Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 25, 2011

BENIN : Il fait les routes mais voyage en hélicoptère !!!

A s’interroger sur pourquoi le docteur-président ne quitte presque jamais son hélico, et que les somptueux carrosses affectés à son escorte ne servent qu’à le transborder des points de chute de son appareil volant vers les lieux de jamborée, généralement à quelques mètres de distance. Lui dont on dit qu’il a réalisé plus de route que tous ces prédécesseurs depuis 50 ans et est réputé pour être très attaché à ce souci de tout suivre par lui-même sur le terrain préfère finalement les voltiges incommodantes pour les populations survolées en permanence. Renonçant aux délices de rouler confortablement sur les nouveaux milliers de bitume émergents prétendument posés. On pensait qu’il allait se donner le temps et l’opportunité de les tester un peu sur le modèle de cet insolite gestuel du président de la République, dans un exercice de torsion de buste, très acrobatique, afin de toucher de ces doigts l’asphalte surchauffé sur le tronçon Pokè-Kétou avec pour impresario de circonstance, sa très belle ministre du commerce, native du coin, la pimpante Christine Ouinsavi.

Pour sa part, le maire de Ouidah a d’ores et déjà exonéré le docteur-président de la corvée d’une virée par la route dans sa localité. D’abord parce que l’accès est un véritable parcours du combattant. Moins de 40 km de Cotonou parsemé de nids de poule et de crevasse de toute dimension. En 5 années, le maire Séverin Adjovi jure la main sur le cœur n’avoir pas eu le privilège de recevoir, sur son territoire, le moindre mètre linéaire bitumé ou pavé. Ville d’origine de la première dame, elle-même issue d’une prestigieuse famille Chacha de Souza dont les clôtures de la maison ancestrale, très visitée par les touristes, n’a pas reçu la moindre couche de badigeon depuis l’avènement du régime dit du Changement incarné par son époux adoré. Même ostracisme pour toutes les communes situées le long de la dorsale en dégradation chronique, Akassato-Bohicon (Allada, Tori, Toffo, Zogbodomey et Bohicon). On peut multiplier les exclus à l’instar de ceux desservis par Parakou-Djougou, Porto-Novo-Igolo, Porto-Novo-Pobè, Parakou-Bembèrèkè, Ouidah-Lokossa, Banikoara-Kèrou-Natitingou etc…

Où diantre se trouvent donc alors les innombrables ouvrages qui méritent cette campagne à la limite de l’humiliation des anciens présidents qui n’auraient rien fait pratiquement en 50 ans contrairement au messie de Tchaourou qui en 5 ans aurait pulvérisé tous les recors de réalisations ? Deux passages à niveau et un échangeur valent-il la négation des trois splendides ponts sur la lagune de Cotonou, le Palais des congrès, le Centre international des conférences, le Novotel, les monuments du festival culturel Ouidah 92, le stade de l’amitié, la traversée Carrefour Béninoise-Carrefour Godomey, Cotonou-Porto-Novo, Cotonou-Parakou, Cotonou-Porga etc…Ne parlons pas des Pgud qui a permis la réalisation de milliers de kilomètres de pavé dans les villes à statut particulier, et les autres projets d’assainissement des villes secondaires que sont Ouidah, Bohicon, Natitingou ou Lokossa. Des réalisations chiffrées et quantifiées contrairement aux proclamations purement propagandistes enregistrées à la foire-bilan des émergents. Rien que le besoin d’évasion aérienne du docteur-président est un aveu de ce qu’il y a trop de misère, de souffrance, bref de mal vivre dans nos contrées. Il lui faut être toujours plus haut en traversant les localités du pays afin de ne pas se faire rattraper par les complaintes des victimes des faux placeurs amis du régime, la détresse des femmes réduites en insolvabilité après l’octroi des micro-finances clientélistes et démagogiques, la misère des inondées, le calvaire des jeunes chômeurs. Si seulement le docteur-président pouvait entendre tous les jurons qui fusent à chaque passage de son oiseau de fer lorsque ce dernier porte atteinte à l’intimité, à la quiétude des populations voire à la sacralité de certains sanctuaires ancestraux.

Yayi, descends !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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Yahouédéhou décidé à empêcher Yayi d’aller au second tour

Le samedi dernier, la commune de Zakpota a vibré aux sons et aux couleurs de la cérémonie de déclaration de candidature de l’honorable Janvier Yahouédéhou à la présidentielle de février-mars prochain.

C’est devant un parterre de personnalités et une population estimée à plus de 15 000 habitants que l’honorable Janvier Yahouédéhou a déclaré ses intentions de briguer la magistrature suprême pour mettre fin à la corruption qui, pendant cinq ans d’une gouvernance caractérisée par la navigation à vue, le népotisme et la précipitation, a désespéré plus d’un.

Connu il y a quelques mois pour son engagement aux côtés du Dr Boni Yayi, le député Janvier Yahouédéhou, contrairement aux thuriféraires du pouvoir, a refusé non seulement de se compromettre mais surtout d’être complice des fossoyeurs de l’économie nationale. Cette attitude de défenseur de l’intérêt général, Janvier Yahouédéhou l’a démontré à maintes reprises au cours du quinquennat finissant de Boni Yayi. Convaincu de la culpabilité du gouvernement du changement, il n’est pas allé du dos de la cuillère pour fustiger les différentes irrégularités qui ont caractérisé le projet de promotion de mécanisation de l’agriculture. Le coordonateur du dit projet, André Biaou Okounlola et le ministre Grégoire Akoffodji se souviendront pendant longtemps encore de la ténacité de ce ‘’mouvancier’’ qui a montré à loisirs le chemin qui mène à la bonne gouvernance.

En acceptant de se présenter à cette élection présidentielle, Janvier Yahouédéhou marque définitivement sa rupture d’avec un régime qu’il a participé à installer mais dont les pratiques lui sont devenues au fil du temps insoutenables. C’est aussi un signal fort qu’il lance au président sortant Boni Yayi qui doit d’ores et déjà se préparer à répondre des accusations de son ancien collaborateur.

Quelques soit l’issue du premier tour du scrutin, Boni Yayi sait d’office qu’il ne pourra plus compter avec un report de voix favorable de Janvier Yahouédéhou. Comme quoi, avec cet élu du peuple, il faut être blanc, ne pas traîner de casserole pour bénéficier de son appui.

