Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: février 2, 2011

L’abécédaire des promesses non tenues par Boni Yayi

Le changement qui annonçait la rupture était loufoque ; aucune rupture dans la gestion de l’Etat n’est venue juste une continuité dans la mauvaise gestion et cette fois ce qu’il y a de nouveau c’est la vulgarité politique dont le régime de Boni Yayi est détenteur des droits.

En ces jours où le peuple se prépare aux échéances électorales de février 2011 (jusqu’à nouveau désordre), loin de pseudos bilans d’auto-satisfaction, de forums ou d’animation de manifestations de soutien, il urge de dresser le bilan des promesses non tenues du président Boni Yayi. L’année 2007 fut une année clame mais toutefois agitée et maussade que l’homme providentiel, le messie a offert au peuple béninois. Les sujets n’ont pas manqué pour justifier le volontarisme de Boni Yayi. Plusieurs fois, il a réitéré sa disponibilité pour la nation allant jusqu’à affirmer devant la jeunesse estudiantine, être prêt à verser son sang pour le Bénin. Il n’en a pas fallu plus pour faire sortir de son mutisme Candide Armand AZANNAÏ (devenu ministre) pour qui les étudiants béninois ne sont pas des vampires et qu’ils n’ont pas besoin du sang de Boni Yayi.

La liste ci-dessous est une liste (évidemment non exhaustive compte tenu de l’échec total de ce régime) des engagements pris et non tenus.

Accroissement de la production cotonnière

Les premiers jours de sa gestion, Boni Yayi s’est engagé à porter à 600 000 tonnes la production cotonnière qui, il faut le rappeler avoisinait les 420.0000 tonnes en 2005. Cinq ans après, force est de constater que les 600.000 tonnes n’ont jamais été atteints et la production n’a cessé de chuter d’année en année du fait du mauvais management des dirigeants et de l’implication inutile de Boni Yayi dans les différents maillons du processus de production.

Assainissement des Finances publiques

On se rappelle encore la violation flagrante du principe universel et élémentaire de l’unicité de caisse avec les fonds d’escorte des véhicules d’occasion.

Pendant plus de deux (02) ans les fonds de l’escorte des véhicules d’occasion n’étaient ni versés au trésor, ni budgétisés. Il a fallu de nombreuses interpellations pour que le gouvernement revienne sur le droit chemin.

Aussi, l’indiscipline budgétaire qui a caractérisé ce gouvernement de technocrates avec l’émission à l’emporte pièce des ordres de payement.

Chômage

Le taux de chômage n’a fait que croître. Or, Boni Yayi avait promis de réduire le nombre de chômeurs. Effectivement, les statistiques lui donnent raison. Et pour cause ! Après avoir mis d’énormes ressources à la disposition du FNPEEJ, il a ignoré la mauvaise gestion et le clientélisme qui ont entouré la distribution de ces fonds ; résultats : 2.800 emplois créés en 5 ans pour 100.000 jeunes qui sortent chaque année de nos universités. « Heureusement » pour lui, la crise financière mondiale lui donne un prétexte sur mesure pour masquer son échec.

Croissance

Boni Yayi avait promis une croissance à deux chiffres. Au lieu de deux, nous sommes restés toujours à un chiffre et pis, le taux de croissance économique est en chute libre par rapport à 2006. De 5,1% en 2005 nous nous retrouvons à moins de 3%.

Il dira qu’il n’est pas coupable c’est sûr, c’est la faute à la crise économique.

Corruption

La « marche verte » organisée contre la corruption présageait du mauvais bilan, du bilan désastreux que le régime du changement de Boni Yayi nous offrirait sur ce thème précis. La corruption fut inaugurée par Boni Yayi à travers cette marche. La corruption, loin d’être dans les rues est dans les administrations à commencer par la Marina que Boni Yayi a préféré laisser pour s’exhiber tout en sueur dans les rues.

Les marchés gré à gré de dizaines de milliards de francs Cfa, les Ordres de paiement, toujours légion, l’affaire Censad, le dossier ICC-Services… sont là pour marquer d’un saut rouge le bilan de Boni Yayi. L’évaluation de l’action gouvernementale par l’Observatoire de lutte contre la corruption (OLC) que Boni Yayi lui-même a proposé dans son projet de société n’a jamais été effective.

Droits humains

Un droit non moins important n’est pas respecté ; le droit du peuple à l’information plurielle est bafoué, sans citer le droit d’association. Tout le monde n’a pas accès aux organes de presse, surtout publics. Les différents classements de Reporters sans frontières ont été catastrophiques pour le Bénin depuis la venue du régime du Changement. Certains organes et groupes de presse bénéficient des contrats mirobolants avec le gouvernement et préfèrent respecter les clauses de ces contrats que de faire leur travail de façon plus professionnelle.

Emergence

Difficile pour un pays de connaître l’émergence lorsque ses dirigeants se complaisent dans la mauvaise gestion des finances publiques. Les discours creux de Boni Yayi qui décrètent l’émergence n’ont pas suffi à rendre le pays émergent.

Franchises universitaires

Que sont-elles devenues ces fameuses franchises universitaires sous le changement ? Les différents mouvements estudiantins ont toujours été accompagnés par l’envoi d’une horde de policiers et de gendarmes. Plusieurs fois les campus universitaires, hauts lieux et temples du savoir ont été violés, troublant la quiétude des étudiants et des chercheurs.

Gouvernance concertée

La méthode de gouvernance de Boni Yayi n’a rien d’une gouvernance concertée, cette gouvernance se fait au coup par coup et sur coup de tête. Les grèves des travailleurs, pourtant légalement reconnues comme une voie de recours, sont ignorées sous le régime du changement et les grévistes sont traités d’apatrides. Tous, nous avons encore en mémoire, les appels de Boni Yayi à la jeunesse et aux retraités pour venir remplacer les douaniers et enseignants grévistes qui pourtant étaient prêts à négocier avec le gouvernement qui, faisant la sourde oreille a préféré les envoyer à la vindicte populaire.

Qu’un mouvement de débrayage entraîne de la part du gouvernement une décision indécente d’appels à retraités ou d’appels à jeunes désœuvrés et sans formation est une chose incroyable.

