouvernance, les droits de l’homme, qui sont sur leurs lèvres d’hypocrites quand il s’agit d’aider véritablement nos jeunes démocraties à devenir des nations fortes.

A malin, malin et demi pour conclure, l’histoire se répète, et les faits sont tout aussi têtus et je ne comprends pas pourquoi Ouattara veut toujours contourner la loi, ou faire sa loi à lui alors qu’il sait qu’il sera toujours épinglé et confondu ; un pays comme la côte d’ivoire qu’il veut diriger, son premier réflexe est d’en rejeter sa constitution alors que les Obama prêtent serment eux pour défendre leur constitution, ce n’est pas le ministère de l’intérieur français, encore mois l’ONU qui proclame les résultats officiels de l’élection présidentielle, c’est bien le Conseil d’Etat, leur Conseil Constitutionnel à eux. En plus ils copient mal et ils se veulent donneur de leçons.

Arsène Angelbert ABLO

LVDPG

Côte d’Ivoire : Les salaires seront payés comme d’habitude

Le Gouvernement Aké N’Gbo est convaincu de pouvoir assurer le salaire des travailleurs de l`État ivoirien. Non seulement en fin janvier 2011 mais aussi à la fin des mois prochains. Des sources informées proches du Ministère de l’Économie et des Finances dirigé par M. Désiré Dallo relèvent que  » rien ne peut empêcher les paiements des salaires de janvier » 2011.

« Le paiement des salaires des fonctionnaires ne peut pas avoir de problèmes. Techniquement, je ne sais pas quel problème peut empêcher qu’on paye les travailleurs de l’État de Côte d`Ivoire ce mois de janvier 2011. Rien ne peut empêcher cela. Je vous dis : rien ! Les recouvrements ne sont pas interrompus. La Douane fonctionne, les Impôts fonctionnent, le Trésor travaille.  Pour ce mois de janvier, les salaires des fonctionnaires seront donc payés. Il n’y a pas à s`inquiéter pour cela. Rien ne peut empêcher cela. Tout le reste n’est que politique », indiquait mardi un fondé de pouvoir du Trésor public.

Cette personne ressource au Trésor a affirmé que les retards de paiement subis par des fonctionnaires et agents de l`État en décembre 2010 sont consécutifs au blocage « créé » par des banques françaises aux ordres.

« Ce n’est pas la faute au Trésor ivoirien. Ces banques ont été instrumentalisées. Mais elles ont eu tort de jouer à ce jeu parce que des fonctionnaires ont décidé d’ouvrir des comptes ailleurs. Au finish, elles ont beaucoup à perdre », a-t-il souligné.

Sur la même question, un ministre du Premier ministre Aké N’Gbo a indiqué, hier lundi, que  » le paiement des fonctionnaires à la fin du mois de janvier n’est pas un évènement » . « Les salaires seront payés comme d’habitude « , s’est-il convaincu.
A propos des états, à la Direction générale du Budget et des Finances, on rassure que les données sont déjà prêtes.

« C’est le même train-train quotidien. De façon générale, les états sont faits avant le 15 de chaque mois. Rien n’a changé pour ce mois de janvier. C’est l’Administration qui travaille » , fait savoir un haut fonctionnaire de ce département essentiel du ministère de l’Économie et des Finances, interrogé dans la matinée d`hier sur la procédure administrative de paiement des employés de l’État ce mois de janvier.

Cet interlocuteur, qui a exigé l’anonymat, s`est dit « surpris que des gens s’inquiètent ».
« On met les fichiers à jour chaque fin de mois. On connait le nombre des fonctionnaires et agents qui sont payés par catégorie, ancienneté, grade, responsabilité, etc. La direction de la solde détermine la masse salariale qu’il faut pour le mois. Tout cela rentre dans le cadre des prévisions du budget annuel. Tout est organisé. Il n`y a pas de hasard dans cette gestion. Après la direction de la Solde, c`est le Trésor qui enclenche le paiement en envoyant un signal à la Banque centrale des États de l`Afrique de l`Ouest (Bceao). La Banque centrale, au vu des informations données par le Trésor, donne l`ordre aux banques commerciales de payer.  A leur tour, celles-ci prennent leurs dispositions pour payer « , a-t-il expliqué.

