Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 21, 2011

Campagne prématurée pour la démission de Bio Tchané de la BOAD : voici la lettre qui confond Yayi

« …Par la présente, je voudrais vous confirmer que suite à la validation par la Cour constitutionnelle de ma candidature et conformément à mes engagements, je vous remets ma démission de mes fonctions de président de la BOAD laissant ainsi au vice président, Monsieur Issa Coulibaly…le soin d’assurer l’intérim jusqu’à la nomination du prochain président ».

C’est en substance un extrait de la lettre adressée le 30 janvier 2006 par le candidat Thomas Boni Yayi au Président de la République du Niger et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de l’Uemoa pour faire part à ce dernier de sa démission de la tête de l’institution sous-régionale pour briguer la magistrature suprême dans son pays.

Ces propos qui confirment l’effectivité de la démission de Boni Yayi alors président de la Boad seulement après la validation par la Cour constitutionnelle, suscite bien des interrogations sur l’initiative du Chef de l’Etat d’exiger la démission de son challenger à l’élection présidentielle auprès des Chefs de l’Etat de l’Uemoa après la déclaration de candidature de ce dernier.

Débouté par ses collègues le renvoyant à sa propre expérience en 2006 où après sa démission intervenue après la validation de cette dernière par la Cour constitutionnelle, elle n’a été effective qu’une quinzaine de jours plus tard, Boni Yayi a fait l’option de l’acharnement l’une des méthodes pour la conservation de son pouvoir.

Sinon, comment comprendre qu’alors qu’Abdoulaye Bio Tchané n’ait pas encore obtenu l’aval de la Cour, l’ancien président de la Boad devenu Président de la République déploie autant d’énergie auprès de ses pairs pour obtenir le départ de l’un de ses plus redoutables adversaires dans la course au fauteuil présidentiel ?

C’est d’ailleurs conscients du précédent créé par Boni Yayi à la tête de l’institution sous régionale que le Conseil des ministres de l’Uemoa a refusé catégoriquement de donner une suite favorable à la demande formulée par le Chef de l’Etat béninois en le renvoyant à la démarche suivie pour aboutir à sa propre démission en 2006.

Ainsi, à l’occasion du 15ème sommet de la Conférence des Chefs d’Etat de l’Uemoa qui se tient demain, samedi 22 décembre 2010, à Bamako au Mali sous la houlette du président en exercice de ladite conférence, Amadou Toumani Touré, tous les observateurs s’attendent à la validation de la position adoptée par le conseil des ministres de rejeter la demande de Boni Yayi.

De même, cette rencontre sera l’occasion de réaffirmer, selon certaines indiscrétions, la souveraineté de la conférence d’apprécier les possibilités d’un probable retour du président de la BOAD à la tête de l’institution en cas d’échec dans sa volonté de se faire élire à la tête de son pays.

Il va alors s’en dire que les conclusions du 15ème sommet qui s’ouvre ce samedi à Bamako retiendront l’attention de l’opinion publique béninoise et viendront confirmer le camouflet essuyé par Boni Yayi auprès de ses homologues dans son acharnement contre un compatriote dont le seul tort est de vouloir mettre au service de son pays son expertise saluée à travers le monde.

Jean-Claude DOSSA, L’événement précis

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« J’ai appris mon limogeage par bande défilante à la télévision », dixit Kessilé Tchala

L’ancien Ministre de la santé, Késsilé Tchala a enfin parlé. C’était hier dans l’émission spéciale « Zone franche » de la chaîne de télévision privée, Canal3. Grand moment d’émotion, l’homme a révélé à l’opinion publique, les dessous de son éviction du gouvernement du changement dont le chantre était pourtant un de ses amis privilégiés.

Au cours de sa sortie médiatique, Késsilé Tchala a dit sa part de vérité dans la cosignature de l’arrêté ministériel augmentant les primes des paramédicaux de la santé. L’homme n’a pas caché sa déception de voir le régime du changement tourner dos à sa vision originelle pour laquelle lui et ses amis se sont battus. Et c’est pour cela que l’homme affirme que la délégation du pouvoir avec Boni Yayi n’ayant pas marché, il convient désormais pour lui de se lancer dans la course à la Marina afin de concrétiser ses ambitions pour le développement du Bénin.