Les enseignants qui en grève réclamaient de meilleures conditions de travail et une amélioration de leurs conditions salariales se sont vus dire par Boni Yayi qu’ils pouvaient « fermer les écoles et blanchir l’année scolaire ».

Tout récemment, les agents de la santé réunis au sein du FUOSS ont été traduits en justice par le gouvernement pour faits de grève.

Sur le plan politique, rien à dire ; le gouvernement d’ouverture tant attendu, appelé a été un gouvernement de fermeture.

Mécanisation de l’agriculture

La tentative avortée de mécanisation de l’agriculture, a laissé place à un marché scandaleux de scandales qui emmène le béninois lambda à se poser des questions sur la réelle intention de cette subite décision de mécanisation.

Les machines achetées ont cessé de fonctionner quelques heures après leurs premières utilisations et des problèmes mécaniques ont eu raison des tracteurs restants. A noter aussi que le gouvernement s’est finalement rebiffé sur sa position de faire de l’agriculture le levier de l’économie nationale. En 2010, il n’y a consacré que 4,7% de son budget pompeusement porté à 1.300 milliards (budget qualifié de fictif par le ministre togolais des finances sur Africa 24).

Ouverture d’esprit

« Le dialogue objectif, basé sur des idées républicaines, la courtoisie et les sources d’information fiables, doivent, guider tout processus de prise de décision », lit-on dans La charte de fonctionnement du gouvernement de Boni Yayi. Mais qu’a t’-on observé toutes ces années ?

M. Paul Gnimagnon (président du N.E.P Mixalodo) est affecté dans l’Atacora suite à sa sortie médiatique pour fustiger la manière dont le pays est géré et cimenter son parti dans l’opposition, le directeur du Ceg Glazoué et conseiller communal G13 P. Ahovi, affecté à Yindji. Dès que les soupçons de flirt d’un Cadre avec l’opposition naissent, ce dernier est boycotté et subit des humiliations administratives. Un Cadre B en vient à devenir Chef et commande un Cadre A. Le dialogue objectif basé sur des idées républicaines a disparu. Les prises de décision se font suivant l’obédience politique et la couleur de l’intéressé. Aucune ouverture d’esprit.

Respect de la constitution

Sur ce point, en faisant un travail de fourmi on alignerait au moins mille entorses portées à notre constitution. Je m’évertuerai juste à rappeler que l’installation, conformément à la Constitution et aux lois de notre pays, des conseils communaux dans les circonscriptions suite aux élections communales de 2008 n’a pas été respectée par Boni Yayi ; alors qu’il s’empressait de faire installer les conseils communaux fcbe, il s’évertuait à bloquer l’installation des conseils communaux des localités dans lesquelles sa liste a mordu à la poussière ; selon sa lecture diagonale de la loi, il faut attendre l’examen des recours déposés par les cauris à la Cour suprême alors que selon la loi, les recours ne sont pas suspensifs de l’installation des conseils communaux.

Reddition de compte

Boni Yayi ne s’est jamais soucié de cela, il l’a oublié le jour où il a organisé son premier Conseil des ministres. Même son ministre de la justice qui autrefois a promis un point de presse chaque semaine, n’a jamais tenu cette promesse.

Brusquement, il s’en est souvenu à la veille des échéances électorales et a organisé un forum bilan pour tromper la vigilance du peuple.

Solidarité

« Toute décision ou tout acte du Gouvernement est régi par le principe de collégialité et engage chaque membre dans sa mise en œuvre », lit-on dans La charte de fonctionnement du gouvernement de Boni Yayi.

S’il est vrai que chaque décision du gouvernement engage chaque membre dans sa mise en œuvre et est régi par le principe de collégialité, pourquoi le Chef de l’Etat pourtant premier membre du gouvernement affirme n’être pas coupable des décisions hasardeuses prises en son nom, n’être pas au courant des transactions onéreuses et juteuses qui se faisaient sur le dos du contribuable béninois dans le dossier Censad, affirme n’être pas au courant que le ministre kessilé tchalla ait accordé des primes dans son ministère.

Après l’éclatement de l’affaire ICC, le gouvernement s’est empressé de liquider le ministre de l’intérieur prétextant qu’il aurait signé un permis de port d’armes alors que la solidarité gouvernementale devrait amener tout le gouvernement à démissionner.

Unité nationale

L’Unité nationale est aujourd’hui sur béquilles, elle n’avait jamais été autant compromise car Boni Yayi et ses hommes ont érigé le régionalisme et l’ethnocentrisme en mode de gestion en se déguisant au passage en agneaux pour présenter les autres comme les loups.

aymard

BENIN : Le professeur Andoche Amègnissè écrit à la Cour Constitutionnelle pour demander l’invalidation de la candidature de Boni Yayi

Recours devant la Cour Constitutionnelle Andoche Amègnissè demande l’invalidation de la candidature de Boni Yayi

Le professeur Andoche Amègnissè a adressé hier, 1er février 2011, à la Cour Constitutionnelle, une requête afin de constater l’irrecevabilité de plusieurs candidatures dont celle du Chef de l’Etat Boni Yayi.

C’est en se fondant sur l’article 44 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 qui conditionne l’exercice de la fonction présidentielle à la bonne moralité et une grande probité, que ce citoyen a saisi la haute juridiction de contentieux en matière d’élection présidentielle au Bénin. Son argumentaire est axé sur trois points principaux tous relatifs à des dossiers brûlants de l’actualité et encore pendant devant les instances judiciaires de notre pays.

Il s’agit fondamentalement des affaires Icc services et Cen-Sad. Pour le requérant Amègnissè, la réception en audience par le Président de la République, des responsables de Icc Services qui ont « étalé leur malhonnêteté » ainsi que les contenus des documents publiés par deux anciens ministres du gouvernement de Boni Yayi et accusant directement le Chef de l’Etat dans deux grands scandales.

Pour ces raisons et d’autres, l’homme conscient que le dossier de candidature de Boni Yayi n’est pas encore déposé, évoque à l’attention de la Cour Constitutionnel, « un principe essentiel de prévention des délits et des crimes » pour justifier sa démarche de saisine qui serait plus préventive.