Faustin B. ADJAGBA
L’ intégralité du discours rénovateur du candidat

Honorables députés à l’Assemblée nationale

Majestés et têtes couronnées

Distingués Dignitaires, Sages et notables

Militantes et militants,

Honorables invités,

Chers amis,

Chers frères et sœurs,

Je voudrais d’abord vous dire du fond du cœur merci d’avoir répondu aussi massivement au géant meeting organisé par la coalition « ESPOIR DU PEUPLE » en alliance avec le parti « REVEIL PATRIOTIQUE » et « MSP ».

Un merci particulier à tous ceux qui de près ou de loin me soutiennent.

Chères Sœurs béninoises,

Chers Frères béninois,

Le moment est enfin venu, pour que je vous parle

J’ai entendu vos différents appels, vos différentes sollicitations depuis plusieurs mois et aujourd’hui je me dois de vous répondre.

Mais avant, je voudrais vous prier de faire une minute de silence à la mémoire de tous ceux qui ont perdu leur vie du fait de la mauvaise gouvernance sous toutes ses formes, et surtout de l’affaire ICC Services.

Quel chemin avons-nous parcouru depuis notre dernière démarche d’apporter notre contribution au plus haut niveau de l’appareil d’Etat à la résolution des problèmes de notre pays ?

Qu’il vous souvienne, que je vous avais dit et fort heureusement démontré par mes écrits, mes actes, et mes prises de position politiques diverses, que la corruption sous toutes ses formes reste le principal fléau de la gouvernance de notre pays.

En 2005, Il a été établi que notre pays perdait environ 30% de ses revenus à travers les mailles de la corruption ; C’était avant 2006. Aujourd’hui et depuis 2006, C’est la descente aux enfers. J’ai personnellement dépouillé les dossiers des différents chantiers liés aux investissements publics. Chers amis, depuis 2006, l’expression « Appel d’Offre » a disparu du jargon de l’administration. Ce qui devrait être une exception est devenu la règle. Presque 100% des marchés publics sont passés de gré à gré. Les quelques « appels d’offres lancés » sont ensuite déclarés infructueux pour aboutir encore à des « gré à gré ». Conséquence, les scandales perlés qu’ont suivi avec désarroi et émotion les béninois. Aujourd’hui donc, de 30% environ en 2005, le taux est estimé à environ 53 % ! 53% C’est un chiffre très alarmant, mais c’est un chiffre réel. Il est d’autant plus réel que personne n’ignore, les affaires CEN-SAD, machines agricoles, Vol de l’OCBN, le bitumage de la plupart des voies par la seule et même entreprise etc.

Exemples :

Dans l’Affaire CEN-SAD par exemple :

– Le parking gros porteur réalisé à l’aéroport de Cotonou dont le coût réel est de 8 milliards a été déclaré à 15 milliards. Moins d’un an après sa réception, ce parking était devenu presque inexploitable.
– La réfection du Palais des Congrès et du Centre de Conférence de Cotonou qui valait à peine 2 milliards a été déclarée à 7 milliards

– L’accueil et la réception des chefs d’Etat ont couté plus de 2 milliards
– Vous avez appris à travers les dénonciations des centrales syndicales des finances que des gants ont été acheté à 90.000 F et des imperméables à 400.000 F

– La construction de 7 villas ont coûté 14 milliards de francs CFA aux contribuables
– Les exonérations fantaisistes accordées aux copains qu’on peut qualifier de détournement sont évaluées à 10 milliards

Au total, le sommet de la CEN SAD a couté au trésor public près de 70 milliards, alors qu’en réalité il ne dépasse pas 38 milliards.

Dans l’affaire des matériels agricoles, la valeur réelle des matériels achetés est de 2 milliards et 800 millions, mais le gouvernement a déclaré près de 8 milliards. Ce qui représente un détournement de près de 6 milliards.

De 2006 à 2011, il a été dilapidé dans notre pays plus d’argent du contribuable qu’il ne l’a été de 1960 à 2006. Certains scandales n’ont pas encore éclatés. Je vous en parlerai plus tard. Mais en attendant, je peux vous annoncer le prochain que je mettrai sur la place publique. C’est celui lié aux voyages du chef de l’Etat. Entre 2006 et 2010, ces voyages ont coûté au peuple béninois des milliards. Et tenez-vous bien ! Les avions ont été en réalité affrétés auprès du même réseau qui se cache sous différents noms de sociétés.

Chers amis, Tous ces scandales qui ont affecté le développement de notre pays sont évalués à des centaines de milliards.

Imaginons toutes les réalisations qui auraient pu être faites.

Imaginez combien d’écoles auraient pu être construites.

Imaginez combien de centre de santé auraient pu être construits

Imaginez combien de routes et de pistes rurales auraient pu être bitumées

Imaginez combien de localités auraient pu être électrifiées

Imaginez combien de marchés qui auraient pu être construits

Il reste encore beaucoup de choses à citer dont la seule évocation monte la colère des béninoises et béninois.

J’enrage moi-même, de ce qu’on a fait de notre pays, j’enrage de l’avenir qu’on réserve à notre jeunesse, j’enrage et vous le savez tous, je l’ai manifesté dans mes écrits ‘’les vrais couleurs du caméléon’’ ; ‘’Crépuscule d’un dictateur’’, ‘’Etat d’urgence’’. J’ai crié mon désespoir, j’ai donné l’alerte, mais que puis je si vous ne portez pas ma voix ; que puis je si vous n’accompagnez pas le mouvement contre la corruption, ce combat que je mène quotidiennement et que je vous jure de continuer jusqu’à mon tout dernier souffle.

Votre combat quotidien contre la pauvreté est le mien, mon combat contre la corruption est le votre, c’est pourquoi face à vos sollicitations diverses je réponds OUI, je suis candidat aux élections présidentielles de février 2011. OUI Je vais diriger le Bénin en toute dignité à partir du 6 avril 2011.

Je dis Oui, et je vous invite frères et sœurs à retenir et ne jamais oublier ceci, aujourd’hui, demain et face à l’urne le 27 février 2011:

Mon projet de société est déjà prêt. Il sera mis à la disposition du peuple béninois dans les prochains jours. Aujourd’hui, je ne vous dresserai pas une liste de projets que dès demain les pilleurs de la République déclareront comme des idées démagogiques. Chers amis, Si nous pouvons réduire la corruption, en vérité, en vérité je vous le dis,

Rien qu’avec les centaines de milliards détournés par an,

Assurer la réalisation effective de l’autoroute reliant Cotonou à Bohicon ;

Nous trouverons les ressources pour réfectionner moderniser et étendre les Chemins de fer de Cotonou jusqu’au Niger, en passant par le Zou bien sûr ! avec des locomotives modernes et neuves !

