Le Blog de Aymard

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Les Soulèvements actuels en Afrique : Une menace pour la Renaissance Africaine

Evolution du Concept de Renaissance Africaine

La notion de renaissance est présente dans l’histoire des peuples à différentes époques, et a toujours été une dynamique de renouveau, de revivification. Comme la renaissance européenne et la renaissance de l’Asie du Sud- Est, la renaissance africaine s’inscrit dans la droite lignée des peuples de se forger un destin digne de leur attente.

Le concept de « Renaissance Africaine » est perçu pour la première fois dans les slogans de l’Association Universelle pour le progrès des Noirs – UNIA, fondée par l’africain-jamaïcain, GARVEY Marcus.

L’UNIA était un Mouvement pour le retour sur la terre mère des descendants d’esclaves déportés aux Amériques, qui, après l’abolition de l’esclavage, étaient confrontés, aux Etats-Unis, à des intimidations perpétrées par le Ku-Klux-Klan. En effet, c’est dans sa convention internationale du 1er Août 1920 à Harlem, New York, que furent scandés des slogans tels que « Réveille toi Ethiopie, Réveille toi Afrique! », « l’Afrique pour les africains d’Afrique et d’ailleurs », « Renaissance de la race noire ». Ce mouvement, qui en 1923 revendiquait prés 6 millions de membres, finit en 1925 dans des scandales financiers ; mais son architecte mourût en 1940 à Londres, restera à jamais « un visionnaire qui a insufflé de l’inspiration à sa race dans sa lutte ardue pour sortir de la dégradation que des siècles d’esclavages ont entraînés ».

L’expression « Renaissance Africaine », telle quelle, est avancée plus tard par Cheikh Anta DIOP, pour la première fois en 1948 dans une interrogation « Quand pourra t- on parler d’une Renaissance Africaine? » in « le Musée Vivant », n° spécial 36-37, novembre 1948, Paris, pp57-65. Ce grand savant, dans plusieurs de ses ouvrages, s’est donné corps et âme pour la restauration de la vérité historique – le replacement de la place de l’Afrique et de l’homme africain dans l’histoire évolutive du monde, tant sur le plan de l’origine de l’humanité, de sa colonisation des continents et de la différenciation des races, que sur le plan de la civilisation, avec l’Egypte pharaonique, la civilisation la plus ancienne, et qui était négroïde.

Les travaux de Cheikh Anta, tant sur le fond que sur la forme, témoignent que les cinq siècles d’esclavage et de colonisation de l’Afrique ne sont qu’un détail en terme de durée sur la grande histoire du peuple africain dont les débuts sont ceux de histoire de l’humanité. Et de ce fait, nous estimons que le contenu de cette période ahurissante d’humiliation et de déshumanisation, ne peut en aucune manière porter atteinte à la conscience collective du peuple Africain ; la conscience de ce grand peuple, édificateur des pyramides, instructeur de savants qui ont fait la fierté de la Grèce antique et de l’Occident d’aujourd’hui ; et dont les racines sont encrées dans toutes les civilisations africaines.
Plus récemment, La relance de la « Renaissance Africaine » en Afrique du Sud s’est faite d’abord sous forme de slogans, puis des discours successifs de Thabo Mbeki qui ont précisé sa conception.

En effet, en 1998, une première conférence sur la renaissance est organisée à Johannesburg en présence de plusieurs universitaires africains et une deuxième regroupant davantage d’intellectuels et de personnalités de l’Afrique est organisée en octobre 1999, avec le soutien de l’OUA. L’accession au pouvoir de Mbeki, son promoteur, a vulgarisé la notion de renaissance africaine.

Ainsi sur le plan continental, le plan MAP [Programme de Renaissance africaine pour le nouveau millénaire], d’ossature Renaissance Africaine a été élaboré avec le concours d’autres Présidents avant d’être fusionné avec le plan Oméga de Maître Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal. Ce programme fusionné est validé à Abuja à l’occasion de 38ième sommet de l’OUA sous le nom de Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique.

Aujourd’hui, la renaissance africaine dispose, en Afrique du Sud, d’un Institut chargé de faire sa promotion; mais si ce concept doit interpeller l’ensemble du continent, il est aussi de la responsabilité de chaque intellectuel africain d‘apporter sa contribution dans sa conceptualisation afin qu’elle puisse atteindre ces véritables objectifs.
Renaissance Africaine et Contexte mondial actuel :

A la lumière des ces travaux antérieurs, nous avions estimé qu’il restait beaucoup d’aspects que ce concept doit couvrir s’il veut insuffler un changement global, conduisant au réveil de l’Afrique dans ce monde du XXIe siècle ; d’où notre obligation de lui forger cette théorie. Et c’est dans ce contexte d’espoir pour la réalisation de cet idéal africain que surviennent les soulèvements dans certains pays africains jadis aux positions très tranchées dans ces débats de composition et de recomposition de blocs à l’échelle mondiale sous la houlette de l’Europe et des Etats-Unis.

En effet, au rythme où vont les choses et à regarder de près les foyers de tensions s’allumer un à un, il y a lieu de se poser des questions sur les véritables rôles des uns et des autres dans ce contexte de marasme économique et de recomposition géopolitique. Les coïncidences troublantes nous poussent à nous demander les rôles des uns et des autres surtout des promoteurs de l’Union pour la Méditerranée et des contempteurs des réseaux islamiques au moyen orient compte tenu de la place incontournable de la finance islamique dans l’équilibre financier mondial.

En tout état de cause, la Renaissance Africaine ou précisément la réalisation de l’Unité Africaine ainsi que les tentatives de contrôle et de maîtrise du moyen orient par les puissances islamiques radicales deviennent de plus en plus hypothétiques avec le démantèlement progressif de leurs bases les plus influentes notamment : la Lybie, l’Egypte, l’Iran, le Bahreïn, l’Algérie, le Maroc, le Soudan, et dans une moindre mesure la Côte d’Ivoire.

Avons-nous le droit et le devoir, devant l’Histoire, de nous laisser entrainer et ainsi foutre en l’air autant d’efforts consentis par des générations antérieures ? N’est-il pas temps pour nous de nous ressaisir et enfin de décider en AFRICAIN pour les AFRICAINS ?

Abdoulaye SECK

Coordonnateur Conscience Citoyenne

Email : laillesec@yahoo.fr

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