Requête de Andoche Amègnissè

AMEGNISSE Andoche Célestin Fortuné

Professeur de Philosophie

Résidant au Carré 1879 Quartier YANAWA (ZOGBO) – Von face au portail du CEG ZOGBO 1Oe Arrondissement de Cotonou – République du Bénin

TEL: (229) 95 06 95 33 – E.mail:amegnisseandoche@yahoo.fr

ADRESSEE A LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE LA REPUBLIQUE DU BENIN, AFIN DE CONSTATER L’IRRECEVABILITE DES CREQUETE ANDIDATURES DES SIEURS THOMAS BONI YAYI ET …

Cotonou, le 1er Février 2011

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,

Mesdames, Messieurs les membres de la Haute Juridiction

La CENA: Commission Electorale Nationale Autonome que vous avez installée pour organiser les élections présidentielles du 27 Février 2011 (soit dans vingt six jours exactement) doit recevoir les candidatures à cette élection et vous les transmettre pour validation et publication de la liste définitive des candidats.

L’article 44 de la Loi N° 90-32 du 11 Décembre 1990 portant CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE DU BENIN stipule clairement que nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il n’est de « bonne moralité et d’une grande probité ».

Monsieur le Président et Mesdames et Messieurs les membres de la Haute Juridiction; plusieurs de nos compatriotes ont déjà et publiquement manifesté leur intention de se porter candidat à cette élection présidentielle et pour certains, leur moralité douteuse nonobstant.

Le citoyen soucieux du respect de notre loi fondamentale que je suis se permet (et je suis certain que vous le lui permettez) d’attirer votre attention sur les cas dont il a connaissance, afin que si ces dossiers de candidature parvenaient devant vous, vous les examiniez avec une attention particulière; car un principe essentiel de prévention des délits et crimes (ce pourquoi nos lois sont faites) exige que qui a connaissance de la faute qui va être commise, prévienne afin d’éviter que cette faute soit commise.

L’homme honnête qui voit un voleur escalader un mur ne doit pas attendre que le voleur tombe dans la maison et commette le vol avant de prévenir la police. Ainsi, le citoyen ayant le droit de vote que je suis, n’a donc pas besoin d’être lui-même candidat ou d’attendre le dépôt des candidatures avant d’attirer l’attention de la Haute Juridiction sur le manque de moralité de certains qui se préparent à déposer leurs candidatures dans les mêmes conditions que des voleurs en train d’escalader un mur. Si notre requête ne parvenait pas à les en dissuader, qu’elle vous permette au moins de les éliminer. Jugez-en vous-même.

1. Le cas du Sieur Thomas Boni YAYI

• Président de la République, il a reçu au Palais au vu et au su de tout le monde les hauts responsables de ICC-SERVICES qui ont étalé leur malhonnêteté à travers cette scandaleuse collecte frauduleuse des épargnes de nos compatriotes; collecte frauduleuse que le Sieur Thomas Boni YAYI et son gouvernement ne firent rien pour arrêter jusqu’au pourrissement de la situation. N’y a-t-il pas là motif sérieux à douter de la moralité du Sieur Thomas Boni YAYI ?

• Président de la République, le Sieur Thomas Boni YAYI a demandé la mise en examen devant la Haute Cour de Justice de deux (02) ministres qu’il a lui-même nommé et qui ont exercé sous son autorité, et ceci pour des affaires scandaleuses qui se sont déroulées sous son mandat. Ses deux (02) anciens collaborateurs ont publié des documents impliquant directement dans ces affaires scandaleuses le Sieur Thomas Boni YAYI, Président de la République qui jusqu’à ce jour n’a apporté aucune preuve de son innocence. N’y a-t-il pas là motif sérieux à douter de la moralité du Sieur Thomas Boni YAYI?

• Après m’avoir envoyé en prison pendant six (06) mois au motif de la publication d’un périodique dénommé Tout Sauf Yayi Boni; en 2011 (TSYB 2011), le Sieur Thomas Boni YAYI, Président de la République n’a pas cessé de me faire approcher par des personnalités de sa mouvance présidentielle pour me convaincre de renoncer à mon opposition contre sa gouvernance. (…)

C’est au vu de tous ces éléments et considérant l’article 44 de notre CONSTITUTION, que je demande à la Haute Juridiction de constater l’irrecevabilité de la candidature du Sieur Thomas Boni YAYI si cette candidature lui parvenait. (…)

La société d’aujourd’hui construit celle de demain en posant des actes et en donnant l’exemple. J’ai foi que le prestigieux Président et les éminents membres de la Haute Juridiction ont pleinement conscience que la société d’aujourd’hui et celle de demain les observent.

Sages de la Cour Constitutionnelle, puisse DIEU vous inspirer la décision digne d’ETHIQUE et de BONNE MORALITE.

L’évenement précis bénin

BENIN : Le candidat du ciel…

Il ne manquait que la bible du ministre de la santé pour compléter le tableau. On se croirait à l’une de ses grandes parades d’évangélisation auquel le stade de l’amitié est habitué. Le grand prêtre proclamait solennellement que sa candidature venait du ciel. Pauvre de ces hordes de marcheurs déversés dans les rues des grandes villes du pays, quelques jours plus tôt, en vue de susciter la candidature du docteur-président. Tout en clamant avoir entendu les appels de ses partisans, le désormais candidat-président attribue pourtant « au ciel » son inspiration pour le rempilage. Le discours du 29 janvier au stade de l’amitié n’est pas à une contradiction près. A l’image de cette valise de la prospérité, venue certainement du ciel aussi, non encore ouverte alors que le mandat est déjà pratiquement épuisé et son bilan largement diffusé sans discontinué sur la chaine nationale et dans les médias sous contrat.