Nous trouverons les ressources pour la réalisation d’un grand marché de type international à Bohicon qui est un grand carrefour !

Nous trouverons les ressources pour former nos étudiants dans de meilleures conditions
nous trouverons les ressources pour libérer les énergies de la jeunesse et créer des emplois
nous trouverons les ressources pour assurer un dialogue social agissant avec les travailleurs
nous trouverons les ressources pour libérer les élans aux initiatives privées
nous trouverons les ressources pour promouvoir les hommes d’affaires et créateurs d’emplois
nous trouverons les ressources pour construire des écoles et accompagner l’enseignement comme un droit de tous les citoyens quelque soit leur condition sociale
nous trouverons les ressources pour construire des centres de santé et accompagner les soins de santé comme un droit de tous les citoyens quelque soit leur condition sociale
nous trouverons les ressources pour bitumer les principales voies, routes et pistes afin de faciliter le commerce à travers l’écoulement des productions locales
nous trouverons les ressources pour électrifier les principales localités
nous trouverons les ressources pour accompagner le développement de l’agriculture, et de la petite entreprise.

Nous trouverons les ressources pour accompagner nos artistes et promouvoir nos cultures endogènes
Nous trouverons les ressources pour libérer et protéger la parole
Etc.

Chers frères et sœurs, J’y crois et j’y travaillerai.

La liste n’est pas exhaustive, mais un domaine important de notre économie me préoccupe. Il s’agit du secteur informel. Je pense à nos braves femmes, nos braves artisans, menuisiers, peintres, maçons, jardiniers, mécaniciens, chauffeurs, zémidjans etc. Je tiens ici, à leur dire toute ma compassion pour la plus grande escroquerie dont ils ont été victimes. Les pauvres, c’est eux qui s’échinent tous les jours pour des miettes et au lieu qu’on leur apporte une contribution afin de les soulager, les organiser, les accompagner pour bâtir une économie forte et prospère, le gouvernement dit du changement et son chef ont choisi avec leurs complices de la pègre internationale de les déposséder et de les ruiner à jamais. Au total, selon les chiffres annoncés par le gouvernement, plus de 156 milliards ont été détournés par ICC-Services et consorts. Mais la réalité est encore plus triste. Elle est très loin des 156 milliards des pauvres béninois dépouillés jusqu’aux os. L’économie béninoise qui est à plus de 60% informelle est par terre et le pays avec. Quelle tristesse ! Ils ont besoin, tous ceux là qui ont aidé, encouragé et protéger les voleurs d’une correction parfaite à travers les urnes le 27 février 2011 afin que le Bénin et tous ses fils debouts, puissent chanter en cœur tous ensemble l’Aube nouvelle.
En 2006, nous avons commis une erreur grave en choisissant Yayi Boni. Aujourd’hui plus d’aventure. Nous n’avons plus le droit de nous tromper. Vous me connaissez. Je vous connais. Vous pouvez me faire confiance.

Vive le nouveau départ,

Vive la démocratie,

Vive le Bénin

BENIN : Ministres et chefs de parti

Depuis quelques jours, certains partis et mouvements politiques de notre pays ont changé de tête. Tel est le cas du parti de Claudine Prudencio et du mouvement de Béhanzin Frédéric. Pour le premier, c’est le ministre Iréné Koupaki qui a été élu président de l’Udbn et Martial Souton de l’intérieur et de la sécurité publique est porté à la tête du Mar. Comment peut-on comprendre cette situation si on sait que ces ministres n’étaient pas à la tête de ces formations politiques au début. C’est peut-être pour renforcer ces partis politiques qu’ils ont été sollicités, vu le moment où ces changements se sont opérés. Est-ce à dire que ceux qui dirigeaient ces formations politiques sont inefficaces ou incompétents ? Une chose est sûre ; pour aller à la guerre il faut choisir des hommes capables de diriger la troupe. C’est la preuve que le ministre Claudine Prudencio et Frédéric Béhanzin ne sont pas à la hauteur de cette tâche. Claudine Prudencio étant une femme ne pourra donc pas braver toutes les épreuves qui se présenteront à elle ; quant au Mar, le ministre Martial Souton peut faire l’affaire car étant un pasteur  » berger de troupeau « , connu de beaucoup de chrétiens fidèles dans le département du Zou. Le choix de ces hommes n’est donc pas fait au hasard.

Léandre ADOMOU, Fraternité Bénin

BENIN : La cour constitutionnelle installe les membres de la CENA ce jour

Suite à la désignation des membres de la Commission électorale nationale autonome et la prise de décret du chef portant désignation de ces derniers, la Cour Constitutionnelle, comme le prévoit les dispositions de la loi devra recevoir le serment des onze membres désignés avant leur prise de fonction. Mais, cette cérémonie prévue pour l’après midi d’hier, lundi 24 janvier 2011 n’a pu avoir lieu. Elle est reportée pour ce mardi matin. (Lire ci-dessous le communiqué de la Cour Constitutionnelle)

Chimelle GANDONOU

COMMUNIQUE

-*-*-*-*-*-*-*-

Le Président de la Cour Constitutionnelle invite les Membres de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) chargée de l’organisation de l’élection présidentielle du 27 février 2011 à se présenter au siège de la Cour Constitutionnelle le mardi 25 janvier 2011 à 09 heures 30 minutes en vue de leur prestation de serment.

Il s’agit de :

Ø Au titre du Président de la République

– Titulaire : GNONLONFOUN Joseph

– Suppléant : GOUNOU Abdoulaye

Ø Au titre de l’Assemblée Nationale

N°D’Ordre      Titulaire                                   Suppléant 

1                  ADJOVI C. Honorat Gaétan         DJIMA Idrissou

2                  GARBA Yaya                            DJOSSA Théodore

3                      KAKI Christophe                      KOUSSE Koumba Noël

4                      TCHEKESSI Tagbaho            MONSIA Boni Christophe

5                  

AGBOTA Gérard

GODONOUBarthélemy
6
ALLADAYE Jérôme

FALADE Babalola Hyppolite
7
AHO Edouard

ABDOULAYE Anassa

8
AMOUDA Issifou Razack

DEHOUMON Paul

9
DANDOGBA Nicolas

BIAOU Judicaël

Ø Au titre des organisations de la Société Civile
– Titulaire : CHACHA Mahougnon Rigobert

– Suppléant : DEGUENON BADA Aurèlie

L’exactitude est de rigueur.