« J’ai vécu mon limogeage comme une humiliation »

« J’étais en attente d’être reçu dans le couloir du Chef de l’Etat quand j’ai appris en bande défilante à la télévision que je n’étais plus ministre. Je me suis senti humilié », ainsi se confessais hier Késsilé Tchala propos des conditions de son limogeage du gouvernement.

Et pourtant, l’homme dit avoir eu des relations très privilégiées avec le Chef de l’Etat qui aurait pu l’informer de son départ du gouvernement. Très affligé, Késsilé Tchala avoue avoir vécu la situation comme une humiliation. Néanmoins, à y réfléchir plus profondément, il déclare : « J’ai compris que j’ai cessé de lui être utile. C’est son droit le plus absolu ». Prenant la chose sportivement, il affirme « Il me fallait cette dose d’humiliation pour conserver ma sincérité avec ceux qui ont cru en moi ». Il faut dire que ce départ précipité et brutal de Késsilé Tchala n’est pas resté sans conséquence.

Le Bénin en passe de perdre d’importants projets dans le domaine de la santé

Profitant de ses relations privilégiées avec la France et les Etats-Unis, Késsilé Tchala, pendant qu’il était encore aux affaires dit avoir négocié d’importants projets pour le rayonnement du secteur de la santé au Bénin. En effet, entre autres, il a réussi à avoir l’accord de principe de la République française qui a accepté contribuer à la réalisation du projet de construction d’un hôpital de référence sous la rubrique du pôle d’excellence en soins de santé qu’il avait initiée.

Selon ses révélations, cet hôpital sera constitué de 450 lits avec niveaux et implanté sur un domaine de 50 hectares déjà disponible à Glo Djigbé. Le coût global de ce projet est d’environ 500 Milliards de Fcfa et le Bénin n’aura rien à y débourser. Les Etats-Unis sont également d’accord pour contribuer sensiblement à ce projet. Mais son départ du gouvernement a retardé les choses puisque son successeur n’a pas poursuivi le dossier et le projet se trouve actuellement en souffrance.

C’est le même sort que connaît selon Késsilé Tchala, le projet de création d’une banque de matériels de santé pour laquelle les partenaires ont accepté appuyer le Bénin. Tout ceci aggrave l’amertume de Késsilé qui estime que « Nous avons géré ces différents projets de grande envergure avec légèreté ».

Sur la question des primes accordées aux agents de santé

Avec peu de mots, Késsilé Tchala a éclairé la lanterne des Béninois sur le fameux arrêté qu’il a cosigné avec l’ancien ministre des finances, Soulé Mana Lawani pour augmenter les primes des agents de la santé. Dire que cet acte qui a créé autant de charges pour l’Etat relève de l’initiative exclusive de deux ministres paraît une attitude d’irresponsable.

 Or, selon ses propos, « Notre Etat n’est pas irresponsable ». Mieux, il affirme qu’aussitôt l’arrêté pris, des ampliations ont été faites au Chef de l’Etat et à tous les Ministères. Et cet acte, si c’était à reprendre, il le ferait encore parce qu’il estime misérable, le salaire des agents de santé qui pourtant prennent tous les risques possibles pour soigner leurs patients. Pour lui donc, ils méritent beaucoup mieux que cette prime qui aujourd’hui reste le principal motif de la grève sans service qu’ils ont entamée depuis quelques semaines déjà.

Parlant de grève, Késsilé Tchala rend responsable le gouvernement qu’il invite d’ailleurs à régler le plus rapidement possible, cette crise qui pèse très lourd sur les Béninois. « Cette grève vue de l’extérieur est inimaginable. Ce n’est pas possible qu’un Etat sérieux laisse mourir les gens pour une question de prime de 3 Milliards », a-t-il laissé entendre.