Un signal fort, cependant, pour les conservateurs du régime qui s’inquiétaient face au lyrisme tonitruant autour d’une certaine refondation à venir. Le requiem éventuel de l’émergence ne sonne pas forcément le glas du règne des évangélistes, des pasteurs et des prêcheurs affairistes – la « voix de la sentinelle » parlerait des « crétins qui se font passer pour des chrétiens ». La nouvelle République ne serait visiblement en rien différente de l’ancienne. Des valeurs aussi abstraites que le ciel, la croyance, la félicité prendraient le pas sur la constitution, les lois, les institutions. Rien de bien méchant que de remettre un peu de spiritualité dans la gestion des affaires de la cité face à la dictature de l’argent et du plaisir. Sauf qu’au bout des courses, en 5 ans, il y a eu plus de dossiers d’argent, d’escroquerie, de détournement, de gré à gré illégaux que de brebis égarées ramenées dans la droite ligne de la probité. Les mêmes parrains et organisateurs des séances de prières en soutien au régime se retrouvent impliquer dans des actes les plus attentatoires à la morale et à la vertu.

Le « ciel » était déjà la couverture idéale des faux placeurs d’argent qui se proposaient d’effacer de la surface du territoire béninois la misère à travers des taux divins avoisinant les 300%. Ces prétendus hommes de Dieu seraient investis de la divine mission d’accompagner le docteur-président dans sa croisade non moins divine contre la pauvreté. Ainsi, grâce à cet indécent alliage entre la bondieuserie, la propagande politique émergente et l’Etat du Bénin, des citoyens se sont fait escroqués à hauteur de 156 milliards. Voilà, ce même « ciel » ayant servi à escroquer les paysans, les travailleurs, les zémidjans, les étudiants, des femmes de députés et consorts qui apparaissent dans la campagne pour le rempilage. Le tout enrobé dans un discours sans gouvernail, sans perspective et sans repères quantifiables. Même les victimes des faux pasteurs escrocs n’ont pu avoir droit à la déclinaison d’un processus de remboursement ou de réparation concret. Juste un chantage fondé sur les suffrages : « votez pour moi et je vous fais payer votre argent que des propagandistes à moi vous ont volé ».

Au moins, en 2006, le banquier-candidat avait bien caché son jeu au départ. Très peu de gens le savaient baptiser. On n’avait rajouté la particule « Thomas » à Yayi Boni que bien après la prestation de serment. Durant la campagne, l’homme du Changement ne parlait que de croissance à deux chiffres, de révolution agricole, d’industrie tous azimuts, de grands travaux, …de lutte contre la corruption et du devoir de compte rendu. En 2011, il s’engage en s’inspirant du ciel, avec une valise fermée dont lui seul connait le contenu. Que le peuple garde l’œil rivé au « ciel » pour les 5 prochaines années pendant qu’on lui fabrique dans le dos des Cen-Sad, des dossiers de machines agricoles, de coton, de Sbee, de Sonapra…

Ça promet !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Règlement de la crise ivoirienne : Ban Ki-moon et Jean Ping veulent gâter le travail de l’UA

Ban Ki-moon et Jean Ping, par leurs déclarations intempestives créent insidieusement les conditions de l’échec du Panel des Chefs d’Etat de l’Union africaine.

La création d’un panel de chefs d’Etat africains pour régler la crise en Côte d’Ivoire vise « à amener Alassane Ouatarra à exercer la réalité du pouvoir » dans le pays « par la négociation » (…) « Comment amener Ouattara à exercer la réalité du pouvoir ? Les Africains ont décidé que ce doit être par un mécanisme politique, pacifique et négocié », a déclaré samedi M. Ping au cours d’une conférence de presse, à la veille de
l`ouverture du 16ème sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, siège de l`organisation.

Il s’agit là, d’un véritable pavé que Jean Ping, le président de la commission de l’UA, a jeté dans la marre. Ce monsieur n’est pas n’importe qui et ses déclarations doivent être prises très au sérieux. Car si on suit cette information donnée par le président de la commission de l’UA qui ressemble à une mise au point pour lever toute équivoque sur la mission véritable du panel des 5 Chefs d’Etat, on est en droit de se demander à quoi sert donc la mise en place d’un tel panel. En effet, s’il s’agit de simplement venir négocier comme le soutien M. Ping le transfert pacifique du pouvoir vers Ouattara, il n’est pas nécessaire de mettre en place un panel de haut niveau pour tenter d’obtenir ce qui est impossible à obtenir dans le cas de la crise ivoirienne. Mais il y a plus grave. Le secrétaire général des nations unies dont on connaît les intentions a véritablement fait le pari de vider le Panel de son contenu et de lui faire jouer un autre rôle. Ainsi, il décalait hier qu’il a déjà établi une feuille de route qui devrait guider le travail du Panel. Il a également parlé de sortie honorable pour M. Gbagbo et d’autres choses qui lui passent par la tête. Ainsi donc, Ban Ki-moon qui s’est montré incapable de régler la crise ivoirienne est en train de faire main basse sur le Panel des Chefs d’Etat créé par l’Union africaine.
C’est donc un échec programmé, si c’était le cas, car l’essence de la mission est faussée dès le départ. C’est d’ailleurs ce qui explique les échecs des missions précédentes. Tout passage en force ou déguisé pour faire de Ouattara président de la Côte d’Ivoire est voué à l’échec au regard du droit ivoirien.

La donne de la crise ivoirienne est pourtant simple. Il y a d’un côté un président de la République qui a été reconnu vainqueur par les Institutions ivoiriennes, en particulier, par le Conseil constitutionnel qui est au regard du droit positif ivoirien, la seule juridiction habilitée à valider une élection présidentielle et à en a proclamer le vainqueur. Et de l’autre côté, un candidat qui prétend avoir gagné le scrutin parce que soutenu par une communauté internationale incarnée par la France et l’ONU. C’est ce conflit qu’il s’agit de régler au regard du droit ivoirien puisque la Côte d’Ivoire est un Etat souverain. C’est en principe à cette mission que doit se consacrer le panel des 5 Chefs d’Etat. C’est ce que le président de la Mauritanie qui assure la présidence du conseil de paix et de sécurité et qui va assurer aussi la présidence du panel, a dit dans sa déclaration à la presse vendredi à la suite du conclave ayant décidé de la mise en place du panel. Et coup de théâtre, Jean Ping s’est senti le besoin de mettre les points sur les « i » car l’annonce de la mise en place du panel pour évaluer la situation sur place en Côte d’ Ivoire a fait grincer des dents selon RFI, du côté des partisans d’ Alassane Ouattara, le candidat désigné vainqueur par la France et l’ONU. Jean Ping est-il allé à la rescousse d’un camp qu’il a voulu rassurer ou a-t-il trahi un secret ? Difficile de répondre à l’une de ces deux questions car le même dans sa même conférence de presse se contredit quand il affirme que l’ « Afrique a décidé ainsi de remettre la balle au centre du terrain ». Cette image empruntée au football veut dire recommencer la partie. Ce qui veut dire que Jean Ping affirme en même temps qu’il s’agira d’aller au fond de l’affaire depuis le début pour voir et comprendre ce qui s’est réellement passé. A l’aune de quoi, le panel prendra une décision qui s’imposera à toutes les parties « ivoiriennes».

Il est vrai que l’Onu et la Cédéao qui sont allé un peu trop loin dans leur soutien à Alassane Ouattara sont prêtes à tout pour que le Panel ne cherche pas à mettre le nez dans une affaire qui sent la magouille, les Jacob Zuma et autre s’en laisseront-ils conter ? Là est la grande question.

Coulibaly Zié Oumar

Notre voie

Tout ce qui sera contraire à notre Constitution ne sera pas accepté, dixit Alcide Djédjé

Depuis Addis-Abéba, le ministre des Affaires étrangères, SEM Alcide Djédjé se prononce sur le Panel des cinq chefs d’Etat qui viendront bientôt en Côte d’Ivoire.
Quelle est la composition du Panel des chefs d’Etat ?
Le Panel a été formé, il comprend cinq pays : le Tchad, le Burkina Faso, la Mauritanie, la Tanzanie et l’Afrique du Sud.

Est-ce qu’on attendait vraiment le Burkina Faso ?

Non, il fallait un pays de la Cedeao et également la proposition avait été faite au Nigeria, mais certainement pour des raisons de calendrier, le Président Goodluck Jonathan (vous savez qu’il y a des élections là-bas bientôt), a proposé qu’un autre pays de la Cedeao soit désigné. Et le Burkina Faso a été désigné pour remplacer le Nigeria. Mais la proposition initiale, c’était effectivement du Nigeria qu’il s’agissait. Mais le pays pouvait répondre et dire : je suis honoré, mais moi-même, je propose tel autre pays. C’est ce qui s’est passé pour le Burkina Faso.

La Côte d’Ivoire peut-elle récuser la présence du Burkina Faso, notamment de Blaise Compaoré dans le Panel ?

Ce n’est pas cela le plus important. Le Panel comprend cinq membres; je pense que c’est un Panel qui est diversifié, on y retrouve des pays qui ont plus ou moins fait connaître publiquement leur position. C’est le cas du Burkina Faso, mais c’est aussi le cas de l’Afrique du Sud. Donc, ce n’est pas cela le plus important. Le plus important, c’est ce qui sera décortiqué, c’est-à-dire ils viendront, ils vont s’informer, ils vont évaluer et des propositions seront faites. Et il ne faut jamais oublier que le Panel fera des propositions à partir des discussions avec les parties, c’est précisé dans le communiqué. Donc les parties seront entendues, vont participer à la recherche de la vérité sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire au cours des élections et après les élections. Voilà donc la mission, l’agenda et le mandat du Panel.

Dans cet agenda peut-on y mettre le recomptage des voix, l’examen des Pv, etc. ?

Non, à notre connaissance, le recomptage des voix n’a pas été adopté en tant que tel. Mais il va de soi que les commentaires qui seront faits à partir de ce qui s’est réellement passé : la fraude massive, les violences au Nord, etc. tout l’argumentaire qui a été fourni par le Conseil constitutionnel, à partir de cela, les chefs d’Etat membres du Panel pourront se faire une idée et faire des propositions de sortie de crise qui soient applicables à tous, étant entendu que ce n’est pas le Panel qui va régler les problèmes des Ivoiriens. Il ne faut jamais oublier que la solution de la crise en Côte d’Ivoire appartient avant tout aux Ivoiriens et les autres ne font que nous aider.

Quand on dit que les conclusions du Panel seront imposables, contraignantes à toutes les parties, cela signifie-t-il que ces conclusions seront au-dessus de la Constitution ivoirienne ?

Non, aucune instance internationale n’est au-dessus d’aucune Constitution dans le monde. Vous l’avez vu, avec les résolutions passées, notamment la Résolution 1721 des Nations unies qui prétendait prendre des mesures qui allaient à l’encontre de la Constitution ivoirienne, le Président Laurent Gbagbo avait fait bien avant une déclaration très claire pour dire que les dispositions contenues dans la Résolution 1721 qui sont contraires à la Constitution ne seront pas appliquées en Côte d’Ivoire ; cela va de soi. Il n’y a pas de débat dessus. Les conclusions du Panel doivent tenir compte des lois et de la Constitution de Côte d’Ivoire. S’il y a un arrangement politique, cet arrangement peut être adapté comme les autres fois. A ceux qui auront accepté les arrangements, de les adapter à notre Constitution, étant entendu qu’on leur fera une place dans la nomenclature de notre Constitution. Il faut avoir à l’idée que celui qui veut, peut décider ce qu’il veut, mais nous de notre côté, nous avons une mission, c’est de préserver notre Nation, notre souveraineté et notre Constitution. Donc, tout ce qui sera contraire à notre Constitution ne sera pas accepté. C’est de là que part la discussion.
Malgré le parti pris de M. Ban Ki-moon, dans la crise ivoirienne, y aura-t-il des experts onusiens dans le Panel ?

Oui, l’Union africaine a toujours eu comme partenaire les Nations unies, cela ne va pas changer aujourd’hui. M. Ban Ki-moon a donné une opinion qui est celle d’un fonctionnaire international. Il s’est empêtré dans des erreurs et des compromissions. Par l’intermédiaire de son représentant M. Choi, il a outrepassé ses mandats attribués à M. Choi, il a certifié les résultats provisoires, alors qu’il est dit clairement que c’est après toutes les étapes, donc après l’annonce du Conseil constitutionnel, il peut réagir pour certifier et voir si la Constitution a été respectée en Côte d’Ivoire, si les lois ont été respectées et les critères que lui a fixés, s’il y a eu des élections crédibles. C’est carrément en dehors de son mandat.