  P/LE PRESIDENT DE LA COUR  CONSTITUTIONNELLE, et P.O.
LE SECRETAIRE GENERAL DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE
Sylvain M. NOUWATIN.-

Désignation de Rigobert Chacha à la Cena 2011 : Adrien Ahodi dénonce l’injustice

La désignation du représentant à la Cena de la société civile pour le compte de l’élection présidentielle de février, continue de faire des vagues. Adrien Ahodi connu sous le pseudonyme de « Agbodjèman » dénonce le choix de Rigobert Chacha pour représenter cette composante de la société civile à la Cena 2011.

A la faveur d’un recours en date du lundi 24 janvier 2011 adressé au président de la Cour constitutionnelle, Me Robert Dossou, l’auteur dénonce l’inégalité constitutionnelle. Un choix porté sur la personne de Rigobert Chacha Raison évoquée par le requérant, le statut socio-économique et professionnel du cadre désigné. « … J’ai l’honneur monsieur le Président, de venir en qualité de citoyen béninois protester de façon vigoureuse contre le choix du nommé Rigobert Chacha, acteur connu dans la politique des tontines, de petits crédits et épargne. Cette condition connue pour l’intéressé ne répond pas du tout aux maux dont souffre notre peuple en matière de lutte pour la bonne gouvernance et la préservation des Droits de l’homme et des peuples ». A l’en croire, Rigobert Chacha exercerait d’ailleurs une activité illégale, l’épargne locale. Par voie de conséquence, il ne saurait être membre de la société civile. Sa désignation au sein de la Commission électorale nationale autonome (Cena) devrait être invalidée. En lieu et place, Adrien Ahodi propose le second représentant de la société civile, Jean Baptiste Elias.

Casimir Kpédjo (Coll)

HU JINTAO Chez OBAMA en fieffe feinteur sur les droits de l’homme ?

La visite officielle du président chinois Hu Jintao aux USA du 18 au 22 janvier 2011 est généralement considérée comme un succès même si eu égard à la tonalité générale prise par la rencontre entre Barak Obama et le premier Chinois à l’accueil que les Américains ont fait à l’invité et à l’ouverture d’esprit de Hu Jintao par rapport à certains sujets épineux abordés.  Sur la question du yuan, il semble que la Chine ait fait quelques promesses, suscitant des espoirs américains mais attendons de voir venir. Sur la Corée du Nord aussi, on sent des évolutions positives allant dans le sens de pressions plus accentuées sur le régime de Pyongyang par la Chine. Au plan commercial, 45 milliards de dollars de commandes pour les USA, ce n’est pas rien ! Dans le domaine quelque peu sensible des libertés,  au grand étonnement de beaucoup d’Américains, Hu Jintao s’est montré plutôt relaxe même si certains journaux ont pu lui attribuer des qualités de dribbleur. Effectivement, le premier des Chinois a surpris plus d’un par sa répartie lorsque les journalistes, se délectant par avance, ont voulu le titiller sur le sujet. Voyez plutôt.


Michèle Obama, Hu Jintao et Barack Obama

La Maison Blanche avait lutté pour que le président chinois Hu Jintao accepte departiciper à une conférence de presse commune et était bien décidée à poser la fameuse question des droits de l’homme, histoire de prouver aux yeux du monde que cela compte pour la première puissance mondiale. D’autres pays peuvent hésiter, zapper sur le sujet quand ils sont devant les dirigeants de l’Empire du Milieu mais pas ceux des Etats-Unis d’Amérique !

Ainsi apprenait-on, peu avant le début de la conférence de presse, qu’il y aurait deux questions côté américain et deux autres côté chinois. Bien ! L’homme de Pékin s’y est soumis, sans broncher.

La première question portait sur les droits de l’homme et était destinée aux deux présidents. Barack Obama s’est longuement étendu sur le sujet en répondant posément, précisant que certes la  Chine a un système différent, une histoire différente mais que les Américains pensent que la démocratie et le respect des droits de l’homme transcendent la culture, etc… Mais détail important, il n’y a pas eu de traduction simultanée pour permettre au président chinois de suivre la réponse d’Obama. L’interprète fut alors contraint de traduire la longue réponse du président américain, lequel était visiblement agacé. Une fois le travail fastidieux réalisé,   Hu Jintao a fait comme si de rien n’était et a demandé la  question suivante, à une journaliste chinoise qui a posé une question qui n’avait évidemment rien à voir avec les droits de l’homme.

Comme les Américains avaient droit à une autre question, la dernière, ils sont revenus sur les droits de l’homme, posant exactement la même question.

C’est là que le premier des Chinois, un rien agacé, a dit « Je suis tout à fait en mesure de répondre à la question ». Et d’affirmer que la Chine est bien déterminée à respecter les droits de l’homme, qu’elle respecte leur universalité mais que c’est un pays qui a une population gigantesque et qui surtout se trouve à une étape cruciale de son développement. Il fera donc  une déclaration inhabituelle  sur la question puisqu’expliquant que « beaucoup rest(ait) à faire en Chine » sur ce dossier et promettant d’améliorer la situation. Et il conclura que les dirigeants sont prêts à étudier les  “best practices” (comprenez les bons exemples) des Etats-Unis. Qu’est-ce à dire ?

En effet, cette réponse peut être interprétée de deux façons.
Soit Hu Jintao accepte que les USA sont un modèle en matière de droits de l’homme (liberté de presse, cinquième Amendement…) et qu’effectivement, son pays va le suivre dans cette voie, soit  Hu Jintao s’est montré ironique. Voyons pourquoi.

Si dans l’ensemble, on considère qu’il y a un infléchissement de la position de Pékin sur la question et que l’avenir pourrait se révéler riche en rapprochement sur les droits de l’homme entre les deux pays, on peut aussi avoir des doutes et trouver des finesses dans  la réponse du Chinois. Et là, on pense naturellement aux immixtions insupportables de la première puissance mondiale dans bien d’affaires intérieures de pays tiers, aux exécutions des prisonniers, au refus de signer le Traité instituant la CPI et de se lancer dans une véritable politique écologique à la mesure de ce que font les autres Etats du monde, la guerre en Irak et nous en passons  de pires et de meilleures !

Dans ce cas, ce sacré premier Chinois aurait eu une répartie insoupçonnée qui a mouché ceux qui voulaient le déstabiliser, ramenant du coup  à son avantage  les pendules à l’heure. Et de fait, si Obama a pu placer tous les sujets délicats comme on l’attendait au cours de la visite du premier Chinois, et avec beaucoup de diplomatie, il n’a cependant  rien obtenu à leur sujet malgré les politesses de son homologue : rien n’a été concédé sur  le Tibet, sur Taiwan, sur les prisonniers politiques (notamment le Prix Nobel de la Paix toujours incarcéré). Et l’homme de Pékin, en disant qu’il souhaitait une coopération « dans le respect mutuel » s’est fait bien comprendre : il ne faut pas se mêler des affaires intérieures chinoises.

