Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: février 22, 2011

BENIN : Mise en Garde du PCB contre le Pouvoir Tyrannique de Boni Yayi

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site : www.la-flamme.org

Le pouvoir de Boni YAYI dans son désarroi et sa hargne de frauder pour gagner les élections se trouve confronté aux dénonciations et luttes des travailleurs et de tout ce qu’il y a d’honnêtes dans le pays. En effet, on ne peut accepter la ruine de l’Ecole avec les N P E, les scandales CEN-SAD, Machines agricoles, etc. ;  on ne peut se taire contre le détroussement à travers l’affaire ICC-services de l’épargne des citoyens ; on ne peut se taire contre le bradage de Bénin-Télécoms vendu à moins d’une licence d’exploitation GSM ; on ne peut accepter les centaines de licenciements à la SONEB, à la SBEE, la précarité de l’emploi des ‘communautaires’ à la Santé pendant que des milliards sont gaspillés.

En plus de ces souffrances matérielles, on ne peut accepter les disparitions et enlèvements non élucidés  comme celui de DANGNIVO ou les assassinats crapuleux impunis.

Et enfin face à la privation de centaines de milliers de citoyens du droit de vote et l’exclusion arbitraire du Candidat de la Démocratie révolutionnaire et des Ecologistes, Philippe NOUDJENOUME, les travailleurs et les peuples disent NON à la fraude, à l’arbitraire et protestent de mille manières.

Le pouvoir de Boni YAYI pense, afin de faire taire les travailleurs et les peuples, s’en prendre directement à la sécurité et à la vie des responsables du Parti Communiste et des syndicats. Ainsi Gaston AZOUA et Paul IKO de la CSTB donnent l’insomnie à Boni YAYI et des menaces sont régulièrement lancées contre eux et leur famille. De même, régulièrement contre Laurent METONGNON, Secrétaire fédéral de la FESYNTRA-Finances, Fédération des Travailleurs du Ministère des Finances qui fait honneur à tous les travailleurs et au peuple béninois en maintenant depuis plus de 06 mois la mobilisation et les luttes pour que l’on retrouve Pierre Urbain DANGNIVO. Le Porte-parole du PCB, Jean Kokou ZOUNON fait l’objet régulièrement de menaces et d’intimidation par appels téléphoniques. Ces derniers jours, la hargne des hommes de Boni YAYI est montée d’un cran avec les menaces claires contre le Secrétaire Général de la CGTB, Pascal TODJINOU et sa famille lors d’une conférence des nervis et délinquants de Boni YAYI tels MEDJICO, Frédéric BEHANZIN, Fred HOUENOU.

Tout ceci lève le masque de Boni YAYI et de sa clique qui entendent faire taire le peuple pour se maintenir au pouvoir soit en gagnant par la fraude, l’achat de consciences et la corruption ou par la violence sur les combattants et/ou les deux à la fois.

Mais le PCB peut dire à Boni YAYI que toutes ces méthodes tyranniques sont vouées à l’échec ; que chacun de ses forfaits précipite davantage sa chute et creuse sa propre tombe. Les exemples de ses mentors Ben ALI et autre MOUBARAK sont là.

C’est pourquoi, le PCB dénonce les menaces fascistes de Boni YAYI et de ses sbires contre jean K. ZOUNON, Gaston AZOUA, Paul Essè IKO, Laurent METONGNON, Dieudonné LOKOSSOU, Pascal TODJINOU, etc.

Le P C B  appelle les travailleurs et le peuple à poursuivre leurs luttes contre la fraude pour chasser Boni YAYI de la tête de notre pays et instaurer le pouvoir des Travailleurs et des Peuples.

Cotonou, le 21 février 2011

Le Parti Communiste du Bénin

Manifestation contre la Lépi : La police béninoise arrête une marche d’opposants

La police béninoise a mis fin ce lundi à Cotonou à une marche de protestation contre la liste électorale permanente informatisée (LEPI), organisée par des militants de l’Union fait la nation (UN, opposition) qui voulaient se rendre à la Cour constitutionnelle.

Emmenés par Adrien Houngbédji, candidat de l’UN, Léhady Soglo, directeur de campagne du candidat de l’UN, Antoine Idji Kolawolé et l’ancien président Nicéphore Soglo, les marcheurs se sont ébranlés du Hall des arts pour la Cour constitutionnelle, soit un parcours de 10 km environ, en entonnant des slogans hostile au gouvernement de Yayi Boni. ‘’Nous ne voulons pas de cette LEPI truquée !’’, ‘’ Nous voulons des élections transparentes et non des fraudes électorales !’’, ‘’Yayi Boni veut tuer notre démocratie chèrement acquise en février 1990, avec sa LEPI tronquée !’’, étaient notamment les slogans déclamés à tue-tête par les marcheurs.

Ils brandissaient également des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : ‘’Nous sommes 1.300.000 citoyens béninois que Yayi Boni veut priver de droit de vote’’, ‘’Yayi Boni ! Le droit de vote est un droit, non seulement constitutionnel, mais aussi universel’’, ‘’Yayi Boni, les 1.300.000 électeurs béninois veulent exprimer leurs suffrages pour le candidat de leur choix lors du premier tour du scrutin présidentiel du 6 mars prochain’’. A quelques encablures du siège de la Cour constitutionnelle, ils se sont heurtés à un cordon sécuritaire constitué d’éléments de la Police nationale et d’agents de la compagnie républicaine de sécurité, armés de matraques, de kalachnikovs et de gourdins. Face à cet obstacle, Léhady Soglo, directeur de campagne du candidat Adrien Houngbédji, a pris la parole pour déclarer que ‘’la liste électorale permanente informatisée (LEPI), telle que réalisée par la commission politique de supervision (CPS), ne nous garantit aucune élection transparente’’.

