Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: février 17, 2011

BENIN : Les propositions de sortie de crise de Me Adrien Houngbédji

L’aîné des 14 candidats à l’élection présidentielle de mars prochain, Me Adrien Houngbédji a donné hier à son domicile, sa position sur la situation politique délétère que traverse notre pays à la veille des élections présidentielles. Le candidat unique de l’Union fait la Nation est non seulement brièvement revenu sur la polémique autour de la liste électorale mais aussi a fait des propositions pour que les prochaines élections soient transparentes et se passent dans une ambiance conviviale. Et quoi qu’on dise, Adrien Houngbédji, en homme d’Etat a pris ses responsabilités en proposant le dialogue et une médiation à l’endroit des autres candidats, sans exception aucune, afin qu’ils se mettent tous d’accord sur l’essentiel. Mais cette belle initiative ne risque-t-elle pas de souffrir de la position tranchée de ses adversaires à la présidentielle de 2011 ? En un mot, Me Adrien Houngbédji ne prêche-t-il pas dans le désert ? Beaucoup redoutent ces éventualités. Car, il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et depuis peu au Bénin, les acteurs politiques nous ont habitués à un dialogue de sourds. Lire ci-dessous l’intégralité du message de Me Houngbédji.

Déclaration du Pdt Adrien HOUNGBEDJI, Candidat unique de l’UN à propos de la situation politique nationale

 » Le pire serait de continuer à dire qu’il n’y a pas de problème ! « 

Dans quelques semaines, notre peuple aura à choisir celle ou celui qui conduira ses destinées pendant les cinq prochaines années. Ce devrait être un exercice habituel puisqu’il a été conduit à plusieurs reprises avec succès depuis l’avènement du Renouveau démocratique. Les faiblesses du système électoral étaient connues. Les motifs de contestation des résultats ne manquaient point. Mais la sagesse de notre peuple et de sa classe politique avait su gérer les conflits potentiels dans un esprit qui plaçait la préservation de la paix au dessus de tout. Il est de notre devoir de continuer dans cette bonne direction et de toujours nous engager dans des voies qui ouvrent de larges perspectives de développement à notre pays.

Aujourd’hui, le climat n’est plus à la sérénité. L’inquiétude a gagné toutes les couches de la population à telle enseigne que des mouvements pour la préservation de la paix sillonnent nos villes et nos campagnes pour en souligner le besoin. Quelles que soient les motivations des auteurs de ces initiatives, elles expriment l’angoisse qui étreint nos concitoyens. Les organisations syndicales de travailleurs renouvellent à souhait leur mise en garde.

Pourquoi un tel climat social ? Tout simplement parce qu’à quelques jours d’un scrutin aussi capital que des élections présidentielles, nul ne parvient à savoir ce qui va se passer et comment cela va se passer. La polémique autour de la liste électorale n’arrange rien et les assurances répétitives des membres de la Commission politique de supervision ne dissipent l’épais brouillard qui entretient la peur au sein de la population. Ne pas disposer d’une liste électorale à quelques jours des élections ne peut que susciter des interrogations. Elle était prévue pour le 31 décembre 2010, puis pour le 15 février 2011 et à présent pour le 20 février 2011. Ce sont ces incertitudes qui mettent à mal la quiétude dont les électeurs ont besoin pour écouter les propositions des candidats et faire des choix en toute connaissance de cause.

Comme pour en rajouter, la CENA a été mise en place très tardivement et dispose par conséquent de peu de jours pour s’acquitter de sa mission. Le pari qui est le sien sera difficile à gagner et peut devenir impossible à relever si toutes les institutions, la classe politique et les candidats ne l’aident pas dans l’accomplissement de ses tâches. A cet égard l’Assemblée nationale rencontre quelques difficultés à parachever la désignation de tous les membres des démembrements de la CENA, notamment au niveau des communes et des arrondissements. Il était de la responsabilité du Président de l’Assemblée nationale de convoquer à nouveau des séances plénières en urgence au cas l’une d’entre elle s’avèrerait infructueuse et de prendre les initiatives appropriées pour assurer leur succès. Le recours à des injonctions de la Cour Constitutionnelle n’est pas, à mon avis, la meilleure solution car elle s’inscrit dans une logique d’affrontement qu’il vaut mieux éviter.

Je souhaite que le Gouvernement mette à la disposition de la CENA tous les moyens dont elle a besoin et à temps. Ce ne fut malheureusement pas le cas lors des élections communales et municipales en 2008. Les restrictions budgétaires et le refus d’utiliser des procédures d’urgence au ministère des finances avaient conduit à des élections bâclées. La mouvance présidentielle avait ainsi réussi à s’ouvrir la porte de la contestation puis, en violation de la loi, à refuser d’installer les conseils communaux. Le feuilleton des invalidations des élections, des reprises d’élections et des remplacements de conseillers ne prit fin que sur une injonction du Chef de l’Etat à la Cour Suprême, une fois qu’il a obtenu son quota de conseillers et de maires.

Nous devons éviter toutes ces dérives afin de ne pas ajouter de nouvelles souffrances à celles que la pauvreté impose à nos populations. Cet objectif doit guider chacun de nous et doit inspirer nos actions au quotidien. Le pire serait de continuer à dire qu’il n’y a pas de problème ! Ceux qui refusent de voir la réalité en face préparent en réalité une grave crise politique dont ils seront les seuls responsables. Ce faisant ils ne rendent pas service à notre peuple et trahissent la confiance dont ils jouissent.

Mesdames et messieurs,

J’ai suivi ces derniers jours les appels d’organisations de la société civile qui réclament la prise en compte des électeurs exclus de la version annoncée de la liste électorale permanente informatisée (LEPI). Des forces politiques, dont l’Union fait la Nation, posent les mêmes exigences. Je partage leurs préoccupations qui veulent que l’établissement de la LEPI et son utilisation n’entrainent pas une régression démocratique mais, qu’au contraire, cela conforte les citoyens dans la conviction qu’il s’agit d’une avancée. Elle peut être imparfaite mais elle doit être comprise des populations à qui il est méprisant de se contenter d’ » exprimer des compassions  » par la télévision comme l’a fait le Superviseur général de la Commission politique de supervision de la LEPI. Nos compatriotes méritent plus d’attention si l’on veut respecter leur dignité et préserver la cohésion nationale.

J’en appelle donc à la conscience citoyenne de tous pour que, dans un sursaut patriotique, nous recherchions ensemble les solutions qui rassurent nos populations. Le moment est venu pour chacun de conjurer le danger qui nous guette. Les responsables de cette impasse sont suffisamment pour qu’il soit nécessaire de les rappeler mais je veux souligner que c’est la première fois que nous nous retrouvons dans une telle situation. Le Chef de l’Etat devrait en prendre conscience et ne pas chercher à tirer gloire de ce qui est en vérité son échec et la preuve de sa mauvaise gouvernance du pays.

