Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

L’abécédaire des promesses non tenues par Boni Yayi

Le changement qui annonçait la rupture était loufoque ; aucune rupture dans la gestion de l’Etat n’est venue juste une continuité dans la mauvaise gestion et cette fois ce qu’il y a de nouveau c’est la vulgarité politique dont le régime de Boni Yayi est détenteur des droits.

En ces jours où le peuple se prépare aux échéances électorales de février 2011 (jusqu’à nouveau désordre), loin de pseudos bilans d’auto-satisfaction, de forums ou d’animation de manifestations de soutien, il urge de dresser le bilan des promesses non tenues du président Boni Yayi. L’année 2007 fut une année clame mais toutefois agitée et maussade que l’homme providentiel, le messie a offert au peuple béninois. Les sujets n’ont pas manqué pour justifier le volontarisme de Boni Yayi. Plusieurs fois, il a réitéré sa disponibilité pour la nation allant jusqu’à affirmer devant la jeunesse estudiantine, être prêt à verser son sang pour le Bénin. Il n’en a pas fallu plus pour faire sortir de son mutisme Candide Armand AZANNAÏ (devenu ministre) pour qui les étudiants béninois ne sont pas des vampires et qu’ils n’ont pas besoin du sang de Boni Yayi.

La liste ci-dessous est une liste (évidemment non exhaustive compte tenu de l’échec total de ce régime) des engagements pris et non tenus.

Accroissement de la production cotonnière

Les premiers jours de sa gestion, Boni Yayi s’est engagé à porter à 600 000 tonnes la production cotonnière qui, il faut le rappeler avoisinait les 420.0000 tonnes en 2005. Cinq ans après, force est de constater que les 600.000 tonnes n’ont jamais été atteints et la production n’a cessé de chuter d’année en année du fait du mauvais management des dirigeants et de l’implication inutile de Boni Yayi dans les différents maillons du processus de production.

Assainissement des Finances publiques

On se rappelle encore la violation flagrante du principe universel et élémentaire de l’unicité de caisse avec les fonds d’escorte des véhicules d’occasion.

Pendant plus de deux (02) ans les fonds de l’escorte des véhicules d’occasion n’étaient ni versés au trésor, ni budgétisés. Il a fallu de nombreuses interpellations pour que le gouvernement revienne sur le droit chemin.

Aussi, l’indiscipline budgétaire qui a caractérisé ce gouvernement de technocrates avec l’émission à l’emporte pièce des ordres de payement.

Chômage

Le taux de chômage n’a fait que croître. Or, Boni Yayi avait promis de réduire le nombre de chômeurs. Effectivement, les statistiques lui donnent raison. Et pour cause ! Après avoir mis d’énormes ressources à la disposition du FNPEEJ, il a ignoré la mauvaise gestion et le clientélisme qui ont entouré la distribution de ces fonds ; résultats : 2.800 emplois créés en 5 ans pour 100.000 jeunes qui sortent chaque année de nos universités. « Heureusement » pour lui, la crise financière mondiale lui donne un prétexte sur mesure pour masquer son échec.

Croissance

Boni Yayi avait promis une croissance à deux chiffres. Au lieu de deux, nous sommes restés toujours à un chiffre et pis, le taux de croissance économique est en chute libre par rapport à 2006. De 5,1% en 2005 nous nous retrouvons à moins de 3%.

Il dira qu’il n’est pas coupable c’est sûr, c’est la faute à la crise économique.

Corruption

La « marche verte » organisée contre la corruption présageait du mauvais bilan, du bilan désastreux que le régime du changement de Boni Yayi nous offrirait sur ce thème précis. La corruption fut inaugurée par Boni Yayi à travers cette marche. La corruption, loin d’être dans les rues est dans les administrations à commencer par la Marina que Boni Yayi a préféré laisser pour s’exhiber tout en sueur dans les rues.

Les marchés gré à gré de dizaines de milliards de francs Cfa, les Ordres de paiement, toujours légion, l’affaire Censad, le dossier ICC-Services… sont là pour marquer d’un saut rouge le bilan de Boni Yayi. L’évaluation de l’action gouvernementale par l’Observatoire de lutte contre la corruption (OLC) que Boni Yayi lui-même a proposé dans son projet de société n’a jamais été effective.

Droits humains

Un droit non moins important n’est pas respecté ; le droit du peuple à l’information plurielle est bafoué, sans citer le droit d’association. Tout le monde n’a pas accès aux organes de presse, surtout publics. Les différents classements de Reporters sans frontières ont été catastrophiques pour le Bénin depuis la venue du régime du Changement. Certains organes et groupes de presse bénéficient des contrats mirobolants avec le gouvernement et préfèrent respecter les clauses de ces contrats que de faire leur travail de façon plus professionnelle.

Emergence

Difficile pour un pays de connaître l’émergence lorsque ses dirigeants se complaisent dans la mauvaise gestion des finances publiques. Les discours creux de Boni Yayi qui décrètent l’émergence n’ont pas suffi à rendre le pays émergent.

Franchises universitaires

Que sont-elles devenues ces fameuses franchises universitaires sous le changement ? Les différents mouvements estudiantins ont toujours été accompagnés par l’envoi d’une horde de policiers et de gendarmes. Plusieurs fois les campus universitaires, hauts lieux et temples du savoir ont été violés, troublant la quiétude des étudiants et des chercheurs.