Selon lui, l’examen des résultats provisoires arrêtés au 7 février dernier, jour de leur rencontre avec la CPS, n’est pas rassurant. ‘’Il n’est pas possible, a-t-il martelé, d’achever d’établir la liste électorale dans le respect des dispositions légales. Cette liste provisoire laisse hors du fichier électoral 1.390.544 personnes recensées et prive 365 000 électeurs de leur droit de vote alors même que ceux-là ont manifesté leur bonne volonté en allant s’inscrire dans les cahiers à la demande de la CPS’’. Les exclus ‘’représentent 10 pour cent des 3.425.849 électeurs retenus par la CPS, alors qu’ils n’ont aucune responsabilité dans la mauvaise organisation des opérations d’enregistrement et recensement’’, a déploré M. Soglo.

APA

BENIN: ET LE ROI ROBERT DOSSOU PARLA!

DOSSOU Robert s’est offert une émission télévisée le Dimanche 20 février 2011 à partir de 21h30. Le thème de l’émission est «Cour constitutionnelle: rôle et prérogatives».

Ce long monologue de plus d’une heure et demie d’horloge où DOSSOU Robert s’est donné en spectacle, peut être classé en les rubriques que voici.

Premièrement: Affirmation d’un pouvoir autocratique tiré de la Constitution

Dès l’entrée, Robert DOSSOU campe le décor à travers les articles 114 et 124 de la Constitution. «La Cour constitutionnelle est la plus haute juridiction de l’Etat en matière constitutionnelle. Elle est juge de la constitutionnalité de la loi et elle garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Elle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics»

L’article 124 dispose que «Une décision déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application- Les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours…» Partant de ces prémisses, Robert DOSSOU avec une arrogance et un mépris total vis-à-vis du peuple souverain tient les propos que voici: «La Cour a pour prérogative de veiller au bon fonctionnement des pouvoirs publics quels qu’ils soient. Si une institution ne marche pas la Cour doit l’obliger à fonctionner». Et comme exemple il brandit la décision constitutionnelle de 2001 où la Cour s’est substituée aux députés pour le choix des membres de la CENA pour se «conformer à la configuration du parlement». Cela pour justifier la décision du 14 février 2011 demandant aux députés de changer les secrétaires parlementaires. «C’est ainsi dit-il et quiconque le conteste est en dehors de la Constitution». DOSSOU le Roi a dit et il faut se taire sous peine d’excommunication, puisque «Les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours». Il s’agit là d’un véritable pouvoir au-dessus des pouvoirs, au-dessus des organes de souveraineté que sont le parlement et le gouvernement. Ce qui est proprement inacceptable pour une démocratie et nous renvoie dans les bas-fonds du gouvernement des juges. C’est dire que les élaborateurs de la Constitution de 1990 ont par ces dispositions confisqué la souveraineté populaire. Et DOSSOU qui en est un, sait de quoi il parle.

Deuxièmement: DOSSOU Robert avoue qu’il fait de la politique.

Aux questions pressantes des journalistes sur le fait curieux que depuis son arrivée à la tête de la Cour toutes les décisions prises par cette institution sont favorables à un camp: le camp présidentiel, DOSSOU Robert tout en pérorant sur la soi disant indépendance des membres de la Cour déclare: «Oui la Cour intervient dans le champ politique, j’ai mes convictions et je suis un homme de conviction et personne ne peut me les enlever; un homme sans conviction est insipide». Toutes les autres affirmations sur le fait que: « les décisions que nous prenons à la Cour sont toujours fondées en droit je mets quiconque au défi de lui prouver le contraire», ne sont que purs mensonges que démentent les faits de tous les jours. «Est-ce dire le droit lorsque la Cour constitutionnelle se base sur une loi, celle 2009-10 du 13 Mai 2009 portant organisation du RENA pour invalider une autre loi, celle 2010-33 portant règles générales des élections en République du Bénin? Est-ce dire le droit que d’ériger en norme constitutionnelle ses propres décisions faisant ainsi de l’autoréférence?».

Troisièmement: Mépris du peuple à commencer par les députés.

Pour Robert DOSSOU «Les gens peuvent raconter ce qu’ils veulent, nous à la Cour on s’en fout», il l’a répété au moins dix fois. Les protestations populaires qui fusent de partout sur la Cour qui conduit tout droit le pays dans l’impasse? Robert DOSSOU s’en fout. Les Béninois n’ont qu’à dire ce qu’ils veulent, la Cour n’en a que faire et de conclure «nous n’allons pas construire un «Etat de rue ou un Etat de chienlit». Ainsi DOSSOU Robert traite-t-il du peuple et des mouvements insurrectionnels comme ceux actuellement en cours dans le monde. Quant aux députés, ils n’ont pas le droit de venir «perturber les membres de la Cour dans leur lieu de travail»

Quatrièmement: DOSSOU réaffirme sa volonté de conduire le pays dans la couverture de la fraude aux élections frauduleuses le 06 mars 2011.

Malgré ces «silences» DOSSOU Robert a été clair: «Il faut respecter les délais constitutionnels. Ce sont les députés eux-mêmes qui ont voté la loi sur la LEPI» proclame-t-il sans ajouter que les députés qui ont voté la loi sur la LEPI sont libres d’en voter une autre dérogatoire. Ce que refuse obstinément la Cour de DOSSOU Robert conduisant le peuple vers des élections complètement frauduleuses excluant plus d’un million de personnes pour favoriser un candidat, YAYI Boni.

Au total, DOSSOU Robert tout en évitant de répondre aux questions brûlantes sur l’impasse dans laquelle ses décisions ont plongé le pays ne fait pas mystère de sa position. Il a parlé, on doit se plier. On croit entendre Louis XIV avec sa fameuse phrase «L’Etat c’est moi» ou « Tel est notre bon plaisir» Tel est le bon plaisir de Robert et il faut que le peuple se taise pour qu’il nous donne le président de la République de son choix le 06 avril prochain. Et la souveraineté populaire? DOSSOU Robert prétend n’être jamais mêlé à aucune magouille. Qu’il trompe qui il veut, mais il est bien connu comme traitre à la cause populaire et indicateur de la police politique depuis la période du PRPB-KEREKOU.

Le peuple avisera.