Mesdames et Messieurs,

Je salue la proposition faite par l’Union fait la Nation et qui consiste à ouvrir un dialogue entre tous les acteurs de notre vie nationale. Je soutiens cette proposition qui doit nous permettre de baisser la tension actuelle et de convenir des solutions à apporter aux nombreuses incertitudes qui planent sur le déroulement des élections. Le débat sur l’utilisation ou non de la LEPI pour les prochaines élections a été clôturé depuis l’adoption de la loi portant règles générales des élections par l’Assemblée nationale. Cela ne nous dispense pas d’examiner la suite à donner aux revendications de nos concitoyens qui sont exclus de l’actuelle liste électorale permanente informatisée. La réponse à apporter à cette situation doit être collective et consensuelle pour qu’elle emporte la compréhension et l’adhésion de toute la population.

Dès ce soir, je me mettrai en relation avec tous les autres candidats pour leur proposer une rencontre. Ainsi, nous pourrions partager les informations reçues de la CENA ou de la CPS et convenir des mesures à prendre pour le déroulement pacifique des élections et la sécurisation des résultats. Je soumettrai à leur appréciation mes propositions qui se présentent comme suit :

1- Prendre en compte les exclus de la liste électorale telle qu’elle se présente actuellement ;

2- Présenter la liste des électeurs par bureau de vote ;

3- Afficher la liste des électeurs sur les lieux de vote au moins cinq jours avant le jour du scrutin afin de permettre aux citoyens de ne pas errer le jour du vote à la recherche de leurs noms ;

4- Maintenir et au besoin accroitre le nombre de bureaux de vote par rapport au scrutin antérieur afin de limiter les déplacements des électeurs ;

5- Achever la délivrance des cartes d’électeurs au moins cinq jours avant le jour du vote ;

6- Sécuriser les résultats des votes par la prise de dispositions appropriées.

En tout état de cause, la date constitutionnelle du 6 avril doit impérativement être respectée pour éviter les aventures dans lesquelles quelques insensés voudraient engager notre pays.

Ma rencontre avec les autres candidats sera également l’occasion d’évoquer un code de bonne conduite, écrit ou non, qui présidera au déroulement de la campagne. Ainsi, la convivialité pourra l’emporter sur les affrontements sans pour autant nuire à la nécessaire diversité des opinions et à la confrontation des programmes. Le débat démocratique n’appelle pas des invectives ou des injures. Il se nourrit d’idées et de propositions.

Mesdames et Messieurs,

Il nous faut des élections propres qui respectent la volonté de notre peuple. Tous ceux qui ont la responsabilité de les organiser porteront une lourde responsabilité si le désordre ouvrait la voie à d’amples contestations aux conséquences imprévisibles.

J’en appelle à tous les acteurs du processus électoral pour qu’ils conservent à l’esprit, de façon permanente, la nécessité d’éviter tout comportement qui sera de nature à compromettre la sauvegarde de l’unité et de la cohésion nationales.

J’invite le peuple béninois à la vigilance pour déjouer toutes les manœuvres tendant à confisquer le pouvoir ou à empêcher l’expression de la libre volonté de nos concitoyens.

BENIN : Lettre ouverte des cadres de la nouvelle vision pour l’Eveil de la conscience civique et le développement

Liste électorale et violation des dispositions constitutionnelles

Lettre ouverte du Réseau des cadres de la nouvelle vision pour l’Eveil de la conscience civique et le développement

Le Réseau des cadres de la nouvelle vision pour l’Eveil de la conscience civique et le développement (NCD-VISION), à travers une lettre ouverte adressée à la Cour Constitutionnelle, à l’Assemblée Nationale, à la CENA, à la CPS-LEPI et à la MIRENA dénonce la violation des dispositions constitutionnelles et les conditions dans lesquelles la Liste électorale permanente informatisée est réalisée.

Il appelle non seulement à un sursaut patriotique de tous les démocrates béninois tant de l’intérieur que de l’extérieur à se lever comme un seul homme à l’instar de l’historique conférence des forces vives de la nation pour barrer la route à l’embrigadement du peuple, à son musèlement, et à l’imposture de sa souveraineté, mais surtout suggère de revoir la copie et d’impliquer impérativement toutes les forces politiques et la société civile à la réalisation d’une Lépi consensuelle voulue par le peuple béninois pour que les élections aient lieu de façon pacifique ; de tout mettre en œuvre pour prendre en compte tout citoyen béninois aujourd’hui en âge de voter, car le droit de vote est irréfutablement un droit constitutionnel et l’on ne saurait tolérer l’exclusion d’une frange de béninois quels que soient les prétextes ; de mettre systématiquement fin à toute violation flagrante des textes et lois qui régissent notre République. Lire l’intégralité de la lettre.

A

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale

Monsieur le Président de la CENA

Monsieur le Superviseur Général de la CPS-LEPI

Madame la Présidente de la MIRENA

Objet : liste électorale et violation des dispositions constitutionnelles

Les membres du Réseau des cadres la Nouvelle Vision pour l’Eveil de la Conscience Civique et le Développement (NCD-Vision), qui est un réseau de cadres de l’Administration publique et privée, se sont réunis ce jour 11 février 2011, en Assemblée Générale Extraordinaire, pour apprécier le processus de réalisation de la LEPI, et appellent à l’attention des autorités ci-dessus énoncées les observations ci-après :

  Toute la classe politique et la Société civile dont Fors-LEPI, ont souscrit avec ferveur à l’élaboration et au vote de la loi 2009-10 du 13 mai 2009, portant RENA-LEPI qui devait conduire à l’établissement de cet instrument qui garantit quelque peu la fiabilité et la transparence des élections politiques dans notre pays. Mais quelques autorités ont voulu dès l’installation des structures chargées de conduire la réalisation du processus politisé lesdites structures au point d’en faire une récupération et de calquer leur vision sur les échéances de 2011. Dès lors la question suppose de savoir pourquoi nécessairement réaliser la LEPI pour 2011 alors que selon la loi le processus nécessite du temps, de la technicité, bref des touches et des retouches ? et ne devrait donc se réaliser avec tant de légèreté, de cafouillage et de politisation à outrance.

  En effet le processus d’élaboration de la LEPI a connu de nombreuses ratées et a fait l’objet de multiples contestations. Par conséquent il ne devrait pas être poursuivi à marche forcée comme cela est le cas. Puisque ce faisant, cette marche forcée mettrait en péril la construction d’une démocratie apaisée.