Il a des préoccupations électoralistes influencées par les puissances étrangères (la France et les Usa) qui veulent un nouveau mandat, ces puissances sont complètement aux abois. Un fonctionnaire qui cherche à se faire une place, gère la voix de son maître, donc la voix des puissances étrangères, avant d’arriver en Côte d’Ivoire…

Le Temps

Bouaké : Le Maire dénonce l’ingérence des Forces Nouvelles dans la gestion de sa Commune

Le maire de Bouaké, Fanny  Ibrahima,  estime  que la commune qu’il dirige  ne  fonctionne  pas   comme elle devrait.  Cela, par la faute  des Forces nouvelles qui y interviennent de façon  intempestive. «Nous avons affaire à une rébellion qui a tout détracté ici.  A telle enseigne que nous  ne savons pas qui est le vrai chef»,  a dit  Fanny Ibrahima. Qui portant pensait  qu’après que les Forces nouvelles ont accepté en 2008 de lui rétrocéder la gestion de sa commune, il aurait les mains libres pour la diriger.   C’est pourquoi, aujourd’hui, il  a  affirmé être impuissant face à cette situation qui n’est pas de nature à faire  évoluer  les choses. Toutefois, il espère  qu’avec l’installation  à Bouaké de la police et de la gendarmerie nationale, les choses vont changer.  Par ailleurs, le premier  magistrat de la commune, a indiqué que la crise post-électorale que traverse la Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010, date du second tour  de l’élection présidentielle, est venue  compliquer davantage la situation de sa  cité. Il a souligné qu’aujourd’hui, la collecte des  taxes  municipales sur les différents  marchés de  Bouaké est au plus bas. «Nous ne faisons pas autre chose  qu’encaisser les taxes pour payer les salaires  de nos agents  et faire  face  à d’autres  charges. Vous voyez vous-mêmes  que les bennes sont garées. c’est le carburant qui nous  manque  pour ramasser les ordures ménagères », a-t-il indiqué. Cependant, Fanny  Ibrahima  dit ne pas désespérer parce qu’il  cherche sans cesse les voies et moyens pour permettre à sa commune  d’améliorer  sensiblement les recettes des taxes  municipales  et pouvoir la faire vivre. Concernant le mot d’ordre de désobéissance civile  lancé par le Rhdp (Rassemblement des  houphouetistes pour la démocratie et la paix), il  a fait remarquer  qu’il serait difficile pour les  commerçants et autres opérateurs économiques de sa  commune  de le respecter. Parce qu’ils n’ont pas  d’autres sources de revenus  que les petites activités  qu’ils  mènent  au quotidien pour vivre. En outre, il  a  mentionné que les autobus de la  Société des  transports  urbains  de  Bouaké (Stub), la société de transport qu’il a créée, ne roulent plus  pour la simple raison  que les élèves et  étudiants ne vont plus à l’école. Or,  a-t-il dit, c’est essentiellement pour les transporter qu’il a mis ces  bus en circulation. Il  a fait savoir que ceux-ci  seront  à nouveau  visibles dans les rues de la ville quand l’école  reprendra  ses  droits  dans la capitale de la région de la  Vallée du Bandama.

Adjé jean – Alexis

correspondant  régional de Fraternité Matin d’Abidjan

Centrafrique : Le chef de l’Etat sortant François Bozizé réélu président dès le 1er tour avec 607.184 voix soit 66,08% des suffrages selon les résultats provisoires annoncés mardi soir par la Commission électorale indépendante (CEI)

Ces résultats doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle dans les quinze jours après ce scrutin qui s’est déroulé le 23 janvier.

L’ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par Bozizé en 2003, arrive 2e de l’élection avec 184.716 voix soit 20,10% des suffrages.

Suivent l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé 6,46% (59.370), l’économiste Emile Gros-Raymond Nakombo 4,64% (42.591) et l’ex-ministre de la Défense et représentant l’ex-rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie et le développement (APRD) Jean-Jacques Demafouth 2,72% (24.980).

M. Ziguélé, Nakombo et Demafouth avaient déjà annoncé qu’ils rejetaient les résultats du scrutin en raison de nombreuses « irrégularités ».

Le taux de participation est de 54,01%. 1.825.735 personnes étaient inscrites, 986.030 ont voté, pour un total de suffrages exprimés de 919.841 selon la CEI.

« C’est la victoire de la démocratie pour quelqu’un qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat (en 2003) et qui l’a légitimé par les urnes en 2005 », a déclaré Fidèle Ngouandjika, le porte-parole du gouvernement.

« C’est la récompense d’un travail bien fait, le peuple l’a jugé et l’a sanctionné après cinq ans de pouvoir », a poursuivi M. Ngouandjika, également directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat centrafricain.

« On lui donne raison. Il a travaillé comme un vrai président, pas comme un militaire, je suis fier d’être Centrafricain, bravo au peuple centrafricain et que le président respecte la Constitution », a-t-il conclu.

M. Ziguélé a lui affirmé n’avoir « même pas écouté ou suivi (l’annonce) ».
« C’est un non événement. C’est tellement grossier et ridicule », a-t-il poursuivi. Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats ».

Le président de la CEI le pasteur Joseph Binguimalé, dont le travail a été très critiqué, a « remercié le peuple centrafricain pour sa patience, sa compréhension, sa tolérance et surtout sa participation massive ».

Un représentant de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), Joachim Kokaté, active dans le nord du pays et qui n’a pas intégré le processus de paix, a affirmé à l’AFP: « Nous serons obligé de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique ».

« Nous avions observé une trêve dans l’intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple », a-t-il poursuivi.
Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, Bozizé avait été élu pour un premier mandat en 2005.
1,8 million des 4,4 millions de Centrafricain étaient appelés aux urnes le 23 janvier lors des élections présidentielle et législatives. Le double scrutin qui devait avoir lieu en avril 2009 avait été reporté à deux reprises après de nombreuses tergiversations.
La paix a été au centre de la campagne de ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), mais ruiné par des années d’instabilité et dont la population vit dans la pauvreté.
Ce scrutin devait être l’aboutissement du dialogue national amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles.