Cotonou, le 21 février 2011

Le Parti Communiste du Bénin

BENIN : Il y a les émergents … et les diables…

Le bien et le mal. Tous ceux qui ne croient pas au Changement, à l’émergence économique, à la croissance à deux chiffres, à la révolution agricole, aux industries tous azimuts ? Des malfaisants ! Toujours cette rhétorique propagandiste sur l’essence divine du Changement dont la transgression expose les contrevenants à la colère de Dieu. La faute donc aux mécréants qui médisent de l’œuvre salvatrice du docteur-président. Même si au bout de 5 ans, le bonheur s’est transformé en une immense psychose sur tout le pays. Oui ! La faute indubitablement à tous les anti-Yayi qui n’y ont pas cru. Eux, suspects N°1 de la prétendue agression contre le convoi présidentiel en pleine campagne législative déjà en 2007 à la hauteur de Kilibo. Qu’on soupçonnait d’arpenter les chancelleries et les médias internationaux dans le seul but de jeter du discrédit sur l’équipe en place dès avril 2006. Soupçonnés d’être des frères de village des faux placeurs, sponsors des meetings de soutien au chef de l’Etat. Le très émergent député Benoit Dègla se fera plus précis le 27 septembre 2010 par une déclaration solennelle au palais des gouverneurs. Les opposants, selon Dègla ? Une bande de maquisards en relation avec des mercenaires et des rebellions armées de la région. Pire des trafiquants d’armes de guerre !

L’inamovible conseiller du chef de l’Etat, Amos Elègbè en a rajouté une couche avec sa célèbre prédiction : « la guerre civile en cas d’élection sans la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Décryptage : le pouvoir n’accepterait pour rien au monde l’organisation des élections sans ce machin. Au pire des cas, il serait prêt à lancer une guerre civile implacable. Le discours sort volontairement de l’adversité classique pour entrer de plain-pied dans la belligérance armée. La Marina n’entend faire aucune concession aux anti-Yayi, au risque d’aller à une « guerre civile ». Au moins, à ce niveau, Amos Elègbè n’entretient aucune confusion sur l’identité du camp qui est prêt à déclencher les hostilités ; il s’agit bien de sa mouvance qui préfère le conflit à toute autre alternative à la ligne exigée par le candidat Yayi.

Or pour faire la guerre il faut un territoire et des troupes. Un déficit comblé finalement en deux temps. D’abord, le ministre Nicaise Fagnon, en éclaireur, ne se gêne pas pour planter le drapeau du Yayi-land à la hauteur de Dassa-Zoumè. Au-delà, vers le sud, le « là-bas » dont parlait le ministre Saka Lafia. A l’occasion de la tournée de mobilisation dans le septentrion considéré comme une levée de contingents du généralissime, ministre de l’Energie et de l’eau. Il lui fallait galvaniser la troupe, mais cette fois-ci, la patrie c’est la région, celle de la minorité qui ne doit pas se laisser voler le pouvoir par la majorité. Une fatalité qui risque de durer près de 50 ans selon des prévisions que le chef de troupe dit avoir lu dans un document dont il a le secret.

En gros, les émergents n’envisagent visiblement plus de vivre sous la même bannière, sur le même territoire voire dans le même pays que les autres. Pire de se voir diriger par ceux qui les ont empêchés de passer les marchés grè à gré à tour de bras, de détourner l’argent de l’Etat, de protéger des faux placeurs ou de se soustraire des suffrages d’une grande partie des victimes de Icc-Services exclues du processus électoral. Autant faire l’option de la guerre et imposer une liste électorale totalement « pourrie ». « On gagne ou on gagne » dirait l’autre ; les yayistes ajouteraient : « premier tour K.O. ». À voir la démonstration d’armes et de munitions de la milice Fcbe dans les rues de Parakou, le 20 février 2011 et le diktat de la Cour constitutionnelle, on comprend pourquoi le candidat président n’a pas jugé utile de se doter d’une direction, d’une équipe de campagne ou d’élaborer un projet de société. C’est plus simple de dresser ses prétendus frères contre les gens de « là-bas ».

L’enfer pour tous les Béninois réfractaires au Changement version Yayi…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Côte d’Ivoire : Fermetures des banques – Les Banques Ivoiriennes prêtes à relever le défi

Je suis très ému ce matin par votre grande mobilisation à cette rencontre visant à vous informer que la Bicici est désormais dans le giron de l’Etat. Je suis venu vous inciter à la reprise du travail, à répondre à l’appel de la nation et vous assurer de la détermination de l’Etat à tout faire pour que cet établissement bancaire reprenne immédiatement ses activités ». Ces propos ont été tenus, hier, aux environs de 11 heures, au personnel de la Bicici par le ministre de l’Economie et des Finances, Désiré Dallo, à la salle de conférences de la Cerrae au Plateau. Accompagné du ministre délégué au Budget, Justin Koné Katinan, l’argentier du gouvernement a tenu à dire ouvertement aux agents de la Bicici, nationalisée jeudi dernier par décret présidentiel, que la fermeture de cet établissement sans préavis, ni information ouvre la voie d’un challenge pour chacun d’entre eux. «Vous êtes là nombreux –plus de 200 agents – pour relever avec l’Etat, le défi imposé à la Côte d’Ivoire. Votre forte mobilisation est rassurante. Merci d’être restés en contact avec le ministre Katinan», a-t-il également renchéri à l’endroit du personnel qui était conduit par le directeur des ressources humaines et porte-parole, Abou Kouaho. Le ministre reconnaît qu’il y a des problèmes techniques, mais ceux-ci vont être rapidement résolus pour permettre aux épargnants de pouvoir faire des opérations dans les plus brefs délais. «L’Etat fera tout pour que la banque dont il a totalement pris possession redémarre ses activités», a-t-il insisté le sous un tonnerre d’applaudissements. Il a, en outre, informé le personnel d’une décision imminente de nomination d’un nouveau responsable pour conduire les activités de la banque. Après l’ouverture de cette rencontre, le ministre Désiré Dallo a eu, dans la même matinée de lundi, une importante réunion avec l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (Apbef-Ci) conduite par son président, Jacob Anematekpo, et les directeurs généraux des banques ivoiriennes que sont la Bni, la Bfa, la Bhci, Versus Bank, la Cnce (Caisse d’épargne). Objectif, échanger avec ces professionnels de la situation provoquée par la fermeture en série des banques internationales, à l’exception (en cas jusqu’à hier) de la Bridge bank. Il en ressort que sur les 20 banques compte le pays, aujourd’hui, seules les 6 banques à capitaux majoritairement ivoiriens fonctionnent. Ce sont d’ailleurs elles qui vont accueillir les fonctionnaires et agents de l’Etat «abandonnés» par les banques internationales dont notamment la Sgbci et la Bicici qui cumulaient à elles seules plus de 80 600 fonctionnaires. Ces banques ivoiriennes s’organisent, au dire de leurs dirigeants, à gérer au mieux les salaires d’au moins 20 000 fonctionnaires et agents de l’Etat que chacune accueille. «Nous sommes prêts mais il faut renforcer l’aspect sécuritaire parce que c’est un flux inattendu», ont dit, presqu’en chœur, les banquiers ivoiriens. Lesquels entendent travailler en synergie pour relever ce défi et surtout, pour minimiser certaines charges liées aux investissements en logistiques. Dans cette option, des structures comme la Cnce comptant un réseau de 160 agences dont 101 fonctionnelles actuellement peuvent jouer un rôle indispensable. En tout état de cause, « ces banques ivoiriennes vont s’adapter en termes d’investissements en logistiques et en recrutement de ressources humaines», a annoncé le ministre Dallo dans un entretien à nous accordé.