Oui, décidément, cette puissance n’est pas pour rien montante !

San Finna N°600 du 24 au 30 Janvier 2011

Les Français vivant en Côte d’Ivoire interpellent les Députés français

Dans la déclaration qui suit, les Bi-nationaux, en majorité des ressortissants français, écrivent aux députés français pour leur demander d’user de leur poids pour arrêter l’hémorragie en Côte d’Ivoire. Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration.

« Adresse aux parlementaires français

Nous, binationaux (section France), résidant en Côte d’Ivoire, réaffirmons notre attachement à la Côte d’Ivoire, notre terre d’accueil, et, bien sûr, à notre mère patrie, la France. Ce faisant, Mesdames, Messieurs, Honorables Députés de la République Française, nous vous interpellons pour vous demander d’user de votre conscience citoyenne et humaniste, de toute votre influence, aussi, auprès du gouvernement français pour qu’il renonce à l’option de guerre envisagée en Côte d’Ivoire. En effet, vous députés français, vous êtes la voix du peuple de France, pays des droits de l’Homme et berceau de la démocratie. La crise a rebondi avec l’élection présidentielle de novembre 2010.

Elle est politique, et doit trouver sa résolution de manière politique et diplomatique. Nous avons vécu, de près ou de loin, des faits surréalistes : des péripéties sordides, inhumaines, dans la zone CNO (Centre-Nord-Ouest), lors du 2è tour des Elections Présidentielles. Dans ces zones règnent en maîtres les rebelles (sous le commandement de M. Soro Guillaume, aujourd’hui dit premier ministre par/de M. Alassane Dramane Ouattara). 
* la « proclamation des résultats » par M. Youssouf Bakayoko, Président de la CEI (Commission Electorale Indépendante), hors délais, en l’absence de tout autre membre de la CEI, hors du siège de cet organisme, dans l’enceinte du QG de campagne du candidat M. Alassane Dramane Ouattara et sur une chaîne étrangère (France 24).

* la « validation » des résultats de M. Youssouf Bakayoko par le représentant spécial de l’ONU, M. Choi. Nous observons que, seule habilité à le faire, le Conseil Constitutionnel a proclamé les résultats de l’élection présidentielle en ces termes :

-M. Laurent Gbagbo : 51,45 %

-M. Alassane Dramane Ouattara : 48,55 %. Sa décision revêt l’autorité de la chose jugée. Elle est irrévocable. Nous avons été et sommes encore particulièrement sensibles aux explications et appels au bon sens, inlassablement réitérés par les leaders de la majorité républicaine, destinés à éviter que les populations s’en prennent aux français résidant en Côte d’Ivoire.

Les résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel, bien accueillis en général par la population, sont contestés par ceux qui soutiennent M. Alassane Dramane Ouattara (retranché dans un hôtel) encore aujourd’hui soutenu par la France et la communauté internationale.
Ce soutien – en d’autres termes, cette politique d’ingérence – a pour but de destituer le Président Gbagbo par la force et d’imposer M. Alassane Dramane Ouattara. Ainsi, l’ONUCI est devenue, malheureusement dans les faits, une force belligérante; notamment, en soutenant la rébellion et en participant aux affrontements du jeudi 16 décembre 2010 à l’Hôtel du Golf; en témoignent les images diffusées dans le journal télévisé de TF1.

Elle a outrepassé sa mission en tirant à balles réelles, à différentes occasions sur la population civile, non armée, qui s’opposait à ces manœuvres de déstabilisation politique. Pour nous, il est clair que les conséquences de cette politique de violation de la Souveraineté de la Côte d’Ivoire frapperont, à la fois et la Côte d’Ivoire et la France. Pour la Côte d’Ivoire :
-les vrais dangers ne sont pas ceux d’une guerre civile – qui se déclenche à partir de conflits ethniques ou religieux – ou ceux d’un génocide, comme au Rwanda;

-les vrais dangers sont ceux d’une guerre importée avec son corollaire de morts, de déplacés et de réfugiés commun à toutes les guerres; contexte sinistre et, partout dans le monde, favorable à des affrontements irrationnels que l’on dit ethniques quand il s’agit de l’Afrique (sic). 

-les vrais dangers sont ceux d’un embrasement dans les pays de la sous-région dont les populations commencent déjà à réagir.

-les vrais dangers sont les conséquences économiques désastreuses pour la Côte d’Ivoire, pour la sous-région et l’Afrique toute entière ; ils sont, aussi, le chaos qui en résultera au plan de l’éducation, de la santé…tout ce qu’il est convenu d’appeler «l’humanitaire». Pour la France, les vrais dangers sont :

– l’afflux migratoire des africains de la sous-région vers l’Europe en pleine crise économique ;
– le rayonnement de la France, mis à rude épreuve par la sous-estimation de la capacité de réaction du peuple ivoirien décidé, du fait de son évidente maturité, à défendre sa Souveraineté et sa Dignité.

– la détérioration de son tissu économique en Afrique

Pour nos deux pays, le vrai danger c’est :

– la perspective d’attentats perpétrés par des groupuscules terroristes, dont la formation est inhérente à ce genre de conflit

S’il en était besoin, nous tenons à rappeler, ici :

-d’une part, les grands principes de la Francophonie, placée sous le contrôle de la France, qui consistent à reconnaître que les Cours Constitutionnelles sont les gardiennes de l’état de droit ; que la mission fondamentale de la Francophonie est de promouvoir la Paix, la Démocratie et les Droits de l’Homme.

-d’autre part, les déclarations du Président Sarkozy qui auraient pu faciliter le règlement de la crise : « Plus d’ingérence dans les affaires africaines, l’Afrique doit prendre son destin en main. (…). La Françafrique est morte et nous devons reconstruire de nouvelles relations bâties sur des rapports gagnants-gagnants ».

En bref, il s’agit bien d’affirmer, pour la France, son engagement à respecter la Souveraineté et la Constitution des Etats africains. Cela aurait dû constituer une contrainte qu’elle n’a pas respectée du fait de sa précipitation à prendre fait et cause pour Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
La Côte d’Ivoire a vécu des moments difficiles en novembre 2004; nous binationaux, nous ne voulons plus revivre cela. Nos deux peuples ont tout à gagner dans une coopération loyale et fructueuse. Nous binationaux de Côte d’Ivoire, vivant en bonne harmonie (pour certains depuis plus de 40 ans) dans ce pays que nous ne quitterons pas, nous subirons, comme toute la population, les conséquences de cette politique inique qui blesse notre sensibilité française et dont nous ne comprenons pas les fondements. Représentants du Peuple français, nous vous prenons à témoin.