Au regard de ce qui précède, il apparaît que le Gouvernement Aké N’Gbo ne se fait pas de souci quant au paiement des salaires des fonctionnaires et autres. Ce, alors que de plus en plus des sons discordants se font entendre sur les signatures ivoiriennes à la Bceao. En 2010, l’État ivoirien a dépensé 882, 200 milliards de francs Cfa pour la masse salariale de ses travailleurs.

Prunelle P.

Implication US dans la crise ivoirienne : Hillary Clinton piège Obama

Nous l’avons déjà écrit : les Ivoiriens admettent que la crise ivoirienne est fomentée par la France. Mais ils s’interrogent sur l’intérêt «subit» éprouvé par le président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama, de s’associer au président français, Nicolas Sarkozy, pour accomplir le coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Les détracteurs de Laurent Gbagbo brandissent naturellement cette collusion comme étant la preuve que Gbagbo a perdu les élections. Or, dans cette crise d’intérêts qui s’entrechoquent, les preuves abondent aujourd’hui que le président américain a été grossièrement piégé par Hillary Clinton en Côte d’Ivoire.
M. Raïla Odinga est depuis hier à Abidjan. Il revient poursuivre la médiation, désormais au nom de l’Union africaine, entre les acteurs politiques ivoiriens. A la demande du Gabonais Jean Ping, président de la Commission de l’UA engagée dans «la recherche d’une solution pacifique» à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, le Premier mi-nistre kényan s’était déjà joint, le 3 janvier dernier, aux émissaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest. En compagnie des présidents mandatés par la CEDEAO, à savoir Pedro Pirès (Cap Vert), Yayi Boni (Bénin) et Ernest Baï Koroma (Sierra Leone), Odinga avait été dépêché à Abidjan pour «mieux s’informer» sur la crise ivoirienne et permettre à l’organisation panafricaine d’asseoir définitivement son opinion sur cette crise. Aujourd’hui, le retour de Raïla Odinga à Abidjan à la tête d’une délégation de médiation, et non plus comme supplétif à une délégation sous-régionale de haut niveau, montre bien que l’UA a décidé de soulager la CEDEAO visiblement perdue dans les manipulations colonialistes. Selon des sources diplomatiques africaines, l’UA est déterminée à prendre en main tout le dossier ivoirien et le Premier ministre kényan a pris des galons inattendus dans la mission.

Fissures dans les soutiens internationaux de Ouattara

Bien entendu, la présence de Raïla Odinga au sommet de la médiation africaine dans cette crise post-électorale paraît très curieuse à première vue. On se souvient que la veille de son premier voyage dans la délégation de la CEDEAO à Abidjan, la presse étrangère lui avait prêté des propos très maladroits pour un médiateur en mission d’information : «Raila Odinga a déclaré que son rôle serait de plaider auprès de M. Gbagbo pour l’amener à accepter la volonté du peuple», avaient annoncé certaines presses. « Je vais utiliser ma position en tant qu’ami de M. Gbagbo … pour dire [à M. Gbagbo] qu’il s’agit d’un processus, que vous pouvez perdre une élection et que cela ne vous empêche pas de gagner les élections suivantes”, aurait-il déclaré à la radio britannique BBC. Mais la séance de travail et d’échanges de près de trois heures au Palais présidentiel ce 3 janvier 2011, avec Laurent Gbagbo, a visiblement permis à Raila Odinga de découvrir quelques «contours cachés» du problème ivoirien. Depuis ce voyage en terre ivoirienne, le Premier ministre kényan n’a plus chargé le président Laurent Gbagbo. Mieux, il serait devenu l’un des farouches opposants à la sauvage «solution armée», à la sauce ECOMOG, prônée par quelques chefs d’Etat serveurs de thé de Sarkozy au sein de la CEDEAO. Fait encore plus notable, au moment où Odinga revient en Côte d’Ivoire, la coalition internationale agrégée par le président français, Nicolas Sarkozy, autour d’Alassane Ouattara, s’effrite. Plusieurs Etats de la CEDEAO ont clamé haut et fort leur opposition à tout recours à la solution militaire en Côte d’Ivoire. D’autres Etats travaillent à la mise sur pied du Comité d’évaluation réclamée par le président Gbagbo. De vastes mouvements de recadrage des positions sont en cours dans les chancelleries africaines et occidentales pour faire éclater la vérité des élections ivoiriennes au grand jour.