Cependant, les six banques susmentionnées ont exprimé au ministre les problèmes de soldes de compensation laissés par les banques qui ont fermé et lui ont demandé que des solutions y soient apportées par la Bceao Côte d’Ivoire. Ce à quoi, il a promis de s’y atteler aussitôt. Non sans indiquer que la défection des banques internationales amène à se poser la question sur le rôle de l’Etat dans le système financier de la Côte d’Ivoire. Pour le ministre de l’Economie et des Finances qui a saisi cette occasion pour dire que « pour l’instant, les encaisses (argent disponible) permettent d’assurer le fonctionnement normal de l’Etat», il faut mettre en place «un pôle financier de l’Etat pour éviter d’être soumis aux aléas politiques», c’est-à-dire ces fermetures de banques qui ne reposent que sur des considérations politiques et non techniques.

Parlant de ces fermetures, Justin Koné Katinan qui en est révolté comme bien d’autres Ivoiriens, les a qualifiées «d’actes racistes posés par les responsables de la Bicici et de la Sgbci ». C’est pourquoi, s’adressant à la suite du ministre Désiré Dallo, aux agents des deux banques qu’il a, à son tour rassurés hier (le matin, ceux de la Bicici et l’après-midi, ceux de la Sgbci), il a dit : «C’est vous qui avez fait ces banques, qui avez contribué à les enrichir. Montrons que nous avons en Côte d’Ivoire toutes les compétences humaines requises et que nous sommes capables de faire fonctionner ces banques sans ces dirigeants qui ont abandonné et qui ont mis dans l’embarras les épargnants».

Au cours de cette rencontre, le ministre délégué au Bulget a annoncé aux agents des banques, et particulièrement à ceux de la Bicici, le paiement, ce jour-même de leur salaire au siège de leur banque. Une autre nouvelle qui a arraché un tonnerre d’applaudissements à ces employés dont les emplois ont été sauvés de justesse par le Président Laurent Gbagbo qui a pris le décret de prise de participation totale dans le capital de la Bicici.

Pour les autres épargnants des deux grandes banques nationalisées, ils devraient, ce jour ou demain, pouvoir faire leurs opérations aux guichets de leur banque. Mais tout commencera par les sièges et progressivement l’opération s’étendra aux agences selon leur importance. Ces nationalisations de la Bicici et de la Sgbci elles définitives ou pourrait-il avoir un retour de ces banques dans leur configuration ancienne ? « Pour nous, il n’est plus question qu’une banque appartienne désormais à 100% à l’étranger », a coupé le ministre Katinan.

Notons à toutes fins utiles qu’au cours des échanges que le ministre de l’Economie et des Finances, Désiré Dallo, a eus avec l’Apbef-Ci, la nécessité pour ces banques ivoiriennes d’engager une communication grand public, mais aussi une autre en direction des opérateurs économiques et épargnants particuliers afin de les assurer de la continuité de leurs activités et rallumer la flamme de la confiance entre ces catégories socioprofessionnelles et le système bancaire ivoirien s’est posée.

GOORÉ BI HUÉ, Fraternité matin d’Abidjan

Révolution au Maroc : Le roi du Maroc tient un discours de fermeté aux manifestants

Le roi Mohamed VI a déclaré lundi qu’il ne cèderait pas à « la démagogie et à l’improvisation » au lendemain de manifestations qui ont rassemblé des milliers de Marocains demandant que le souverain rétrocède une partie de ses prérogatives à un nouveau gouvernement élu. Lire la suite l’article

Le monarque, qui venait de présider une cérémonie d’installation d’une centaines de nouveaux membres du Conseil économique et social, a ajouté que l’édification d’une véritable démocratie devrait aller de pair avec un développement humain durable.

« En installant le Conseil économique et social, nous donnons une forte impulsion à la dynamique réformatrice que nous avons enclenchée (…). Ce faisant, nous avons constamment veillé à ce que la construction d’une démocratie effective aille de pair et en concomitance avec le développement humain durable », a-t-il dit selon l’agence de presse officielle Map.

« (…) nous nous sommes constamment refusé à céder à la démagogie et à l’improvisation dans notre action visant à consolider notre modèle singulier de démocratie et de développement », a ajouté le roi.

Lundi, le ministère de l’Intérieur a fait état de manifestations, la veille, dans 53 villes et agglomérations du pays réunissant en tout 37.000 personnes. Les organisateurs ont évoqué quant à eux 300.000 participants dans tout le royaume.

Le Maroc est officiellement une monarchie constitutionnelle avec un Parlement élu mais le roi, par ailleurs Commandeur des croyants, détient le pouvoir constitutionnel de dissoudre l’assemblée et d’imposer un état d’urgence. Il exerce aussi un forte influence sur la désignation des membres de l’exécutif, y compris la nomination du Premier ministre.