Késsilé Tchala accuse Yayi de menacer la paix au Bénin

La condition sine qua none pour le développement dans tout pays selon les déclarations de Késsilé Tchala, c’est la paix. Et l’héritage que nous ont laissé nos ancêtres et les grands hommes de ce pays selon ses propos, c’est l’unité nationale, la paix et la cohésion nationale. Il serait donc pas question selon l’homme de remettre ces fondamentaux en cause pour réaliser un quelconque développement.

Et sur ces points précisément, Késsilé Tchala estime qu’il y a de sérieux problèmes occasionnés par le régime du changement. En plus de cela, l’homme déclare que le changement souhaité a changé de camp et il faudra donc le rétablir.

Késsilé Tchala, candidat à la présidentielle de février 2011

Au regard des erreurs de gouvernance enregistrées sous le régime du changement qu’il a contribué à installer, Késsilé Tchala ne compte plus accorder son pouvoir de délégation à Boni Yayi à la présidentielle du 27 février 2011. Il veut surtout aller au charbon lui-même pour concrétiser ses ambitions pour le Bénin une fois élu à la Marina.

 En parlant de rêve, Késsilé Tchala en a et il n’a pas manqué de partager quelques uns avec les Béninois lors de sa sortie médiatique d’hier. Il compte ardemment œuvrer pour faire aboutir le projet de réalisation d’un centre de santé de référence actuellement en souffrance, faire de Cotonou, une ville portuaire commerciale en délocalisant la Marina vers Porto-Novo en vue d’accorder à la ville, ses attributs de capitale du Bénin.

Késsilé Tchala entend également faire de la construction d’une double voie de Cotonou à Abomey, sa priorité. Pour lui, l’Etat ne pouvant pas créer d’emplois à tous les jeunes, il convient désormais d’instaurer des conditions propices à la création des jeunes. Pour réussir ce challenge, l’homme dit avoir installé d’ores et déjà, une forte équipe qui sans relâche travaille sur le terrain pour lui assurer la victoire.

Donatien GBAGUIDI, L’évenement précis

En cas de contrôle de la Cena par la mouvance : L’opposition coordonne 08 départements

Au cas où le gouvernement choisit de contrôler le bureau de la Commission électorale nationale autonome (Cena), il risque de perdre la gestion à la base au profit de l’opposition qui coordonnera 08 départements. C’est ce qui se dégage de l’analyse des différents schémas du fait de la majorité de six représentants pour la mouvance contre cinq pour l’opposition à la Cena.

Au terme des dispositions de la loi portant Règles générales pour les élections en République du Bénin, le bureau de la Cena est composé de cinq membres. Il est élu, selon un autre article du texte, en tenant compte de sa configuration politique. Ici, les onze membres de la Cena 2011 proviennent de trois origines différentes. Il y a la mouvance présidentielle, l’opposition et la société civile. Mais sur le terrain, c’est plutôt deux tendances qu’il faut voir, parce que Rigobert Chacha, élu pour le compte de la société civile, vient du Cadre de concertation des organisations de la société civile qui soutient l’action gouvernementale. Toutefois, dans un bureau incontestable, il faudra forcément retrouver la société civile, l’opposition et la mouvance. Et pour ne pas tomber sous le coup de la loi, c’est pratiquement un des cinq sièges qui sera concédé à l’opposition. Dans ces conditions, le reste de ses membres devra assurer la coordination des départements. Pour l’opposition, il y a encore quatre personnalités à positionner, alors que la mouvance qui s’est taillé la part du lion avec quatre membres au bureau, n’aura que deux positions. Ainsi, l’opposition majoritaire pourra contrôler huit départements contre deux pour la mouvance, à raison d’une personnalité pour deux départements. C’est la première conséquence du vote opéré le jeudi passé au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo et de l’orientation donnée à la loi portant Règles générales pour les élections en République du Bénin. Mais, il y a mieux, parce que la loi pénalise aussi la mouvance dans les arrondissements à forte densité. Ici, chaque fois que le nombre de la population dépassera 50 000 habitants, c’est l’opposition qui a la situation en main. Il en est de même pour les communes qui ont la taille d’un département comme Cotonou.