LERAL.NET

GABON : Lettre du Président André Mba Obame à Ban-Ki Moon

Réfugié depuis le 25 janvier dans les bureaux du Programme de développement des Nations unies (PNUD) à Libreville, André Mba Obame a adressé une lettre à Ban-Ki Moon, le Secrétaire général des Nations Unies. Dans celle-ci, l’autoproclamé président du Gabon invoque les raisons de son acte et appelle la communauté internationale à reconnaitre sa légitimité en tant que président élu.
Monsieur le Secrétaire Général,

Lors de votre passage à Libreville, vous nous aviez fait l’honneur de recevoir l’opposition Gabonaise qui à cette occasion vous avait longuement exposé ses préoccupations à propos de la situation politique dans laquelle se trouvait le pays depuis l’élection présidentielle du 30 aout 2009 dont elle n’a cessé de contester le résultat.

L’opposition Gabonaise vous avait alors remis un Mémorandum dans lequel, au-delà de la dénonciation du déficit démocratique, elle faisait des propositions pour améliorer la gouvernance politique du Gabon, seule garantie de la stabilité du pays. Nous avions noté avec satisfaction que Votre Excellence avait préconisé que les prochaines consultations électorales soient plus transparentes, justes et crédibles.

Nous avions pleinement partagé cette position pour laquelle nous espérions que l’Organisation que vous dirigez allait apporter son concours préventif pour l’amélioration du système électoral gabonais, comme vous l’avez fait dernièrement aux Comores à l’issue de la contestation de la dernière élection présidentielle. Nous n’avons malheureusement pas eu jusqu’ici un retour de votre part.

Monsieur le Secrétaire Général, depuis votre dernier passage, la situation politique dans notre pays se dégrade ostensiblement. En effet, le pouvoir illégitime en place s’évertue à faire une révision des listes électorales sans tenir compte de la nécessité de la transparence que peuvent nous offrir des listes sécurisées par le système de la biométrie pourtant largement répandu au Gabon pour le recensement des agents de l’Etat, la confection des passeports, l’inscription de plusieurs centaines de milliers de gabonais dans le système de l’assurance maladie. A l’évidence ce pouvoir illégitime fait preuve d’une évidente mauvaise foi.

Par ailleurs, tout récemment, le pouvoir illégitime a organisé une révision constitutionnelle par voie parlementaire qui, dans son processus, a gravement ignoré les dispositions de l’article 10 de la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance que le Gabon a signée sans réserve et qui impose aux Etats parties de procéder de manière consensuelle à toute révision de la loi fondamentale.

Plus grave encore est le contenu de cette révision qui remet sérieusement en cause les fondements de la démocratie au Gabon en donnant à l’Exécutif la possibilité de modifier la durée des mandats électifs au gré de ses intérêts. Mieux, au terme de cette révision constitutionnelle, le Chef de l’Etat dispose désormais de pouvoirs exceptionnels renforcés et sans contrôles.

C’est dans ce contexte vicié que le pouvoir illégitime entend organiser les prochaines élections législatives, restant irrémédiablement sourd aux interpellations des acteurs politiques de l’opposition et de la société civile.

L’environnement international nouveau qui voit les peuples africains de plus en plus déterminés à faire respecter leurs droits inaliénables nous interpelle pour qu’au Gabon comme ailleurs cette nécessité universelle prenne corps. C’est la raison pour laquelle notre action aujourd’hui vise à faire respecter la volonté souveraine du peuple gabonais qui s’est largement exprimé en ma faveur lors de l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009.

Aussi demandons-nous à la communauté internationale de ne reconnaitre à l’instar de la Côte d’ Ivoire comme seul Président de la République Gabonaise élu que celui qui a gagné dans les urnes et non celui proclamé par une Cour Constitutionnelle aux ordres comme ce fut le cas en 2009.

C’est fort de cette légitimité que je viens de mettre en place un gouvernement devant traduire dans les faits la volonté de changement fortement exprimée par la majorité des gabonais le 30 août 2009.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’assurance renouvelée de notre très haute considération.

Fait à Libreville, le 26 janvier 2011

Le Président de la République

André MBA OBAME

http://www.lvdpg.org/Gabon-La-lettre-du-President-Mba-Obame-a-Ban-Ki-Moon_a8061.html

Confrontée à la déstabilisation de l’Afrique du Nord, la France redécouvre les vertus géopolitiques de l’Afrique noire

Dans le brouhaha que connaît actuellement l’Afrique du Nord, l’information est passée inaperçue. Le mercredi 26 janvier 2011, le Jordanien Ahmad Massa’deh, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UPM), a donné sa démission. Explication laconique : « Les conditions dans lesquelles [il avait accepté cette fonction] ont changé ». C’est le moins que l’on puisse dire.

Lancée avec force flonflons le dimanche 13 juillet 2008, l’UPM a eu, très tôt, le destin du Titanic : beaucoup de monde pour s’enthousiasmer sur sa mise en œuvre et applaudir son lancement et dès le naufrage, prévisible compte tenu du contexte d’une méditerranée particulièrement agitée, plus personne pour en prendre la responsabilité. Exit donc l’UPM. Et, du même coup, Nicolas Sarkozy, promoteur de cet UPM dont il voulait faire l’outil de sa diplomatie européenne et proche-orientale, ouvre un atlas et se dit, « Mais oui, bien sûr, les pays d’Afrique du Nord se trouvent en… Afrique ». Et cela tombe bien puisque notre président vient d’obtenir « la lourde responsabilité » de présider le G8 et le G20, qu’il avait « promis de tout faire pour que l’Afrique y soit associée aussi intimement qu’il est possible » et que le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine se tenait au même moment à Addis Abeba.

Sarkozy était donc ce week-end à Addis Abeba, capitale de l’Ethiopie et siège de l’Union africaine (UA). Après le « Discours de Dakar » (26 juillet 2007) et le « Discours de Pretoria » (28 février 2008), voici donc la nouvelle mouture de la vision sarkozienne du continent africain. C’était le dimanche 30 janvier 2011. Pas d’envolée lyrique, rien qui puisse retenir l’attention des commentateurs. Un discours au ras des pâquerettes qui correspond à ces temps incertains où rien ne marche comme il faut, sauf les manifestants dans les rues de Tunis, d’Amman (en Jordanie), du Caire… tandis « qu’il y a le terrorisme au Sahel, la piraterie en Somalie et dans le golfe de Guinée, des trafics en tout genre, des conflits qui s’éternisent […] dans l’Est de la République démocratique du Congo, en Somalie, en Côte d’Ivoire où tout un peuple voit bafouer le choix qu’il a librement exprimé lors d’une élection qui devait sceller le retour à la paix ».