Dans son discours, le monarque a redit son attachement à des réformes « structurantes », mais dans le cadre du « modèle marocain ».

« Notre volonté est inébranlable d’aller de l’avant dans la concrétisation du modèle marocain, dont nous réaffirmons le caractère irréversible.

« (…) nous ne nous contenterons pas d’en préserver les acquis, mais nous entendons plutôt le consolider par de nouvelles réformes, et ce, dans le cadre d’une profonde symbiose et d’une totale synergie entre nous-mêmes et toutes les composantes de notre peuple ».

Il a ajouté: « Avec la même volonté, nous sommes attachés à la poursuite de la réalisation des réformes structurantes, suivant une feuille de route dotée d’une vision et d’objectifs clairement définis, et fondée sur l’étroite symbiose entre le trône et le peuple.

« Notre but ultime est d’assurer à tous les Marocains les conditions propices à l’exercice d’une citoyenneté digne, dans le cadre d’un Maroc avancé, solidaire et jouissant de son unité et de sa souveraineté pleines et entières ».

Souhaïl Karam; Jean-Loup Fiévet pour le service français

Gabon : La police disperse une manifestation à Libreville

La police a dispersé ce lundi, une manifestation des partisans de l’ancien Secrétaire Exécutif de l’Union Nationale (UN opposition gabonaise) Mba Obame, engagés dans une opération dénommée « Gabon mort » conformément à un appel lancé le week-end dernier par ces derniers visant « à déloger dès ce lundi 21 février » le président Ali Bongo Ondimba, a constaté à Libreville le correspondant d’Afriscoop.

Après l’opération des tracs et des sms téléphoniques du week-end dernier dans lesquels ils invitaient le peuple gabonais et l’armée à entrer en grève générale dès ce 21 février et ce jusqu’à la démission d’Ali Bongo Ondimba, les partisans d’André Mba Obame, qui s’est autoproclamé président de la république le 25 janvier dernier, ont été dispersé par la police dans les quartiers de la capitale gabonaise.

Cette action des forces de l’ordre, tournée beaucoup plus vers l’intimidation a tout de même fait quelques dégâts au sein des manifestants. En effet, on note quelques blessés légers dû à la panique ou aux coups de matraque.

On pouvait lire sur les tracs distribués à Libreville la semaine dernière par les supporters de Mba Obame, « le 21 février 2011, comme un seul homme, le peuple doit se mobiliser pour chasser l’imposteur 21 février 2011, Ali doit quitter le pouvoir, de gré ou de force. 21 février pour briser les chaînes de la dictature héréditaire »

« Armez-vous de courage et de patience car la lutte sera longue et difficile », pouvait conclure le trac.

Réfugiés depuis le 25 janvier 2011, dans les locaux du PNUD à Libreville, André Mba Obame et les membres de son gouvernement parallèle devront être jugés, selon les autorités du pays.

Le procès de leurs supporters, accusés d’actes de vandalisme dans certains quartiers de Libreville (Nkembo dans le 2ème arrondissement et Rio dans le 3ème arrondissement de la capitale gabonaise), qui devaient avoir lieu la semaine dernière a été renvoyé au 24 février prochain sous la demande de la partie défenderesse qui voudrait réunir un peu plus d’éléments pour son dossier.

AfriSCOOP Libreville

Les Gabonais des USA lancent un “Manifeste pour une insurrection généralisée au Gabon”

L’appel suivant de la Communauté Gabonaise des Etats-Unis, celle impliquée dans la lutte pour un Gabon nouveau, est à distribuer partout où nécessaire. Le PDF de ce document est accessible sur ce lien.


MANIFESTE POUR UNE INSURRECTION GENERALISEE AU GABON

Appel des Gabonais des Etats-Unis aux Hommes Politiques et à la Société Civile
MOMOH. CETTE FOIS. LES BONGO DOIVENT PARTIR. MARS 2011 ?

TUNISIE  2011: Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, jeune Tunisien de 26 ans et vendeur ambulant de fruits et de légumes dont la marchandise avait été confisquée par les autorités, pour protester, s’asperge d’essence et s’immole par le feu devant le siège du gouvernorat de sa municipalité de Sidi Bouzid. Les Tunisiens de la diaspora sont indignés par cette énième forfaiture du régime Ben Ali. Ils utilisent Internet pour diligenter la protestation avec leurs compatriotes du pays. Les Tunisiens se soulèvent et disent, « Momoh. Pas cette fois ». C’est l’insurrection. Le 14 janvier 2011, c’est-à-dire 29 jours seulement après le début de la révolte, le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali dégage et prend la fuite. Ce triomphe du peuple, c’est la Révolution tunisienne de janvier 2011.

EGYPTE  2011: Le peuple égyptien, confronté au chômage chronique et à la corruption, avec en toile de fond une dictature militaire qui, depuis 1967, réprime la liberté d’expression et se livre à la torture et aux brutalités policières, n’en peut plus. De la diaspora, des Egyptiens utilisent Internet pour coordonner avec leurs compatriotes du pays une « Journée de la colère » pour le 25 janvier 2011. Le peuple se soulève pour dire « Momoh. Pas cette fois ». C’est l’insurrection. Des grèves éclatent partout. Tous les secteurs sont touchés : transport, banques, pétrole, textile, sidérurgie, Bourse, chemins de fer, poste, médias, hôpitaux, fonction publique et, même, la police. Le 11 février 2011, c’est-à-dire 18 jours seulement après le début de l’insurrection, Hosni Moubarak (30 ans au pouvoir) est renversé par l’armée. Ce triomphe du peuple, c’est la Révolution égyptienne de février 2011.

GABON 2011 : Le peuple gabonais, comme les peuples tunisien et égyptien, est confronté depuis 44 ans aux exactions des Bongo qui ont instauré dans le pays un régime de monarchie où le pouvoir se transmet désormais de père en fils. Entre Papa Bongo (42 ans au pouvoir) et Ali Bongo (qui vise 28 ans au pouvoir??), le Gabon est en passe d’être dirigé par la même famille pendant 70 ans !!!! Pire, le pays vit actuellement une résurgence despotique marquée par le règne de la terreur : suppression de la liberté d’expression et de circuler, arrestations arbitraires, jugements politiques sommaires, dissolution abusive de partis politiques, épuration ethnique dans les administrations publiques, disparitions d’activistes, intimidations et brutalités policières. Le peuple gabonais n’en peut plus. Alors, le triomphe du peuple gabonais, c’est la Révolution gabonaise de 2011 ?!? Pourquoi pas ? Qui a peur des Bongo dans ce pays ?