Jean-Christophe Houngbo

(Br.Ouémé-Plateau)

Représentants de l’Assemblée nationale à la Cena 2011

Titulaires et Suppléants

1-Honorat Gaëtan A. ; Adjovi Djima Idrissou

2-Yaya Garba ; Théodore Djossa

3- Christophe Kaki Noël ; Koumba Koussé

4- Tchèkessi Tagbaho; Christophe Monsia Boni

5- Gérard Agbota ; Barthélemy Godonou

6- Jérôme Alladayé ; Hyppolite Faladé

7- Edouard Aho ; Abdoulaye Anassa

8- Amouda Razaki ; Paul Dèhoumon

9- Nicolas Dandoga ; Judicaël Biaou

Réalisation de la LEPI : le faux jeu des partenaires techniques et financiers

Les organismes internationaux dits « partenaires techniques et financiers » (Ptf) associés à la réalisation de la liste électorale permanente informatisée (Lépi) ne sont pas étrangères aux difficultés prévisibles que connaîtra le Bénin à lors des toutes prochaines échéances électorales. Nonobstant les décisions de la cour constitutionnelle imposant une Lépi qu’il va être difficile d’accoucher, le silence de ces Ptf sur certaines irrégularités qui ne cessent d’émailler le processus est coupable. Alors même que dans le partenariat qui les lie au Bénin, ils devraient aussi veiller à la bonne conduite des projets dans lesquels ils sont impliqués. Ce qui n’est nullement le cas avec la Lépi. Un comportement qui apparaît suspect et les décrédibilise à la limite. Sinon, comment comprendre qu’ils aient refusé de prendre en compte les réserves de l’opposition dans la réalisation de la Lépi alors même que tout le processus a connu des ratés. Comment justifier leur silence face à la précipitation qui entoure la réalisation de cet outil et l’empressement du gouvernement à l’utiliser pour les élections prochaines qui commencent dans un mois environ. Pourtant, la Lépi n’est pas prête. Qu’est-ce qui empêche les Ptf de voir le danger que constitue la réalisation forcée de la Lépi ? Quel deal ont-ils avec le gouvernement de Boni Yayi ? Ou encore qu’est-ce qu’ils gagnent dans une réalisation précipitée qui pourrait être source de guerre au Bénin ? C’est le Système des Nations-Unies, chantre autoproclamée de la paix dans le monde, et partenaire technique à la réalisation de la Lépi qui a semblé le plus pécher. Elle aurait pu être la garantie d’une Lépi consensuelle et légale, mais visiblement, tel n’a pas été son choix.

Alors que l’opposition réclamait il y a un an une suspension pour évaluation, la représentante de l’Union européenne affirmait que la Lépi a été instituée par une loi, et qu’en tant que partenaire, son organisme s’en tenait à ça. Paradoxalement, on ne l’a pas vu exprimer des réserves ni geler son financement alors que le processus avançait dans la violation de plusieurs dispositions de la même loi. Si cette attitude n’est pas du mépris pour les lois et les institutions béninoises, elle en a tout l’air.

En somme, toujours est-il que le jeu des Ptf n’est nullement clair dans la conduite du dossier de la réalisation de la Lépi.

Georges AKPO, la nouvelle tribune

Boni Yayi à Luanda : “Gbagbo a raison”

Au terme d’une visite de 48 h qu’il a faite à Luanda, capitale de l’Angola, le président béninois Yayi Boni a déclaré à la presse, avant son départ, qu’au vu des éléments de preuve en sa possession, Laurent Gbagbo a raison de réclamer la victoire à la présidentielle. Mais, a-t-il ajouté, en tant qu’Africain, il souhaite la mise sur pied d’un gouvernement d’union pour un partage du pouvoir afin de mettre rapidement un terme à la crise née de la contestation électorale.
Selon la presse angolaise, le président béninois est arrivé lundi à Luanda et a eu des tête-à-tête avec les autorités angolaises, avec à leur tête le président Jose Eduardo Dos Santos.
Yayi Boni fait partie de la délégation de haut niveau de la CEDEAO composée des présidents sierra leonais et cap verdien qui a été envoyée à Abidjan pour tenter un dialogue entre le président Laurent Gbagbo et son adversaire Alassane Ouattara. Après deux passages, les trois chefs d’Etat n’ont pas obtenu grand-chose, puisqu’ils ont buté chaque fois sur le refus de Ouattara d’accepter la discussion.