L’éternel donneur de leçon, celui qui ne savait pas commencer un discours sans un « je vais vous dire » exprimant qu’il savait ce que nous ne savions pas (ou nous refusions de savoir), celui qui, en Afrique, voyait des « sages » partout et célébrait la gloire des chefs d’Etat, ramenant sans cesse l’Afrique à sa traditionnalité, se refusant à prendre en compte sa modernité, a nettement évolué dans sa vision continentale. Ce n’est plus une Afrique qui « n’est pas entrée dans l’Histoire », c’est au contraire une Afrique qui bouscule tous les clichés et « met à bas des idées fausses ». « L’Afrique en matière économique n’a pas échoué, nous dit Sarkozy. L’Afrique enregistre des progrès remarquables. Le niveau de sa croissance, plus rapide que sa croissance démographique, est largement supérieur à la moyenne mondiale sur les dix dernières années […] L’Afrique a un formidable dynamisme démographique. L’Afrique est la jeunesse du monde […] Votre marché intérieur est en pleine expansion. Votre sol et votre sous-sol sont riches. Tout est réuni pour le décollage économique africain ».

Et même « la bonne gouvernance, la démocratie, le respect des droits de l’homme sont autant de valeurs pour lesquelles [l’Afrique] se bat au quotidien et [qu’elle] réussit à faire avancer ». La meilleure preuve en est ce qui se passe actuellement en Tunisie et en Egypte où les « événements » en cours démontrent que ce sont là « des aspirations profondes de chacun de nos peuples ». « La France, ajoute Sarkozy, respecte la souveraineté des Etats et le droit des peuples à se déterminer eux-mêmes. La France ne veut donner de leçon à personne, ni chercher à imposer un modèle. Au nom de quoi le pourrait-elle ? ». Il n’hésite pas, par ailleurs, à mettre en accusation « le monde financier [qui], par ses excès, a plongé le monde entier dans une crise économique sans précédent » et à dénoncer « la spéculation financière sur les marchés des produits agricoles qui provoque des émeutes de la faim ».

A Addis Abeba, le ton a bien changé. Nous sommes loin du Sarkozy « sûr de lui et dominateur » qui imposait sa vision de l’Histoire, distribuait les bons et les mauvais points, caressait dans le sens du poil les « sages » et regardait en noir et blanc un continent qui, lui, en voyait de toutes les couleurs. Il ne faut pas se leurrer pour autant ; la finalité du discours sarkozien est la même : « Si nous voulons maîtriser les flux migratoires, lutter contre le terrorisme, il faut vous aider à réussir votre développement économique. Et la France est convaincue de cette réalité ». Le ton a changé parce que la donne a changé. Les leaders d’Afrique du Nord (le Maroc s’est retiré de l’UA depuis un sacré bail) n’ont pas fait le déplacement en Ethiopie. Et pour cause : Ben Ali s’est tiré du palais de Carthage comme un voleur ; Moubarak pourrait être contraint à faire ses valises ; Bouteflika ne se porte pas mieux ; Kadhafi n’aime la révolution que lorsqu’elle le porte au pouvoir. De Rabat au Caire, ce n’était plus l’Afrique du Nord mais « l’Afrique fantôme ».

Dès lors que le rempart Sud-Méditerranéen vient non seulement de se fragiliser mais de s’écrouler par endroit, c’est l’Afrique noire qui apparaît sur les écrans géopolitiques de notre diplomatie qui, effarée, voit s’effondrer, sous les coups de boutoir de populations jusqu’à présent désorganisées, les régimes les plus autoritaires et les plus policiers du continent. Si la « ligne Maginot » de l’Afrique du Nord vient à se rompre, c’est AQMI et ses katibas de la zone sahélo-saharienne qui se profilera à l’horizon mais aussi la charia du Nord-Soudan, du Nord-Nigeria et d’ailleurs, les réseaux mafieux d’Afrique de l’Ouest, de Bissau à Cotonou ; au-delà, les groupuscules terroristes du golfe de Guinée qui pourraient faire leur jonction avec ceux de l’océan Indien dès lors que la RDC est le ventre mou du continent et un cancer dont nul ne sait où il peut développer des métastases.

Dans ce monde incertain, la France de Sarkozy a une certitude : sa puissance économique et diplomatique tient aux liens tissés avec ses anciennes colonies ; si ces liens venaient à se distendre, la France verrait sa place au sein de la « communauté internationale » remise en question et son siège « permanent » du Conseil de sécurité aurait des allures de strapontin quelque peu déglingué. A Nice, lors du dernier sommet France-Afrique, beaucoup d’observateurs africains avaient noté, avec satisfaction, que Sarkzoy n’avait pas manqué de rappeler que l’Afrique était essentielle à la France au sein de la communauté onusienne. A Addis Abeba, il a démarré très fort sur cette question de la place de l’Afrique au sein de l’ONU, s’adressant directement à son secrétaire général et au président de l’Assemblée générale tous deux présents lors de son discours : « Faites la réforme du Conseil de sécurité dès cette année. N’attendez pas. La France vous soutiendra. Ne faites pas un discours, prenez des décisions. Elargissez le nombre de membres du Conseil de sécurité, reconnaissez au milliard d’Africains la place à laquelle ils ont droit et la France vous soutiendra ».

Ce n’est plus, dans le discours sarkozien, « l’Afrique des président », c’est « l’Afrique des Africains ». La sérénité qu’affiche d’ordinaire notre président a cédé la place à une fébrilité inaccoutumée. Il est vrai qu’il a pris conscience que lorsque « les Africains entrent dans l’Histoire », les tyrans vacillent sur leurs trônes. Ce qui le préoccupe beaucoup.

Jean-Pierre BEJOT

La Dépêche Diplomatique

mercredi 2 février 2011