  Pourquoi donc la CPS-LEPI et la MIRENA se sont-t-elles refusées à prendre en compte les observations formulées par le cadre de concertation des acteurs politiques et de la société civile présidé par Monsieur Joël ATAYI GUEDEGBE ?

  Pourquoi le Superviseur de la CPS-LEPI s’est refusé de prendre en compte les observations formulées par le groupe de contact de l’Union fait la Nation et le groupe ABT suite aux dérapages observés dans la cartographie censitaire et le recensement ménage par ménage ?

  La suite du processus s’est déroulée dans une sourde oreille du Superviseur de la CPS-LEPI et de la MIRENA malgré les contestations aussi bien des autorités politico-administratives et des populations dans les différentes aires géographiques.

  Il s’en suit que le processus soit lui-même bancal et qu’on n’ait pu avoir au moins une liste provisoire à la veille des élections.

  La loi règlementant la réalisation de la LEPI a énoncé en ses articles (5, 30, 31, 34) les étapes du processus, les délais requis pour leur réalisation dans chaque aire géographique. Non seulement dans la volonté de la marche forcée on n’a pas voulu respecter ces délais, mais aussi on s’est refusé à mettre le soin nécessaire pour conduire les opérations. La défectuosité des machines, les cris de détresse et le ras-le-bol pour défaut de rémunération des agents chargés d’assurer les opérations, le non enrôlement des milliers de citoyens, des milliers de nos compatriotes qui ne retrouvent pas leurs noms après l’enrôlement, en témoignent de tous ces constats relayés par les médias.

  Il ne faut donc pas aller par le dos de la cuillère et affirmer avec force et vigueur que les incohérences observées suite à l’affichage de certaines listes sont le résultat consécutif à tout ce qui a été cité plus haut.

  Et comme le naufrage n’était pas suffisamment réalisé, la Cour Constitutionnelle se perçoit comme la deuxième chambre du parlement en s’immisçant dans les prérogatives législatives et refuse toute mesure conservatoire initiée par les députés dans les lois électorales pour le dégel de la situation. Elle nous impose donc la LEPI.

  L’opinion publique est renforcée et est convaincue aujourd’hui de l’existence d’un deal (complot) fomenté par trois personnalités contre la souveraineté du peuple béninois. Il s’agit d’assurer coûte que coûte la réélection de Boni YAYI en 2011, par la réalisation d’une fausse LEPI réalisée par Monsieur Arifari BAKO et bénie par Maître Robert DOSSOU, président de la Cour Constitutionnelle.

Ainsi le Réseau des cadres de la NCD-VISION constate avec beaucoup de regrets, d’amertumes et de peines que le processus actuel d’élaboration de la LEPI semble nous conduire inexorablement vers des lendemains incertains.

C’est pourquoi le Réseau en appelle à un sursaut patriotique de tous les démocrates béninois tant de l’intérieur que de l’extérieur à se lever comme un seul homme à l’instar de l’historique conférence des forces vives de la nation pour barrer la route à l’embrigadement du peuple, à son musèlement, et à l’imposture de sa souveraineté. On a l’impression que le peuple est le dindon d’une farce et qu’il s’agit certainement d’un feuilleton dont nous n’en connaissons que quelques épisodes. Il reste d’autres étapes à venir et qui nous éloigneront de la démocratie chèrement acquise.

Selon l’UNESCO « les guerres prenant naissance de l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix ». La paix dont le Bénin aspire, ce n’est pas son assujettissement à certains hommes politiques, encore moins son embrigadement. C’est la libre expression de ses valeurs et le respect authentique de ses choix. Il ne s’agit pas donc de faire absorber à l’ensemble de la population une idée béate de paix dans les discours, alors que les actes appellent continuellement à la guerre. Car paix et guerre s’opposent alternativement. La paix n’est pas seulement le silence des armes, et la guerre encore moins le crépitement des armes.

Les membres du Réseau des cadres de la NCD-VISION suggèrent :

  de revoir la copie et d’impliquer impérativement toutes les forces politiques et la société civile à la réalisation d’une LEPI consensuelle voulue par le peuple béninois pour que les élections aient lieu de façon pacifique ;

  de tout mettre en œuvre pour prendre en compte tout citoyen béninois aujourd’hui en âge de voter, car le droit de vote est irréfutablement un droit constitutionnel et l’on ne saurait tolérer l’exclusion d’une frange de béninois quels que soient les prétextes ;

  de mettre systématiquement fin à toute violation flagrante des textes et lois qui régissent notre République.

Les membres du Réseau de la Nouvelle Vision pour l’Eveil de la Conscience Civique et le développement (NCD-VISION) estiment que la prise en compte de ces différentes suggestions et notre appel à un sursaut patriotique feront renaître l’espoir dans le cœur de tout le peuple béninois.

Pour le Bureau Exécutif du Réseau

Docteur Badirou AGUEMO

BENIN : Ne pouvant plus assurer le fonctionnement de l’Etat, Boni Yayi endette le pays pour payer les salaires

Les analystes économiques ne comprennent pas comment un Etat qui est à bord de faillite, qui ne vie que grâce aux bons de Trésor puisse se permettre de gaspiller ses ressources dans des investissements qui ne sont pas prioritaires à la vie de tous les jours ni à l’enracinement de la démocratie. En 2010, le Bénin a levé respectivement sur le marché monétaire de l’UEMOA les sommes de :

Date Nature d’opération Type d’opération Montant indicatif Montant proposé Montant retenu Échéance 24/02/2010 Bons de trésor Adjudication 27 000 000 000 37 953 000 000 30 953 000 000 23/02/2011 05/04/2010 Bons de trésor Adjudication 27 000 000 000 48 029 000 000 32 000 000 000 05/04/2011 01/07/2010 Bons de trésor Adjudication 27 000 000 000 36 106 000 000 32 106 000 000 30/06/2011 01/09/2010 Bons de trésor Adjudication 27 000 000 000 47 968 000 000 34 600 000 000 31/08/2011 05/10/2010 Bons de trésor Adjudication 27 000 000 000 41 502 000 000 25 092 000 000 04/10/2011 TOTAL COLLECTE 154 751 000 000

Ces ressources collectées ont servi essentiellement à payer les salaires et les autres frais de fonctionnement de l’Etat.