Abdoulaye Villard Sanogo, notre voie

“La Côte d’Ivoire récuse Raïla Odinga”, dixit Alcide Djédjé (ministre des Affaires étrangères)

Le gouvernement ivoirien, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Alcide Djédjé, a récusé hier le Premier ministre kényan Raïla Odinga, désigné par l’Union africaine (UA)) pour conduire la médiation dans la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. C’était au cours d’une conférence de presse tenue à son cabinet au Plateau.

«Nous récusons le Premier ministre kényan, médiateur de l’Union africaine dans la crise postélectorale que notre pays traverse pour sa prise de position flagrante en faveur d’Alassane Ouattara. Cependant nous restons ouverts aux discussions, qu’elles viennent de l’Union africaine ou d’ailleurs, de la part de bonnes volontés». Le ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire, M. Alcide Djédjé, a ainsi clairement affiché, hier, la volonté du président Gbagbo et de son gouvernement dirigé par le professeur Aké N’Gbo de ne plus accepter le Premier ministre kényan désigné par l’UA pour conduire la médiation dans la crise postélectorale que vit la Côte d’Ivoire. Il l’a signifié au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée à son cabinet et dont l’ordre du jour portait justement sur le compte rendu de la visite de celui qu’on peut d’ores et déjà qualifier d’ex-médiateur.

Cette conférence de presse faisait suite à la déclaration fracassante que le Premier ministre kényan a faite peu avant son départ d’Abidjan, hier matin à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët. Dans cette déclaration surprenante, après avoir écourté de façon tout aussi surprenante son séjour qui était prévue pour une semaine, l’ex-médiateur de l’UA disait avoir demandé à M. Alassane Ouattara, d’une part de «nommer certains des alliés de M. Gbagbo dans le gouvernement qu’il formerait en tant que président» et d’autre part, de lui offrir «des garanties de sécurité et de liberté dans l’exercice des ses activités futures, y compris l’option de continuer de faire la politique en Côte d’Ivoire ou de s’établir dans un pays de son choix».

Rétablissant la vérité des faits relatifs à cette mission de l’UA, le ministre Alcide Djédjé a rappelé que Raïla Odinga a été reçu par le président de la République Laurent Gbagbo le lundi 17 janvier en fin d’après-midi. Au cours de cette rencontre, le Premier ministre kényan a demandé, selon le ministre ivoirien des Affaires étrangères, au président Gbagbo de lever le «blocus» du Golf Hôtel afin de permettre la discussion avec Alassane Ouattara. A ce sujet, explique le ministre Alcide Djédjé, le président Gbagbo a indiqué au Kénayan qu’il a adressé un courrier au président de l’Union Africaine dans lequel il a expliqué que le maintien du blocus s’explique par la présence de 300 à 400 soldats rebelles à l’intérieur du Golf Hôtel avec des armes lourdes qui ont servi à l’attaque durant les manifestations du jeudi 16 décembre 2010. Et que face à cette situation, il a fallu prendre un minimum de mesures de sécurité pour protéger les personnalités qui résident ou travaillent dans la zone. En tout état de cause, a indiqué le ministre Alcide Djédjé, le président a suggéré que les Forces de défense et de sécurité aient une rencontre avec les soldats rebelles pour voir les modalités de la levée du blocus du Golf Hôtel. Enfin, selon le ministre des Affaires étrangères, le président Gbagbo a demandé à l’ex-médiateur d’être son interprète auprès de Ouattara pour que soit mis fin aux violences organisées dans le cadre de l’opération «Ville morte».