Mais pourquoi les leaders de l’opposition sont-ils toujours prompts à négocier des compromissions au rabais avec le pouvoir, et à toujours ramener le pays au point zéro ? Rénovation zéro. Conférence nationale zéro. Démocratie zéro. Accords de Paris zéro. Accords d’Arambo zéro. Elections zéro. Refondation zéro. Emergence zéro. Combien d’accords zéro faut-il pour que nous comprenions que rien de bon ne peut se passer au Gabon tant que les Bongo sont au pouvoir ? Quand nos leaders comprendront-ils que le changement au Gabon ne viendra ni par les urnes ni par la bonne volonté d’une famille Bongo trop animalisée pour comprendre les douleurs d’un peuple en souffrance ?

Pierre Mamboundou est déjà en campagne électorale et, avec le soutien de l’UPG et de l’ACR, est en discussion ouverte pour le partage du pouvoir avec Ali Bongo. Pourquoi ? L’UN, parti récemment dissout, et les membres de la Coalition des Partis Politiques pour l’Alternance (CPPA), malgré le désir pourtant avéré des Gabonais d’en découdre et d’en finir avec les Bongo, sont déjà en posture de négociation avec Ali Bongo. Pourquoi ?

La biométrie n’a jamais garanti la transparence des élections, encore moins la victoire de l’opposition. C’est un faux débat. Les listes électorales fiables sont également un faux débat car inutiles dans un système construit autour de la fraude et dont la Cour constitutionnelle peut à tout moment déclarer des résultats autres que ceux sortis des urnes. Seule une Réforme globale des institutions dans le cadre d’une conférence nationale souveraine garantirait la démocratie au Gabon. Il faut refondre la constitution, avec au bout de nouvelles élections présidentielles et législatives anticipées. Toute réforme et toute négociation qui n’auraient pas pour but le départ des Bongo est inacceptable pour le peuple.

Les Bongo se croient plus forts que le peuple. Ils se trompent. Ils ne connaissent pas les vrais Gabonais.

Il arrive dans la vie de toute nation un moment clé de son existence où l’impératif de convergence des aspirations du peuple en vue de l’affirmation de l’intérêt national s’impose. Ce moment est là. Ce moment nous interpelle tous. La diaspora des USA opte résolument pour une Révolution en bonne et due forme au Gabon. Elle soutient tous actes insurrectionnels d’où qu’ils viennent. Elle appelle à l’ingouvernabilité permanente au Gabon. Personne ne laissera un biafro imposturé prendre en otage les vrais Gabonais. Le Gabon n’appartient pas aux Bongo.

La Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique du 4 juillet 1776 dit que « tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. (…) Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. (…) Lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de (…) soumettre [les hommes] au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement (…) ». Les Déclarations françaises des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et 1793 disent que « tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l’exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force (…) », et que « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré et le plus indispensable des devoirs ».

Ainsi, nous, Gabonais des Etats-Unis opposés à l’arbitraire des Bongo proposons la création urgente d’un Conseil National de la Résistance pour les besoins de la coordination et de l’amplification de la Révolution actuellement en gestation au Gabon ; demandons instamment aux hommes politiques et de la société civile au Gabon comme dans la diaspora d’arrêter toute négociation avec le régime et de contribuer, dans ce cadre, à la coordination, fédération, consolidation et nationalisation des aspirations du peuple pour un changement immédiat par le moyen de l’insurrection. Comme en Tunisie, comme en Egypte. Si les autres peuples le peuvent, pourquoi pas les Gabonais ?

A Monsieur Mba Obame, à l’Union Nationale et au CPPA, nous demandons  l’arrêt immédiat de toutes négociations courantes ou futures avec le régime des Bongo et l’adoption de stratégies communes et nationales visant à attiser le feu de l’insurrection qui couve actuellement au Gabon ; pour que les actes posés jusque-là ne soient plus perçus comme des actes concernant uniquement Mba Obame et l’Union Nationale, nous demandons la nationalisation immédiate et urgente du débat insurrectionnel : le message doit être celui non seulement d’une plus forte et plus totale fédération et mobilisation des forces vives de la nation (politiques, associatives, syndicales, estudiantines, villageoises, etc.), mais également celui du « maintenant ou jamais » qui engagerait le peuple. La diaspora gabonaise aux USA et ailleurs est prête à y contribuer dans le cadre du Conseil National de la Résistance dont nous proposons ici la création urgente.

A Monsieur Pierre Mamboundou, à l’UPG et à l’ACR, nous demandons le dépassement et l’abnégation. Nous voulons non seulement l’arrêt des négociations avec la dictature en place, mais surtout une déclaration forte rendant caducs les pourparlers et compromissions entre l’UPG/ACR et le régime des Bongo. En vous reposent, en ce moment crucial de l’histoire du Gabon, l’avenir du pays. Que vous le vouliez ou pas, la constellation UPG/ACR détient, au minimum, le 1/3 de la force sociologique du Gabon, au même titre que la constellation UN /CPPA, qui détient, au minimum, l’autre 1/3. Le seul impératif doit être, non pas de participer à une énième élection ingagnable et perdue d’avance, mais de tout faire pour défaire les Bongo. Faisons-le dans le cadre du Conseil National de la Résistance proposé. N’allez pas à contre-courant des aspirations du peuple. Ne choisissez pas les Bongo au détriment du peuple.