Notre pays s’apprête à emprunter encore pour 2011 les sommes ci-après :

Date Nature d’opérations Type d’opérations Montant indicatif Durée Échéance 10/02/2011 Bons de trésor Adjudication 30 000 000 000 9 mois 10/11/2011 24/03/2011 Bons de trésor Adjudication 35 000 000 000 1 an 24/03/2012 14/06/2011 Bons de trésor Adjudication 50 000 000 000 1 an 14/06/2012 17/08/2011 Bons de trésor Adjudication 42 000 000 000 1 an 17/08/2012 15/09/2011 Bons de trésor Adjudication 30 000 000 000 1 an 15/09/2011 Juillet 2011 Emprunt obligataire Offre publique 50 000 000 000 7 ans Juillet 2018

TOTAL PREVISION 237 000 000 000

Une simple analyse du tableau des prévisions d’emprunts pour 2011 montre que l’Etat du Bénin emprunte pour rembourser les emprunts passés. C’est grave ! De plus lorsque l’Etat emprunte pour payer les salaires et assurer son fonctionnement. C’est encore plus grave ! Un analyste disait que si le régime du PRPB avait eu cette possibilité en 1989, le régime ne serait jamais tombé car on empruntera à tout vent pour payer et encore payer.

Il est donc important que les béninois prennent conscience de cette situation car un père de famille qui est obligé d’emprunter pour faire manger sa famille court de graves ennuis. On emprunte pour faire des investissements à moyen et long termes et non pour assurer le quotidien.

Nous appelons le Président à revoir sa copie en matière de choix d’investissements et de dépenses publiques. Et surtout nous mettons en garde, qui veut l’entendre, contre toute tentative de hold up électoral.

24 h au Bénin

BENIN : L’hypothétique scrutin !

Jamais à l’ère du renouveau démocratique, la République ne s’est retrouvée dans une cruelle situation de ni paix ni guerre. Jamais le désespoir n’a rongé les esprits et empoisonné les cœurs. Jamais le pays n’est si proche du chaos. Seuls les aveugles sourds muets peuvent mépriser cette réalité brûlante. Il faut être une chose ou un macchabée pour échapper à la vérité et nier l’évidence : ça va mal et le Bénin est sous la menace du pire.

Après le report de la présidentielle initialement fixée pour le 27 février, nous voici à moins de trois semaines de la nouvelle date du 06 mars sans que les brouillards ne soient dissipés. On avance toujours masqué dans l’obscurité pour donner de l’intensité aux ténèbres. La liste électorale permanente informatisée (Lépi) soulève une inédite polémique qui ne désenfle pas. La tension brûle les vaisseaux de la cohésion nationale et abandonne les gravats de la quiétude. La nation sous une pluie de querelles quémande le dégel. La politique est en crise, la société en ébullition. La Lépi de Bako attise les rancœurs, divise le pays et en fait un potentiel brasier. Jamais une élection ne s’est transformée en une usine à produire la flamme de l’inquiétude. Mais têtes baissées, et contre vents et marées, certains foncent et détruisent impunément tout sur leur passage. Le monstre Lépi rase tout, dans son œuvre de démolition, sous les lamentations des citoyens. Les délais sont souillés sous une cascade de violation de la loi et de l’exclusion prononcée. Les faucons répètent en silence l’hymne de la guerre. Et la démocratie s’expose à une pollution d’ampleur.  » Seigneur bénis ce peuple  » dit Léopold Senghor dans sa « Prière de la paix »  » Au milieu de ces millions de vagues, vois les têtes houleuses de mon peuple et donne à leurs mains chaudes qu’elles enlacent la terre d’une ceinture de mains fraternelles…  » A la vérité, la paix s’évanouit progressivement, étouffée par la canicule de la polémique sur la Lépi et le déroulement hasardeux du processus électoral.

Cette situation périlleuse constitue un premier test pour les quatorze candidats à la très incertaine présidentielle. Que proposent-ils pour la sortie de crise ? Jean Yves Sinzogan dénonçant la Lépi, fruit de la précipitation a évoqué un consensus de tous les candidats autour d’une liste électorale. Janvier Yahouédéou envahi par le pessimisme sur le 06 mars opte pour un délai supplémentaire de 60 jours pour la Lépi et une vacance de pouvoir gérée par le président de l’Assemblée nationale. Me Adrien Houngbédji, candidat unique de l’Union fait la nation (UN), en appelle au dialogue entre tous les acteurs de notre vie nationale et martèle que  » la réponse à apporter à cette situation doit être collective et consensuelle pour qu’elle emporte la compréhension et l’adhésion de tous ». Mais la date constitutionnelle du 06 Avril reste intouchable pour le finaliste de 2006. Quelle inspiration, le président sortant, le candidat Yayi tient-il de l’actuelle pourriture ? Sous le changement, la Lépi eut le privilège d’un message à la nation et de jours fériés et payés. Quel hommage exceptionnel ! Que propose maintenant le président candidat pour faire chuter la tension ? Pour les autres présidentiables, le chemin de la Marina passe désormais par une méditation sur la situation.

La courbe de l’embrouillamini préélectoral nous plonge dans une légitime peur. Deux décennies après la conférence nationale des forces vives de la nation, l’incertitude rattrape le pays, aidée par le spectre de troubles et de déchirement. Car explique le psalmiste « ils tiennent un langage qui n’est point celui de la paix, ils méditent la tromperie contre les gens tranquilles du pays « . Nous sommes face au devoir d’avoir peur pour mieux affronter les ondes du néant que dégage l’horizon coincé dans les geôles du doute. Les bras de l’impasse sont ouverts pour accueillir dangereusement le processus cafouilleux.

C’est une douloureuse évidence : le Bénin est en danger et il faut comprimer nos orgueils et discipliner nos immenses intérêts égotistes pour éradiquer le mal. Le pouvoir, l’Assemblée nationale, les politiques, la société civile et les candidats doivent s’unir pour sauver la paix. Nul doute que l’histoire est en marche mais il faut humainement écrire ses pages et laisser à la postérité de beaux chapitres. Et finalement qui veut la paix, qui veut la guerre ? La question s’agite et se balance et cède à la peur sa parcelle d’existence. Le 06 Avril approche dans une psychose féroce.

17-02-2011, Sulpice O. GBAGUIDI

BENIN : Rectification du porte parole de l’Upr sur Canal 3 : « La candidature de Issa Salifou est irréversible »

Le dimanche 13 février 2011, le ministre Modeste Kérékou, membre de l’Upr avait déclaré sur l’émission « Zone franche » de Canal 3 qu’il est en négociation pour que le Président Issa Salifou retire sa candidature de la présidentielle et rallie Boni Yayi. Le lendemain à l’ouverture d’antenne de ladite télévision, le porte-parole du parti M. Clotaire Béhanzin est venu rectifier le ministre Kérékou pour déclarer que la candidature de leur Président décidée au congrès de Bohicon est irréversible.