Ainsi, pour ce qui concerne les Etats-Unis d’Amérique (USA), les brouilles entre le président Barack Obama et le président Laurent Gbagbo semblent s’estomper. Le président américain aurait même été très heureux de se faire expliquer par Jean Ping que le choix de l’Union africaine a été porté sur Raïla Odinga pour mener la médiation en Côte d’Ivoire et que le président ivoirien, Laurent Gbagbo, n’y a vu aucun inconvénient. Au début de cette crise post-électorale, le président américain avait, lui aussi, intimé l’ordre au président ivoirien de partir du pouvoir, et Laurent Gbagbo lui aurait réservé un cinglant revers en refusant de le prendre au téléphone. Mais, cela semble être du passé. Le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, a révélé, dans une interview accordée au quotidien français France-Soir, une information d’importance : «Le président Obama s’est ravisé. Il ne veut plus continuer dans le sens de la France. Nous lui avons expliqué la situation ici et il ne veut plus suivre Sarkozy» (Notre Voie du 17-01-2011, page 2). Par contre, devant une dizaine de milliers de manifestants accourus, samedi dernier, au Palais de la Culture de Treichville, Mme Simone Ehivet Gbagbo, Première Dame de Côte d’Ivoire et Secrétaire générale du Congrès national de la Résistance et de la Démocratie (CNRD), a publiquement dénoncé les manœuvres de Mme Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat américain (ministre des Affaires étrangères), dans les malheurs de la Côte d’Ivoire. Car, c’est bien l’épouse de l’ancien président Bill Clinton qui a poussé l’actuel locataire de la Maison Blanche (Palais présidentiel des USA), Barack Obama, à prendre à la hâte des positions honteuses contre le président Laurent Gbagbo. Dans la crise ivoirienne, chaque acteur extérieur poursuit un intérêt propre. C’est le cas de Mme Clinton.

Au nom des ambitions d’Hilary

Mme Hillary Clinton a hérité du poste de Secrétaire d’Etat américain comme trophée de consolation. L’épouse de Bill Clinton a été étalée, il y a deux ans, aux élections primaires des Démocrates par Barack Obama. Selon des informations disponibles dans nombre de chancelleries occidentales et africaines, Hillary (Américaine blanche) a ressenti sa défaite face à Obama (Américain noir) comme une humiliation. Le lobby qui la supporte a donc tout mis en œuvre pour l’imposer à la tête du Département d’Etat américain (ministère des Affaires étrangères) pour amortir le choc de la défaite, mais sa douleur n’est pas totalement essuyée. Elle attend son heure pour le faire payer à Obama. Pour l’instant, à ce poste qui lui permet de voyager à travers le monde, Hilary Clinton attend son heure en tissant sa toile. Elle noue des relations, établit des contacts qu’elle compte utiliser plus tard, le moment venu. En même temps, elle suit les activités d’Obama.

Par exemple, elle constate que, depuis son élection, le premier président noir des USA affiche une sincère compassion pour les souffrances infligées aux peuples noirs par l’esclavage. Obama milite pour «une réparation» de ce tort. De plus, dans la marche des nations modernes, Obama a affirmé, lors de son séjour au Ghana, pays voisin de la Côte d’Ivoire, que «la démocratie ne peut être viable dans les Etats africains sans des institutions républicaines fortes». Double crime de lèse-majesté aux yeux des descendants des colons qui continuent de faire et de défaire les régimes africains au rythme de parodies d’élections organisées pour placer leurs poulains à la tête de nos Etats. Comment faire pour avoir la peau de ce président «noir» des Etats-Unis qui semble vouloir bouleverser l’ordre établi par l’Occident ? A défaut de l’abattre, comment arriver à le contrôler?