Et nous vous demandons expressément de venir vérifier les faits afin de renouer le fil du dialogue et d’intervenir en faveur de la normalisation des rapports de la France avec la Côte d’Ivoire. C’est la seule et juste issue pour la sortie de la crise qui frappe très douloureusement la Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 08 Janvier 2011

Joachim Boguhet

Président de l’Association des Binationaux de Côte d‘Ivoire » 

Côte d’Ivoire : des Français refoulés à l’aéroport d’Abidjan

Gbagbo engage la guerre des visas

La décision de Laurent Gbagbo de mettre fin à l’accréditation de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire a beau être considérée comme «nulle et de nul effet », par le gouvernement d’Alassane Ouattara, rival du chef d’Etat ivoirien sortant, autant que par Paris, elle risque de créer quelques désagréments aux voyageurs français. Vendredi, des Français arrivés à l’aéroport d’Abidjan avec un « visa Coulibaly » — du nom du nouvel ambassadeur ivoirien en France favorable à Ouattara et reconnu par Paris — ont été refoulés à l’aéroport par des policiers qui les attendaient.

Ce qui confirme que les visas Coulibaly ne seront pas acceptés par les douaniers restés fidèles à Gbagbo et que les Français ne pourront plus voyager en Côte d’Ivoire, sauf ceux qui disposent d’un visa de l’administration du président sortant.
Quant à l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, prié de repartir en France par le gouvernement Gbagbo, il dispose d’un « délai raisonnable» pour faire ses valises. Les choses pourraient s’accélérer car la France a donné samedi trois jours à Kipré, l’ambassadeur pro-Gbagbo à Paris, pour quitter la résidence et céder la place à Ali Coulibaly, celui de Ouattara.

La guerre civile et le parti pris occidental

La désinformation et la crise en Côte d’Ivoire

Chronique politique de Bernard Desgagné sur Vigile.net

La guerre civile en Côte d’Ivoire a commencé en septembre 2002. Les rebelles sont venus du Burkina Faso, pays situé au nord de la Côte d’Ivoire et patrie du dictateur Blaise Compaoré, qui est au pouvoir depuis 1987, année où il a fait assassiner le légendaire Thomas Sankara, un autre pourfendeur de néocolonialistes, comme Laurent Gbagbo. Blaise Compaoré est l’homme de la France et de la CIA, qui l’ont encouragé dans son homicide et son coup d’État, de façon à interrompre les changements en profondeur entrepris par Thomas Sankara et à remettre le Burkina Faso au service de ses maitres occidentaux.

N’est-il pas étrange qu’aujourd’hui, le cartel médiatique occidental n’ait d’yeux que pour l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire et ne nous parle aucunement du dictateur Blaise Compaoré, qui règne pourtant sans partage sur le Burkina Faso depuis 23 ans, alors que la Constitution burkinabée autorise deux mandats de cinq ans et qu’aucune guerre civile, ni aucun autre motif ne justifient le maintien au pouvoir du même homme pendant si longtemps ?

Blaise Compaoré a été réélu le 25 novembre 2010, trois jours avant le deuxième tour de l’élection en Côte d’Ivoire. Il a obtenu 80 % des suffrages. Son peuple doit l’adorer n’est-ce pas ? En tout cas, il a intérêt parce que la sécurité des gens qui critiquent le régime est très relative au Burkina Faso. Le célèbre journaliste Norbert Zongo, sujet de quelques mesures d’une chanson d’Alpha Blondy sur l’air d’Au clair de la lune, a été assassiné en 1998 alors qu’il s’intéressait d’un peu trop près à la mort mystérieuse de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, frère de l’autre.

Vous n’entendrez pas souvent les journalistes de Radio-Canada traiter Blaise Compaoré de tricheur. Les monarques, les dictateurs et les assassins en série figurant sur la liste des bons clients de l’Empire anglo-étasunien et de ses laquais ont bonne presse en Occident, notamment dans les reportages de l’AFP et de Radio-Canada. Les présidents génocidaires peuvent emprisonner ou tuer leurs opposants loin des caméras. Les princes amis peuvent forcer les femmes à porter l’abaya et leur faire subir un triste sort sans que les Paul Martin, Stephen Harper et Christine St-Pierre ressentent la nécessité de bombarder leur pays pour mettre fin aux inégalités.

Le fanatisme récompensé

Mais revenons à la Côte d’Ivoire. La guerre est toujours légitime si elle est déclenchée par un bon client réel ou potentiel de l’Empire anglo-étasunien. Peu importe la situation véritable, les agresseurs sont dépeints comme d’intrépides rebelles et l’État agressé, comme un tas de vilains. Pourtant, le recours injustifié aux armes, qui cause inévitablement la mort et de grandes souffrances parmi la population civile, ne devrait-il pas être immédiatement sanctionné par la soi-disant communauté internationale ?

Pourquoi s’interposer et feindre de voir des coupables dans les deux camps, quand l’un d’eux a commencé la guerre sans motif légitime ? Pourquoi reprocher à l’État attaqué d’augmenter ses dépenses militaires ? Quel État ne le ferait pas dans un tel cas ? Pourquoi ne pas tout simplement aider l’État à rétablir l’ordre contre les fanatiques qui, au lieu d’attendre la prochaine élection, décident de prendre les armes alors que le gouvernement du pays n’est coupable d’aucune violation grave des droits de la personne ?

Même si la Côte d’Ivoire n’est pas une grande puissance, il reste qu’elle a une armée à laquelle on ne peut résister avec des moyens de fortune. Se constituer une force militaire capable d’occuper une grande partie du territoire national, sans un soutien massif de la population, nécessite des sommes énormes. Il faut non seulement équiper les soldats, mais aussi les payer et les nourrir. En pareil cas, il y a deux moyens de financement : le crime organisé et les alliés étrangers.

Les chefs de guerre des Forces nouvelles s’appuient sur les deux. Ils pratiquent l’exploitation illégale et la contrebande du cacao, du coton, du bois, de l’or, de la canne à sucre, du café et des diamants. De plus, ils bénéficient du concours du Burkina Faso, qui leur sert de base arrière, ainsi que des gouvernements des États-Unis et de la France.