« La candidature de Issa Salifou est irréversible », c’est ce qu’est venu déclarer haut et fort, le Secrétaire National et porte-parole de l’Union pour la relève (Upr), M. Clotaire Béhanzin. L’objectif de sa réplique médiatique est de débarrasser la candidature du Président Salifou de tout doute et de toute manipulation. Pour M. Béhanzin, le Président du parti, M. Issa Salifou s’est conformé à la demande des militants. Ce sont eux qui lui ont demandé au congrès extraordinaire de l’année 2010 à Abomey de porter lui-même les couleurs de leur formation politique à l’échéance présidentielle de 2011. C’est fort de cela que le parti a travaillé contre vents et marrées pour se lancer aujourd’hui à la course pour le fauteuil présidentiel. Le grand départ pour cette conquête a démarré à l’investiture du candidat le 5 février 2011 à Kandi.

Il entend ainsi apporter un démenti formel aux déclarations du ministre Modeste Kérékou qui a laissé croire que le Président allait se retirer de la course au fauteuil présidentiel. Le porte-parole a ajouté que l’Upr ne s’est pas rallié au Président Boni Yayi. Et la décision de Issa Salifou d’être candidat est irrévocable. Il a espoir que le candidat gagnera avec le peuple béninois pour un avenir radieux. Ce qu’il a ajouté par rapport au Ministre est que ce dernier a pratiqué la politique de la chaise vide au lieu de venir défendre son point de vue au congrès extraordinaire du parti à Abomey. Le parti dès lors l’a sorti du bureau exécutif. Il ne peut donc plus parler au nom du parti Upr. En principe, il devrait démissionner du poste ministériel à partir du moment où son parti a choisi d’avoir son propre candidat. Mais s’il y est resté, c’est de son propre chef. Mais il ne peut pas entretenir la confusion dans l’esprit des militants. « La candidature de Issa Salifou est irréversible ».

Guy Constant Ehoumi

BENIN : Blocage du processus électoral, l’Union fait la Nation réclame une table ronde

Par l’intercession d’une conférence de presse, le président du mouvement politique, l’Union fait la nation, Bruno Amousou a pris langue avec les hommes des médias.

Le principal objectif de cette rencontre est de donner des points de vue de l’Un sur la situation politique nationale afin de formuler des propositions. C’était hier au siège de campagne de l’Union fait la nation, sis au quartier kouhounou de Cotonou ; en présence de plusieurs leaders dudit mouvement politique.

                                                (Lire l’intégralité de la déclaration)

Depuis plusieurs années, les partis politiques membres de l’Union fait la Nation ont mené un combat acharné pour une amélioration de notre système électoral. Dès 1998 et de façon constante, ils ont voté à l’Assemblée nationale des lois électorales qui prescrivent l’usage d’une liste électorale permanente informatisée (LEPI) lors des consultations électorales. En 2006, ils en ont fait le premier des engagements à souscrire par les deux candidats qui prenaient part au second tour des élections présidentielles. Aussi l’accord politique négocié avec chacun d’eux incluait-il le report des élections législatives de 2007 à 2008, par une révision de la Constitution, afin de permettre la disponibilité de la LEPI avant toute élection.

Elu, le candidat Boni Yayi renia son engagement à faire établir cette liste électorale permanente informatisée en urgence et comme préalable à toute élection. Il s’opposa au vote quasi unanime des députés pour une révision de la Constitution. Dans sa détermination, dont nul ne percevait alors les vrais mobiles, il exerça une forte pression sur la Cour Constitutionnelle qui en vint à décréter qu’une révision de la Constitution ne pouvait intervenir que par consensus !

Par la suite et avec la participation active des partis membres de l’Union fait la Nation, l’Assemblée nationale finit par voter, en 2009, une loi qui consacre le processus de réalisation de la LEPI. Après y avoir décrit de façon précise les étapes et les modalités techniques, elle institua une Mission Indépendante du Recensement Electoral National Approfondi (MIRENA) pour exécuter les tâches techniques en toute objectivité pendant qu’une Commission politique de supervision (CPS) assure le contrôle et la vigilance des acteurs politiques.

Par une lettre en date du 27 janvier 2011, le Superviseur général de la Commission politique de supervision (CPS) a communiqué à l’Union fait la Nation les résultats provisoires chiffrés de ses travaux. Pour en savoir plus, nous avons sollicité une rencontre avec les responsables de la CPS. Elle a eu lieu le lundi 7 février 2011 au Centre international des conférences à Cotonou.

Par un contact téléphonique avec le Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’Union fait la Nation a également sollicité une rencontre avec les Partenaires Techniques et Financiers de notre pays. Elle a eu lieu le mardi 8 février 2011 au siège du PNUD. A cette occasion, nous leurs avons exposés nos points de vue sur l’état d’avancement de l’établissement de la liste électorale par la CPS. Nous leur avons parlé aussi du processus électoral que conduit la Commission électorale nationale autonome (CENA).

Le présent Mémorandum retrace notre démarche, nos appréciations et nos propositions.

La réalisation de la Liste électorale permanente informatisée.

Le processus d’établissement de la LEPI a démarré au mois de juin 2009 par la prestation de serment des membres de la Commission Politique de Supervision (CPS). Au nombre de quinze, ils ont été désignés par le Président de la République, l’Assemblée nationale, la société civile, l’ordre des avocats, l’union nationale des magistrats.

Comme le prévoit la loi, la CPS a sélectionné neuf « techniciens » qui ont formé une Mission Indépendante du Recensement Electoral National Approfondi (MIRENA) chargée de la conduite des opérations en toute impartialité. Cependant le recrutement du spécialiste des élections prit une année de tractation avant que le choix ne fut porté sur un partisan zélé du Chef de l’Etat. Première alerte, cette guérilla présageait de la prise en main de la MIRENA qui renonça à toutes ses attributions au profit de la CPS devenue, dans les faits, l’organe de réalisation de la LEPI.

Ce fut dans ces conditions que s’engagèrent les trois phases prévues par la loi.

– La cartographie censitaire qui permet d’avoir une photographie du pays ;

– Le recensement des citoyens qui sont âgés de plus de 8 ans ;

– L’enregistrement des citoyens qui sont âgés de plus de 12 ans.

Mais les opérations de cartographie censitaire ont été préparées dans des conditions si déplorables et si partisanes que leur exécution sur le terrain révéla des erreurs particulièrement graves. Les agents, recrutés selon des critères contestables, n’avaient pas les compétences requises et ne pouvaient les acquérir au cours des brèves séances de formation que la MIRENA organisait. Il s’ensuivit un cafouillage qui laissa des zones entières non cartographiées et provoqua des protestations des populations.

 Face à ce démarrage raté du processus, l’Union fait la Nation lança son premier avertissement le 17 novembre 2009, au cours d’une conférence de presse. Nous y dénoncions la mauvaise conduite des opérations à cause de l’incompétence des agents « cartographes » dont certains étaient des cuisiniers, d’autres des menuisiers, d’autres encore des apprentis mécaniciens, mais ayant en commun d’avoir été recommandés par des membres de la CPS pour raison de parenté familiale ou d’affinité politique. Nous en appelions aux responsables du projet pour qu’ils prennent des mesures correctives de toute urgence et offrions nos services en cas de besoin afin de garantir le bon déroulement des phases à venir.