Aux pédégistes qui soutiennent Ali Bongo : vous souffrez tout autant de la mauvaise gestion des Bongo que le reste des Gabonais. Vous crevez dans les mêmes vieux hôpitaux mouroirs que le reste du peuple. Les Bongo et leurs complices eux vont se faire soigner en Europe aux frais de votre sang. Ils s’offrent même le luxe d’aller mourir comme des rats en Espagne. Les Bongo empêchent même vos enfants de rêver de devenir un jour Présidents du Gabon. Ils ont juré que tant qu’un Bongo sera vivant, aucun autre Gabonais, même du PDG, ne peut accéder au pouvoir. Cela nous révolte. Rejetez le bongoïsme et rejoignez le reste des Gabonais pour dire aux Bongo : « Momoh. Pas cette fois ».

Aux corps armés gabonais, au Parlement et à la Cour constitutionnelle, nous disons que le jour où Monsieur Ali Bongo Ondimba est allé se mettre à genoux comme un crapaud apprivoisé aux pieds des Francs-Maçons français pour proclamer, dans la vidéo que tout le monde a vue sur Internet, qu’il ne servira que leurs intérêts, il a commis un odieux crime contre la République et la Constitution. Sa déclaration d’allégeance exclusive aux Francs-Maçons constitue non seulement une humiliation nationale, mais aussi une répudiation sans équivoque de son serment à la République gabonaise, serment qui exige une seule loyauté, la loyauté envers la République et le peuple gabonais. Dès lors, Ali Bongo doit être mis aux arrêts et condamné pour crime de haute trahison. Le Conseil National de la Résistance vous appelle au patriotisme, à l’affirmation de l’état de droit. Rejetez le bongoïsme et choisissez le Gabon.

Aux syndicats et groupements de la société civile : arrêtez d’appeler au dialogue avec un régime qui s’y refuse depuis 1967. Le peuple attend de vous une radicalisation et, surtout, une politisation de votre discours, comme l’ont fait les Tunisiens et les Egyptiens. L’histoire du Gabon le montre : quand les syndicats et la société civile ont politisé leur discours dès 1989, et ce malgré le parti unique, Omar Bongo a cédé et accepté le principe de la conférence nationale. Le discours insurrectionnel doit être tenu par tout le monde, comme en 1990, sans relâche, sinon on échouera. Formons ensemble le Conseil National de la Résistance. Fédérons, nationalisons le débat, en vue de l’insurrection du peuple.

Aux étudiants et à la jeunesse gabonaise des universités, lycées, collèges et écoles, nous lançons un appel à la mobilisation. Vous souffrez du manque de paiement régulier de vos bourses déjà maigres face à la vie chère du Gabon et d’ailleurs ; vous vous débattez dans des structures éducationnelles vétustes et honteuses ; vos parents et vous-mêmes subissez le coût exorbitant des études, la faillite du système éducatif gabonais et des frustrations diverses qui viennent compliquer vos vies au moment où, pourtant, vous vous apprêtez à prendre la relève de vos aînés dans la gestion de la chose publique. Mais le régime Bongo vous a fermé l’horizon et a animalisé vos aspirations. Il est donc temps, comme en 1990, de vous lancer dans le combat pour la libération nationale finale. La grève que vous lançâtes en 1990 fut le déclencheur des grands événements qui apportèrent la conférence nationale et le multipartisme au Gabon. Votre rôle est encore plus nécessaire aujourd’hui qu’hier. Ne décevez pas la nation. Ne décevez pas vos propres aspirations. Organisons ensemble l’ingouvernabilité permanente au Gabon, pour que cesse le règne animal des Bongo.

Obama l’a dit en 2010 : Il soutiendra la jeunesse africaine si cette jeunesse lui montre qu’elle veut la liberté, la dignité. En Egypte, Obama a lâché un allié de 30 ans de l’Amérique quand les jeunes ont dit, en seulement 18 jours, « Moubarak. Momoh. Pas cette fois ». Au Gabon, nous devons aussi tous dire : « Ali Bongo ? Momoh. Pas cette fois ». Obama attend. Nous, on attend quoi ?  Gabon. Mars 2011. Pourquoi pas ? Vive le Gabon des vrais Gabonais. Vive le Gabon des jeunes et des patriotes qui disent qu’ils sont fatigués, qu’ils en ont marre des animalités des Bongo.

Fait le 19 février 2011 à Montclair, New Jersey, Etats-Unis d’Amérique.
(Prière de distribuer sur toute l’étendue du territoire national et partout où nécessaire)

Source: Bongo Doit Partir (http://www.bdpgabon.org)

L’appel de la Communauté Gabonaise des Etats-Unis est à distribuer partout où nécessaire. Le PDF de ce document est accessible sur ce lien.

De Tunis à Mexico : La Diplomatie Française en Chute Libre

Par quelque bout qu’on prenne la diplomatie française depuis l’avènement de Nicolas Sarkozy au pouvoir, elle n’apparaît pas en tout cas comme le domaine qui inscrira le président français au Panthéon des grands hommes d’Etat français. Il a eu pourtant sur ce plan, beaucoup d’initiatives importantes pour se tailler une enveloppe d’homme d’Etat international.

COMPLICITES DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE


Ben Ali et Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Felipé Calderon

Avec les USA, ça n’a pas vraiment marché, la lune de miel. On a tôt fait de lui rappeler que la grandeur d’un homme d’Etat se mesure à la grandeur de son pays et que l’amour platonique n’existe pas entre Etats.

Avec l’Europe, on a fait mine, par politesse, d’accepter son activisme mais finalement, il est vite apparu agaçant, même pour les plus accommodants comme Angela Merkel et il a dû quelque peu rentrer dans ses petits souliers.

Avec les pays émergents, on ne peut pas dire qu’il ait trouvé un créneau pour panser ses déceptions et mieux faire valoir ses ambitions. La plupart de ces pays ont l’œil rivé sur un futur où ils voient la France derrière eux, et lorsque dans ce lot, on s’appelle la Chine, on peut même se permettre des vexations sans s’attirer ni colère ni remontrance. La Guerre de l’opium, c’est bien loin !

L’Afrique apparaissait par contre le territoire où la diplomatie française espérait, même en recourant à la politique de la canonnière, préserver ses zones d’influence. Mais la Coloniale n’est plus ce qu’elle était ! Et cette mutation s’exprime de mille manières.