En 2002, après avoir raté leur coup d’État, les insurgés ont protesté pour la galerie contre l’interposition des soldats français de l’opération Licorne, les accusant de faire le jeu du gouvernement de Laurent Gbagbo. Mais en réalité, la France a donné un bon coup de pouce aux insurgés en exigeant un cessez-le-feu, alors que les civils avaient fui Bouaké, où les insurgés étaient retranchés, et que les forces ivoiriennes s’apprêtaient à les déloger.

Laurent Gbagbo accepta de discuter avec les insurgés dans une situation où bien des chefs d’État occidentaux se seraient montrés sans pitié. Suivit l’Accord de Linas-Marcoussis, en janvier 2003, qui prévoyait la participation des insurgés au gouvernement, ce qui s’est concrétisé, ainsi que leur désarmement complet, ce qui ne s’est jamais produit malgré la répétition dans trois autres accords (Accra, Pretoria et Ouagadougou) de l’exigence de désarmement. Morale de l’histoire : achetez-vous des Kalachnikovs et des lance-roquettes et, peu importe que vous ne défendiez aucune cause digne de ce nom, vous obtiendrez la reconnaissance de votre légitimité.

Guillaume Soro, le chef de guerre actuellement premier ministre fantoche d’Alassane Ouattara dans la République hôtelière du golf, a troqué son treillis et sa mitraillette pour le poste de ministre de la Communication en février 2003. Plus tard, en 2007, il sera nommé premier ministre par Laurent Gbagbo grâce à l’Accord de Ouagadougou.

Certains de ses potes insurgés sont devenus eux aussi ministres, avec chauffeur, limousine et divers autres avantages consentis à leur famille et leurs copains, qui ont eu droit à des postes de fonctionnaire. Ils ont exercé sur la gestion de l’État une influence nuisible pendant que, tranquillement, la force d’occupation onusienne prenait le relai des Français pour, elle aussi, favoriser les insurgés. Elle protège et ravitaille aujourd’hui le gouvernement hôtelier de Ouattara.

C’est un peu comme si Robert Bourassa avait accepté de nommer Jacques Lanctôt ministre, à l’issu d’une crise d’octobre 1970 où la France se serait interposée entre l’armée canadienne et le FLQ. J’aurais bien aimé ça, mais ce n’est pas ainsi que fonctionne la démocratie. Qu’en pensent les détenteurs exclusifs de la vertu, à Ottawa, eux qui exigent aujourd’hui le départ de Laurent Gbagbo ? S’ils souscrivent désormais au principe de la légitimité militaire en démocratie, je commence demain matin une collecte de fonds pour armer le nouveau FLQ et renverser Charest. Au moins, dans le cas du Québec, nous avons une cause juste, contrairement à Ouattara et sa bande de déviants.

Les commanditaires de la guerre civile en Côte d’Ivoire sont les mêmes qui font semblant de s’interposer, mais qui ont toujours eu comme intention de favoriser le renversement de Laurent Gbagbo et son remplacement par Alassane Ouattara, l’homme des États-Unis, comme le disait l’expert Michel Galy sur les ondes de Kernews, le 6 janvier 2010. Ces commanditaires se cachent aujourd’hui derrière l’écran de fumée de la désinformation.

Ni vus, ni connus. Mais quand on se renseigne et on réfléchit un peu, il n’est pas difficile de trouver le mobile et les coupables et de s’extirper de la confusion dans laquelle essaie de nous maintenir le cartel médiatique. À mon avis, la décision de la France de favoriser les insurgés plutôt que le gouvernement Gbagbo a été fortement déterminée par la politique étrangère de Washington, elle-même façonnée selon les intérêts de la ploutocratie internationale, qui a l’argent comme seule patrie. La France a appris à ses dépens, dans le conflit rwandais de 1990 à 1994, qu’elle n’a pas les moyens de s’opposer à la volonté de Washington et de Londres en Afrique, qui ont comme objectif stratégique de bloquer les avancées économiques de la Chine sur ce continent en installant des dirigeants malléables dans les capitales.

La bavure révélatrice de Bouaké et le massacre de l’Hôtel Ivoire

Un incident entouré de mystère révèle le parti pris des laquais français de l’Empire anglo-étasunien contre le gouvernement Gbagbo. Il s’agit de l’attaque contre le campement français de Bouaké, près du fief des Forces nouvelles, le 6 novembre 2004. Cette attaque réalisée avec deux appareils Soukhoï a fait 9 morts et 37 blessés parmi les soldats français de l’opération Licorne et a tué également un agronome étasunien qui se trouvait dans le campement.

Une source bien renseignée de l’appareil judiciaire français m’a confirmé que l’attaque était, selon elle, une bavure consécutive à une commande de la France elle-même, qui voulait se donner un prétexte pour détruire l’aviation ivoirienne et empêcher le gouvernement de Laurent Gbagbo de prendre un avantage décisif contre les insurgés des Forces nouvelles. Malheureusement pour les soldats français, les pilotes biélorusses des Soukhoï, Barys Smahin et Yuri Sushkin, avec leurs copilotes ivoiriens, Diopoh Oupoh et Ange Gnanduillet, ont raté la cible. Ils ont bombardé le lycée Descartes, où étaient les Français, au lieu d’un gymnase voisin où devaient se réunir plusieurs cadres des Forces nouvelles.

Après le bombardement, les Français ont mis à exécution les ordres qui avaient vraisemblablement été donnés à l’avance : ils ont détruit l’aviation ivoirienne et n’ont jamais interrogé les pilotes des Soukhoï, qu’ils ont tout bonnement laissé partir, même s’ils ont eu plusieurs occasions de les arrêter. Évidemment, si on avait inquiété les pilotes, ceux-ci se seraient défendus en révélant la machination. Les corps des soldats français ont été enterrés à la hâte, sans autopsie, ce qui est contraire à la procédure obligatoire lorsqu’on pense qu’il y a eu assassinat.

La juge d’instruction Brigitte Raynaud, chargée de l’enquête criminelle après un délai anormalement long de deux mois, s’est heurtée systématiquement au « secret défense » lorsqu’elle a voulu consulter les rapports militaires. Bref, il est évident qu’on a cherché à dissimuler la vérité, comme en fait foi le reportage ci-dessous, diffusé à l’émission « Pièces à conviction », de France 3, le 2 mars 2007.

Au lendemain de l’attaque de Bouaké et de la destruction de l’aviation ivoirienne, les Ivoiriens en colère se sont mis à exiger le départ des troupes françaises. Le mardi 9 novembre 2004, les soldats français ont ouvert le feu sur une foule non armée qui manifestait devant l’Hôtel Ivoire, où ils étaient installés, tuant plusieurs dizaines de civils ivoiriens et en blessant plusieurs centaines.