La CPS et la MIRENA ne tinrent aucun compte de cet appel à plus de rigueur. Au lieu d’ouvrir un dialogue avec nous comme nous l’espérions et de se ressaisir, elles se lancèrent dans une violente campagne médiatique pour dénoncer ceux qui ont toujours fraudé au cours des élections et qui avaient peur de la transparence qu’apportait la LEPI. Il était ridicule d’affirmer que les perdants à une élection étaient les plus grands fraudeurs mais les nouveaux apôtres de la transparence n’en avaient cure !

Nous espérions que le Pouvoir allait user de son influence pour redresser ce mauvais départ. Au lieu d’un sursaut en faveur d’une amélioration effective de notre système électoral, le Président Boni Yayi et son gouvernement ont découvert dans ces premiers dérapages les possibilités inespérées de détourner la LEPI de ses nobles objectifs pour en faire un instrument de légalisation de la fraude massive qui leur avait permis de s’emparer du pouvoir en 2006. Le Gouvernement tint un conseil des ministres au lendemain de notre conférence de presse pour encourager la CPS et la MIRENA à continuer dans le désordre frauduleux. Sur cette lancée et dans un discours à la Nation empreint de solennité, le Chef de l’Etat apporta tout son appui à ce mauvais démarrage de l’établissement de la LEPI et invita la population à s’associer aux trucages programmés.

Devant un tel entêtement, qui montrait la volonté du gouvernement de confisquer la réalisation de la LEPI, l’Union fait la Nation et d’autres forces politiques représentées à l’Assemblée nationale se concertèrent sur les mesures à prendre afin de sauvegarder la neutralité et l’impartialité de la LEPI. Elles déplorèrent l’engagement partisan du gouvernement et du Président Boni Yayi ainsi que le mépris opposé à leurs propositions d’amélioration de la cartographie censitaire encore en cours de réalisation. Elles se rendirent compte qu’elles ne pouvaient compter sur le Pouvoir pour engager le dialogue avec la CPS et la MIRENA.

Toute possibilité de dialogue étant ainsi fermée, ces forces politiques en étaient venues à admettre que seule une initiative parlementaire pouvait freiner le Chef de l’Etat dans sa volonté de confiscation du processus d’établissement de la LEPI. Aussi le 28 décembre 2009, firent-elles déposer, sur le Bureau de l’Assemblée nationale, une proposition de loi qui arrête la réalisation de la LEPI afin de rendre obligatoire l’organisation d’un dialogue politique destiné à remettre le processus sur les rails.

Belle et efficace initiative puisqu’elle contraint le Chef de l’Etat à inviter l’Union fait la Nation à une concertation au palais de la présidence de la République, une semaine plus tard, dès le 7 janvier 2010. Le dialogue que nous souhaitions venait donc d’être établi, du moins le pensions-nous. Notre porte parole en fit la déclaration à la sortie de l’audience en affirmant notre souhait de parvenir à un consensus. Il indiqua également le dépôt d’une proposition de loi à l’Assemblée nationale tendant à arrêter le processus en cas de refus du dialogue, précisant toutefois notre préférence pour une démarche apaisée. Le délai de dix jours retenu par le Chef de l’Etat au cours de l’audience pour entendre la CPS et la MIRENA parut raisonnable et constructif.

Le dossier de la proposition de loi vint en discussion à la plénière de l’Assemblée nationale au bout d’un mois. Malgré le silence du Chef de l’Etat jusque là, les députés membres de l’Union fait la Nation proposent et obtiennent un ajournement de la discussion pour donner une chance supplémentaire à une solution négociée. Peine perdue. Le débat revint à nouveau à l’ordre du jour et nous nous apprêtions à l’engager lorsque le Chef de l’Etat nous convie enfin à une concertation au palais de la présidence de la République, le 9 mars 2009, soit plus de soixante jours plus tard au lieu de dix.

L’Union fait la Nation y renouvelle ses observations et ses critiques avant de suggérer l’observance d’une pause dans le but de procéder à l’évaluation de ce qui a été fait et d’apporter les corrections nécessaires. Cette constructive prise de position ne fut à nouveau considérée que comme un dilatoire inventé par des tricheurs attardés qui ne veulent toujours pas suivre la modernité et qui s’obstinent à entraver la réalisation de la LEPI. Il fut néanmoins décidé de mettre sur pied un groupe de travail dont la mission consistait à procéder à l’inventaire des dysfonctionnements et à formuler les mesures à prendre pour apporter les corrections appropriées.

A la séance de restitution des travaux du Groupe de travail, le 6 avril 2010, la salle fut transformée en un amphithéâtre où se déroula une mise en scène de la plus ridicule grossièreté. A l’exposé du responsable de la société civile, coordonateur du Groupe, succéda une série de cours magistraux des « techniciens » de la MIRENA, plus ou moins documentés, sur les différents modes de réalisation d’une cartographie, sur les techniques de recensement, sur les interprétations juridiques de la loi portant réalisation de la LEPI en ces dispositions qui concernent la progressivité à observer dans la conduite des opérations. Les conseillers du Chef de l’Etat, en très grand nombre dans la salle, accompagnaient les exposés par d’intenses applaudissements prolongés. L’ambassadeur de France ne put que joindre sa voix à l’optimisme ambiant en donnant lecture d’une déclaration de soutien des pays de l’Union Européenne à la poursuite des travaux, sans une pause, sous les acclamations des membres du cabinet civil du Chef de l’Etat et sous son regard satisfait.

Les recommandations du Groupe de travail ne donneront jamais lieu à un compte rendu de leur mise en œuvre. Elles serviront d’éléments d’incantations dans la presse sur l’approche participative et le consensus en matière de réalisation de la LEPI. La grande messe prit fin à la satisfaction du Chef de l’Etat et de ses partisans. Ce fut la dernière.

Nos tentatives de nouer un vrai dialogue fécond pour une approche consensuelle se sont heurtées toutes à une fin de non recevoir. Les opérations continuent à pas forcés, sans tenir compte des contraintes légales et politiques. Ainsi contre toute attente, la CPS engage le recensement porte à porte de la population en pleine saison pluvieuse dans la partie méridionale du pays. Les revendications de citoyens non recensés s’élèvent de toute part à tel point que la CPS dut offrir un dérivatif pour les contenir. En violation de la loi, elle demande aux populations de s’inscrire dans des cahiers auprès des autorités locales dans la perspective de leur intégration future au fichier électoral. Cette promesse s’avère être aujourd’hui une supercherie puisque les mêmes responsables de la CPS se déclarent à présent incompétentes pour réaliser ce qu’ils avaient annoncé.