Dans les pays arabes,  la révolution qui gronde n’est rien moins qu’une forme de désaveu de la communauté internationale et particulièrement de la France et des USA. Si ces pays arabes sont devenus ce qu’ils sont (des zones de dictature où l’arbitraire aidant, le sang a fini par couler) c’est bien parce qu’on a développé en ce qui les concerne, des théories les plus bizarres, les encourageant à évoluer dans la marginalité démocratique. Ces pays, disait-on, n’ont pas vocation naturelle à vivre en démocratie : il y a comme incompatibilité structurelle entre Islam et démocratie.  D’ailleurs, ils réussissent finalement bien, affirmait-on, dans leur type de gouvernance car finalement, de quoi ont besoin les peuples d’Afrique (du Maghreb ou de l’Afrique au sud du Sahara) sinon que de nourriture, d’éducation, de soins de santé ? Les  libertés formelles ne nourrissent pas tant que ça son homme ! Et on faisait les louanges à n’en plus finir d’un Ben Ali, d’un Moubarak…  joignant même la parole à l’acte, on aidait ces pays « exemplaires » à maintenir le rythme de croissance et la stabilité grâce à des livraisons d’armes, de matériel de surveillance et de maîtrise des faits d’émeute.

Les Tunisiens, les Egyptiens et les autres peuples arabes qui sont en train de suivre leur exemple, disent aujourd’hui à la communauté internationale, ceci : « Vous êtes les auteurs moraux, les commanditaires de ce qui nous arrive. Vous nous avez encouragés à ne pas pratiquer la démocratie, vous nous avez armé pour réprimer ceux qui la revendiquaient, vous avez recélé les fonds détournés par les dictateurs et planqués dans vos banques ; tout ça pour les besoins de vos propres croissances. Vous êtes donc aujourd’hui comptables de ce qui arrive à nos pays comme le sont les dictateurs que vous avez longtemps maintenu au pouvoir ». C’est ça la vérité.

DIFFICILE RECONVERSION DEMOCRATIQUE

Si très vite, les USA en ont tiré les leçons, mettant fin aux célèbres impairs du vice-président Joe Biden et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton (qui tentaient encore de venir en aide à l’Ami Moubarak pour changer de cap en se convertissant à la vitesse de la mouche du coche en défenseur de la démocratie voire même en instigateur), en France, la reconversion a été lente et difficile. Les impairs se sont multipliés et les découvertes de connexion jusqu’aux derniers jours de dictature,  ne pouvaient que compliquer les choses.

C’est alors qu’en interne, l’Affaire Laetitia  est arrivée. En prenant à bras le corps ce dossier, en montrant le souci du pouvoir vis-à-vis de ce secteur sensible de la Justice, on pouvait détourner les regards de l’extérieur en touchant la corde émotive des Français. Mais le gouvernement français a manqué de manière. Les mots forts prononcés contre la Justice, emportant non seulement immixtion mais aussi condamnation sans procès des magistrats, ont entraîné une révolte peu connue dans ce monde plutôt astreint à la réserve.

Le gouvernement, alors, dont le crédit chutait en proportion des gaffes de son ministre des Affaires étrangères, a cru voir dans le dossier Florence Cassez, ce secours qui pourrait tout effacer pour lui permettre de tout recommencer.


Florence Cassez, en 2008, dans sa prison
(Photo AFP/RONALDO SCHEMIDT)

Une jeune Française, belle, condamnée (dans une prison où l’on n’est pas tendre avec les détenus) à la peine démesurée de 60 ans pour enlèvements, ça vaut en cette période pré-électorale, de battre le ban et l’arrière-ban pour aller sauver ce morceau de France à l’étranger. Si on a pu le faire au Tchad, pourquoi ne le pourrait-on pas au Mexique ? Alors, « allons-zy, allons-zon » !

Mais finalement, c’est le grand flop ! On a oublié que le souci de la défense des ressortissants français à l’étranger ne pouvait pas s’accommoder d’une diplomatie intrusive, marchant par le commandement, le comminatoire comme au plus fort de la période coloniale. Cette époque-là est terminée en Afrique en 1960 comme elle est terminée depuis 1867 après  la chute de  Maximilien que Napoléon III avait envoyé au Mexique en 1864 pour tenter d’implanter un Empire bis.

La réaction actuelle du Mexique, Etat souverain, jaloux de son indépendance, est en tout point pareil à celle de la Côte d’Ivoire : ce n’est pas à la France de venir décider à la place des organes suprêmes de nos pays, ce que doit être le Droit. En  Côte d’Ivoire, un Conseil constitutionnel a tranché en matière électorale en dernier recours ; nulle autre instance, nulle autre puissance étrangère, ne peut venir la contraindre de réformer son jugement ni même tenter d’évoquer le contentieux pour trancher directement en faveur du candidat de son choix ! Au Mexique, la Cour de cassation a confirmé la condamnation à 60 ans de prison de Florence Cassez. Elle est peut-être injuste, surtout que la demoiselle clame son innocence, mais c’est ainsi. Nulle autre juridiction en cette matière pénale ne peut plus dire quoi que ce soit dans cet arrêt définitif. Dans un cas comme dans l’autre (Côte d’Ivoire, Mexique), nous avons des affaires passées en force de chose jugée. Ca, c’est le Droit qui est appliqué dans tous les pays de Droit, qui obéissent aux standards internationaux en la matière.

Voilà que des pays moins développés économiquement et démocratiquement que la France font des leçons de droits de l’Homme et de démocratie au pays qui s’en réclame être la patrie universelle !

Mais le comble, dans tout cela, c’est qu’on se coupe toujours les cheveux en quatre pour savoir pourquoi, alors que ses prestations sont si affligeantes pour l’image de la France et la sienne propre, Nicolas Sarkozy persiste à garder sa MAM (Michèle Alliot-Marie). En Afrique, certains ont trouvé l’explication depuis bien longtemps à travers ce proverbe : «Quand un âne veut vous terrasser, vous ne voyez plus en lui aucune partie où vous approcher, même pas les oreilles ». Peut-être bien qu’à force,  la Côte d’Ivoire, les pays arabes et le Mexique, risquent bien de confirmer ce dicton pour ce qui concerne Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle !

La Rédaction

San Finna N°604 du 21 au 27 Février 2011