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Campagne prématurée pour la démission de Bio Tchané de la BOAD : voici la lettre qui confond Yayi

« …Par la présente, je voudrais vous confirmer que suite à la validation par la Cour constitutionnelle de ma candidature et conformément à mes engagements, je vous remets ma démission de mes fonctions de président de la BOAD laissant ainsi au vice président, Monsieur Issa Coulibaly…le soin d’assurer l’intérim jusqu’à la nomination du prochain président ».

C’est en substance un extrait de la lettre adressée le 30 janvier 2006 par le candidat Thomas Boni Yayi au Président de la République du Niger et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de l’Uemoa pour faire part à ce dernier de sa démission de la tête de l’institution sous-régionale pour briguer la magistrature suprême dans son pays.

Ces propos qui confirment l’effectivité de la démission de Boni Yayi alors président de la Boad seulement après la validation par la Cour constitutionnelle, suscite bien des interrogations sur l’initiative du Chef de l’Etat d’exiger la démission de son challenger à l’élection présidentielle auprès des Chefs de l’Etat de l’Uemoa après la déclaration de candidature de ce dernier.

Débouté par ses collègues le renvoyant à sa propre expérience en 2006 où après sa démission intervenue après la validation de cette dernière par la Cour constitutionnelle, elle n’a été effective qu’une quinzaine de jours plus tard, Boni Yayi a fait l’option de l’acharnement l’une des méthodes pour la conservation de son pouvoir.

Sinon, comment comprendre qu’alors qu’Abdoulaye Bio Tchané n’ait pas encore obtenu l’aval de la Cour, l’ancien président de la Boad devenu Président de la République déploie autant d’énergie auprès de ses pairs pour obtenir le départ de l’un de ses plus redoutables adversaires dans la course au fauteuil présidentiel ?

C’est d’ailleurs conscients du précédent créé par Boni Yayi à la tête de l’institution sous régionale que le Conseil des ministres de l’Uemoa a refusé catégoriquement de donner une suite favorable à la demande formulée par le Chef de l’Etat béninois en le renvoyant à la démarche suivie pour aboutir à sa propre démission en 2006.

Ainsi, à l’occasion du 15ème sommet de la Conférence des Chefs d’Etat de l’Uemoa qui se tient demain, samedi 22 décembre 2010, à Bamako au Mali sous la houlette du président en exercice de ladite conférence, Amadou Toumani Touré, tous les observateurs s’attendent à la validation de la position adoptée par le conseil des ministres de rejeter la demande de Boni Yayi.

De même, cette rencontre sera l’occasion de réaffirmer, selon certaines indiscrétions, la souveraineté de la conférence d’apprécier les possibilités d’un probable retour du président de la BOAD à la tête de l’institution en cas d’échec dans sa volonté de se faire élire à la tête de son pays.

Il va alors s’en dire que les conclusions du 15ème sommet qui s’ouvre ce samedi à Bamako retiendront l’attention de l’opinion publique béninoise et viendront confirmer le camouflet essuyé par Boni Yayi auprès de ses homologues dans son acharnement contre un compatriote dont le seul tort est de vouloir mettre au service de son pays son expertise saluée à travers le monde.

Jean-Claude DOSSA, L’événement précis

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