Il en va de même pour l’enregistrement des électeurs qui démarra dans une grande confusion, dans des zones inondées, déclarées sinistrées par le gouvernement lui-même. Des agents démotivés, envoyés loin de leur lieu de résidence, instruits pour discriminer dans les centres de collecte défavorables à la mouvance présidentielle, ont saboté par endroits les enregistrements. Ils se sont fait la main sur les premières aires opérationnelles favorables à l’opposition et ont pu se livrer aux manipulations dans les dernières aires opérationnelles favorables au Chef de l’Etat grâce à l’expertise acquise.

Tout le monde sait qu’une équipe ad’hoc a retravaillé les dossiers de recensement arrivés de la partie septentrionale de notre pays. Selon les explications fournies, il ne s’agirait que de reconditionnement de cartables. Un examen graphologique des fiches permettrait de se rendre compte « des recensements » opérés non pas sur le terrain mais dans les locaux du centre de traitement. Une investigation approfondie des archives et un rapprochement des données mettraient en évidence des dossiers de la première aire opérationnelle non traités ou mal traités du fait des défaillances du logiciel que l’on a dû remettre à niveau.

Faisant fi de ces « détails qui ne sont pas de nature à affecter les résultats », celles et ceux qui se gargarisent de satisfaction à la lecture des chiffres globaux se rendent complices, de manière volontaire ou involontaire, des multitudes distorsions introduites à petites doses lors du recueil des données et de leur traitement. Plus que jamais, le diable est dans les détails. Ceux-ci auraient pu être décelés si la Cour Constitutionnelle n’avait déclaré contraire à la Constitution l’audit des résultats des travaux de la CPS par l’Institut national des la statistique et de l’analyse économique !

Notre position.

Ainsi, par son expérience concrète, l’Union fait la Nation est parvenue à la conclusion que le Pouvoir a toujours voulu réaliser une LEPI frauduleuse. Obéissant aux injonctions du Chef de l’Etat et s’appuyant sur les experts mis à la disposition du gouvernement par le système des Nations unies et dont les cadres nationaux de la MIRENA ont dénoncé la toute puissance pesante, la CPS a conduit les opérations à pas forcés dans le but évident de profiter de l’établissement de la LEPI pour légaliser la fraude.

L’Union fait la Nation n’a pas voulu s’associer à ce détournement d’un instrument qu’elle a toujours souhaité. Aussi, pour permettre au peuple béninois de situer les responsabilités, a-t-elle pris les décisions suivantes :

• Retirer ses quatre représentants de la Commission Politique de Supervision ;

• Ne rien entreprendre pour entraver le déroulement des opérations.

• Apprécier les résultats finaux par rapport aux objectifs démocratiques.

Nous nous en sommes tenus à ces positions jusqu’à ce jour. Aussi, à la réception des résultats provisoires rendus publics le 27 janvier, avons-nous sollicité une rencontre avec le Superviseur général pour obtenir de plus amples informations sur l’achèvement du processus à 20 jours du scrutin présidentiel. Nous étions d’autant plus fondés à entreprendre cette démarche que toutes nos tentatives pour observer les opérations ont été rejetées alors que la loi nous en donne le droit. Des exploits d’huissier en notre possession attestent de cette surprenante et illégale obstruction.

L’examen des résultats provisoires arrêtés au 7 février, jour de notre rencontre avec la CPS, conduit aux conclusions suivantes :

1- Il n’est pas possible d’achever d’établir la liste électorale dans le respect des dispositions légales ;

2- Il n’est pas possible de savoir si les résultats obtenus respectent la loi qui demande qu’ils s’appuient sur un recensement exhaustif. En absence d’une enquête post censitaire, il s’agit non seulement d’une violation des dispositions légales nationales mais aussi d’un manquement aux normes internationales en matière de recensement.

3- La liste électorale provisoire laisse hors du fichier électoral 1.390.544 personnes recensées ;

4- La liste électorale provisoire prive 365.000 électeurs de leur droit de vote alors même que ceux là ont manifesté leur bonne disposition et leur bonne volonté en allant s’inscrire dans les cahiers à la demande de la CPS. A eux seuls, ils représentent 10% des 3.425.849 électeurs retenus par la CPS alors qu’ils n’ont aucune responsabilité dans la mauvaise organisation des opérations de recensement et d’enregistrement.

Nos propositions :

Tout observateur objectif se rend compte que la précipitation qui a caractérisé la conduite de l’établissement de la LEPI n’a pas permis d’obtenir de bons résultats. L’ampleur des anomalies que l’on observe sur les listes affichées rend inopérant le recours à des réclamations car celles-ci ne sont prévues que pour des ajustements mineurs. Elles ne sauraient corriger des écarts allant de 10 à 20%.

L’Union fait la Nation affirme que la privation de citoyens de leur droit de vote est une grave violation des droits de la personne humaine et ne peut donc être le résultat d’un processus qui voudrait opérer des avancés démocratiques.

L’Union fait la Nation rend la Cour Constitutionnelle responsable de la conduite précipitée, confuse et opaque de la réalisation de la LEPI car c’est elle qui a imposé, par des décisions, son utilisation obligatoire en 2011, quelle qu’en soit la qualité et le niveau d’achèvement.

L’Union fait la Nation dégage toute responsabilité pour toute conséquence qui découlerait de l’absence de solutions alternatives à la situation actuelle.

L’Union fait la Nation propose :

• La prise en compte de tous les citoyens qui remplissent les conditions légales pour figurer sur la liste électorale ;

• La tenue d’une table ronde politique qui regroupe le gouvernement, les acteurs politiques, la société civile et les candidats en vue de déterminer les mesures à prendre de toute urgence pour l’organisation d’élections équitables et transparentes qui garantissent un climat de paix.

Fait à Cotonou le 10 février 2011.

Le Canard Enchaîné épingle une nouvelle fois les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie

Par RFI

C’est une nouvelle révélation délicate pour la ministre des Affaires étrangères. Mise en cause pour ses vacances tunisiennes, trois semaines avant la chute du régime tunisien, Michèle Alliot-Marie est de nouveau dans la tourmente. Le journal satirique affirme que les parents de la chef de la diplomatie française ont conclu une transaction financière d’environ 325 mille euros avec l’homme d’affaires tunisien Aziz Miled, celui-là même qui avait transporté à bord de son jet privé la ministre et sa famille.

Bernard Marie et son épouse étaient déjà associés minoritaires dans la société civile immobilière IKRAM dont étaient propriétaires Aziz Miled et son fils Karim.

