Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

BENIN : L’opposition réclame des sanctions à l’encontre des fautifs après l’incident à l’assemblée nationale

Après l’incident qui s’est produit jeudi dernier au sein de l’hémicycle entre le député Ahouanvoébla et des forces de l’ordre, une délégation de l’opposition parlementaire a aussitôt eu une séance de travail avec le commandant militaire de l’Assemblée nationale, le colonel Adjaho. Les députés de l’opposition réclament des sanctions à l’encontre des fautifs.

La délégation conduite par le vice-président du Parlement l’honorable Dassoundo est composée entre autres des députés Ibatou Glèlè, Amouda Ahlonsou Gbadamassi, Jules Lodjou, Quenum, Lazare Sèhouéto, Gabriel Tchokodo. M. Dassoundo a exposé au commandant militaire du parlement les faits et l’amertume de son groupe par rapport à l’incident. « Que les militaires qui ont contribué à la bousculade de notre collègue soient  sortis  de votre effectif.  Des militaires à l’hémicycle avec les armes, c’est au Bénin qu’on peut voir de pareilles choses. Nous espérons que vous allez rendre compte à la hiérarchie militaire », a déclaré le député Dassoundo. L’inquiétude de l’opposition est grande et manifeste.  « Nous avons  le sentiment que des instructions sont données pour embraser le pays à partir du Parlement » a ajouté le vice-président du parlement avant de passer la parole à ses collègues. L’honorable Quenum estime que l’armée doit rester dans son rôle républicain. Mais au regard de ce qui s’est passé dans l’hémicycle, le député conclut que l’armée s’implique et devient partisane. « Si les gens ont sacrifié leur vie pour que la démocratie soit une réalité, nous sommes prêts à mourir pour que le Bénin continue d’être », précise le député. Très remonté par les accusations de l’honorable Quenum, le commandant militaire déclare ce qui suit : « Je voudrais simplement dire à l’Honorable Dassoundo et  aussi  à l’Honorable Quenum que ce n’est pas le moment d’être excessif dans les propos. Je ne voudrais pas porter un jugement de valeur sur ce qui s’est passé à l’hémicycle. Mais je voudrais simplement restituer la mission qui est la notre ici. Cette mission est de protéger les députés dans leur ensemble et en particulier le président de l’Assemblée Nationale contre toute agression pour son intégrité physique. Mais aucun militaire quel qu’il soit n’a jamais reçu l’ordre de qui que ce soit pour porter la main sur un député à moins que vous avez des preuves pour me contredire. Alors si le pays est embrasé, ce sera le fait des politiques toutes tendances confondues. Je suis désolé, ne dites pas que le colonel Adjaho en portera la responsabilité. Je ne porterai la responsabilité de quoi que ce soit et les politiciens du Bénin tout bord confondu en porteront la responsabilité. Si vous conduisez le pays dans la  déchéance, l’armée est là pour aviser. Donc, ne venez pas dans mon bureau pour me dire que j’en porterai la responsabilité. Excusez-moi d’avoir ce ton, c’est naturelle de mon coté, mais je ne porterai aucune responsabilité de ce qui s’est passé à l’hémicycle ou de ce qui se passe ailleurs dans le pays. Mais je dis et je réitère qu’aucun ordre n’a été donné à un militaire pour porter la main sur un député. Vous êtes libre de vous exprimer comme vous voulez. On n’est en démocratie et je crois que quant on n’est démocrate, on respecte l’un des principes fondamentaux qu’est l’expression. Mais dans l’hémicycle, nous avons le devoir de protéger tous le monde et de protéger particulièrement le président de l’Assemblée Nationale. S’il y  a agression ou on veut attenter à sa vie, nous avons le devoir de le retirer. Donc ne nous empêchez pas de le protéger. Mais nous ne sommes par là pour porter la main sur un député quel que soit son bord. Moi, je ne regarde aucun député ici par rapport à sa position politique, je vous le dis. Je ne connais ni mouvancier, ni opposant, je connais des Béninois qui ont été élus par des Béninois et qui sont à l’Assemblée Nationale et qui travaille pour le Bénin. Je suis un républicain dans l’arme et dans la formation. »

Léonel  EBO

Comments are closed.

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :