Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mars 7, 2011

Que fait-on des coupables… assassins du modèle continental ???

Robert Dossou, président de la Cour constitutionnelle, Maturin Nago, président de l’Assemblée nationale, Yayi Boni, président de la République, Arifari Bako, président de la Cps, maitre d’œuvre de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), Joseph Gnonlonfoun, président de la Commission électorale nationale autonome (Cena)… à leur décharge exclusive l’hideuse honte jetée sur le modèle démocratique continental. Ce qui s’est passé au Bénin dans le cadre des élections présidentielles et législatives de 2011 a un nom : si ce n’est le parjure, on en est certainement pas bien loin. Depuis l’adoption de la loi fondamentale en décembre 1990, c’était connu qu’un scrutin présidentiel devrait avoir lieu avant le 06 mars 2011, un autre avant le 06 mars 2016, un autre avant le 06 mars 2021 et ainsi de suite au terme de chaque mandat de 5 ans. Des manquements à ces rendez-vous fondateurs de la démocratisation de l’Afrique ne sauraient être que l’apanage de la bêtise, de l’incapacité, de l’incompétence, d’un crime contre tous ces peuples du continent noir, attachés à l’espoir incarné par le pays de la conférence nationale des forces vives.

Maturin Nago emporte le tout dernier crime de la série, celui du lendemain de la médiation des anciens présidents de la République. Dantesque, son absence de pudeur lorsqu’il exige au préalable une demande de convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée alors que lui-même n’a pas cherché à apposer sa signature sur le document. Le moment de lui demander le vil dessein qui se cache derrière ce formalisme inutile et dilatoire. Ne s’agit-il pas d’un accord politique consensuel qui ne devrait logiquement pas faire l’objet d’un contentieux plus tard. En d’autres termes, Nago le patriote (à dissocier de Nago l’émergent) n’aurait choqué aucun Béninois s’il endossait, dès le dimanche 27 février, à la fin de l’audience entre les médiateurs et le chef de l’Etat, le texte consensuel sensé sortir tout le pays du cataclysme électoral. Les actes de formalisation et autre chasse aux signatures de députés peuvent intervenir plus tard. Ce faisant, le pays aurait gagné au moins 5 journées dans la recherche de solution à l’exclusion des milliers de citoyens privés de leur droit de vote, à la catastrophe lors de la distribution tardive des cartes d’électeur et surtout à la pagaille généralisée qui s’annonce pour le jour du scrutin. C’est finalement, le jeudi 04 mars 2011, au soir, que l’accord politique a pris une forme législative, après tous les écueils dressés sur son chemin par Nago et son camp.

Arifari Bako, coordonnateur national du processus de réalisation de la Lépi. Expert en bonnes paroles, un extra national ramant au dessus de tout, sans repères contradictoires, pratiquement en roue libre. Il est capable de dire que sa Lépi n’a rien à voir avec les élections de 2011 pour revenir s’occuper de distribution de cartes d’électeurs alors que la campagne électorale est terminée ; que la liste électorale serait prête le 30 décembre 2010, se reprendre pour le 15 février 2011 puis le 20 février, sans que les acteurs du processus électoral à savoir les candidats à la présidentielle ne soient admis à en tester la fiabilité. A l’atterrissage de la saga Bako, plus d’un million de Béninois sont exclus de l’expression de suffrage à toute sorte d’élection, pour une période de 10 ans. Ne parlons pas de tous ceux qui ne pourront récupérer leurs cartes d’électeur avant la date du scrutin. Là encore un poignard dans la déclaration universelle des droits de l’homme « supérieure aux normes constitutionnelles ».

Robert Dossou, l’impérial, le parrain de tout ce capharnaüm, l’infaillible juge de la démocratie béninoise. Le gardien du temple dont l’institution a été l’architecte de la transfiguration totale de la constitution et de tout l’appareil législatif en particulier. Il n’a pas été capable de conduire la barque puisque son magistral ministère a conduit tout le pays dans le gouffre. De l’incapacité ? De l’incompétence ? De la mauvaise foi ? Un dessein personnel ?

Yayi Boni, le métronome, déclencheur de tout, après son retentissant « avertissement » de ne pas faire organiser les élections au cas où la Lépi n’était pas prête. A croire que c’est sur cet instrument virtuel qu’il a prêté serment le 06 avril 2006. S’il demeurait quelque chose de logique dans cet Etat en déconfiture, on aurait aussitôt ouvert la porte à une procédure de sanction à tous ces hauts commis qui ont failli à leur mission de faire exécuter les lois de la République, et qui ont conduit le Bénin à l’étable des enfants malades du continent. Le plus grave, c’est que se sont les mêmes qui prétendent conduire le processus de réparation. D’autres drames en perspective.

Au moins leurs noms sont connus ?

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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BENIN : Mémorandum des agents techniques de la Miréna sur la réalisation de la LEPI

L’Association des Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie vient de jeter un gros pavé dans la marre déjà très répugnante de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) très vitupérée à cause des nombreuses irrégularités notées et dénoncées en son sein.

C’est à travers le présent mémorandum que nous publions en intégralité (L’autre fraternité).

Le processus actuel ne nous permettra pas de sauvegarder les acquis de la  démocratie chèrement acquise. C’est pour cette raison que nous jeunes de l’Association Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie (AJPED), membre de la société civile et qui avions participé à toutes les phases de la LEPI à savoir :

–  la cartographie censitaire

– le Recensement porte à porte

-l’enregistrement des données biométriques

-l’établissement des cartes d’électeurs.

Avons décidé enfin d’attirer l’attention de toute la nation,   en particulier de la classe politique , la communauté internationale et toutes les confessions  religieuses,  sur les risques que court  notre jeune démocratie très enviée  avec cette LEPI tronquée, bâclée, truquée et émaillée de fraudes, pour  laquelle nous avons été complices.  Nous redoutons déjà les dégâts que cela pourrait générer dans le futur.

Tout a commencé  au PLM Alédjo.  En effet, c’est lors du recrutement et de la formation des agents cartographes devant servir pour la cause de l’élaboration d’une bonne cartographie censitaire, fiable et juste que les choses ont commencé. Au lieu que ce soit ces agents recrutés suivant les règles de l’art, et ayant bénéficié d’une formation dans le sens de leur mission, ces derniers ce sont vus  remplacés sinon dilués par des parents amis et copines des responsables de la CPS LEPI et de la MIRENA.   Ce qui  engendra une cartographie mauvaise et douteuse,  jetant les bases d’une fraude massive pour laquelle en son temps, l’honorable Epiphane QUENUM  se prononça.

Si la cartographie censitaire avait respecté les normes préétablies par l’IGN, nous n’en seront pas arrivés à de pareils extrêmes car c’est au cours de cette dernière qu’on assistera à la création de nombreux quartiers fictifs dans la partie septentrionale du pays, quartiers qui sont destinés à servir la cause de l’assise de bases électorales frauduleuse pour des étrangers. Cette cartographie censitaire  servira à un recensement porte à porte aussi inadéquat sinon pire. C’était, en effet le début des malversions et des nombreux laisser pour compte.

Recensement Porte à Porte

Après les multiples erreurs et fraudes constatées, lors de la cartographie censitaire, le désastre, l’amateurisme, la négligence et le faux, viennent une fois encore de s’installer.

Les agents cartographes qui malgré tout avaient acquis une certaine notion du terrain ont été une fois encore pour le plus grand nombre mis de côté. Cela  donna lieu au recrutement de nouveaux agents, de façon arbitraire. Sans la moindre  formation et sans  suivi, ils sont libérés  dans la nature pour la poursuite d’une importante cause sitôt transformée  en une affaire politique et  familiale. Il va s’en dire que l’efficacité dans l’accomplissement de cette nouvelle phase, les nouveaux agents recrutés devraient être originaires des localités où ils allaient recenser.  Car comme on le dit, nul autre  ne peut mieux connaître votre  maison que vous même. La CPS-LEPI et la MIRENA dans leur rôle de fraudeurs  et de confectionneurs  d’une LEPI bâclée ont envoyé dans les quartiers des agents recenseurs  responsables d’un faux recensement. Ainsi, lorsque ces agents qui ne connaissent pas la localité, descendent dans un quartier pour le recensement, ils ont plusieurs sortes de comportements par exemple:

– Quand ils arrivent dans une maison aux heures de travail et que tous les résidents sont des fonctionnaires, ils marquent la maison comme déjà prise en compte au lieu de revenir à des heures plus appropriées pour rencontrer les habitants.

–  Dans d’autres ménages où il n’y a que des locataires, il leur suffit de piocher une domestique ou une femme de ménage qui ignorant tout du processus de la LEPI donne dans le premier cas des informations erronées que ces agents sans formation, prennent en compte sans aucune vérification et dans le second cas, refuse de donner des informations par crainte de poursuites judiciaires et autres. Dans ce cas précis, les agents recenseurs au lieu de clarifier les choses et de rassurer ces femmes, marquent  le ménage concerné comme déjà pris en compte.

Le comble est  que la saison pluvieuse a été  choisie pour le démarrage dans les premières aires opérationnelles. Cela fut  d’ailleurs une  source de discorde entre les hommes politiques de notre pays. Cette saison avec son cortège d’inondations, d’enclavement des populations. Ces  populations  se retrouvant sans toît ou sans ressources, sont contraintes à l’exode rurale, comme ce fut le cas dans l’Ouémé Plateau et dans l’Atlantique-Littoral où les populations n’ont pas pu se faire recenser. Dans le même temps les quartiers créés lors de la cartographie censitaire se sont vus attribuer une population constituée de personnes inexistantes en l’occurrence, des morts et des étrangers. . Il faut préciser qu’à cause de l’inondation dans certaines localités, les agents recenseurs n’avaient pas accès aux ménages. Le travail n’a donc été fait qu’à moitié et  tous les ménages n’ont pas reçu la carte devant leur permettre de se faire enrôler.

Ayant reçu l’ordre de finir le recensement dans le temps c’est-à-dire, deux semaines et après avoir erré perdu quatre à cinq jours dans  les aires opérationnelles, avant que ne démarre effectivement les opérations, les délais légaux n’ont pas pu être respectés.

Au regard de ces quelques disfonctionnements énumérés, il avait été dit qu’une seconde chance serait donné aux personnes laissées pour compte .Ceci est restée une vaine  promesse.

La base étant faussée, la 3ème phase qui concerne l’enregistrement des données  biométriques n’augurait rien de bon.

Enregistrement des Données Biométriques

Il faut reconnaitre que c’est la phase la plus importante du processus de la LEPI  car ceux qui ont été recensés au cours du RPP doivent être enregistrés dans les  données  d’où les deux sections à savoir :

1-les Opérateurs de Saisie (OPS) ;

2-les Opérateurs de Kit biométrique (OPK)

*Les opérateurs de saisie (OPS)

Le recensement des OPS, n’a pas pris en compte le critère capital qu’est la maîtrise de l’outil informatique. Or la phase de l’enregistrement des données biométriques pour laquelle ces OPS étaient recrutés, est la phase la plus sensible et la plus importante dans le processus de réalisation de la LEPI car ces OPS, sont chargés d’entrer les données recueillies lors du RPR dans la base des données appropriées.

Au cours de cette phase, qui s’est déroulée au CIC, il y avait trois vacations qui travaillaient  entre  06H -14H, 14H-22H et 22H-06H. Ces OPS, non qualifiés qui étaient livrés à eux mêmes,  ont entré des données erronées qui étaient :

–  Illisibles

–  Incomplètes

–  Modifiées

Pour ne dire que ça.

De plus, certaines données étaient carrement ignorées quand elles présentaient des difficultés orthographiques et autres.

Tout ceci entrainera plus tard la disparition des noms de personnes recensées, qui ne retrouveront pas leur nom dans l’enrôlement, ou qui se verront attribuer d’autres noms ou encore auront des noms mal écrits.

*Les OPK

En ce qui concerne les opérations d’enrôlement, les Opérateurs de Kits, OPK ont été recrutés de la même manière qu’il en a été pour les phases précédentes ce qui allongera la liste des irrégularités dont voici quelques unes.

– Des agents ignorants qui n’ont aucune notion de l’utilisation des kits.

– Des kits défectueux envoyés consciemment dans les premières aires opérationnelles afin d’y freiner les opérations d’enregistrement.

– Le relèvement des empruntes digitales qui prend environ une trentaine de minutes par doigt à cause de la défectuosité pré abordée. Puisqu’il faut prendre l’empreinte des dix doigts, il fallait donc passer près de cinq heures de temps par personne ce qui justifie le renvoie répétitif des personnes venues se faire enrôler.

Il faut préciser que ce cas n’est pas généralisé car il n’a été plus observable que dans les premières aires opérationnelles c’est à dire l’Ouémé Plateau et l’Atlantique Littoral et quelque rares fois dans certaines localités du septentrion.

– En ce qui concerne cette partie du pays, beaucoup d’irrégularités ont été observées. C’est ici même le goulot d’étranglement car la cartographie censitaire biaisée qui s’est établie au Nord en dépassant les limites territoriales, a été soutenu par le recensement porte à porte des personnes inexistantes, ce qui a amené au cours de l’enregistrement des données biométriques de la dernière aire opérationnelle et précisément à Natitingou, Boukounbé, Ouaké, Mallanville, Niki et à  Banikoara un gonflement des populations normales. Nous avons constaté avec amertume que des personnes viennent avec des fiches d’enregistrement  sans connaître le nom inscrit sur celle-ci, ni la date de naissance, encore moins la provenance de cette fiche.

Par ailleurs des personnes avoisinant la cinquantaine voire la soixantaine  avaient sur eux des fiches de personnes ayant moins de 20 ans voire même moins de 18ans et sont pour la plupart des natifs des pays frontaliers. C’est ce qui a justifié en réalité  le fort taux d’enregistrement dans le Nord et le gonflement de la  population observée et qui d’ailleurs se justifie également par le fait que les kits défectueux utilisés dans les premières aires opérationnelles ont été changés avant l’entame des opérations dans le septentrion.

Nous reconnaissons avoir participé à toutes ces opérations sans pour autant en être coupable car les responsables de la CPS LEPI et de la MIRENA  nous ont toujours rassuré sur ce que tout ce que nous faisions n’était qu’un début et qu’il n’était pas question que cela serve aux élections de Mars 2011, et qu’en plus les omis seraient pris en compte en son temps…

Impression des Cartes d’Electeurs

Après toutes ces opérations, il devait y avoir l’affichage des listes informatisées provisoires, selon l’article 30 de la loi N°2009-10 portant RENA/LEPI ; ce qui n’a pas été effectuée dans les normes d’où le commencement de nos inquiétudes et interrogations après quoi nous avons reçu la confirmation que cette liste  dont nous avons pris part à l’établissement sera utilisé pour les échéances électorales prochaines. L’affichage devant permettre la réclamation des noms inscrits et la radiation des n’ayant pas droit, devait durer dix jours pour permettre les recours devant la cour constitutionnelle dans les cinq jours qui suivent.

Mais tout a été le grand contraire, selon les articles 5 et 30 de la loi N°2009-10 portant RENA/LEPI les délais n’ont pas du tout été respectés. On en était là quand la CPS LEPI et la MIRENA ont décidé de faire le ratissage. Nous croyions tout au moins que ceux qui ont raté l’une ou toutes des trois premières étapes du processus et dont les noms avaient été enregistrés dans les cahiers auprès des délégués ou dans les arrondissements  seraient pris en compte, mais tout s’est passé autrement. Dans les aires opérationnelles Ouémé Plateau, Atlantique Littoral, Mono Couffo et Zou Collines,  c’est qu’un montage  de tromperies qui a été miroité pour tromper la vigilance des hommes politiques car dans le Nord, dans les villages frontaliers, la CPS LEPI et la MIRENA ont profité  de l’occasion pour enrôler les étrangers qui n’avaient pas pu le faire auparavant. Ce qui accentue le fort taux de participation  connue et tant proclamée.

Pour ce qui concerne la production des cartes d’électeurs et pour y avoir participé jusqu’à ce jour, nous pouvons affirmer qu’à ce stade il y a également d’énormes irrégularités.

Au premier abord, il a été servi au peuple béninois, que c’est l’ONIP qui a pris le marché de la réalisation des cartes d’électeurs .Cela n’est qu’un autre gros mensonge de la CPS LEPI et de la MIRENA. C’est une société ivoirienne du nom de SNEDAI qui a été responsabilisée pour le faire ; celle-ci  vient dicter sa loi au bénin, en ayant pour chef d’équipe l’ONIP.

La production de cette carte pour qu’elle soit fiable,

doit suivre huit étapes à savoir :

–          La réception et le chargement des fichiers issus du CNT

–          L’impression des cartes par localité

–          Le contrôle qualité des impressions

–          Le Massicotâge des cartes imprimées

–          Le contrôle qualité des cartes massicotées

–          La lamination des cartes massicotées

–          Le contrôle de qualité et d’exhaustivité des cartes produites

–          Le conditionnement, empaquetage, colisage et livraison à l’ONIP

Depuis le démarrage des opérations le Jeudi 17 Février 2011 au Palais des Sports, du Stade de l’Amitié, c’est sous une très forte pression qui ne dit pas son nom que les opérations  ont commencé vaille que vaille.

Pour la bonne marche, on nous a été demandé de terminer les opérations le mercredi 02 Mars 2011. C’est ainsi que nous avons reçu quelques fichiers électoraux des aires opérationnelles de l’Ouémé Plateau  pour la production des cartes d’électeurs de cette zone. Ce qui a été fait dans le temps sans être achevé dans tous les arrondissements à cause des fichiers inexistants. Nous en étions à ce point quand nous avons reçu l’ordre d’entamer l’Atlantique Littoral qui a été dans son ensemble bâclée, parce qu’il nous a été demandé de le faire en trois jours, et nous n’avons pas pu terminer tous les arrondissements, ainsi, pour le plus grand nombre des résidents de cette aire opérationnelle, ne verront pas leur carte d’électeur. C’est à ce moment qu’il nous a été demandé expressivement d’abandonner Zou- Collines qu’on devait entamer pour faire en premier lieu Borgou Alibori. Le temps de ranger les cartes en cours d’impression des autres aires opérationnelles. Il   a été   supprimée  l’étape de contrôle qualité des cartes massicotées communément appelé Codage. Or c’est à cette étape que les cartes produites sont certifiées et codées afin d’acquérir une authenticité. La majorité des cartes arrivées à cette étape ont été détectées mal faite, et ont été reprises. Mais depuis le démarrage de l’impression des cartes d’électeurs du septentrion, le service décodage n’a contrôlé aucune carte ce qui nous fait constater :

– L’impression des cartes sans photos et

– L’impression sans code

Arrivée spécialement sur la commune de Tchaourou, le Directeur de Cabinet de BAKO Arifari qui avait fait un tour a demandé à ce que les cartes d’électeurs de Niki et de Tchaourou soient bien faites.  C’est ainsi que Les appareils appelés LAMINEUSE qui servent à la lamination des cartes massicotées (plastification) ont été rapidement échangés contre près d’une cinquantaine d’autres lamineuses de couleur noire et de 130° en lieu et place des lamineuses grises de 125° degré habituellement utilisées  à 100° jusque là.  Ces nouveaux appareils apportés, n’ayant pas de possibilité de réglage sont directement utilisés à 130° ce qui confère naturellement de meilleures apparences et une meilleure qualité aux cartes imprimées. En ce qui concerne l’aire opérationnelle Mono Couffo, l’impression de ces cartes n’est pas encore achevée donc les résidents de ces deux aires opérationnelles ne peuvent commencer à avoir leur carte qu’à partir de Jeudi Prochain malgré les 450 personnes qui ont été recrutés les deux derniers jours pour renforcer  les 1106  qu’il y avait. Ces nouveaux recrus n’ont reçu aucune formation.

NB: Lors de l’impression des cartes que nous avons eu à produire, nous avons constaté beaucoup de doublon. Lorsqu’on attire l’attention des ivoiriens de SNEDAI sur la question des doublons, ils répondent, je cite: «pour un  travail qui doit être réalisé pendant six mois au moins, Arifari BAKO demande que cela se fasse en trente jours, soit un mois». Ils disent également  que malgré qu’ils aient attiré l’attention de BAKO Arifari sur le fait que la situation pourrait dégénérer en des foyers de tensions plus tard, ce dernier répond que les élections seraient déjà passées

Nous membres, fondateurs de l’Association des Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie qui avions servi depuis la cartographie censitaire jusqu’à la production des cartes d’électeurs, sommes contre le hold-up qui s’organise pour prendre en otage la jeune démocratie béninoise, et c’est pour cela  que nous dénonçons ce jour les magouilles dont la CPS LEPI et la MIRENA nous ont rendu acteurs. Pour cela nous démissionnons du système mafieux de production des cartes d’électeurs en cours actuellement au palais des sports du Stade de l’Amitié et prions le chef de l’Etat pour la sauvegarde des acquis démocratiques que les élections du 06 Mars soit reportées dans un délai d’au moins un mois afin que la CPS LEPI et la MIRENA passe à la correction des disfonctionnements et prennent en compte les populations laissées sur le carreau car les cartes délivrées pour les populations du septentrion sont sans code , donc ne sont pas authentiques et ne pourront donc pas servir à leur détenteur plus tard. Comptant sur la bonne foi tant prônée par le premier magistrat de la nation béninoise, chef de l’Etat, chef du gouvernement, son excellence le Docteur Thomas Boni YAYI, pour sauvegarder la paix que ces ainés ont préservé depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, nous espérons qu’il saura prendre en compte nos remarques  et saura trouver les solutions adéquates qui pour l’heure reste le report des élections, pour qu’elles soient mieux organisées afin d’être paisibles et transparentes.

Quant à Arifari BAKO, il mérite d’être interpellé par la justice de notre pays et d’être audité sur sa gestion afin de s’expliquer sur les multiples disfonctionnement émanants de sa responsabilité. Il en est de même pour madame BATCHABI responsable de la MIRENA.

Quant à Joseph GNONLONFOUN, s’il se laisse manipuler pour utiliser cette fausse liste entachée de fraudes et d’erreurs suicidaires, l’histoire retiendra son nom. Il lui faudra donc prendre ses responsabilités pour ne pas être frappé par la colère de Dieu et des mannes de nos ancêtres, qui  ont toujours veillé sur cette nation bénie qu’est notre cher et beau pays le Bénin.

Il nous faut préciser que ceci n’est qu’un bref résumé de tout ce qui s’est passé durant la réalisation de la LEPI car les agents recrutés pour cette réalisation ont vu , fait et entendu beaucoup de choses que nous nous gardons de dire pour préserver la paix de notre pays.

Après cette Déclaration il est possible que BAKO Arifari  monte au créneau, pour mentir comme il sait le faire au peuple Béninois. Il faudra juste que vous hommes des médias vous lui posez la question de savoir si toutes les cartes d’électeurs sont déjà disponibles. S’il répondait oui, demandez-lui ce que font encore ces milliers de jeunes au palais des sports du stade de l’amitié.  Pour vérification de sa crédibilité, demandez lui aussi combien d’agents sont passés de vie à trépas sur le terrain dans la réalisation de la LEPI ; s’il est honnête, il vous dira cinq. Et pourquoi donc l’opinion publique n’en a pas été informée ? Tout compte fait, les béninois peuvent aller constater de leurs propres yeux  que la production des cartes d’électeurs est loin d’être achevée avant la date buttoir.

Nous prenons à témoin ce jour, Mercredi 02 Mars 2011, Dieu, vous ici présents et tout ceux qui prendront connaissance de la présente déclaration.

Nos vies et celles de nos proches sont peut être en danger à partir de cette heure, nos jours sont peut être comptés mais l’intérêt souverain de la nation, de notre nation, passe avant tout autre chose…

Je vous remercie…

Ont Signé :

FANOU Serge

FANOU Boris

NOHOUM Djamal

DAMASSE  Narcisse

BENIN : L’intégralité de la décision de la Cour constitutionnelle qui consacre le report du 1er tour de l’élection présidentielle de 2011

La Cour constitutionnelle, du fait de l’amalgame qui entoure l’organisation de l’élection présidentielle de 2011, a dans sa décision EP 11-024 DU 04 MARS 2011 reporté au 13 mars 2011 le 1er tour de l’élection présidentielle.

Lire l’intégralité de cette décision.

La Cour Constitutionnelle,

VU la Loi n° 90-032 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin ;

VU la Loi n° 91-009 du 04 mars 1991 portant loi organique sur la Cour Constitutionnelle modifiée par la Loi du 31 mai 2001 ;

VU le Décret n° 94-012 du 26 janvier 1994 modifié par le Décret n° 97-274 du09 juin 1997 portant attributions, organisation et fonctionnement du Secrétariat Général de la Cour Constitutionnelle ;

VU le Décret n° 96-34 du 05 février 1996 portant création, organisation et fonctionnement du Greffe de la Cour Constitutionnelle ;

VU le Règlement Intérieur de la Cour Constitutionnelle ;

VU la Loi n° 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement de la liste électorale permanente informatisée ;

VU la Loi n° 2010-33 du 07 janvier 2011 portant règles générales pour les élections en République du Bénin ;

VU la Loi n° 2005-26 du 06 août 2010 portant règles particulières pour l’élection du Président de la République ;

VU le Décret n° 2011-032 du 10 février 2011 portant convocation du corps électoral pour l’élection du Président de la République ;

Ensemble les pièces du dossier ;

Ouï le Professeur Théodore HOLO en son rapport ; Après en avoir délibéré,

Considérant que par requête du 03 mars 2011 enregistrée à son Secrétariat Général à la même date sous le numéro 0530/068/EP, le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome saisit la Haute Juridiction d’une « demande de report de date » ;

CONTENU DU RECOURS

Considérant que le requérant expose : « … Par Décret n° 2011-032 du 10 février 2011, le Chef de l’Etat a convoqué le corps électoral pour l’élection du Président de la République pour le dimanche 06 mars 2011.

En prenant ce texte en considération la CENA a établi son calendrier. Ce qui lui a permis d’ouvrir la campagne le 18 février 2011. Mais il se fait qu’à ce jour l’impression de la liste électorale sur laquelle nous avions effectué des observations afin d’obtenir une liste fiable n’est pas totalement terminée. De plus, la localisation de certains bureaux de vote est encore problématique.

La distribution des cartes d’électeur est grippée dans certaines localités et souffre de beaucoup d’insuffisances dans d’autres.

C’est ainsi que, malgré vos deux correspondances ci-dessus citées en référence, nous n’avons pas pu y répondre par manque d’éléments.

Enfin, du fait de la désignation tardive et maintenant contestée des CEC etCEA, nous n’avons pas pu finir de mettre en place toutes les structures de base qui doivent réceptionner et mettre en place le matériel sensible.

Selon les derniers entretiens avec la Commission Politique de Suspension de la Mission Indépendante de Recensement Electoral National Approfondi, il apparaît que certains redressements des listes sont encore possibles. » ; qu’il demande en conséquence que la Cour « veuille bien ordonner un report à très bref délai afin de permettre que les derniers réglages puissent intervenir au niveau de toutes les institutions en charge desdites élections. » ;

INSTRUCTION DU RECOURS

Considérant qu’au cours de leur audition le 03 mars 2011, les responsables des deux organes en charge de la réalisation de la liste électorale permanente informatisée ont exprimé le souhait de se voir accorder un délai d’une semaine en vue de régler les problèmes liés à la distribution des cartes d’électeur et à la localisation des bureaux de vote ; que par ailleurs, en réponse à la correspondance de la Cour en date du 03 mars 2011, le Président de la République déclare : « …Je voudrais vous faire observer qu’en ce qui concerne la date du premier tour de l’élection présidentielle, j’ai épuisé mes prérogatives constitutionnelles, puisque le 06 mars 2011 est la date limite pour laquelle j’ai des prérogatives en vertu de l’article 47 alinéa 1er de la Constitution du 11 décembre 1990 qui dispose : ‘’ Le premier tour du scrutin de l’élection du Président de la République a lieu trente jours au moins et quarante jours au plus avant la date d’expiration des pouvoirs du Président en exercice.’’

En conséquence, je m’en rapporte à la sagesse de la Haute Juridiction. » ;

ANALYSE DU RECOURS

Considérant que les articles 46 et 47 de la Constitution disposent respectivement : « La convocation des électeurs est faite par décret pris en Conseil des Ministres » ; « Le premier tour du scrutin de l’élection du Président de la République a lieu trente jours au moins et quarante jours au plus avant la date d’expiration des pouvoirs du président en exercice. Le mandat du nouveau Président de la République prend effet pour compter de la date d’expiration du mandat de son prédécesseur. » ; que selon les articles 114 et 117, 2ème tiret de la Constitution : « La Cour Constitutionnelle ….est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics » ; « La Cour Constitutionnelle ….veille à la régularité de l’élection du Président de la République … » ;

Considérant qu’il découle des dispositions précitées que le mandat du nouveau Président de la République prend effet pour compter de la date d’expiration du mandat de son prédécesseur ; que le Président élu devant prêter serment le 06 avril 2011, ce délai est impératif et conditionne les autres délais ; que par ailleurs, le délai de convocation du corps électoral prévu à l’article 47, à savoir trente jours au moins…avant la date d’expiration des pouvoirs du Président en exercice ainsi que les articles 114 et 117 de la Constitution qui habilitent la Cour Constitutionnelle à, d’une part, réguler le fonctionnement des institutions et l’activité des pouvoirs publics, d’autre part, veiller à la régularité de l’élection du Président de la République, constituent deux normes constitutionnelles à valeur égale ; que bien qu’il n’existe pas de hiérarchie entre ces normes, la Cour est en droit, en sa qualité d’organe régulateur du fonctionnement des institutions, de privilégier dans le cas d’espèce les articles 114 et 117 de la Constitution pour garantir la régularité et l’organisation harmonieuse de l’élection présidentielle par la Commission Electorale Nationale Autonome ;

Considérant que dans le dossier sous examen et conformément aux dispositions de l’article 46 précité, le Président de la République, a, suite à la demande de réajustement de la date de l’élection présidentielle formulée par le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome, par Décret n°2011-32 du 10 février 2011, convoqué le corps électoral aux urnes le 06 mars 2011 pour l’élection présidentielle du Président de la République ;

Considérant qu’il ressort des éléments du dossier qu’à la date du 03 mars 2011, l’impression de la liste d’émargement des électeurs n’est pas totalement terminée, la localisation de certains bureaux de vote ainsi que la distribution des cartes d’électeur souffrent de beaucoup d’insuffisances ; que par ailleurs, la mise en place du matériel sensible se trouve hypothéquée du fait de la désignation tardive et de la contestation actuelle des membres de certaines Commissions Electorales Communales (CEC) et Commissions Electorales d’Arrondissement (CEA) ; qu’enfin à ce jour, il n’est pas encore procédé à la désignation et à la formation des membres des bureaux de vote ; que le délai entre le 03 mars et le 06 mars 2011 ne permet manifestement pas à la Commission Electorale Nationale Autonome d’accomplir les tâches indispensables pour un scrutin crédible ; qu’en conséquence, il échet pour la Cour conformément à l’article 114 de la Constitution d’autoriser le report de la date de l’élection du Président de la République du 06 mars 2011 au 13 mars 2011 et d’inviter le Chef de l’Etat à convoquer le corps électoral aux urnes pour cette nouvelle date ;

D E C I D E :

Article 1er : – Est autorisé le report de la date du premier tour de l’élection du Président de la République du 06 mars 2011 au 13 mars 2011.

Article 2 :- Le Président de la République est autorisé à convoquer le corps électoral pour le dimanche 13 mars 2011.

Article 3 : – La présente décision sera notifiée à Monsieur le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome, à Monsieur le Président de la République, aux candidats à l’élection présidentielle et publiée au Journal Officiel.

Ont siégé à Cotonou, le quatre mars deux mille onze,

Monsieur Robert S. M. DOSSOU, Président

Madame Marcelline C. GBEHA AFOUDA, Vice-Président

Messieurs Bernard Dossou DEGBOE, Membre

Théodore HOLO, Membre

Zimé Yérima KORA-YAROU, Membre

Madame Clémence YIMBERE DANSOU, Membre

Monsieur Jacob ZINSOUNON, Membre

Le Rapporteur,

Professeur Théodore HOLO.

Le Président,

Robert S. M. DOSSOU.-

Report d’une semaine de la présidentielle : Les Centrales syndicales dénoncent un semblant de prorogation

Le report du scrutin présidentiel au 13 mars 2011 n’est pas du goût des centrales syndicales et des acteurs de la société civile. A l’unisson, ils ont rejeté ce report qui selon eux ne peut permettre à tous les citoyens laissés en rade de se faire enrôler. C’était au cours d’une marche qui les a conduits le 04 mars 2011 de la Bourse du travail aux carrefours Unafrica et Saint Michel à Cotonou.

Les centrales syndicales et les acteurs de la société civile n’approuvent pas la décision prise pour reporter au 13 mars 2011, la date du scrutin présidentiel. Ils l’ont fait savoir à l’occasion d’une marche qui a été perturbée par les forces de l’ordre à l’Unafrica avant même d’atteindre le carrefour Saint Michel. Outre le report du scrutin, les irrégularités qui entachent le processus électoral, les affaires Cen-Sad, Icc-Services et la politique de deux poids deux mesures du gouvernement, ont été dénoncées. Dans leur réquisition, les Secrétaires des centrales syndicales ont dénoncé la volonté manifeste du gouvernement d’organiser à tout prix les élections. Pour eux, les 5 jours accordés aux responsables en charge des élections ne suffisent pas. « Le gouvernement ne peut pas laisser en rade nos citoyens et prétendre qu’on ira voter. Les 5 jours qu’il a donnés ne suffisent pas. Tous les citoyens ne peuvent pas être enrôlés dans ce délai. Nous voulons un report utile » ont fait savoir respectivement les Secrétaires généraux de la Centrale des syndicats autonomes, (Csa) et de la Confédération générale des travailleurs du Bénin, (Cgtb). En dehors de ces récriminations, les responsables syndicaux ont fustigé la décision d’interdiction des marches et autres manifestations culturelles en période électorale. A les en croire, cette interdiction relève d’une décision qui frise la politique de deux poids deux mesures qu’entretient le gouvernement qui autorise la marche des chasseurs et refuse celle des acteurs de la société civile. Fustigeant l’exclusion du candidat Philippe Noudjènoumè de la course à la Marina, le Secrétaire général de la Centrale des syndicats des travailleurs du Bénin, (Cstb), Gaston Azoua a souligné que la Cour constitutionnelle n’a pas le droit d’interdire à un citoyen de se présenter aux élections ou de voter. Face à ces injustices, les responsables des Ongs et les secrétaires généraux des centrales syndicales ont appelé à une mobilisation générale de tous les travailleurs, afin de radicaliser la lutte.

Claude Ahovè, Le Matinal

Happy birthday ! Monsieur le président en attendant le sacre

Anniversaire de Me Adrien Houngbédji

Happy birthday ! Monsieur le président en attendant le sacre

La journée de ce samedi est très particulière, disons, radieuse pour les Béninois. Et pour cause, c’est l’anniversaire du candidat de l’UN pour la présidentielle de 2011, Me Adrien Houngbédji.

05 mars 1942 -5 mars 2011. Cela fait 69 ans jour pour jour qu’est né Me Adrien Houngbédji. Ce jour est un jour spécial et heureux pour le candidat de l’Union fait la Nation (UN), sa famille, ses proches, amis, bref, pour tous les Béninois résident au pays comme ceux vivant à l’étranger.

A tout ce beau monde, il faudrait ajouter le grand nombre de personnalités connaissant Me Adrien Houngbédji en Afrique et dans le reste du monde, notamment en France où il a fait ses études de droit et au Gabon où il a longtemps exercé et acquis la notoriété pour ses compétences internationalement reconnues, son charisme et son humanisme.

La journée de demain sera donc un grand jour pour celui qui est vu comme le prochain président des Béninois à l’issue de la présidentielle de 2011. On comprend donc la joie de bon nombre de personnes car demain l’anniversaire de Me Adrien Houngbédji, homme politique et homme d’Etat qui a été par deux fois président de l’Assemblée nationale et premier ministre, président de la Cour d’appel de Cotonou, mérite qu’on lui dise happy birthday ! 69 fois. Né un 05 mars 1942 à Aplahoué dans le département du Couffo, Me Adrien Houngbédji, pour le scrutin présidentiel prochain a un ambitieux et réaliste programme de société qui suscite admiration et même tricherie de la part de certains autres candidats à cette compétition.

Une fois encore happy birth day ! Monsieur le président.

24 h au bénin

Une élection n’est pas acceptable si l’on empêche des citoyens ayant le désir de voter d’exprimer leur vote !

Par des arguments, des comparaisons l’on justifie la non prise en compte de plus d’un million de Béninois ayant l’âge de voter et exprimant ce désir de participer au scrutin devant leur permettre d’élire le prochain Président de la République.

A analyser de près, les arguments avancés par ceux qui justifient cette situation, ils évoquent le comportement des politiciens ayant lancé des mots d’ordre en occultant malheureusement les dysfonctionnements qui ont émaillé le processus. La lecture juste et objective de la loi n° 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) montre que les délais légaux qui entourent le processus ont été manifestement violés.

Rien qu’à prendre l’article 30 qui réglemente la correction de la Liste Electorale Informatisée Provisoire (LEIP), l’on se demande si le processus prévu par le législateur a été respecté.

–      Présentation de la liste électorale informatisée provisoire par village ou quartier de ville, par arrondissement, par commune par circonscription électorale et par département ;

–      Affichage à plusieurs endroits du village ou du quartier de ville pendant quinze (15) jours ininterrompus ;

–      Réclamation des citoyens en rectification, inscription et radiation des électeurs frauduleux ;

–      Période de traitement des réclamations dans un délai de dix (10) jours ;

–      Saisine de la Cour constitutionnelle dans un délai de 5 jours.

Selon l’article 30 de cette loi, les délais statutaires à respecter en matière de réclamation sont imposés par la loi. Ainsi,  les réclamations doivent se faire dans un délai de 15 jours si l’on prend en compte la saisine de la Cour constitutionnelle.

Mais à quoi avons-nous assisté ?

Tous ceux qui sont au Bénin pendant la période même ceux qui aujourd’hui justifient la non prise en compte de nos compatriotes, reconnaissent que les délais n’ont  pas été respectés.

Et pourtant l’on justifie cette situation en prenant des exemples d’autres pays.

Cessons avec ces arguments car ailleurs la liste électorale ne se fait pas dans la précipitation et l’on ne viole pas les textes pour la réaliser. Les textes régissant la LEPI ont été manifestement violés au vu et au su de tout le monde y compris les Institutions chargées de garantir le droit de vote.

Sinon comment comprendre qu’aucun requérant ayant soulevé les réclamations (radiation de citoyens, rectification des erreurs dans les données ou changement de données) n’ait reçu la notification qu’impose le dernier alinéa de l’article 30 de la loi n° 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI).

La loi n’a-t-elle pas stipulé à l’article 30 alinéa 8 que « dans tous les cas, les réclamations (radiation de citoyens, rectification des erreurs dans les données ou changement de données) et portées au fichier électoral national doivent faire l’objet de notification au requérant, à toute personne concernée et à toutes les autorités administratives de son lieu de résidence pour information ».

Pour nous convaincre de cette volonté d’écarter des citoyens, l’on peut se référer au site web du CPS LEPI. Sur ce site (http://cpslepi-benin.info/telechargement.shtml), il est mentionné un commentaire fait par un citoyen à la rubrique « la libre tribune » du site. Monsieur KOUKPONOU G. Rémy raconte «  : Moi et ma petite famille avions été recensés pour la première phase. Mais nous n’avons vu personne au Recensement Porte à Porte. Nous nous sommes présentés à l’Enregistrement des Données Biométriques pour nous entendre dire que sans le RPP, nous ne pouvions pas être recensés après une journée entière de rang. En guise de réconfort moral on a pris nos noms et prénoms plus nos contacts téléphoniques. Inquiets de ne recevoir aucun appel, nous nous sommes déplacés au chef lieu de notre arrondissement, le 9ème de Cotonou et l’équipe en place nous a demandé de passer le vendredi 28 janvier 2011 après avoir enregistré nos nom et prénoms dans un cahier. Mais après un quart d’heure environ dans les rangs, on nous signale que l’enregistrement des données biométriques ne se fera que pour ceux qui avaient le ticket du RPP. On nous a apaisés en disant de ne pas nous inquiéter et que de toutes les façons, notre enregistrement se fera. Grande est alors ma surprise et mon désarroi d’apprendre de ma femme vers 13 heures ce jour mardi 1er février 2011 que les enregistrements sont définitivement terminés et qu’ils ne reprendront qu’après les élections présidentielles et législatives. Alors si cette information est vraie, dois-je comprendre que je ne peux pas être éligible et électeur pour les prochaines élections au moins et pour les dix prochaines années si par la faute des équipes d’enregistrement, moi et ma famille n’arrivions pas à nous faire recenser comme c’est le cas actuellement? »

Si ce commentaire est publié sur le site officiel de la CPS-LEPI cela veut dire que les acteurs du processus sont bien conscients de la situation. Ce que ce Monsieur a dit,  beaucoup de Béninois sont dans cette situation.

Il n’est donc pas normal ni acceptable que l’on aille aux élections en excluant les citoyens.

Se faire élire dans une pareille situation c’est « voler » les élections avec toutes les conséquences que cela peut engendrer.  Jamais au grand jamais depuis le début de notre processus démocratique, nous sommes arrivés à une pareille situation où des citoyens en âge de voter et qui ont le droit de voter, qui le manifestent clairement se retrouvent exclus du vote par un processus appelé LEPI.

Ne doit-on pas assimiler la situation de ceux qui ont régulièrement voté et qui par le fait de la LEPI sont exclus du vote à la jurisprudence de l »effet-cliquet inaugurée par la Cour constitutionnelle dans sa décision DCC 10-049 du 5 avril 2010 ?

Selon cette Jurisprudence  l »effet-cliquet est un phénomène qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé, un mécanisme qui empêche un système de revenir en arrière et le force implicitement à aller de l’avant. L’effet cliquet a été utilisé par la jurisprudence du Conseil constitutionnel français pour procurer une protection particulière à certaines libertés, concernant par exemple la presse, les professeurs d’université ou la liberté d’association. Cette protection consiste à considérer comme inconstitutionnelles toutes les lois qui, au lieu de les rendre plus effectives, auraient pour objectif de revenir en arrière pour édicter un régime plus sévère ou restrictif.

En clair une loi appelée LEPI ne peut et ne doit pas empêcher le citoyen régulièrement électeur et ayant été enrôlé de ne pouvoir pas voter ou exprimer son vote.

Le droit de vote est un droit constitutionnel que la Cour constitutionnelle doit protéger.

Une analyse objective des résultats de la LEPI par département montre clairement les problèmes que pose la mise en œuvre de ce processus sans prendre en compte les exclus.

Cessons de jouer avec le peuple et réglons cette situation qui frise de l’injustice.

Où étions-nous lorsqu’on violait allégrement les délais constitutionnels pour en faire maintenant une condition lorsqu’il s’est agit de rectifier l’erreur d’exclusion des milliers de citoyens du processus électoral ?

Le délai constitutionnel pour la mise en place de la CENA ou de la mise à disposition de la LEPI est-il respecté ?

Le retard dans le processus (retard d’installation de la CENA, disponibilité de la LEPI) ne doit pas nous amener à repenser la date prévue pour le premier tour ?

Pourquoi cette rigidité s’il est clair pour tout le monde que des béninois en âge de voter sont exclus ?

Les citoyens qui sont exclus sont-ils des morts comme on semble l’affirmer ?

Non ! Le mort ne se manifeste pas.

Il faut qu’on cesse de vouloir se faire élire dans une pareille situation car le droit de vote est un élément fondamental de l’Etat de droit.

Serge PRINCE AGBODJAN

L’indépendance en Afrique : Une Mascarade

Extrait de « La force qui nous manque »

Par Eva JOLY

Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d’une compétence absolue.

J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même. Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.

Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar BONGO : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part.

J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là :

Les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.

Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ?

Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.
Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris. Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde.

La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar BONGO fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences.

Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de « consultant » signé par Omar BONGO et largement rémunéré. De Roland DUMAS, le président gabonais dit qu’il est « ami intime ». Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas SARKOZY, venu « prendre conseil » en tant que candidat à l’élection présidentielle.

Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et des médias.

A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières.
En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement.

Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes.

Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un État dans l’État, conçu par Pierre GUILLAUMAT un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris. La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures.

La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir.

Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…

Les banques françaises, BNP-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant. L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être.

Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant.

Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?

L’indépendance en Afrique : une mascarade Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest.

L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le « gendarme » qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De GAULLE et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine.

Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que « là-bas, c’est différent ».

– Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence.
Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls- à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires.

– Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles.
– Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles.

D’ailleurs « tout le monde fait pareil ». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington.
Il y a pourtant bien des symétries. J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien.

Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses. La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes…

A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques FOCCART, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire. Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De GAULLE, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François MITTERRAND, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection…
Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient. Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés.

Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts. A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire.

Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes. La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.
Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : « indigène musulman », « sujet africain non naturalisé », « Jfom » (Jeune Français Originaire du Maghreb), « jeune issu de l’immigration », « fils de harkis », « jeune des quartiers », « Arabo-musulman », « Français d’origine arabe », « Français musulman »…

La France de 1789, incompatible avec la françafrique. La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme.

Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage. Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville ce que la France leur doit ?

Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ?

La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion.

Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif. Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible.

Crise post-électorale en Côte d’Ivoire : Point sur le Dossier Ivoirien

I- AFFAIRE DES TROIS HELICOPTERES DU BELARUS CHOI PRIS LE DOIGT DANS LA CONFITURE

Il est un proverbe africain qui dit que le voleur a des tas de jours pour en faire à sa guise, chaparder comme il peut mais que la victime n’a qu’un jour pour l’épingler et dévoiler au grand jour sa délinquance. C’est un peu ce qui arrive avec Young Jing Choi, Représentant spécial des Nations Unies en Côte d’Ivoire.


Hélicoptère MI24

Depuis qu’il a été envoyé dans ce pays, il en a fait voir de toutes les couleurs aux Ivoiriens. Mais chaque mauvais coup était tant et si bien couvert par la communauté internationale et la cohorte des médias aux ordres que les opinions formatées n’y voyaient en général que du feu. Même ces faits frauduleux comme la magique mutation du taux de participation de 70 à 80 % au second tour, la certification « implicite » qui a ouvert la vanne de l’incroyable légitimation de l’élection d’Alassane Ouattara sur la base de résultats provisoires au demeurant non proclamés dans les formes et les délais, ont pendant longtemps abusé tellement le battage médiatique et diplomatique était fort.

Mais voilà qu’à force d’être assuré de l’impunité, Young Jing Choi a buté sur un mensonge qui dévoile le personnage dans toute sa laide nudité.

Comme à son accoutumée quand il est parti pour faire un grand et mauvais coup, il s’est appliqué à rameuter toute l’opinion autour d’une violation de l’embargo par le pouvoir de Laurent Gbagbo qui, foi de Choi, aurait reçu livraison de 03 hélicoptères du Belarus malgré l’embargo. Il a évidemment oublié toutes les violations (devenues banales) d’embargo au Nord et régulièrement dénoncées même par les Nations Unies.  Après quoi, Choi a décidé pour frapper fort, avant le « délibéré » du panel de l’Union africaine,  d’amener le Conseil de sécurité des Nations Unies à une décision qui fasse mordre la poussière à Laurent Gbagbo.

Mais mazette : le mensonge a été totalement démonté, obligeant le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Alain Le Roy, à présenter ses plates excuses au Belarus sans en faire de même (et c’est regrettable) pour la Côte d’Ivoire qui a été accusée à tort au même titre que le Belarus.  Plus encore, à ce stade, pour ne pas exposer la Côte d’Ivoire à d’autres supercheries, les Nations Unies devraient amener le représentant Choi à rendre le tablier pour aller exercer ses talents ailleurs qu’en terre africaine si tant est qu’on veuille, en dépit de tout, le conserver dans le système des Nations Unies.

CY


II. DES FEMMES RDR TUEES A YOPOUGON : A QUI PROFITE LE CRIME ?

Depuis le jeudi 03 mars dernier, des chaînes internationales notamment françaises diffusent en boucle l’information selon laquelle des Forces de défense et de sécurité (FDS)  ivoiriennes auraient tiré sur des femmes du RDR qui protestaient pacifiquement, faisant entre 06 et 08 victimes. L’information a de quoi choquer, révolter même.

Tirer sur des manifestants aux mains nues, c’est déjà un acte immonde, que peut-on dire alors lorsque ce sont des femmes qui tombent sous des balles au cours d’une manifestation pacifique ?

Mais alors que des émissions de toute nature sont consacrées au dramatique évènement, on se pose des questions. On se pose surtout la question essentielle : à qui profite le crime ? Car les évènements en cours actuellement en terre éburnéenne de même que les conditions de commission de cet acte inqualifiable ne plaident pas contre le régime Gbagbo.


Manifestations à Abidjan

Il y a d’abord que le panel des chefs d’Etat de l’Union africaine  est prévu pour arriver le vendredi 04 mars à Nouakchott et est sur le point de dévoiler sa proposition de règlement du différend. Ce n’est donc pas le moment pour le camp Gbagbo de se livrer à des actes qui peuvent se révéler contre-performants pour lui.

Ensuite, ces femmes, qui manifestaient depuis quelques jours dans nombre de quartiers d’Abidjan n’ont jamais été empêchées (c’est bien connu : dans la partie sud, les libertés sont mieux exercées que dans la partie nord !) ; ensuite, il n’a nullement été remarqué la présence de FDS à cet endroit, et l’affirmation vite lancée par les médias internationaux que ce sont des FDS qui ont commis ces crimes est d’autant plus suspecte qu’elle ne s’appuie que sur des témoignages.  Il y a ici une condamnation dans le mépris des règles élémentaires de l’administration des preuves et dans la violation du principe de la présomption d’innocence.

A la vérité, si on veut répondre à la question : « A qui profite le crime ? », il suffit tout simplement de regarder tous ceux qui s’en délectent actuellement : c’est le camp adverse, ce sont les médias internationaux, qui montent actuellement l’affaire en neige en faisant pleuvoir des tonnes d’accusations sur le camp Gbagbo.

A contrario, encore une fois, pourquoi en ce moment précis où les choses semblent lui sourire, ce camp Gbagbo aurait-il besoin d’une si monumentale contre-publicité ?

En fait, il n’y a pas à chercher de midi à 14 heures : si les rumeurs qui courent sont fondées, le panel risque d’écarter définitivement le choix de la guerre, celui de l’imposition d’Alassane Ouattara pour une solution politique dont on murmure que la reprise des élections pourrait en être la trame avec un Laurent Gbagbo toujours au pouvoir.

Voilà, c’est contre cette funeste solution à leurs yeux que les adversaires du premier Ivoirien mettent la gomme au risque de recourir à des procédés diaboliques pour discréditer leur ennemi juré.

Le Temps d’ailleurs, relate les dessous d’une rencontre du camp ADO. Il s’agit de « Provoquer des affrontements très sanglants à Abidjan et dans certaines villes de l’intérieur, dont Toumodi, Dimbokro, Yamoussoukro, Dabou, San Pedro, Sinfra, Duékoué. Guiglo, etc, pour en faire de véritables carnages, dans le but d’imputer un génocide au régime en place. L’expression est lâchée et le plan est connu :  imputer un génocide au régime en place, c’est-à-dire au président Laurent Gbagbo et les Forces loyalistes. Cela aura pour effet, la mise en scène des institutions internationales qui actionneront tous moyens de pression pour la chute du président Gbagbo (imminent), expliquait l’animateur principal de cette rencontre secrète de Djékanou ». Et le quotidien d’expliquer qu’il faut même s’attendre à des montages d’attaques contre des ambassades, notamment de France et des USA qui seront imputées au camp du numéro un ivoirien, pour qu’enfin, on décide  d’une intervention directe contre son régime.

Mais quoi d’étonnant quand on sait que depuis 2002, c’est le Diable qui se trouve à la manette dans cette Côte d’Ivoire déchirée et autrefois si paisible !

VT


DERNIERE MINUTE
COMMUNIQUE DES FDS DE COTE D’IVOIRE

«Sur la base des propos de pseudo témoins, des agences de presse ont diffusé l’information selon laquelle les FDS-CI seraient coupables de la mort de six (06) femmes, tuées par balles, au cours de la marche des militantes du RHDP à Abobo, le jeudi 03 mars 2011. Cette information a été automatiquement relayée depuis hier par des médias internationaux.

Tout en s’inclinant très sincèrement sur la mémoire de ces femmes tuées, victimes d’actes d’un autre âge, les FDS-CI déclarent purement et simplement ne pas se reconnaître dans cette accusation, forcement mensongère et sans fondement.

A l’intention de ces médias qui, de façon curieuse et suspecte, s’accordent autour de cette accusation grave, les FDS-CI rappellent que des marches similaires de militantes du RHDP ont eu lieu à Adjamé, à Marcory, à Treichville, à Attécoubé, à Bassam et dans d’autres localités les jours précédents; elles ont été toutes dispersées par des FDS-CI à l’aide de moyens conventionnels, sans qu’aucun cas de tuerie par balles n’ait été déploré, ni d’actes de barbarie observés.

Les FDS-CI s’insurgent contre ces adeptes des informations pour qui la légèreté et la manipulation des faits sont établies comme des règles professionnelles.

Aussi, le Chef d’Etat-Major des Armées demande t-il à ces accusateurs de rechercher les auteurs présumés de ces tueries de femmes à Abobo ailleurs. Car il affirme que la zone d’Abobo n’a jamais été le théâtre d’opérations des FDS-CI ce jour précis du jeudi 03 mars 2011, jour de la marche.

Enfin, le Chef d’Etat-Major des Armées précise que les troupes des FDS-CI sont restées stationnées dans leur cantonnement d’Abobo.

Dieu bénisse et sauve la Côte d’Ivoire !

Fait à Abidjan le vendredi 04 mars 2011
Pour les FDS-CI
Le Colonel-Major GOHOUROU Babri Hilaire
Porte-parole »


III. LE PANEL DES CHEFS D’ETAT
PROPOSITION DE RENCONTRE A L’ETRANGER : CE DEPLACEMENT QUI EN FAIT FLIPPER PLUS D’UN !

Depuis sa création, on peut dire que la première décision du panel des Chefs d’Etat de l’Union africaine qui frappe et qui fait le « buzz », c’est l’invitation adressée à Laurent Gbagbo et à Alassane Ouattara d’aller pour un tête-à-tête à Addis-Abeba.


Jean Ping

D’instinct, lorsqu’on est surtout un soutien du président ivoirien, on a envie de lui dire « Ne bouges pas ! Il y a au bout de ce voyage le mal pour toi, le mal pour la Côte d’Ivoire et pour toute la sous région ! ».

Et de fait, on n’imagine pas les conséquences de la colère qui pourrait s’emparer des Patriotes s’il était victime d’un traquenard dans lequel il perde la vie ou se retrouve exilé comme un Samory.

Mais dans le même temps, on se dit après réflexion qu’il pourrait faire le déplacement. Sa meilleure protection, ce sont les Patriotes. Et  puis, l’instant peut s’avérer très indiqué pour une sortie de crise. Lui et ADO comparaissant comme en jugement en Ethiopie, il n’y aura pas match : la vérité triomphera !

Il y aura certainement des esprits chagrins mais cette issue, si réhabilitante pour l’organisation continentale, ne sera pas sans impact positif quant à sa re-crédibilisation aux yeux de l’Afrique et du monde.

Et puis, avec l’aide d’un Jacob Zuma et de bien d’autres, il peut bénéficier de protections qui minimisent toutes les appréhensions.

Enfin, Laurent Gbagbo gagnera dans ce déplacement un surcroît de considération pour avoir prouvé, une fois de plus, le courage dont il peut faire dans le service de son pays jusqu’à exposer sa vie !

VT

San Finna N°606 du 07 au 13 Mars 2011

Invitation du Chef de l’état à Addis-Abeba – Le piège de l’Ua à Laurent Gbagbo

Après son passage à Abidjan et ses travaux sur la crise ivoirienne à Nouakchott, en Mauritanie, le panel des chefs d’Etat invite le président Laurent Gbagbo et le putschiste Alassane Ouattara à Addis-Abeba. Le piège que l’Union africaine tend au Woody de Mama.

Le panel des cinq chefs d’Etat, chargé de l’évaluation des élections en Côte d’Ivoire ne reviendra plus à Abidjan pour donner son verdict. Les chefs d’Etat en charge du dossier ivoirien ayant plutôt décidé d’inviter le Président Laurent Gbagbo et le putschiste Alassane Ouattara autour de la même table en Ethiopie. Cette nouvelle qui est tombée dans l’après-midi de la journée du samedi 5 mars 2011, paraît assez curieuse pour l’ensemble des populations et des observateurs de la scène politique nationale. Surtout que l’on ne donne aucune information sur les motifs de ce brusque changement de lieu, là où la logique voudrait que les débats se poursuivent à Abidjan.

Une capitale qui regorge d’infrastructures capables d’accueillir ce genre de sommets. A vrai dire, l’attitude de l’organisation panafricaine n’est pas loin d’un piège au président Laurent Gbagbo que la France et ses amis d’Afrique ne veulent plus voir gouverner la Côte d’Ivoire. C’est ce même piège que les Occidentaux et la rébellion rwandaise ont tendu en 1994 à feu Juvénal Habiarymana du Rwanda. Dans le cadre de la recherche des solutions à la crise rwandaise, Habiarymana avait été invité en Tanzanie pour la signature d’un accord de paix entre l’Etat et les rebelles du Fpr. Ne sachant ce qui se tramait contre lui, il était tout heureux de prendre part à cette dernière rencontre destinée à la fin de la guerre dans son pays.

Mais mal lui en pris. Parce que c’est ce jour-là que choisissent ses ennemis pour l’assassiner. Le 6 avril 1994, date de l’attentat contre son avion, tous les chefs d’Etat qui avaient en charge le dossier rwandais étaient informés de ce traquenard mortel tendu à Habiarymana. Le vieux Mobutu qui était lui aussi dans le secret du complot et qui a eu à déjeuner avec le chef de l’Etat rwandais n’a pas eu le courage de lui dire d’annuler le voyage. Et ce qui devait arriver, arriva.

Cette invitation à Laurent Gbagbo à la réunion d’Addis-Abeba rappelle également la mort tragique de Samuel Doe en septembre 1990 au Liberia. Alors qu’il est convié à une réunion avec la Cedeao pour trouver un dénouement à la guerre qui l’oppose aux rebelles de Charles Taylor et à ceux de Prince Johnson, Samuel Doé tombe dans une embuscade à lui tendue par les hommes du dernier rebelle cité. C’est dans la salle devant abriter la rencontre que les éléments de Prince Johnson mettent la main sur le président. Cela, avec l’aide des soldats de l’Ecomog qui ont pris soin de préparer le terrain en cachant les rebelles dans la salle attenante à celle de ladite réunion.

