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BENIN : Le professeur Andoche Amègnissè écrit à la Cour Constitutionnelle pour demander l’invalidation de la candidature de Boni Yayi

Recours devant la Cour Constitutionnelle Andoche Amègnissè demande l’invalidation de la candidature de Boni Yayi

Le professeur Andoche Amègnissè a adressé hier, 1er février 2011, à la Cour Constitutionnelle, une requête afin de constater l’irrecevabilité de plusieurs candidatures dont celle du Chef de l’Etat Boni Yayi.

C’est en se fondant sur l’article 44 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 qui conditionne l’exercice de la fonction présidentielle à la bonne moralité et une grande probité, que ce citoyen a saisi la haute juridiction de contentieux en matière d’élection présidentielle au Bénin. Son argumentaire est axé sur trois points principaux tous relatifs à des dossiers brûlants de l’actualité et encore pendant devant les instances judiciaires de notre pays.

Il s’agit fondamentalement des affaires Icc services et Cen-Sad. Pour le requérant Amègnissè, la réception en audience par le Président de la République, des responsables de Icc Services qui ont « étalé leur malhonnêteté » ainsi que les contenus des documents publiés par deux anciens ministres du gouvernement de Boni Yayi et accusant directement le Chef de l’Etat dans deux grands scandales.

Pour ces raisons et d’autres, l’homme conscient que le dossier de candidature de Boni Yayi n’est pas encore déposé, évoque à l’attention de la Cour Constitutionnel, « un principe essentiel de prévention des délits et des crimes » pour justifier sa démarche de saisine qui serait plus préventive.

Requête de Andoche Amègnissè

AMEGNISSE Andoche Célestin Fortuné

Professeur de Philosophie

Résidant au Carré 1879 Quartier YANAWA (ZOGBO) – Von face au portail du CEG ZOGBO 1Oe Arrondissement de Cotonou – République du Bénin

TEL: (229) 95 06 95 33 – E.mail:amegnisseandoche@yahoo.fr

ADRESSEE A LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE LA REPUBLIQUE DU BENIN, AFIN DE CONSTATER L’IRRECEVABILITE DES CREQUETE ANDIDATURES DES SIEURS THOMAS BONI YAYI ET …

Cotonou, le 1er Février 2011

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,

Mesdames, Messieurs les membres de la Haute Juridiction

La CENA: Commission Electorale Nationale Autonome que vous avez installée pour organiser les élections présidentielles du 27 Février 2011 (soit dans vingt six jours exactement) doit recevoir les candidatures à cette élection et vous les transmettre pour validation et publication de la liste définitive des candidats.

L’article 44 de la Loi N° 90-32 du 11 Décembre 1990 portant CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE DU BENIN stipule clairement que nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il n’est de « bonne moralité et d’une grande probité ».

Monsieur le Président et Mesdames et Messieurs les membres de la Haute Juridiction; plusieurs de nos compatriotes ont déjà et publiquement manifesté leur intention de se porter candidat à cette élection présidentielle et pour certains, leur moralité douteuse nonobstant.

Le citoyen soucieux du respect de notre loi fondamentale que je suis se permet (et je suis certain que vous le lui permettez) d’attirer votre attention sur les cas dont il a connaissance, afin que si ces dossiers de candidature parvenaient devant vous, vous les examiniez avec une attention particulière; car un principe essentiel de prévention des délits et crimes (ce pourquoi nos lois sont faites) exige que qui a connaissance de la faute qui va être commise, prévienne afin d’éviter que cette faute soit commise.

L’homme honnête qui voit un voleur escalader un mur ne doit pas attendre que le voleur tombe dans la maison et commette le vol avant de prévenir la police. Ainsi, le citoyen ayant le droit de vote que je suis, n’a donc pas besoin d’être lui-même candidat ou d’attendre le dépôt des candidatures avant d’attirer l’attention de la Haute Juridiction sur le manque de moralité de certains qui se préparent à déposer leurs candidatures dans les mêmes conditions que des voleurs en train d’escalader un mur. Si notre requête ne parvenait pas à les en dissuader, qu’elle vous permette au moins de les éliminer. Jugez-en vous-même.

1. Le cas du Sieur Thomas Boni YAYI

• Président de la République, il a reçu au Palais au vu et au su de tout le monde les hauts responsables de ICC-SERVICES qui ont étalé leur malhonnêteté à travers cette scandaleuse collecte frauduleuse des épargnes de nos compatriotes; collecte frauduleuse que le Sieur Thomas Boni YAYI et son gouvernement ne firent rien pour arrêter jusqu’au pourrissement de la situation. N’y a-t-il pas là motif sérieux à douter de la moralité du Sieur Thomas Boni YAYI ?

• Président de la République, le Sieur Thomas Boni YAYI a demandé la mise en examen devant la Haute Cour de Justice de deux (02) ministres qu’il a lui-même nommé et qui ont exercé sous son autorité, et ceci pour des affaires scandaleuses qui se sont déroulées sous son mandat. Ses deux (02) anciens collaborateurs ont publié des documents impliquant directement dans ces affaires scandaleuses le Sieur Thomas Boni YAYI, Président de la République qui jusqu’à ce jour n’a apporté aucune preuve de son innocence. N’y a-t-il pas là motif sérieux à douter de la moralité du Sieur Thomas Boni YAYI?

• Après m’avoir envoyé en prison pendant six (06) mois au motif de la publication d’un périodique dénommé Tout Sauf Yayi Boni; en 2011 (TSYB 2011), le Sieur Thomas Boni YAYI, Président de la République n’a pas cessé de me faire approcher par des personnalités de sa mouvance présidentielle pour me convaincre de renoncer à mon opposition contre sa gouvernance. (…)

C’est au vu de tous ces éléments et considérant l’article 44 de notre CONSTITUTION, que je demande à la Haute Juridiction de constater l’irrecevabilité de la candidature du Sieur Thomas Boni YAYI si cette candidature lui parvenait. (…)

La société d’aujourd’hui construit celle de demain en posant des actes et en donnant l’exemple. J’ai foi que le prestigieux Président et les éminents membres de la Haute Juridiction ont pleinement conscience que la société d’aujourd’hui et celle de demain les observent.

Sages de la Cour Constitutionnelle, puisse DIEU vous inspirer la décision digne d’ETHIQUE et de BONNE MORALITE.

L’évenement précis bénin

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