En se rendant chez Alassane Ouattara, le Premier ministre kényan avait promis de revoir le président Gbagbo, le lendemain mardi à 16 heures. Mardi, le président Gbagbo attendait de revoir l’ex-médiateur quand il a été surpris d’apprendre, de la part du représentant permanent de l’UA, que Raïla Odinga a décidé de partir d’Abidjan, dès hier mercredi à 7h30. Et pourtant, indique le chef de la diplomatie ivoirienne, la note officielle annonçait sa visite pour une semaine.

Pour le ministre Alcide Djédjé, le fait que le premier ministre Raïla Ondinga insiste sur la levée du blocus du Golf Hôtel, qui n’est en réalité qu’un point subsidiaire et qui n’a rien à avoir avec les questions de fond, montre que la volonté du l’ex-médiateur n’est pas le règlement de la crise, mais pour donner un coup de pousse au coup d’Etat électoral de la France. Un coup d’Etat électoral qui a pourtant échoué, insiste le ministre, Alcide Djédjé. Le mi-nistre des Affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire estime même que la levée du blocus du Golf Hôtel est un stratagème pour attaquer la ville d’Abidjan à partir de cet hôtel. Pour lui, Alassane Ouattara et les siens ne sont pas intéressés par les discussions. Ils n’ont, estime-t-il, que la guerre dans la tête. Et le ministre d’indiquer que les bruits de bottes qui sont entendus de Bouaké sont révélateurs de ce qu’une attaque se prépare contre la Côte d’Ivoire.

Boga Sivori (bogasivo@yahoo.fr), notre voie

Mauritanie : Un jeune homme tente de s’immoler

Après la Tunisie : Un jeune homme tente de s’immoler en Mauritanie

Un jeune homme a mis le feu, lundi devant le siège du Sénat à Nouakchott, à son véhicule aspergé d’essence après s’y être engouffré et fermé hermétiquement toues les portières.

Des policiers ont pu sortir le jeune homme, Yacoub Ould Dahoud, du véhicule avec des brûlures légères sur son corps, selon une source médicale à l’Hôpital militaire où il a été transporté.
Les mobiles de cette tentative de suicide n’ont pas encore été connus. Il s’agit d’un homme d’affaires, la quarantaine, évoluant dans les domaines agricole et médical,  » aisé matériellement et menant sa vie de façon tout à fait ordinaire « , ont indiqué à l’AMI des proches à lui rencontrés devant l’Hôpital militaire.

Crim Dem, leral.net

SENEGAL : Karim Wade noircit davantage son mouton

GESTION DE L’ELECTRICITE

La question de l’électricité au Sénégal n’a pas encore fini de défrayer la chronique. « La petite erreur », selon Samuel Sarr qui a eu à diriger d’abord la Senelec, puis Ministre en charge de la question de l’énergie, a accouché d’un éléphant. Malgré les mobilisations, les marches, les menaces et autres boycotts du paiement des factures d’électricité par les Imams de Guédiawaye, la situation a empiré. Le président de la République, lassé par les exigences des populations a fini par sortir la formule magique. C’est son fils Karim Wade qui vient « au secours des sénégalais ». Ainsi, les populations accroissent les descentes dans les rues pour protester contre les délestages. Cependant, la banlieue se distingue dans ce combat.

Le Sénégal, sous l’alternance n’est éclairé que de jour, par la lumière du soleil. L’électricité est devenue une denrée rare, sinon inexistante au pays de la Téranga.

La mauvaise gestion du secteur de l’énergie est allée crescendo.