Lesquels rebelles maîtrisent par la suite leur proie qu’ils exécutent. Le cas de John Garang n’est pas à oublier dans ces affaires où la complicité des chefs d’Etat est toujours présente. Ce monsieur qui a passé le clair de son temps dans les maquis en tant que leader du Sud Soudan et qui a bénéficié vers la fin de sa vie d’un poste de vice-président dans son pays a été assassiné aussi froidement. En partance pour une mission de paix, il a vu son hélicoptère piégé s’écraser au sol.

Ce crash dont il ne sortira pas vivant mettra du baume aux cœurs de ses ennemis. Au regard de ce qui précède, Laurent Gbagbo ne doit pas se rendre à ce sommet savamment préparé par Nicolas Sarkozy et l’Onu. L’arrivée de Jean Ping, Secrétaire général de l’Union africaine en Côte d’Ivoire samedi dernier, pour remettre les invitations au président Laurent Gbagbo et au putschiste Alassane Ouattara est assez révélatrice. Selon des informations de sources dignes de foi, Jean Ping aurait mis la puce du complot à l’oreille d’Alassane Ouattara. Lequel n’aurait pas hésité à confirmer sa présence dans la capitale éthiopienne pour prendre part à la réunion en question.

Cet enthousiasme qui envahit du coup «le président de la République du Golf» n’est pas fortuit. Surtout quand on sait qu’il a le soutien de l’Onu dont l’envoi des avions Mi-24 sur le sol ivoirien s’inscrit dans le cadre de ce grand complot du siècle. Il s’agira pour les comploteurs soit, d’obliger Laurent Gbagbo à accepter de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, soit de le capturer et le contraindre à un exil. Les Mi-24, appuyant les troupes onusiennes au sol, pourront empêcher les Fds et les patriotes de réagir.

C’est en cela que certains observateurs affirment que ce sommet auquel l’on invite Laurent Gbagbo, le Président démocratiquement élu par le peuple de Côte d’Ivoire n’a rien de commun avec celui tenu à Marcoussis en janvier 2003. Parce qu’ici, le piège ne consiste plus à partager le pouvoir, mais plutôt à tuer le chef de l’Etat voté par le peuple dans le seul but d’installer le candidat malheureux, au pouvoir.

Pierre Legrand

Source : Le Temps (Cote d’Ivoire)

Cote d’Ivoire : Tuerie des femmes à Abobo: Encore de la manipulation

Les Forces de défense et de sécurité de Côte d`Ivoire (Fds-Ci) n’ont pas tiré sur des femmes du Rhdp qui manifestaient le jeudi 3 mars 2011, dans la commune d`Abobo. Les stratèges de la désinformation, tapis à l’Hôtel du Golf, ont une fois encore, déroulé la bande inique et morbide de leur plan diabolique de désinformation-intoxication et surtout de manipulation. Avec la caution des médias dits internationaux qui, comme des vampires assoiffés de sang frais, n’attendent que ça, pour flétrir l’image des gouvernants ivoiriens.

Mais la Rti (média d’Etat) vient de diffuser des preuves du montage grossier opéré par le camp Ouattara pour noircir l’image de Gbagbo. Par ailleurs, sur la toile (internet, facebook, http://www.gbagbo.ci et autres) défilent des vidéos qui attestent largement de la manipulation et de l’intox, à propos des «six femmes tuées» à Abobo par des Fds( ?) Le démenti des Fds est net : Sur la base des propos de pseudo témoins, des agences de presse ont diffusé l’information selon laquelle les Fds-Ci seraient coupables de la mort de six (6) femmes, tuées par balles, au cours de la marche des militantes du Rhdp à Abobo, le jeudi 3 mars 2011.

Cette information a été automatiquement relayée depuis hier, par des médias internationaux. Les Fds-Ci ont déclaré purement et simplement ne pas se reconnaître dans cette accusation, forcément mensongère et sans fondement. A l`intention de ces médias qui, de façon curieuse et suspecte, s`accordent autour de cette accusation grave, les Fds-Ci rappellent que des marches similaires de militantes du Rhdp ont eu lieu à Adjamé, à Marcory, à Treichville, à Attécoubé, à Bassam et dans d`autres localités les jours précédents; elles ont été toutes dispersées par des Fds-Ci à l`aide de moyens conventionnels, sans qu`aucun cas de tuerie par balles n`ait été déploré; ni d`actes de barbarie observés.

Les Fds-Ci, s`insurgent contre ces adeptes des informations pour qui la légèreté et la manipulation des faits sont établies comme des règles professionnelles. Les forces armées nationales de Côte d’Ivoire ont eu le nez creux en réfutant vigoureusement ces accusations mensongères répandues à dessein par l’international du crime. En effet, moins de trois jours après, les images d’Abobo diffusées par France 24 et d’autres médias, se re- trouvent sur la toile. Elles sont parlantes. Le monde entier découvre stupéfait, l’œuvre de manipulation des sbires de la françafrique en Côte d’Ivoire. La dame supposée morte, ensanglantée, se relève puis, en langue Malinké, une voix lui dit que la mise en scène n’est pas encore achevée et donc qu’elle doit à nouveau faire le mort en se couchant. Ce scénario avait déjà été monté au siège de l’Onuci en Côte d’Ivoire.

En effet, devant l’ex-hôtel Sebroko et en présence de médias français, un jeune homme entouré d’une foule de militants du Rdr (parti militarisé de Ouattara Alassane) avait simulé la mort devant les caméras des journalistes. Cette mise en scène dont se sont rendus complices des organisations de défense des Droits de l’Homme, en la prenant à tort pour preuves contre le régime de Gbagbo, est sur la toile (facebook,www.gbagbo.ci et autres). Et comme le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir, rebelote ! A Abobo, commune infestée de terroristes à la solde de Alassane Ouattara, pour prendre le pouvoir par les armes, des manifestants notamment des femmes, ont été submergées par des va-t-en guerre dont l’objectif est connu : Faire croire que les soldats loyalistes de la République, tirent sur des manifestants aux mains nues.

D’où, la mise en scène grossière et ubuesque, d’Abobo que, sans recule, France 24 et d’autres médias français, balancent ici et là. Pourtant, on découvre un corps de femme, tailladé par des coups de machettes. Instruments qu’utilisent plutôt les « marcheurs pacifiques de Ouattara »au cours de leurs manifestations violentes à Abidjan. Comment est-ce possible que les Fds aient pu délaisser les armes à feu, pour utiliser des machettes ?

Dans les éléments filmés par des mobiles, il est établi que les Fds, ont fait usage de Gaz lacrymogène et que jamais, il y a eu un corps-à-corps entre manifestants et Forces de défense et de Sécurité. D’où proviennent donc ces entailles faites aux femmes ? Réponse simple : Certainement des manifestants eux-mêmes, infiltrés par des tueurs à gages de Alassane Ouattara. La vidéo montre bien que parmi eux, certains ont des Rpg, des kalash, des sacs de minutions, et autres armes à feu, scandant, «libérez, libérez».Comme tout acte de terrorisme, ils ont tué froidement dans leur rang, surtout des femmes, pour créer dans l’opinion publique nationale et internationale, une vive réprobation. A Abobo la guerre se vit en temps réel.

Ce n’est ni une crise post- électorale, ni un affrontement entre manifestants et forces de l’ordre, c’est une guerre de la Côte d’Ivoire contre le terrorisme. En tout état de cause, face aux Forces de défense nationales, ce ne sont plus des rebelles, mais plutôt des terroristes armés par Blaise Compaoré du Burkina Faso, Wade du Sénégal, Goodluck du Nigeria, l’Onu de Ban Ki-moon et soutenus financièrement, matériellement, logistiquement par la France néocoloniale de Sarkozy. Prendre la commune d’Abobo comme base pour s’élancer à l’assaut de la Côte d’Ivoire.

Pour ce faire, ont débarqué à Abidjan via Bouaké, des milliers de mercenaires, éternels chiens de guerre de la sous-région, assoiffés de sang, errant à la recherche de leur pitance. Lesquels sont encadrés par des centaines et des centaines de sous-officiers burkinabè sérieusement formés et aguerris dans la guérilla urbaine au Liberia et en Sierra Leone.

Abobo est devenu subitement Pô, le centre de formation et de rassemblement des mercenaires de la sous-région au Burkina Faso. La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire est lancée. Elle prend des formes surprenantes. Multiples. Mais elle est soutenue et continue. De même que la résistance ivoirienne pour la souveraineté pleine et entière de la Côte d’Ivoire.

Francesca Adeva

Source : Le Temps (Cote d’Ivoire)