La vice-présidence des USA, l’enjeu

Dans deux ans, c’est l’élection présidentielle aux USA. Barack Obama pourrait être le candidat des Démocrates, mais, pour ses détracteurs, il n’est plus question de lui laisser la possibilité de reprendre Joe Biden comme son colistier. L’actuel vice-président des USA file le parfait amour avec Obama et semble partager ses points de vue sur tous les dossiers. Et, pour leur malheur, quelques grains de sable se sont retrouvés dans… l’hamburger de la paire qui a battu Hillary aux primaires des Démocrates : la gestion de l’héritage des dossiers Iranien et irakien, comme celle du puzzle afghan et du terrorisme international, ainsi que les promesses électoralistes non encore entièrement satisfaites ont fait perdre à Obama, à mi-parcours de son premier mandat, la majorité au Congrès américain (Chambre des députés). Pour le lobby occidentaliste qui la soutient, le «crédit de popularité» d’Obama s’effrite et il faut continuer à l’enfoncer jusqu’en 2012, afin de pouvoir lui imposer un autre colistier, c’est-à-dire Hillary. Dans cette optique, l’épouse de l’ancien président Clinton bénéficie déjà d’un vigoureux coup de pouce au plan du lobbying international et de la promotion médiatique. La chaîne de télé américaine National Geographic lui a consacré, tout récemment, un document hors norme pour polir son image de futur vice-présidente des USA. Mais cela ne suffit pas, Obama doit continuer à subir plus de déboires pour lâcher Joe Biden au profit de la Secrétaire d’Etat. La crise post-électorale en Côte d’Ivoire offre une opportunité inattendue à Hillary.

Et les réseaux sont activés

La Représentation permanente des USA à l’ONU est dirigée par Mme Susan Rice. C’est Hillary Clinton, son amie de toujours, qui l’y a placée. Suzan Rice est l’amie de l’épouse américaine d’Adama Toungara, maire RDR d’Abobo, dirigeant du RDR d’Alassane Ouattara, candidat malheureux du 2nd tour de la présidentielle ivoirienne qui vit retranché au Golf Hôtel. Quand la crise post-électorale éclate, l’ambassadeur des USA à Abidjan, Philip Carter III, qui bénéficie d’une amitié tissée avec Ouattara au moment où celui-ci était DGA du FMI, saisit Hillary, sa patronne, pour solliciter son appui auprès d’Obama. Le réseau se met en branle. Mme Toungara s’active auprès de Susan Rice. Mme Rice facilite les choses auprès de Hillary.
Au lendemain du 2nd tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, Mme Hilary Clinton, Secrétaire d’Etat américain, pond une déclaration par laquelle elle demande, entre autres recommandations, aux deux candidats, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, «de permettre à ce que le décompte et l’annonce des résultats se déroulent sans entrave et de respecter les résultats qui seront annoncés». Plus tard, quand le président de la CEI pris en otage au Golf Hôtel, a déclaré, hors délai constitutionnel et hors cadre, Ouattara vainqueur, l’épouse de l’ancien président Bill Clinton a félicité le fraudeur sans attendre le verdict final du Conseil constitutionnel ivoirien. Pis, elle a posé ces actes à l’insu de Barack Obama et manœuvré pour entraîner le président américain dans la combine. De toutes les façons, pour Hillary Clinton et le lobby qui travaille pour elle, quand le scandale de l’interventionnisme frauduleux des USA en Côte d’Ivoire éclatera, c’est Obama qui en pâtira. C’est lui que les Américains ont élu pour régler tous les dossiers avec rigueur et non personne d’autre !

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, n’a cessé de le répéter : l’autre nom de Dieu, c’est le temps. Dans la crise que vit la Côte d’Ivoire depuis 2002, le temps qui s’égrène apporte son lot de révélations, à chaque étape, chaque jour. A présent, de par sa farouche volonté de voir plus clair dans le dossier ivoirien, Obama semble avoir cerné le piège dans lequel sa puissante Secrétaire d’Etat l’a enfermé. Il n’est pas exclu de penser que Raïla Odinga, son «frère» et Premier ministre kényan, lui-même anti-Gbagbo au départ, ait contribué à attirer l’attention de Barack Obama sur le rôle néfaste de Mme Hillary Clinton dans le bourbier ivoirien.

César Etou (cesaretou2002@yahoo.fr)