C’est d’abord l’ex ministre de l’énergie Samuel Sarr qui avait soutenu : « La question de l’électricité, c’est une petite erreur et les responsabilités seront situées ». Mais ce n’est pas sans compter les attaques des représentants du peuple qui ont jugé inacceptables, les propos du ministre. L’une d’entre eux, Fatou Younouss Aïdara en l’occurrence, a fait savoir au ministre qu’elle n’est pas d’accord que ce dernier prenne les sénégalais pour des demeurés. « Monsieur le ministre d’Etat, non, nous ne sommes pas d’accord ; l’affaire est très sérieuse, ce n’est pas une petite erreur », a-t-elle lancé. Et c’est son collègue, le député Abdoulaye Dramé qui lui a emboité le pas pour demander au ministre de rendre le tablier. Mais rien n’y fait. Samuel Sarr est toujours aux commandes de ce ministère stratégique et voit son budget atteindre 43.937.243.000frs contre 26.794.244.000frs pour l’année précédente. Il profite de cette tribune offerte par l’assemblée nationale pour annoncer le rachat de la centrale de GTI ayant une capacité de 50 mégawatts pour résoudre le problème. Mais, il se trouvait que ladite centrale était déjà en panne depuis juin 2008, et l’Etat continuait de lui payer de l’argent. Une somme de 800 millions par mois, soit 23 milliards, a été déboursée et perdue par l’Etat du Sénégal, sans explication plausible.

La situation ne voit pas d’amélioration et Samuel Sarr est toujours resté à son poste

Le 21 juillet 2010, Samuel Sarr revient devant les parlementaires. Cette fois-ci, il semble s’être penché sur la question qui n’est toujours pas réglée malgré l’augmentation du budget de l’année passée. Samuel Sarr pointe un doigt accusateur sur les contrôleurs de la Senelec pour avoir fait preuve de légèreté lors du contrôle du fuel. « Cette situation est consécutive à une altération de la qualité du combustible », a-t-il déclaré, cette fois donnant encore aux parlementaires l’occasion de tirer à boulet rouge de nouveau sur lui. Ainsi, pour calmer les ardeurs des députés qui s’acharnent sur lui, le ministre Samuel Sarr tient une promesse qu’il ne respectera jamais dans sa vie. « La situation reviendra à la normale au plus tard le 15 aout prochain (ndlr le 15 aout 2010) », annonçait-il.

La révolte des populations

C’est ainsi que des populations se sont levées comme un seul homme pour demander que la situation soit rétablie dans les plus brefs délais.

Des hommes de culte, les imams de Guédiawaye en l’occurrence, entrent dans la danse. C’est d’abord à travers le prêche que le combat est mené. Les imams de Guédiawaye demandent aux populations du Sénégal de ne plus payer les factures d’électricité. Ensuite, ils vont plus loin en convoquant un point de presse au cours duquel ils brandissent la menace de descendre dans les rues pour exiger en retour à la normale et une révision des prix du courant. C’est ainsi que l’imam Youssoupha Sarr, le secrétaire général et porte-parole du mouvement a déclaré : « Nous n’accepterons que des erreurs de gestion soient répercutées sur le dos des pauvres consommateurs ». Pour eux, c’est le directeur de la Senelec qui doit rendre le tablier.
La réponse du Président Abdoulaye consiste au remplacement de Samuel Sarr par son fils, Karim pour voler « au secours des populations ».

Une fois à la tête du secteur de l’énergie, Karim Wade, avec une prudence calculée, annonce la fin des délestages pour 2014.

Cependant, il met en place un comité de restructuration du secteur. Ce comité devient alors le comité de la division parce que comprenant le secrétaire des Imams de Guédiawaye en son sein.

Et Karim Wade n’arrive pas à prouver à son père qu’il est le « plus intelligent des Sénégalais » pour résoudre définitivement la question énergétique.

Les délestages atteignent une recrudescence inégalée. Le pays sombre dans des délestages allant de 2 à 12 heures d’horloge. Les populations craquent et investissent les rues, surtout dans la capitale. Et la banlieue n’est pas en reste. Les jeunes de Guédiawaye tiennent les services d’ordre en haleine pendant toute une semaine pour crier leur amertume. Dernièrement, ce sont ceux du centre ville plus précisément, de Liberté 5 et environs, qui ont mis le pays sens dessus-dessous en protestations des délestages qui ne parviennent pas à trouver de réponse.

El Hadji Cheikh Anta SECK, Sud Quotidien