Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

BENIN : Le candidat du ciel…

Il ne manquait que la bible du ministre de la santé pour compléter le tableau. On se croirait à l’une de ses grandes parades d’évangélisation auquel le stade de l’amitié est habitué. Le grand prêtre proclamait solennellement que sa candidature venait du ciel. Pauvre de ces hordes de marcheurs déversés dans les rues des grandes villes du pays, quelques jours plus tôt, en vue de susciter la candidature du docteur-président. Tout en clamant avoir entendu les appels de ses partisans, le désormais candidat-président attribue pourtant « au ciel » son inspiration pour le rempilage. Le discours du 29 janvier au stade de l’amitié n’est pas à une contradiction près. A l’image de cette valise de la prospérité, venue certainement du ciel aussi, non encore ouverte alors que le mandat est déjà pratiquement épuisé et son bilan largement diffusé sans discontinué sur la chaine nationale et dans les médias sous contrat.

Un signal fort, cependant, pour les conservateurs du régime qui s’inquiétaient face au lyrisme tonitruant autour d’une certaine refondation à venir. Le requiem éventuel de l’émergence ne sonne pas forcément le glas du règne des évangélistes, des pasteurs et des prêcheurs affairistes – la « voix de la sentinelle » parlerait des « crétins qui se font passer pour des chrétiens ». La nouvelle République ne serait visiblement en rien différente de l’ancienne. Des valeurs aussi abstraites que le ciel, la croyance, la félicité prendraient le pas sur la constitution, les lois, les institutions. Rien de bien méchant que de remettre un peu de spiritualité dans la gestion des affaires de la cité face à la dictature de l’argent et du plaisir. Sauf qu’au bout des courses, en 5 ans, il y a eu plus de dossiers d’argent, d’escroquerie, de détournement, de gré à gré illégaux que de brebis égarées ramenées dans la droite ligne de la probité. Les mêmes parrains et organisateurs des séances de prières en soutien au régime se retrouvent impliquer dans des actes les plus attentatoires à la morale et à la vertu.

Le « ciel » était déjà la couverture idéale des faux placeurs d’argent qui se proposaient d’effacer de la surface du territoire béninois la misère à travers des taux divins avoisinant les 300%. Ces prétendus hommes de Dieu seraient investis de la divine mission d’accompagner le docteur-président dans sa croisade non moins divine contre la pauvreté. Ainsi, grâce à cet indécent alliage entre la bondieuserie, la propagande politique émergente et l’Etat du Bénin, des citoyens se sont fait escroqués à hauteur de 156 milliards. Voilà, ce même « ciel » ayant servi à escroquer les paysans, les travailleurs, les zémidjans, les étudiants, des femmes de députés et consorts qui apparaissent dans la campagne pour le rempilage. Le tout enrobé dans un discours sans gouvernail, sans perspective et sans repères quantifiables. Même les victimes des faux pasteurs escrocs n’ont pu avoir droit à la déclinaison d’un processus de remboursement ou de réparation concret. Juste un chantage fondé sur les suffrages : « votez pour moi et je vous fais payer votre argent que des propagandistes à moi vous ont volé ».

Au moins, en 2006, le banquier-candidat avait bien caché son jeu au départ. Très peu de gens le savaient baptiser. On n’avait rajouté la particule « Thomas » à Yayi Boni que bien après la prestation de serment. Durant la campagne, l’homme du Changement ne parlait que de croissance à deux chiffres, de révolution agricole, d’industrie tous azimuts, de grands travaux, …de lutte contre la corruption et du devoir de compte rendu. En 2011, il s’engage en s’inspirant du ciel, avec une valise fermée dont lui seul connait le contenu. Que le peuple garde l’œil rivé au « ciel » pour les 5 prochaines années pendant qu’on lui fabrique dans le dos des Cen-Sad, des dossiers de machines agricoles, de coton, de Sbee, de Sonapra…

Ça promet !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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