Michèle Alliot-Marie est aussitôt venue au secours de ses parents. Dans un communiqué elle s’élève contre les «excès» des nouvelles attaques contre elle, «qui ne grandissent pas ceux qui s’y prêtent». «Leur vie privée leur appartient. Les acquisitions qu’ils effectuent pour eux-mêmes ne concernent qu’eux, et personne d’autre», souligne-t-elle quelques lignes plus loin.

Mardi 15 février au soir, le père de Michèle Alliot-Marie s’est expliqué sur cette transaction, en affirmant qu’ils étaient, lui et sa femme, «seuls responsables de cette affaire», dédouanant ainsi sa fille.

L’opposition est remontée au créneau pour demander à nouveau la démission de la ministre des Affaires étrangères. Le député socialiste Pierre Moscovici est sans concession : «le fond de l’affaire, c’est que Michèle Alliot-Marie n’est plus capable de diriger la diplomatie française, elle est discréditée» a-t-il déclaré mardi soir, après ces nouvelles révélations.

L’Elysée ne fait pour l’instant aucun commentaire. Ces nouvelles turbulences pour Michèle Alliot-Marie risquent de lui coûter cher. Dans un sondage IFOP pour Paris Match publié lundi 14 février, donc avant ces dernières révélations, elle avait chuté de 17 points.

Le Maghreb avance ! Et le reste de l’Afrique ? Tous les dictateurs doivent dégager !

Le Maghreb avance ! Et le reste de l’Afrique ? Tous les dictateurs doivent dégager !

Salle Louise Michel (ss-sol), bourse du travail de Paris – 3 rue du chateau d’eau, M° Château d’eau

Soirée organisée par le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique (dit aussi ’Elections en Afrique’), Survie Paris IDF et les Anges Gardiens du Gabon.

Tunisie, Egypte, à qui le tour ? Algérie ? Cameroun ? La liste des dictatures en Afrique est longue et celle de celles installées et soutenues par les autorités et les milieux militaro-affairistes français dans la cadre de la françafrique l’est presque tout autant !

Corruption, fausses oppositions, bâillonnement de la presse, arrestations, assassinats, pillage organisé entre multinationales et clans locaux, putschs électoraux, coups d’états militaires, massacres, guerres …

Au Cameroun en 2008, pendant les émeutes de la faim Biya massacrait 200 jeunes. Au Gabon, Ali Bongo en 2009 a succèdé à son père dans un putsch électoral. Au Congo-B, Sassou N’guesso est arrivé au pouvoir après une fausse guerre civile lié au pétrole. Compaoré a tué Sankara pour arriver au pouvoir. Au Togo, Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005 dans un bain de sang et se maintient en 2010 par un hold-up électoral. A Djibouti, au Tchad, en Mauritanie, à Madagascar… ils sont toujours là !

Les accointances du pouvoir français et des partis politiques français avec la dictature tunisienne sont maintenant dénoncés comme scandaleuse, dans la presse, à l’assemblée nationale, mais ailleurs le même scandale continue à huis clos.

Avec

Tunisie : sous-réserves intervenant de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)

Algérie : à préciser ?

Augusta Epanya de Union des Populations du Cameroun (CODE)

Gloria Mika des Anges Gardiens du Gabon

Kofi Alouda du Mouvement pour La Libération du Togo et de la Plateforme Panafricaine

Benjamin Moutsila de la Fédération des Congolais de la Diaspora

Baki Youssoufou de la Confédération Etudiante

Ranto Andriambololona du GTT Madagascar (Gasy Tia Tanindrazana)

Survie
autres intervenant-e-s à la tribune et dans la salle à préciser : GTT Madagascar, RDC, Congo-B, Tchad, Niger…

*
Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique : Survie, Union des Populations du Cameroun, Fédération des Congolais de la Diaspora, Afriques en lutte (NPA), Europe Ecologie les Verts (plus nombreux soutiens : Plus nombreux soutiens : La Plateforme Panafricaine, Plate forme de Veille et d’Action Gabon, Assez de coups d’Etats (Mauritanie), CEDETIM, …
Gloria Mika

Model-Activist
Founder of citizen-watch initiative:

Les Anges Gardiens du Gabon

Read- For a Change

READ the issues

LEARN the facts

EDUCATE your peers

VOLUNTEER your time

SPREAD the word

MAKE a difference!!

Côte d’Ivoire : Pour défiance au Gouvernement, L’Etat porte plainte contre la Bicici

Pour ce mois de février, les fonctionnaires et agents de l’Etat vont retirer leurs salaires sur des comptes que le Trésor public va ouvrir d’office. Un service d’information sera ouvert au sein de la direction générale du trésor et de la comptabilité publique pour les orienter. Cette décision a été prise, hier, par le gouvernement, suite au refus délibéré de certaines banques étrangères de ne pas ouvrir leurs guichets au public. Notamment la Bicici, la Citybank, Ecobank (ce jour). Alors que le gouvernement avait demandé instamment aux autorités de ces banques de renoncer à leur projet de fermeture. En prenant cette mesure, le gouvernement ne veut pas se retrouver dans la posture de décembre et janvier derniers où les banques étrangères avaient fait des difficultés pour traiter les salaires des fonctionnaires. En plus l’Etat a annoncé la fermeture immédiate des comptes de ses structures dans ces établissements financiers, et ordonné au ministre de la Justice d’ester en justice contre ces banques.
De fait, les clients de ces établissements financiers résidant sur l’étendue du territoire national, ont eu la désagréable surprise, le lundi 14 décembre dernier, de ne pouvoir avoir accès à leurs banques. Sans explications et sans informations préalables, toutes les agences étaient fermées. Joint par une radio étrangère, le directeur Afrique de BNP-Paribas, actionnaire majoritaire de la Bicici, Jean-François Fichaux, a évoqué un problème de compensation qui serait trop lente en rejetant la thèse d’une implication dans le débat politique post-électoral. Un cadre de cette banque que nous avons interrogé a indiqué qu’aucun agent n’a été informé de l’intention de fermeture. Ils ont simplement reçu instruction de ne pas ouvrir jusqu’à nouvel ordre.
Pour le gouvernement, le système de compensation ne saurait être mis en cause puisque jusque-là le système bancaire fonctionne bien.

Aussi le gouvernement a-t-il condamné le caractère illégal de cette décision et tenu à faire certaines précisions. Dans un communiqué, il a rappelé que ces banques violent les droits des épargnants ivoiriens, en confisquant les dépôts de la clientèle et contreviennent gravement à leurs obligations au regard de la loi bancaire, et de leur mission de service public.
A présent que ces banques ont été sanctionnées, on attend de voir comment elles vont réagir.

J-S Lia, notre voie