Des tireurs d’élite français embusqués dans leur chambre d’hôtel se sont même amusés à faire des cartons sur des enfants sans défense. Bien entendu, plusieurs milliers de ressortissants français ont dû alors fuir le pays pour échapper à la vindicte populaire.

La ministre française de la Défense était à l’époque Michèle Alliot-Marie, une spécialiste du mensonge d’État. Elle est aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, en remplacement de Bernard Kouchner, qui a terminé en novembre son mandat consistant essentiellement à rapprocher Paris des criminels de Kigali, conformément aux instructions reçues de Washington. Les reportages ci-dessous décrivent le comportement sanguinaire de l’armée française, en novembre 2004, et la dissimulation pratiquée par Mme Alliot-Marie. Le mensonge est du reste la règle plutôt que l’exception parmi les marionnettes politiques de la ploutocratie, qu’elles soient à l’Élysée, à la Maison-Blanche ou sur la promenade Sussex.

Sarkozy le collabo

Michèle Alliot-Marie est donc la nouvelle titulaire du poste d’ambassadeur français des États-Unis, dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy, créature politique de la ploutocratie, notamment de Paul Desmarais, et ennemi de la souveraineté du Québec. Mme Alliot-Marie s’emploie maintenant à mettre au service des États-Unis et de leur protégé Ouattara son expérience des fausses opérations de maintien de la paix françaises. Or, le comportement obséquieux de Mme Alliot-Marie et de son patron le président à genoux devant l’Empire est loin d’impressionner leurs collègues du gouvernement et de l’Assemblée nationale.

Des voix commencent à s’élever, en France, au sein même de l’UMP, contre l’à-plat-ventrisme de l’homme des États-Unis à l’Élysée, Nicolas Sarkozy, véritable Pétain des temps modernes et collabo en chef de la francophonie, qui met en péril les intérêts de ses compatriotes en Côte d’Ivoire. Le président français a réclamé avec véhémence le départ de Laurent Gbagbo, et risque ainsi de nuire aux entreprises françaises comme Bouygues et Bolloré, qui brassent de grosses affaires en Côte d’Ivoire. Il agit en servile porte-parole de Washington et non en président de la République.

Au premier rang des ennemis de la démocratie ivoirienne, des intérêts de la France et de l’indépendance du Québec figure donc le sinistre Nicolas Sarkozy, qui, contrairement à son grand prédécesseur de Gaulle, est dans le même camp qu’Ottawa, où le premier ministre Harper et le ministre Cannon participent allègrement à la mise au pilori de Laurent Gbagbo. Ottawa a indiqué à l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire de rentrer chez lui. Nullement intimidés, les Ivoiriens ont répliqué en invitant l’ambassadrice du Canada à quitter Abidjan.

L’occasion est belle, pour nous, les indépendantistes québécois, de nous montrer solidaires du peuple ivoirien, contre des adversaires qui sont aussi les nôtres. Nous savons très bien ce que veut dire une élection volée par la fraude puisqu’en 1995, lors du référendum sur la souveraineté, nous nous sommes fait voler notre droit à l’autodétermination par le régime néocolonial d’Ottawa et ses collabos québécois.

M. Khadir, Mme David, Mme Marois et M. Duceppe vont-ils se taire ou, pire encore, se mettre à bêler derrière les menteurs de Washington, Paris et Ottawa ? Ils devraient plutôt saisir l’occasion de rendre la monnaie de sa pièce à l’énervé de l’Élysée qu’ils ont déjà rabroué, lui qui nous crache dessus pour le plus grand plaisir de son patron Desmarais et de son petit copain Charest. Sachons tendre la main aux Français qui n’en peuvent plus de leur Pétain nouveau genre pour lutter avec eux, contre cet être exécrable et ses riches maitres.

La démocratie occidentale factice a fière allure tant qu’il s’agit de choisir entre le valet bleu et le valet rouge de la ploutocratie. Mais, lorsque les fondements du régime d’asservissement sont remis en question, le naturel des faux démocrates revient au galop. Et leur principale arme, après les fusils, est le cartel médiatique.

Ne croyons surtout rien de ce que nous racontent les propagandistes conscients ou non qui se font appeler journalistes, à Radio-Canada et dans d’autres médias. Tantôt ignorants, tantôt obnubilés, tantôt complices, ce sont des ennemis de la liberté et du peuple, que ce soit en Côte d’Ivoire ou au Québec. Quand vient le temps de choisir entre le droit à l’information du public et les intérêts de leurs patrons, ils se rappellent toujours qui paie leur salaire.

Bernard Desgagné

SENEGAL : Le socialiste Malick Noel Seck soutient Laurent Gbagbo

Noël Malick Seck, responsable de la jeunesse du Parti socialiste sénégalais, a délivré un message fort de soutien à la légalité constitutionnelle et en une Afrique digne, respectée dans le concert des nations. Il a soutenu qu’il n’y a pas de crise en Côte d’Ivoire, contrairement à ce que l’on soutient. «Il y a plutôt une crise sur les intérêts français».

Noël Malick Seck a indiqué qu’au regard de la loi, Laurent Gbagbo a bien été élu, comme en témoigne le soutien populaire dont il jouit.

Le responsable de la jeunesse sénégalaise a interpellé l’Afrique sur l’enjeu de la lutte que le peuple de Côte d’Ivoire mène. «Lorsque vous entendez parler de la Côte d’Ivoire, tendez bien les oreilles, parce qu’il s’agit de vous», dira-t-il.

Il a souligné que le combat des Ivoiriens est le combat de toute l’Afrique. «Si on perd ce combat, qu’est-ce qui nous restera? La France veut des présidents qui sont pressés de servir ses intérêts», a relevé le représentant du Parti socialiste sénégalais.

Noël Seck a prédit la victoire de l’Afrique digne sur l’impérialisme. A cet égard, il a soutenu que les temps ont changé et que les jeunes Africains ne sont plus prêts à accepter l’humiliation. «Il n’y aura pas une autre victime de plus», a lancé Noël Seck, allusion faite à Patrice Lumumba et aux panafricanistes qui ont été assassinés. «La France ne peut pas nous humilier chez elle et nous humilier chez nous. Nous ne sommes plus les tirailleurs de la France. Nous voulons être des hommes libres», a-t-il déclaré. Noël Seck a promis que les Sénégalais ne seront pas avec les troupes de l’Ecomog pour verser le sang des Ivoiriens.

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