Gouvernance concertée

La méthode de gouvernance de Boni Yayi n’a rien d’une gouvernance concertée, cette gouvernance se fait au coup par coup et sur coup de tête. Les grèves des travailleurs, pourtant légalement reconnues comme une voie de recours, sont ignorées sous le régime du changement et les grévistes sont traités d’apatrides. Tous, nous avons encore en mémoire, les appels de Boni Yayi à la jeunesse et aux retraités pour venir remplacer les douaniers et enseignants grévistes qui pourtant étaient prêts à négocier avec le gouvernement qui, faisant la sourde oreille a préféré les envoyer à la vindicte populaire.

Qu’un mouvement de débrayage entraîne de la part du gouvernement une décision indécente d’appels à retraités ou d’appels à jeunes désœuvrés et sans formation est une chose incroyable.

Les enseignants qui en grève réclamaient de meilleures conditions de travail et une amélioration de leurs conditions salariales se sont vus dire par Boni Yayi qu’ils pouvaient « fermer les écoles et blanchir l’année scolaire ».

Tout récemment, les agents de la santé réunis au sein du FUOSS ont été traduits en justice par le gouvernement pour faits de grève.

Sur le plan politique, rien à dire ; le gouvernement d’ouverture tant attendu, appelé a été un gouvernement de fermeture.

Mécanisation de l’agriculture

La tentative avortée de mécanisation de l’agriculture, a laissé place à un marché scandaleux de scandales qui emmène le béninois lambda à se poser des questions sur la réelle intention de cette subite décision de mécanisation.

Les machines achetées ont cessé de fonctionner quelques heures après leurs premières utilisations et des problèmes mécaniques ont eu raison des tracteurs restants. A noter aussi que le gouvernement s’est finalement rebiffé sur sa position de faire de l’agriculture le levier de l’économie nationale. En 2010, il n’y a consacré que 4,7% de son budget pompeusement porté à 1.300 milliards (budget qualifié de fictif par le ministre togolais des finances sur Africa 24).

Ouverture d’esprit

« Le dialogue objectif, basé sur des idées républicaines, la courtoisie et les sources d’information fiables, doivent, guider tout processus de prise de décision », lit-on dans La charte de fonctionnement du gouvernement de Boni Yayi. Mais qu’a t’-on observé toutes ces années ?

M. Paul Gnimagnon (président du N.E.P Mixalodo) est affecté dans l’Atacora suite à sa sortie médiatique pour fustiger la manière dont le pays est géré et cimenter son parti dans l’opposition, le directeur du Ceg Glazoué et conseiller communal G13 P. Ahovi, affecté à Yindji. Dès que les soupçons de flirt d’un Cadre avec l’opposition naissent, ce dernier est boycotté et subit des humiliations administratives. Un Cadre B en vient à devenir Chef et commande un Cadre A. Le dialogue objectif basé sur des idées républicaines a disparu. Les prises de décision se font suivant l’obédience politique et la couleur de l’intéressé. Aucune ouverture d’esprit.

Respect de la constitution

Sur ce point, en faisant un travail de fourmi on alignerait au moins mille entorses portées à notre constitution. Je m’évertuerai juste à rappeler que l’installation, conformément à la Constitution et aux lois de notre pays, des conseils communaux dans les circonscriptions suite aux élections communales de 2008 n’a pas été respectée par Boni Yayi ; alors qu’il s’empressait de faire installer les conseils communaux fcbe, il s’évertuait à bloquer l’installation des conseils communaux des localités dans lesquelles sa liste a mordu à la poussière ; selon sa lecture diagonale de la loi, il faut attendre l’examen des recours déposés par les cauris à la Cour suprême alors que selon la loi, les recours ne sont pas suspensifs de l’installation des conseils communaux.

Reddition de compte

Boni Yayi ne s’est jamais soucié de cela, il l’a oublié le jour où il a organisé son premier Conseil des ministres. Même son ministre de la justice qui autrefois a promis un point de presse chaque semaine, n’a jamais tenu cette promesse.

Brusquement, il s’en est souvenu à la veille des échéances électorales et a organisé un forum bilan pour tromper la vigilance du peuple.

Solidarité

« Toute décision ou tout acte du Gouvernement est régi par le principe de collégialité et engage chaque membre dans sa mise en œuvre », lit-on dans La charte de fonctionnement du gouvernement de Boni Yayi.

S’il est vrai que chaque décision du gouvernement engage chaque membre dans sa mise en œuvre et est régi par le principe de collégialité, pourquoi le Chef de l’Etat pourtant premier membre du gouvernement affirme n’être pas coupable des décisions hasardeuses prises en son nom, n’être pas au courant des transactions onéreuses et juteuses qui se faisaient sur le dos du contribuable béninois dans le dossier Censad, affirme n’être pas au courant que le ministre kessilé tchalla ait accordé des primes dans son ministère.

Après l’éclatement de l’affaire ICC, le gouvernement s’est empressé de liquider le ministre de l’intérieur prétextant qu’il aurait signé un permis de port d’armes alors que la solidarité gouvernementale devrait amener tout le gouvernement à démissionner.

Unité nationale

L’Unité nationale est aujourd’hui sur béquilles, elle n’avait jamais été autant compromise car Boni Yayi et ses hommes ont érigé le régionalisme et l’ethnocentrisme en mode de gestion en se déguisant au passage en agneaux pour présenter les autres comme les loups.

aymard

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